mardi 21 janvier 2014 - par astus

Aux sources de la pensée humaine

De la même manière qu’en remontant le temps il est possible de mieux comprendre la formation des galaxies l’auteur se met en quête des origines et s’intéresse aux premiers moments qui suivent la naissance de l’enfant pour tenter de saisir comment apparaissent chez celui-ci les plus anciennes pensées de veille et en quoi ces contenus mentaux inséparables des communications humaines ressemblent ou se différencient de l’information qui circule dans d’autres systèmes : ceux du vivant en général, voire du non vivant. Il ne s’agit donc pas d’une étude de la conscience ou de la pensée élaborée, par exemple la pensée conceptuelle, mais d’une interrogation sur les traces les plus anciennes de celle-ci chez le petit enfant. En d’autres termes il s’agit de se demander comment naît la pensée humaine, peut-être aussi (un peu) pourquoi, et ce qu’elle a de spécifique.

Différentes questions se posent alors, notamment celles de savoir ce qu’est un contenu mental et si les processus physiques sont de même nature que les processus mentaux. On peut inférer aujourd’hui que les uns produisent les autres grâce aux lois du vivant pour créer à terme un rapport matériel de contenant à contenu étroitement reliés ensemble qui facilite les échanges d’informations dans des systèmes devenus interdépendants. Un contenu mental de veille peut alors être assimilé à une information qui transite par les neurones et les synapses, sans préjuger de son importance ou de son niveau de conscience. On sait en outre que l’état physique du système peut déclencher certaines réponses mentales et que celles-ci ont aussi une répercussion corporelle ce qui explique que leur interaction provoque parfois des réponses psychosomatiques. L’expérience commune montre également que la destruction du substrat physique, le cerveau par exemple, entraine aussi celle des processus mentaux, ce qui prouve l’origine matérielle de ceux-ci, et toutes les recherches montrent l’importance considérable chez l’homme des zones dites associatives. Enfin la particularité unique dans l’échelle du vivant qui concerne le petit humain à sa naissance est que les processus physiques et mentaux sont loin d’être suffisamment matures pour atteindre les potentialités qu’ils pourront progressivement acquérir au cours du développement, ceci en raison de la néoténie du nourrisson qui est une forme de prématurité en dépit du temps très long de la gestation humaine. La conséquence directe de cet inachèvement a paradoxalement entrainé un avantage évolutif majeur car le fait que l'homme soit intrinsèquement dépendant de l’environnement et des relations avec l'Autre a eu pour conséquence d’imposer très tôt la marque du primat de la Culture sur la Nature par le biais des soins, du langage, et de l’éducation. D’ailleurs un nouveau-né ne survit pas ou garde des handicaps lourds s’il ne bénéficie pas de ces attentions sur une longue durée avec une personne stable.

Mais la question de l’origine des contenus mentaux reste entière. On peut toutefois supposer qu’au niveau inférieur du vivant leur première trace est celle d’un montage héréditaire facilitant le fait qu’une information qu’on appelle l’instinct puisse s’exprimer par différents moyens matériels pour envoyer des messages susceptibles d’interagir avec l’environnement et favoriser l’adaptation à celui-ci. Or l’instinct ne signifie nullement la simplicité comme on le voit par exemple dans une colonie de fourmis qui communiquent beaucoup entre elles de façon chimique, sonore, tactile, et visuelle, donnant au final l’image d’une organisation très complexe. La danse des abeilles pour indiquer les sources de pollen est un autre exemple qui nous montre que les montages instinctifs peuvent accompagner des informations ou des communications qui certes n’utilisent pas le langage, mais qui sont néanmoins suffisamment élaborées pour signifier des indications abstraites de distance, de direction et de quantité que l’on peut à bon droit considérer comme des contenus mentaux en dépit de leur archaïsme apparent. Mais bien entendu l’instinct, avec les réactions adaptatives qu’il entraine, existe aussi chez les êtres développés comme les humains : il n’est nullement l’apanage des êtres inférieurs.

