lundi 11 février - par Luniterre

Et si la « gauche militante » arrêtait de se la raconter ?

 

 

Alors que la mobilisation des GJ stagne, en légère régression, le socle de sympathie du public le plus large ne s’effrite pas, voire même, se consolide plutôt, malgré l’image médiatique assez négative du mouvement que forgent les médias aux ordres.

Un autre paradoxe apparent, dans ce contexte, c’est l’échec relatif de la journée de grève et de manifs du 5 Février, qui s’est avérée être une journée lambda de plus du train-train syndical français, dont on avait simplement un peu perdu l’habitude.

Pourtant, avec la convergence affichée par les ténors du mouvement GJ et de la pseudo « extrême-gauche » française, la conjonction des planètes politiques et syndicales française actuelles paraissait devoir faire de cette journée un « tournant historique » digne du 13 Mai 68, ou, plus récemment, du 17 Novembre.

Or il n’en a rien été, et, vue sous cet angle, la journée du 5 Février est carrément un échec absolu, et non pas relatif…

Mais de plus un « échec » que l’on peut considérer comme ayant été quasiment planifié par les promoteurs de la dite journée…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/01/30/martinez-aurait-il-subitement-trouve-la-lumiere-en-reponse-a-j-p-page/

En ce sens, un « échec » planifié et qui se concrétise sur le terrain cesse effectivement d’être un « échec », et peut être glorifié comme une « réussite » par les bureaucraties syndicales et politiques qui en avaient simplement besoin pour retrouver leur rôle de « pare feu » du système, rôle et système sérieusement affaiblis par le mouvement GJ depuis le 17 Novembre…

Bien évidemment, cette « culture de l’échec », dans le syndicalisme français, peut paraître paradoxale, mais il faut, pour la comprendre, ne pas perdre de vue que la vie sociale et politique des bureaucraties syndicales est aussi un jeu de billard à plusieurs bandes… A travers les subventions patronales et étatiques, en jouant ce rôle de « pare feu » elles font simplement le boulot pour lequel elles sont payées, mais cela n’exclut pas, bien au contraire, une certaine rivalité pour le partage… D’où la surenchère démagogique, qui n’a pas pour but d’obtenir réellement satisfaction des revendications, mais simplement d’élargir un peu la base en vue de prétendre à plus de « représentativité »…

« Élargir un peu sa base », cependant, cela ne doit donc pas aller jusqu’à risquer une vague de lutte sociale qui remettrait en cause le système. Ce qui explique donc bien le « retard à l’allumage » de l’intervention cégétiste, par rapport aux débuts du mouvement, il y a bientôt trois mois, et le peu d’empressement à exprimer des revendications cohérentes qui risqueraient de remobiliser les foules du 17 Novembre…

Ce que le 17 Novembre avait mis en mouvement, c’est précisément tout le petit peuple « périphérique » qui ne se reconnaît pas, et pour cause, dans les bureaucraties syndicales.

Une majorité « silencieuse » qui avait soudain trouvé la voie de son expression en bloquant les ronds-points…

Comprendre la différence entre cette base sociale et celle des syndicats, c’est d’autant plus simple, à l’issue de la journée du 5 Février…

A lire les textes CGT, tracts ou articles, le capital se résumerait au CAC 40 en France… Si effectivement le capital financier est la force politique réellement dominante, le tissu économique et social français ne s’y résume pas, et de loin, tant en matière d’emploi que de rémunérations, donc.

 

Les PME représentent à elles seules près de 50% de l’emploi en France…

 

Les TPE encore 20% de plus….

 

Et les 30% restants ???

 

La fonction publique, stricto sensu, représente 20% de l’emploi en France.

 

Et il y a encore près de 5% des salariés qui dépendent du secteur public sans être fonctionnaires stricto sensu. (1)

 

Autrement dit, le salariat des grosses entreprises, celles qui servent directement de base économique et sociale au capital financier, ne représentent au plus que 5 à 6% du total des salariés.

 

Pour affiner encore cette approche il faudrait encore préciser, dans ces 6%, combien se trouvent directement dans le secteur productif, combien sont payés au SMIC, productifs ou non, etc…

 

C’est probablement faisable, mais la disproportion des chiffres d’ensemble, par rapport au discours habituel de la gauche, « extrême » ou non, suffit à en comprendre la vacuité totale.

