lundi 13 mai - par Martin de Wallon

Alain Soral poursuivi pour provocation à la haine et relaxé en appel

Le mardi 26 mars, le polémiste Alain Soral avait été condamné pour avoir publié en 2016, un dessin négationniste sur son site Egalité et Réconciliation. Le parquet de Paris a fait appel du mandat d’arrêt à son encontre. Une décision fustigée par de nombreuses associations qui parlent d’un « Munich judiciaire ».

« Chutzpah hebdo »

Le polémiste Alain Soral continue son périple judiciaire. Condamné en janvier dernier dans une autre affaire d’antisémitisme puis jugé le 22 décembre 2017 à Paris pour deux dessins, il avait ouvertement mentionné et attaqué la Procureure qui avait requis cinq mois de prison ferme contre lui.

Le mardi 26 mars, l’essayiste et frère de l’actrice Agnès Soral avait été condamné définitivement à 10 000 euros d’amende, avec la possibilité d’un emprisonnement en cas de non-paiement, après le rejet de son pourvoi en cassation. Il avait publié sur son site Egalité et Reconciliation un dessin nommé « Chutzpah hebdo ». Négationniste, il representait à la une, le visage de Charlin Chaplin devant l’étoile de David. Dans une bulle, une question était posée : « Shoah où t’es ? ». Cette caricature se voulait une parodie de la une provocante et scandaleuse de l'hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo » après les attentats de Bruxelles : « Papa où t’es ? ». Le mot hébreu « Chutzpah » substitué à Charlie, signifie : « insolence » ou « impertinence ». A juste titre.

Un appel contesté

Une plainte avait été déposée au lendemain de cette parution. Contre Alain Soral, de nombreuses associations constituées comme parties civiles dans cette affaire : La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), L’Union des étudiants juifs de France (UEJF), Avocats sans frontières (ASF), le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), J’accuse ! Action internationale pour la justice (AIPJ), le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) et SOS Racisme.

La Licra très engagée avait réclamé comme peine, trois mois d’emprisonnement ferme. Le 5 Mars 2019, le parquet de Paris requérait la condamnation de l’essayiste Alain Soral à six mois de prison ferme pour contestation de l’existence de la Shoah, et 15 000 euros d’amende contre son avocat Damien Viguier.

Finalement, un mandat d'arrêt avait été ordonné le 15 avril par le tribunal correctionnel de Paris. L’essayiste qui risquait la détention avait fait appel. Finalement, le parquet de Paris a décidé de ne pas exécuter le mandat d'arrêt et en a fait appel. Cette action est dénoncée par les associations antiracistes . En effet, le code de procédure pénale ne prévoit pas qu’un tel mandat soit délivré sauf pour les délits de droit commun ou d'ordre militaire. Alain Soral avait, lui, été condamné au titre de la loi sur la liberté de la presse.

Le 6 mai 2019, dans une tribune nommé « Heureux comme un antisémite en France », les présidents et les avocats de plusieurs associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme montent au créneau et critiquent la décision du parquet de Paris qui a interjeté appel du mandat d’arrêt délivré par la 13ème chambre du tribunal correctionnel de Paris le 15 avril dernier dans le cadre de la condamnation d’Alain Soral pour contestation de crime contre l’humanité.

La reponse du procureur de Paris

En réaction à cette décision considèrée comme un « Munich judiciaire », Remy Heitz procureur de Paris a, dans une tribune publiée sur le site de « l’Obs » donné « sa reponse » :

« Le 6 mai 2019, dans une tribune intitulée « Heureux comme un antisémite en France », des présidents et avocats de plusieurs associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme ont critiqué la décision du parquet de Paris d’avoir interjeté appel du mandat d’arrêt délivré par la 13ème chambre du tribunal correctionnel de Paris le 15 avril dernier dans le cadre de la condamnation d’Alain Soral pour contestation de crime contre l’humanité.

Le parquet de Paris, accusé par les auteurs de cette tribune de « batailler pour faire relâcher les antisémites », tient avant toute chose à rappeler qu’il est à l’origine des poursuites engagées dans cette affaire.

Le parquet de Paris, à qui les auteurs de cette tribune reprochent par ailleurs de « protéger les racistes et les antisémites de toute sanction effective » précise qu’il a, au cours de cette audience, requis la condamnation de l’intéressé à une peine de prison ferme.

Il souligne enfin qu’il n’a pas interjeté appel de la peine d’un an d’emprisonnement prononcée par le tribunal, mais seulement du mandat d’arrêt.

En initiant ces poursuites, le parquet de Paris était animé par la seule volonté de lutter contre le racisme et l’antisémitisme et de combattre le discours de haine.