Chez le petit homme on observe juste après la naissance un certain nombre de réflexes instinctifs qui disparaissent ensuite dont celui de Moro qui fait penser à un geste d’autodéfense face à ce qui semble être ressenti par le nourrisson comme un danger immédiat. Quand l'environnement sensoriel du bébé change brutalement, à cause d'un bruit ou d’un mouvement vif, il écarte les deux bras symétriquement qui se rejoignent en arc de cercle comme pour se protéger, il relève les jambes et se met à pleurer. D’autres automatismes de défense existent, notamment pour recouvrer une respiration menacée grâce aux réflexes d’expulsion, de toux, d’éternuement ou de bâillement. On peut citer encore la marche instinctive quand on soutient le bébé qui ressemble à un pré montage phylogénétique anticipant l’ontogénèse, le réflexe d’agrippement qui renvoie à l’attachement, et celui de succion et de déglutition qui permet l’alimentation. Bien sûr on ne peut pas encore parler de réels contenus mentaux chez l’enfant parce qu’à ce stade ce sont plutôt des signaux involontaires, mais il faut remarquer cependant qu’ils sont tous orientés vers la survie de l’espèce, et qu’ils adressent à la mère des indications à la fois de bonne santé et de persévérance dans l’être - le conatus de Spinoza - ce qui n’est pas rien pour elle si l’on considère que son psychisme beaucoup plus développé lui permet de donner une intentionnalité précise, et parfois imaginaire, à ces attitudes primitives. En outre à ce stade de la relation fusionnelle ou symbiotique l’enfant intériorise la nourriture tout autant que les contenus mentaux de l’agent maternant, ce qui contribue à le modifier en profondeur. Si pour Thomas d’Aquin la finalité relève davantage de la compréhension du comment plutôt que de l’explication du pourquoi, plus près de nous Monod définit la téléonomie comme une capacité structurelle et objective à poursuivre un but, sans pour autant y associer une intention subjective. Mais ce qui est valable dans la nature en biologie générale ne l’est peut-être pas au niveau de l’humain en raison de la disparité considérable entre les intentionnalités de la mère, porteuses de désir, et celles de son bébé, qui relèvent surtout du besoin. Car s’il est indéniable que le petit homme interagit très tôt avec son milieu de vie notamment quand il exprime des émotions reliées à des sensations primaires, il faut souligner que celles-ci sont ressenties par l’agent maternant comme de vraies pensées de communication. Par conséquent non seulement les sensations représentent un contenu informationnel pour le nourrisson mais en le faisant partager à son entourage par un processus de boucle cela conduit celui-ci à interpréter ces messages avec des pensées et des actes qui, par assimilation, deviendront alors les proto pensées de l’enfant lui-même.

Au début, chez le petit de l’humain, il y a donc surtout des sensations avec des réponses motrices plus ou moins adaptées concernant les choses élémentaires, mais en réalité vitales, autour d’ impressions de chaleur ou de froid, de faim ou de satiété, de sécurité ou de danger …etc. Bien avant d’acquérir la parole le bébé comprend beaucoup plus qu’il ne peut exprimer mais il peut avec ses cris qui sont un pré langage alerter son entourage, lequel fait généralement ce qu’il peut pour faire cesser ce qui est ressenti comme un mal être tout en commentant souvent verbalement celui-ci : « tu pleures parce que tu as mal au ventre ? ». La mère anticipe ainsi le langage et les pensées conscientes de son enfant qui exprime un besoin qu’elle-même ressent comme une demande et un désir. Elle devient alors un contenant empathique des angoisses ou des souffrances supposées de celui-ci tout en s’efforçant de lui renvoyer un contenu plus acceptable qui soit capable de l’apaiser. Et ce qui le calme en effet le plus souvent c’est de recevoir des soins appropriés « enveloppés » dans des pensées verbales susceptibles de faire baisser l’angoisse, ce qui signifie que la mère a pu modérer la sienne propre face aux pleurs de son enfant, grâce à ses ressources personnelles et avec l’aide d’un environnement sécurisant. Dans ce mouvement interactif, qui suppose à l’évidence des opérations psychiques complexes, même si elles sont très inégales entre les partenaires, on a là le prototype de toutes les futures communications humaines et de la pensée, sans doute aussi du sentiment moral en raison de la fragilité d’un des deux participants. David Hume écrivait déjà que : « Dans la nature, l'homme est l'animal le plus démuni : seule l'organisation sociale lui permet de survivre ». Et pour lui, rien n’arrive au psychisme sans passer par les sens car : « Toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples ». Or « Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer impressions ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme ». Les psychistes du XXème siècle, de Freud et ses successeurs à Wallon ou Piaget ont prolongé ces observations pertinentes en les regroupant autour d’une étape sensori-motrice, laquelle ne nécessite aucunement le recours à des propriétés non physiques émergentes se situant à un niveau supérieur si l’on excepte les conditions de sécurité évoquées plus haut que constituent pour l’humain un agent maternant capable d’offrir des soins adaptés tout en étant le contenant primaire d’une pensée en développement. Il faut donc insister sur le fait que les sensations éprouvées chez l’humain sont aussi des contenus mentaux que l’expérience du manque et de la frustration transformeront progressivement avec l’avènement du langage en demandes et pensées du désir.

