lundi 9 septembre 2019 - par Séraphin Lampion

Boris Johnson : trop tard pour faire demi-tour, l’avalanche est déclenchée

Il a perdu le contrôle du Brexit, du Parlement et du calendrier des élections.

Pour lui, démissionner serait peut-être l’option « la moins pire » ?

BoJo entretient une relation surréaliste avec la réalité et désinvolte avec la vérité. Cela se traduit par une tendance marquée à ne rien prendre au sérieux, à commencer par lui-même, y compris dans les rares moments où il s’exprime sans arrière-pensée. Il faut donc prendre avec recul et dérision sa déclaration selon laquelle il « préférerait être trouvé mort dans un fossé » plutôt que de demander à l'UE de prolonger le délai imparti pour le Brexit.

Et si cette demande était votée par le parlement cette semaine comme il en est question, préférera-t-il enfreindre la loi et se retrouver mort dans un fossé ou en prison ? Comme il est peu probable que la pitance servie dans les établissements carcéraux britanniques fût en conformité avec les exigences que son éducation aristocratique lui a inculquées, et comme l’humidité des fossés de la campagne anglaise risquerait de corrompre trop rapidement son cadavre exquis, il n’aurait plus qu’à démissionner de son poste de Premier Ministre plutôt que d'exécuter les ordres du parlement.

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Malgré le positionnement de sentinelles dans plusieurs camps, il s’est laissé encercler par des votes parlementaires qui ne l’autoriseront pas à effectuer une sortie de l’UE sans accord. Il a été « blackboulé » par l'opposition qui lui a refusé l’élection qu’elle réclamait l’an dernier, mais qui ne pourra pas l’empêcher de quitter son poste de Premier Ministre et de mettre en demeure les députés de trouver quelqu'un d’autre pour exécuter leurs instructions. « Se déposer » soi-même pourrait finalement s’avérer être le seul atout qui lui reste en main.

L’équipe de Johnson était convaincue que l’élection était une offre que l’opposition ne pourrait jamais refuser. Après tout, les travaillistes avaient facilité l'élection anticipée de Theresa May en 2017, même si elle avait une énorme avance au moment du vote du Parlement pour valider son plan et que la plupart des députés travaillistes pensaient que cela signifierait un glissement de terrain des conservateurs. Johnson croyait que ce stratagème fonctionnerait, mais il s'avère que certaines personnes du parti travailliste peuvent encore penser autrement. Avec les autres partis d'opposition, ils ont décidé de refuser à M. Johnson une élection programmée pour des raisons d'opportunité.

Tout ça ne faisait pas partie du plan sournois qui était le sien quand il est arrivé à Downing Street. Le projet ne prévoyait pas qu’il devrait rendre son tablier à la reine quelques semaines seulement après son accession au poste de Premier Ministre. S'il doit en arriver là, ce sera le résultat d'une série de stratagèmes calamiteux qui l'ont conduit à perdre le contrôle du Brexit, du Parlement et du calendrier des élections en moins d'une semaine.

Sa première erreur a été d'annoncer la prorogation du parlement. Plutôt que de donner la priorité à un Brexit sans accord, cette décision a provoqué des appels devant les tribunaux et des manifestations devant le palais de Buckingham. Encore plus fort, cette bévue a galvanisé les opposants à la Chambre des Communes qui étaient en léthargie depuis le départ de Mme May. Il a réussi l'exploit de réconcilier à la fois le parti travailliste avec lui-même, mais aussi avec d'autres partis de l'opposition. Il a fait l’unanimité contre lui là où d’autres avaient su diviser pour régner, une vieille recette sans originalité, mais efficace.

Après avoir passé une grande partie de l'été à se disputer sur le meilleur moyen de contrecarrer un Brexit sans négociation, ces partis se sont rabibochés autour de la sacro-saint défense des droits parlementaires « contre un pouvoir dictatorial ». Ils ont ensuite fait cause commune avec les rebelles conservateurs pour légiférer contre un Brexit en faillite.

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La seconde erreur a été de Faire de ce vote une question de confiance. Purger le parti conservateur de ses 21 rebelles a été la plus effroyable effusion de sang de l'histoire moderne de ce parti aux allures respectables peu enclin à l’affichage d’une violence vulgaire. Parmi les victimes figurent sept anciens ministres, dont Ken Clarke, qui a fait partie des gouvernements Heath, Thatcher, Major et Cameron. Il avait été élu député quand Boris Johnson était « un petit bambin ». Traiter quelqu'un qui est un député conservateur depuis près d'un demi-siècle comme un traître ne manque pas de sel, mais ça coûte cher.