 

La très grande majorité des prolétaires, smicards et productifs, se trouvent dans les PME et les TPE.

 

La base économique et sociale des bureaucraties syndicales, y incluant même, à quelques exceptions près, les sections anarcho-syndicalistes, se trouve dans les 30%, secteur public et grosses boites, qui ne sont pas majoritairement smicards, ni même concernés par ce niveau de rémunérations.

 

Dans ces conditions, il est logique que le langage de la CGT reste hermétique au plus grand nombre, qui ne se sent tout simplement pas concerné… ! De l’agit-prop essentiellement ciblée vers sa base « utilitaire », en quelque sorte, de la part de la CGT… Pas de risque de débordement…

Pour ce public, réclamer à la fois le SMIC à 1800 €, une hausse générale des salaires, retraites, minima sociaux, et la suppression des aides publiques aux entreprises, la suppression de la TVA et de toutes les taxes, une réforme de la fiscalité, etc…(2) tout cela ne pose pas de problème de cohérence, c’est seulement le langage auquel il est habitué depuis des décennies et qui l’amène à défiler régulièrement et rituellement dans les rues derrière ses banderoles syndicales, même si en rangs de plus en plus clairsemés, au fil des ans…

 

S’il est clair que les groupes financiers, industriels et commerciaux qui dominent la vie sociale et politique française se gavent au détriment de l’immense majorité et pourraient manifestement non seulement se passer des « aides publiques » sous quelque forme que ce soit, mais en outre, contribuer socialement réellement à hauteur de leurs superprofits, le cas de la plupart des TPE-PME est pourtant beaucoup plus nuancé.

 

En réalité, et contrairement à une idée reçue, l’artisan ou le petit entrepreneur qui travaille au quotidien sur les chantiers avec son personnel n’a pas forcément intérêt à le sous-payer. Pour autant, augmenter le SMIC, pour la plupart d’entre eux, ne peut se faire actuellement qu’avec des aides publiques sur les charges, aides qu’ils doivent quémander tout aussi bureaucratiquement que leurs salariés pour la nouvelle « prime macron ».

 

Néanmoins, comme on l’a déjà vu (3), le principe des aides publiques, complètement injuste et aberrant en pratique, même pour les TPE-PME, doit être tout à fait abandonné.

 

C’est pourquoi il est donc nécessaire de revendiquer une nouvelle répartition des charges sociales, qui permettra d’augmenter réellement le SMIC sans surcharger les TPE-PME, qui représentent 70% de l’emploi salarié en France.

La répartition des charges et cotisations pourrait donc être réglementée de façon progressive croissante pour charger davantage les groupes financiers et moins les TPE-PME selon un prorata tenant compte à la fois du chiffre d’affaire et du nombre de salariés. C’est à dire un moyen indirect mais incontournable de taxer socialement le capital, en fait.

 

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771

 

Un ensemble de revendications concernant la répartition est aussi possible à travers une alternative « différenciée » à la CSG, c’est à dire, au moins, excluant cette taxe des salaires, alternative qui devrait donc viser également, et encore plus directement, les superprofits du capital financier.

 

Autrement dit, ce type de revendication, incluant une réforme de la CSG, qui n’est déjà plus véritablement « généralisée », et devrait donc être encore plus « différenciée », selon les catégories économiques et sociales, pourrait former la base d’un front social populaire et prolétarien véritablement représentatif de la très grande majorité du corps social, contrairement aux syndicats, et construire une alternative réellement démocratique qui balaierait le système actuel comme un fétu de paille, lorsque la base de ce front sera unie sur un programme revendicatif approprié. C’est l’ébauche d’un tel front qui s’était formée, sur le terrain, le 17 Novembre et dans les premières semaines qui ont suivi.

 

Si elle avait voulu être à la hauteur de sa mission sociale originelle, c’est là que la « gauche militante » française, et la CGT en tête, aurait du intervenir, pour clarifier la base possible de cette unité. Arrivé près de la fin de l’année 2018, ce front était déjà en train de se disloquer sous l’effet de l’incohérence « spontanéiste » de ce mouvement.

 

Au cours des deux premiers Actes 2019, un rebond était encore possible, semble-t-il, si une structuration globale du mouvement et de ses revendications s’était mise en place.

