mercredi 16 août - par christophecroshouplon

50 ans de cinéma SF - Retour sur SOLEIL VERT

Sorti en 1973, Soleil vert du grand et regretté Richard Fleischer est le 1er véritable film d’anticipation de la décennie 70. C’est aussi en dépit de quelques détails vieillots qui le datent quelque peu, un film prophétique, profondément flippant, qui nous alerte sur les dangers mortels de la croissance économique érigée en missel du monde, et les conséquences ravageuses pour une humanité qui si elle ne réagit pas risque bel et bien d’ici quelques petites années de basculer dans la barbarie.

Replaçons le film dans son contexte. 1973, année du 1er choc pétrolier, véritable gifle dans la tronche occidentale par les pays de l’OPEP. Crise majeure. Quelques petites années auparavant, quelques obscurs mais éclairés économistes du Club de Rome avaient alerté, sans que nos puissants leur accordent quelque importance, sur l’absolue nécessité de la décroissance, pour éviter la disparition des ressources naturelles.

Voyez ou nous en sommes 45 ans plus tard …

Le film se déroule en 2022. Les ressources, c’est à dire la nourriture, ont presque disparu de la surface du globe. Deux mondes cohabitent. Des centaines de milliers de pauvres molestés et entassés comme du bétail et qui mangent de la merde et sont traités comme on ne traite pas les animaux d’un côté. De l’autre, protégés dans des bunkers de verre, des ultra riches qui eux peuvent se payer une pomme de temps à autre et pour qui tout va bien.

Le fameux soleil vert est un aliment au plancton, réservé aux plus riches et distribué au compte-goutte aux gueux affamés. La police répressive assomme de coups les contrevenants, la société est devenue hyper violente et la répression terrible. Des scènes de barbarie insoutenables pullulent pendant une heure et demie.

Le héros du film, Charlton Heston, prodigieux, est un gradé de la police qui fait son travail le plus honnêtement du monde. Soumis à l’autorité il moleste, c’est son job. Mais chez lui dans son intérieur aseptisé, on le découvre de plus en plus humain, se posant des questions, et le film va montrer le basculement de ce personnage qui a une conscience et un cœur et qui va finalement découvrir l’horrible secret de cet aliment Ostie qui se nomme soleil vert.

Celui-ci est fait de chair humaine.

Le voile du réel explose à la figure du spectateur et de son personnage principal. L’atroce réalité de ce monde si abject ou l’on recycle les corps pour une ultra minorité au détriment du plus grand nombre.

Si cela ne vous évoque pas l’époque actuelle …

Car ce film ne fait qu’anticiper. Le héros doté d’une conscience est comme un croyant qui se réveille, ouvre les yeux, déchire le voile de la fausse réalité et revient à la lumière. Et le monde tel qu’il est devenu, un cloaque d ou ne surnagent que des personnages aseptisés et insensibles au malheur d’autrui, qu’est ce sinon ce Nouvel Ordre Mondial tel que nos Elites le construisent année après année, armées de leurs fortunes, des Etats qu’ils détiennent et de tous les instruments, police, armée, santé, médias qu’ils manipulent.

Ce truc de la croissance à n’importe quel prix, c’est leur mantra et cela détruit la planète, et ça nous détruit tous. Mais eux s’en fichent vu que leur projet c’est de nous asservir comme dans le film. Et nous transformer au bout en aliment…

Sauf que nous la multitude, nous le peuple qu’ils assassinent à petit feu, on n’est pas du bétail et on est nombreux, très nombreux. Et qu’il n’est pas écrit que tout le monde va tomber dans le panneau et se laisser transformer en rougail saucisse. Des Charlton Heston dans la Police et l’Armée Française, y en a un paquet, ces gars-là sont des bonhommes, et pas sûr du tout que tous se laissent faire pour lancer éternellement leurs forces sur les jeunes, sur les ouvriers qui manifestent, sans à un moment être à leur tour frappés par le réveil des consciences. Ce refus d’obéir, en France, je le sens, chez ces policiers et militaires avec qui je parlais l’an passé à Paris, il monte, il grandit. Regardez les témoignages sur le web, ils abondent et c’est plus que rassurant.

 Parce que 2022…

Christophe Cros Houplon

Auteur de la saga SUNDANCE - qui raconte differemment la meme histoire

volume 1 ICI

https://www.thebookedition.com/fr/sundance-livre-1-genese-vol1-p-343871.html

volume 2 ICI

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Bande annonce SOLEIL VERT ICI

Pour ceux qui veulent creuser, un regard pertinent

 



19 réactions


  • Sozenz 16 août 13:34

    faudra t il que l homme aille jusqu’ à manger de la cjair humaine , où sera t il capable de voir la symbolique , « se nourrir de la chair humaine » ce que nous faisons pour la plus part tous les jours .


