mardi 11 juin - par GéraldCursoux

« Droite Gauche », est-ce suffisant pour décrire le paysage politique ?

Sorrtir de la représentation linéaire

Gauche-Droite, droite-gauche… la vie politique française est-elle condamnée à se déplacer sur une ligne graduée par les programmes et les déclarations, les sensibilités, les courants, les chapelles, les mouvements, les clubs et autres bulles. De l’anticapitalisme primaire à gauche au fascisme le plus pur à droite les analystes positionnent des curseurs, mais l’électeur ne s’y retrouve pas, d’autant qu’il y a des conjugaisons obscurs entre par exemple démocratie et socialisme, socialisme et libéralisme etc. Un effort de simplification est nécessaire, condition cependant non suffisante eu égard aux tendances centripètes qui animent les débats comme les Gilets Jaunes, le Brexit, les Tweets de Trump ou les débraillés chics de Boris Johnson…, mais néanmoins nécessaire.

Question : Comment dépasser la ligne Gauche-Droite ?

Réponse : En déplaçant l’ensemble politique dans un volume, un « Cube » formé par les 3 axes suivants : Gauche-Droite, Haut-Bas et Futur-Passé, axes gradués de -10 à +10 ; un cube ayant donc 20 de côté. (On pourrait imaginer un cube de côté infini en - et + mais dès qu’on touche à l’infini les choses deviennent difficiles à saisir et à manipuler.)

On voit tout de suite l’intérêt de ce volume : un Politicien peut être situé par 3 chiffres : exemple Machin-Machin est –4.5, +2, –8, c’est-à-dire à gauche, plutôt bien, mais très tradis.

Et le même exercice s’applique aux Partis, principalement aux Partis en apportant des raffinements à cette notation. Il faut en effet tenir compte de l’espace occupé, le Parti n’étant pas réductible à un point dans l’espace ; il est dans le « Cube » comme un nuage dans le ciel, avec tantôt des trainées de cirus d’altitude, tantôt des concentrations multiples de cumulus et parfois des expansions de cumulo-nimbus ! Toutes les configurations doivent pouvoir être représentées dans le volume en utilisant les moyens mathématiques appropriés comme les matrices, les tenseurs et autres gracieusetés (cf. : Wikipédia), ces Partis n’étant pas des configurations fixes. Ce sont en effet des bulles, des grumeaux, des nuages plus ou moins homogènes et les concepteurs du « Cube » devront prévoir des mouvements de rotation – qu’on pourrait appeler « spins » (avec mouvement prograde et rétrograde) –, ainsi que des « couleurs » et des « saveurs » pour prendre en compte les émanations qu’ils dégagent, et telles qu’elles sont perçues par les militants, les sympathisants, l’opinion publique etc. Faut-il rappeler que le « Cube » aura une quatrième dimension, le temps ( t ) – l’espace-temps dans lequel la politique vit, comme l’Univers depuis qu’Einstein l’a dit.

Un parti occupant un certain espace peut sentir bon ou mauvais (saveurs), provoquer des adhésions ou des fuites (spin), être attrayant ou pas (couleurs). Tout ceci n’est donné que pour illustrer la méthode, l’esprit dans lequel le « Cube » doit être construit, sa conception exigeant une longue réflexion avec des comités formés dans ce but, une expérimentation sur le terrain, et des observatoires pour en mesurer l’impact dans le temps. C’est une façon de répondre à la crise de notre temps, crise politique qui fait que ceux qui voudraient ouvrir les fenêtres ne les trouvent plus, que certains qui se trouvent aux deux extrémités de la ligne gauche-droite sont mis dans le même sac par les électeurs, que ceux qui disent la même chose restent séparés comme des églises répondant au même dieu ; crise de la représentation plus que des idées ; et crise des crises par manque d’espace.

On ne sortira pas de la représentation linéaire Gauche-Droite qui a plus de 200 ans d’un claquement de doigts, le chemin sera montant, sablonneux, malaisé et de tous côtés aux critiques exposées.

Ceux qui sont arrivés à cette phrase auront compris que l’auteur pense que seule la pataphysique peut décoincer le système actuel… et qu’il est possible de tout donner sans rien lâcher (comme disent les fouteux) !



12 réactions


  • Clocel Clocel 11 juin 09:40

    Droite, Gauche, Démocrates, Républicains, quelques épouvantails dans les marges, et à l’arrivée, c’est l’extrême centre qui gouverne...

    Mécanique infernale qui n’a jamais été autant visible.