 

Au lieu de cela, la CGT se contente de ramasser, sur sa base restreinte, quelques morceaux d’un mouvement social amorçant manifestement sa chute. Et de reprendre son train-train habituel qui convient parfaitement au pouvoir, au delà des rodomontades verbales de circonstances.

 

Dire qu’il y a là une stratégie délibérée, ce n’est qu’un simple constat, en réalité ! Et de constater, également, qu’elle est parfaitement complémentaire avec la stratégie du pouvoir.

 

En promulguant sa prime d’activité qu’il faut individuellement aller quémander auprès de l’administration, Macron a parfaitement analysé la situation, suite au 17 Novembre, et, en tablant sur l’inorganisation du prolétariat smicard des TPE-PME, en le renvoyant à sa démarche habituelle de survie individuelle, il a tout simplement sapé potentiellement la base économique et sociale de l’unité populaire renaissant spontanément, le 17 Novembre, suite à l’aggravation des conditions sociales de la majorité prolétarienne de ce pays.

 

Vu la profondeur et la durabilité de la crise, le courant de sympathie demeure, vis à vis de la protestation sociale, mais la motivation immédiate du passage à l’acte, et notamment, à la grève générale et prolongée, a été à nouveau habilement remplacée par le pouvoir macronien par un retour à la « démerde » individuelle.

 

La « gauche » bureaucratique cégétiste et autre peut tranquillement « remobiliser » sa base sociale pour regagner le terrain perdu dans le partage des subventions et prébendes patronales et étatique, elle ne risque plus le « débordement » du prolétariat smicard qui eut réveillé le « démon rouge » d’une remise en cause du système.

 

S’il existait encore, dans ce pays, une gauche réellement prolétarienne, elle devrait (et même, aurait déjà du, en fait), logiquement, adapter sa stratégie et sa tactique à cet état de fait, et réfléchir au moyen de remobiliser le prolétariat des TPE-PME, mais on constate donc qu’une telle gauche prolétarienne n’existe pas en France, à part quelques individus isolés et inorganisés.

 

Une « force » politiquement inexistante et donc actuellement dans l’incapacité de faire évoluer le rapport de force, qui, lentement mais sûrement, et avec la complicité, objective et de fait, de la gauche actuelle, même « extrême », se reconstitue en faveur du système.

 

Pourtant, ce que prouvent les bons sondages de popularité du mouvement, c’est qu’Acte après Acte, Samedi après Samedi, la flamme du 17 Novembre est loin d’être tout à fait éteinte. La ranimer et lui redonner même un nouvel éclat, en tenant compte de l’analyse et de l’expérience, tel pourrait être le défi que la gauche militante se fixe à elle même pour être à la hauteur de sa responsabilité sociale et historique.

 

Luniterre

 

 

( 1 Structuration économique et sociale en France :

https://artisans.chefdentreprise.com/thematique/actualites-1063/Breves/TPE-326336.htm

https://www.economie.gouv.fr/cedef/chiffres-cles-des-pme

https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/3152833/ENTFRA17.pdf

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2569436?sommaire=2587886

https://www.ouest-france.fr/economie/social/fonctionnaires-combien-sont-ils-combien-gagnent-ils-5301485 )

 

( 2 Les liens et docs CGT :

https://www.cgt.fr/actualites/salaires/pour-un-smic-1-800-eu-il-est-urgent-dagir

https://www.cgt.fr/sites/default/files/2019-01/20190108_Smic1800_Tract_SR_CA.pdf

https://www.cgt.fr/sites/default/files/2018-09/20180911_AugmentationSalaires_4pages.pdf

https://www.cgt.fr/sites/default/files/2019-01/20180108_SalaireBulletin_RectoVerso_SR_CA.pdf )

 

( 3 CICE, CSG, charges sociales :

https://gjles42revendications.wordpress.com/2019/01/15/2019-grand-debat-ou-grand-gaspi/

https://frontdeslaics.wordpress.com/2019/01/27/un-scandale-detat-a-40-milliards-que-les-syndicats-refusent-de-denoncer-pourquoi/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/01/05/unite-cgt-gj-le-baiser-qui-tue/ )

 

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SOURCE :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/02/10/et-si-la-gauche-militante-arretait-de-se-la-raconter-synthese-pour-agoravox/

 

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26 réactions


  • Spartacus Spartacus 11 février 13:43

    « La très grande majorité des prolétaires, smicards et productifs.. »

    L’auteur fait mine de croire que ce serait l’objectif des syndicalistes de s’occuper de ces gens là.