En l’état du droit, le code de procédure pénale (article 465) prévoit la possibilité de décerner un mandat d’arrêt « s’il s’agit d’un délit de droit commun ou d’un délit d’ordre militaire prévu par le livre III du code de la justice militaire et si la peine prononcée est au moins d’une année d’emprisonnement ».

En l’espèce, le prévenu a été condamné pour une infraction prévue et réprimée par l’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

Les infractions sanctionnées par cette loi ne sont pas considérées comme des délits de droit commun.

Garant des libertés individuelles et du respect de la légalité, le parquet n’avait donc pas d’autre choix que d’interjeter appel et de ne pas ramener à exécution ce mandat d’arrêt.

La lutte contre le racisme et l’antisémitisme ne peut se passer de la stricte observation de la loi. Elle ne saurait prospérer en dehors de ce cadre.

Le parquet de Paris lutte inlassablement contre toutes les formes d’expression racistes ou discriminatoires. Il est d’ailleurs régulièrement pris pour cible par celles et ceux qu’il poursuit sur ce terrain.

Cette tribune ne fera que le conforter dans cet objectif : faire cesser les discours qui invectivent et humilient tout en veillant au respect des lois par tous et pour tous. »

Rappelons que le polémiste, a encore été relaxé, ce jeudi 9 mai, dans une autre affaire alors qu’il était jugé à Paris pour avoir publié des caricatures jugées antisémites sur son site.



28 réactions


  • Et hop ! Et hop ! 13 mai 16:52

    «  le polémiste, a encore été relaxé, ce jeudi 9 mai, dans une autre affaire alors qu’il était jugé à Paris pour avoir publié des caricatures jugées antisémites sur son site. »


    De quoi s’agit-il ?


  • Jean Guillot lee oswald 13 mai 17:55

    Bonjour mes amis , Soral a tiré à boulets rouges sur Juan Branco et pour le remercier Macron a dit au Parquet de ne pas faire exécuter le mandat d’arrêt pour le mettre sous écrous .



    • thierry3468 14 mai 07:32

      @lee oswald:Votre message est probablement un hommage à votre avatar car il est à mourir de rire.Branco a même essayé de l’utiliser pour contrer Soral.
      Le mandat de dépôt contre Soral ne reposait sur aucune base légale.La juge a fait du hors piste en condamnant Soral à un an de prison avec mandat de dépôt.
      Maintenant,Soral a beau jeu de parader avec de tels baltringues .Il est toujours dans la provocation,l’invective et trouve toujours des « pucelles effarouchées » pour y répondre.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 mai 01:04

      @thierry3468

      Soral, Dieudonné..... Un jour la France devra s’excuser d’avoir 
      persécuté des gens pour des délits d’opinions et l’histoire rougira de la loi Gayssot

      PJCA


  • samy Levrai samy Levrai 13 mai 19:14

    C’est vrai quoi le délit d’opinion/ crime de pensée doit être sévèrement puni !

    Big Brother


  • troletbuse troletbuse 13 mai 20:49

    Il pourrait faire une quenelle aux juges. Mais attention, une quenelle pas négationniste  smiley


  • Olivier MONTULET Olivier MONTULET 13 mai 23:03

    Je suis d’accord avec Soral. Où est encore l’humour des Juifs (intégristes qui s’indigne de tout ce qui ne leur sied pas) ?

    Notre société est totalement à la dérive quand elle pourchasse pour tout et pour rien l’antisémite et cela en oubliant les autres formes de racisme (discrimination plus que coupable) et la haine de l’autre qui va jusqu’à provoquer un génocide aux frontières méditerranéenne de l’Europe.

    Les antisémites ont bon dos quand les sionistes exécutent leur génocide sur les vrais sémites que sont les Palestiniens et non les Juifs contemporains.


  • sls0 sls0 14 mai 00:26

    Soral ce n’est pas franchement ma tasse de thé.

    On répond à ses arguments par d’autres arguments.

    Aux injures ou diffamations par la justice.

    Employer des lois racistes c’est taper en dessous de la ceinture.

    Loi raciste ??

    Une loi qui ne profite qu’à une seule partie de la population, une ethnie, ect est pour moi une loi raciste.

    Nota : j’ai un grand-oncle et une grand-tante qui sont morts dans des camps, que ce soit gazés, fusillés, à coups de schlague m’importe peu, ils ont été assassinés.


    • tuxuhikewi 14 mai 02:52

      @sls0

      Antisééémiiiite !!!!!

      A pardon.


