lundi 27 mai 2019 - par Eric F

Européennes 2019 en France : Triple Sanction

Les résultats des élections européennes du 26 Mai en France, marquent une triple sanction (cf article sur les types de votes, ref 1) : à l’encontre de l’UE telle qu’elle fonctionne actuellement, à l’encontre de Macron et son gouvernement, et plus largement à l’encontre du libéralisme financier mondialisé dont ils sont les exécutants. Concernant les deux principales listes, les résultats sont dans la lignée de ce que les sondages prédisaient (réf 2).
Le taux de participation plus fort qu’en 2009 et 2014 accentue la représentativité des résultats (réf 3).

 

Sanction du fonctionnement actuel de l’UE

Toutes les listes pour cette élection européenne ont parlé de changer l’Europe, aucune n’a défendu l’idée qu’elle est bien telle qu’elle est. Mais les listes UEphiles préconisent d'aller plus loin dans le même sens (élargissements, fédéralisme, défense et diplomatie commune...) et font miroiter des illusions (ainsi un smic national sans aucune convergence sociale ne fera que geler les écarts entre pays). Certains parlent d’Europe à plusieurs vitesses, mais s’il s’agit de mettre davantage de contraintes pour les uns (dont la France), tout en laissant aux autres l’accès au marché unique, c’est une Europe de dupes. La Liste LREM/Modem qui est la principale force pro-UE, rassemblant du centre gauche jusqu’à la droite libérale, n’est pas parvenue, malgré la « dramatisation » de fin de campagne, à arriver en tête, et son score est très en deçà de celui des législatives, c’est un désaveux sur ce point.

Pour les eurocritiques, l’UE actuelle est une « Europe des marchands et des financiers », avec un « marché unique » mais sans harmonisation fiscale et sociale, donnant lieu à des disparités (dumping, paradisage fiscal, lobbying institutionnalisé…).
Le premier parti en nombre de suffrages avec plus de 23 % est le Rassemblement National, qui a mené une campagne très eurocritique, même si ce parti ne préconise plus une sortie de l’Union, ni même de l’€uro. Cela correspond au sentiment général dans le pays, qui considère que les économies européennes sont imbriquées, et que face aux autres blocs, pour un pays comme le nôtre mieux vaut une zone de coopération, mais prenant en compte l’intérêt des peuples, qui doivent pour cela reprendre une part de souveraineté.
La France Insoumise a fortement reculé depuis les présidentielles, mais représente l’aile eurocritique de la gauche, avec les petits partis plus extrêmes.

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D’autres listes souverainistes étaient en lice : DLF, Patriotes, UPR, GJ, etc. mais leur division a éparpillé les suffrages et ne conduit à aucun élu, même si le total atteint voire dépasse 10 % (voir ref1 concernant la notion de « vote utile »).

 

Sanction à l’encontre de Macron et du gouvernement

Le fait que la majorité ne recueille qu’environ 22 %, malgré le forcing et la dramatisation, est une sanction du pouvoir actuel. En outre, les partis d’ « opposition modérée » LR et PS ont eux-même connu une déconfiture électorale historique. c’est donc l’ensemble des courants eurolibéraux qui sont en échec, sous les 40 % au total.

Paradoxalement, le mouvement des Gilets Jaunes a eu peu d’influence sur les grandes tendances par rapport à la situation de début novembre 2018, si ce n’est une accentuation de la bipolatisation LREM/RN surtout dans les dernières semaines (voir diagramme ref 2). La « protestation » de la rue n’a pas donné lieu à recomposition, et une hypothétique liste GJ qui semblait prometteuse en janvier a finalement donné lieu à des micro listes sans audience significative. Globalement le RN semble avoir hérité de la dynamique du courant protestataire

Macron avait tenté de « reprendre la main » par les mesures annoncées le 10 Décembre (prime d’activité, baisse CSG sur moyennes retraites…) et suite au Grand Débat (réindexation petites retraites, baisse de la première tranche d’IR…). Mais il s’agit de mesures catégorielles, s’adressant notamment à des catégories qui lui sont défavorables, au lieu de mesures générales profitables à tous (baisse TVA sur produits de premières nécessité, réindexation de toutes les retraites, RIC…). De ce fait, une partie de son coeur de cible électoral n’ayant profité ni des mesures en faveurs des très riches ni de celles en faveurs des assez modestes n’a pas été motivée pour apporter son soutien dans l’urne, et certains ont même émis un vote protestataire.