    Mais non, ces gens là n’intéressent pas les syndicats Français.

    Ça cotise mal, l’argent avec eux ça tombe pas du ciel, ils sont critiques, ça remplis pas les caisses et ça comprend pas les privilèges des autres membres majoritaires, les statutaires.

    Ce qui intéresse les syndicats Français se sont les politiques identitaires et corporatistes.

    Les avantages et privilèges a spolier sur les autres. L’emploi a vie comme titre de noblesse qui permet de mieux se servir en premier avec l’état au détriment de la société marchande.

    Ne sont ils pas déjà les 1er privilégiés ? A être subventionnés à 97% et seulement 3% de cotisants. Plus caricatural qu’une blague carembar.

    Les statuts, les avantages catégoriels les intéressent.

    En Italie les syndicats ont manifestés pour la fin des statuts, en France ça manifeste pour accroître les avantages catégoriels. En, plus ce sont des cocos et a contrario des fonctionnaires, le peuple a compris que le communisme est une idéologie de merde.


  • Séraphin Lampion François Pignon 11 février 14:20

    Eh ben comme ça, une fois qu’on aura tué le pianiste, on n’entendra plus rien !

    C’est marrant comme Spartacus trouve son compte dans cette entreprise de démolition !

    Qu’en est-il pour l’auteur de la CFDT, de FO, de la CGC, ?

    Pareil ? A la poubelle ?

    Giléjaunons,donc, occupons les rond-points avec Papy et Mamie, pendant que Foutriquet fait son show.


    • Séraphin Lampion François Pignon 11 février 14:37

      @François Pignon

      Si, depuis vingt ans, il n’existe plus de structures maoïstes en France, les « ex » ont des relents de velléité spontex. Quinquagénaires, voire sexagénaires, ils militent souvent dans des associations, des syndicats ou des partis politiques, surtout chez les Verts ou à la TML, pas comme les anciens maoïstes devenus célèbres, Serge July, Roland Castro, Philippe Sollers, Alain Geismar, Alain Finkielkraut, André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy. 
      L’auteur est moins célèbre, mais issu de la même portée.
      Il suffit de se référer à son « site » pour comprendre.


    • Luniterre 11 février 15:49

      Ce qui est comique, c’est de voir à quel point chacun lit avec ses propres préjugés et interprète en fonction, et parfois très loin du texte, sinon carrément à l’opposé !

      @Spartacus

      L’auteur sans doute le plus anticommuniste d’Agoravox... Mais au moins, avec lui, les choses sont claires, du moins, au départ...

      Ici, partant du préjugé, en l’occurrence justifié, que l’auteur est marxiste, il semble en déduire que l’article serait malgré tout une défense des syndicats actuels en France...

      Alors qu’à l’évidence, il en propose une critique radicale...

      Ce qui n’a pas échappé, par contre, à...

      @François Pignon

      Qui, lui, partant de ses propres préjugés, plutôt favorables aux syndicats, et surtout à la CGT, et d’une manière générale, semble-t-il, au capitalisme d’Etat (  https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-fin-du-marche-libre-212107  ) tente d’abord une assimilation confusionniste, peu fonctionnelle, entre l’article et le point de vue de Spartacus, avant de se raviser et de contre-attaquer sur une nouvelle assimilation, formellement plus « subtile », entre marxisme-léninisme et maoïsme...

      Alors que c’est carrément se poser dans la situation de l’hôpital qui se moque de la charité, vu que cette assimilation est aujourd’hui encore essentiellement entretenue par qui, sinon par les zélateurs du capitalisme d’État chinois, au rang desquels M. François Pignon se range lui-même !!! ( https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-fin-du-marche-libre-212107  )

      Et alors que, par contre, et contrairement à ses sous-entendus, la critique du maoïsme, « spontanéiste » ou non, est l’une des bases théoriques du blog TML... !