    • sls0 sls0 14 mai 04:03

      @tuxuhikewi
      C’est pour fait de résistance qu’on leur a payé le voyage. Je ne suis pas juif. Que je le serai que je dirai la même chose. De trop bons souvenirs avec des juives m’empêche l’antisémitisme. Jusque dans les années 70 je ne trouvais rien à redire au sionisme. Je suis anti apartheid ce qui pour certains peut être considéré comme de l’anti sémitisme.
      J’étais contre l’apartheid en Afrique du sud, ça passait mieux.


    • Traroth Traroth 14 mai 12:49

      @sls0
      Des arguments ? Quels arguments ? Qui a prétendu que Soral avait des arguments ?


  • Dr Destouches Dr Destouches 14 mai 08:22

    Soral :le plus grand resistant français contre le « système »


  • Jeter quelqu’un en prison pour quelques paroles déplacées, c’est une logique de dictature. Aux Etats-unis Soral ne serait même pas poursuivi !


  • zygzornifle zygzornifle 14 mai 10:54

    Bien content pour lui , c’est notre moustique tigre et il pique ....


  • maQiavel maQiavel 14 mai 12:11

    Ah bon ? C’est bizarre puisque les judéo-maçons qui contrôlent le monde et la justice devrait avoir intérêt à mettre un grand dissident comme Alain Soral au trou.  smiley

     


    • Et hop ! Et hop ! 14 mai 15:00

      @maQiavel :

      Ils ont quand-même ont obtenu un jugement qui s’avère triplemnt illégal :
      d’une part les mandats d’amener ne s’appliques qu’aux délits de droit commun et pas aux délits de presse,
      d’autre part la Cour d’appel juge que le dessin n’avait aucun caractère haineux, raciste ou négationniste,
      et troisièmement la condamnation pour complicité de son avocat parce qu’il a défendu le prévenu dans son plaidoyer viole le droit de la défense et le statut des avocats.


  • Julot_Fr 14 mai 14:36

    En politique soit on travaille pour les ultra riches soit on travaille pour les gens.. quand certain critique Soral on peut en deduire dans quel camp ils sont.. ce que l’article dit est que le parquet de Paris est encore astreint a respecter la loi et malgre tout son zele pour emprisonner Soral, il n’a pas pris sur lui-meme d’outrepasser la loi simplement pour faire plaisir a nos maitres.. acharnement judiciaire : oui.. flagrant deli de manipulation des lois : non


    • jeanpiètre jeanpiètre 14 mai 19:47

      @Julot_Fr
      il ne s’embarrasse pas tant pour des porteurs de pancartes ou des détenteur de sérum physiologique en ce moment. 
      faire de soral un martyre aurait été contre productif dans la conjoncture , il leur est plus utile dans son rôle habituel de grande gueule clivante qu’il affectionne depuis ses débuts à la télé. Preuve qu’il est plus utile à semer la zizanie dans les remouds sociaux actuels que dangereux pour le système judéo maçonique sioniste européiste mon cul sur la comode qui l’utilise comme un épouvantail pour sauver sa récolte


  • Esprit Critique 14 mai 23:46

    Vivement l’abrogation de toutes ces lois pourries type « Gayssot » et autres qui organisent la manipulation de la démocratie et des libertés fondamentales.


  • Olivier 15 mai 09:29

    Ce qui est choquant est l’instrumentalisation de la justice au service des intérêts particuliers de la communauté juive, qui s’en sert pour censurer tous les propos qui la dérangent. Que la justice serve avec complaisance des intérêts catégoriels est scandaleux. On voit d’ailleurs des officines genre LICRA qui n’existent que devant les tribunaux, et qui ne sont devenues que des appendices judicialres.

    Quant aux chefs d’accusation ils sont tout simplement loufoques, genre « incitation à la haine ». Comme si la haine pouvait être un délit ! A ce compte, même l’amour peut en devenir un.

    Mais il ne s’agit que d’une législation de censure idéologique comme il y en a dans tous les régimes totalitaires, où on peut juger n’importe quel propos comme « de la haine » et condamner son auteur.

    Sauf bien sur la christianophobie, qui est celle ne dérange nullement ces beaux messieurs.

    Qu’ils aient pris une bonne claque dans l’affaire Soral n’est pas fait pour me déplaire...


    • izarn izarn 19 mai 22:00

      @Olivier
      Jacques Attali peut sortir des blagues sur les juifs...
      Ca fait bien rire tout le monde.
      Si Soral sort la même blague, c’est jugé comme de l’incitation à la haine...
      En fait on ne juge pas l’action, on juge l’homme :
      C’est la définition du racisme...
      Racisme anti Soral ?


  • Ruut Ruut 16 mai 07:28

    Sous prétexte de lutte contre la haine et le racisme nos irresponsables Politiques et Médiatiques en place, sèment et cultivent la suspicion, les fausses informations, les discriminations, et par inclusion, le chaos.
    Triste époque.


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