dimanche 20 mai 2012 - par André Bouny

Agent Orange Viêt Nam : Okinawa,* les preuves s’accumulent

De la vérité engloutie, des pièces manquantes au puzzle remontent en surface. Désormais, les volumes communément acceptés d’Agent Orange déversés sur le Viêt Nam semblent réellement obsolètes.

Depuis la fin de la Guerre américaine au Viêt Nam (Laos et Cambodge), selon différentes recherches scientifiques au fil du temps, les estimations portant sur le volume d’ « Agent Orange » utilisé lors de cette guerre chimique ne cessèrent d’aller crescendo. Ces études avancèrent 42 millions de litres, ensuite 54, ultérieurement 72, puis 84, avant d’évoquer plus ou moins 100…**

 En mai 1990, le rapport déposé par l’amiral Zumwalt confirme que de nombreuses utilisations d’herbicides n’étaient pas enregistrées dans l’opération Ranch Hand. L’amiral Zumwalt écrit que des unités combattantes, telle Brown Water Navy, ont souvent procédé à des épandages de façon officieuse : « En tant que commandant des forces navales US au Vietnam, j’étais au courant que l’Agent Orange délivré aux forces alliées était fréquemment utilisé dans des missions non enregistrées ».

 En 2003, à partir d’archives de l’armée étasunienne, le rapport Stellman situe le pic d’utilisation d’Agent Orange durant l’année 1967, tandis que le rapport Zumwalt (rédigé d’après la situation réelle par ce haut responsable intègre) l’établit en 1969.

 Entre ces deux rapports, aux Philippines, la fermeture des bases militaires américaines ne releva pas de la volonté des États-Unis, mais d’un refus du Sénat philippin de reconduire le bail en 1992. La décision fut facilitée par l’éruption du Pinatubo qui, un an plus tôt, avait détruit à moitié la base aérienne de Clark et celle de la marine à Subic Bay situées de part et d’autre du volcan. De fait, sans être abandonnées, elles restèrent en l’état, contaminées. La base de Subic Bay comptait 6 000 marins et employait 27 000 Philippins. Les autorités philippines exigèrent des anciens occupants une enquête de qualité environnementale (EQE), pour ce qui allait devenir la zone franche du port de Subic Bay : un vaste projet à destination industrielle et commerciale, financière et touristique comprenant un parc à thèmes pour enfants et générant plus du double d’emplois que la base de l’US Navy. Les résultats de cette étude menée par Clearwater Revival Company furent complètement remis en cause par Subic Bay Metropolitan Authority, et Environment Baseline Study qui démontrèrent qu’elle n’avait pas été réalisée dans les normes. Elle n’avait pas respecté le quadrillage des aires ni même les profondeurs de prélèvements et les échantillons ne provenaient pas des endroits les plus susceptibles d’être pollués. Elle fournissait des déclarations inexactes et des omissions nuisibles à la crédibilité des résultats. Aucune information sur l’historique des activités menées sur les sites sensibles ne fut livrée. Malgré cela, dans les 47 sites examinés, on retrouva de nombreux poisons se distillant dans les sols, la rivière, le port, la nappe phréatique, et donc dans la chaîne alimentaire. Le site N°24 révélait, entre autres, des composés chimiques accompagnant habituellement les dioxines, ce fantôme de l’Agent Orange. L’Agent Orange était aussi là, nous allons le voir plus loin.

