mardi 10 février 2009 - par dussauge

Babyloan.org : un nouvel exemple d’entreprise sociale réussie

Babyloan, le “petit prêt” (traduction de ce néologisme) est devenu le 1er site internet français de “micro crédit” solidaire à destination des micro entrepreneurs des pays du Sud.

JPEG - 19.9 ko
babyloan.org

 Il compte plus de deux mille membres, connectés en réseau et cent mille euros prêtés et € 20 par ma pomme pour commencer. Je reviendrai avec un nouvel article pour vous raconter les news sur la famille que j’ai choisie d’aider sur Babyloan.

L’idée de son cofondateur, le notaire et financier Arnaud Poissonnier, est née après la vague de générosité internationale pour les victimes du Tsunami en 2005. Quadra de moins en moins épanoui par son métier de banquier, il prend conscience de son désir d’humanité lors d’un audit du micro crédit pratiqué au Tajikistan, financé par ABN Amro pour le compte de l’ONG Acted. Peu de temps après, Arnaud lit un article à propos du site internet Kiva, son ainé américain qui a prêté plus de $38 millions en trois ans. Aurélie Duthoit et Arnaud Poissonnier, salariés d’Oxus, une filiale de l’ONG Acted, décident de créer Babyloan.

Alors qu’Arnaud Poissonnier obtient l’accord de l’AMF en mars 2008, il crée un mois avant ABC Microfinance SAS pour exploiter le site internet babyloan.org avec une première levée de €133k apportée notamment par la BRED et ACTED. Son modèle économique est simple : le prêteur donne un euro en plus par tranche de €50 prêtés et l’une des Institutions de Micro Finance (IMF) partenaires, verse 2,5% de la somme récupérée chez Babyloan pour financer (à 80% des femmes) le projet choisi en ligne par le prêteur. Arnaud a l’ambition de recevoir douze millions d’euros de prêts avant 2011. Avec un “panier” moyen de €53 par prêteur aujourd’hui et des invitations régulières pour rencontrer les banques à la recherche d’une nouvelle éthique en entrant dans le capital de ABCMicrofinance, l’enjeu se présente bien pour une petite équipe de moins de dix personnes.

Arnaud déroule maintenant une stratégie de développement intéressante. Un véritable projet pédagogique est nécessaire pour expliquer le fonctionnement singulier du micro crédit tant au près des IMF que des particuliers. Il se déroule en trois temps : explications et schémas sur le site internet ; conférence bimestrielle dans un café et intervention dans les collèges.
Il faut comprendre que prêter €600 sur une période assez courte nécessite un accompagnement presque hebdomadaire du chargé de compte qui récupère des petites sommes en liquide. La tenue comptable des ces micros opérations emploie beaucoup de main d’œuvre et de temps. Bref, rien à voir avec la mise en place d’un dossier de financement en France, où le contrat signé rend automatique les prélèvements sur un compte courant durant plusieurs mois ou années. En conséquence, ce travail de gestion locale de la somme prêtée par babyloan est facturée par les Institutions de Micro Finance sur une moyenne de 30% d’agios par an. Ce qui n’est rien comparé aux taux usuriers de 100 à 300% pratiqués localement. Arnaud répond à justement cette question dans ma vidéo ci-dessous.

Babyloan où seul le nom pourrait attirer les premières railleries puisque tout le monde entend “Babylone” : ville de Mésopotamie disparue, mais qui était située à 100km au sud de Bagdad aujourd’hui et dont la Bible en fera le symbole de la corruption et de la décadence.

Babyloan va poursuivre son expansion en Europe en suivant la même démarche : accord de la banque nationale et partenariat avec une ONG locale qui entre dans le capital de ABC Microfinance. Demain les italiens devraient pouvoir prêter leurs euros aux mêmes populations du Sud, avec le site de babyloan dont l’interface sera intégralement traduite. Je vous invite à lire les commentaires encourageants d’autres entrepreneurs et des médias ici avant de me laisser votre avis aussi.



12 réactions


  • Jojo 10 février 2009 21:13

    Sans doute intéressant et j’espère utile mais 30% d’agios par an pour les pays du sud, ça reste trop à mon avis. Imaginez le cas d’un agriculteur débutant dont serait financé, un petit groupe diesel, un forage et un minimum d’équipements, de semis et d’engrais. Vous pensez qu’en trois ans, il peut être capable de rembourser plus du double du dit- prêt. smiley


  • K K 10 février 2009 21:23

    initiative sympa, mais je trouve les taux d’interet beaucoup trop eleves pour les emprunteurs.

    Dans le meme ordre d’idee en plus amusant, il y a la
    http://www.zob-madagascar.org/ Ce n’est pas une arnaque.


  • FR-ank FR-ank 11 février 2009 16:14

    bon article, je pense vraiment que c’est une solution pour le futur ( pas que pour les pays du sud )
    C’est vrai que 30 a 40% de taux d’interet semble fou mais la video explique tres bien le probleme ( personne n’ayant pas acces au services bancaires donc dependants d’usuriers qui eux utilisent des taux d’interets de 100 a 300% !!! ).
    merci pour les informations.