Dernier coup, un uppercut fatal : en prévision d'élections des élections qui s'annoncent, quelques conservateurs en bonne position ont déclaré qu'ils ne se représenteraient pas, parmi lesquels le frère cadet du premier ministre, Jo. « Le coup passa si près que la chapeau tomba… »

Mais il est trop tard pour faire demi-tour maintenant. Ne pas appliquer les directives du parlement serait enfreindre la loi et le conduirait devant les tribunaux. Demander une prolongation tout en protestant qu'il y ait été contraint parce même parlement ne serait pas mieux. Aux yeux des Brexiter, cela le transformerait en un premier ministre fantoche. Bien que personne dans les partis d'opposition ne soit prêt à l'admettre en public, le coup de pouce que cela donnerait au parti du Brexit aux dépens des conservateurs est la véritable raison pour laquelle l'opposition souhaite retarder une élection après la fin du mois d'octobre.

Moralité, quand on veut faire du hors-piste, il ne faut déjà pas traverser les couloirs d’avalanches, mais il est encore plus inconscient de les retraverser dans l’autre sens en aval du niveau que l’on vient de déstabiliser soi-même. Le sketch de l’arroseur arrosé est un numéro de clown éculé !



125 réactions


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 10 septembre 2019 17:40

      @Olivier Perriet

      c ’est pas flou
      je ne suis pas européiste
      l’UE est l’internationale du capital qui a réussi ce que la classe ouvrière aurait dû faire : s’unir pour mieux combattre ses ennemis

      mais je ne considère pas que l’ennemi de mon ennemi est forcément mon ami !

      Si Boris Johnson n’est pas pire que l’UE, il est au moins aussi toxique et n en a rien à foutre du peuple britannique

      soutenir johnson parce qu il est contre l’UE est aussi aberrant que ce qu’on appalle « vote utile » qui consiste à faire la courte échelle à celui qui vous marchera sur la tête pour continuer à monter


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 10 septembre 2019 17:43

      @Cadoudal

      Tiens de retour ? Des vacances ? La firme a fait quelques économies sur les salaires des trolls ? smiley

      Nationaliste breton exilé au Sénégal, donneur de leçons identitaires universel, y sont forts quand même (lol)


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 10 septembre 2019 17:44

      @Séraphin Lampion
      Si Boris Johnson n’est pas pire que l’UE, il est au moins aussi toxique et n en a rien à foutre du peuple britannique

      je ne suis pas britannique, donc je ne pourrai pas m’indigner sur ce point.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 10 septembre 2019 17:54

      @Roubachoff

      « Quand je lis un article comme celui-là, je me demande toujours à quoi il est censé servir. Les Français n’étant pas en mesure de voter là-bas, quel est le but de cette bouillie européiste ?  »

      il n’y a rien d’« européiste dans cet article

      la question est : sortir de l’UE pour quoi faire ?
      si c’est pour instaurer le modèle économique libertarien de privatisations et de déréglementations de Johnson, je ne suis pas partant

      or, en France, l’argument des souverainistes pour la sortie de l’UE ne s’accompagne pas d’un projet économiqe et social clair
      retrouver »liberté« et »indépendance" est un discours patriotique qui ne résonne pas à mes oreilles qui, elles, attendent une musique tournant autour d’un plus grande justice sociale

      capiche ?


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 10 septembre 2019 21:02

      @Séraphin Lampion
      la question est : sortir de l’UE pour quoi faire ?

      Bonne question ! La sortie de l’ UE est un moyen, pas une fin en soi.
      L’ UPR y répond par son programme.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 10 septembre 2019 21:06

      @Séraphin Lampion

      Programme de l’ UPR, il est clair et social.


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 10 septembre 2019 21:13

      @Cadoudal

      lol


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 11 septembre 2019 07:35

      @Cadoudal
      Rien sur l’invasion...

      Asselineau a décrypté le Pacte de Marrakech.

      Et après la sortie de l’ UE, débats contradictoires + référendum.

      En attendant, il n’y a rien à faire, l’immigration est gérée par des textes européens, dont le FN ne demande pas à sortir.

      PS : Merci de me donner l’occasion plusieurs fois par jour d’expliquer les propositions de l’ UPR et de pouvoir montrer aux lecteurs que vous n’avez aucune proposition politique, à part pleurnicher à longueur de journée !


