vendredi 23 janvier 2015 - par astus

CHARLIE et le Matin brun

Au sujet de CHARLIE, dont on a beaucoup parlé ces derniers temps, je voulais vous parler d’un autre CHARLIE qui est aussi le personnage d’une nouvelle intitulée MATIN BRUN que certains d’entre vous connaissent peut-être déjà parce qu’elle a eu un succès international avec plus de 25 traductions dans le monde. Et l’on se dit que parfois le hasard, l’intuition, ou le talent, font bien les choses pour ceux qui savent capter les vérités du monde. 

Ce texte, qui fait seulement trois ou quatre pages, a été écrit par FRANCK PAVLOFF et publié aux éditions CHEYNE en 1998 où il coûte la modique somme de deux euros. Cet écrivain est né à Nîmes en 1940. Grand voyageur, il s’est occupé du droit des enfants et possède une formation en psychologie. Depuis 1993 Il est l’auteur de nombreux romans ou nouvelles, d’œuvres pour la jeunesse et de poésie qui lui ont valu différentes distinctions et prix littéraires.

Dans MATIN BRUN le langage utilisé est celui de tous les jours, parfois même familier. Le cadre est celui d’une France populaire où les protagonistes regardent des matchs à la télé, sirotent leur café, et jouent à la belote ou au tiercé. Cela pourrait même se passer dans le midi car les gens boivent du pastis et ponctuent leurs phrases avec des « putain-con » sonores. Mais le lieu exact et même la date des évènements relatés ne sont pas précisés. Il n’y a que deux personnages dans cette histoire : celui qui raconte d’un point de vue personnel les changements qu’il perçoit dans son environnement habituel, et CHARLIE, son ami.

Et justement CHARLIE vient d’annoncer au narrateur qu’il a dû faire piquer son chien parce qu’il « ne pouvait pas le faire passer pour un brun ». Celui-ci exprime alors sa surprise qu’il ait pu être tué d’autant que ce n’est pas trop la couleur d’un labrador… Mais on apprend bientôt que cela concerne aussi tous les chats « bruns » et que les milices de la ville distribuent gratuitement des boulettes d’arsenic pour les faire disparaitre aussi, comme tous les chiens « bruns » auparavant. Peu après ces évènements le quotidien habituel est remplacé par « Les Nouvelles Brunes », mais à part le narrateur, cela n’inquiète personne du moment qu’on y trouve encore les nouvelles du sport et des courses. Bientôt c’est au tour des livres de la bibliothèque d’être interdits, mais là encore pas de panique pour les populations car la « sécurité brune ça pouvait avoir du bon »

Je laisse aux lecteurs le soin de lire eux-mêmes cette nouvelle en entier pour connaître la fin de l’histoire même si vous avez déjà compris qu’elle peut avoir quelques accointances avec des dystopies célèbres comme « 1984 » de George Orwell ou « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury, deux livres essentiels pour ceux qui veulent rester libres dans notre monde actuel. Bien sûr la couleur brune et le titre n’ont pas été choisis au hasard par l’auteur car cela réfère explicitement à la « peste brune » qui est le surnom donné au nazisme mais qui par extension peut désigner ici n’importe quel fascisme ou extrémisme contemporain.

Avec ce conte l’auteur pointe donc le danger des systèmes totalitaires liés à l’obéissance aveugle des individus et l’uniformisation des comportements qui fait de nous de petits robots dociles. Mais la réduction drastique du langage, qui est plus insidieuse, n’est pas moins dangereuse car c’est aussi celle de la pensée qui permet de manipuler beaucoup plus facilement les personnes. D’ailleurs GOEBBELS l’avait parfaitement compris quand il affirmait « Le jour où les mots n'auront plus de sens, nous aurons gagné ».

À partir de ce constat la question est alors de savoir quels sont aujourd’hui les totalitarismes qui menacent nos libertés. Personnellement j’en vois trois : le néo libéralisme, le fondamentalisme religieux, et l’internet. Le premier est une doxa qui exacerbe l’envie et le besoin d’avoir contre le désir d’être qui transforme chacun en rival potentiellement violent et détruit la planète. Le deuxième asservit la pensée sous la chape de plomb de croyances archaïques qui excluent l’Autre et ses différences. Le troisième est un lieu de non-droit qui légalise de fait toutes les mafias et rend possible l’utilisation du Big Data à des fins de pouvoir occulte.

Sait-on toujours où peuvent nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d’entre nous ?

 Lien vers : Matin brun

P.S Je n’ai aucun lien personnel ou d’intérêt ni avec l’auteur, ni avec la maison d’édition.



