mardi 13 septembre 2016 - par astus

Brève analyse du fanatisme

Dans son « Traité sur la tolérance » de 1764 Voltaire donne la définition suivante : « Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances ; il pourra bientôt tuer pour l’amour de Dieu ». Voltaire reprend donc l’origine religieuse du mot latin « fanaticus », qui vient de « fanum », le temple, pour signifier que le fanatique est un illuminé qui se croit inspiré par la divinité, même s’il est évident aujourd’hui que ce phénomène composite déborde largement le fait religieux, contrairement à ce que le dessin de Siné pourrait laisser croire.

Le fanatique est d’abord un Justicier qui est le seul détenteur d’une Vérité sacrée pour lui prétendument mise au service d’un Bien suprême qu’il semble être le seul à connaître et auquel il s’identifie. C’est d’ailleurs ce qui légitime le fait de placer ses futures victimes dans le camp du Mal pour les asservir ou les combattre. (Croisades, Secte des Assassins, Terreur, Stalinisme, Nazisme, Maoïsme, Khmers rouges, Patriot Act, Daech etc.). Cela signifie que si le bien est ce qui favorise le développement de l’individu ou du groupe, et s’oppose au mal, qui est son contraire, et donc à ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse, alors le fanatique inverse radicalement ces valeurs : il est toujours le Bien, les autres sont toujours le Mal, ce qui l’autorise à tuer autrui pour être le purificateur et le bienfaiteur de la société toute entière comme dans la recherche de la race aryenne pour le nazisme.

Le fanatisme est donc une « passion de l’âme » (1) qui attaque en priorité ce qui est le plus important chez l’homme : sa vie bien souvent, mais aussi les relations, l’intelligence, la raison, la culture, ou les connaissances. La plupart des fanatismes défient ou tordent le savoir. (Giordano Bruno brulé vif, les autodafés de livres dans l’Histoire, les armes de destruction massive de Saddam Hussein, Boko Haram ou « l’éducation occidentale est un péché »). Et d’ailleurs quelles sont les « découvertes » des fanatiques d’aujourd’hui ? Les attentats aveugles ? La charia ? L’ultra libéralisme conquérant ? Les frappes « chirurgicales » ? Le racisme ? Ces exemples montrent que le fanatique peut se relier à des croyances et des pratiques diverses. Mais en réalité peu importe son obsession exclusive du moment qu’elle alimente les certitudes de son imaginaire pour conjurer ses peurs et renforcer son pouvoir sur autrui, y compris ses pensées.

Le fanatique refuse l’altérité, le doute, le tiers et la différence pour acter que l’enfer c’est l’Autre. Il vit dans un monde exclusivement binaire avec les « bons » d’un côté et les « méchants » de l’autre tout en se protégeant avec des « frères » et des clones repliés sur eux-mêmes comme dans une secte où chacun colle à son semblable pour se rassurer sur son existence et la « vérité » du Dogme. (L’Ordre du temple solaire)

Le fanatique est ennemi du langage. Il souhaite la destruction du symbolique pour qu’il n’y ait plus de différence entre une représentation mentale et la chose représentée (2) comme dans le tableau de Magritte : « Ceci n’est pas une pipe » qui justement la représente, ou les images de Mahomet. Cela conduit à ce que l’imaginaire qui vient à la place soit son unique réalité accessible. (Allégorie de la caverne de Platon)

Le fanatisme c’est le primat d’un Moi-Idéal narcissique grandiose et omnipotent. C’est l’identification magique à une sorte de dieu tout puissant, le refus de la castration symbolique, le déni de la mort, et donc la victoire de Thanatos sur Éros (3). Il sombre dans toutes les idéologies extrémistes et totalitaires qui passent à sa portée en réalisant un clivage entre la pensée et les actes pouvant conduire à des passages à l’acte violents dans une sorte de court-circuit de la pensée. (4). Il existe cependant des fanatiques très redoutables qui ne ressemblent pas aux délinquants violents : ce sont les pervers narcissiques (5) en qamîs sous leur casemate, en col blanc depuis un bureau high-tech ou en képi dans une salle de contrôle blindée qui manipulent et/ou tuent sciemment des personnes ou des groupes en toute impunité.