    • Romain Desbois 11 février 2009 18:50

      oui moi aussi le taux de 30% m’a beaucoup dérangé mais je n’ai pas trouvé mieux.
      Si quelqu’un connait un concurent qui propose moins je suis preneur.
      Anectode perso, il ya dix ans je voulais créer une assoc qui aurait prêté en france au taux de l’inflation, le fisc m’a fait savoir que c’était illégal !
      Le but était déjà de courciruiter les banques et leur taux scandaleux avec leur crédit revolving.


  • eugène wermelinger eugène wermelinger 11 février 2009 17:24

    Super : 30% d’agios par an et en plus : Ce qui n’est rien comparé aux taux usuriers de 100 à 300% pratiqués localement.

    Un beau ramassi d’arnaqueurs, c’est une honte de la part de tous. 
    J’espère que le lecteur honnête ne va pas fourrer son nez dans une telle m....


  • Romain Desbois 11 février 2009 18:35

    Je suis à Babyloan depuis trois quatre mois et je dois dire que c’est génial car c’est l’emprunteur qui décide à qui il va prêter.
    Le seul hic est que l’on sait pas toujours exactement à quoi va servir le prêt. Ce qui fait que pour l’instant je n’ai pas prêté à beaucoup car je tiens absolument être sùr que je ne nourris pas un coucou dans mon nid.

    Je choisis donc mes propres critères, avec Babyloan on n’est obligé à rien.

    Les prêts sont à 0% par contre une participation est demandée au moment de payer.

    Moi ca fait longtemps que j’avais ce genre d’idée mais j’étais coincé par le fait qu’il manquait un maillon. J !e ne voulais pas financer un truc qui aurait des frais de financement énormes (frais de voyage en autres).

    Mais le plus simple est d’aller faire votre propre opinion par vous même smiley


  • Aurélie 11 février 2009 19:05

    Je suis Aurélie, cofondatrice du site www.babyloan.org !
    Je comprends vos réactions sur les taux d’intérêt de 30% pratiqués localement. Je pensais pareil il y a 6 ans quand je ne connaissais très bien pas le micro-crédit. Depuis, je n’ai cessé de travailler dans ce secteur et il n’y a rien de plus efficace pour sortir de la pauvreté ! Il faut se mettre dans le contexte du pays et ne pas oublier que le micro-crédit a été inventé et mis en place par les populations en difficulté des pays en développement, donc pour leur propre intérêt !
    L’explication serait longue mais je vous invite vivement à visiter nos pages d’explication et de pédagogie sur les taux d’intérêt :
    http://www.babyloan.org/descriptionmicroloan.aspx
    FAQ "des taux d’intérêts élevés, pourquoi ?" http://www.babyloan.org/microfinancefaq.aspx#div04

    Si c’était une "arnaque" comme certains peuvent le penser (et c’est normal et sain de se méfier et se renseigner), nous n’aurions pas été transparent comme nous le sommes !

    Pour préciser le post de Romain (le 0% c’est la rémunération du prêteur solidaire que nous avons choisi de pas rémunérer car en effet cela chargerait encore plus l’entrepreneur bénéficiaire)


  • jeanmarie78 17 février 2009 16:33

      En parlant d’arnaque Eugène voila qelques éléments plus que troublants :

    • babyloan est une entreprise mais utilise un site en .org. N’y a t il pour le moins desinformation voir mensonge ?
    • Une banque, la BRED est actionnaire de référence.
    • babyloan serait l’oeuvre de 2 entrepreneurs : la je dis carrément mensonge. Je connais tres bien la BRED et la petite histoire que babyloan essaye de nous raconter sur la création de babyloan par 2 entrepreneurs (Arnaud et Aurélie ) n’est que pur mensonge.
    • Babyloan fait appel a ce qu’ils appelent pudiquement des contributions, en fait des dons. Vous avez bien entendu : une entreprise detenu en tres grande partie par des banques fait appel à des dons.

    Si des banques sont au capital de babyloan c’est c’est parce que Babyloan place l’argent des preteurs.C’est une quasi banque. Il n’y a qu’a regarder le contrat de prêt sur leur site. 

    Babyloan c’est micro-crédit maxi-profits tout ca sur le dos des plus pauvres et des preteurs qu’ils abusent.
    Babyloan c’est un peu le Madoff du microcrédit semble t il !