 L’année suivante, en 2004, éclatait un scandale en Nouvelle Zélande. Dans la ville de New Plymouth, et son quartier de Paritutu très précisément. Le gouvernement états-unien fit pression sur l’usine Ivon Watkins Dow (IWD) pour obtenir rapidement de grandes quantités de 2,4-D et de 2,4,5-T afin de pourvoir aux gigantesques besoins d’Agent Orange que les grandes compagnies chimiques US ne parvenaient plus à satisfaire. Car à la guerre s’ajoutait la forte demande intérieure de l’agriculture industrielle qui, si elle n’était pas satisfaite, risquait de remettre en cause la production de denrées alimentaires, menaçant du même coup de stimuler l’inflation, donc d’augmenter le mécontentement et la contestation du peuple américain. Mue par la même avidité que ses consœurs états-uniennes, IWD obtint l’exclusivité de la licence en Nouvelle-Zélande et demanda à ses responsables d’observer un mutisme absolu sur cette fabrication aussi soudaine qu’effrénée. Par souci de discrétion, IWD expédiait sa production au Mexique. De là, elle était acheminée vers les Philippines et livrée à la base navale de Subic Bay, pour ensuite rejoindre le Viêt Nam. Quand la pression des scientifiques et de l’opinion publique internationale obligea les USA à stopper l’utilisation de l’Agent Orange au Viêt Nam, IWD se retrouva avec un stock considérable sur les bras : des dizaines de milliers de gallons. L’entreprise acheta alors une ferme de 100 ha jouxtant son usine (qui en faisait 29), et y enfouit clandestinement ces surplus, son personnel étant plus que jamais tenu au secret. Plus tard, les habitants trouvèrent régulièrement des poissons morts, (surtout l’anguille qui vit sur les fonds), jusqu’à ce qu’il soit nécessaire d’organiser leur ramassage en grande quantité. En septembre 2004, le ministère de la Santé révéla des taux élevés de dioxine dans le sang des habitants de Paritutu. Le 11 janvier 2005, le New Zealand Herald publia un communiqué du ministère de la Défense confirmant les craintes de la population, avant qu’un ancien haut responsable d’IWD ne confesse ces enfouissements massifs d’Agent Orange. L’étendue de la contamination souterraine de la ville par la dioxine s’avéra considérable. Ainsi, les vétérans néo-zélandais du Viêt Nam, eux aussi victimes, subiront une mystification supplémentaire de la part de leur gouvernement.

 Puis, en 2011, c’est au tour de la Corée du Sud. Un ancien combattant US a déclaré avoir participé en 1963-64 à l’enfouissement de « produits chimiques » à Camp Mercer, situé à Bucheron, près de la capitale sud-coréenne. Au mois de mai, deux vétérans états-uniens révélèrent que l’US Army avait enterré, en 1978, un reliquat d’Agent Orange (environ 50 000 litres) dans la base militaire US de Camp Carroll, à Chilgok, situé à 300 km au sud-est de Séoul. Malade, le vétéran Phil Steward fait une demande auprès du département des Anciens Combattants (VA) en 2005. Puis il entre en contact avec d’autres soldats américains ayant servi en Corée au cours des années 1960 et 70, tous ayant une expérience de l’utilisation de l'Agent Orange. "L’Agent Orange n’a pas seulement été utilisé sur la DMZ, il a été pulvérisé à travers un large éventail de zones de Corée du Sud. On nous a dit que c’était tout à fait sécuritaire et que cela était nullement nocif. Vous pouvez le boire, vous pouvez vous brosser les dents avec, vous pouvez vous baigner dedans qu’il ne se passera rien. C’étaient des mensonges", dit Steward. Il était en Corée avec Steve House, un autre vétéran américain qui a été le premier à révéler que l'Agent Orange avait fait l'objet de stockage à Camp Carroll, puis d’enfouissement : « À compter de Février 1978, nous avons reçu l'ordre de creuser des tranchées dans la zone D du camp Carroll et d'enterrer des centaines de barils d'Agent Orange. Plus tard, tous les légumes cultivés le long des crêtes avoisinantes se consumaient, il y avait des dizaines de lapins et d’oiseaux morts… » House indique : « les barils portaient l’étiquette « composé Orange, Vietnam ». Rouillés, les barils fuyaient et me provoquèrent, comme et mes compagnons, des éruptions cutanées douloureuses et une grosse toux. » House, qui a servi comme opérateur d’engins de travaux à Camp Carroll pendant un an, a ajouté que s’il pouvait se rendre sur place : « probablement je localiserais les lieux exacts…" Comme preuve, il a présenté une photo d’une des tranchées creusée à l'arrière de la base militaire américaine en 1978. House et Steward souffrent de diabète, de neuropathie périphérique, de glaucome, de chloracné et autres maladies connues pour être causées par l'Agent Orange : "Je n’ai plus beaucoup de temps... C'est à vous de prendre la relève, afin que nous puissions obtenir des réponses pour les peuples coréen et américain qui ont été exposés à ce genre de chose  », dit House devant la Chambre en essuyant ses larmes. « Déni, déni… jusqu’à ce qu’on soit tous morts » est un slogan des vétérans. Au printemps 2011, une enquête épidémiologique menée auprès des habitants de Chilgok montre une mortalité due aux cancers et maladies neurologiques élevée.