Mais le fanatisme le plus visible repose souvent sur une identification adhésive (6), qui est un collage archaïque à une idée politique, religieuse, ou autre servant de défense à une menace imminente d’effondrement personnel ou groupal. De fait le fanatique ignore les frontières en général (7) et les limites du moi en particulier (8) à cause de ses failles identitaires. En fait, l’idéologie est sa colonne vertébrale qui lui tient lieu d’identité. Les pulsions restent ainsi à l’état libre, ce qui fait de lui « Un loup pour l’homme » (9). D’ailleurs les victimes des fanatiques compulsifs n’ont pas pour but d’apaiser la violence sociale (10) comme avec le « pharmakos » grec, mais au contraire de la multiplier sans fin, par l’utilisation habile des médias et de la propagande, notamment sur l’internet et les réseaux dits « sociaux » (dyssociaux, dissociés, et potentiellement dissociatifs ?). Le fanatique refuse donc les lois votées par les citoyens en démocratie (11) et il est même souvent, comme dans les sectes, le fondateur d’une Loi placée par lui au dessus de toutes les autres.

Très souvent le fanatique se réfère à des théories fausses, des prophéties invérifiables, des lois prétendument divines ânonnées stupidement, une recherche sans limite de pouvoir, un désir de vengeance, des pratiques magiques, des complots imaginaires, des meneurs charismatiques et violents, ou des gourous messianiques pervers (Mouvement Raëlien). Le fanatisme est donc habituellement une défense, voire une arme létale, pour des personnes ou des groupes en désarroi. Il finit toujours par être vaincu et disparaître dans les poubelles de l’Histoire mais il revient périodiquement sous d’autres formes reflétant les conflits humains qui ne trouvent pas d’expression légitime. C’est en quelque sorte un retour du refoulé social. Il est donc souvent le révélateur d’une société qui va mal. (« Tous pourris », accusent même certains aujourd’hui comme en écho des fanatiques qui récitent ad libitum exactement la même chose pour justifier leur volonté purificatrice).

Mais les adversaires des fanatiques de Daech doivent savoir que contrairement à une doxa contemporaine, la « déradicalisation » ne sera pas plus efficace pour éradiquer ce totalitarisme, et supprimer le terrorisme, que la dératisation pour anéantir les rats. Car dans un pays démocratique ou l’on répugne heureusement à créer des Goulags ou des bagnes indignes comme Guantanamo, et à utiliser la torture, on peut certes tenter de limiter les dommages pour circonscrire temporairement les problèmes, mais c’est une tâche difficile qui conforte souvent des lois liberticides. Si les politiques en font trop ils sont critiqués. S’ils n’en font pas assez ils sont critiqués. C’est donc une relation en forme de « double lien » (12) qui entretient les polémiques (de « polêmikôs » : relatif à la guerre) et illustre surtout le malaise politique actuel.

Il faut ici rappeler que l’émergence dans les premiers groupes d’hominidés de croyances et de rites pour apprivoiser la peur de la mort est à l’origine d’Homo Sapiens, (premières sépultures incontestées vers – 100 000 ans), même si par la suite certaines sectes ayant mieux réussi que d’autres ont favorisé les premières organisations politiques parfois accompagnées d’idéologies totalitaires fanatiques (13). Il est donc légitime de se défendre et de lutter activement contre celles-ci car il n’est pas possible de dialoguer directement avec des personnes fanatisées. Dans un premier temps on peut essayer les contenir avec des limitations claires pour protéger la société en sachant que leur attitude dangereuse et leurs convictions inébranlables menacent tout le monde, y compris elles-mêmes, leur propre mort étant indissociable de celle des autres. Il est alors seulement envisageable, après beaucoup de temps et d’efforts, de viser des buts plus compatibles avec la vie sociale. Mais la prison en son état actuel dans notre pays ne peut pas être le meilleur endroit pour cela. De petites unités de soins fermées favorisant d’autres repères et identifications seraient mieux adaptées, avec en amont des moyens conséquents de dialogue citoyen (Loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine), de sécurité publique et de renseignement pour la prévention.

Il est en outre nécessaire au niveau de l’État de pouvoir compter sur des institutions solides avec des personnes formées et fiables aussi capables de dialoguer et de faire de la diplomatie avec des tiers quand cela est possible que de faire appliquer des limites fermes. Mais la ligne de crête est étroite car ce remède peut aussi être un Janus biface qui se transforme vite en « pharmakon », c’est à dire en poison, surtout quand le désert diplomatique et certains types de contrats d’alliances ou d’engagements militaires incohérents perdurent depuis si longtemps.

 

Références d’auteurs :

 1- Descartes

 2- De Saussure

 3- S. Freud

 4- J.B. Pontalis

 5- P.C. Racamier, A. Eiguer, J.P. Caillot, R. Gori

 6- E. Bick, W. Bion

 7- R. Debray

 8- D. Anzieu

 9- Plaute, T. Hobbes

10- R. Girard

11- Solon

12- G. Bateson

13- F. Lenoir, N. Harari

 



37 réactions


  • philouie 13 septembre 2016 10:30

    Et celui qui part tuer et détruire des pays entiers au nom de la démocratie, des droit de l’homme, de l’égalité des femmes, peut-il être qualifié de fanatique ?
    Où est-ce juste un connard ?


  • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 13 septembre 2016 15:21

    Dire qu’une personne est fanatique, c’est la même chose que d’affirmer qu’elle est mentalement dérangée, c’est souvent une vue subjective qui ne correspond pas à la réalité.
    En tous cas cela n’aide pas à lutter contre les islamistes qui nous ont déclaré la guerre.


  • astus astus 13 septembre 2016 15:28

    Bonjour Gilles Mérivac,

    Je ne comprends pas bien ce que vous sous-entendez par « c’est souvent une vue subjective qui ne correspond pas à la réalité. »
    Pouvez vous être plus explicite ? D’avance merci.

    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 13 septembre 2016 16:39

      @astus
      Comment distinguer le fanatisme du militantisme ? on pourrait dire que le fanatique tue, mais c’est parfois vrai du militant.
      Quant à dire que quelqu’un est fou, cela ne nous avance guère, car il y a mille façons de se comporter de manière (que nous jugeons) anormale. Là aussi, la subjectivité entre en jeu.


    • astus astus 13 septembre 2016 17:45

      @Gilles Mérivac

      On pourrait certes concevoir une graduation progressive allant du militantisme au fanatisme, et jusqu’au meurtre. Mais le militant garde en général un contact avec la réalité, et surtout avec sa propre vie, alors que le fanatique perd de vue cette réalité et se retrouve victime de son acte, sa mort y mettant fin. C’est quand même une différence qui me semble essentielle. 
      Contrairement à vous je trouve très important de se demander comment pense et réagit un fanatique pour pouvoir le reconnaître, si possible avant qu’il passe à l’acte, et sinon pour savoir comment l’empêcher de recommencer s’il a survécu (quels moyens à mettre en oeuvre ?)
      Enfin il n’y a aucune subjectivité pour l’appréciation des fous (un mot que je n’emploie pas). Les troubles obsessionnels compulsifs, ou les phobies graves ne font jamais des fanatiques. Ces derniers se recrutent dans d’autres pathologies attestées par des signes cliniques très précis et répertoriés depuis longtemps. C’est ainsi que l’on peut affirmer avec les éléments que nous avons que Breivik, Lanza, Lubitz, Mehra, Coulibaly ou Mateen étaient des malades, tout comme celui de Nice, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, soigné un temps par un anti-psychotique puissant : l’haldol. 
      J’espère avoir répondu à vos questions. 



    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 13 septembre 2016 17:54

      @astus
      "C’est ainsi que l’on peut affirmer avec les éléments que nous avons que Breivik, Lanza, Lubitz, Mehra, Coulibaly ou Mateen étaient des malades"
      Désolé, mais non, vous faites exactement la même chose que dans l’ex URSS, vous psychiatrisez les personnes dont l’orientation ne vous plait pas, même si elle est violente.


    • astus astus 13 septembre 2016 18:02

      @Gilles Mérivac

      Je ne tomberai pas dans votre désir de polémique, mais si vous pensez que les meurtres de masse commis par ces personnes sont simplement des « orientations » (sic) qui ne me plaisent pas (resic) et font de moi un adepte des goulag, c’est que vous vous rapprochez dangereusement des fanatiques pour lesquels les opinions remplacent en effet les argumentations.
      Bonne soirée.

    • philouie 13 septembre 2016 18:06

      @astus
      De toute façon, ce ne sont pas ses personnes qui sont dangereuses, ce sont celles qui les mettent en selle.


    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 13 septembre 2016 18:22

      @astus
      Libre à vous de ne pas répondre, mais il y a peut-être actuellement dans l’état islamique un millier de personnes ayant participé à des meurtres de masse ou des décapitations. Faut-il tous les ranger dans la catégorie des malades mentaux ?


    • astus astus 13 septembre 2016 18:27

      @philouie

       Je trouve curieux que vous puissiez penser que des personnes qui commettent des crimes de masse importants ne sont pas des personnes dangereuses  : en tous cas je ne voudrais pas être confronté à elles ! Mais il est exact qu’elles peuvent parfois être instrumentalisées en toute impunité par d’autres personnes : c’est même ce que j’écris au sujet des pervers narcissiques qui ont l’art de manipuler à distance ceux qui font le sale boulot à leur place. Et il y en a dans chaque camp...