Mais que se passe-t-il à d’autres niveaux du vivant ? Les notions de contenant et de contenu en interaction l’un avec l’autre, et avec des ensembles plus larges, sont aussi très importantes. Sur un plan général on peut même parler d’écologie puisque ce terme créé par le biologiste allemand Ernst Haeckel désigne la science qui se donne pour objet les relations des êtres vivants avec leur habitat et l’environnement ainsi qu'avec les autres êtres vivants. Précisons seulement pour éviter tout malentendu que le spécialiste de l'écologie est un écologue et non un écologiste, le premier principe de l'écologie étant que chaque être vivant est en relation continue avec tout ce qui constitue son environnement. Dès le niveau de la cellule la membrane est à la fois un contenant du noyau et une barrière interactive avec le milieu. Et dans les systèmes pluri cellulaires, l’information circule à plus large échelle encore. Même dans des populations génétiquement identiques de bactéries, on sait que certaines peuvent agir de manière radicalement différente et que la diversité qui en résulte, ou la complexification, est une des clés de la résistance bactérienne aux antibiotiques. Ce que l’on constate donc sur le plan évolutif de la bactérie à l’humain, c’est une circulation de l’information interactive conduisant à une complexification croissante. Dans les systèmes vivants, cette complexité émerge par étapes notamment grâce à deux grands principes qui interviennent de façon prégnante : la « juxtaposition » d’entités identiques, et l’« intégration » dans des entités plus complexes, dont elles constituent alors des parties. Mais déjà Aristote mettait en garde sur le fait que « Le tout n’est pas la somme des parties ». Et pour Georges Chapouthier qui compare la complexité des organismes vivants à des mosaïques, ce tout constitué aux différents niveaux (cellule, organisme, population…) laisse une large autonomie de fonctionnement à ses parties autorisant l’émergence de nouvelles facultés. Donc non seulement le tout et la somme des parties ne se réduisent pas l'un à l'autre mais les éléments en interaction ont des propriétés émergentes : les milliards de neurones de notre cerveau n'ont individuellement aucune intelligence repérable et pourtant leurs interactions en créent. C'est pour cela qu'étudier séparément des parties ne permet pas de reconstituer l’ensemble d’autant qu’un processus d’auto-organisation interfère aussi car le monde est fait d'ordre organisé et de désordre. Il s'organise par le désordre, en même temps que l'organisation se désordonne.

Tout ceci explique qu’il était illusoire au départ de penser que le décryptage du génome humain permettrait d’expliquer vraiment le fonctionnement psychique, ce qui ne veut pas dire qu’il ne fallait pas le faire. De la même manière il semble mal approprié aujourd’hui de vouloir imiter la pensée avec le Human Brain Project (HBP), doté de plus d’un milliard d’euros par la Commission Européenne, qui s’appuie sur le projet déjà existant Blue Brain d’encéphale numérique lancé à l’École Polytechnique de Lausanne. Rappelons brièvement qu’il s’agit de simuler le fonctionnement du cerveau avec des supers ordinateurs pouvant reconstituer quelques colonnes corticales du rat, sans tenir compte d’aucune interaction : ni avec le reste du cerveau, ni avec le reste du corps, ni avec tout l’environnement global. Cette recherche béhavioriste proche de la boite noire de Skinner renvoie finalement à une conception de l’univers et du vivant considérés comme des machines qui est contemporaine de Descartes. Or s’il est vrai que la circulation des informations est bien au cœur du processus vivant avec des boucles rétroactives parfois mutagènes d’un point de vue évolutif qui entrainent une complexification croissante, on retrouve aussi cette complexité informationnelle dans ce qui est encore considéré comme non vivant, mais probablement pour peu de temps puisque la physique des particules amenuise chaque jour davantage la frontière avec le vivant . Au-delà du statut incertain des virus, et leur importance biologique considérable, on pense aux nanomatériaux puisqu’à cette échelle la matière présente des propriétés physico-chimiques spécifiques avec un comportement quantique si étrange à nos yeux de béotiens. Mais aussi à la profusion exponentielle des données transitant par les data center où la mutation quantitative, qui est aussi un changement d’échelle, entraine une modification qualitative susceptible d’influencer la pensée et la recherche humaine puisque le tri des informations a posteriori, et non a priori selon une ligne inamovible de recherche prévue au départ, peut faire apparaître sur un mode probabiliste des figures inconnues du savoir.