 Aujourd’hui, c’est l’île d’Okinawa, située au sud du Japon, qui est visée. En réalité, cette île sous contrôle US depuis le traité de San Francisco, en 1952, fut le refuge de bases militaires étasuniennes ayant servi au stockage d’armes non conventionnelles, avant que son contrôle revienne au japonais en 1972. Dix ans plus tôt, l’US Air Force y effectua des essais d’armes biologiques sur des cultures de riz. En 1963, les navires étasuniens livrèrent 12 000 tonnes d’armes biochimiques. Mais, 6 ans plus tard, sur la base de Kadena Air Force, une fuite de gaz neurotoxique oblige l’hospitalisation de 23 membres des forces armées étasuniennes. En 1971, l’opération Red Hat transfère ces stocks sur l’île Johnston, perdue au beau milieu de l’océan Pacifique. 1998, des vétérans étasuniens d’Okinawa souffrant de pathologies liées à l’exposition de l’Agent Orange demanderont la prise en charge de leurs soins et des compensations au département des Anciens combattants (VA). Demandes rejetées : le gouvernement des États-Unis disant qu’il n’y a jamais eu d’Agent Orange à Okinawa. En juillet 2004, le général Richard Myers, chef d’état-major, déclare qu’ « aucun dossier contient la moindre information reliant l’utilisation ou le stockage de l’Agent Orange ou autre herbicide à Okinawa  ». Cependant, en 2009, preuve est apportée à VA que l’opération Red Hat a bien transféré depuis Okinawa de l’Agent Orange vers l’île Johnston. The Japan Times révèlera les témoignages précis d’une trentaine de vétérans étasuniens ayant déchargé des containers cerclé d’une bande orange dans les années 60 jusqu’au début des années 70, comme de ceux qui ont assisté aux pulvérisations sur les côtes et le long des routes d’Okinawa. Récemment, un employé des services VA montre des documents prouvant que les États-Unis ont menés des tests ultrasecrets d’Agent Orange sur cette île en 1962, ceci dans le cadre du programme « Agile » développant des techniques de guerre non conventionnelles, faits confirmés plus tard par un ancien haut fonctionnaire étasunien. Une employée de VA, Michelle Gatz, est parvenue (dans le cadre du Freedom of Information Act, FOIA) à mettre la main sur des documents (comprenant entre autre le journal de bord d’un navire), ordres de déploiement de l’armée et dossiers gouvernementaux. Le journal de bord du navire révèle des bons de transports « classifiés ». Ce navire de la marine marchande est le « SS Schuyler Bland Otis ».