    • epicure 13 septembre 2016 22:40

      @Gilles Mérivac

      Ce qui distingue le fanatisme du militantisme.
      Les buts et les moyens.
      Les mécanismes psychologiques qui le motivent.
      La violence.
      Le fait que le simple militant ne pourra jamais exprimer certains aspects du fanatique.
      Un simple militant, ne correspondra pas à certaines ( voire nombreuses ) caractéristiques énoncées dans l’article.
      Un fantique est en mode fanatique 100% de son temps.
      Alors que le militant pourra ne connaitre que certains moments dont la ferveur pourrait être confondue avec le fanatique.


    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 14 septembre 2016 08:46

      @astus
      Où ait-je écrit que ce n’étaient pas des personnes dangereuses ? Bien sûr qu’elles le sont, mais ce n’est pas pour autant qu’il faille leur ôter toute responsabilité en les traitant sous un angle médical, c’est là où je ne suis pas d’accord.
      Que vous le vouliez ou non,Breivik n’est pas fou, il agit suivant sa logique, sinistre me direz-vous et je suis bien d’accord, mais selon moi il est pleinement responsable de ce qu’il a fait, et personne ne l’a instrumentalisé. Et les islamistes le sont également.


    • epicure 14 septembre 2016 17:21

      @philouie

      Tu veux dire qu’un bâton de dynamite, ou une bouteille de nitroglycérine ce n’est pas dangereux ?

      Si c’est personnes sont dangereuses, puisque c’est ce genre de personne qui est le plus capable des pires horreurs, à partir du moment où leurs chefs arrivent à les guider dans le sens qu’il veut. Et vu que chez le fanatique la capacité de réflexion est aussi présente que la tolérance. (les deux vont ensemble)
      Ils ont un seuil d’activation très faible, suffit de voir le visage de certains fanatiques musulmans lors des manifestations contre les caricatures de mahomet, certains portant des messages de menace.

      tiens je t’ai trouvé un copain pas dangereux :

      http://www.20min.ch/diashow/56176/56176-rehtTDCTKHZx4zIWcHoK3w.jpg


    • philouie 14 septembre 2016 17:36

      @astus
      Ces personnes ont toujours été là et elles seront toujours là.
      Et pourtant il n’y a pas toujours eu des attentats.
      Comment le comprendre ? C’est parce qu’il y a une volonté politique et criminelle de mettre ces gens en mouvement, voir plus, quand le crime est commis à leur place et que dans l’affaire ils n’ont que le rôle de cadavre.
      Je pense qu’il n’y a aucun intérêt à s’occuper de ces personnes, il s’en trouvera toujours assez de toute façon pour commettre les crimes qu’on leur fait commettre.
      Il faut s’intéresser aux commanditaires et aux organisateurs qui eux sont les vrais auteurs de crimes.
      Ce sont des gens qui ont leurs bureaux en haut de tours, à Paris New York ou Tel aviv, et qui viennent à la télévision pour condamner fermement les attentats qu’ils viennent de faire commettre.


  • Neymare Neymare 13 septembre 2016 16:00

    « Cela conduit à ce que l’imaginaire qui vient à la place soit son unique réalité accessible. (Allégorie de la caverne de Platon) »

    Dans cette allégorie, Platon ne parle pas des fanatiques en particulier mais de tous les êtres humains qui ne sont pas conscients de l’illusion de ce monde


    • astus astus 13 septembre 2016 16:13

      Bonjour Neymare,


      Ce que vous écrivez est parfaitement exact, mais ne pas être pas conscient des choses vraies, ou être dans l’illusion et l’imaginaire est aussi un des modes d’entrée dans le fanatisme, même si ce n’est pas le seul.
      Tout se passe comme si le fanatique prenait les ombres projetées sur le fond de la grotte pour la seule réalité existante : il est aveugle à la vérité du monde.

      Cdlt

    • Neymare Neymare 13 septembre 2016 16:25

      @astus
      Tout à fait Astus, j’avais bien compris le parallèle que vous faites. Platon néanmoins va plus loin : tous (ou quasiment tous) les hommes vivent dans l’illusion. La façon de voir des hommes est relative : tout le monde a un avis différent, il existe donc autant de réalités qu’il existe d’homme. Par conséquent, vous comprendrez que ce que vous appelez la seule réalité existante ne l’est pas. La réalité, la vraie, est univoque et immuable, elle ne peut laisser prise à l’interprétation, c’est l’absolu, en opposition au relatif. Il faut faire l’effort de se détourner du spectacle du monde pour la voir.


    • astus astus 13 septembre 2016 16:41

      Merci Neymare pour ces précisions bienvenues, mais disons que la référence à Platon était seulement une petite vignette illustrative de comparaison, et parfois comparaison n’est pas tout à fait raison ! Pour moi le vrai sujet reste la tentative de comprendre le fanatisme tant il me semble que cela est utile pour tenter de limiter ses nuisances. Pour soigner une maladie, encore faut-il poser les bons diagnostics.