49 réactions


  • Le p’tit Charles 23 janvier 2015 10:28

    ++++En parlant de facisme...vous connaissez la dernière.. ?
    Le roi Abdallah d’Arabie Saoudite est mort....Le souverain laisse le trône au prince Salmane. François Hollande a salué la disparition d’un homme dont « l’action a profondément marqué l’histoire de son pays »....Vous avez vu..notre carpette nationale est à genoux devant ce terroriste..(Sarkozy fait la même chose)... ?
    Ou encore....
    Kidnappings contre rançons : la France, premier contributeur
    En financiers avisés, les mouvements djihadistes diversifient leurs sources de revenus. « Ces groupes misent de plus en plus sur des activités criminelles, à commencer par les enlèvements contre rançons », soulignait voilà quelques mois le nouveau n°2 de la CIA David Cohen, alors sous-secrétaire au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme.Ainsi, les kidnappings d’Occidentaux contribuent à remplir les caisses d’Aqmi, de son cousin yéménite Aqpa (Al-Qaeda dans la péninsule Arabique), des shebab somaliens et des Nigérians de Boko Haram. Depuis 2008, Al-Qaeda et ses affidés auraient empoché entre 110 et 140 millions d’euros. Premier contributeur : la France.Les trafics de toutes sortes fleurissent dans les zones sous contrôle djihadiste....mais faut pas le dire....chutttttttttttttt....


    • astus astus 23 janvier 2015 10:59

      Les petites lâchetés de chacun sont en question, et aussi la diplomatie bien sûr.

      Pour le reste (mais ce n’est pas le sujet de ce billet, et je préfèrerais que l’on se recentre dessus) il me semble que l’information a déjà circulé.


    • Le p’tit Charles 23 janvier 2015 12:21

      Bonjour...Le Brun peut également prendre une autre couleur..en l’occurrence le blanc des robes des pays du golfe.. !
      Ce mal dont vous parlez..se retrouve sur les 5 continents il me semble.. ?


    • astus astus 23 janvier 2015 12:28

      Ben oui, les totalitarismes que je pointe sont en effet planétaires...


    • Le p’tit Charles 23 janvier 2015 12:39

      Bizarre...vous rejoignez mon commentaire.. ?


  • velosolex velosolex 23 janvier 2015 10:39

    Vous avez raison, autant d’appeler à la lecture des fondamentaux. 


    J’ajouterais « la ferme des animaux » d’orwell, que je trouve extraordinaire. Presque plus que 1984, car il peut être lu par tous les publics. 
    Je dirais « même les enfants », et c’’est ce qui est le plus dure, finalement. Faire passer un message sans être élitiste, docte, ou niais. 
    Matin brun, c’est vrai réussit aussi ce prodige. 

    « Le jour où les mots n’auront plus de sens, nous aurons gagné ».
    Ils ont fait très forts....même les sentiments et les certitudes élémentaires ne voulaient plus rien dire. 
    Tous les totalitaristes s’attachent à détruire l’humain, l’amour, l’empathie, la confiance. 

    Quand vous commencez à trembler, à choisir vos mots en bégayant, vous êtes foutu
    .
    Vous dites, « s’il vous plait »
    Puis vous ne dites plus rien
    Trop content de rester encore en vie un jour, une heure, une seconde

    • astus astus 23 janvier 2015 11:06

      Merci velosolex de signaler aussi « La ferme des animaux » avec ce lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Ferme_des_animaux

      Il n’est pas inutile non plus d’orienter les curieux vers « Le discours de la servitude volontaire » d’Estienne de la Boétie, bien que d’accès plus difficile, mais dont la conclusion est simple : « les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ».
      Bien à vous

    • velosolex velosolex 23 janvier 2015 11:59

      astus


      Les classiques reviennent furieusement à la mode. Voltaire écrase Tierweiller et son candide à l’elysée.

      Il faut faire l’apologie de l’humour, qui est une sainte philosophie, gymnastique du ventre et de l’esprit et qui récuse tous les faussaires. 
      C’est sans doute pour ça qu’il dérange tant. 

      « It’s a hard rain gonna fall » disait Dylan. 

      Et maintenant qu’est ce qu’on fait. 
      Le pire serait de se mettre au garde à vous, d’enterrer vraiment l’équipe de Charlie.

  • César Castique César Castique 23 janvier 2015 10:46

    « À partir de ce constat la question est alors de savoir quels sont aujourd’hui les totalitarismes qui menacent nos libertés. Personnellement j’en vois trois : le néo libéralisme, le fondamentalisme religieux, et l’internet. »


    Et, personnellement, j’en vois un quatrième qui est déjà bien installé, et pas seulement en France, c’est l’antiracisme. 

