mercredi 24 novembre - par Ariovis Venamis

De quoi « Dieu » est-il le nom ? ou le progressisme matériel dans l’âme

« La modernité est-elle une hérésie chrétienne ? »… Cette singulière question est sérieusement posée par le sociologue Michel Michel, dans son ouvrage le Recours à la Tradition, manifeste pro-pérennialiste, dont se fait le relais la revue en ligne Philitt récemment. En somme ? À la manière d'autres penseurs catholiques tels qu'Emmanuel Mounier ou Philippe Muray, Michel Michel comprend, selon le mot de Chesterton, que la modernité est bourrée de « valeurs chrétiennes devenues folles » : pour ce qui me concerne, je ne me lassera jamais de le répéter d'article en article.

C'est que la religion du dieu égotiste est effectivement unique dans son genre, quoique diffractée dans les trois monothéismes et leurs courants plus ou moins géolocalisés et historiques, ainsi que géostratégique aujourd'hui : elle se veut la religion nouvelle d'un peuple nouveau assumant de façon toujours neuve ou renouvelée son alliance avec le dieu, jusqu'à la résurrection qui est elle-même une nouveauté finale.
C'est très printanier (Pâque-s…) il ne faut pas se le cacher, sachant que dans la démarche il faut sans cesse s'arracher de l'automne-hiver. S'arracher du passé alourdi de péchés, « empéchéisé » par l'espérance, la charité et la foi, c'est-à-dire accusé de péchés, culpabilisé… Sachant qu'on ne s'ôte jamais de l'esprit que d'autres péchés viendront, volontairement ou non, et que le présent et le futur une fois passés seront de même ainsi surchargés et encombrés de funestes interprétations. C'est profondément moderne, en ce sens qu'il s'agit d'assumer fanatiquement jusqu'à la démence de repentirs fous, son modus vivendi. La responsabilité est ultimisée jusqu'à la vindicte et la haine de soi.

D'aucuns sentent cela, désinvoltes, dans le (néo)libéralisme, mais ces sentiments se retrouvent exactement dans l'alarmisme de nombreux complotismes et autres écologismes, sans compter que les mouvances collectivistes n'ont jamais échappé à ces sentiments : elles n'ont fait que diluer les responsabilités : quand tout le monde est responsable, personne ne l'est vraiment.
Au fond, dans ces (dé)responsabilisations idéologiques, il entre beaucoup de rêverie et de juvénilité, jusqu'au jeunisme : or les unithéistes ne songent-ils pas vivre une résurrection dans un corps éternellement glorieux ?

 

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Enfin, « de base », dans le biblisme hébraïque, c'est à la fois plus simple et plus compliqué. Plus simple, parce que la vie future est très peu, voire pas, évoquée. Seule la vie terrestre compte et l'enchaînement des générations. Et néanmoins, l'idée d'une vie future survient progressivement chez les prophètes, avec celle de la résurrection, qu'évidemment les chrétiens exaltèrent et que les musulmans caractérisèrent parfois de paradis pour banqueteurs orgiaques, à la manière des vikings (la notion de péché originel est moins prégnante voire absente, dans l'islamisme).
 