      Cdlt.

    • epicure 13 septembre 2016 23:02

      @Neymare

      Sauf que le fanatique ne peut concevoir que ses représentations irrationnelles, figées.
      Par exemple, un fanatique prendra toujours les préjugés qu’il a acquit pour des vérités vrais en tout circonstance. « 
      Tous les arabes sont des voleurs, tous les noirs sont bêtes et fainéants, tous les jaunes sont sournois, tous les juifs veulent le pouvoir et participent au complot, etc.... »

      Un humain normal, s’il peut avoir des préjugés, est capable de les abandonner devant la réalité des faits.

      Et ces représentations dépassent la constatation des faits, pour lui la « théorie », la croyance est plus importante que les faits.

      Ses croyances, ses stéréotypes sont des représentations simplistes de choses, qui doivent être bien distinctes. Le fanatique déteste l’indétermination, ce qui est entre deux de ses représentation. Par exemple un fanatique sexiste acceptera très mal tout ce qui sort de sa vision caricaturale de l’homme viril et de la femme féminine soumise.

      En gros pour chaque catégories représentées, il affecte une liste figée de propriétés. Et pour lui cette liste est vrai pour toute personne qu’il assigne à cette catégorie.

      En fait briser le schéma de ces croyances, c’est ce que craint le plus le fanatique. La faute doit être réparée, quitte à ce que cela passe par la violence. Le fanatique va faire en sorte que la réalité colle au mieux à ses croyances, ses préjugés, ses stéréotypes.
      Et il si les faits dénotent par rapport à ses schémas il sera dans le dénie.

      Par exemple un fanatique catholique associera le curé, sa soutane, à la vertu, l’honnêteté, etc... un curé, prêtre malhonnête, immoral n’est pas possible pour lui, il trouvera une échappatoire pour trouver une raison à cette dissonance cognitive.
      Par exemple pour un prêtre pédophile, il pourra trouver comme excuse que c’est l’enfant qui l’a provoqué, séduit, etc.... ainsi sa représentation est préservée.
      La vérité ne l’intéresse pas, seule ses représentations importent.


    • Neymare Neymare 14 septembre 2016 16:00

      @epicure
      « Un humain normal, s’il peut avoir des préjugés, est capable de les abandonner devant la réalité des faits. »

      Tout à fait, c’est sans doute ce qui fait la différence. Il me semble qu’en plus de cela, chez le fanatique, la composante de l’ego rentre en ligne de compte : si l’on explore l’ego d’un individu lambda : son ego comporte sa nationalité, sa religion, son métier, sa façon de penser le monde, son rapport aux autres, éventuellement sa voiture etc...

      Si vous attaquez la religion de quelqu’un qui est très religieux ou fanatique c’est son ego que vous attaquez. Il en va de même pour les gens très patriotes : un américain moyen par exemple ira faire la guerre sans se poser des questions sur ses justifications, chose qui est moins vrai pour le Français (d’aujourd’hui) car cette composante nationaliste est moins présente dans son ego, néanmoins quand la France gagne la coupe du monde on dit « on a gagner » meme si on y est pour rien : or, la nationalité est tout à fait relative : on est un etre humain, mais un Français ??

      La nationalité fait donc partie du préjugé, du relatif, a tel point qu’on peut le devenir ou ne plus l’etre : sommes nous capables d’abandonner ce préjugé (ou les préjugés de ce genre en général) ?

      La philosophie a essayé d’aller à la racine des choses en supprimant tous ces préjugés pour tenter d’atteindre la racine de l’etre, l’etre débarrassé de tout préjugé et de tout jugement des choses, est débarrassé de l’ego, il devient christ ou Bouddha. Le cogito de Descartes n’est alors plus valide : « je suis quelqu’un en particulier car je pense (c’est la pensée qui construit l’egoet qui dit voilà : ça c’est moi, alors que ce n’est fondé que sur du vent), mais si je ne pense plus je suis tout, je suis ce qui est »


    • epicure 14 septembre 2016 17:02

      @Neymare

      Oui le fanatique est en fait un égocentrique, comme tu le dis son égo et ses représentations sont liés. Attaquer ses représentations, les contredire, c’est attaquer son égo. Tout son comportement va tourner autour de son égo maintenu par des représentations figées. Et il ne va pas tolérer ce qui s’éloigne de ses représentations, et donc les contredire.

      Attention pour ce qui est des préjugés, ce n’est pas de s’identifier à une nationalité ou pas qui est un préjugé, mais c’est le fait d’attribuer des qualités ou des défauts, systématiques, selon que l’on appartient ou pas à la nationalité.