 

JPEG - 23.3 ko
Navire marchand SS Schuyler Bland Otis

Le journal de bord stipule qu’il effectuait le transport de marchandises classifiées entre les USA et Okinawa, et qu’il y était déchargé sous le contrôle de gardes armés à White Beach (port de l’US Navy sur la côte Est de l’île), notamment le 25 avril 1962. Ce navire de propriété civile, régulièrement employé par l’US Navy pour le transport de défoliants incognito, était en mesure de contourner les contrôles douaniers des navires militaires dans les ports étrangers. Avant d’arriver à Okinawa, le cargo avait navigué au Viêt Nam du Sud pour une des premières livraisons de défoliants par le Pentagone. Gatz découvrira que le 267ème peloton de service chimique, jusque-là stationné en Alaska, à été réactivé en 1962 et transféré à Okinawa de façon inexpliquée. En septembre 2011, un haut responsable américain en retraite (souhaitant garder l’anonymat) brise l’omerta et affirme à The Times que le Pentagone avait testé des défoliants dans les jungles du Nord de l’île d’Okinawa, à proximité des villages de Kunigami et Higashi. Ce fonctionnaire déclare qu’Okinawa avait été choisi pour ces expériences en raison des similitudes de sa végétation avec celle du Viêt Nam et l’absence de règles de sécurité strictes qui avaient entravé ces essais potentiellement dangereux ailleurs. Maintenant il semble difficile à VA de repousser les 132 demandes récentes (qui ne sont que la pointe de l’iceberg) de vétérans d’Okinawa atteints de pathologies gravissimes, tout comme leur progéniture, en lien avec l’Agent Orange. L’utilisation expérimentale de l’Agent Orange à Okinawa et son stockage clandestin pour la guerre du Viêt Nam ne fait plus guère de doute. Okinawa viendra s’ajouter à la centaine de lieux répertoriés dans le monde où furent fabriqués, expérimentés, stockés, et utilisés les défoliants de la guerre du Viêt Nam. 

 Pour approvisionner la guerre chimique au Viêt Nam, une véritable ceinture d’entrepôts clandestins d’Agent Orange se dessine sur le Pacifique, du sud au nord, sites de production et de stockages n’apparaissant nulle part dans les archives.

 

*Livre : « The U.S. Forces in Okinawa as Grasped by FOIA » de Hiromichi UMEBAYASHI (membre japonais du CIS), février 1994.

 

**Dans mon ouvrage « Agent Orange – Apocalypse Viêt Nam », je l’estime à 350 millions de litres.

 

André Bouny, constitue et conduit le Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange (CIS) ; fondateur de D.E.F.I. Viêt Nam  ; auteur de Agent Orange – Apocalypse Viêt Nam, Éditions Demi-Lune, Paris 2010.

http://www.editionsdemilune.com/agent-orange-apocalypse-viet-nam-p-33.html



32 réactions


  • Yvance77 20 mai 2012 13:12

    Salut,

    Bonne mine d’info, merci pour votre billet. A noter que ce fameux défoliant (mélange de deux herbicides à la base) est une création de la société Monsanto, celle-là même qui nous veut du bien avec ses O.G.M.

    Cet agent orange était actif bien après la fin du conflit et généra moult cancers et autres malformations.

    Et, jamais cette firme ne fut inquiétée alors qu’elle aurait dû (et c’est le minimum) être condamnée à nettoyer le résultats désastreux des épandages.


    • appoline appoline 21 mai 2012 12:00

      J’ai vu des clichés sur les malformations engendrées par l’agent orange, pauvres gens, triste humanité qui est capable de faire ça à ses semblables. Quand on analyse ce que les américains ont fait subir depuis quelques siècles à ceux qui se mettaient en travers de leur route, on ne peut être étonné du 11 septembre, de leurs divers expérience par la CIA sur les êtres humains, ils n’ont rien à envier à Joseph Mengele.




  • pens4sy pensesy 20 mai 2012 14:12

    L’impérialisme américain est sans pitié, sans limites.
    Leur seul Dieu : le profit


    • amipb amipb 20 mai 2012 19:17

      L’abus de pouvoir est humain, et ne sévit pas qu’aux Etats-Unis.

      Croyez-vous donc que seul ce pays a inventé les guerres, la torture, l’épuration ethnique ?