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 11 juin 09:50

    En 2012, Pierre Tourev considérait qu’en fait, la gauche avait une vision horizontale, une conception qui prend en compte la notion de classe sociale et nécessite une prise de conscience de l’appartenance à telle ou telle classe et une perception des contradictions et des conflits entre les classes sociales, sans nécessairement aller jusqu’à la notion de lutte des classes. Le fait d’appartenir à une même classe sociale étant plus important que le fait d’être français « de souche » ou issu de l’immigration, catholique ou musulman, salarié du privé ou fonctionnaire, jeune ou vieux, etc. Cette vision conduit à la question de la répartition des richesses produites, de la justice sociale, la mixité sociale, de la mobilité sociale, etc. Elle appelle surtout à la solidarité entre les classes sociales, notamment au moyen d’une fiscalité redistributive, mais aussi au sein d’une même classe sociale (mutualisme, coopération, solidarité active, etc.).

    Pour lui, la droite, elle, avait une vision verticale, mettant en avant le fait d’être membre d’une catégorie de la population, d’une communauté, indépendamment de son niveau social. Plus on se rapproche de l’extrême droite, plus ces catégories ou communautés sont opposées entre elles, parfois jusqu’à la haine : français d’origine, immigrés, chômeurs, assistés, fonctionnaires, « ceux qui travaillent et se lèvent tôt », catholiques, musulmans, juifs, mécréants. Quand l’attention populaire est focalisée sur des catégories ou communautés qui sont jalousées ou critiquées pour leurs comportements, les nantis restent bien cachés et silencieux au sein de leur catégorie et ne voient personne venir leur demander un effort de solidarité ou contester leurs privilèges. C’est l’ "Usage Machiavélique du Populisme ».

    Pour lui, la droite, ou verticalisation de la société, apparaît comme une vaste entreprise d’enfumage et de diversion pour détourner l’attention du peuple des véritables enjeux de la société. Avec la droite, une moitié du peuple protège, à son insu, au sein de la catégorie où on l’on tente de l’assigner, ceux qui l’exploitent.

    On pourrait lui opposer que la gauche enfume horizontalement !


  • Odin Odin 11 juin 13:48

    Bonjour,

    Diviser la politique entre gauche est droite est un leurre, savamment orchestré par les bénéficiaires de la gamelle politicienne. Ce concept de la gauche et de la droite fut enterré avec le TCEE (Traité instituant la Communauté Économique Européenne) du traité de Rome.

    Depuis cette date, la réelle division est entre pro et anti Union Européenne et non pas de l’Europe.

    Sachant que la très grande majorité des partis politiques sont pro UE, parler de gauche et de droite est une ineptie.


  • zygzornifle zygzornifle 11 juin 14:14
    « Droite Gauche », est-ce suffisant pour décrire le paysage politique ?

    La gauche est en train de se décomposer en plein air dans son coin, il ne reste plus que la droite de Macron et du RN , je ne donne pas cher de la peau des écolos punitifs qui vont se sentit pousser des ailes t qui vont se foutre le peuple sur le dos comme Macron avec les GJ ....


  • ddacoudre ddacoudre 11 juin 15:25

    Bonjour Souvent il est nécessaire de remonter aux sources pour comprendre. Si la notion de gauche tient à. Une place dans hémicycle, c’est par l’ organisation du travail que ce sont développé des partis politiques dit de gauche, c’est à dire dans la partie où siégeait l’ oppositions. L’on est de Gauche si on lutte contre le capitalisme pour donner à ceux qui travaillent au service d’un autre la capacité d’échange gagner par son travail. Cela ce traduit comme ceci.

    Un employeur verse 100 a son employé pour faire une assiette. L’employeur s’il ne participe pad au travail devra vendre l’assiette 100 de plus. A qui la vend t il, à tous ceux qui ont un revenu, c’est à dire les salariés 24 millions qui nourrissent 67 millions de citoyens. C’est donc l’ employé devenu client qui achètera son travail 200. il ne bénéficiera que de la moutier de son travail l’ autre allant à l’employeur. S’il veut acheter son assiette il devra emprunter 100 qu’il devra rembourser 110. Au total il aura acheté son travail 210. Cela est être de droite si on le remet pas en cause et que l’on accepte l’exploitation de l’homme par l’ homme. et là il n’y a rien de primaire car c’est ce que nous vivons. Cordialement ddacoudre overblog