      Pour le nationaliste fanatique, l’appartenance à la nationalité, est vitale, c’est dans les représentations qui font son identité figée. Surtout que sa représentation de la nationalité est faite pour flatter, valoriser son égo. Et je pense que c’est cet aspect là qui le motive.

      Suffit de se poser la question suivante : si on enlève l’image valorisante du racisme, aux racistes crâne rasé et blouson noir, qu’est ce qu’il leur reste ?
      Le racisme chez eux leur sert à se valoriser en dévalorisant les autres.

      Avec le « on a gagné » c’est peu pareil, l’appartenance au groupe apporte de la valorisation, et donc le supporter aime quand son équipe gagne.

      SI le supporter valorise le rapport aux membres du groupe (rapport positif à l’Autre), ce qui va le motiver c’est départager les joies des victoires, mais aussi les peines.
      Par contre si sa motivation se trouve dans le conflit, le besoin de se sentir supérieur aux autres supporteurs, de trouver de l’excitation dans le conflit, alors on tombe dans le hooliganisme, la violence. Ici on se retrouve avec la même mentalité que le fanatique, le raciste, etc....

      Un mode de pensée où la valorisation ne peut se faire que en rabaissant l’Autre, en se montrant le plus fort. Un mode de pensée égocentrique.

      En fait il y a deux grands aspects à l’égo :
      Un positif, basé sur des rapports horizontaux, qui se traduit par l’individualisme, l’autonomie. C’est par lui qu’on est vraiment soi. C’est lui qui est porteur de l’esprit critique, qui peut dire stop aux excès.

      Un négatif, basé sur des rapports verticaux, rapports de force, qui se traduit par l’égocentrisme, le particularisme ( nécessité de diviser les gens en supérieurs et inférieurs, forts et faibles, etc.... ), lui est en fait motivé par les peurs.

      Entre les deux se trouve l’égoïsme, la focalisation sur son égo, par ses deux aspects. L’égoïste peut donc présenter l’aspect conflictuel, compétiteur, de l’égo vertical, pour défendre ses intérêts personnels, mais peut d’autre part présenter l’aspect plus détendu, relaxé, tolérant de l’égo horizontal.
      L’égoïste est plus complexe ,que le fanatique égocentrique, qui lui est unidimensionnel.


    • andromerde95 14 septembre 2016 19:58

      @epicure
      l’égocentrisme et l’auto-valorisation : c’est l’individualisme.

      dans l’individualisme les gens considèrent que seule leur personne ou individu compte, ça veut dire que l’intérêt personnel ou individuel est au centre de la société.

      l’auto-valorisation c’est l’individualisme car un dans une société nationaliste, ce n’est pas soi-même qui est valorisé, mais le groupe national qui nous dépasse.

      enfin : « Le fait d’associer un caractère et attribut à un groupe (sexuel, racial, religieux, culturel, ethnique...) sera taxé par les gauchos de préjugé et stéréotype bien qu’il soit majoritaire parmi ce groupe ou du moins plus présent dans ce groupe que dans les autres... Si on suit la logique gaucho, dire qu’un humain est bipède et omnivore est un préjugé et stéréotype car il y a des humains unijambistes qui sont amputés ainsi que des végétariens. »

    • epicure 15 septembre 2016 22:13

      @andromerde95

      si tu arrêtais d’intervenir pour démontrer ton ignorance et que tu ne comprends pas les mots dont tu parles.
      Chaque fois que tu parles de l’individualisme c’est pour dire des bêtises, des oxymores.

      égocentrisme = se considérer au centre du monde
      individualisme = autonomie des individus

      Les existes sont des égocentriques qui veulent que leur leur conception du monde s’impose aux autres.
      Ceux qui se battante pour la liberté et l’égalité hommes et femmes, sont des individualistes.

      Donc ce que tu dis encore une fois, c’est à dire un raisonnement de fou : une chose est égale à son antagoniste !
      Encore une fois tu démontres que tu ne comprends pas ce dont tu parles.

      C’est la différence entre un esprit rationnel qui donne des mots précis pour des concepts précis, et l’irrationnel qui donne des définitions floues au mots quitte à créer des oxymores, comme toi.


    • andromerde95 15 septembre 2016 22:21

      @epicure
      cesse de répondre, tu sais qu’avec moi tu gagneras pas, ça sera pareil qu’il y a plusieurs années en arrière.


      « si tu arrêtais d’intervenir pour démontrer ton ignorance et que tu ne comprends pas les mots dont tu parles.

      Chaque fois que tu parles de l’individualisme c’est pour dire des bêtises, des oxymores.