    • bourrico6 23 janvier 2015 11:45

      Et, personnellement, j’en vois un quatrième qui est déjà bien installé, et pas seulement en France, c’est l’antiracisme.

      Non, c’est normal, on ne t’oblige pas à aimer les gens « différents » de toi, mais on t’interdit de clamer haut et fort que tu les considères comme des sous hommes.
      Tout le monde est naturellement plus ou moins raciste, après certains sont capables de raisonner et de se dire que c’est une connerie venue du fond des âges ou d’on ne sait ou, tandis que d’autres se laissent prendre au jeu et accusent le types pas comme eux de tous les maux de la Terre.


    • Fergus Fergus 23 janvier 2015 11:49

      Bonjour, Bourrico6.

      D’accord avec ce commentaire. « l’antiracisme » peut au plus être considéré comme un dogme, mais pas comme un totalitarisme. Idem d’ailleurs pour l’écologie militante.


    • bourrico6 23 janvier 2015 12:45

      Merci.

      Désolé, je n’ai pas l’habitude, en général quand je poste ce genre de commentaire, ce n’est pas le genre de réponse que j’ai.

      La j’aurai du être taxé au moins d’islamophilie, de sale gauchiste, ou des trucs du genre. smiley


    • César Castique César Castique 23 janvier 2015 16:57

      « Tout le monde est naturellement plus ou moins raciste, après certains sont capables de raisonner et de se dire que c’est une connerie venue du fond des âges... »


      Ce n’est pas de cela dont s’occupe le totalitarisme antiraciste. Relisez - ou lisez - Jean-François Revel.

       « ..,peut au plus être considéré comme un dogme, mais pas comme un totalitarisme. »

      C’est que vous n’en mesurez pas toutes les conséquences. Pour diverses raisons, ce ni le moment ni le lieu pour développer, mais je suis catégorique.

  • Vipère Vipère 23 janvier 2015 10:50


    Petit Charles

    Est-on sûr que leurs exigences ne va pas au delà des rançons ? pour rendre des otages c’est parfois très insuffisant... 

  • Vipère Vipère 23 janvier 2015 10:58


    « mystère » ... ! ne nous posons pas de questions embarassantes, voir dangereuses, il faut se garder de dépasser la ligne rouge, nos vies sont suffisamment tumultueuses !

  • Fergus Fergus 23 janvier 2015 11:07

    Bonjour, Astus.

    Le rappel de cet excellent texte qu’est Matin brun est le bienvenu car, de manière simple et accessible à tous, il montre en quelques pages comment un peuple peut progressivement se laisser enfermer dans une idéologie totalitaire insidieuse.

    Entièrement d’accord avec vous sur les totalitarismes qui menacent nos sociétés. Y compris bien sûr internet qui n’est peut-être pas le moins dangereux des trois !


    • velosolex velosolex 23 janvier 2015 12:10

      Fergus


      Les totalitaristes peuvent très se faire la courte échelle les uns aux autres ; par exemple le totalitarisme religieux et internet, pas un scoop je sais...

  • astus astus 23 janvier 2015 11:15

    Merci Fergus pour ce commentaire, cela a fait tilt dans ma tête quand je me suis rappelé que Charlie était le nom d’un des deux personnages ! Quant à l’internet, c’est extrêmement insidieux car la plupart des gens comme vous et moi y voyons surtout un immense espace de liberté et de culture. Mais cette liberté d’autres s’en emparent aussi de façon perverse ce qui rend extrêmement difficile le fait de les démasquer sans nuire aux autres. Et l’utilisation statistique de toutes les données du Big Data finira bien par profiter à ceux qui ont les moyens de les utiliser, il ne faut pas être naïf...


    • Fergus Fergus 23 janvier 2015 11:46

      @ Astus.

      « Et l’utilisation statistique de toutes les données du Big Data finira bien par profiter à ceux qui ont les moyens de les utiliser, il ne faut pas être naïf... »

      Il y a là un réel danger dont nous devons tous être conscients. Peut-être faudrait-il instituer sur le net une sorte de « label » des sites adhérant à des critères stricts en matière de lutte contre les comptes multiples, et par conséquent la saturation des commentaires de ces sites à des fins de propagande. Mais je ne sais malheureusement pas s’il est possible techniquement d’éradiquer les comptes multiples. Ce serait pourtant un grand progrès !