    • Roubachoff 13 septembre 2019 04:43

      @Séraphin Lampion
      Européiste ou non, vous faites une énorme erreur d’analyse. Après le Brexit, il y aura une vie, et Johnson (ou son clan) ne resteront pas éternellement au pouvoir. En s’engageant dans de basses manœuvres, Corbyn prive les travaillistes de toute possibilité d’impulser après coup un Brexit de gauche, soit exactement ce que vous prétendez souhaiter. Car ne vous faites pas d’illusions, dans l’UE, il n’y aura jamais de justice sociale. Et si l’extrême-droite accède un peu partout au pouvoir, comme on peut le redouter (France comprise) ce sera la faute de tous ceux, de Delors à Merkel en passant par Mitterrand et Macron, qui auront construit cette Europe de la déflation et de l’austérité. 
      Des guignols de gauche Tsípras, Mélenchon, Corbyn, Iglesias sabotent le boulot depuis des années, rendant inévitable qu’il soit fait un jour salement par d’autres qu’eux. C’est aujourd’hui le drame de l’Europe.
      Inutile d’être UPR, ce qui n’est pas mon cas, pour s’en apercevoir. 
      Verstanden ? 


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 10 septembre 2019 12:43

    « Now it’s time to back Britain and go global » Johnson en 2017, oh le beau Brexit pour le peuple smiley


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 10 septembre 2019 17:35

      @bouffon(s) du roi

      merci pour le lien
      copie conforme d’America great again !


    • doctorix doctorix 10 septembre 2019 19:52

      @bouffon(s) du roi
      Johnson, on e le soutient que pour sa volonté qui nous est commune de sortir de l’UE.
      Après, ce qu’il veut faire n’est pas ce qu’on veut faire, mais chacun profitera de son indépendance pour faire ce que veut chaque peuple, et ce qui les concerne ne nous concernera plus.
      Cette perspective vous déplait ?
      Il est évident qu’un insuccès du brexit serait un lourd handicap pour le frexit. D’où notre soutien total.
      A moins que tous ces bâtons dans les roues n’incitent les français à comprendre ce que sont la prison et la dictature européennes, et ne leur ouvre enfin les yeux sur la nécessité de s’en débarrasser, comme on se débarrasse des poux et des morpions.


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 10 septembre 2019 21:47

      @doctorix

      J’ai bien compris tout ça ...
      En résumé vite fait.
      Ce que j’essaye de vous montrer, c’est que le Brexit est poussé par des puissances d’argent. Voyez-vous des oligarques vouloir et pousser le Frexit (ou autre) pour sortir de l’UE ?
      Alors oui, il y a internet, mais est-ce que ça draine réellement des prises de consciences dans la vraie vie ? et même ... Il y a l’effet des gilets jaunes certes, mais que fait le pouvoir en retour, une démonstration de force !
      Alors que l’on veuille essayer par les urnes, c’est tout à fait louable au premier abord, mais ds la réalité c’est déjà caduque dès le départ, je me répète mais de démocratie il n’y en a pas !!
      Macron est arrivé par les urnes, parce qu’il a le pouvoir de l’argent derrière lui...


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 10 septembre 2019 21:53

      @bouffon(s) du roi

      ah oui, je rajoute pour préciser, ça ne veut pas dire que la prise dans le système ne passe pas par des organisations politiques, mais celle-ci sont limitées par et dans le jeu du système. il ya d’autres manières surement, c’est jutse une question d’être dupe ou non.


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 10 septembre 2019 22:02

      @Séraphin Lampion

      De rien. C’est le principe ^^
      D’ailleurs sur le lien, (ds la photo du site), à la droite de Bojo le mec aux lunettes, on peut croire que c’est son « bras droit », Dominic Cummings (il semble que non mais c’est pour dire ^^)
      Intéressant de chercher par là aussi, marié à une fille d’un Lord, etc. si on se cherche un peu ... enfin bon smiley


    • doctorix doctorix 10 septembre 2019 23:33

      @bouffon(s) du roi
      Ce que j’essaye de vous montrer, c’est que le Brexit est poussé par des puissances d’argent.

      Si c’était le cas, il y a deux ans que ça serait fait.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 11 septembre 2019 07:37

      @doctorix

      « Johnson, on e le soutient que pour sa volonté qui nous est commune de sortir de l’UE.
      Après, ce qu’il veut faire n’est pas ce qu’on veut faire, mais chacun profitera de son indépendance pour faire ce que veut chaque peuple, et ce qui les concerne ne nous concernera plus.  »

      ça, c’était la tactique du pacte germano-soviétique !


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 11 septembre 2019 07:43

      @bouffon(s) du roi
      c’est que le Brexit est poussé par des puissances d’argent.

      Ce que vous dites est illogique, ça ne tient pas la route. Si c’était vrai, la GB devrait être sortie 6 mois après le referendum, soi fin 2016 !
      Or, ça traine depuis plus de 3 ans....

