mardi 18 juillet - par christophecroshouplon

Aux fêlés la lumière !

Je plains celles et ceux qui en toutes circonstances se montrent raisonnables, rationnels, sensés. Ceux dont le credo est « un et un font deux ». Je préfère avoir ce petit grain de folie, cette déraison, être un peu fêlé, ça permet sans briller de laisser passer la lumière et d’étinceler autre chose que soi-même.

Mieux valent les folles ambitions aux petites prétentions. Et la moindre de ces folies n’est certes pas celle qui tend au bonheur, au calme et a la simplicité. Les reflets sans teint du miroir de l’Ego finissent toujours par se recouvrir d’un nuage de buée. Celui de l’amour, au contraire, demeure clair, et nourrit et se nourrit lui-même. Les êtres aimés peuvent demeurer à distance, silencieux, au cœur ils sont bel et bien présents et parlent et me parlent et je leur réponds en silence d’une voix douce. Leur prodiguant des conseils bienveillants, formulant envers eux des souhaits de bonheur indépendants de ma petite personne. Laquelle, dans cet isolement si plein, se suffit d’autant mieux qu’elle s’emplit de jour en jour des absents en les accueillant sans convocation.

Aucune appartenance, aucun lien, pas de cage, plus de chaine, pas même une contrainte ou une obligation, sinon celle de ramener parfois un peu d’argent. Ainsi filent les jours, paisiblement, au jardin ou les doigts courant sur le clavier. Quel que soit le sujet, ombre ou lumière, ténébreux ou léger, au-dedans le même fluide, doux, qui s’écoule comme l’eau d’un ruisseau. Les mots tombent, au-dedans comme une musique qui s’élève et atterrit en douceur sur la page.

Un don ? Je le pense, et donc ne me l’attribue point. Puisque ce fut donné autant alors vous le faire partager. Ne point se faire gloire de quoi que ce soit, pas davantage ombrage : puisque c’est affaire de cadeaux, a quoi bon ? Ce que tu reçois t’appartient, fais en ce que bon te semble, garde-le ou jette-le ou bien donne-le : puisque c’est donné…Je n’ai aucune attente, seulement des espérances, et celles-ci sont immenses.

Nous n’avons que notre temps, nous avons donc tout notre temps. Laissons-le librement infuser et laissons donc nos autres agir comme bon leur semble. Quelle calamité que ces pressions que les êtres qui s’aiment se font peser les uns sur les autres : n’est-ce pas le contraire même de l’amour, que cette propension consciente ou non à vouloir faire entrer l’autre dans leur petit monde ? Qu’est-ce que cela traduit sinon un mal être et un manque ? Celui ou celle qui désire n’est contraint en rien et vient à point. Et s’il désire vraiment alors il tachera à son rythme de s’en donner les moyens, et par son action s’élèvera. A sa propre hauteur qui est celle (le sait-elle, le sait-il – leur a-t-on seulement appris ?) de l’excellence, rien de moins.



1 réactions


  • philippe baron-abrioux 19 juillet 09:12

    @l’auteur ,

     Bonjour ,

     « les êtres aimés peuvent demeurer à distance , silencieux » .

     on peut même parfois ne les avoir jamais connus ou si peu ,ni côtoyés , dans cette vie réelle qui nous amène si souvent à nous en échapper pour pouvoir et vouloir encore et encore la vivre . ils sont ceux dont on nous a parlé , une lettre ,un objet ,une photo « à l’appui » pour attester d’une vérité dont on n’a jamais été témoin . combien de regards posés sur ces traces laissées sans intention aucune par ceux qui n’avaient idée ,ni peut être aucune envie de provoquer un souvenir à ceux qui viendraient après eux .

     ils sont ou ils furent , sont éloignés ,inaccessibles à autre chose que nos pensées disparus depuis si longtemps qu’on serait bien incapables de les situer dans un siècle , ni les rattacher à une terre qui aurait été celle qu’ils appelaient leur« terre d’amour », celle qu’ils ont parcouru un jour , ou plus longtemps , que nous avons même peut être , par hasard désignée par les mêmes mots . eux et nous l’avons aimée cette terre qui entre nous fait connivence , malgré nous bien souvent .

     quelle que soit la réalité de cette connivence et son intensité , elle nous « oblige » et nous nous y conformons souvent , par une fidélité intemporelle , comme liés par un serment qui n’a jamais été prononcé mais par lequel nous serions liés à un destin , un projet de vie qui ne nous appartient pas , pas enchainés mais solidement amarrés , par respect ou par prudence pour donner encore un peu de cohérence à nos vies qui ne sont jamais autre chose qu’un continuum qui nous dépasse .

      « leur prodiguant des conseils bienveillants » , cela impliquerait de la Raison qui nous autoriserait à nous exprimer pour leur éviter ce qui pour nous est une erreur . cette bienveillance dont nous essayons parfois de faire preuve n’est malheureusement souvent de notre part que le seul moyen qui nous reste d’une confirmation du regard porté sur les Autres qui nous attriste ou nous trouble alors qu’on recherche une sorte de tranquillité pour vivre au mieux cette relation d’ amour établie entre eux et nous . à qui en fait veut on apporter ce Bien sur lequel on veille selon le mot lui même  ? à eux , à nous , ou le geste est il plus large , plus désintéressé qu’il y parait ?

     je préfère pour ma part si effectivement j’ai « bien veillé » sur eux , m’en tenir à leur apporter ,autant que je le peux et sous les formes qui me semblent les plus adaptées à ce que je sais d’eux , des éléments , des comptes rendus d’expériences pour faciliter leur raisonnement , leur soumettre un avis personnel disponible et si possible , le plus nuancé qui soit et selon les sujets , il est bien difficile d’éviter la subjectivité qui ici n’ a pas à s’exprimer .

     bonne fin de journée ! et merci pour votre article !

     P.B.A

     


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