samedi 21 décembre 2019 - par Alain Alain

« Ça va monter très très fort au mois de janvier… » C’est Laurent Berger qui le dit ! Alors là non, on arrête de rigoler

Le grand entretien, France Inter, vendredi 20 décembre 2019, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, invité encore une fois de Nicolas Demorand déclare : « ça va monter très très fort au mois de janvier. »

Monsieur Laurent berger : "Le système actuel n'est pas juste, il est mité de profondes inégalités."

Lesquelles, il n'en parle pas. Donc, faut lui faire confiance ; lui il le sait et ça suffit comme ça.

Ben ce n’est pas l’avis de Cole Stangler journaliste basé à Paris du journal anglais The Guardian, mercredi 4 décembre 2019.

« Oui, les réformes de Macron permettraient probablement d'économiser de l'argent dans le système actuel ; les autorités sont confrontées à un déficit de retraite total qui devrait atteindre entre 8 et 17 milliards d'euros d'ici 2025. Mais ils emmèneraient également un massacre dans l'un des meilleurs systèmes de retraite au monde. En France, seulement 7% des personnes âgées (retraitées) sont menacées de pauvreté. Il s'agit du taux le plus bas de l'Union européenne, bien inférieur aux 19% au Royaume-Uni et en Allemagne. Il est également probable que cela explique en partie pourquoi l'espérance de vie en France est légèrement supérieure à celle de l'un ou l'autre pays. Un système comme celui-ci doit être chéri et élargi, pas coupé. »

Ni de l'OCDE, rappelons-le : « Le dernier rapport de l'OCDE sur les pensions de retraite est clair : si on le compare avec celui des autres pays développés, le système actuel en France est avantageux pour les retraités mais pèse un peu plus sur les dépenses et les revenus des actifs ».

Le Parisien, 11 décembre 2019.

 

Monsieur Nicolas Demorand évoque le rapport du COR et les possibles déficits qu'il prédit.

Monsieur Laurent berger : « Le rapport du COR il montre quoi, une faiblesse des recettes, pas une augmentation des dépenses, il n'y a pas une flambée des dépenses des retraites. Il y a une faiblesse des recettes et cette faiblesse des recettes elle vient d'abord de la puissance publique parce que, on supprime des cotisations parce que, on supprime des emplois de fonctionnaire parce que, pas de compensation des mesures fiscales qui ont été prises et qui ont un poids sur les cotisations versées par les entreprises ou les salariés et donc je crois que sur le dos des régimes des retraites on veut faire faire des économies à l'état et ça il n'en est pas question, les efforts on les a déjà faits, on pourra éventuellement en faire d'autres, ce n'est pas un sujet tabou pour la CFDT."

Il n'y a "pas de compensation des mesures fiscales" ; ce n'était pas des mesures fiscales, mais passons.

La CFDT affirme ses positions fermes, ah mais : « ça il n'en est pas question, les efforts on les a déjà faits, on pourra éventuellement en faire d'autres, ce n'est pas un sujet tabou pour la CFDT. »

On ne fera plus d'efforts ah non ! Mais éventuellement on en fera encore. La CFDT est prête, ce n'est pas un tabou !

S’il vous plait, c’est sérieux, on n’arrête de rigoler.

Bon, au moins il reconnait que le système actuel ne met pas en péril l'avenir des retraites, c'est déjà ça.

 

La parole aux auditeurs.

 

Notre temps, le 10 juillet 2019 par Anne-Marie Le Gall.

« Depuis le 1er janvier 2019, Les salariés qui, dès lors qu’ils ont droit à une retraite de base à taux plein, demandent à bénéficier de celle-ci et en même temps de leur retraite complémentaire se voient appliquer une minoration de 10 % sur leur pension Agirc-Arrco pendant 3 ans (et au plus tard jusqu’à leurs 67 ans). L’objectif est clair : inciter les assurés à prolonger leur activité professionnelle. »

 

Marc, évoque cet accord signé par la CFDT et qu’elle a voulu renégocier par la suite ce qu'on lui alors refusé.