      Ces actes immoraux sont en chacun de nous, et il nous revient d’en être conscients et d’y remédier plutôt que de toujours rejeter la faute sur l’autre.

      Et de lutter contre toutes les dictatures, où qu’elles soient, et de quelque idéologie qu’elles soient.


  • alberto alberto 20 mai 2012 14:16

    Déjà assez dégueulasse de faire la guerre en empoisonnant des civils, mais rajouter là-dessus une couche de mensonges et de dénis devient encore plus débectant !

    On comprend mieux les manœuvres d’évitement des gouvernement étasuniens successifs pour rejeter tout programme instaurant un vrai Tribunal Pénal International...Permanent...

    Quand tous les vétérans seront morts et éteintes les poursuites judiciaires les descendants des dirigeants de Monsanto pourront tranquillement profiter des fortunes amassées par leurs papas et s’acheter un brevet d’honorabilité tout neuf : elle n’est pas belle la vie ? 

    Chapeau à l’auteur, et bon courage à lui.


    • appoline appoline 21 mai 2012 12:02

      On comprend davantage pourquoi Oussama a servi de tête de turc. Ils voulaient l’Irak quelques soient les moyens employés. Ils ont voulu leurs états : ils ont massacrés les indiens, ce ne fut que le début


  • OMAR 20 mai 2012 19:15

    Omar 33

    Merci André, pour ce terrifiant article.

    Ainsi, le mensonge, la cupidité et la monstruosité sont les seules valeurs qui comptent aux yeux de ces apôtres du Diable que sont les dirigeants des USA.

    Et il faut ni se taire, ni oublier, car jusqu’à présent, d’innocentes victimes continuent de succomber dans l’anonymat.

    Surtout si l’on pense que tout récemment, à Gaza où les bombes au phosphore ont été lâchées contre des êtres humains, et en Irak, Afghanistan et Libye, où des tomahawks à l’uranium appauvri a été tirés contre les populations civiles.


  • Annie Stasse Annie Stasse 20 mai 2012 21:10

    Merci pour cet article. Quand on parle de la guerre du Vietnman ça n’interesse personne d’hab, c’est déprimant.
    cette importante documentation m’informe sur des points auxquels je n’avais pas pensé (on pense pas à tout, désolée) les pays alentours
    Quand on va au Vietnam… (plusieurs fois plusieurs mois) et qu’on visite par ex. Cu chi ils disent « agent orange » ils parlent des enfants naissants déformés, etc…… je ne sais si les touristes sont tellement attentifs, ils ont l’air de s’en foutre totalement…
    J’avais fini par arrêter d’en parler… tout autant que des conséquences (Cambodge -génocide, Laos -destruction du sud, Thaïlande -prostitution)


  • paul 20 mai 2012 22:24

    Merci de rappeler ce que l’on ose pas appeler un génocide, qui s’est déroulé entre 1961 et 1971 au Vietnam .
    En 1967, 5000 scientifiques américains avaient dénoncé les effets cancérigènes et tératogènes de l’agent orange - couleur des fûts contenant le poison -
    En 1969, l’ONU a déclaré contraire au droit international l’utilisation d’une arme chimique, que les américains ont continué d’utiliser cependant jusqu’en 1971 .

    Plus de 3 millions de personnes ont été directement contaminées par les épandages, plus des millions d’autres victimes par l’eau et les cultures infectées des années après la fin de la guerre .Le Vietnam connait aujourd’hui une troisième génération d’enfants atteints de malformations liées à l’agent orange .
    On estime que plus de 100.000 GI ont été les victimes « collatérales » et 5000 de leurs enfants .Clinton a admis les droit à des dédommagements. Dow Chemical et Monsanto ont versé 180.000 $ à quelques 20.000 vétérans .

      « Agent orange song » (l’histgeobox 19h55 )  


    • paul 21 mai 2012 09:47

      erreur sur le montant versé par Monsanto et Dow Chemical : 180 millions de dollars .
      Dow Chemical est par ailleurs responsable de la catastrophe de Bophal en Inde .