 

Sanction à l’encontre du libéralisme financier mondialisé

De manière générale, la France reste un des derniers pays d’Europe réticent au modèle libéral, surtout dans sa variante mondialisée. Lors de l’élection de Macron, les observateurs étrangers avaient cru que les Français prenaient [enfin] les rails du modèle dominant. Cette « divine surprise » pour les thuriféraires de Davos était en fait un trompe l’œil, les « réformes » (en fait contre-réformes) de début de quinquennat ont été prises sans déclencher les mouvements de contestation qu’avaient connus les lois travail du quinquennat précédent, mais les impacts négatifs sur le pouvoir d’achat et l’activité économique n’ont pas tardé à accroître l’hostilité d’une part croissante de la population. La perspective de hausse de taxes sur les carburants dont les prix mondiaux augmentaient fortement a déclenché en Novembre dernier la colère des Gilets Jaunes, largement soutenue par l’opinion. Mais c’est bien plus largement la politique générale néolibérale qui était rejetée, comme ayant augmenté les inégalités, au profit des très riches (d’où le « totem » du retour de l’ISF). Dans la jeunesse, le vote de gauche a donné place à un vote écologiste et altermondialiste. Même si c’est utopique, c’est bien la mondialisation libérale qui est sanctionnée.

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Conclusion 

On voit que le clivage traditionnelle droite-gauche a vécu et que prédominent désormais de nouveaux clivages : eurolibéralisme mondialisé vs nations, économie traditionnelle vs écologie. Pour l’instant souverainisme et écologie paraissent aux antipodes idéologiques, et pourtant il existe une convergence réaliste : une économie locale et durable, plutôt que le gaspillage consumériste mondialisé.

 

ref 1 : types de scrutin : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/vote-d-adhesion-vote-barrage-vote-215202

ref 2 : historique des sondages pour les européennes https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sondages_sur_les_%C3%A9lections_europ%C3%A9ennes_de_2019_en_France.svg?uselang=fr

ref 3 : résultats : https://www.lemonde.fr/international/live/2019/05/26/elections-europeennes-2019-suivez-la-soiree-electorale-en-direct_5467528_3210.html



129 réactions


    • troletbuse troletbuse 27 mai 2019 10:29

      @Olivier Perriet
      Tiens,pour une fois, vous n’avez pas tort smiley


    • Eric F Eric F 27 mai 2019 10:59

      @Olivier Perriet
      Même si je n’utiliserais pas l’expression « pour de rire », c’est en effet un scrutin dont l’enjeu n’est pas fondamental, c’est pour cela qu’il sert de baromètre et d’exutoire. Macron avait lui-même transformé l’élection en plébiscite (« moi ou le démon »), et a perdu -certes de peu, mais son parti avait été en tête des sondages de janvier à début mai-


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 27 mai 2019 11:07

      @troletbuse

      Pourquoi vous avez voté Médor ?

      ça ne me surprendrait pas smiley

      Il y avait aussi un parti islamiste rien que pour vous.


    • troletbuse troletbuse 27 mai 2019 11:30

      @Olivier Perriet
      Islamiste ? Ah bon. On ne voit pas de la même façon. Il aurait du avoir plus de voix alors.


  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 27 mai 2019 13:29

    Ces élections étaient inutiles pour le peuple français (et pour les peuples européens) mais ô combien salutaires pour les Empires financiers qui gagnent encore un statu quo de 5 ans !

    Le fait que Macron a eu des sièges après plus de six mois de contestation populaire, cela prouve que le peuple français est fortement dispersé et même déconnecté de la raison pour adopter des attitudes irrationnelles, la démocratie n’est plus !

    Il y aura de la parlote, beaucoup de parlote à Strasbourg, mais ...pour rien !


    • Eric F Eric F 27 mai 2019 14:53

      @Mohammed MADJOUR
      « Macron a eu des sièges après plus de six mois de contestation populaire »
      Sa liste n’a recueilli que 22% des suffrages exprimés, donc plus des 3/4 des électeurs ont voté contre. Il est vrai qu’il y a une forte dispersion des opinions, mais c’est ça le pluralisme.
      Le Parlement Européen n’a pas un rôle majeur, puisque presque tout est convenu au conseil des chefs d’états et de gouvernement et à la commission. Et surtout, les partis de droite modérée et de gauche modérée font une « grande coalition » pour approuver systématiquement. Il devront désormais faire une encore plus large coalition pour intégrer le centre, qui est évidemment d’accord sur l’essentiel.