Il reste que la principale différence avec les communications humaines concerne essentiellement la question du désir qui englobe celle de la finalité : les machines et autres computeurs ne peuvent ontologiquement produire ni langage spontané ni pensée du manque ou de la persévérance à être car ils obéissent à des lois fonctionnelles et technologiques inventées par l’homme pour seulement produire des données utilitaires. Alors que le cerveau est plutôt un moyen associatif permettant de relier les choses et les personnes entre elles en créant de la pensée, l’ordinateur est surtout un outil de calcul qui donne très rapidement de l’information. C’est un peu la tête et les jambes. Toutefois son utilité aujourd’hui, aussi incontestable que l’invention du biface, de l’écriture, ou de l’imprimerie, fait que l’humanité ne reviendra pas en arrière. Mais parallèlement à ces sophistications modernes il est intéressant de constater que les prémisses de la pensée humaine apparaissent aux antipodes des systèmes cybernétiques par le biais d’une relation de désir porteuse de projet qui relie les individus entre eux dès la naissance, et probablement avant, et qu’il a fallu des millions d’années pour en arriver là. Cette coupure entre Nature et Culture a priori irréversible pour l’humain entraine une différence fondamentale avec les êtres vivants inférieurs car elle devient potentiellement capable de modifier l’évolution darwinienne classique et de faire intervenir l’hérédité sociale, voire génétique, des caractères acquis. Et s’il est vrai que la fonction d’attachement que nous avons évoquée ici est bien le creuset anthropologique d’une humanité douée de parole où se fondent presque simultanément le désir, la morale, et la pensée, alors il y aurait certainement un risque important pour celle-ci d’oublier d’où elle vient, surtout dans une période où elle ne sait plus très bien où elle va.



25 réactions


  • claude-michel claude-michel 21 janvier 2014 10:14

    Un hasard a donné à l’homme l’intelligence. Il en fait usage : il a inventé la bêtise....[ Rémy de Gourmont ]


  • Buddha Marcel. 21 janvier 2014 11:35

    Salut, il est dit : «  »Cette coupure entre Nature et Culture a priori irréversible pour l’humain entraine une différence fondamentale avec les êtres vivants inférieurs car elle devient potentiellement capable de modifier l’évolution darwinienne classique et de faire intervenir l’hérédité sociale, voire génétique, des caractères acquis. Et s’il est vrai que la fonction d’attachement que nous avons évoquée ici est bien le creuset anthropologique d’une humanité douée de parole où se fondent presque simultanément le désir, la morale, et la pensée, alors il y aurait certainement un risque important pour celle-ci d’oublier d’où elle vient, surtout dans une période où elle ne sait plus très bien où elle va.«  »
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    Toute l’arrogance de l’homme est là : « être vivant inférieur  »...si l’univers pensait comme l’homme, il n’aurait jamais existé et si malgré tout il existât il aurait alors déjà disparu car L’ Univers est Unité, lié, collectif .......sauf nous, et ceci est de notre faute intégrale.

    Darwin pour moi était juste un plouc local sans intérêt. Des visions étranges m’ont dit ceci il n’y a pas eu de big bang mais apparition de matière à partir d’une origine inconnue non matière qui n’est pas dans les filets du temps, qui n’a ni début , ni fin...,

    il n’y a pas d’expansion de l’Univers car tout « est » déjà, il n’y a pas d’évolution mais changement ( qui ,quoi est derrière) et l’humain n’a strictement rien à atteindre qui n’existe déjà....vivre est le miracle mais on ne vit pas , car on pense la vie.....penser sert a survivre pas à vivre..

