vendredi 15 mai - par uleskiserge

Coronavirus : du haut et du bas de l’économie

 

      "The modern end of the world will come about when machines become perfect and, at the same time, man's inability to function reveals itself" - Karl Kraus 

 

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Connivence "Medef et ministre intérimaire de l'économie". Sans doute prépare-t-elle déjà son retour dans le privé.

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      Le personnel politique très versatile sait faire, à tout moment, volte-face si son avenir professionnel l’exige. Ce personnel ne s'opposera jamais à ceux qu'ils l'ont coopté : médias, banques et CAC 40.

Rappelons ici que tous savaient (classe politico-médiatique et économique maintenant inextricable car indissociable), tous connaissaient les risques de la globalisation et d’un hyper-libéralisme économique pour l’environnement, pour notre santé et nos capacités d’indépendance et d’autonomie de réaction face à ces risques ; des milliers d’ouvrages, des milliers de parution et leurs auteurs, des milliers d’interventions médiatiques sont là pour en témoigner depuis un demi-siècle. 

Il est vrai que tous ne pouvaient pas ignorer non plus ceci : il n’y a pas de carrière politique, médiatique et tout autre carrière, pour quiconque s’oppose à l’agenda de l’U.E et à celui d’une globalisation sans responsabilité, sans honneur ni justice.

       Contrairement à ce que les éditorialistes des médias (tous favorables à Macron) semblent tenter de nous faire croire – à savoir que l’État aurait fait le choix de sacrifier l’économie au profit de la santé - la crise que l’on traverse nous rappelle que la protection des intérêts de nos multinationales est bel et bien assurée par l'Etat qui a évoqué très tôt une prise en charge, voire une nationalisation des grandes entreprises menacées... 

 A leur disposition, l'Etat garant face aux banques met déjà des dizaines de milliards sur la table. 

 

La réouverture des écoles - ce n’est qu’un des nombreux exemples à notre disposition - n'a eu qu'un souci : non pas la scolarité des enfants mais le retour des parents sur leur lieu de travail en les « débarrassant » de leurs chérubins. 

Aussi, avec ce retour exigé par le MEDEF sur la base du volontariat, dans les faits, nombre de parents n'auront pas le choix : ceux qui dont les employeurs exigeront le retour, devront "livrer" leurs enfants à la garderie scolaire sous peine de se voir licenciés pour absence injustifiée.

 

Le Medef ne lâchera pas le gouvernement : "Finie la récré ! Tout le monde au taf !"

 Et voilà que les libéraux et ultra-libéraux du CAC 40 courent après les milliards que les Etats peuvent lever (et soulever) ! Et c'est alors que l'endettement hier haïssable devient plus que désirable aujourd'hui, selon le nouveau principe ultra-libéral : "Etats sauvez-nous : endettez-vous ! C'est bon pour l'économie !" reprend en cœur, sur BFM-business, les porte-parole du CAC 40. 

Notons au passage, une nouvelle fois, le silence de la presse à propos de ce revirement quasi-historique !

En revanche, les victimes de la crise d’un État qui n’est plus en état de faire face à l’inattendu, sont et seront les micro-entreprises (96% des 3,82 millions d'entreprises répertoriées) ; ce qui ne surprendra personne puisque ces entreprises ne financent les campagnes électorales de personne ; elles n'ont pas de réseaux qui garantissent des carrières mirobolantes dans le cadre de « renvoi d'ascenseur » et d’aller-retours publics-privés sans nombre... 

 Car pour toute une classe à la tête de l’État désireuse de servir le "système" au plus haut niveau, ces micro-entreprises ne leur sont d'aucune utilité. 