Verbatim : « Demain quand vous vous rendrez compte que votre accord au système par points qui a été désastreux par exemple en Suède, quand vous direz ah, on veut le renégocier et ben le ou les gouvernements successifs vous diront trop tard c'est voté (...) » ; coupé par monsieur Nicolas Demorand.

Monsieur Laurent Berger s'explique sur cet accord, il parle de 2015 ( ?). Il était prévu pour trois ans parce que les complémentaires étaient financièrement en très grand danger au point de risquer de ne pas pouvoir payer les retraites complémentaires.

Puis il ne répond pas à la question sur le régime par points, sous-entendue mais coupée.

Rappelons que les complémentaires sont des systèmes par points. Donc ce système ne garantit en rien la viabilité des retraites.

 

Isabelle, je résume : « en quoi le système des 25 meilleures années est pénalisant ? » Elle a été licenciée à 45 ans et elle n'a retrouvé qu'un emploi bien moins payé du coup elle juge le système par points qui compte toute la carrière très injuste dans son cas.

Monsieur Laurent Berger : « Les 25 meilleures années c'est très favorable pour les personnes qui ont des carrières ascendantes. Pour les personnes qui ont des carrières ce qu'on appelle plates, c'est à dire qui reste au même type de rémunération, ça n'a pas d'avantage particulier et qu'on prenne en compte les périodes de chômage beaucoup mieux qu'aujourd’hui, les périodes de parentalité, de coupure (...) on s'aperçoit que pour nombre des travailleurs du privé, les 25 meilleures années c'est pas le meilleur des calculs. »

D'abord, Laurent Berger reconnait que pour beaucoup de travailleurs, l'abandon des 25 meilleures années sera pénalisant. Ensuite il affirme que pour ceux qui connaissent des coupures, à condition que des compensations suffisantes soient prévues, le régime à points serait meilleur et que pour les autres, les carrières plates, il n'y a pas de vraie différence.

Alors pourquoi changer ?

Si la CFDT n'avait pas accepté le passage des dix meilleures années aux 25 meilleures années, tous les travailleurs seraient largement gagnants avec le système actuel. Bravo la CFDT.

Il a dit aussi qu’il fallait arrêter tous ces simulateurs. Il a raison, c’est ridicule.

En effet, on ne connait ni la cotisation pour un point ni la valeur du point, donc on ne peut rien savoir de ce qui arrivera. Alors comment sait-il que le régime par points sera meilleur pour ceux qui ont eu des carrières entrecoupées, ou pour les femmes, etc.

Il dit vraiment n’importe quoi.

 

Comme on va l'entendre maintenant, la CFDT selon Monsieur Laurent Berger va continuer à se battre sans relâche pour ce genre d’amélioration et pour obtenir ce régime par points pourtant de plus en plus critiqué par la très grande majorité des travailleurs même en Suède où il a provoqué l’appauvrissement des retraités. D’ailleurs, s’il était si favorable et juste que prétendu, pourquoi ne pas l’appliquer tout de suite et à tout le monde ?

 

Monsieur Nicolas Demorand : « on peut perdre une négociation ou en tout cas gagner sur tout. Qu'est-ce qui se passera à ce moment-là ? »

Monsieur Laurent Berger évoque vaguement un compromis possible ??? (...)

Monsieur Nicolas Demorand : « On a des auditeurs qui demandent comment on s'oppose sans faire grève, comment on s'oppose sans manifester tout le temps, vous allez faire quoi ? »

Monsieur Laurent Berger : « en janvier, on va, on va, on va proposer, on va aller interpeler les parlementaires dès la première semaine de janvier, on va potentiellement proposer aux citoyens y compris pourquoi pas un samedi, on y réfléchit, juste avant, ça pourrait être des rassemblements, ça peut être des choses plus festives que ce qu'on fait habituellement, on va regarder ça, juste avant l'examen de la loi en conseil des ministres. Je crois qu'il faut faire monter cette idée que demander de travailler plus longtemps à ceux qui ont déjà leur carrière complète quand ils vont arriver en retraite, c'est pas acceptable. »

Et pour tous les autres, quoi ?

C'est ce qu'il qualifie de : « ça va monter très très fort au mois de janvier en désaccord sur cet âge pivot (...) »

Le gouvernement tremble.