    • GéraldCursoux GéraldCursoux 14 juin 13:22

      @ddacoudre
      Non, ça ne marche pas comme ça ! L’assiette doit être produite en grande quantité pour être vendue à un prix où elle trouvera des acheteurs en nombre, ce qui nécessite aussi une organisation scientifique du travail  et tout cela n’est possible que si on mobilise le capital suffisant pour réaliser les investissements nécessaires, investissements qui exigent un retour sur investissement suffisant pour le justifier et ne pas appauvrir l’apporteur du capital. On appelle cela du capitalisme, mais y a-t-il une autre méthode pour fabriquer en grand nombre des assiettes qui coûtent pas cher ? Non ! 
      La vraie question est de savoir qui doit posséder le capital, ce qui n’a rien à voir avec le mécanisme lui-même dit du capitalisme, pratiqué d’ailleurs depuis l’origine des temps par tout ceux qui se réclament du socialisme... 


  • Legestr glaz Legestr glaz 11 juin 15:26

    Il ne peut plus y avoir de clivage « droite-gauche » dans le cadre d’un système « supranational ». En effet, les politiques des Etats membres de l’Union européennes sont des « politiques communes partagées ». Pas un seul mot de l’auteur sur l’Union européenne, comme « si » cette entité n’existait pas ! C’est fatiguant de constater que certains commentateurs en oublient que la France a transféré des pans entiers de sa souveraineté vers l’UE et que la Constitution française a acté ces transferts. 

    Viviane Reding à l’assemblée nationale française en 2013 : « il n’y a plus de politiques intérieures nationales ». Si l’auteur de l’article a des velléités de commenter la supranationalité européenne, il est le bienvenu. En tous les cas, le clivage « droite-gauche » il doit le ranger au placard.

    https://www.youtube.com/watch?v=yBRCZPypyyM

    Le concept de « traités-programmes » reflète bien les trois dimensions du « projet » européen qui peut ainsi être lu dans toute sa cohérence : une administration supranationale produisant un droit supérieur et immédiat dans tous les domaines, une unification selon la logique du libre-échange intégral, un messianisme universaliste. Cette définition précise des politiques matérielles dans le droit primaire de l’U.E, c’est à dire au plus au niveau de protection juridique qui soit, et primant même sur les constitutions nationales, ruine toute alternative économique et politique et tout débat sur une telle alternative. Les choix élevés au niveau des traités deviennent non seulement juridiquement obligatoires, mais indiscutables au sein des institutions de l’Union européenne et des Etats membres devant les mettre en œuvre. Le Conseil européen, réunissant les Etats, ou le Parlement européen, peuvent bien se livrer à des heures de débats internes, ceux-ci ne peuvent porter, en définitive, que sur les modalités des objectifs précis définis par le traité, non sur leur éventuelle réorientation !


  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 11 juin 20:04

    Le Pendule Gauche-Droite est figé pour l’éternité !


  • Falanchon 13 juin 05:46

    Je pense qu’on peut défendre l’axe unidimensionnel gauche-droite, car il est 1) scientifiquement attesté 2) historiquement logique 3) reconnu par tous.

    Savez-vous qu’il existe une sous-discipline de l’économie appelée « théorie du choix » qui analyse la vie politique comme s’il s’agissait d’un marché de l’offre et de la demande ? (en l’occurrence de politiques publiques). Et ça marche ! Preuve en est, les campagnes électorales, où les partis adaptent leurs stratégies avec la rationalité d’une entreprise. Les politiciens cherchent des segments d’électorat comme sur un marché.

    Bien entendu, ça n’était pas aussi visible avant la « fin de l’histoire » annoncée par Fukuyama. Le « siècle des socialismes » avait laissé accroire qu’on pouvait échapper à la mise sur le marché de l’autorité elle-même... et qu’une vérité, celle du peuple, serait enfantée par cette dialectique. Et pourtant, l’enfant n’est pas venue...

    Alors en quoi consiste l’axe gauche-droite, dans le marché des politiques publiques ? Il consiste, en un instant T, en un rapport subjectif de l’individu au dogme des dogmes, au Saint des Saints depuis 400 ans : « l’égalité des droits ». Tout part de là. Et tout y revient, sous peine de perdre le pouvoir rapidement.

    L’égalité des droits est une expression ambiguë. Ce n’est ni l’égalité, ni la féodalité. Elle recouvre donc les libéralismes politiques. Les chefs et les pays qui désirent sortir de ce carcan sont diffamés, boycottés, et in fine bombardés. C’est l’impitoyable mécanique impérialiste depuis 400 ans.