  • diverna diverna 21 mai 2012 07:28

    Je ne vais pas me faire plus savant que je ne suis et tenter de montrer, ce qui me paraît utile, comment on passe d’une action jugée « inoffensive » (voir cet américain qui certifie qu’on peut se brosser les dents avec) à une catastrophe humanitaire.

    L’armée américaine voulait limiter le couvert végétal (abondant) sous lequel se cachaient les vietcongs. Ils ont répandu ce qui, à l’époque, était considéré comme un agent presque naturel puisque le 2-4-D est une auxine de synthèse. L’auxine est la substance produite par les plantes pour provoquer la chûte des feuilles. Cette substance a été très utilisée pour agir sur la masse foliaire et comme herbicide. Je ne saurais dire, chimiquement, pourquoi il y a une association avec des Dioxines qui sont les agents toxiques. C’est le point crucial. la déclaration rappelée ci-dessus est certainement celle de quelqu’un qui pense utiliser un défoliant naturel ; alors qu’il y a des Dioxines... Soyons précis.


    • brieli67 21 mai 2012 10:08

      jonglez un peu avec wikipedia et vous tomberez sur la vérité !!

      d’ailleurs sur des marroniers anciens j’ai donné ici sur Avox les résultats !

      MAIS CA N’ INTERESSE PERSONNE !

      en piste :

       important homme d’État allemand, membre de l’Union chrétienne-démocrate

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_von_Weizsäcker

      aussi sybillin la version anglaise

      http://en.wikipedia.org/wiki/Richard_von_Weizsäcker


      là des données : 

       Danach war er von 1962 bis 1966 Mitglied der Geschäftsführung des Chemie- und Pharmaunternehmens Boehringer Ingelheim in Ingelheim am Rhein. Boehringer Ingelheim lieferte im Folgejahr 1967 720 Tonnen Trichlorphenolatlauge an Dow Chemical. „Mit großer Betroffenheit“ habe er erst Jahre nach seiner Tätigkeit bei Boehringer von Agent Orange erfahren, sagte von Weizsäcker.[6]



  • Robert GIL ROBERT GIL 21 mai 2012 08:36

    L’agent orange doit son nom aux bandes de couleur orange inscrites sur les fûts dans lesquels il était stocké. Fabriqué par Mosanto, l’agent orange – qui contient de la dioxine – est responsable du développement de maladies chez les personnes exposées, notamment de plusieurs sortes de cancers.En outre, la stabilité de la dioxine fait qu’elle continue d’agir bien après son épandage provoquant des malformations à la naissance d’enfants dont les parents ont été contaminés : cécité, diabète, troubles mentaux, déficits moteurs et intellectuels, malformations diverses.................
    http://2ccr.unblog.fr/2012/03/23/lagent-orange-un-crime-impuni/


    • diverna diverna 21 mai 2012 09:20

      Oui, mais moi ce qui me surprend c’est qu’on n’a pas eu de problème (massif) de dioxine dans les sols (européens et américains) pour l’utilisation « banale » herbicide. Ce qui serait intéressant c’est de savoir comment il se fait que l’utilisation combinée de Dioxine(s) soit limitée à l’Asie du sud est , au moins pour atteindre un problème de santé.
      Je ne cherche pas à remettre en question la toxicité du produit ; je cherche à savoir si on a expérimenté un produit mal connu (les Dioxines). Pourquoi rajouter des Dioxines ? C’est là que je bloque. C’est aussi le point crucial ; une hypothèse : on a expérimenté un nouvel « adjuvant » (pour quel effet recherché ?) et comme les effets ont été à long terme on a atteint le niveau catastrophique qu’on connaît.....