« Ce qui est très singulier, c'est que dans les lois du peuple de Dieu il n'est pas dit un mot de la spiritualité et de l'immortalité de l'âme, rien dans le Décalogue, rien dans le Lévitique ni dans le Deutéronome.
Il est très certain, il est indubitable que Moïse en aucun endroit ne propos aux Juifs des récompenses et des peines dans une autre vie, qu'il ne leur parle jamais de l'immortalité de leurs âmes, qu'il ne leur fait point espérer le ciel, qu'il ne les menace point des enfers : tout est temporel.
Il leur dit avant de mourir, dans son
Deutéronome  : "Si, après avoir eu des enfants et des petits-enfants, vous prévariquez, vous serez exterminés du pays, et réduits à un petit nombre dans les nations. / Je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères jusqu'à la troisième et quatrième génération. / Honorez père et mère afin que vous viviez longtemps. / Vous aurez de quoi manger sans en manquer jamais. / Si vous suivez des dieux étrangers, vous serez détruits… / Si vous obéissez, vous aurez de la pluie au printemps ; et en automne, du froment, de l'huile, du vin, du foin pour vos bêtes, afin que vous mangiez et que vous soyez soûls. / Mettez ces paroles dans vos cœurs, dans vos mains, entre vos yeux, écrivez-les sur vos portes, afin que vos jours se multiplient. Faîtes ce que je vous ordonne, sans y rien ajouter ni retrancher. / S'il s'élève un prophète qui prédise des choses prodigieuses, si sa prédiction est véritable, et si ce qu'il a dit arrive, et s'il vous dit : « Allons, suivons des dieux étrangers… », tuez-le aussitôt, et que tout le peuple frappe après vous. / Lorsque le Seigneur vous aura livré les nations, égorgez tout sans épargner un seul homme, et n'ayez aucune pitié de personne. / Ne mangez point des oiseaux impurs, comme l'aigle, le griffon, l'ixion, etc. / Ne mangez point des animaux qui ruminent et dont l'ongle n'est point fendu, comme chameau, lièvre, porc-épic, etc. / En observant toutes les ordonnances, vous serez bénis dans la ville et dans les champs ; les fruits de votre ventre, de votre terre, de vos bestiaux, seront bénis… / Si vous ne gardez pas toutes les ordonnances et toutes les cérémonies, vous serez maudits dans la ville et dans les champs… vous éprouverez la famine, la pauvreté : vous mourrez de misère, de froid, de pauvreté, de fièvre ; vous aurez la rogne, la gale, la fistule… vous aurez des ulcères dans les genoux et dans le gras des jambes. / L'étranger vous prêtera à usure, et vous ne lui prêterez point à usure… parce que vous n'aurez pas servi le Seigneur. / Et vous mangerez le fruit de votre ventre, et la chair de votre fils et de votre fille, etc."
Il est évident que dans toutes ces promesses et dans toutes ces menaces il n'y a rien que de temporel, et qu'on ne trouve pas un mot sur l'immortalité de l'âme et sur la vie future.
Plusieurs commentateurs illustres ont cru que Moïse était parfaitement instruit de ces deux grands dogmes ; et ils le prouvent [de mauvaise manière en interprétant mal des citations mal choisies.] Ils le prouvent encore par des passages d'Isaïe et d'Ézéchiel ; mais les Hébreux auxquels parlait Moïse ne pouvaient avoir lu ni Ézéchiel ni Isaïe, qui ne vinrent que plusieurs siècles après.
Il est très inutile de disputer sur les sentiments secrets de Moïse. »

  • Voltaire, Dictionnaire philosophique, « Âme »


Il est donc permis de dire, pour commencer, que le dieu tenu pour unique (solipsiste), absolu(tiste), national(iste) et suprême(aciste) si contradictoire sur le principe… a non seulement plus d'honnêteté intellectuelle que ses fidèles, vis-à-vis de l'existence des « dieux étrangers »… mais en plus qu'il est profondément matérialiste. Doublement au sens philosophique selon le précepte qu'il n'existe que la matière, mais aussi évidemment sentimentaliste selon l'émoi que la cupidité fait tourner le monderâlez donc après cela !…

Il se trouve que ce sont les anciennes croyances européennes et pas qu'européennes, païennes, qui posaient l'immortalité de l'âme, voire la métempsychose ou réincarnation multiple. Et c'est là qu'on a affaire à un singulier chassé-croisé car, en effet, tenez-vous bien : les antiques religions polythéistes étaient dualistes corps-âme
tout en posant un Cosmos moniste au sein duquel vivent les dieux, tandis que les nouvelles religions unithéistes sont historiquement monistes tout en détachant leur dieu du Cosmos par dualisme théologique, quoiqu'elles firent judaïquement (depuis les prophètes), chrétiennement (en Europe et en Amérique) et islamiquement (en Afrique et en Orient) des aménagements intégrant le dualisme corps-âme qu'elles transposèrent à la vie paradisiaque et à la résurrection, sachant que le paradis existait déjà chez les païens (le monde céleste, lumineux).