    J’appelle les quelques uns qui me liront à lire l’histoire de l’Angleterre au XVIIe siècle. Elle est fondamentale, car c’est à ce moment-là que se cristallise la première opposition d’une proto-gauche et d’une proto-droite à l’ère moderne : d’un côté l’armée du Parlement, dirigée par le Puritain Cromwell, de l’autre l’armée du Roi qui finit décapité (Jacques Ier Stuart). Les valeurs égalitaires et novatrices contre les valeurs hiérarchiques et traditionnelles.

    À l’époque il n’est pas question de relativiser cette opposition : les Britanniques s’entretuent, et y mêlent la religion voire même en créent de nouvelles (Quakers et Puritains, en sus d’Anglicans et Catholiques). Plus tard, les Parisiens et les Vendéens, les Yankees et les Confédérés, et enfin le monde entier. On remarquera que ces guerres sont à chaque fois gagnées par la gauche libérale et impérialiste... du moins en Occident.

    Si hier encore on larguait des tapis de bombes pour une opinion au sujet de l’égalité de droit, aujourd’hui il apparaît clairement que cette tension idéologique trouve son origine dans le nouveau système économique. Il s’agit tout simplement du capitalisme, qui apparaît à ce moment, et au même endroit (Angleterre et Occident, XVIIe, et mondial au XXe).

    À la fin du XVIe siècle, l’élite anglaise voulait entreprendre de vastes réformes nécessaires à la création d’une société capitaliste, notamment les fameuses enclosures. Elle avait pour cela besoin de l’assentiment du peuple. Peu à peu, l’élection est devenue un moyen commode pour obtenir l’assentiment de plus en plus de gens que charrie le capitalisme.
    Ainsi naquit la religion moderne plus tard appelée démocratie. C’est une histoire moins belle que dans nos livres d’histoire, mais m’en voulez-vous de vous la raconter ?

    Vous trouverez de bien belles histoires en creusant cette époque. J’aime particulièrement l’histoire des niveleurs, qui déjà en 1647 voulaient plus d’égalité que l’égalité de droit, et les bêcheurs, qui voulaient revenir sur les réformes agraires des élites. Lesquelles se sont débarrassées des deux camps en les affublant de ces deux noms. Comme quoi, le débat n’a pas beaucoup évolué en 400 ans. Normal, c’est la même mécanique !

    J’apporterais tout de même une nuance.
    Certes, l’axe droite-gauche situe les candidats et les gens dans leur sentiment par rapport à l’égalité de droit. Mais cela ne suffit pas pour faire un commentaire politique. Il est pathétique de voir des gens ne connaître certains pays que par ce biais.
    Les gauches, les centres et les droites ne se ressemblent pas. Chaque pays occidental a sa propre histoire pré-moderne, lors de laquelle la langue écrite s’est formée, l’esprit national est apparu, et avec tout cela un État pré-moderne. Ensuite seulement apparaissent les idéologies nationales (Lumières françaises, Romantiques allemands...), suite à l’apparition des dogmes modernes.
    Il y a ainsi un « substrat » national où se sont en quelque sorte sédimentées les idéologies qui ont fait les siècles passés. Par exemple :
    La France a un substrat étatiste que l’on peut faire remonter à la guerre de religions, et qui explique le souverainisme actuel.
    L’Allemagne et la Suisse ont un substrat autonomiste, dont Luther et Calvin sont les premiers exemples (mais non les créateurs) ; explique Verts, Sozis, Nazis...
    L’Angleterre a un substrat libéral et individualiste, qui explique... l’histoire moderne (et post-moderne).

    Cette analyse « géologique » du passé doit correspondre à une analyse « botanique » du présent. Les idéologies sont comme des plantes qui apparaissent dans des conditions parfois inimitables. L’erreur à ne pas faire, c’est de croire qu’on peut mélanger les parfums de plantes qui ne sont pas apparues aux mêmes endroits ni aux mêmes moments. Oubliez donc le démocratico-anarchisto-royalisto-bolchévisme. Ils procèdent de l’illusion du choix total, qui est, comme j’espère l’avoir démontré, une illusion presque totale.


    • GéraldCursoux GéraldCursoux 13 juin 09:49

      @Falanchon

      Merci de cette longue et savante réponse.

      J’ai écrit ce papier pour m’amuser, pour voir ce que ça donnerait si on passait de la droite au volume, si on délaissait le classement historique de 89. Vous insistait sur le fait qu’il s’est enrichi pendant 200 ans, ce que j’admets tout à fait avec notamment papy Karl et ses émules qui ont construit une idéologie et une église qui s’est malheureusement s’est lézardée, et dont nous conservons à grand frais les ruines. (Mais là je suis déjà dans la polémique.) Référence aussi à Lamartine qui se disait « au plafond », et en pensant à Wauquier qui est tombé de la droite, bien en bas !… Et de là à jouer avec un de physique (spin et autres saveurs) pour faire malin.

