lundi 17 février - par Martin de Wallon

Conditions de travail précaires pour les livreurs chez Deliveroo

Les revenus des coursiers Deliveroo ne cessent de diminuer. Les livreurs veulent avoir leur mot à dire dans les discussions autour de leurs contrats de travail.

En effet, pour la fête de saint valentin de cette année 2020, un collectif de livreurs a appelé au boycott sur la livraison des plats aux amoureux.

Le collectif avait demandé aux clients de s’abstenir de commander un repas en amoureux. Une façon pour lui de protester contre la précarisation des livreurs. Le boycott vise à réclamer des réponses concrètes sur la tarification, les distances des courses.

Ce collectif dénommé le CLAP (collectif de livreurs autonomes parisiens) créé fin 2017 en réponse à la précarisation croissante des travailleurs des grandes plateformes de livraisons de repas, a également annoncé sa transformation en syndicat, dans le but d’assurer la représentation des livreurs à travers un processus électoral.

Deliveroo impliqué dans quelques affaires en justice

Il faut rappeler que la plateforme britannique est impliquée dans une procédure depuis 2016.

En effet, un livreur à vélo ayant travaillé pour l’entreprise dans la période de 2015 demandait la requalification de son contrat de prestation de service en contrat de travail. Un juge départiteur du conseil des prud’hommes de Paris a ainsi condamné Deliveroo pour travail dissimulé. La justice a reconnu que le fait d’obliger le coursier à avoir un contrat de prestation de service était une volonté de frauder le Code du travail de la part de Deliveroo et condamné l’entreprise à verser 30.000 euros au livreur.

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Le statut d’indépendant des coursiers de Deliveroo et de ses concurrents est contesté dans de nombreux pays, et plusieurs décisions de justice ont déjà donné raison aux livreurs. En Belgique, la plateforme de livraison est accusée de ne pas payer de cotisations sociales pour les milliers de coursiers qu’elle fait travailler dans le pays. En Espagne, la justice a estimé que Deliveroo a fait passer comme indépendants des centaines de livreurs qui auraient dû être déclarés comme salariés, évitant ainsi de payer 1,2 million d’euros de cotisations sociales.

Viré abusivement

Hamet un ancien livreur chez Deliveroo avait été victime d’un accident à vélo pendant son décalage. Un autre livreur, témoin de la scène, appelle les urgences, puis le numéro d’assistance de Deliveroo pour prévenir l’entreprise. Au téléphone, l’opératrice interroge rapidement Ahmet sur son état, puis demande dans quel état était la commande, puis donné l’ordre au second livreur de continuer l’acheminement de la livraison avant de raccrocher.

Ahmet n’aura pour seule nouvelle de la plateforme qu’un mail lui indiquant où trouver les documents en ligne permettant sa déclaration d’accident à la complémentaire santé obligatoire prise en charge par Deliveroo et gérée par Axa.

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Ahmet avait une fracture de la clavicule et pour gérer la douleur, des médicaments à base de morphine lui avait été prescrits. Impossible pour lui de continuer à travailler. Le régime de sécurité sociale des indépendants ne prend pas en compte son arrêt de travail, au motif réglementaire qu’il n’y est pas affilié depuis un an révolu. Ahmet touche tout de même 650 € de la complémentaire santé, obligatoire depuis septembre 2017 pour tous les livreurs. Parallèlement, il sous traite auprès d’un ami de confiance des livraisons, comme l’y autorise son contrat avec Deliveroo. Mais il avait besoin de plus d’argent pour préparer son départ à Paris.

Il anticipe donc la fin de son arrêt de travail et reprend son vélo quelques semaines après. Le lendemain, il reçoit un mail de Deliveroo : Nous vous notifions par la présente la résiliation de votre contrat de prestation de service souscrit le 21 août, indique le courriel qui évoque l’application de l’article 10 du contrat et fixe un préavis de sept jours. Sans autres explications. L’article invoqué est celui lié à la confidentialité des informations clients, fournisseurs ou employés de Deliveroo. Pour Ahmet, c’est la surprise, il dit : je ne me rappelle pas avoir divulgué la moindre information sur un client, je ne comprends pas trop.

Le jour même, le jeune livreur demande poliment des explications par mail. Il indique que ni lui ni son sous-traitant n’ont commis de manquements à leurs obligations de confidentialité. Par ailleurs, il signale que les statistiques de son compte ont baissé de façon inexpliquée entre le moment de son accident et celui du début de la reprise des livraisons par son ami. La réponse de la plateforme est rapide, mais son contenu reste général et ne précise pas les faits reprochés au coursier. Par contre, elle confirme la rupture du contrat. Malgré une relance d’Ahmet, pour enfin connaître la réalité des faits qui lui sont reprochés, la plateforme ne répondait plus.



9 réactions


  • Dr Destouches Dr Destouches 17 février 08:05

    L’esclavage moderne !


  • Michel DROUET Michel DROUET 17 février 10:12

    La nouvelle économie et les nouveaux emplois de Macron : les stats du chômage baissent grâce à ces « emplois ». smiley


  • Le421 Le421 17 février 18:56

    Emplois kleenex juste bon à enjoliver la situation du chômage.

    Flambe et Com sont les deux mamelles de la macronie...


  • Yaurrick Yaurrick 17 février 20:09

    La question à se poser : est-il mieux d’être condamné au chômage plutôt qu’à un travail précaire ? Question qui bien entendu paraitra polémique mais qui ne doit pas manquer de faire réfléchir sur le fonctionnement du marché de l’emploi en France.


    • Xenozoid Xenozoid 17 février 20:16

      @Yaurrick

      La question à se poser : est-il mieux d’être condamné au chômage plutôt qu’à un travail précaire

      c’est votre question ?
      pourquoi bosser quand on peut faire autrement ?

      ou mieux je préfere le fromage sans la chêvre
      on pourait même demande aux cochons de voter

      mais jamais on ne codamne un con a payer pour sa liberté


    • foufouille foufouille 17 février 20:25

      @Yaurrick

      mais pourquoi tu ne le fais pas ?

      interdiction de maladie accident et congé.

      pour moins que le smic autant faire les poubelles sinon tu remplaces les vendangeurs roumains pour 600 par mois.

      pauvre esclavagiste.


    • Ruut Ruut 19 février 09:10

      @Yaurrick
      La travail précaire doit être interdit dans un pays dit civilisé.
      Le travail précaire c’est simplement de l’esclavage.
      Chaque travail doit avoir un salaire décent et suffisant pour vivre dignement et faire vivre sa famille.


    • Yaurrick Yaurrick 25 février 12:46

      @Ruut
      C’est du reste identique à interdire de travailler en dessous d’un certain salaire, qui pénalise ceux qui sont moins productifs par le chômage. Ou bien d’interdire les licenciements, qui mène à la faillite au lieu de réduire la voilure.
      L’enfer est pavé de bonnes intentions...


  • ETTORE ETTORE 17 février 20:21

    Le « clic » du portable...Ce n’est que.....

    Le pouce vers le bas, de la plèbe, dans l’arène de l’emploi, des temps modernes !

    JulesManu est content, le chôôôôômage recule loi des frontières de l’Empire !


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