    • astus astus 23 janvier 2015 12:25

      Franchement Fergus je ne sais pas ce qu’il faut faire pour ne pas détruire cet espace de liberté tout en le régulant. Je suis contre toute censure a priori mais quand je vois que sur ce site d’Agoravox il est possible d’envoyer des milliers de commentaires sans qu’il soit demandé d’écrire au moins UN article...Bon là je m’égare, ce n’est pas le sujet de l’article, et je vais encore me faire moinsser par tous les trolls... Heureusement j’ai l’habitude et le cuir épais ! A+


    • velosolex velosolex 23 janvier 2015 12:31

      Il y aurait bien sûr à légiférer. 


      Quand je dis ça je ne pense pas aux idées en premier lieux, dont le contrôle peut s’apparenter rapidement à une police de la pensée, et dont les antidotes culturelles doivent être vigoureuses, mais je fais référence surtout à l’image. 
      Et la pornographie me semble éminemment redoutable !

      Je ne suis pas puritains et me foutrait bien de l’étalement de cette sexualité si elle était joyeuse, mais elle est bestiale, reproduit les plus vieux clichés de domination, et fournit un matériel névrotique et pervers aux enfants et aux ados. 

      Pas de mort sur le champ de bataille, pas de quoi fouetter un chat...Me direz vous.
      Pour moi, c’est un véritable crime contre l’humanité, s’attaquant à ce que l’homme a de plus sacré. 
      L’acte sexuel robotisé et sa diffusion au premier quidam mineur venu sur internet devrait être interdit, comme on empêche de montrer des films choquants, tels des exécutions d’otages. Ce sont à peu près les même images de morts, totalement psychotiques, et c’est vrai envoûtantes, car s’attaquant à la part d’ombre de l’homme, le voyeurisme. 

      Au bout du compte, c’est la représentation d’une société de sens, et sacrifiant tout, incapable de dire l’interdit, et de définir des tabous qui nous revient en pleine poire.

       Nous prenons pour argent comptant ceux que d’autres prosélytiques cherchent à nous imposer ; et c’est bien la farce, car s’il est un domaine salvateur, qui doit perdurer, car synonyme d’une saine philosophie, et d’un ballon de décompression du réel, c’est bien le rire, la satyre, la comédie, la caricature.
      Autant de mots pour interroger le réel, et faire office de tests crash.
       
      Dire l’interdit, c’est le privilège de l’adulte, et la rançon et l’exigence de l’autorité.
       Notre société mercantile qui définit son avenir en termes de profit ne veut pas assumer les pertes de marché. 
      D’autres petits malin se sont accaparés la casquette du contrôleur, et cherche à mettre la main sur les clés de la locomotive, sans se préoccuper où elle va.
      Et voilà pourquoi le niveau de l’eau monte, sans que nous soyons capable de faire quoi que ce soit. 


    • bourrico6 23 janvier 2015 12:38

      Je suis contre toute censure a priori mais quand je vois que sur ce site d’Agoravox il est possible d’envoyer des milliers de commentaires sans qu’il soit demandé d’écrire au moins UN article...

      Oui enfin c’est le but de la chose en même temps hein.
      Les sites ou les commentaires sont interdits ou fortement filtrés ne manquent pas, alors demandez vous pourquoi vous êtes venus poster votre article ici ?
      Et bien justement parce que n’importe qui peut venir ici débiter ce qui lui chante, mentir, diffamer, calomnier, injurier, etc.
      Ce qui vous fournit un important public potentiel, et plus ce sera polémique (comme la remarque que je commente), plus vous avez de chance de faire du score et d’attirer tout et n’importe qui.

      Bon là je m’égare, ce n’est pas le sujet de l’article, et je vais encore me faire moinsser par tous les trolls... Heureusement j’ai l’habitude et le cuir épais ! A+

      Voila qui confirme un peu mes dires, vous affichez clairement ce que vous recherchez par votre remarque.


  • JL JL 23 janvier 2015 12:40

    Bonjour Astus,

    Bien vu ce lien que vous faites entre Matin brun et Charlie. Je n’aurais pas pensé au prénom du héros.

    Vous demandez : ’’la question est alors de savoir quels sont aujourd’hui les totalitarismes qui menacent nos libertés.’’