    • brieli67 21 mai 2012 10:44

      prenez l’article wiki allemand

       http://de.wikipedia.org/wiki/Agent_Orange

      2,3,7,8-Tetrachlordibenzodioxin ce n’est pas qu’un défoliant !!

      http://de.wikipedia.org/wiki/2,3,7,8-Tetrachlordibenzodioxin

      testé dès 1957 a Hambourg en sylviculture 

      diverses dioxines : http://de.wikipedia.org/wiki/Dioxin

      Polychlorierte Dibenzo-p-dioxine und Dibenzofurane (PCDD/PCDF) 


    • diverna diverna 21 mai 2012 14:01

      Superbe recherche mais pourquoi faut-il parler allemand pour trouver une piste ???


    • brieli67 21 mai 2012 14:29

      in german ? Why ??


      un universitaire vous dira :
      toutes les publications de Chimie , fondamentale et orga se font traditionnellement en allemand.
      L’optique...... aussi !

      en pharma dont la botanique c’est le latin !
      j’ai encore assisté à des congrés dans les ex-pays de l’Est où le lain est de rigueur !

      Deux : les VERTS en Allemagne-S- ont été très actifs : 
      malheureusement c’est plus le cas actuellement avec leur dérive libérale.

      TROIS : Les cahiers et les bibliothèques de l’ IG - Farbe sont noircies de données et d’essais
      qu’ont passé les Alliés vainqueurs au crible.

      dont ces auximes.... sur les stéroides 
      et les neuroleptiques et assimilés :

      voir l’Histoire du LARGACTIL....... un butin de guerre français vendu comme anti-vomisseur comme le Primpéran...des femmes enceintes aux USA ;

      autre butin de WW one : l’Aspirine ........ du Rhône en fait découverte et synthétisé dans les labos de l’Université impériale de Strasbourg. nombre de barbituriques, de colorants, de sulfamides...

      Le Professeur Laborit et Professeur Deniker ...... que du story-telling !!

  • brieli67 21 mai 2012 10:52

    point de départ de recherches sur wiki

    http://de.wikipedia.org/wiki/Dioxinskandal


  • brieli67 21 mai 2012 11:38

    sur l’old ROUTE 66


    dans un écrin de verdure un joli parc


  • brieli67 21 mai 2012 11:55

    Seveso c’est Suisse GEVAUDAN 


    en fait Hoffmann Laroche (ROCHE) complètement « démantelé » avec pertes et fracas.....
    Roche produisait surtout TOUTES LES VITAMINES 
    qui ne servent à rien en alimentaion humaine et animale
    procédures sur 32 ans........ in the baba !

    Givaudan un des leaders mondiaux parfums, fragrances et arômes alimentaires
    très lié au suisse Nestlé - L’Oréal

    sur SEVESO : un a deux kilos de Dioxine dite de Sévéso
    comme agent Orange.........
    de 108 à 300 kg de « Dioxine de Seveso » 


  • brieli67 21 mai 2012 12:11

    ! !! le ZYKLON B  continue à être produit vendu et utilisé !!!



    In der DDR wurde von 1952 bis 1969 Zyklon B als Entwesungsmittel durch die VEB Gärungschemie Dessau, den Nachfolgebetrieb der Dessauer Werke für Zucker-Raffinerie GmbH, weiter hergestellt und unter dem Namen Cyanol vertrieben. Neben dem Standort der ehemaligen Produktionsanlage wurde an der Brauereibrücke in Dessau-Roßlau am 27. Januar 2005 anlässlich des 60. Jahrestages der Befreiung des Vernichtungslager Auschwitz ein Informations- und Mahnpunkt eröffnet.[9]

    Nach 1969 wurde Zyklon B in Schwedt hergestellt. In der Bundesrepublik wird es nach 1945 unter dem Namen Cyanosil und Zedesa Blausäure im Inland und unter dem Namen Zyklon im Ausland vertrieben. Hersteller sind die Deutsche Gesellschaft für Schädlingsbekämpfung mbH, die Detia Freyberg GmbH und die Desinsekta GmbH.[10] Die Produktion von Zyklon B wird unter geändertem Markennamen als Uragan D2 auch in Tschechien (Lučební závody Draslovka, a. s.[11], Kolín) fortgeführt.