À ce stade, ce n'est plus seulement
« la modernité qui est une hérésie chrétienne », mais « la judéité depuis les prophètes, ainsi que la chrétienté et l'islamité, qui sont des hérésies judaïques, chrétiennes et musulmanes, à elles-mêmes toutes mécréantes »… et la modernité devient elle-même un fleuron de l'unithéisme tentant de s'en passer (de l'unithéisme qui engendra la modernité). Or, cela pourrait sembler valorisant pour l'unithéisme (il est moderne) et concorderait merveilleusement bien aux préjugés colonialistes ethnocentriques d'une philosophie aussi moderne que celle du positivisme, qui posait « trois stades » dans l'humanité : 1. le stade polythéiste, 2. le stade unithéiste, et 3. le stade humaniste – comme s'il avait historiquement fallu en passer par ces stades pour aboutir au fleuron de l'intelligence, de la connaissance et de la science modernes, fondée sur des éléments positifs au sens juridique du terme. Ce sont évidemment des préjugés, puisque la science naît de la philosophie, née en milieu païen…

Mais c'est-à-dire que la modernité est toute entière disciple de l'apôtre Thomas, juif christianisé qui ne veut croire que ce qu'il voit (malgré les malheurs que cela peut occasionner, de manquer de naïveté dans la charité, l'espérance et la foi) et tout cela s'harmonise merveilleusement bien avec cette idée coranique que le monde est un verset du dieu à interpréter.
Le matérialisme, au moins philosophique, règne singulièrement, qui a des appétences matérielles assumées dans le judaïsme et l'islamisme, et à mauvaise conscience dans le christianisme.

Mais alors reste cette question : pourquoi avoir détaché le dieu du Cosmos ? Pourquoi avoir réintroduit là, un dualisme que les Modernes s'appliquent à discréditer alors qu'ils sont matérialistes sur la base de l'unithéisme, tout en se moquant de l'unithéisme pour son dualisme corps-âme pas unithéiste, dualisme que les scientifiques perpétuent quant à eux avec le paradigme chairs-nerfs ?… La vie, c'est pas du kiri.

Eh bien tout d'abord, parce que le divin reste surnaturel, quoique les païens ne l'avaient pas rendu extra-cosmique. Ensuite, parce que nul n'est tenu de tout connaître en Histoire des idées, et que chacun juge partiellement et partialement en aimant se donner raison, même voire surtout quand il aurait involontairement tort : c'est le cas des Modernes en question. Enfin et étonnament, parce que les Modernes aiment réactualiser et s'approprier la divinité. Voyez plutôt :

En sciences, le Boson de Higgs est surnommé
particule de Dieu  ! Certains veulent que Dieu soit un trou noir ou bien que les trous noirs soient un passage vers Dieu (d'autres restent néanmoins polythéistes dans la démarche toute aussi absurde…) ! Les croyants veulent toujours, sur la base de l'abbé Pierre Teilhard de Chardin, que les sciences prouvassent Dieu  ! Le public catho conservateur du Figaro adore… Ce que tout ce beau monde ne veut pas comprendre, c'est que c'est parfaitement New Age, Nouvel Âge, animicentrique. Les New Agers parlent agréablement de particule de Dieu en citant une hiérarchie d'extra-terrestres angéliques soumis à un dieu spécial.