    A part dans le cerveau humain, enfin la partie infime analytique binaire , infime mais absolument vitale pour la survie du corps , il n’y a aucune valeur donnée a ceci par rapport a cela dans tout l’ Univers, tout est égal.......j’ai, comme certains, vécu de tels moment au delà de la pensée, là ou est le sens, la nourriture de la vie.....certes l’idée d’une Origine Ultime n’est alors pas loin, mais en soi cela n’a pas un intérêt immense que d’y penser, il faut le vivre, oui mais comment ? dit l’humain de suite en quête de méthode pour gagner son paradis....

    Par contre là ou il y a expansion est dans la bêtise humaine qui touche quasiment à l’absolu d’ où le fait de vouloir se croire à tout prix géniaux, malgré la démence qui nous affecte et qui bien sur est niée....après tout le mot à ceci de bien pratique, c’est que ce qu’il décrit n’a pas besoin d’être vrai...d’ où le mensonge quasi permanent partout et tout le temps.....


    • Buddha Marcel. 21 janvier 2014 12:06

      je disais : « A part dans le cerveau humain, enfin la partie infime analytique binaire , infime mais absolument vitale pour la survie du corps , il n’y a aucune valeur donnée a ceci par rapport a cela dans tout l’ Univers, tout est égal.... »

      cela vient de notre cerveau analytique ,qui pour survivre physiquement a besoin d’évaluer commet y parvenir. oui on non !!rejet/ acceptation etc etc...en l’absence de notre capacité inné qui ne marche plus ,capacité inné à vivre au dela de cette analyse binaire oui/non, vivre pour nous par extension est devenu evaluation permanente, comparaison permanente , choix permanent et rien d’autre,ceci est la base de tous les conflits...nous sommes devenus des simples calculatrices qui l’ignorons....


  • soi même 21 janvier 2014 12:38

    Pourquoi dit’ on, je réfléchie ?
    Il y a pas là une énigme de la pensé humaine ?


    • Ruut Ruut 21 janvier 2014 17:06

      En anglais i think ou i sink le son est proche.


    • Jean Keim Jean Keim 22 janvier 2014 08:36

      Réfléchir = renvoyer.

      De même qu’un miroir ne peut que renvoyer (réfléchir) l’image de ce qu’il « voit », la pensée ne peut que puiser dans un contenu qui est la mémoire, la réflexion tourne en rond dans le bocal mental comme un poisson dans son aquarium. Il nous est impossible par la pensée d’accéder à l’inconnu. Essayons d’imaginer un nouveau son, une nouvelle couleur, rien ne vient, ce n’est pas dans notre mémoire.
      Les découvertes réellement créatives ne se font pas par un processus mental.
      Les pensées ne peuvent accéder qu’au connu.

    • soi même 22 janvier 2014 16:59

      @ Jean, visiblement tu m’a l’air calé dans tes certitudes.
      ( Les pensées ne peuvent accéder qu’au connu. ) à bon, comment expliquez vous, les découvertes scientifiques majeurs ?
      C’est juste pas qu’il avait accès aux connus ?

      Vos certitudes sont piètres.Depuis l’école, il est visible que vous n’avez pas réfléchit, vous contentez de l’acquis scolarus officianalus !


  • Neymare Neymare 21 janvier 2014 15:55

    "L’expérience commune montre également que la destruction du substrat physique, le cerveau par exemple, entraine aussi celle des processus mentaux, ce qui prouve l’origine matérielle de ceux-ci« 
    ça ne le prouve pas, ça ne fait que le suggérer : si je détruis mon poste de radio, et que je peux plus écouter de la musique, c’est pas pour ça que cette musique trouve son origine dans mon poste de radio.
    Selon ce que j’ai pu en percevoir (je mets tout ça au conditionnel, ça reste encore un doute chez moi), la pensée issue du cerveau enrobe (humanise on peut dire) une pensée qui existe dejà a un stade embryonnaire et indifférenciée (et vraisemblablement sous forme d’ondes) dans l’univers d’information dans lequel nous vivons.
    Ainsi, nous habillons nos impressions profondes d’un habit culturel (ou humain, ou instinctif), mais ces pensées ne naissent pas dans notre cerveau.
    C’est un peu comme si la pensée avait une ossature, et que notre cerveau lui donne un corps ou l’habille d’un tissu culturel humain
    Par exemple, imaginons que je me sente mal, que je suis déprimé : l’impression vient en premier, et ensuite je me trouve des raisons pour l’etre (ce qui augmente l’impression).
    Ces »squelettes" de pensée sont rangés dans un ordre (on va dire du négatif au positif, mais c’est plus complexe que ça) et l’homme selon son stade d’évolution psychique pourra ou pas accéder à ces strates (seul celui qui peut entendre entend).
    Donc, derrière l’illusion humaine, il y a en fait un parcours évolutif dans un monde d’information, dans le monde des idées
    Tout ça reste bien sur du subjectif, et ne reste qu’une interprétation de ce qu’on a bien voulu me montrer, et reste donc sujet à caution


  • Ruut Ruut 21 janvier 2014 17:08

    Pourquoi la vengeance.
    D’où viens cette nécessité si humaine et si peut constructive.