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/chine-capitalisme-ou-socialisme-aux-racines-du-maoisme/


      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/


      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/10/de-mao-a-ma-ou-la-philosophie-chinoise-du-capitalisme/


      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/28/le-mensonge-du-maoisme/


      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/


      Luniterre


    • Séraphin Lampion François Pignon 11 février 16:23

      @Luniterre

      vous avez dû mal lire ou mal comprendre mes propos, articles ou commentaires
      je ne suis pas du tout un « partisan » du « capitalisme chinois »
      je dis simplement que ce pays n’est plus communiste depuis longtemps
      que la secte qui dirige la Chine continue à porter un nom (parti communiste) hérité de l’histoire mais aussi trompeur que le mot « démocratie » pour les oligarchies occidentales
      que les mao-spontex ont toujours été des provocateurs et des tordus intellectuellement qui se complaisent à renverser les concepts pour désorienter les na¨fs
      que vous faites partie de cette clique, alliée objective des forces que vous prétendez combattre

      c’est plus clair, petit scarabée ?


    • Luniterre 11 février 17:37

      @François Pignon

      Plus clair ???

      Vous attribuez à cet article un propos « spontanéiste » qui n’est nullement le sien.

      Le spontanéisme du mouvement GJ y est évoqué, et de manière critique, de plus, mais ce n’est pas le sujet de l’article, auquel vous faites donc un procès d’intention, et d’autant plus gratuit qu’il y a, par nature, antagonisme entre spontanéisme et marxisme-léninisme, ce qui était déjà rappelé, précédemment, à propos du mouvement contre la loi travail, qui souffrait aussi de cette tare spontanéiste, un mal français, en quelque sorte...

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/xxx-3-marxisme-leninisme-conscience-spontanee-etou-avant-garde-proletarienne-xxx/

      L’article, en plus, est sur la page d’accueil de TML...

      Dans la mesure où vous ne vous n’exprimez pas du tout clairement, on est donc amenés à supposer que vous voulez opposer « syndicalisme » et « spontanéisme », alors que rien n’empêche le mouvement social de trouver et de construire d’autres formes organisationnelles que les syndicats, et surtout, que les syndicats actuels, qui ont prouvé leur inefficience, en regard des besoins sociaux du plus grand nombre, et notamment, des catégories prolétariennes.

      Luniterre


    • Luniterre 11 février 18:39

      @François Pignon

      Concernant le capitalisme chinois, vous propos sont tout aussi ambigus, dans la mesure ou vous semblez nettement en faire l’apologie, dans votre article déjà cité qui se termine ainsi : 

      « Si les dirigeants occidentaux, économiques et politiques, continuent à montrer leur incapacité à créer des emplois et à assurer une prospérité à long terme pour l’ensemble de la population de leurs pays, le capitalisme d’état prendra progressivement le relais et les idéologues pourront toujours s’interroger sur la nature « socialiste » ou « communiste » de leurs attributs, le système des « marchés libres » aura vécu et ce ne sont pas les luttes entre classes sociales qui l’auront terrassé, mais les contradiction de capitalisme lui-même. L’alternative pertinente n’est pas « capitalisme/socialisme », mais « privé/public ».

      https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-fin-du-marche-libre-212107

      Selon ce dernier propos :

      L’alternative pertinente n’est pas « capitalisme/socialisme », mais « privé/public ».“

      Il semblerait donc que vous faites un parallèle entre une contradiction “public/privé” et une contradiction “capitalisme d’Etat/capitalisme de marché”...

      Ce qui est, dans les deux cas, une vision binaire et simpliste, comme vous le fait remarquer un de vos lecteurs, du reste.

      Dans un environnement de marché, le service public est amené à se modeler sur les critères du marché, précisément pour ne pas être “privatisé” et la différence tend donc à disparaitre, concrètement, et surtout pour l’usager.

      Le “capitalisme d’Etat” n’est pas un système économique par lui-même, mais seulement un secteur économique contrôlé par les finances publiques.

      Selon les Etats, il a plus ou moins d’importance, et, éventuellement, plus ou moins d’influence sur les marchés, mais, en fin de compte, dans un environnement de marché, il doit finir, tôt ou tard, par s’aligner sur les critères du marché.

      Dans la plupart des pays, le secteur “capitaliste d’Etat” n’est jamais qu’un des aspects du capitalisme “monopoliste” d’Etat, dans lequel l’Etat est au service des monopoles.

      En Chine, l’Etat est au service des monopoles chinois, tout comme L’Etat français est au service des monopoles français, l’Etat US au service des monopoles US, etc...

      Cela n’exclut pas des interférences entre puissances monopolistes, comme entre la France et l’Allemagne, etc...

      Et de plus, il y a encore de nombreuse interférences,et même, interdépendances, entre capital US et chinois, etc...