 

      Au terme de la crise, crise d'un Etat qui n'est plus en état... qu'un système hyper-opportuniste ait en tête de nous imposer une cure d'amaigrissement (on savait que « ça allait péter » ; on attendait une crise financière seule... c'est un virus et sa mauvaise gestion qui la provoqueront d'une pierre deux coups), dans un premier temps sociale (salaires, conditions de travail, défense des droits des salariés, prestations de l'Etat providence) et dans un second temps démocratique (autoritarisme, censure avec l'appui des médias du CAC40, surveillance et répression) ; cette cure à venir est à craindre car, il n'est pas possible qu'il ne soit pas donné une suite à ce choix délibéré d'un tel bouleversement (flagrant délit de pénurie généralisée dans les métiers de la santé, ruine de l'économie - de la petite comme de la grande -, confinement avec force police, mensonges, incompétence et incohérence) ; suite dont le contenu, pour l'heure, peut sembler nous échapper mais... soyons assurés que "suite" il y aura ! 

Pour sûr : d'une manière ou d'une autre, on nous la fera "payer" cette crise systémique qui couvait depuis les événements de 2008 demeurés à ce jour sans résolution ! N'ayons aucun doute à ce sujet.

 

La stratégie du chaos qui est à l'oeuvre depuis trente ans dans une partie du monde (Moyen-Orient principalement) semble maintenant prendre pour cible non pas cette U.E haïe par une immense majorité des peuples mais bien plutôt notre Europe à tous, berceau de notre civilisation, et son contrat social garant de son unité dans la diversité.

Si d'aucuns ont oublié que "le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage", est-ce que cette crise sanitaire servira de prétexte à une guerre sociale et liberticide contre les peuples européens ?

 

       Pendant ce temps, des « médias roulures » n’ont de cesse de rouler leurs lecteurs dans la farine en évoquant un « Produire en France : le virage souverainiste de Macron »

Il n’y a vraiment que les médias de nos milliardaires pour feindre d’y croire alors que tous ceux qui ont sponsorisé ce locataire de l’Elysée ont pour seule origine ceux qui ne pensent qu'en termes de globalisation et de mise en concurrence de tout ce qui vit, rampe, marche et crève. 

Etant donné l'incurie de l'Etat dans sa gestion de la crise et la promiscuité de l'Elysée et de Matignon avec des intérêts économiques privés importants - plus de cloison étanche entre le politique, la finance et l’économie depuis des lustres -. une fois le coronavirus vaincu, est-ce que demain sera en rupture avec ce qui se faisait hier… seule l'alternative suivante en décidera : ceux qui contrôlent l'agenda politique et économique de Macron (ce pour quoi ils l'ont coopté) le souhaiteront-ils ? Si oui (car sous la pression de la rue), Macron se fera alors un plaisir d'afficher un nouveau masque : le masque du repenti ; ce qui devrait lui garantir d'être ré-élu en 2022 ; dans le cas contraire, si le système ne se résout pas à abandonner une grande partie de son agenda ( à propos des réformes anti-sociales à mener, entre autres agendas) Macron devra boire le vin tiré jusqu'à la lie et le "Système" cherchera très vite un successeur pour 2022 ; ce qui ne le perturbera pas le moins du monde ; les candidats sont légion. 
 

L'avantage avec le personnel politique de ces 15 dernières années sur lequel le système porte systématiquement son choix, c'est qu'il n’est porteur d’aucune conviction idéologique ; ce personnel sans éthique, sans morale et sans honneur, adhère à ce tout qui lui ouvre les portes d’une carrière florissante.

Aussi, ce dé-confinement de la globalisation, la sortie des programmes mondialistes néo-libéraux, cette sortie sera-t-elle prise en charge par ceux-là mêmes qui l’ont toujours refusée ? Grande est la probabilité que leur motivation soit de cet ordre-ci : « tout changer pour que rien ne change ».

D’autres médias affichent sans rire « Coronavirus : face à une telle crise, il faut un revenu universel » : tous au RSA ! et des primes en fonction des résultats et du niveau de soumission des salariés pour les salariés des classes populaires et petites classes moyennes ? Assurément.

Les mêmes se répandent en conjectures franchement douteuses : « Ce que la crise va changer… »

Aidons-les donc dans leur quête !