    C’est une coïncidence. Sur un autre fil j’écrivais ça : ’’ (...) Le cléricalisme est un positionnement idéologique qui prône la prédominance des idées religieuses et du clergé dans la vie publique et politique (...) Par extension, le cléricalisme désigne la domination ou oppression sur les consciences par des personnes ayant un savoir et occupant une fonction dont ils abusent par emprise : cléricalisme médical, pédagogique, juridique, etc ’ (...). ’’

    Vous écrivez : ’’Goebbels l’avait parfaitement compris quand il affirmait « Le jour où les mots n’auront plus de sens, nous aurons gagné  »’’

    Je n’aime pas récupérer et faire des digressions, mais ce matin je viens de (re)lire ça : « Le concept de « laïcité positive » développé par Nicolas Sarkozy lors de son discours à Saint-Jean-de-Latran est d’une grande habileté rhétorique. La « laïcité positive », on a l’impression que c’est la même chose que la laïcité, mais en mieux (cf. son « islam de France » ). Alors qu’en réalité, cette expression vide le concept de laïcité de son sens, puisque la définition de la laïcité est forcément négative et minimaliste » - Catherine Kintzler (*)). Toute la force de la rhétorique populiste du sarkozysme réside dans l’usage qu’il fait des mots : ainsi cette expression « racheter ses RTT » ! Comme si les RTT n’étaient pas acquises par les salariés. En réalité, c’est l’employeur seul qui a le pouvoir de racheter ou pas les RTT de ses collaborateurs." Sarkozy met le dictionnaire dans la plus grande confusion. ’’

    (*) Catherine Kintzler, née en 1947, est une philosophe française, spécialiste de l’ esthétique et de la laïcité. Agrégée de philosophie, docteur d’État en philosophie,


  • Vipère Vipère 23 janvier 2015 12:56
    Par astus (---.---.---.108) 23 janvier 12:25

    Franchement Fergus je ne sais pas ce qu’il faut faire pour ne pas détruire cet espace de liberté tout en le régulant. Je suis contre toute censure a priori mais quand je vois que sur ce site d’Agoravox il est possible d’envoyer des milliers de commentaires sans qu’il soit demandé d’écrire au moins UN article...Bon là je m’égare, ce n’est pas le sujet de l’article, et je vais encore me faire moinsser par tous les trolls... Heureusement j’ai l’habitude et le cuir épais ! A+

                                  ***


    L’espace internet est offert par « des marchands » et vous faites mine de ne pas le savoir, allant jusqu’à insinuer qu’il faut le réguler, n’oubliant pas au passage de dénigrer Agoravox et ses règles.


    Le règlement d’Agoravox vous déplait, changez de site !


    Le censeur n’est nul autre que vous même ! quand aux lecteurs ils ont le libre choix d’exercer ou non leur liberté d’expression, d’en fixer l’étendue et les limites


  • Vipère Vipère 23 janvier 2015 13:17

    Qui a la prétention de légiférer l’entreprise GOOGLE sur laquelle nous surfons ?
    « Eric E. Schmidt Président exécutif

    Depuis qu’il a rejoint Google en 2001, Eric Schmidt a contribué à faire d’une start-up de la Silicon Valley un leader mondial des technologies. En tant que président exécutif, il est en charge des affaires extérieures de Google (partenariats, relations commerciales et avec les gouvernements, leadership en matière de technologies). Il conseille également le PDG et les dirigeants senior sur les affaires commerciales et la politique de l’entreprise.

    Entre 2001 et 2011, Eric Schmidt a occupé le poste de président-directeur général de Google, supervisant la stratégie commerciale et technique de l’entreprise aux côtés des fondateurs Sergey Brin et Larry Page. Sous sa direction, Google a considérablement développé son infrastructure et diversifié ses produits tout en conservant une forte culture de l’innovation.

    Avant de rejoindre Google, Eric Schmidt était PDG de Novell et directeur technique de Sun Microsystems, Inc. Avant cela, il a fait partie de l’équipe de recherche du Xerox Palo Alto Research Center (PARC) et a occupé des postes chez Bell Laboratories et Zilog. Eric Schmidt a obtenu une licence d’ingénierie électrique à l’université de Princeton, ainsi qu’un master et un doctorat en informatique à l’université de Berkeley en Californie. »


  • astus astus 23 janvier 2015 13:17

    @ Bourrico et Vipère : vos remarques n’engagent que vous et je ne répondrai à aucune polémique.

    Donnez plutôt votre avis argumenté sur le sujet du billet. Merci d’avance.

    • Vipère Vipère 23 janvier 2015 13:27


      Si argumenter, c’est donner des références visibles d’autorité reconnue, vous êtes servi plus bas, je vous explique en quoi vous ne pouvez pas réguler une entreprise comme google, que vous prenez pour un espace internet libre et qui est en réalité un espace marchand.

      Argumenter, c’est polémiquer parfois, mais dans votre cas le consensus semble être plus confortable et moins déstabilisant. 

      Essayer le monologue, c’est le risque zéro assuré !

  • Vipère Vipère 23 janvier 2015 13:18


    Qui a la prétention de légiférer l’entreprise GOOGLE sur laquelle nous surfons ?