    • Le printemps arrive Le printemps arrive 21 janvier 2014 19:11

      conditionnement ?
      Conscience du temps horloge ?

      ... ?


    • soi même 21 janvier 2014 19:14

      ( Pourquoi la vengeance. )

      Rien à voir avec la pensé, c’est un sentiment

      Une particularité de la pensé, elle est influencé d’un coté par le sentiment ( sympathie, antipathie) et de l’autre par la volonté inconsciente ( instinct, pulsion).
      Quand il y a une prépondérance du sentiment sur la pensé, cela devient une pensé qui rêve et quand c’est la volonté, cela devient une pensé impulsive instinctive, une pensé qui dort.
      Il y a un troisième cas de figure, pensé les concepts de la pensé développe ce que l’on peut qualifier la pensé pur , dans le fait que l’on s’émancipe du sentiment et de la volonté.
      Les mathématiques est une pensé pure, 1+1= 2 , c’est objectif, que l’on traite avec le sentiment où la volonté, peut importe, personne ne peut niée le résultat !

       Donc la pensé à deux sources, la pensé objective et la pensé surjective.
      Quand on dit je réfléchie, on dit en réalité que la pensé est réfléchie dans mon cerveaux, le cerveaux est le réceptacle de la pensé, ce n’est pas la source de la pensé.

      Au lieux de dire ; « quand je pense , je suis », nous devions dire quand « je pense, je ne suis pas » !

      Une autre énigme de la pensé, vous trouvez vous pas ?
       


    • Jean Keim Jean Keim 22 janvier 2014 08:46

      Bien sur que si que la vengeance vient de la pensée, le souvenir - donc la pensée - de ce qui m’a blessé, la blessure occasionnée à mon ego génère l’idée - donc encore la pensée - de trouver une compensation par un acte réparatoire qui peut être la vengeance.


    • soi même 22 janvier 2014 16:46

      si je comprend bien votre objection, l’antipathie est une pensé ?

      Non , la vengeance est le résultat d’un sentiment qui interférer dans la pensé volontaire, c’est avant tous un ressentiment de frustration, d’orgueil froissée, d’une injustice.

      La vengeance a une dimension irrationnel, dans le fait que c’est pas la pensé qui prend le pas mais bien le sentiment de vengeance.

      D’ailleurs celui qui ne peut pas mettre en œuvre sa vengeance, vit bien une frustration, qui est bien le signe que c’est le sentiment qui prend le pas sur la pensé, c’est une pensé lier au sentiment.

      Si comme si vous affirmer , une colère est une pense, alors pourquoi dans une colère, il y a débordement ?


  • Xenozoid 21 janvier 2014 17:09

    on dira que la pensée humaine , en faite n’est que de l’onanisme,il sufit de discuté pour s’en rendre compte,car qui pense comme ?


  • Ruut Ruut 21 janvier 2014 21:55

    Pourquoi les humains ont ils conçus des chiffres communs a toutes les langues 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 (probablement pour le commerce) et des lettres et langages différents (pour tromper l’acheteur ?) ?
    Quel est l’intérêt de parler un langage que l’autre ne comprend pas ?
    Pourquoi est ce si difficile a l’humanité de définir une langue commune a tous les peuples ?
    Cela est possible, les chiffres en sont la plus belle des preuves.


    • alinea Alinea 22 janvier 2014 10:45

      La musique est un langage commun et le monde des symboles, bien que pas universel, est largement partagé...


  • L'enfoiré L’enfoiré 21 janvier 2014 22:29

    « Alors que le cerveau est plutôt un moyen associatif permettant de relier les choses et les personnes entre elles en créant de la pensée, l’ordinateur est surtout un outil de calcul qui donne très rapidement de l’information.  »


    Un peu obsolète cette opinion sur l’ordinateur.
    Ses moyens associatifs, vous en avez un exemple par l’intermédiaire de Google.
    Les neurones en réseaux du cerveau, c’est vous qui l’organisez sous forme d’Internet. 

