mercredi 20 février - par Le Vautre Oméga

Comment guérir de la mort

Toute souffrance doit devenir le viatique de la Communion. L'Homme s'y (re)joint dans la douleur sans dolorisme puisque la douleur, de toute manière, est incessante. Qu'on ne se trompe pas : ça n'est pas à cause de notre culture (soi-disant) culpabilisatrice ; c'est ancré dans notre âme qu'il y a la Faute, et qu'on se rédime par la souffrance quant à savoir qu'il n'y a pas de garantie. 

À chaque occasion de l'expérience de la mort, quoique douloureuse, il faut en profiter pour s'édifier.

Non seulement quand une personne chère est perdue faut-il réapprendre la notion de sacrifice, mais il faut aussi savoir, en dehors de soi, guider ses proches vers un nouvel apprentissage de la douleur.

La mort est un bienfait inestimable.

L’Église parlait jadis de felix culpa. La culpabilité joyeuse. La joyeuse culpabilité.

Ce ne serait pas aller trop loin que de dire joyeuse mortalité.

De toute évidence, le problème de notre siècle, c'est d'avoir opéré la résection du sens d'avec la douleur. La douleur n'est plus un moyen de se construire. Désormais on s'éclate sur la douleur, comme un bateau sur des rochers dont les pointes frôlent la surface...

De là doit-on ajouter que le Mal n'est surtout pas un hasard. Je ne saurais dire si cela le rend digeste. En revanche c'est autrement certain que du Mal considéré ainsi plutôt que du Mal appréhendé dans son non-sens, on passe plus aisément de la Volonté de puissance à l'Amour, c'est à savoir du Mal qu'on rejette et du Mal qu'on embrasse.

Le Mal une fois embrassé change la face du théâtre.

On l'incorpore au sein même du processus vital. Et on n'y permet plus d'amalgamer sa rancœur.

D'autant plus que le Mal, compris sous cette formule très concrète, désormais octroyé comme une constante, donne l'idée que la mort elle aussi dépasse sa propre définition. On ne peut dire que la mort se réduit à l’événement. Si la mort, ainsi que le Mal, est de l'ordre de la constante, de l'invariant, elle relève de la loi éternel nervurant l'univers entiers. La Mort est un phénomène permanent que nous combattons sans cesse et, grâce à Dieu, par laquelle nous vivons. La Mort nous soutient.

Pas que la croyance à son advenue. Non plus qu'en termes biologiques.

Cosmisons la Mort. Étalons-là en la faisant déborder.

Nous avons le droit : nous savons parfaitement qu'il y a quelque chose de vivant dans l'âme et qui, bon gré mal gré, pousse à davantage de ceci ou de cela, artistiquement ou philosophiquement parlant. Une fois la Mort universalisée, par homologation, il y a en nous les instincts de mort qui nous font terriblement souffrir. Or, comprenons-les, ces instincts, si l'on veut faire flèche de tout bois. Car ça n'est qu'en y passant, par cette compréhension, que l'autre mort, la moindre, sera un événement dans la vie de l'âme. À quoi s'ajoute, d'ailleurs, que nous aurons de nouveau « l'âme » : la chose en nous au sein de laquelle la Vie et la Mort s'affrontent...

Aussi par là aurons-nous une vision plus spirituelle de l'existence. On ne se limitera plus au computatif, au qualitatif, au technique, à la balistique, à la physique.

Grande différence que la différence entre la Mort vis-à-vis de l'intelligence et la Mort quant à l'intuition. L'intelligence confine la Mort à la mort – l’événement. L'intuition, au contraire, la fait observer (la Mort) comme ce qui, de quelque façon, s'obstine à bloquer l'âme quant à sa source (l'intuition). La Mort ainsi définie devient un combat de Satan contre l'âme.

Que sera-ce la mort physique devant une telle constatation ?

D'abord nous y serons familiarisés. Clairement.

En sus, devant le fait de la mort on ne laissera pas d'imaginer que ce qui incarne la Vie subsiste apparemment, et que l'âme perdurera.