Et vous, arrêtez de rigoler, c’est énervant à la fin !

 

Les Echos

Par Cécile Cornudet, 18 déc. 2019

« 615 000 ! Chiffre "rêvé" pour étayer une démonstration préparée. Si la mobilisation du 17 décembre fait moins que celle du 5 décembre malgré l'apport de la CFDT, alors "la CFDT a échoué". Ce mardi soir, les sourires sont légion dans la majorité. Elle qui guettait sans le dire un faux pas de Laurent Berger. Depuis quelques jours déjà, le journaliste constatait un écart entre le "on" et le "off", entre ce qu'il entend publiquement et ce qu'on lui confie entre deux portes, sans doute pour créer un "climat".

Publiquement la main est tendue ("ferme mais pas fermé", a répété Edouard Philippe), en coulisse elle est serrée comme un poing. En particulier contre ce Laurent Berger qui défie l'exécutif, pose "ligne rouge" et joue du rapport de force. Mots durs, mots allant d'ailleurs tous dans le même sens. Même en "off ", il y a des "éléments de langage". (…)

Avec Laurent Berger, la CFDT a changé, martèlent les proches d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe. (…)

Elle a bougé d'un discours syndical à un discours politique, poursuivent les macronistes, reprochant à Laurent Berger son alliance avec Nicolas Hulot et des associations pour le "pouvoir de vivre". "Il tourne le dos à ce qu'était la CFDT", dit un poids lourd, "il n'est plus productiviste, il est même limite décroissant". CQFD : on n'a plus rien en commun. "Faut-il tenter de le récupérer", ose-t-on alors ? "Le récupérer, pour quoi faire ? " »

 

"Faut-il tenter de le récupérer ?"

"Le récupérer, pour quoi faire ? "

Qu’est-ce que ça veut dire ?!

 

Interpelant quand on songe à ce que sont devenus les quatre précédents secrétaires généraux de la CFDT après leur départ du syndicat (source Wikipédia, ordre chronologique non respecté, genre homme/femme ignoré) :

 président de l'Agence du service civique, nommé inspecteur général des affaires sociales (5eme tour) en conseil des ministres, au statut de haut fonctionnaire, chargé du suivi du plan gouvernemental de lutte contre la pauvreté ;

 PDG de Vigeo devenue Vigeo Eiris (Selon le Canard enchaîné, qui reprend le témoignage d'un chef d'entreprise, « Vigeo, c'est pas compliqué, il suffit de payer : tu files 200 000 ou 300 000 balles, on certifie que ta boîte est écolo et sociale, et te voilà peinard »), membre du conseil d'administration de la Coface (Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur) et du conseil de surveillance du Monde S.A, nommé par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, délégué français à l'Organisation internationale du travail (OIT) poste que la personne abandonnera 2 mois plus tard à cause de possibles conflits d’intérêt ;

 président de VVF (Villages Vacances Familles, qui deviendra Belambra Clubs après avoir été privatisé en juillet 2006), directeur de la société d’investissement solidaire France Active ;

 conseiller social à l'ambassade de France à Washington, consultant en stratégies sociales et gérant de « J.K consultant » à Paris, vice-président de l'Observatoire social international lié à Entreprise&Personnel, un club RH regroupant plusieurs grandes entreprises françaises, membre de la Commission pour la libération de la croissance française dite « Commission Attali ».

 

En attendant le gouvernement se sert de l’adhésion de la CFDT au système par points pour l’imposer aux jeunes générations dépolitisées qui n’ont pas l’air de comprendre ce qu’il va leur arriver à eux mais qui est épargné aux plus anciens qui résistent trop.

La belle victoire que voilà contre ceux qui ne savent pas se défendre. Grâce à la CFDT.

 

Sur le chiffre de 615 000 manifestants dont se réjouit la macronie, consultez l’article publié sur Agoravox suivant :

« Démonstration qu’Occurence et la police divisent par 3 ou 4 le nombre de manifestants #grève17décembre #350000àParis »

 

Sur l’évolution de la CFDT depuis sa création, consultez celui-ci :

« Les directions de la CFDT, « Trente ans de détricotage du droit social » ? »



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