    • Legestr glaz Legestr glaz 28 mai 2019 08:57

      @Eric F
      Les orientations de politiques économiques sont figées dans les traités signés par les Etats membres. Même les chefs d’Etat et de gouvernement doivent suivre la ligne économique tracée dans les traités.

      l’Union européenne est davantage une organisation intégrée au service d’un véritable « projet » parfaitement « autonome », annoncé et lisible. Ce « projet » n’est pas défini, modifié, adapté par les Etats au fil de leurs réunions, non ! Il est figé dans le marbre du traité lui-même  ! Les traités confèrent ainsi à l’Union européenne tout à la fois son contenu et son contenant, les organes et procédures institutionnelles et la feuille de route qu’ils doivent mettre en œuvre. Ces orientations programmatiques de l’Union européenne, du fait qu’elles sont intégrées aux traités sont « gelées », bien moins révisables qu’une norme constitutionnelle de niveau national. Une constitution nationale peut toujours être révisée par les trois cinquièmes du Parlement en France, réuni en congrès. En revanche, le droit primaire ne peut être modifié que par la révision du traité par un autre traité lequel doit réunir l’accord des institutions européennes et de tous les Etats membres, à l’unanimité


    • Eric F Eric F 29 mai 2019 23:27

      @Legestr glaz
      « Même les chefs d’Etat et de gouvernement doivent suivre la ligne économique tracée dans les traités »

      On tourne en rond, les traités ce sont les chefs d’état qui les ont approuvés et qui peuvent les modifier, par exemple le traité de Lisbonne n’est pas tombé du ciel à leur corps défendant, ni le traité Merkozy.


  • zygzornifle zygzornifle 27 mai 2019 13:39

    Macron battu quel pied mais mitigé car il aurait du se faire racler grave , je me demande s’il n’y a pas eu un bourrage des urnes par la liste du monarque c’est bien dans le style du personnage ....

    Écolo en 3é j’ai peur , ce sont des illuminatis et dans un mois ça va reparler de taxe carbone et autres taxes qui vont appauvrir la population précaire , ils sont sans pitié , j’ai il y a un certain temps roulé pour eux et l’ai arrêté car déjà ils passaient leur temps a baiser comme des lapins et a se critiquer ....


    • Eric F Eric F 27 mai 2019 14:47

      @zygzornifle
      A peine plus de 22%, ce n’est pas du bourrage d’urnes, surtout que Macron a rameuté l’ensemble des pro-UE et des anti-RN pour sa cause. Il a même réussi à engranger la majorité chez les diplômés-retraités, les cocus de sa politique.
      Concernant les « verts », leur succès est grand dans la jeunesse, la cause écologiste ayant remplacé la cause sociale dans leurs préoccupations. Vous avez raison de craindre un retour de la taxe carbone, l’assemblée citoyenne sur le sujet de l’écologie va certainement être prise en main par des militants, comme c’est le cas dans ce genre de groupe de travail qui cherche à faire du zèle pour laisser une trace (on se souvient des « propositions pour la refondation de l’intégration » sous Ayrault).


    • baldis30 27 mai 2019 15:58

      @zygzornifle

      re...
      « bourrage des urnes par la liste du monarque c’est bien dans le style du personnage .... »
      Ô la vilaine supposition ... c’est très vilain ....  smiley 
      Pour le reste je pense vous avoir répondu par ailleurs ...


  • William 27 mai 2019 13:51

    En tout cas il est clair que la dispersion de nombreux votes sur les 28 listes qui n’auront aucun élu est un succès tactique de la liste présidentielle, qui a à peine plus de 22% des suffrages exprimés, mais 30% des sièges. En outre cette tactique de division conduit à l’absence d’alternative pour 2022, la gauche est divisée et la droite conservatrice laminée.

    Donc les média vont minimiser l’échec électoral et la sanction, et parler d’habileté tactique (notamment l’appel du pied aux écologistes).


    • baldis30 27 mai 2019 16:08

      @William

      bonjour,
       11% des inscrits et 30 % des sièges ..... 
      Il eut été logique que compte tenu de l’abstention et des votes blancs la moitié des sièges ne soit pas pourvue ... 
      Ô j’entends le ... « qui ne dit mot consent ! » des profiteurs ... ! alors que la moitié n’ont exprimé que leur mépris vis-à-vis de méthodes de loubards que même la mafia la plus sanglante n’ose plus utiliser !
      Les politiciens oublient que les grandes douleurs sont muettes ! Un jour la douleur est si intense que le cri unanime couvre le brouhaha des discussions feutrées, verre en main autour d’une cheminée et des parlotes du bar des Sports, derrière un énième pastis !