  • dussauge dussauge 17 février 2009 17:29

    il faut replacer votre commentaire dans le contexte de la crise et de la mauvaise image (justifiée) des banquiers. Si vous aviez raison, les sommes pretées ne pourraient être placées (sans risque) qu’entre la date du crédit sur babyloan.org et la date du pret à une famille du Sud par l’Institution de Micro Finance. Je laisserai Aurélie vous répondre sur ce point.
    Mais votre véritable message repose sur le fait qu’il ne devrait pas y avoir enrichissement quand on satisfait la demande d’un prolétaire. Je suppose que si l’on vous écoutait, il faudrait interdire :

    1. tous les entrepreneurs (avec leur salariés) qui placent leur économie dans un projet dans le but de le faire fructifier (ou de tout perdre). 
    2. tous les joueurs du loto qui gagnent de l’argent non imposé sur le dos des perdants
    3. tous les boulangers qui font des bénéfices sur le dos des consommateurs de pain
    La liste pourrait être longue et j’oubliais le prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus qui s’enrichit sur le dos des millions d’Indiens. Votre proposition, si nous pouvions la connaitre, consisterait sans doute à laisser mourrir les pauvres dans la dignité en laissant les plus farouches emprunter à leurs pairs à des taux de 300%/an. Tout cela pour éviter que des personnes qui ont le malheur de posséder de l’épargne puissent gagner encore plus.

  • jeanmarie78 18 février 2009 17:04

    Bonjour,

    désolé je me suis peut-être mal exprimé...
    Je suis tout a fait d’accord avec vous on a le droit d’entrer dans une relation commerciale avec un "prolétaire". Les microentrepreneurs des pays en développement doivent pouvoir acceder au crédit, c’est un droit fondamental, et si cela suppose de payer un taux d’interet, c’est normal.

    Ce qui me gene concernant Babyloan c’est que lorsque les prêteurs font un prêt, babyloan recoit des remboursement intermediaires des microentrepreneurs et ce sont ces memes remboursement intermediaires que babyloan place sur des produits financiers classiques. Ils demandent aux emprunteurs de prendre un risque en financant des microentreprenurs situés à l’autre bout du monde, mais eux, loin de prendre ce risque, placent les sommes sur les marchés financiers européens. 
    C’est dans le contrat de prêt de bayloanqu’ils imposent aux internautes : en voici un extrait...

    « L’IMF virera mensuellement sur un compte spécial ouvert par ABC Microfinance dans un établissement de crédit installé en France les mensualités de remboursement du Contrat de Prêt. Les sommes seront conservées par ABC Microfinance jusqu’à l’échéance du Contrat de Prêt. Au cours de cette période, ABC Microfinance se réserve la possibilité de faire fructifier les fonds. »

    En fait sous l’apparence de financer des microentrepreneurs, les preteurs mettent a disposition de babyloan des fonds et cela gratuitement. Voilà l’arnaque. Quand vous preter sur babyloan vous preter en fait a une entreprise dont des actionnaires sont des banques. En fait vous donner temporairement et gratuitement de l’argent a des banques. C’est une manoeuvre sophistiquée mais c’est une véritable arnaque, voilà pourquoi on peut dire que babyloan c’est le Madoff du microcrédit !!

    Et je répéte comble du comble en plus du placement, il font appel a des dons, en se faisant passer pour une association avec un site en .org ! (est ce legal ?). Je trouve cela ignoble, il faut le dénoncer cette arnaque.

    Le microcrédit peut etre une trés bonne idée je pense à condition de ne pas être dévoyée par des profiteurs et des malhonnêtes sans vergogne


  • jujuj 28 avril 2009 11:05

     Je suis tout à fait d’accord avec jeanmarie78 concernant le flou à propos de babyloan : à qui a-t-on affaire ? Une banque ? Une association type 1901 ? Une ONG ? Difficile à dire.

     Que l’argent prété par les internautes ne soit pas rémunéré, on peut le comprendre dans la mesure où le risque est en grande partie assumé par le préteur local et que de toute façon, ce genre d’initiative n’est pas un placement pour le préteur (il s’agit plutôt d’un don provisoire).
     Ce que je ne comprends pas, c’est le fait que mon argent « travaille » entre le moment où j’ai choisit de faire mon prêt et celui où il est effectivement prété : existe-t-il un délai maximum au delà duquel le projet est abandonné et mon argent m’est rendu ? Dans quelles conditions travaille-t-il et surtout au profit de qui ? De Babyloan ? Mais dans ce cas, pourquoi dois-je payer 1 euro par tranche de 100 euros prétés pour soutenir Babyloan ? Les intérêts de mon don devrait suffir, ou alors m’être reversés.

     Par ailleurs, je ne comprends pas très bien l’évaluation qui est faite des partenaires locaux qui sont ceux qui vont effectivement préter l’argent au bénéficiaire. Qui s’assure de leur sérieux ? Qui s’assure que les projets existe réellement et sont bien financés à hauteur de ce qui est annoncé ?


    • dussauge dussauge 18 mai 2009 11:15

      Bonjour, voici une réponse publiée par Babyloan à la suite de l’émission envoyé spéciale : http://is.gd/AWLU
       Je pense qu’il faut respecter les gens comme vous qui pensent que le social ne peut être que bénévole et l’entreprise que capitaliste avec le seul profit pour objectif, comme cela a toujours été. Personnellement, j’adhère à la pensée de M. Yunus qui ouvre une 3e voie avec un accès au prêt pour ceux qui n’y ont pas droit dans toutes les banques « normales » afin de les traiter comme les autres en leur rendant leur honneur, et ne pas les enfermer dans l’assistanat.


Réagir