Ce qui va changer, c’est ceci : la semaine passera à 50 heures pour rattraper "le retard" ; Pôle-emploi devra s’occuper d’un million de chômeurs supplémentaires ; les services sociaux et autres ONG devront venir au secours de quelques centaines de milliers de pauvres ; plus de divorces, plus d'échecs scolaires, plus de salaires en baisse, plus de flics sur-mobilisés, plus de censure dans les médias, plus de PME, TPE, commerçants, artisans en cessation d'activités.

D’autres encore évoquent « La relève de la France et des pays du sud de l'U.E comme en 45 » oublieux qu’en 45 c'est avec les USA que cette relève s’est faite ; aujourd'hui la donne est tout autre : les USA veulent couler le concurrent économique insupportable qu'est l'U.E ; de plus, c'est avec l'Allemagne qu'il faut maintenant compter ; une Allemagne qui n'a aucune envie de perdre une leadership renforcé par le coronavirus, et ce bien au-delà de ses espérances hégémoniques de tout temps insatiables.

Les médias de la fausse gauche (Lobs, Libé, Le Monde) parle de la nécessité d'un « ralentissement » ; ce qui impliquerait une société qui aurait pour modèle « la décroissance ».

Avant d’évoquer ce nouveau modèle économique à venir, ces médias farceurs feraient bien d’en parler au Medef, au CAC 40, aux Allemands, aux USA et à la Chine... comme si le Capital, le CAC 40, Wallstreet, la City, les Banques, les fonds de pension, les Multinationales et les actionnaires n'avaient pas d'autre vocation que de se pencher sur l’éventualité d'un nouveau rapport au monde et à cette espèce humaine qui lui remplit les poches pour peu qu’elle soit solvable !

Le capitalisme et puis aussi et surtout, ceux qui sont recrutés pour servir ses intérêts, qui à l'Elysée, qui à Matignon dans un contexte français : l'U.E et la Commission dans un contexte européen... nommons-les... car le Capitalisme... ça ne veut rien dire du tout sans ses relais qui ont un visage, un nom et une fonction.

Car, à propos de la clientèle de ces médias, bourgeoisie de nos centres-villes qui se pense « de gauche » (lecteurs de Lobs en particulier), de combien acceptera-t-elle de baisser son niveau de vie ( revenus et avantages) pour que tout ce petit monde d’infirmières, d’aides-soignantes, de brancardiers et de caissières dont elle se soucie tant, puisse vivre décemment de leur métier ? Et les Ehpads ? Combien cette bourgeoisie est-elle disposée à perdre en confort (lieu de résidence, alimentation bio, vêtements de marque, transport en taxi chez l'esclavagiste Uber, vacances, aller-retour avion chez les compagnies low-cost sur le dos de leurs salariés vacataires... ) pour que nos personnes âgées puissent mener une existence d'un confort digne de ce nom ?....

On peut être assurés que ce point de détail qui n’en est pas un, a échappé à cette bourgeoisie ! C'est à dire : qu’elle n’a pas pensé à faire le lien entre son niveau de vie et le leur à toutes et à tous.

Pour répondre à la question posée : il faudra que cette bourgeoisie abandonne près de 30% de confort... et les caissières, et les infirmières et nos personnes âgées pourront alors prétendre à une vie décente...

Alors, toujours partante cette bourgeoisie ?.... 

Ehpads, hôpitaux… comme un fait exprès, n’avez-vous pas remarqué ceci : plus un travail ne peut pas ne pas être effectué ( infirmières, flics, enseignants.. ou bien encore, on pensera aux livreurs, à ceux qui collectent nos poubelles et nos déchets), plus ce travail est médiocrement rémunéré ; en revanche, plus un travail est superfétatoire dans le sens de « travail qui n’est d’aucun profit pour la collectivité , voire… néfaste à l’intérêt général » , plus il est rémunéré… et grassement.