Le point commun de ces
final-fantasys, c'est qu'elles sont intrinsèquement matérialistes, d'une part. Et, d'autre part, qu'elles cherchent cahin-caha à « respecter » (pas du tout…) l'extra-cosmicité, ou transcendance absolue, du dieu égotiste en en faisant un élément infinitésimal (une particule étonnante) ou bien un élément infinitisé, du moins en rendant cet élément essentiel vers la transcendance absolue (un trou noir). Certes, il y a à redire sur nombre de cérémonials unithéistes, en termes d'idolâtrie (et cela commence par le dieu-même, enjoignant d'élaborer l'arche d'alliance ! suivi aussitôt par le culte du Livre), mais on peut bien dire que particule ou trou noir, ce sont encore des idoles et idolâtrie idoine…

Enfin « la bonne nouvelle », c'est que le fil rouge de toutes ces excroissances depuis les sources unithéistes elles-mêmes, reste paradoxalement
une spiritualité matérialiste, voire un matérialisme spirituel, aussi extraordinaires et paranormaux soient leurs contenances. Aussi peut-on doucement finir par dire, conformément à l'égotisme du dieu, que Dieu est le nom de la matière quand on se l'imagine, et qu'il a beau dire s'appeler YHWH ou Jéhovah, on gagnerait à le nommer Materiau voire Materia. Car par son paternalisme culturel originaire d'Orient, il usurpe une mater-nité qui elle-même est mater-ielle, ou matri-cielle comme dit le Coran, sur la base de la Bible prédécesseure génésique… mais c'étaient des affaires de convoitises entre clans orientaux, entre l’Égypte, Nabatée, Sumer, Akkad, Babylone, Rome, Perse et Sabée : autant d'enjeux mater-ialistes…

Pas étonnant, répétons-le, que cette religion accoucha de la modernité et son idéologie du progrès. Progrès d'abord matériel, technique, et maintenant néo-moral jusqu'au wokisme. Qu'est-ce que le progrès ?… Le progrès, en lui-même, n'est rien. C'est un projet, un escompte d'avoir(s). En vérité, il n'y a aucun progrès avant d'avoir pu faire le bilan de nos projets, selon lequel ç'a été réellement un progrès, que de réaliser nos projets. Comprenez-vous ?… On dit d'une chose qu'elle est un progrès, quand elle nous a permis d'éprouver un avancement. Mais si cet avancement n'est qu'imaginaire dans la projection, et imaginaire encore dans les mentalités une fois le projet réalisé (en méthode Coué « d'avoir réalisé un progrès » pré-posé dans la démarche de projet, prophétie auto-réalisatrice) au point d'empêcher de faire un bilan sérieux qui permettrait effectivement de décréter que tel projet était un progrès ?…

Ce que nous appelons aujourd'hui
progrès n'est jamais qu'une carence qui n'a cure de nos cares (de nos soucis de progresser). Cette carence, naturellement, c'est Dieu. Car le dieu n'est jamais que le matériel permettant de réaliser quelque projet (éventuel futur progrès). Le dieu n'est jamais que la version des choses tant qu'on ne les a pas investies de nos projets : d'où la fameuse parabole des talents. Mais aussi : d'où que YHWH/Jéhovah signifie je suis celui qui suis, plus judicieusement traduis en grammaire araméenne/hébraïque par l'inchoatif (le devenir) j'adviens tel que j'adviens. Et enfin : d'où que le dieu est le Verbe/Logos/Raison, car c'est en raisonnant qu'on œuvre matériellement. Où donc, Dieu est progressisme, sachant que le progressisme se veut logiquement amour, puisque ses projets se veulent tous des progrès.

Seulement pour « progresser », il faut d'abord se juger et se renier soi-même comme on est, au profit de ce qu'on escompte devenir : d'où que le repentir et le pardon sont si essentiels dans cette démarche matérialiste. Il faut là qu'une spiritualité farceuse nous joue un tour, à s'arroger toutes les valeurs alentour pour croître, telle un affreux lutin qui s'insinue malignement partout. Car,
Dieu, dans l'ancienne Bible originale, peut avoir « un mauvais souffle », « un mauvais esprit »  : c'est ainsi qu'il obstine le premier roi Saul à ne pas céder sa place à David contrairement au commandement prophétique, ou bien que Jésus maudit un figuier à le flétrir, et évidemment que Mahomet va-t-en-guerre… Satan n'est pas l'anti-Dieu, mais est l'ombre de Dieu : « que sa volonté soit faite, à lui la toute-puissance et la gloire, pour les siècles des siècles », dit la messe ! Ce n'est pas dans l'au-delà.