      C’est votre définition, au départ, qui est schématique, simpliste, et même fausse, en posant le “capitalisme d’Etat” pour un système en soi... Une erreur effectivement très répandue dans la gauche française... :

      Le « capitalisme d’état » est un système économique dans lequel l’état est le principal acteur, et dans lequel les marchés sont des outils au service d’une politique, alors que dans les économies de marché », c’est l’état qui est au service de la politique des principaux groupes industriels et financiers, le plus souvent des multinationale, qui contrôlent les marchés.”

      (Extrait de votre article cité :

      https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-fin-du-marche-libre-212107 )


      Luniterre


    • Alren Alren 11 février 19:54

      @Luniterre

      Vous évoquez la désagrégation du mouvement des Gilets jaunes sans voir que la stupide violence de Macron a ouvert définitivement les yeux à ceux qui ont été témoins de ces provocations policières et qu’ils savent que désormais ce gouvernement est leur ennemi.

      Or contre l’ennemi, on fait front commun, l’Union sacrée, comme en 14-18 et on ne se rend pas.


    • Luniterre 11 février 21:22

      @Alren

      « Or contre l’ennemi, on fait front commun, l’Union sacrée, comme en 14-18 et on ne se rend pas. »

      Une formule...

      En 1914 l’Union Sacrée est l’un des facteurs essentiels qui ont permis l’ouverture de la Grande Boucherie Humaine qui allait durer 4 ans...

      Une boucherie qui n’était pas forcément indispensable au bonheur de l’humanité...

      La référence n’est donc pas vraiment appropriée...

      Macron est le visage d’une politique particulièrement rétrograde, mais il n’en est précisément que le visage. Ce n’est pas seulement le visage qu’il faut changer, mais la politique elle-même.

      L’essentiel est donc dans la perspective politique à ouvrir. La masse des sympathisants du 17 Novembre reviendra dans l’action lorsqu’une perspective claire se dessinera, ce qui n’est pas le cas actuellement.

      Le premier pas, c’est la constitution d’une plateforme revendicative répondant aux besoins sociaux du plus grand nombre. C’est ce qui pourrait être la base de l’Union Sacrée contre l’ennemi actuel. C’est ce que dit l’article, et ce n’est pas ce qui est en train de se produire, avec le retour des syndicats kollabos dans le mouvement.

      Luniterre


  • aimable 11 février 15:39

    Actuellement , il suffit d’assurer un service minimum , le nombre importe peu , le but est de rester visible .

    La mobilisation sera d’autan plus forte si les solutions apportées au revendications suite au grand débat font montre d’un grand mépris de la part des dirigeant politiques vis a vis des gilets jaunes .


    • Séraphin Lampion François Pignon 11 février 15:45

      @aimable

      comment pourrait-il en être autrement ?
      donc, pour vous, il suffit d’attendre les lendemains qui chantent et le grand soir ?


    • aimable 11 février 16:15

      @François Pignon
      Perso je pense qu’il n’a rien a attendre de ces débats mais si vis a vis des soutiens il faut attendre le résultat , alors attendons avec un service minimum pour ne pas être oubliés , cela donnera beaucoup plus de légitimité pour l’après .


  • bernard29 bernard29 11 février 18:05

     votre analyse sur le syndicalisme est tout à fait pertinente, mais je crois aussi que la crise actuelle, que révèle le mouvement des Gilets jaunes n’est pas seulement sociale. En particulier les revendications sur une démocratie renouvelée prouvent que l’angoisse existentielle porte sur de nombreux sujets. Aussi j’aimerais savoir ce que vous pensez de la proposition de Berger de la CFDT, pour un Grenelle du « pouvoir vivre » ouvert plus largement qu’aux seules centrales syndicales, avec des états généraux au niveau des régions.


  • Le421 Le421 11 février 20:45

    Jamais au grand jamais, la paupérisation des travailleurs et la précarité de l’emploi n’a sévit comme maintenant.

    Donc, il y a une très grande masse de gens qui ne manifestent pas, souvent à cause des menaces directes ce qui est formellement interdit par la loi, au passage mais n’en pensent pas moins.

    Aujourd’hui, s’exprimer est un risque social quand ce n’est pas carrément un danger physique, compte tenu de l’impunité dont jouissent les sicaires du gouvernement. Je ne parle plus, volontairement, de « forces de l’ordre »...


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