    • sls0 sls0 17 août 21:03

      @Sozenz
      On se nourrit de la faim des autres, de leur esclavage. se nourrir des autres n’est pas rentable, le cycle est trop long comparé à un poulet.


      Comme en ce moment le financier s’intéresse de plus en plus aux terres agricoles, ils seront les maitres de la bouffe ce qui leur donnera plus de puissance que la production ďiphones.
      Il n’auront plus besoin de passer par l’envie futile due à un marketing, ce sera plus simple encore que le servage.
      Tu produis, tu penses comme on te dit, toi et ta famille mangeront ce qu’on aura décidé.


  • keiser keiser 16 août 15:34

    Salut

    Je ne peux classer ce film dans la science fiction, ce serait plutôt de l’anticipation.
    Comme 1984 ou New York 1997, contrairement à Blade Runner
    C’est marrant car la moitié des gens à qui je l’ai montré n’ont pas aimé. 
    Par contre, mention zéro à Charlton Heston qui avait tourné dans Le Survivant, autre film d’anticipation. Et qui est devenu un grand défenseur du lobby des armes aux Etats-Unis.
     
    Avec Fleischer, on sent toujours comme un gout d’inachevé, c’est un peu cheap.
    Conan en est la démonstration parfaite.
    Mais ce n’est que mon avis et il n’engage que moi.
    Ce qui n’empêche que je respecte ce cinéaste.
    Et rien que pour la Pastorale de Ludwig van dans Soleil Vert ...


    • laertes laertes 16 août 15:55

      @keiser : pour moi les films d’anticipation sont toujours des films de science fiction car à l’époque où ils ont été tournés ils n’étaient « que » des films de science fiction. CE qui est arrivé à Solyent Green c’est que de SF il est devenu presque un film d’anticipation.
      Quant à Heston je ne vois pas le rapport entre ses dernières années de lobbyist des armes et sa carrière cinématographique. En 1960 il était un ardent défenseur des droits civiques des Noirs avec Brando, Bellafonte et Martin Luther King. Aucun rapport.
      Je trouve qu’Heston a essayé au contraire de sortir du cliché hollywoodien du héros car quel autre acteur de cette période a pu avoir cette double carrière  : films d’épopée et films de SF.
      C’est lui qui a permis à Orson Welles de tourner la Soif Du Mal en 1958 .... Je trouve que c’était un acteur sous estimé trop engoncé par le public dans son image de beau héros musclé. Son interprétation fantastique du cardinal Richelieu dans les trois mousquetaires montre quelles potentialité il avait.
      Je suis d’accord avec le côté un peu cheap du film qui peut-être est du aux limites financières.
      Qunt à la pastorale elle est pour moi tout à fait anecdotique et perso j’aurais plutôt mis une musique sombre ou métaphysique (JS Bach par exemple) pour soutenir les extraordinaires images d’un monde foisonnant et disparu projetées devant un mourrant (extraordinaire E.G Robinson)
      Un film à présent quasi prémonitoire.


  • Vraidrapo 16 août 15:58

    Article d’actualité par un long métrage qu’il m’arrive d’évoquer pour son caractère prémonitoire.
    Dans la même veine, me semble-t-il (car je n’ai pas visionné) Madmax et Waterworld.
    Par contre, un film docu à voir ou à revoir : « La Spirale »


  • juluch juluch 16 août 16:43

    Excellent film effectivement et presque d’actualité....merci pour le partage et le rappel  smiley


  • Le421 Le421 16 août 18:25

    Hunger Games est pas mal dans le genre... 1984 ou Minority Report posent également de bonnes questions.
    Mon préféré, grâce aux effets spéciaux modernes, Elysium.
    Tout y est, surtout le côté politique !!
    Avec Matt Damon, ce qui ne gâche rien.
    Les flics robots sont très efficaces...


  • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 16 août 18:41

    Soleil vert, un film que j’apprécie.

    Mais en fait une adaptation du roman « Make room ! Make room ! » (Faites place ! Faites place !) de Harry Harrison sorti en 1966 aux Etats-Unis. 

    Le film est surtout centré sur le secret de fabrication de la nourriture (élément qui n’est pas dans l’histoire de base). (Wikipedia)

    Il faudra attendre la sortie du film pour que le roman soit traduit en français (1974).

    A noter que le roman se déroule bien plus tôt, en 1999.

    Qui l’a lu ? 


  • Shawford Shawford 16 août 18:49

    Les Fils de l’homme, Edge of Tomorrow, Avatar !