Pour ma part, je ne pense pas que la modernité soit « une hérésie chrétienne ». Alexis de Tocqueville avait cru voir dans la démocratisation l'influence de ce dieu. À partir de quoi, je pense que la modernité est « l'efficacité de l'unithéisme », car l'unithéisme est
matériel dans l'âme.

Pour finir, en bonus pour vos méditations théologico-religieuses, cet autre extrait de Voltaire :
 

« Il paraît que jamais il n'y a eu aucun peuple sur la terre qui ait pris ce nom d'idolâtre. Ce mot est une injure, un terme outrageant, tel que celui de gavaches, que les Espagnols donnaient autrefois aux Français, et celui de maranes, que les Français donnaient aux Espagnols. Si on avait demandé au sénat de Rome, à l'aéropage d'Athènes, à la cour de Perse : "Êtes-vous idolâtres ?" Ils auraient à peine [compris] cette question. Nul n'aurait répondu : "Nous adorons des images, des idoles." On ne trouve ce mot idolâtre, idolâtrie, ni dans Homère, ni dans Hésiode, ni dans Hérodote, ni dans aucun auteur de la religion [des païens]. Il n'y a jamais eu aucun édit, aucune loi qui ordonnât qu'on adorât des idoles, qu'on les servît en dieux, qu'on les regardât comme des dieux.
Quand les capitaines romains et carthaginois faisaient un traité, ils attestaient tous leurs dieux. "C'est en leur présence, disaient-ils, que nous jurons la paix." Or les statues de tous ces dieux, dont le dénombrement était très long, n'étaient pas dans la tente des généraux. Ils regardaient les dieux comme présents aux actions des hommes, comme témoins, comme juges. Et ce n'est pas assurément [l'idole] qui constituait la divinité.
De quel œil voyaient-ils donc les statues [de leurs divinités] dans les temples ? Du même œil, s'il est permis de s'exprimer ainsi, que nous voyons les images et les objets de notre vénération. […] Les Grecs avaient la statue d'Hercule, et nous celle de saint Christophe ; ils avaient Esculape et sa chèvre, et nous saint Roch et son chien ; Jupiter armé du tonnerre, et nous saint Antoine de Padoue et saint Jacques de Compostelle.
Quand le consul Pline adresse ses prières
aux dieux immortels, dans l'exorde du Panégyrique de Trajan, ce n'est pas à des images qu'il les adresse. Ces images n'étaient pas immortelles.
Ni les derniers temps du paganisme, ni les plus reculés n'offrent pas un seul fait qui puisse faire conclure qu'on adorât une idole. »

  • Voltaire, Dictionnaire philosophique, « Idole, idolâtre, idolâtrie »

 

 

 

 

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26 réactions


  • arthes, Britney for ever arthes, Britney for ever 24 novembre 16:36

    Ahhhh...Dieu.....Le nom du principe créateur (le hasard pour certains smiley, c’est kif kif)

    https://youtu.be/j2-KZvn6Azs  smiley


    • Ariovis Venamis Ariovis Venamis 25 novembre 01:27

      Chez les païens, il n’y a pas de principe créateur, en tout cas pas ainsi ex nihilo ou, disons, ex transcendentia... Par exemple, le feu héraclitéen. Et alors dire hasard est une façon de paganisme, de néo-pré-socratisme : notez que ce n’est pas pour me déranger.