      Vous défendez la droite contre le volume, je crois que vous êtes dans le bon tempo de l’histoire, et si je devais faire de la politique je l’utiliserais aussi !

      Droit et égalité, voilà bien le centre de votre analyse ; mais ne faut-il pas aussi considérer cet impératif catégorique, la liberté : Un autre débat peut s’ouvrir entre droit et liberté, liberté et égalité, etc. Je passe…

      L’apport de Rousseau c’est d’avoir conceptualisé « l’égalité de nature » entre les hommes, égalité indépendante de leurs qualités physiques, intellectuelles et morales ; et pourrait-on ajouter : de leur âge (là se cache le fœtus… et le vieillard grabataire). On y adhère tous, à l’exception des fachos et autres nazillons, et le droit s’est construit sur cette base philosophique, venant bien évidemment des religions du Livre, et produisant la démocratie qui la porte en politique, seule façon de remplacer le Prince de droit divin, le tyran et Ubu.

      Mais pour la vie sociale et indépendamment du fait capitaliste (quoi d’autre ?) il faut bien remettre dans le jeu les qualités de chacun, et c’est là que les inégalités apparaissent du fait des talents et faiblesses de chacun, par le simple fait de l’activité de tous nécessaire au groupe social. Il faut donc gérer ces inégalités pour les rendre supportables ; vouloir les supprimer c’est condamner la société à végéter (Cuba). Le capitalisme n’y est pour rien, si ce n’est que le politique doit veiller à réduire son caractère prédateur inhérent à la concurrence entre acteurs, au mécanisme du crédit et de l’investissement qui exigent une rentabilité, et à l’ego et la cupidité des dirigeants qui ne sont ni meilleurs ni plus mauvais que les autres, qui en ont les mêmes qualités et défauts.

      Je suis sorti du cube… désolé de cette digression.

      Bien cordialement à vous.


    • GéraldCursoux GéraldCursoux 13 juin 09:58

      @Falanchon

      Merci de cette longue et savante réponse.

      J’ai écrit ce papier pour m’amuser, pour voir ce que ça donnerait si on passait de la droite au volume, si on délaissait le classement historique de 89. Vous insistez sur le fait qu’il s’est enrichi pendant 200 ans, ce que j’admets tout à fait avec notamment papy Karl et ses émules qui ont construit une idéologie et une église qui s’est malheureusement lézardée, et dont nous conservons à grand frais les ruines. (Mais là je suis déjà dans la polémique.) Référence aussi à Lamartine qui se disait « au plafond », et en pensant à Wauquier qui est tombé de la droite, bien en bas !… Et de là à jouer avec des notions de physique (spin et autres saveurs) pour faire malin.

      Vous défendez la droite contre le volume, je crois que vous êtes dans le sens de l’histoire, et si je devais faire de la politique je l’utiliserais aussi !

      Droit et égalité, voilà bien le centre de votre analyse ; mais ne faut-il pas aussi considérer cet impératif catégorique, la liberté : Un autre débat peut s’ouvrir entre droit et liberté, liberté et égalité, etc. Je passe…

      L’apport de Rousseau c’est d’avoir conceptualisé « l’égalité de nature » entre les hommes, égalité indépendante de leurs qualités physiques, intellectuelles et morales ; et pourrait-on ajouter : de leur âge (là se cache le fœtus… et le vieillard grabataire). On y adhère tous, à l’exception des fachos et autres nazillons, et le Droit s’est construit sur cette base philosophique, avec une hybridation des valeurs des religions du Livre, produisant également la démocratie, seule façon de remplacer le Prince de droit divin, le tyran et Ubu.

      Mais pour la vie sociale et indépendamment du fait capitaliste (quoi d’autre ?) il faut bien remettre dans le jeu les qualités de chacun, et c’est là que les inégalités apparaissent du fait des talents et faiblesses de chacun, par le simple fait de l’activité de tous nécessaire au groupe social. Il faut donc gérer ces inégalités pour les rendre supportables ; vouloir les supprimer c’est condamner la société à végéter (Cuba). Le capitalisme n’y est pour rien, si ce n’est que le Politique doit veiller à réduire son caractère prédateur (règles fiscales, concurrence etc.).

      Mais je suis sorti du cube… désolé de cette digression.

      Bien cordialement à vous.


  • glenco01 14 juin 15:29

    @ l’auteur : connaissez-vous les GOPE ?


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