Nos constations nous y poussent : les forces en nous nous dépassent et nous placent à juste titre comme les regardeurs d'une bataille spectaculaire. Et une mise en scène de cette espèce dénote la présence d'un X fondamental que nous nommerons (consensus omnium) Dieu.



33 réactions


  • Chantecler Paracétamol 20 février 14:19

    La seule façon de vaincre la mort, c’est d’avoir des enfants.

    L’espèce a la mémoire des ancêtres et l’espoir des descendants.


    • popov 20 février 15:32

      @Paracétamol

      À travers la procréation, c’est le gène qui survit. 
      La personne ne survit que dans la mémoire des proches.


    • Le Vautre Oméga Le Vautre Oméga 20 février 18:00

      C’est partiellement vrai. Le problème étant que nous n’avons pas tous la possibilité sensible et immédiate (si vous me permettez l’expression) de procréer.


    • Djam Djam 21 février 14:17

      @Paracétamol
      Ça ce qu’on entend et lit effectivement partout, cela justifie par la même occasion la multiplication sans presque limite de l’espèce humaine.

      Or, faire des enfants ne vainc nullement la mort, cette croyance est une posture qui rassure l’humain dont l’arrogance et l’égo ne supportent quasiment plus l’idée de finitude.

      Vos enfants ne vous pérennisent pas, au mieux ils poursuivent une idée de vous-même avec quelques réflexes génétiques qui font exister une hypothétique « lignée ».

      Chaque Humain est un Être unique et à ce titre, lorsqu’il disparait définitivement il ne renaîtra jamais tel le délire du clone qu’on nous vend depuis quelque temps.

      La mort n’est qu’un phénomène normal lié au Vivant. Dans le monde matériel, rien ne dure... par conséquent, l’homme non plus. Et ce n’est pas grave du tout... sauf pour l’esprit humain plombé par son idéologie de modernité et de progrès, deux notions qui caricaturent gravement son arrogance et son délire sous forme de transhumanisme et d’intelligence supposée artificielle.

      Comme titrait un ouvrage publié il y a quelques courtes années : « L’humanité disparaitra ? Et bien... bon débarras ! ». Et vivement que ce système solaire soit libéré de cette engeance humaine qui n’a rien fait de bon depuis son avènement.


  • foufouille foufouille 20 février 15:16

    espérons que tu auras très mal longtemps.


  • popov 20 février 15:29

    Ceux qui ne veulent pas mourir n’ont qu’à ne pas naître.


    • Le Vautre Oméga Le Vautre Oméga 20 février 18:02

      Et ceux qui ne veulent pas moult rire ?


    • popov 20 février 18:08

      @Le Vautre Oméga

      Ceux qui ne veulent pas moult rire n’ont qu’à tirer une gueule d’enterrement.


    • Djam Djam 21 février 14:21

      @popov
      Bien dit popov, sauf que ce sont toujours les parents qui veulent se reproduire ! Les enfants, futurs adultes (de moins en moins adultes d’ailleurs) sont jetés dans le monde et ils vont en baver pendant toute une vie alors que la non existence (ne pas naître) est sans aucun doute l’absolu du mieux.

      Démographie galopante pour un monde détruit chaque année davantage, où les très prochaines enfants naîtront et mourront chômeurs, où la majorité (90 %) continuera à faire l’esclave pour une ultra minorité qui ne fout rien et encaisse les profits...

      Et on appelle ça une Vie ????


  • Gollum Gollum 20 février 16:47

    c’est ancré dans notre âme qu’il y a la Faute

    Vous savez, avec une bonne psychothérapie, jungienne si vous voulez, ça se soigne très bien. Moi je ne sens aucune faute en moi j’espère que vous n’en serez pas chagriné. Et quel enchantement que cette absence de faute ! Vraiment je vous recommande ce nouveau paradigme de l’absence de faute.

    La douleur n’est plus un moyen de se construire.

    Si. Mais il y a une marge entre se construire par la douleur, quand elle est là, et la rechercher de façon tout à fait névrotique. Ceci dit je vous accorde que la recherche systématique de la jouissance est tout aussi névrotique mais beaucoup plus commune.


    La mort est un bienfait inestimable.