      Mais ici, on disait Matière et Carence n’ayant cure de nos cares (soucis à progresser) néanmoins propice au progressisme matériel dans l’âme... parce que la matière reste largement indéfinissable, du moins tombe-t-on rapidement sur de l’Ontologie ainsi (bien qu’un physicien tel qu’Aurélien Barrau estime régler la question de l’Être en répondant : la masse...). Ici, on était sur du néant/de la transcendance.

      Mais d’abord, pourquoi vouloir un principe ? et si c’était Typhon ?


    • Pascal L 25 novembre 19:28

      @arthes, Britney for ever
      Avec le hasard, cela ne peut fonctionner. Darwin n’a observé que des phénomènes d’évolution à l’intérieur des espèces, mais jamais l’apparition d’une espèce nouvelle avec des fonctions améliorées. Or nous constatons que chaque nouvelle espèce apporte sont lot de progrès. Le hasard ne sait créer que du chaos à partir du chaos. Même les gnostiques de Princeton ont été obligé d’admettre qu’il y avait une forme d’intelligence dans la matière qui possèderait une volonté propre pour que les associations se fassent dans le bon sens. Ça ne prouve pas l’existence de Dieu, mais vous ne pouvez pas plus démontrer qu’il n’existe pas. A quel niveau pouvons-nous situer une intention créatrice ?


    • Ariovis Venamis Ariovis Venamis 25 novembre 19:43

      La vitalisme est irréfutable, bien qu’on ne puisse non plus le « futer ».


    • Pascal L 25 novembre 20:02

      @Ariovis Venamis
      Justement, nous ne pouvons le réfuter parce qu’il n’est jamais démontré. Commençons par le début. Ce sont ces affirmations d’autorité qui font que la gnose de Princeton n’a aucun intérêt. Mais peut-être que vous avez une démonstration sous le coude.


    • arthes, Britney for ever arthes, Britney for ever 27 novembre 17:48

      @Pascal L
      Disons que...De la nature, nous en connaissons les lois mécaniques (elles existent bel et bien) de manière à dominer la matière, mais rien des lois naturelles qui l’anime...


    • arthes, Britney for ever arthes, Britney for ever 27 novembre 17:52

      @arthes, Britney for ever

      Pascal....Dieu comme principe créateur, comme départ, cela ne vous suffit donc pas ?
      Mais cela est insuffisant : Qu’y avait il avant le principe créateur ?
      La nous sommes dans une notion de temps...Nous nous perdons dans l’espace que nous investiguons alors que c’est le temps qui limite notre pensée, notre science, notre savoir, nos projections.


  • Schrek Emmet Brickowski 24 novembre 17:06

    Un jour, Dieu ordonna aux roux de se soulager... et depuis, les roupettes !


  • Pascal L 25 novembre 15:05

    L’islam n’est pas un monothéisme, puisque le calife est subtilement placé au-dessus de Dieu. C’est plutôt une idéologie politique ou Dieu est convoqué pour punir ceux qui n’obéissent pas au calife...

    Il n’existe d’ailleurs aucune spiritualité islamique, le soufisme est issu de l’hindouisme tandis que les marabouts sont une résurgence de l’animisme africain.


    • Ariovis Venamis Ariovis Venamis 25 novembre 15:31

      Je ne sais pas si vous dîtes vrai, mais cela ne fait que surenchérir sur le fond de l’article, à le confirmer toujours plus et mieux.


    • Pascal L 25 novembre 19:16

      @Ariovis Venamis
      Vous pouvez lire « l’action psychologique dans le Coran » de Marie-Thérèse et Dominique Urvoy pour comprendre les mécanismes subtils de persuasion dans le Coran. Beaucoup d’historiens, d’archéologues, de linguistes ont écrit sur la naissance de l’islam, en particulier depuis le début de ce siècle. Si vous voulez éviter de tout lire, contentez-vous de la synthèse dans « le Grand secret de l’islam » d’Odon Lafontaine (téléchargeable gratuitement sur le site du même nom). J’arrive aux mêmes conclusions.