      égocentrisme = se considérer au centre du monde
      individualisme = autonomie des individus »


      non individualisme = individu et son intérêt au centre du monde 

      et l’autonomie des individus met l’intérêt personnel au centre du monde.


      « Les existes sont des égocentriques qui veulent que leur leur conception du monde s’impose aux autres.
      Ceux qui se battante pour la liberté et l’égalité hommes et femmes, sont des individualistes. »

      non les égocentriques sont les mecs en faveur de l’uniformité qu’ils nomment égalité et en faveur de la « liberté » d’être exploité par le capital, puisque ces mecs considèrent que leur culture néo-libérale est UNIVERSELLE et qu’elle a donc la vocation de s’appliquer au monde entier.

    • pemile pemile 15 septembre 2016 22:25

      @andromerde95 « dans une société nationaliste, ce n’est pas soi-même qui est valorisé, mais le groupe national qui nous dépasse. »

      Une petite nostalgie du national socialisme ?

      En oubliant que la valorisation du groupe nécessite un meneur représentatif et possédant tout pouvoir ?


    • andromerde95 15 septembre 2016 22:25

      @epicure
      « égocentrisme = se considérer au centre du monde
      individualisme = autonomie des individus »


      quand l’individu est autonome et donc détaché de tout groupe, il se prend pour le centre du monde, alors que quand il est rattaché à un collectif, ce n’est pas le cas car il considère que le groupe et le bien commun sont plus importants que lui.

    • pemile pemile 15 septembre 2016 22:27

      @andromerde95 « @epicure cesse de répondre, tu sais qu’avec moi tu gagneras pas, ça sera pareil qu’il y a plusieurs années en arrière. »

      Vrai, face à la connerie la raison est souvent impuissante smiley


    • pemile pemile 15 septembre 2016 22:31

      @andromerde95 "quand l’individu est autonome et donc détaché de tout groupe, il se prend pour le centre du monde, alors que quand il est rattaché à un collectif, ce n’est pas le cas car il considère que le groupe et le bien commun sont plus importants que lui"

      Non, il forme des groupes de son plein grès sans rapport de soumission. L’homme est et restera grégaire !

      T’as besoin d’un chef toi ! Il te faut de belles ornières pour marcher droit ?


    • pemile pemile 15 septembre 2016 22:35

      @andromerde95 "quand il est rattaché à un collectif, ce n’est pas le cas car il considère que le groupe et le bien commun sont plus importants que lui."

      Et il est bien connu que cet effet de groupe extrémise la violence ! Enlève la responsabilité individuelle.


    • epicure 16 septembre 2016 00:24

      @andromerde95

      toujours aussi ignare et simpliste.
      Tu en est toujours à nier les définitions des mots pour botter en touche.

      L’individualisme c’est l’autonomie de tous les individus.
      Quand par exemple tu considères que l’autonomie de chaque individu passe par le fait qu’ils puissent être en bonne santé ... c’est donc de la santé du collectif que tu te préoccupes (tous les individus).
      Pareil pour l’éducation, essentiel pour que la personne devienne autonome et donc un individu. Les préoccupations individuelles deviennent préoccupations collectives

      L’individualisme ne s’oppose pas au collectif puisque le collectif est un concept universaliste, et que l’individualisme et l’universalisme se complètent dans les philosophies « individualistes universalistes », l’exemple de al santé n’est qu’un exemple parmi d’autre qui démonte tes propos.

      L’égoïsme c’est la préoccupation de son autonomie à soi, à l’exclusion de toute autre. par contre il s’accompagne de laxisme (ce que font les autres et ne l’affecte pas lui est indifférent).

      Les libéraux font en fait la promotion de l’égoïsme avant tout, de celui qui réussit dans la compétition, en délaissant l’autonomie des « perdants ».

      l’égocentrique se place au centre du monde, et en général au dessus des autres, il se préoccupe de soi, mais ce que font les autres lui importe aussi, pour qu’ils se conforment à ses attentes ( par exemple les femmes doivent rester à la cuisine ), sans se soucier des attentes des autres.

      Toutes les idéologies inégalitaires sont portées par l’égocentrisme. C’est pourquoi en cette période ultralibérale, l’égocentrisme est favorisé.

      Quand on réfléchit de façon rationnelle on sait faire la différence entre les trois puisque ce sont trois concepts et trois attitudes pratiques différentes.
      Avec toi, rien n’a de sens, on ne peut pas distinguer les comportement, on reste dans l’ignorance. état d’ignorance qu’on intérêt à maintenir les puissants.

      Le vrai individualisme, quand il ne leur profite pas aux puissants, est la menace de leur pouvoir. Car c’est l’autonomie individualiste qui permet de résister aux manipulations, et permet de dire non.
      L’autoritarisme fait dire oui à l’autorité sans réfléchir.