    • LEELOO Shawford43 21 janvier 2014 22:34

      Pas d’accord Guy pour Google = 100% propriétaire (et même en fait assez tyrannique dans le management). Par contre pour Mozilla, Wikipédia, etc, là d’accord


    • L'enfoiré L’enfoiré 22 janvier 2014 09:39

      Si tu prêterais un peu de temps à lire ce que j’écris ailleurs, tu comprendrais où est la limite. smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 22 janvier 2014 09:42

      Extrait : Facebook, Google reçoit une foule d’informations citoyennes ou non, données par ses utilisateurs qui ne s’en rendent même pas compte qu’elles peuvent être stratégiques pour ceux qui savent s’en servir en les revendant avant qu’elle ne rentrent dans le domaine publique.

      Alors ton « propriétaire », il ne pense plus qu’à ses locataires. 


    • LEELOO Shawford43 22 janvier 2014 09:44

      Déjà tu fais bien de me reprendre parce que je y’ai présentement mal lu (ou alors j’avais la tête ailleurs, dans le dessous des cartes par exemple), et donc mea culpa. Ensuite tu sais bien que je vais toujours lire ce que tu linkes vers chez toi quand on échange ensemble.


      De là à ce que je sois en permanence penché sur ton encyclopédie universialis personnelle en 800 volumes, tu m’en demandes un bcp smiley

  • Jean-Philippe 22 janvier 2014 08:51

    Bonjour,

    Quel foutoir, l’auteur, et vous m’avez bien amusé.
    Ainsi donc, l’Homme est un être supérieur ! Me voilà rassuré.
    Et je crois, à l’appui d’un autre commentaire précédent le mien, que vous n’êtes pas bien informé sur les progrès en matière de production langagière par les ordinateurs ...

    Mais venons-en au fait : la pensée, il semble qu’il faille l’approcher par les comportements.On pourrait distinguer entre comportements automatisés, d’une part, et comportements « contrôlés », d’autre part, contrôlés par la pensée, et qui seraient le propre du vivant ... pour le moment.
    En ce sens, la pensée, ce serait une boucle de rétroaction qui interviendrait pendant le comportement, visant à valider au moins l’intérêt de celui-ci, et de manière plus élaborée, en étudierait l’efficience en vue de le modifier.

    L’auteur qui m’a mené à cette représentation est Konrad Lorenz, dans une analyse qu’on trouvera je crois dans « trois essais sur le comportement animal et humain ».
    Konrad Lorenz explique ici comment il conçoit l’évolution des comportements, de l’instinctif au contrôlé. Il met en évidence l’existence de « chaines d’actes instinctif », en l’occurrence la construction du nid chez certains oiseaux, et il explique l’intérêt que présente pour l’animal l’apparition d’une boucle de rétroaction de contrôle au cours de la séquence instinctive. Il postule donc que l’évolution ayant permis la complexité et surtout la souplesse comportementale réside dans l’apparition de boucles de rétroaction dans les « chaines d’actes instinctifs » qui ont préexisté.

    Dans cette conception que je partage, notre comportement humain serait toujours entièrement encadré par l’instinct, mais presque complètement envahi de boucles de rétroaction que vous appelez les pensées.
    A noter que nous utilisons quotidiennement l’outil « automatique », lequel est une part importante des apprentissages. Ainsi, par exemple, la conduite automobile fait appel à un contrôle largement automatisé. Vous pensez : « je vais tourner à gauche », et pas : « je vais ralentir, débrayer, rétrograder, tourner le volant, .... ». La pensée « tourner à gauche » amène une séquence d’actes automatisés. (non pensés, dépense attentionnelle réduite). Les troubles de l’automatisation dans les apprentissages s’appelle une dyspraxie.

    Ceux qui s’intéressent à cette question gagneraient à lire Konrad Lorenz et ses analyses à ce sujet.


    • astus astus 22 janvier 2014 11:25

      Votre réaction, disons condescendante, et d’autres qui vous précèdent m’amènent à préciser quelques points. 