    • Ariovis Venamis Ariovis Venamis 25 novembre 19:21

      On le voit aussi avec les guénoniens.


  • Pascal L 25 novembre 19:07

    « 1. le stade polythéiste, 2. le stade unithéiste, et 3. le stade humaniste » Nous voyons bien que cette hiérarchie ne débouche nulle part. L’humanisme sans Dieu devient un narcissisme bien pire que les phases précédentes. Aujourd’hui, on veut nous faire croire que l’humanisme, c’est la suppression de la vie (euthanasie, avortement...) pour permettre le développement des individus restants. Caïn tuant Abel suivait la même logique. Où donc est le progrès ?

    Convoquer Voltaire pour parler de religion est pour le moins naïf. Nous savons que Voltaire voulait des religions pour l’asservissement du peuple au pouvoir temporel. Cette idéologie existe depuis l’aube de l’humanité. Quel progrès encore ?

    « La science nait de la philosophie » ou l’art d’introduire le relativisme dans la science. La science sait qu’il n’existe qu’une seule vérité sur laquelle elle s’efforce d’ouvrir des fenêtres alors que la philosophie se contente de la vérité du moment et ne cherche pas ou peu la confrontation avec le réel.

    A propos de science, si Dieu est, il est en-dehors du Big-Bang qui a vu la naissance du temps et de la matière. Il est donc inutile de chercher à y appliquer des appareils de mesure. Par contre l’idée même de dieux ou Dieu est né d’expériences particulières de rencontres, ce qui implique qu’il y a en nous quelque chose qui ne dépend pas du Big Bang et que beaucoup appellent l’âme.

    De fait, Dieu ne s’est pas découvert en un jour. Il faut donc considérer la Bible, mais également des textes antérieurs dans une perspective dynamique qui n’est pas encore terminée aujourd’hui. Chacun a mis dans ces textes ce qu’il compris, parfois pas grand chose d’intéressant. Beaucoup de religions finissent dans une impasse.

    Ce qui a changé depuis 2000 ans, c’est que la rencontre avec Dieu est devenu plus courante, en particulier pour les chrétiens. C’est pas encore beaucoup, mais j’estime que 5% des catholiques pratiquants aujourd’hui ont pu avoir ce genre d’expérience. C’est assez pour disposer d’un grand nombre de témoignages sur lesquels ont peut appliquer des critères pour rechercher des convergences et obtenir une vraisemblance. Pour ceux-là, l’existence de Jésus ressuscité est une évidence mais bien sûr, rien ne vous force à les croire. La foi est d’abord une question de liberté.


    • Ariovis Venamis Ariovis Venamis 25 novembre 19:23

      Je n’ai pas le temps de démêler votre plurium.


    • Pascal L 25 novembre 19:31

      @Ariovis Venamis
      Mais comment démonter un sophisme par un sophisme ?


    • Ariovis Venamis Ariovis Venamis 25 novembre 19:42

      Question rhétorique...


    • Pascal L 25 novembre 19:56

      @Ariovis Venamis
      certes, mais si vous refusez d’aborder le fond, vous ne pouvez rien démontrer. Vous affirmez par un sophisme que je fais des sophismes ; cela me paraît un peu léger.


    • Ariovis Venamis Ariovis Venamis 25 novembre 19:59

      Ne pas prendre le temps de répondre analytiquement, ce n’est pas un sophisme, c’est un refus de prendre le temps de répondre analytiquement.


    • Ariovis Venamis Ariovis Venamis 25 novembre 20:01

      D’autant plus que votre commentaire charrie beaucoup de données fondées sur des notions que je ne partage pas toujours, pas tout à fait comme vous, etc. C’est compliqué.


    • Pascal L 25 novembre 20:15

      @Ariovis Venamis
      Si vous n’avez rien à dire, le plus simple est de ne rien dire. Je comprends que c’est compliqué et que vous n’avez pas la même vision des choses, nous n’avons pas le même passé. En refusant la confrontation, vous ne montrez que la fragilité de votre point de vue.