    • andromerde95 16 septembre 2016 00:40

      @epicure
      tu perds ton temps avec moi, c’est moi qui aura le dernier mot et le dernier argument dans tous les cas !



      L’individualisme c’est l’autonomie de tous les individus.
      Quand par exemple tu considères que l’autonomie de chaque individu passe par le fait qu’ils puissent être en bonne santé ... c’est donc de la santé du collectif que tu te préoccupes (tous les individus).

      si tu t’occupes de la santé de tous les individus d’un groupe, tu t’occupes du collectif et non plus de l’individu. tous = collectif, 1 = individu. quand on est un individualiste s’occupant de de l’individu, on ne se préoccupe pas du bien commun qui transcende l’individu.

      sinon autonomie = liberté néo-libérale individuelle


      « Pareil pour l’éducation, essentiel pour que la personne devienne autonome et donc un individu. Les préoccupations individuelles deviennent préoccupations collectives

      L’individualisme ne s’oppose pas au collectif puisque le collectif est un concept universaliste, et que l’individualisme et l’universalisme se complètent dans les philosophies « individualistes universalistes », l’exemple de al santé n’est qu’un exemple parmi d’autre qui démonte tes propos. »

      apprend le sens du mot « universalisme », l’intérêt individuel s’oppose au collectif... le capitaliste en est l’exemple.


      L’égoïsme c’est la préoccupation de son autonomie à soi, à l’exclusion de toute autre. par contre il s’accompagne de laxisme (ce que font les autres et ne l’affecte pas lui est indifférent).

      l’autonomie ce n’est pas se lier aux autres.


      Les libéraux font en fait la promotion de l’égoïsme avant tout, de celui qui réussit dans la compétition, en délaissant l’autonomie des « perdants ».

      l’autonomie c’est le risque d’échouer, de dégringoler et de perdre.


      l’égocentrique se place au centre du monde, et en général au dessus des autres, il se préoccupe de soi, mais ce que font les autres lui importe aussi, pour qu’ils se conforment à ses attentes ( par exemple les femmes doivent rester à la cuisine ), sans se soucier des attentes des autres.

      oui un égocentrique ne pense qu’à sont intérêt INDIVIDUEL et à son INDIVIDU.


      Le vrai individualisme, quand il ne leur profite pas aux puissants, est la menace de leur pouvoir. Car c’est l’autonomie individualiste qui permet de résister aux manipulations, et permet de dire non.

      l’autonomie c’est pas dépendre de la redistribution des richesses.


    • pemile pemile 16 septembre 2016 00:46

      @andromerde95 « tu perds ton temps avec moi, c’est moi qui aura le dernier mot et le dernier argument dans tous les cas ! »

      Non, à lire comment tu réponds à coté, au mieux tu auras le dernier mot sans que cela soit un argument !


  • aimable 13 septembre 2016 16:04

    pour se laisser dicter sa vie par des préceptes religieux , il faut déjà avoir le cerveau bien abimé ou incomplet  !


    • astus astus 13 septembre 2016 16:20

      @aimable


      Je suis plutôt agnostique mais je vous rassure car je connais beaucoup de personnes croyantes qui ont un cerveau et une pensée tout à fait normaux. Mais comme pour tout remède, c’est la dose qui peut faire le poison (pharmakon).

  • sls0 sls0 13 septembre 2016 17:31

    Ca faire plaisir à lire un tel article, ça change un peu de bon sens.


  • baleti baleti 13 septembre 2016 22:23

    la définition du dictionnaire est beaucoup plus général, que celle de voltaire, et tous ceux qui limite le fanatisme au religieux.

    « comportement de fanatique personne passionnée qui est animée d’une foi inébranlable et d’un zèle intransigeant »

    Hitler avais la fois, les écolo qui traque les chasseur de baleine dans le pacifique, on la foi, les fan de Johnny Halliday on la foi, ect,,,,,,,,,

    je trouve que la définition en question va comme un gant a la laïcité, au mondialiste ,et même au sionisme ect,,,,,,,

    c’est comme l’intégrisme ,ca définition a été coller au religieux 

    et pourtant il faut pas être voltaire, pour comprendre que se mot a comme racine « intègre » 

    faite des recherche, et vous verrez qu’il ,y a divergence sur la racine de intégriste.


    • epicure 13 septembre 2016 23:04

      @baleti

      "

      c’est comme l’intégrisme ,ca définition a été coller au religieux 

      et pourtant il faut pas être voltaire, pour comprendre que se mot a comme racine « intègre » "

      oui conservation de l’intégralité des croyances, des dogmes.

      fermé d’esprit.


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