      Ou alors les puissances d’argent n’ont plus la main et elles sont en échec dans le pays de la City ? Ce qui serait une excellente nouvelle....


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 11 septembre 2019 07:45

      @doctorix

      « Si c’était le cas, il y a deux ans que ça serait fait.  »

      Même si elles sont plus habiles à s’allier que leurs victimes (qu’elles s’évertuent à diviser), les puissances d’argent ne sont pas monolithiques et se livrent des combats pour détenir la suprématie et dominer leurs concurrents.

      le camp Clinton / PS / travaillistes / Macron est pour l’UE, le camp Trump/Johnson/Salvini est contre.

      peut-on se positionner vis-à-vis de l’UE sans appartenit à un de cesdeux camps ?


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 11 septembre 2019 07:50

      @Séraphin Lampion
      ça, c’était la tactique du pacte germano-soviétique !


      Vous racontez vraiment n’importe quoi, quel rapport y a-t-il entre la souveraineté et la préparation à la guerre pour l’URSS ? En défendant le Frexit, on pactise avec quel fascisme ? C’est l’ UE qui est une dictature, d’ailleurs son programme économique est calqué sur celui d’Hitler pour après la guerre ! 


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 11 septembre 2019 07:58

      @Séraphin Lampion
      peut-on se positionner vis-à-vis de l’UE sans appartenit à un de cesdeux camps ?


      Evidemment qu’on peut, et même on doit ! L’UPR date de 2007, il n’y avait ni Trump, ni Salvini, ni Johnson, et l’UPR n’a jamais changé de politique depuis 2007.

      On ne se positionne pas par rapport aux autres pays, ou part rapport à tel ou tel homme politique, mais par rapport à la souveraineté indispensable pour mener une autre politique.

      Le Brexit est le début de la fin de l’ UE, que des politiques ou des pays se positionnent pour ou contre, quelle importance ?
      Nous, ce qui nous intéresse, c’est l’avenir de la France.

      Maintenant, que le Brexit soit un enjeu pour les USA, c’est une évidence, ils sont issus de la même matrice. Mais la France a une toute autre histoire !


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 11 septembre 2019 11:27

      @doctorix et Fifi Brind_acier

      Je ne peux que simplement paraphraser Séraphin. il y a une guerre des différentes « factions » oligarques, une guerre monétaire principalement et commerciale, etc.
      Le Brexit est la partie visible, mais c’est un jeu de dupes pour le peuple car c’est en réalité une opération financière. D’ailleurs si on fait le lien entre le Brexit et Hong Kong notamment, on comprend mieux ce qui se joue en ce moment.


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 11 septembre 2019 13:11

      @bouffon(s) du roi

      Une traduction qui tombe très bien :
      La Fed se prépare-t-elle à torpiller le dollar ?

      ^^


  • doctorix doctorix 11 septembre 2019 09:00

    Dans un excellent article qui ne passera sans doute pas la modération (+11 -7 :4, comme souvent) Nicole Cheverney explique que le Brexit risque d’empêcher la GB de remettre les clés de sa défense à Bruxelles, y-compris, comme nous, en ce qui concerne l’arme nucléaire.

    Un Lord courageux l’a exposé à la chambre, mais il s’est fait menacer par d’autres (secret d’Etat... ou de polichinelle).

    Si ça se répand, les anglais ne vont pas être contents du tout...

    Et le Brexit va gagner dix points.


    • doctorix doctorix 11 septembre 2019 09:04

      Extraits :
      Est-il vrai que le Gouvernement a conclu avec la Communauté Européenne des accords privésprévoyant qu’il transférera à l’UE à Bruxelles, tout le contrôle de l’ensemble de nos forces combattantes y compris les forces armées et les équipements ?

      Je crois comprendre que le serment de tous les membres actifs de nos forces sera annulé et qu’ils devront faire un nouveau serment de loyauté à Bruxelles. Je comprends mieux pour quelle raison ces derniers mois des équipes de nos forces armées ont été envoyées pour créer et installer des centres de commandement et de contrôle qui serviront au contrôle de nos troupes une fois que nous aurons cessé de contrôler leur utilisation, leur application, leur déploiement. Mais il y a pire. Ils doivent prendre le contrôle de nos services de renseignements, le cœur même de Five Eyes. Ils disposeront du MI6 et du Centre de Surveilllance de Cheltenham. Nous en serons totalement exclus en vertu des nouvelles dispositions auxquelles nous n’ aurons plus accès ».

      Non, ça ne va pas leur plaire, aux British...


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