      Au cours de sa longue évolution la Culture a pris de plus en plus de place chez l’être humain par rapport à la Nature. Mais d’autres êtres vivants, que j’appelle « inférieurs », sont restés au contraire très dépendants des processus instinctifs et de la sélection naturelle. Il ne s’agit pas d’un jugement de valeur, pour dire que cela est bien ou mal, cela est. Le cerveau reptilien d’un lézard lui permet certainement d’être plus adroit que le mien pour attraper sa nourriture, et sur ce point, tout comme pour les capacités visuelles des oiseaux, tous ces animaux sont très « supérieurs » à l’humain. En revanche ces animaux n’ont jamais écrit de traité de philosophie, et sur ce point au moins ils nous sont très « inférieurs ». 

      Ils n’ont jamais non plus inventé les ordinateurs. Ceux-ci sont d’excellents outils que j’utilise régulièrement mais ils ne pensent pas au sens de la pensée humaineJe sais que cela fait moderne de laisser croire cette ânerie que le cerveau c’est pareil qu’un ordinateur. Simplement c’est faux. Les calculateurs ne sont pas des penseurs. Ils peuvent certes comme avec Google faire des associations pour rechercher quelque chose mais c’est uniquement parce que des hommes ont pensé pour eux des algorithmes et un programme pour rechercher ces mots. Jamais ils n’écriront spontanément « les correspondances » de Baudelaire.

      Dans la suite de votre réponse vous évoquez les travaux de Konrad Lorenz que je connais bien et dont les travaux vont d’ailleurs tout à fait dans le sens des thèses que je défends, notamment du côté de l’attachement primaire à un objet dès la naissance qui est une nécessité instinctive à la survie. Simplement je vous rappelle que les oies, même s’il existe des « oies blanches », ne sont pas des humains, et je vous invite si vous le pouvez à écrire un article pour réfuter point par point ce que j’avance sur le sujet précis de l’apparition de la pensée chez le petit homme. 

      En espérant vous lire bientôt je vous souhaite bon courage !

  • Jean-Philippe 22 janvier 2014 14:40

    Bonjour,

    L’auteur, je suis nécessairement condescendant lorsque mon interlocuteur croit que la culture l’empêche d’être aussi dépendant des processus instinctifs que n’importe quelle autre espèce animale.

    Ce que vous ignorez manifestement, c’est que ce qui nous sépare des autres espèces n’est pas une question de nature (nous avons la même) mais une question de degré.Oui, nos performances cognitives sont meilleures, et notre niveau de conscience aussi. Et ça change quoi ? Strictement rien car ces performances cognitives et de conscience sont toujours à ce jour totalement sous contrôle de nos instincts.

    Ce qui a sens en matière de vie, n’est pas le niveau de performance d’une espèce, mais ce qu’elle en fait ! Vous semblez très fier de faire partie de l’espèce qui a le mieux pris le contrôle de son environnement de toutes. Très fier de faire partie de l’espèce qui éradique et domestique les autres. De l’espèce qui modifie l’environnement dans son seul intérêt de court terme, qui joue à l’apprenti sorcier avec le climat, qui acidifie les océans, qui épuise les sols, dont un cinquième de la population est obèse quand un autre cinquième est malnutri.Et donc de la seule espèce dont la population reste en croissance continue depuis fort longtemps, à plus de sept milliards d’individus à cette heure ! Fier à en croire cette espèce supérieure aux autres ! Alors oui, il y a un domaine dans lequel cette espèce est clairement supérieure aux autres, c’est dans le domaine des dégâts faits à l’environnement. Pas sûr qu’il y ait tant lieu d’en être fier ...

    Oui, un foutoir. Aucune méthodologie. Vous prétendez parler de la pensée, vous ne la définissez pas. De la pensée humaine ! Vous la croyez de nature différente de la pensée animale ?

    Vous citez : Les échanges d’information ; l’instinct, la communication, les émotions, des sensations .... mais la pensée est où ?

    Sur le sujet précis de l’apparition de la pensée chez le petit Homme, vous n’avez rien écrit. Vous avez parlé de choses et d’autres, des choses pertinentes parfois, parfois vraies, souvent contestables. Mais rien de nature à construire au sujet de la pensée !

    Dans mon commentaire, je vous ai proposé une définition, un rôle, une origine de la pensée. je vous renvoie aux écrits de l’auteur de cette approche théorique, vous en faites ce que vous voulez !

    Et gardez bien vos illusions si elles vous sont nécessaires !


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