  • Xenozoid Xenozoid 16 août 19:13

    j’ai revu la planete interdite dernierement, 

    j’avais vu ce film chez des amis de mes parents dans les annes 70,en couleur, c’était aussi la premiere fois que je voyais une téle couleur...et les images aussi
    il ne m’a pas déçu, de le revoir

    un autre que j’aime beaucoup et qui est tres ignoré c’est dark city, sutout le coté positif de la fin, mais c’était plus tard,il y a des bons et beaucoup de mauvais, la facilité des effets a fait place a l’imagination...mais oui c’est de l’image

    dans les séries,j’aime beaucoup the expanse

    mais cela ne vaut pas l’imagination et le savoir faire de 
    Ray Harryhausen

  • HELIOS HELIOS 17 août 01:06

    ... pour ceux qui sont un peu techno...


    Un bon film de fiction : Ex machina réalisé par A Garland, avec tres peu d’acteurs, mais une fille dans le rôle principal qui mériterai d’être reconnue (alicia Vikander).

    Sortie en 2014, mais il pourrait sortir aujourd’hui tel quel et serait à jour.

    Pour ceux qui veulent en savoir plus, code imdb tt0470752 (copiez-le dans la zone de recherche...)

  • bob14 bob14 17 août 08:07

    Nous y allons tout droit...L’humain est bien trop bête pour comprendre la chance qu’il a d’être sur cette planète !


  • francois 17 août 11:41

    prend la deuxième à gauche et au bout de 200 m la troisième en haut.


  • Vraidrapo 17 août 12:10

    Si je peux me permettre un conseil, il y a actuellement un long métrage qui vaut le détour :
    c’est DJAM pas de promotion radio/TV en le visionnant vous comprendrez pourquoi...
    Le rôle titre est tenu par une artiste franco-grecque exceptionnelle de fraicheur et d’entrain...
    NB : Ceux qui ont horreur de la musique (Rebetiko) ou de la danse... à éviter.


  • hunter hunter 17 août 12:18

    Bon article, mais je trouve que vous auriez du plus insister sur le problème principal que dénonce le film : la surpopulation.
    en effet, ça se passe à NYC et la ville ne peut même plus abriter tous les habitants, certains dorment sur les perrons, dans la rue, bref là où ils peuvent....

    L’aspect dégradation du climat aussi est important : la température est étouffante, il n’y a plus d’arbres (enfin juste un, sous une bulle, il est visité religieusement), et cela va de pair avec l’épuisement des ressources que vous mentionnez.

    La condition des « larbins de luxe » aussi (appelés « meubles », donc liés aux appartements de luxe), ce sont bien entendu de très jolies jeunes femmes, dont la fonction est de « distraire » l’oligarque qui loge là ! Plus de statut d’être humain, comme les membres de la foule anonyme, dont on disperse les émeutes, avec des camions ayant un godet de bulldozer à l’avant, et qui « charge » sa cargaison d’émeutiers dans la benne à l’arrière.
    Les « meubles » ont juste une existence bien plus confortable, accès à une meilleure bouffe, à l’hygiène et au luxe.

    Bref, toute surpopulation entraîne la dévalorisation de la vie humaine, en accord avec les lois économiques auxquelles les oligarchies capitalo-mondialistes obéissent....économies d’échelle, standardisation, etc, etc....

    L’aspect « manipulation des foules » aussi est évoqué :le populo croit qu’il mange du plancton, alors qu’il bouffe ses morts !

    Mais il existe quand même quelques fermes à l’ancienne, produisant une bouffe de qualité pour les oligarques.

    Merci pour votre article cependant, ce film est excellent et pour ceux qui peuvent, projetez-le aux jeunes générations.

    Adishatz

    H/


  • Agafia Agafia 17 août 14:30

    C’est ça qui est bien avec les films, livres d’anticipation, c’est que leurs auteurs sont quasi visionnaires... Y a qu’à voir l’actualité et lire ou relire « Le camp des Saints » de Jean Raspail... Tout y est.


    On y va tout droit : dans la Merde !

  • mursili mursili 17 août 16:57

    Film prémonitoire sur la malbouffe... Sait-on de quoi seront faits les McDo de demain ?
    Ce film a sans doute mieux vieilli que le Zardoz de John Boorman, qui anticipe cependant les délires transhumanistes. L’immortalité, pour quoi faire ?


  • Le421 Le421 17 août 19:12

    Enfin, la morale de l’histoire, c’est qu’on est au courant. Et pourtant, on continue.
    L’homme ne comprend que la contrainte et la force.
    Il change de comportement quand il ne peut plus faire autrement...


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