    « Eric E. Schmidt Président exécutif

    Depuis qu’il a rejoint Google en 2001, Eric Schmidt a contribué à faire d’une start-up de la Silicon Valley un leader mondial des technologies. En tant que président exécutif, il est en charge des affaires extérieures de Google (partenariats, relations commerciales et avec les gouvernements, leadership en matière de technologies). Il conseille également le PDG et les dirigeants senior sur les affaires commerciales et la politique de l’entreprise.

    Entre 2001 et 2011, Eric Schmidt a occupé le poste de président-directeur général de Google, supervisant la stratégie commerciale et technique de l’entreprise aux côtés des fondateurs Sergey Brin et Larry Page. Sous sa direction, Google a considérablement développé son infrastructure et diversifié ses produits tout en conservant une forte culture de l’innovation.

    Avant de rejoindre Google, Eric Schmidt était PDG de Novell et directeur technique de Sun Microsystems, Inc. Avant cela, il a fait partie de l’équipe de recherche du Xerox Palo Alto Research Center (PARC) et a occupé des postes chez Bell Laboratories et Zilog. Eric Schmidt a obtenu une licence d’ingénierie électrique à l’université de Princeton, ainsi qu’un master et un doctorat en informatique à l’université de Berkeley en Californie.


    • astus astus 23 janvier 2015 13:42

      Malgré sa puissance commerciale colossale on ne peut pas dire que Google soit l’internet à lui seul, car l’internet c’est d’abord des gens comme vous et moi. C’est comme si l’on disait que Monsanto est le néo libéralisme. La lutte contre les totalitarisme c’est d’abord une éthique de responsabilité.


  • Vipère Vipère 23 janvier 2015 13:46


    Je dois en rester là, la vie m’apelle ailleurs, à ce soir.... smiley

  • Bergegoviers Bergegoviers 23 janvier 2015 16:03

    J’avais déjà eu ce sentiment en lisant ce livre et je le retrouve ici, même si bien amoindri par les commentaires de l’auteur de cet article : l’antinazisme primaire qui suinte des paroles de l’auteur, résultat d’un endoctrinement malicieux qu’il fait pourtant mine de dénoncer, ne lui a pas permis de m’endoctriner à son tour.

    Il est en effet évident pour moi que ce livre est de la propagande bien pensante (ou plutôt « non-pensante »), destinée à détourner l’attention, en choisissant la couleur brune, des réels fascismes problématiques actuels en se focalisant sur un fascisme mort et enterré depuis bien longtemps.
    Je rejoins toutefois astus sur le fait qu’il est un précurseur de notre actualité qui voit un pays entier sommé de se lever contre le fascisme islamophobe au moment où des islamistes massacrent impunément son peuple sur son propre sol.



  • jymb 23 janvier 2015 16:17

    Le matin brun c’est tous les jours...

    Tous les jours un nouvel interdit, un nouvel oukaze, des phrases à ne plus dire, des opinions à taire, un nouveau radar, une nouvelle obligation aburde...tout cela édicté de manière gluante et hypocrite « pour notre bien » a grand renfort de propagande médiatique 

  • astus astus 23 janvier 2015 16:35

    Je crains Bergegoviers que vous n’ayez fait qu’un lecture très sélective de ce billet ou même que vous ne l’ayez pas lu jusqu’au bout bien qu’il fût pourtant fort court. Je vous cite : « ce livre est de la propagande bien pensante » (...)«  destinée à détourner l’attention » (...) « des réels fascismes problématiques actuels en se focalisant sur un fascisme mort et enterré depuis bien longtemps ». Je remarque seulement que votre critique selon laquelle je privilégierais un seul fascisme, (disparu selon vous, et je vous laisse responsable de cette affirmation) n’est pas exacte et s’applique plutôt à vous-même puisque vous ne parlez que  d’une seule seule forme de totalitarisme : le fondamentalisme religieux quand j’en cite deux autres tout aussi préoccupants selon moi. Il ne faut pas perdre de vue que le monde complexe dans lequel nous vivons n’implique pas de se focaliser sur un seul problème : l’examen d’un système n’exclue pas simultanément celui des autres avec lesquels les liens ou les interactions sont probables, sinon certains.


    • astus astus 23 janvier 2015 16:58

      J’ajoute que cette nouvelle de « Matin Brun » attire surtout notre attention sur la nécessaire prudence citoyenne de chacun.


  • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 23 janvier 2015 17:45

    "Avec ce conte l’auteur pointe donc le danger des systèmes totalitaires liés à l’obéissance aveugle des individus et l’uniformisation des comportements qui fait de nous de petits robots dociles"

    N’est-ce pas exactement ce qu’on a pu observer lors des manifs « je suis... » ?
    La foule venait alors d’accepter l’annonce officielle du « conflit de civilisations » et adoptait de fait, il est vrai parfois malgré elle, la « grille de lecture du monde » qui lui est consubstantielle.
    Un bel exemple d’obéissance, de « renoncement »...
    Du conditionnement pavloFFien...


    • astus astus 23 janvier 2015 19:09

      Ainsi, si je comprends bien, vous mettez sur le même plan une manifestation spontanée pour défendre certaines valeurs de notre société, comme la liberté d’expression prévue dans nos lois, ce que vous assimilez à de l’obéissance ou à un renoncement, avec une action de commando meurtrier soigneusement organisée par des personnes qui elles en effet obéissent de façon dévoyée aux lois divines supposées d’une religion, mais en réalité à des buts politiques violents. Étonnant aurait dit Desproges. 


    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 23 janvier 2015 20:32

      Aucun rapport. Vous répondez vraiment à mon commentaire ?... L’horreur binaire ou comment s’arrêter de réfléchir : d’un côté le monde libre, la Raison, Voltaire, l’indignation festive, de l’autre les (prétendues) ténèbres du Moyen Âge...

      Cette foule, ce cerveau global, a tellement bien intégré tous les codes du spectacle que désormais quiconque refuse d’intégrer le camp de (ré-)éducation spectaculaire globalisé postmoderne est perçu comme « déviant ». En complément du précédent com’.
      Je m’arrête là, de toute évidence à considérer la teneur de votre réponse, il est inutile de poursuivre...
       

       


  • astus astus 23 janvier 2015 21:03

    Dans le traité sur la tolérance (le connaissez vous ?) Voltaire écrit ceci : « Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? »


    Et vous que répondriez-vous ?

    P.S. vous faites totalement erreur si vous pensez que je vois le monde de façon binaire avec l’empire du bien opposé à celui du mal, ou la raison d’un côté et les ténèbres de l’autre, d’autant que j’évoque clairement dans ce billet qu’il y a d’autres totalitarismes. Pourquoi ne retenir que l’un d’entre eux ?
     

    Et Matin Brun, au fait, l’avez-vous lu ? (c’était quand même le sujet de départ non ?)

    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 24 janvier 2015 15:45

      Et c’est reparti avec le fondamentalisme religieux...qui n’est évidemment pas la « cause première » de ce qui arrive aujourd’hui. Mon premier commentaire, était une invitation à faire un pas de côté. J’aurais tendance à m’épargner la rédaction de plusieurs étapes dans la démonstration, considérant que celui qui me lit raisonne de la même façon que moi. J’ai bien tort le plus souvent. En fin connaisseur de l’œuvre politico-romanesque d’Orwell, vous auriez dû comprendre aussitôt. Tant pis... 

      «  Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?  » 

      Ma réponse ? Que c’est de la faute à Voltaire s’il pense de cette façon car Arouet l’ami des marchands d’armes estime qu’il n’est pas bon de l’éduquer, lui et la masse de gueux à laquelle il appartient...Sérieusement, vous voulez une réponse à la façon du catéchisme autorisé ? Lisez plutôt ce bon Léon Bloy, authentique défenseur des « damnés », des opprimés, des vaincus du monde moderne et qui dresse ce contre-portrait amusant de ce phare de la pensée qui dans son infini lucidité après sa période « islamophobe » comme nous dirions aujourd’hui, finit par opposer la « tolérance de l’islam » à "l’intolérance du christianisme« (sic)... 

       »Tout le monde a plus d’esprit que Voltaire. Quand se décidera-t-on à fonder un prix de deux cent mille francs pour le malin qui dira ce que c’est que « tout le monde » ? Je ne le gagnerais pas, étant de ceux qui pensent que Voltaire, vu de pas bien haut, paraît avoir été aussi sot que tout le monde, ce qui jette peu de clarté sur la locution énigmatique. Le Bourgeois, en sa qualité de suffragant universel, doit croire que Voltaire est avantagé par ce Lieu Commun, puisqu’il suppose qu’il n’a pas fallu moins que la masse entière, la totalité des hommes et des femmes pour bloquer plus d’esprit que n’en eut ce patriarche des imbéciles malfaisants. Mais le sophisme est trop manifeste. Ce qui est demandé par le Bourgeois, c’est un niveau, rien de plus. Tout le monde, c’est lui-même, indéfiniment, au ras de la crotte, et il a raison d’imaginer Voltaire plus bas. Voltaire est son orifice excrémentiel.«  (L. Bloy)

      En ce qui concerne à »Matin brun"... un de ces opustules, que l’on finit par lire par obligation et qui ne mérite guère plus d’attention que la réclame qui tombe régulièrement dans nos boîtes aux lettres. Un hypnotique qui ne dit rien de ce « néo-fascisme » (on pourrait trouver un autre mot à la rigueur) beaucoup plus sournois, qui pour reprendre la formule de Michel Clouscard "sera l’ultime expression du libéralisme-libertaire..." (voir le freudo-lacano-marxisme).