    Je suis bien d’accord. J’ai hâte d’y être d’ailleurs par pure curiosité.

    Puis vous pondez ça : L’Église parlait jadis de felix culpa. La culpabilité joyeuse. La joyeuse culpabilité.

    Elle en a dit des conneries cette pauvre Église outre qu’elle était réactionnaire et obscurantiste.

    Vous essayez d’amalgamer la mort joyeuse à la culpabilité joyeuse. Il s’agit d’une arnaque de votre part. Autant la première est saine et naturelle, autant la deuxième n’a aucun sens. Car on ne peut se sentir joyeux dans la culpabilité. À moins d’avoir une bonne dose de névrose.

    Vpus avez fait des efforts dans l’expression. Je suis arrivé à presque tout comprendre. Continuez.


  • Sergio Sergio 20 février 17:44

    « Les derniers seront les premiers .... », ok mais je ne suis pas pressé, je me passe d’une telle joyeuseté d’autant plus que ce n’est pas la seule, la société m’en réserve d’autres !


  • George L. ZETER George L. ZETER 20 février 19:27
    « Comment guérir de la mort »... en ne naissant pas !

  • OMAR 20 février 21:08

    Omar9

    .

    Bonsoir @Le Vautre Omega :"À chaque occasion de l’expérience de la mort, quoique douloureuse, il faut en profiter pour s’édifier.

    .

    J’avais une peur bleue de la mort.

    La douleur qu’elle peut produire avant et pendant l’agonie, n’explique pas toute cette peur.

    .

    Mais depuis la décès de mon fils ainé, je suis devenu totalement indifférent à ce sort inexorable.

    .

    Et là, non plus, je n’arrive pas à m’expliquer ce sentiment.


    • DACH 21 février 09:23

      @OMAR
      Compassion pôur le papa que vous êtes aussi. «  » La vie est une maladie constemment mortelle et sexuellement transmissible !«  » Prof R.


    • popov 21 février 12:24

      @OMAR

      Désolé d’apprendre cela Omar. La mort d’un enfant est la pire chose qui puisse arriver aux parents. 


    • OMAR 21 février 15:54

      Omar9
      .
      @popov & @DACH
      .
      Purée, qui aurait pensé qu’un jour j’aurai la larme à l’œil pour votre compassion ?
      .
      Alors, pour une fois, merci pour votre messsage.
      Sincèrement...


  • Ah tiens  ! @ Le Vautre Oméga , je vous croyais mort depuis belle lurette ..

     tant pis , ce sera pour une autre fois

    ps . Au cas où vous souhaiteriez en finir expressément , je vous recommande le coup de foudre qui vous fera gagner beaucoup de temps !  

     smiley


  • Ruut Ruut 21 février 08:26

    C’est la Mort qui rend la vie précieuse.

    C’est la Mort qui donne son sens a l’existence.


  • DACH 21 février 09:54

    Interressez-vous aux NDE et aux EMI, il y a des questions formidables


  • DACH 21 février 09:55

    ... qui attendent vos réponses individuelles.


  • zygzornifle zygzornifle 21 février 10:34

    Refuser de se réincarner ......


  • Gladys Berthault 21 février 11:28

    Et vous voudriez que nous guérissions du deuil ! Impossible. C’est néanmoins cette espérance chez vous, qui est cause de souffrance, et vous fait déduire à l’inéluctable faute. D’abord, on ne peut pas guérir du deuil : c’est le deuil, qui nous guérit, donc sa souffrance. Puis, il n’y a plus de souffrance. Jusqu’à nouvel ordre endeuillé. Etc. C’est cyclique. Les fémines en savent quelque chose : tous les mois, elles perdent la possibilité d’avoir un enfant, de 11 à 44 ans environ. 33 années de deuils réguliers, et il faudrait que ce soit une faute ? Arrêtez de déconner, les mecs, et faîtes enfin le deuil de votre maman.


  • Xenozoid Xenozoid 21 février 12:39

    mourir une fois


  • L'Astronome L’Astronome 22 février 11:55

     

    « La mort est un bienfait inestimable. »

     

    Oui, la mort est une plus grande vie.

     


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