    • Pascal L 25 novembre 20:38

      @Pascal L
      Nous sommes la plupart du temps capables de raisonnements justes, mais sur des hypothèses invérifiables. C’est donc sur les hypothèses que nous devons travailler et malheureusement, nous faisons tous des hypothèses. L’islam est de ce point de vue un cas d’école. Les exégètes n’ont pas arrêté de créer de nouvelles hypothèses pour soutenir les hypothèses précédentes lorsqu’elles étaient chancelantes plutôt que de chercher l’erreur. Ils ont construit une cathédrale dialectique sur une culture de l’excuse. Le problème est que les scientifiques d’aujourd’hui invalident la plupart des hypothèses initiales et tout l’édifice se brise en tombant sur lui-même. Il faudra encore sortir de la culture de l’excuse pour le comprendre. Je suis conscient que mes propres hypothèses peuvent être fragiles, mais je suis prêt à les mettre en cause dès que j’aperçois le bout d’une incohérence. La vraisemblance, cela se construit.


    • Ariovis Venamis Ariovis Venamis 26 novembre 22:54

      On se croirait en maternelle, mais je n’ai pas besoin de me la montrer. Bonne nuit


  • Ecométa Ecométa 26 novembre 20:33

    Il n’y a ni Dieu, ni diable, qui ne sont que pures imaginations humaines, que boucs émissaires, faux semblants et faux prétextes pour dédouaner certains tenants et aboutissants du pouvoir et culpabiliser d’autres pour mieux les subvertir ; il n’y a en réalité que le bon et le mauvais génie humain  !


    Actuellement c’est le plus mauvais génie humain qui est à l’œuvre  ! 

    À l’évidence l’homme à un besoin viscéral de croire : mais pourquoi croire dans un « Être supérieur » dit « parfait » par certains ? Pourquoi : sinon pour s’y soumettre en le craignant  ! L’être humain serait certainement mieux inspiré de croire en lui pour le meilleur et non pour le pire !

    Dieu et diable sont inséparables, et si vous supprimez l’un, vous supprimez l’autre ; alors, et bien plus facile : supprimons le Diable !

    Accepteriez-vous de vendre votre âme au diable ? Au diable, ce serait étonnant car il n’existe pas réellement ; « Dieu » comme « diable » sont des représentations de faux semblants, des impostures intellectuelles : une façon de manipuler les humains  ! 

    En réalité, vous ne verrez jamais le diable en personne, genre « salsa du démon », venir vous voir et vous proposer d’acheter votre âme ! En réalité, le « diable » c’est le pire de l’humain, donc si vous vendez votre âme au diable, c’est à des « humains » qui ont du pouvoir, qui acceptent de vous en donner une partie, de participer, ou de vous rémunérer pour service rendu :  auxquels, vous allez vendre votre âme ! Que vous abandonnerez alors toute forme d’Éthique, toute Humanité ! L’Âme humaine n’est pas un truc de 30 grammes donné par un Dieu créateur et qui s’envole au ciel : l’âme humaine c’est notre Humanité ! 

    Si le diable est le pire de l’Humain, et que le pire de l’humain, qui est le diable, est dans l’humain ; le meilleur de l’humain est aussi dans l’humain ! Pourquoi chercher ailleurs ? Pourquoi inventer des subterfuges ? Pourquoi Dieu ?

    Donc si vous comptez sur Dieu pour vous sauver il y a un problème, car si le diable n’existe pas Dieu n’existe pas ! Nés de l’antédiluvienne lutte entre le bien et le mal (dichotomie) ils ont été créés ensembles et l’un ne va pas sans l’autre ! Pour nous sauver il ne faut compter que sur nous–mêmes et cultiver le meilleur de l’humain plutôt que le pire ! 

     Les affaires des humains sont les affaires des humains et aucun Dieu n’a quelque chose à y voir sauf à tout manipuler !


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