    • astus astus 24 janvier 2015 18:17

      Il est exact que Voltaire était un bourgeois peu soucieux de l’éducation du peuple, comme presque tout le monde à cette époque, et bien sûr ce n’était pas un saint, ce qui ne l’a pas empêché d’être le seul à prendre nettement parti dans les affaires Callas, Sirven, la Barre, Lally-Tollendal, Martin et Montbailli à une époque, vers 1760, où l’absolutisme royal et la religion régnaient en maître. Je trouve d’ailleurs qu’il est toujours facile de juger avec les critères de notre époque. A ce jeu, Aristote était un affreux esclavagiste.

      Quant à Léon Bloy, que dire, si ce n’est que plus d’un siècle est déjà passé. Il semble qu’il ait réussi à se fâcher avec tout le monde, ce qui ne l’a pas rendu très heureux malgré sa foi ardente dans la religion au moment aux d’autres en parlaient déjà comme l’opium du peuple, ce qui a quand même une autre allure. 
      Bien à vous.

    • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 25 janvier 2015 17:02

      dans son infinie lucidité...

      ______________________
      Le contexte historique puisque vous l’évoquez. On en vient à cette culture classique dite « bourgeoise » selon la doxa bourdivine. Dans cette culture supposée véhiculer tous les préjugés de la classe sociale dominante, une « intimidation culturelle » (!), on trouve, en effet, à peu près toutes les tares combattues par les nouvelles ligues de vertus : racisme, xénophobie, antisémitisme, misogynie, âgisme, etc.

      Mais, le cas de certains -comme Voltaire-  est bien différent de celui d’autres auteurs dits « classiques », appartenant donc à cette catégorie fantasmée ("culture bourgeoise« ; même s’ils n’avaient rien de bourgeois). Ainsi, malgré leurs »défauts« (à l’aune de »nos« critères actuels), ils ne »dérangent" pas. Tout simplement, parce qu’ils sont d’une modernité absolue : Libéraux, défendant le « doux commerce », anglophiles, rejetant cette vision verticale du monde (-> Renaissance), déistes préparant l’avènement des théologiens de la mort de Dieu du XIX e s. Voyez avec quel plaisir nos néo-bourgeois bien différents de nos anciens que ce Bloy abhorrait (reconnaissons que ceux-là avaient au moins des choses à dire et à transmettre, quelles délicatesses réserverait-il aujourd’hui à ces parvenus incultes ?...animateurs télé, patrons d’agences de marketing, pubards, acteurs, intellectuels (post-)68ards, etc. ) citent Voltaire de nos jours...même à la télévision...
      Bien à vous,


  • ecophilopat 24 janvier 2015 16:57

    J’ai un peu du mal à comprendre comment internet peut être considéré comme un totalitarisme.

    L’auteur nous parle d« un lieu de non-droit qui légalise de fait toutes les mafias » outre le fait qu’il ne légalise rien du tout, un lieu ou tout le monde peut venir s’exprimer n’est t-il pas l’inverse du totalitarisme.

    L’auteur nous dit également qu’il « rend possible l’utilisation du Big Data à des fins de pouvoir occulte. »
    Dans ce cas ce n’est pas internet la cause du problème c’est ceux qui collecte les données.

    Quelqu’un peut-il m’expliquer ?


  • astus astus 24 janvier 2015 17:24

    @ ecophilopat :

    Bonjour, 
    Vous n’êtes pas sans savoir que l’internet rend possible le blanchiment d’argent à grand échelle, les transactions financières à haute fréquence qui est l’une des bases du néo libéralisme, ainsi que l’organisation de différents trafics en tous genres (drogue, sexe etc...) ce qui en fait une légalisation non de droit bien sûr, mais de fait.
    Pour l’utilisation des données stockées sur le net, ceux qui maîtrisent ou financent les serveurs importants sont évidemment les mieux placés pour les exploiter, notamment de manière commerciale, mais pas seulement. Et certaines données sensibles sont aussi des cibles recherchées par les hackers, les services secrets des états, ou les organisations terroristes. Au final ça intéresse beaucoup de monde ... 

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