  • brieli67 21 mai 2012 14:07

    Triclopyr (3,5,6-Trichloro-2-pyridinyloxyacetic acid) is a systemic, foliar herbicide in the pyridine group. It is used to control broadleaf weeds while leaving grasses and conifers unaffected.


    se vend sous GARLON PRO à tout jardinier à tout forestier


  • sagesse 21 mai 2012 14:48

    Merci à l’auteur pour cet excellent article qui remet en mémoire cette guerre, et toute la « grandeur » des US...


  • Soi Même 21 mai 2012 15:20

    merci à l’auteur, cela donne juste la mesure à quoi on en à affaire dans ce bas monde, l’illusion, le mensonge et la haine, heureusement qu’il y a toujours le choix de ne pas céder à cette triste réalité humaine !


  • Clojea Clojea 21 mai 2012 17:52

    Merci pour ce billet. Monsanto, encore et toujours les mêmes criminels. Monsanto continue à empoisonner la planète et à fait main basse sur les semences de la Terre. Aidé de Bill Gates, oui, oui, lui même. Lien :



  • asterix asterix 21 mai 2012 19:13

    Merci à l’auteur pour son billet aussi bien informé qu’il est implacable.
    Une petite ajoute parce que cette vérité n’est qu’esquissée par lui : c’est surtout au Laos, le long de la piste Ho-Chi-Minh que l’agent orange a été déversé en masse ( pour mémoire, ce pays a été le plus bombardé au monde ) Si les méfaits physiques n’ont pas été importants ( doux euphémisme ! ) c’est uniquement à cause de la densité humaine peu importante des zones qui ont été visées. C’est une des raisons qui font que les méfaits à long terme ont été jusqu’ici peu étudiés.
    Il s’agissait là d’un crime contre l’humanité. Mais c’est bien connu : les Américains ne commettent pas de crimes contre l’humanité, ils en accusent les autres.


    • Defrance Defrance 22 mai 2012 23:13

       Bonsoir asterix,
       
       Pas seulement le long du Laos, mais aussi du Cambodge, jusqu’a 50 km de Saigon ! Récemment de nombreux décès ont eu lieu prés de la DMZ ( au nord de hué) les décès ont été précédés d’irruption cutanées aux pieds et aux mains , surtout des petits se traînant a quatre pattes et tout cela après des pluies suivies de crues énormes venant de la région de Kai San¨, lieu totalement contaminé !

       Des avortement d’enfants mal-formés ont lieu TOUS LES JOURS et le nombre de gosses atteints qui se trouvent abandonnés et rassemblés dans des centres et tres élevés ! Notre fille a travaillé bénévolement quelques mois dans un de ces centres a Saïgon !


    • Defrance Defrance 22 mai 2012 23:28

       Pardon cela se passe a Ba To, après des pluies diluviennes pas très loin de Danang qui a été bien arrosé aux alentours pour « dégager la visibilité » de la plus grande base US du Vietnam !
       

       

       


  • Defrance Defrance 22 mai 2012 22:58

     Bonjour l’auteur,

     Mon épouse est en train de le traduire en Vietnamien pour le diffuser la base, Xuan Phueng , qui vient de décéder il y a quelques mois, présidente d’une association de victimes de cette « saloperie » nous a parlé de votre livre très peu de temps avant son décès .
     J’ai visité le musée de Saïgon ou sont exposé les « traces de la dioxine » ( foetus, cartes d’épandages, containers de Monsanto .. et j’ai eu le plaisir d’expliquer a deux ou trois couples étasuniens en pleurs devant les vidéos horribles diffusée et qui se demandaient comment cela était arrivé . Il leur a fallu un certain temps pour comprendre que c’était leur gouvernement élu soi disant démocratiquement qui avait décidé cela !


Réagir