mardi 5 mars - par Philippe Khalfine

États-Unis : Le revers de l’intervention russe

Les élections présidentielles de 2016 aux États-Unis ont la réputation de remporter le président le plus ambigu qu'ils auraient pu imaginer. C'est ainsi qu'a commencé l'apogée de l'intervention russe.

Les adversaires de Donald Trump ne pouvaient pas comprendre comment il pouvait gagner. Il semblait que la démocratie avait échoué et la seule explication des résultats des élections était une ingérence de la Russie. Six mois plus tard, Robert Muller est devenu le chef d'une enquête à grande échelle, qui s'est transformée en un scandale historique. Pourquoi ? Parce que des centaines d'interrogatoires, des piles de documents secrets et des millions de dollars provenant du budget de l'État n'ont rien donné : Müller n'a pas pu trouver un seul lien entre Trump et Moscou.

L’enquête a toutefois donné lieu à une tendance très ambiguë, qui a rapidement traversé l’Atlantique pour se rendre en Europe, où les politiciens et les médias, comme s’ils voulaient se conformer à la règle, ont commencé à faire écho aux Américains, évoquant une intervention russe. On en parle en Allemagne et au Royaume-Uni, ils n'en parlent pas moins dans les pays d'Europe orientale et dans les États baltes, et à l'approche des élections au Parlement européen, ces conversations sont devenues plus intenses et les accusations sont plus radicales.

Cependant, ne changez pas votre vigilance sur la paranoïa. Bien sûr, les publications que chacun de nous lit quotidiennement sont responsables des informations qu’elles nous fournissent, mais nous devons également faire preuve de bon sens. Parfois, il ne suffit pas de regarder le fil de nouvelles. Nous devons réfléchir aux matériaux et, si nous analysons la moyenne des informations sur les interventions russes, nous pourrons faire une découverte intéressante. Le fait est que nous ne recevons aucun détail sur ce que l’on entend par intervention. Ici, vous pouvez discuter en vous rappelant des cyberattaques ou de la propagande. Oui, on nous parle souvent de cela, mais nous voyons des accusations, des démarches politiques, des déclarations et des commentaires, mais nous ne voyons aucune preuve.

On a l'impression que quelqu'un nous prend pour des imbéciles ou croit sincèrement que les gens, absorbés par leurs problèmes, ne poseront pas de questions sans réponses précises. En conséquence, on peut dire que l’intervention russe est la plus grande source de désinformation, mais à qui et surtout, pourquoi est-elle nécessaire ?

En fait, la réponse à cette question est prosaïque. Il suffit de regarder le fait qu’en 2019, l’Europe est prête à consacrer au moins 5 millions d’euros à la lutte contre la propagande russe. C'est un problème de sécurité, dites-vous. Mais pensez à quoi exactement vous êtes protégé et comment ? Où est le résultat final de cette activité ? D'année en année, le budget perdra des millions de dollars envoyés pour lutter contre un mirage et on nous parlera encore de l'intervention russe. Ce n'est pas une question de sécurité, mais un moyen d'enrichir quelqu'un aux dépens des contribuables.

Quant aux résultats, ils ont été parfaitement démontrés par les États-Unis. Au moment de faire connaître les résultats de l’enquête Muller, il s’est avéré qu’il n’y avait rien à dire. C’est l’intervention russe - effrayante, mais évidemment exagérée. Mais tandis que les États-Unis regardaient le scandale, le pays, déclaré l'observateur politique américain Tucker Carlson, a commencé à rappeler à la Russie l'époque de Boris Eltsine. L'Europe devrait-elle vraiment sombrer à ce niveau ?

Source : https://realbomb.info/2019/03/05/the-reverse-side-of-russian-intervention/



2 réactions


  • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 5 mars 13:11

    Sur ce sujet, les médias d’Europe n’ont servi que de chambre d’écho aux médias des US.

    Voyez que c’est vrai ! Même les européens en parlent !

    L’unique raison pour cette ribambelle de tentatives de provocations tous azimuts est simple à pleurer : L’économie américaine s’est construite en s’appuyant sur l’ex-URSS avec un fondement de guerre permanente.

    Aujourd’hui encore, le secteur de la guerre est fondamental au bon fonctionnement du pays outre les dépenses d’armement et de personnel, une bonne partie des innovations militaires se déversent dans le secteur privé.

    Donc depuis 1989, les USA se doivent d’être actifs militairement : Yougoslavie, Somalie, Irak-Afganistan, Syrie... Il s’agit simplement de continuer à trouver des ennemis même si cela vire au ridicule : Russie, Venezuela, Corée du Nord, Iran...

    Ca marche bien depuis 1989, malgré tout, malgré les promesses de Trump... pourquoi changer ?


  • Eric F Eric F 6 mars 10:04

    Il ne faut pas être naïf ni dans un sens, ni dans l’autre. Il y a évidemment des actions de « communication » (propagande) et d’« information » (espionnage) entre blocs.

    Par ailleurs, on peut comprendre que Trump, qui s’était présenté lors de la campagne présidentielle

    comme non-interventionniste et relativement multilatéraliste (sauf sur le conflit I/P), ait été considéré par Moscou comme préférable à H Clinton, qui avait été en pointe sur les dossiers ukrainiens et syrien. Donc il a pu y avoir des « commentaires favorables » à son égard et défavorables envers son adversaires dans les relais de communication pro-russes (*). Mais une collusion explicite entre le clan Trump et des services russes relève du fantasme, d’une part il est trop indépendant pour se lier les mains, et d’autre part il n’est pas spécialement pro-Russe. Ce qui n’exclut pas qu’il y ait eu des contacts ...sans engagement.

    (*) on constate aussi de tels relais sur Agoravox, site d’information « alternative » smiley


Réagir