    • Fergus Fergus 27 mai 2019 16:39

      Bonjour, baldis30

      « Il eut été logique que compte tenu de l’abstention et des votes blancs la moitié des sièges ne soit pas pourvue »

       smiley Dans ce cas aucun pays occidental démocratique ne serait gouverné : mis à part les pays où le vote est obligatoire, la France est l’un de ceux où l’on vote le plus !


    • baldis30 27 mai 2019 20:41

      @Fergus

      bonsoir,
       personne n’a osé le faire ? est-il anti-démocratique de ne pas payer des représentants dont on a estimé qu’ils n’étaient pas dignes même d’un vote de sanction ! ...
      Et si la question était mise au référendum ?
      Ensuite si vous tenez à ce que tous les sièges soient occupés rien n’interdit de recommencer un deuxième voir un troisième s’il le faut MAIS ... car il y a un mais  : les candidats éliminés lors des tours précédents écopent d’une inéligibilité de plusieurs années quelle que soit leur liste d’appartenance .......


    • Eric F Eric F 27 mai 2019 20:45

      @baldis30
      Il y a eu moins d’abstention cette année que lors des européennes précédentes, et on ne sait strictement pas la proportion de ceux qui s’en foutent par rapport à ceux qui rejettent le système. Les grandes envolées sur l’irrésistible subversion populaire n’ont pas eu de suite (on nous annonçait en février une grève générale), en tout cas il y avait la possibilité d’exprimer la protestation dans l’urne, ceux qui s’en privent ne font pas avancer leur cause et avalisent de facto le résultat quel qu’il soit. 

      Ne pas pourvoir des sièges en fonction du taux de participation, pourquoi pas si cela figure dans les règles électorales, mais dans le cas du présent scrutin européen, des sièges français vides alors que les autres pays font du remplissage, ce ne serait certainement pas une bonne affaire.


  • bob de lyon 28 mai 2019 10:07

    Divagations :

    - Le Parti socialiste peut dire merci à sa géniale boîte à idées : Terra Nova ! Grâce à elle, il a perdu les classes populaires. L’ambition de François Mitterrand fut de laminer et d’éteindre le PCF, c’est fait mais c’est leur tour d’être moribond.

    - Jean-Luc Mélanchon, sa générosité ambitieuse et bienveillante pour l’accueil des migrants (cela peut se comprendre mais pas dans cette période : trop tard ou trop tôt – cf le PCF), son soutien en pointillé aux gilets jaunes, sans oublier ses élans caractériels le renvoient sur le pas de porte. Dommage parce que quelques idées de son parti sont intéressantes…

    - Les Républicains ont perdu la clef de contact du gaullisme… Êtonnant et troublant de la part de monsieur Wauquiez qui fit un beau parcours d’études dans l’enseignement supérieur (notamment en histoire)… N’aurait-il pas compris que la France n’est plus aussi catho et que ce pays est profondément laïc ? Curieuse cécité.

    - LREM, et Madame Loiseau, et Monsieur Macron, c’est une petite défaite mais une défaite quand même ; l’expression Président des riches est confirmée par les lieux de ses meilleurs scores ; Emmanuel Macron va ramer… il deviendra (peut-être) moins verbeux ; un avantage : nous serons dispensés d’écouter ses tirades pseudo philosophiques d’étudiant de fin de cycle (là, je rêve !).

    - Le PCF ; même Madame Lambert et son mari n’y pourront rien. De profondis. Quand j’étais jeune j’y ai cru mais à vouloir trop parler d’accueil de migrants, de prôner la richesse de la diversité - d’y croire naïvement - et d’oublier le reste dans cette période de repli c’est un déni électoralement coûteux.

    - « Madame Le Pen, prochain voyage : Moscou et pourquoi ? » C’est une question ouverte.

    - L’écologie ! J’attends de comprendre comment Monsieur Yannick Jadot va conjuguer augmentation de croissance souhaitable (ultra-libéralisme qu’il affirme sauf erreur de ma part) et augmentation de l’offre énergétique nécessaire et au moindre coût sans passer par la case nucléaire… Beaux débats en perspective…

     

    Enfin ce que j’en dis…


    • