jeudi 2 février 2017 - par guylain chevrier

« Box 27 » sur France 2, un traitement irresponsable et révoltant de la protection de l’enfance !

La soirée hier sur France 2, était consacrée au thème de la pauvreté, avec une projection et un débat à la suite. L’entrée, un téléfilm prenant pour thème le placement d’un enfant pour cause de précarité sociale : « Box 27. Vincent Cassagne, qui n'a plus d'emploi, élève seul Tom, son fils de 10 ans. Ils vivent sans eau ni électricité dans le box n° 27 d'un parking souterrain. Un amour indéfectible les lie. Mais un jour, les services sociaux découvrent que Vincent leur a menti sur leurs conditions de vie. Ce père dévoué risque alors de perdre la garde de son enfant. Vincent décide de se battre... »

 

Très bien, mais cette présentation relève déjà effectivement de la fiction. Cet enfant qui n’a aucun problème à vivre dans de telles conditions interroge. C’est un parti pris qui permet de laisser penser d’emblée, que le seul problème serait les services sociaux qui vont intervenir dans cette situation, le pauvre étant évidemment une double victime, de sa pauvreté et de l’Etat qui lui vole son enfant. Le décor est posé.

Dans la réalité, avec un peu de recul, les choses sont bien différentes : on voit un enfant en situation d’insécurité matérielle, ayant un box comme lieu de vie sans eau ni électricité, se cachant des voisins pour aller le rejoindre pour dormir, avec un père absent la nuit pour faire des petits boulots, mettant dans une situation d’inquiétude autant que d'instabilité psychologique ce jeune enfant laissé seul dans ces conditions, exposé au risque de mésaventure... Dans la vie réelle, cet enfant manifesterait sans doute un peu partout où il passerait, au bout d’un certain temps, du mal être, des signes de ces difficultés, qui n’ont rien de neutre. Tout cela est shunté.

 

D’autre part, ce père ne va à la rencontre d’aucun service social pour obtenir de l‘aide, comme s’ils n’existaient pas, lorsque l’on sait que des milliers de familles sont prises en charge en France dans des hôtels ou centre maternels, au lieu d’être à la rue. Ce n’est tout simplement pas sérieux. Mais le but, comme c’est fréquemment le cas avec les grands médias, est de faire pleurer dans les chaumières et tout est bon, et bien sur contre l’Etat et ses représentants, comme si ces médias étaient hors société, au-dessus de la mêlée, sans responsabilité. Les bons sentiments remplacent tout recul, réflexion. On entraine le téléspectateur dans une dérive anti-services sociaux, aux conséquences incalculables.

 

La situation de ce père qui vit avec son enfant dans un box, dans une grande précarité, est signalée par une femme qui fait le ménage dans le café où ils viennent discrètement se laver le matin. A la suite, une évaluation de la situation est diligentée, comme la loi le veut, par la protection de l’enfance. Le père demande alors à un ami de lui prêter son appartement pour recevoir l’assistante sociale qui enquête sur la situation, et ainsi bluffer les services sociaux, sous une lecture bienveillante du réalisateur qui banalise totalement ainsi le fait de contourner rien de moins que le droit, la loi, qui protègent précisément combien d’enfants dans la réalité. 

 

Le patron du café se séparera de la femme de ménage en la traitant de « balance », alors que l’on ne cesse de mener des campagnes de sensibilisation censées permettre précisément de repérer au plus tôt des situations d’enfants en risque ou en danger. Ceci, dans le but de prévenir par des propositions d’aide aux familles, que les choses ne se dégradent et que l’on en arrive, justement pas, à un placement. Une invitation lancée via la télé à ne surtout pas signaler les situations d’enfants qui pourtant chaque jour subissent des violences, des maltraitances, des carences. C’est grave ! Car, tous les parents ne sont pas par essence aimants et même lorsqu’ils le sont, pas toujours protecteur de leur enfants, lorsque le fléau de l’alcoolisme ou de la drogue les touche, par exemple. L’enfant il se trouve aussi, dispose de droits, consigné parait-il dans une Convention international des droits de l‘enfant qui a constitué un progrès considérable en faveur de leur protection. Rappelons dans cet état d’esprit, au passage, que l’obligation est faite à tout citoyen de signaler des situations d’enfants en risque ou en danger dont il est le témoin, au risque de poursuites. Mais tout cela ne pèse pas lourd face aux bons sentiments dégoulinant de ce téléfilm, pour alimenter à peu de frais la bonne conscience de certains bienpensants, à coups de raccourcis irresponsables.

 

Evidement, l’assistante sociale de la Protection de l’enfance à laquelle on confie l’enquête sociale, est un peu à part. Elle prend très vite le parti pris de ce père alors qu’elle découvre la situation, la cache ainsi à son responsable et son équipe, présentés comme déshumanisés, agents d’un « système » implacable et aveugle. 

 

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Une autre AS de son service lui prend les infos cachées sur cette situation dans son sac, et la dénonce à sa hiérarchie. Le système est donc bien pourri de l’intérieur, à l’image de cette collègue qui l’a trahi. On lui enlève du coup la situation en la mettant en congés forcés, et cette autre AS prend le relai. L’enfant est placé, malgré la tentative du père de l’y soustraire.

 

Il est placé dans un foyer dont on ne compte pas les lits de la chambre où il est reçu, tellement ils sont nombreux. Image d’Epinal totalement décalée au regard de ce que sont les établissements d’accueil d’enfants placés aujourd’hui. Les autres enfants sont méchants… L’horreur est totale. Une vision fausse qui en rajoute encore, dans cet exposé caricatural à l’extrême pour justifier l’intention de départ.

 

A l’initiative de l’assistante sociale qui a pris parti pour ce père, la solidarité s’organise à partir de l’école où est solarisé Tom. On soutien ce père contre les services sociaux… Une mère d’un élève qui est le meilleur copain de Tom, explique lors d’une interview à un média, qu’elle recueille plein d’histoire de séparations d’enfants et de parents, qui débordent le seul cas de Tom. On passe ainsi du cas d’espèce à la généralisation.

 

L’assistante sociale en question reçoit chez elle la visite de son chef de service, à l’occasion de quoi elle fait le procès en archaïsme de la protection de l‘enfance, qui seraient responsables de drames organisés faisant violence aux familles et aux enfants en arrachant ces derniers à ceux qui les aiment et les protègent. Comme si dans l’application de la loi on ne tenait aucun compte des conditions rencontrées, les Juge des enfants étant des placeurs imbéciles et inhumains, les travailleurs sociaux dans le meilleur des cas des incompétents qui s’en foutent, tout cela évidemment en dehors d’une héroïne anti-système qui a aucun moment ne fait appel à un minimum de distance professionnelle.

 

On a envie de rappeler que 300.000 enfants sont l’objet d’assistance éducative en France, moins de 2% des mineurs, dont la moitié sont placés, et qu’une partie d’entre eux le sont avec l’accord de leurs parents et donc, sans passer par un juge, ce qui ne sera à aucun moment relaté lors du débat qui suivra le film. Des enfants de familles en difficulté sociale qui sont aujourd’hui protégés, alors que longtemps les enfants maltraités étaient oubliés derrière la pauvreté. Précisément, des enfants qui passaient en raison de leur condition sociale par perte et profit. Plus de 100.000 enfants sont signalés par an et les informations transmises évaluées selon des procédures rigoureuses, encadrées par la loi, toujours dans le souci du lien parents-enfants, car les parents ont des droits qu’ils ne perdent pas même lorsque leur enfant est placé. Mais les enfants aussi ont leurs droits, donc celui à être protégés et parfois c’est ainsi, de leurs propres parents.

 

Ce père grâce à la solidarité aura un travail et logement. C’est formidable ! Mais les services sociaux eux, en sortent totalement discrédités, encouragés à être haïs. La protection de l’enfance est une chose trop sérieuse pour la laisser de façon totalement hors propos subir un tel procès, jusqu’à encourager la haine contre ceux qui chaque jour remplissent une mission essentielle de service public, de cohésion sociale, sans laquelle, des milliers de famille seraient laissées seules face aux difficultés qu’elles rencontrent dans l’exercice de leurs responsabilités éducatives, certains enfants sortiraient abimés à jamais de leur situation familiale pour cause de maltraitance, voire décèderaient comme malheureusement des faits divers le relatent régulièrement.

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La morale de l’histoire, c’est qu’au nom de la pauvreté on doit laisser faire n’importe quoi. Comme si être pauvre exonérait les familles, sur ce mode de victimisation, d’être tout aussi potentiellement maltraitantes que des familles aisées. C’est absurde, mais ça marche, parce que mettre en scène des sentiments de cette nature est tellement plus facile, en criant à la victime et à l’injustice, que de regarder la réalité en face dans sa complexité, qui nécessite mesure et responsabilité. 

 

Parlant des familles précaires, le journaliste Julian Bugier, juste après la fin du film, interroge : Faut –il les placés ou accompagner les familles ? Comme si cela était l’alternative ! Lorsque l‘enfant est en danger on le place, quelle que soit sa condition sociale, et si on peut l’éviter en accompagnant les familles, on fait évidemment prévaloir cette réponse. Ceci, d’autant que les services sociaux ne décident aucunement du placement judiciaire, c’est le Juge des enfants qui seul peut prendre cette décision, en entendant aussi la famille qui a des droits, et même la possibilité de faire appel devant un tribunal de la décision de ce dernier. 

 

On se demande quel amalgame amène à dire que 84 % des enfants placées le seraient de familles précaires, ce qui pour le moins serait à vérifier, et surtout ce que l’on entend véritablement par précaire. Car cela nourrit la proposition de départ qui est d’affirmée, selon laquelle, on place les enfants des pauvres parce qu’ils sont pauvres. D’ailleurs, si on était dans cette logique de stigmatisation des enfants pauvres, on se demande comment on peut avoir un tel écart entre le nombre d’enfants placés, environ 150.000, et le nombre de famille dites pauvres, 8 à 9 millions de personnes. Soyons donc un peu sérieux !

Le réalisateur explique avoir utilisé des vrais SDF comme figurant, pour en rajouter encore une couche. Le Juge des enfants présent sur le plateau expliquera très bien, que demain les médias lui reprocheront de ne pas avoir placé un enfant parce qu’il aura décédé dans sa famille en raison de violence, comme aujourd’hui on l’interpelle pour lui demander de ne pas placer les enfants des pauvres sous prétexte de l’être.

 

Les élus des conseils départementaux qui ont la responsabilité de la protection de l’enfance, devraient commencer à se soucier de ce traitement médiatique qui est fait à cette mission essentielle, ce bien commun, qui tourne au lynchage public depuis un certain temps. Ceci d’autant qu’ici, une limite a été franchie qui devrait faire réagir, qui porte atteinte à toute une profession, un service public, à la protection de l’enfance elle-même et donc à l’intérêt supérieur de l’enfant, y compris à leur famille, qui collaborent avec les services de la protection de l’enfance qui poursuivent toujours le but, autant que possible, du « retour en famille. Il serait temps qu’on entende réagir ces élus, et condamner ce traitement médiatique qui met à mal, par-delà la protection de l’enfance et leur responsabilité, toute notre société.

 

Guylain Chevrier. Educateur spécialisé, formateur en travail social et enseignant à l’Université.



22 réactions


  • oncle archibald 2 février 2017 12:46

    Je comprends parfaitement votre argumentation, et sur le plateau après le film il y avait aussi une jeune femme qui enfant avait été « placée » dans un établissement des O.A.A. et qui a dit tout le bien, tous les avantages qui avaient découlé pour elle de ce placement.

    Je comprends aussi votre irritation devant le risque d’opprobre jetée sur les services sociaux. Cependant dans le cas précis de Vincent et de Paul, il ne manque en fait qu’un lieu de vie décent pour que tout se passe au mieux.

    La proposition d’un logement décent par les services sociaux, même de façon précaire dans un « hôtel social » n’aurait-elle pas été une solution bien plus adaptée qu’un placement de l’enfant en attendant une solution plus pérenne ?

    Le placement quand il y a risque de maltraitance s’impose, mais dans les autres cas ? Si le père ne demande pas d’aide et au contraire la redoute c’est parce qu’il craint exactement ce qui va lui arriver dans le film : être séparé de son enfant. Ça n’est peut être pas par hasard non plus qu’il redoute cette solution, c’est parce que c’est celle qui dans la plupart des cas sera privilégiée.


  • Rincevent Rincevent 2 février 2017 17:11

    La proposition d’un logement décent par les services sociaux… Pourquoi lui en auraient-ils proposé un, puisque : Le père demande alors à un ami de lui prêter son appartement pour recevoir l’assistante sociale qui enquête sur la situation, et ainsi bluffer les services sociaux, A vouloir considérer les services sociaux comme des ennemis potentiels, voilà ce qu’on gagne...


  • guylain chevrier guylain chevrier 2 février 2017 22:18

    Oncle Archibald et Joseph Deluzain, il est tout de même extraordinaire de vous voir prendre le film au pied de la lettre, lorsque cette fiction est précisément en train de fabriquer du faux. Proposer un logement à ce père par les services sociaux n’était tout simplement pas dans le scénario et pour cause, pour faire pleurer dans les chaumières sur le dos des travailleurs sociaux, bien mal à propos. Si les services sociaux n’ont pas à disposition des logements à distribuer à tout un chacun, ce n’est pas pour autant que l’on place les enfants de personnes en situation précaire, encore faut-il définir ce que cela veut dire d’ailleurs. Il n’y a pas de placement s’il n’y a pas danger, et un danger qui ne peut être résolu par une intervention sociale. Dans la réalité, on lui aurait au moins proposé une chambre d’hôtel, avec une aide financière, et de monter un dossier DALO (Droit opposable au logement) tout en déposant une demande de logement social. Comme je l’explique dans mon article, il existe des milliers et des milliers de familles qui connaissent des situations difficiles, qui sont prises en charge par les services sociaux. Bien sûr, il existe des situations où toutes les réponses ne se trouvent pas sous le sabot d’un cheval. Bien des familles se servent du placement de leur enfant pour pouvoir se reconstruire en disposant d’un droit de visite et d’hébergement très large, en accord avec l’aide sociale à l’enfance. Les conditions matérielles de ce droit d’hébergement sont même fréquemment prises en charge par cette dernière, lorsque la famille n’a pas les moyens, parce que c’est un service public ! Les travailleurs sociaux constituent une profession et un secteur qui ne cesse d’être dans le soutien et l’aide aux familles, sans oublier l’intérêt spécifique des enfants, leur protection. Cette façon de traiter les choses est suicidaire, à cracher ainsi sur ce qui fonctionne bien, ce qui est une chance au regard de combien de pays autour de nous. Ce film et cette soirée ont jeté le discrédit de façon obscène sur toute une profession, et un service public, ce qui mériterait des manifs et des condamnations.


    • oncle archibald 2 février 2017 22:40

      @guylain chevrier : vous nous expliquez que le scénario de ce film est totalement invraisemblable ? J’ai du mal à le croire. Il n’y a jamais de divergences de point de vue au sein d’un service d’aide ? 


  • guylain chevrier guylain chevrier 3 février 2017 01:27

    Arrêtez de chercher la petite bête pour justifier votre point de vue. Ce téléfilm se présentait comme relatant ce qui se passe à la protection de l’enfance, en fait, un film de propagande pour faire événement. Le pire c’est que ça marche, la preuve, vous ! Je n’ai en 20 ans de protection de l’enfance jamais vu, comme chez cette héroïne AS anti-système qui prend le parti pris de ce père, une telle absence totale de distance chez une professionnelle. On ne peut travailler dans ce domaine sans prendre de la hauteur vis-à-vis de situations souvent délicates sinon tragiques, avec lesquelles il faut faire preuve de précaution, de responsabilité. C’est un vrai métier ! Evidemment, il y a aussi une diversité chez les travailleurs sociaux, mais à ce point de caricature, cela va tout de même un peu loin, non ? Ce téléfilm est cousu de fils blancs, pour faire monter l’émotion quitte à narrer n’importe quoi, au nom des bons sentiments qui cachent en général de très mauvaises intentions. Mais évidemment, reconnaître cela pour vous, ce serait renoncer à vous votre sentiment grisant créé par ce film, de vous rendre solidaire d’un père et d’un enfant montrés comme victimes d’une injustice, et on sait combien l’émotion peut conduire à tromper totalement la vigilance de la raison, surtout lorsque domine l’ignorance.


    • oncle archibald 3 février 2017 09:33

      @guylain chevrie : je suis très con, je le note. Je note aussi que vous vous identifiez au chef de service qui a par définition toujours raison puisqu’il est le chef. On applique le protocole et on la ferme, merci. Toute ma vie j’ai eu une grande méfiance envers ceux qui par axiome fondamental ont toujours raison. C’est peut être pour cela que je m’identifie plus facilement au père. Bonne journée.


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 3 février 2017 12:03

    Je veux bien croire que ce film soit caricatural. Il l’est quand-même moins que les « stages de pauvreté » organisés aux USA pour les riches, qu’on a pu voir jeudi sur Envoyé Spécial !
    Et puis, même si les travailleurs sociaux sont souvent admirables, ce n’est pas toujours le cas et les réflexes corporatistes n’empêcheront pas certaines dérives – rares peut-être mais qui existent , non ?
    Par ailleurs, le débat qui a suivi a permettre les pendules à l’heure et l’on a pu au moins entendre un hommage à notre ami Chalot, si souvent vilipendé, pour avoir sorti de son hébergement dans son auto d’un ancien patron tombé dans la dèche !

    J’aimerais d’ailleurs savoir ce qu’il pense, lui, du film qu’il nous a recommandé de regarder...


  • guylain chevrier guylain chevrier 4 février 2017 13:22

    Oncle archibald : Je ne vous ai nullement traité de « con », mais il est un fait que vous adhérez au propos de ce film en en reprenant les termes comme la réalité, alors qu’il s’agit d’une fiction qui donne dans la propagande pour déconsidérer tout un système de protection. La recherche de l’audimat à tout prix en faisant le buzz, à jouer sur des émotions plutôt que sur des faits, en témoigne. Je ne commenterai rien sur l’aspect « chef » que vous m’attribuer en toute ignorance. Défendre son point de vue de façon rationnelle ne relève pas d’avoir toujours raison mais de le faire en prenant de la hauteur au regard de l’émotion. Rien de plus. Mais faites au moins de même sans attaques personnelles ni polémiques. Merci.


  • alautis alautis 4 février 2017 16:48

    Effectivement la situation est tout autre et bien pire que dans ce reportage, contrairement à ce que j’ai pu lire. Les placements d’enfants sont systématiques et concernes des milliers d’enfants. En France 160 000 enfants sont placés par l’ASE sur divers raisons et beaucoup infondés, l’IGAS a reconnu que plus de la moitié des placements pourraient être évités, ainsi que la CNCDH qui a alerté nos dirigeants à plusieurs reprises depuis des années, la cour des comptes a dénoncé aussi des pratiques moyenâgeuses, et les dérives financières, tout ses constats démontrent que ce système met en danger l’équilibre et la santé des enfants placés inutilement . Des collectifs et associations de parents dénoncent tous les abus de l’ASE et annexe, comme le fil d’ariane france, le CEDIF, SOS Parents Abusés, ATDquart monde, PAE placements abusifs d’enfants, AFPSSU, AVPE et de nombreux blogs et pages facebook de parents. Il est temps de se réveiller, cela peut arriver à n’importe qui, oui même à vous, car toutes les catégories sociales sont concernés, même les plus aisés.


    • alautis alautis 4 février 2017 17:01

      @alautis dit : Sans parler des économies, car cela est de 150 à 200 euros, le coût d’une journée par enfant en Maisons d’enfants à caractère social, contre 50 - 70 euros, le coût d’une journée par enfant, suivi à domicile. Cela coute au contribuable 8 milliards € dépensés par an pour financer l’aide sociale à l’enfance, soit 6000 euros par mois et par enfant. Il faut stopper cet hémorragie inutile et dangereuse.


    • pemile pemile 4 février 2017 17:13

      @alautis « enfants sont placés par l’ASE »

      Non, par un juge.


    • alautis alautis 4 février 2017 23:34

      @pemile le juge pour enfant ne fait qu’exécuter la demande de l’ASE, faite dans les rapports et n’a pas l’envi de pousser plus loin son investigation.


  • guylain chevrier guylain chevrier 4 février 2017 19:14

    alautis, vous faites fausse route : Dans son rapport de 2013 sur ce sujet, l’IGAS, qui ne résume en rien la question par l’argument que vous avancez (j’invite à aller lire ce rapport) montre néanmoins sa large ignorance, celle de hauts-fonctionnaires qui sont trop souvent bien loin de la réalité, du terrain, et n’ont comme antenne que des évaluations à caractère administratif, et des avis d’experts pas plus proches de la réalité, souvent pétris de jugements de valeurs sur les travailleurs sociaux, les services publics. Le privé, c’est tellement mieux.... Et puis ceux qui représentent la protection de l’enfance sont sur la défensive au lieu de prendre l‘initiative en cassant cette fausse image. Mais il est vrai qu’il faut oser passer par-dessus ce mur de victimisation que vous-même utilisez en forme d’intimidation.

    Exemple de ce décalage : « Par ailleurs, certaines pratiques pourraient être questionnées : -L’accueil administratif, apparu lors des déplacements comme faisant l’objet de représentations non partagées ou d’interrogations de la part des professionnels : le plus souvent vécu comme « provisoire » (c’est ainsi qu’il reste largement appelé), il reste fréquemment limité à des hébergements temporaires justifiés par un empêchement ponctuel d’un ou des parents de s’occuper de leurs enfants. Pourtant aucun texte n’interdit la mise en œuvre d’accueils administratifs à moyen ou long terme, voire d’une durée encore indéterminée au moment de leur décision, à l’instar des mesures judiciaires. Si un accueil s’étendant sur plusieurs années doit, en général être évité, la problématique est identique à celle des placements judiciaires ; en effet, dans certains cas, la famille peut considérer, avec les responsables des services départementaux, qu’un tel accueil est conforme à l’intérêt de l’enfant ». En fait, il n’y en général pas le choix entre le placement administratif et judiciaire car, soit l’un des deux parents s’oppose au placement et il ne peut être administratif (car justement l’administration n’a aucun pouvoir d’imposer le placement), ou le danger justifie qu’un Juge prenne le relai, c’est ainsi et c’est la loi. Les professionnels l’applique scrupuleusement, sous l’autorité de toute une hiérarchie, de dispositifs depuis de plusieurs lois renforcés et affinés, (loi du 5 mars 2007, loi du 14 juin 2016) depuis peu un Conseil national de la protection de l’enfance auxquels les usagers sont aussi associés, des décisions de placement judiciaire qui ne sont prises que par des juges en général très compétents et soucieux du lien parents-enfants, mais n’oublient pas que la loi protège d’abord le faible, l’enfant.

    Rappelons ici au passage que régulièrement on provoque l’émotion à front renversé dans la presse, en désignant 100.000 enfants comme en danger qui seraient mal protégés par le système (Maltraitance, 100.00 enfants en danger, http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2013/06/14/01016-20130614ARTFIG00409-maltraitance-100000-enfants-en-danger.php), qui devrait placer plus. Il faudrait savoir !

    La protection de l’enfance est ce domaine où il est si facile de porter la contradiction, quand les cas auxquels on pourrait se référer ne peuvent être cités en raison du secret professionnel, pendant que des familles maltraitantes ou dans l’incompréhension de leurs difficultés, peuvent aller revendiquer tranquillement d’être soutenues publiquement auprès d’associations, en mettant en cause les services sociaux, ces dernières ignorant en général le contenu réel du dossier. Nous sommes ici sur un parti pris idéologique qui entend passer outre la réalité, d’autant que nous vivons l’air de la victimisation tout azimuts qui emportent toute réflexion sous le flot des bons sentiments qui évitent de se poser les vraies questions, alimentant la bonne conscience collective, et cela dans combien de domaines. Les avis de la CNCDH, n’y échappent pas, comme lorsque dans son dernier rapport, cette institution se dit favorable sous la pression d’associations communautaristes et anti-laïques comme le CCIF, de donner une valeur juridique au concept d’ « islamophobie », qui signifierait l’interdiction de toute critique de l’islam.

    Si on laissait entre les mains uniquement des experts qui prononcent des jugements à vue courte, la protection de l’enfance, combien d’entre ces enfants ne seraient jamais correctement protéger. La protection de l’enfance, contrairement à ce que trop de biens pensants en recherche de bonne conscience à bas prix défendent, épousant une posture victimaire à portée de main, n’est pas le monde des bisounours. Un enfant qui vit des carences affectives et matérielles peut s’en trouvé abimé pour toujours, car l‘enfance c’est la fragilité. Voilà pourquoi d‘ailleurs on développe la prévention, qui demande bien des investissements lorsque les départements sont contraints par la puissance publique qui les contrôle, les mêmes qui font comme la cour des comptes des rapports à charge, de gérer leurs finances à moyens constants. Tout cela ne semble pas vous traverser l’esprit. Le problème c’est aussi l’absence des acteurs politiques dans le débat, départements, Etat, pour défendre ce qui se fait, car on cède à la pression victimaire. On tire sur une politique sociale qui fonctionne très bien, avec comme dans tous les domaines des loupés. Ceci étant, on ne saurait laisser un film faire croire que la généralité serait cela, telle que d’ailleurs vous entendez le soutenir sous ces arguments qui suivent le courant des « bons » sentiments mais pas la réalité.


    • alautis alautis 4 février 2017 23:41

      @guylain chevrier, moi je vous invite à aller lire toutes mes recherches depuis 2001, dont le reportage « jamais sans ma mère » sur France 2 en 2007 et la suite en 2012 ou l’inspecteur de l’Igas déclare que 50% des placements pourraient êtres évités, ainsi que de lire l’avis de la CNCDH sur le même sujet, avant d’insulter les autres de menteur. Vos affirmations mettent en danger des milliers d’enfants, les vrais victimes sont ses 80000 enfants placés inutilement, sur des calomnies de l’ASE.


    • pemile pemile 5 février 2017 01:35

      @alautis « Igas déclare que 50% des placements pourraient êtres évités »

      Et comment (par quels moyens) pourraient elles l’être ?

      Donnez un budget illimité à l’aide sociale et il est évident qu’au moins 50% des placements pourrait être remplacé par des mesures d’assistances spécialisés à ces familles !

      Le problème aussi du placement n’est pas forcément la décision de placement mais la solution et la gestion du placement.

      « enfants placés inutilement, sur des calomnies de l’ASE. »

      Vous avez un compte personnel à régler avec l’ASE ?


  • guylain chevrier guylain chevrier 5 février 2017 00:29

    alautis : Ce ne sont pas des menteurs mais des gens sous influence qui méconnaissent leur sujet. Ceci étant, vous avez vraiment un problème mon vieux, vous réglez des comptes. Vous allez trop loin, c’est que vous êtes sans doute un peu trop impliqué... L’ASE comme vous dites, ce sont d’abord des travailleurs sociaux qui font leur travail avec éthique, qui portent les valeurs de notre notre modèle social français et qui doivent être respectés. On ne peut toujours impunément, derrière un masque, faire ce genre de procès qui relève de la diffamation. Tout a des limites.


  • guylain chevrier guylain chevrier 5 février 2017 00:31

    Ah oui, arrêtez donc de prendre les juges pour des « cons » qui exécuteraient les ordres de l’ASE. Vous êtes grotesque mon pauvre vieux.


    • oncle archibald 5 février 2017 10:01

      @ guylain chevrier : les juges aux affaires familialles comme tous les autres qui s’occupent de litiges « civils » sont complètement surchargés de dossiers et de leur propre aveu ne peuvent qu’entériner les demandes qui leur sont présentées par les « experts », l’ASE en l’occurrence. Faute de temps pour étudier eux même les dossiers autrement qu’en les survolant de très haut.


  • guylain chevrier guylain chevrier 5 février 2017 17:11

    Non ! cher Oncle archibald, les Juges aux affaires familiales n’ont rien à voir avec cela, qui n’ont aucun contact avec l’ASE, ou quasiment, mais les Juges des enfants, oui, dans des Tribunaux pour enfants. Ce sont ces derniers qui gèrent l’assistance éducative pour la délinquance des mineurs (1945) et les enfants qui relèvent de la protection de l’enfance (1958). Voilà encore une fausse information qui est à côté de la plaque et amène à des conclusions hâtives. Décidément, je vois combien le problème est relatif à une certaine ignorance, sans vouloir agresser personne. Autre chose est le manque de moyens de la justice et des services publics en général, qui pose problème. Mais contrairement aux idées reçues, plus de moyens ne ferait pas se transformer des placements en action en milieu ouvert par magie, en laissant des enfants placés parce qu’en danger, à un titre ou un autre, dans leurs familles, où mal protégés par celles-ci au regard de divers risques bien réels, concernant leur développement intellectuel, physique, affectif et social. Si on recourt au placement, c’est parce que aussi, il n’y a pas d’éducateur qui plantent leur tante chez les parents, ce qui serait contraire à leurs droits à la protection de leur vie privée, on ne peut dans ces mesures d’accompagnement des familles, soutien à la parentalité, et des enfants, action éducative, qu’intervenir ponctuellement, avec un travail de coordination avec l’ensemble des partenaires positionnés. Encore une fausse idée à combattre. C’est surtout cette action coordonnée au centre de laquelle se trouvent enfants et parents, que vise l’Action éducative en milieu ouvert, en mettant entre les mains de la famille, de l’enfant, à l’aune d’une confiance partagée, un travail de remédiation. Mais tout cela est tellement méconnu, ignoré derrière les bons sentiments dégoulinant de ce type de film qui fait écran, les manipulations médiatiques qui permettent à des journalistes de se présenter comme défendant la veuve et l’orphelin lorsqu’il font acte au contraire de démolition, que le combat pour la vérité ici, est très inégal.


    • oncle archibald 5 février 2017 18:09

      @guylain chevrier : pendant trente ans de ma vie j’ai été amené à donner mon avis à des juges sur des problèmes techniques de bâtiments ou des marchés de travaux et j’ai eu le privilège de côtoyer quelques juges avec des relations qui allaient au delà de celles qu’entretiennent les magistrats et les experts. L’un d’eux me disait leurs difficultes résultant de la surcharge de travail et finalement la quasi obligation qui était la leur de suivre les conclusions des experts. Ajoutant qu’il en était de même dans tous les domaines y compris les affaires familiales et la protection de l’enfance. Finalement me disait-il notre responsabilité principale est de choisir le bon « expert » qui va à notre place investiguer et nous donner son avis.


  • guylain chevrier guylain chevrier 5 février 2017 19:36

    Comparez ce qui est comparable. Nous parlons d’êtres humains, et les travailleurs sociaux ne sont pas des experts, nous ne sommes pas sur un problème de certification ou d’étanchéité. Moi-même je suis au contact régulier de Juges des enfants et autres. Les Juges de enfants ont une lourde et formidable responsabilité, et ne font pas les choses à la légère, en se réfugiant derrière le manque de moyens. Le problème aujourd’hui est bien plus que l’on cherche à tout prix à faire de l’administratif, au nom de l’adhésion des parents ou/et de l’enfant à l’action proposée, quand il faudrait justement du judiciaire préventif, de l’AEMO, ce que disent dans différentes interviews les Juges des enfants. Mais pour pouvoir faire de l’action en milieu ouvert, il ne faut pas pour les JE passer après de l’administratif en ayant laissé se dégrader une situation qui impose ensuite le placement, en ne laissant pas le choix au juge. Cela est dû à la loi du 5 mars 2007 qui a fait prévaloir l’administratif et l’adhésion des parents sur le judiciaire, ce que vient de rectifier normalement la dernière loi sur la protection de l’enfance du 14 mars 2016, qui remet enfin l’enfant au coeur du dispositif. On va peut-être faire plus de prévention, les Juges ont des outils aussi pour pouvoir le faire. Cette dernière loi, aussi enfin, crée une instance de régulation nationale à laquelle tous sont associés, y compris les associations d’usagers : le fameux Conseil national de la protection de l’enfance. On va ainsi pouvoir redonner de la cohérence entre des départements qui ne mettent pas tous les mêmes moyens non plus dans la balance. Il faut attendre de voir ce que cela va produire. Ca, c’était un débat à avoir et pas de faire le procès inutile et contre productif de l’ASE qui est hors propos, car l’ASE n’a aucun pouvoir de contrainte en tant que telle, et est prise souvent entre le marteau et l’enclume, au banc des accusés. Ce Julian Bugier est un gros nul qui cherche à se faire un nom sur le dos des bons sentiments du sens commun, qui pousse parfois au pire et permet d’élever des bûchers, mais ça il s’en fout, seul l’audimat compte. Mais l’histoire le rattrapera en lui attribuant un zéro de conduite. Il faut un peu d’éthique journalistique, pour faire de vraies enquêtes et avoir un propos équilibré, qui ne choisit pas un camp contre un autre pour se faire mousser.


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