La raison en est simple : le « superfétatoire » remplit les poches des donneurs d’ordre à l’origine de la sélection et de l'élection de ceux dont la mission principale consiste à organiser, à partir du sommet de l’Etat, une politique de gestion de la pénurie car, fatalement, ce type de gestion c’est, à terme, moins d’impôts (car moins de redistribution, moins de droits, moins de devoirs envers les plus faibles) en faveur de ceux pour lesquels aujourd’hui c’est plus de profits.

 

Rappelons, pour ne pas l’oublier, qu’en politique, un homme (une femme) pris dans une logique de carrière, n'a rien à gagner en décidant qu'une infirmière sera rémunérée à la hauteur de ses besoins... en logement par exemple.

En revanche il (ou elle)a tout à gagner en organisant la casse de l'Etat providence puisque c'est ce pour quoi il a été non pas élu mais coopté.

Tous sont conscients, tout comme nous tous, de l'importance d'un service de soin d'une qualité optimale, à cette nuance près : cet homme (ou cette femme) sait qu'il pourra à tout moment en bénéficier car son statut, son rang le lui garantissent de fait. Et puis, le secteur privé est là pour ça : Buzin, Macron, Salomon n'ont donc aucun souci à se faire. Ils le savent. D'ailleurs, ils n'y pensent même pas puisque cela va de soi.

 

      Un fait est incontestable : du PS aux Républicains - et leur accouplement qu’est LAREM -, en passant par les Verts, médias télé-radio, presse, éditorialistes, tous ont validé la décapitation d’un État stratège au profit de l’U.E, de son parlement et de sa Commission ! Tous ont obéi à cette U.E et à ses tables de la Loi au service d’une mondialisation sans honneur et sans justice !

Devoir les entendre aujourd’hui tous autant qu’ils sont, préconiser un « produire, gouverner et vivre autrement » alors que tous étaient au premier rang, témoins toutes ces années durant de l’incurie, de la nocivité et de l’injustice des choix qui étaient les leurs, est simplement scandaleux.
     Dans les mois à venir, il faudra craindre que le coronavirus ne soit l’ami des partisans de la soumission ! car les crises sont très formatrices : une période prolongée de confinement, la rupture des liens, de tous les liens, l’annonce journalière de décès, la peur… pour sûr, ça vous forme une femme et un homme à la soumission pour des mois, voire des années dans de telles conditions !

Et comme il faut que rien ne se perde… 

Chine contre USA et Europe ? Une nouvelle guerre froide s’annonce ; on pourra sans difficulté la dater des premiers tremblements et des soubresauts de la « pandémie CORONACIRCUS » ; de nouvelles fortunes en milliards sont promises à ceux qui se positionneront avant tous les autres : le complexe militaro-industriel et leurs médias (ceux de nos milliardaires) sont déjà prêts !

 



4 réactions


  • amiaplacidus amiaplacidus 15 mai 17:51

    Sur la photo illustrant l’article, c’est qui le type avec une cravate bleue à coté de Pierre Richard ?


  • Octave Lebel Octave Lebel 16 mai 10:48

    Nos prétendus représentants inquiets de voir leurs exploits et leurs conséquences exposés sous une lumière trop crue s’empressent de faire défiler sous des médailles ceux qui leur ont sauvé la vie et les apparences.

    La comédie ne va pas manquer de scénarios et d’interprètes, cette fois-ci non démunis de masques, et qui ne manqueront pas non plus d’encouragements et d’applaudissements notamment dans les chambres d’échos médiatiques. En fait, nous manquons plus que jamais d’oxygène.


  • Attila Attila 16 mai 20:42

    " la crise que l’on traverse nous rappelle que la protection des intérêts de nos multinationales est bel et bien assurée par l’Etat qui a évoqué très tôt une prise en charge, voire une nationalisation des grandes entreprises menacées... "

    C’est la réalité mais c’est contradictoire avec le libéralisme ou l’ultralibéralisme qui ne veulent pas de l’intervention de l’Etat, surtout dans l’économie.

    La réalité que vous décrivez est une idéologie et une doctrine économique dérivée du libéralisme qui a pour nom : le néolibéralisme.

    L’Etat est au service du marché.

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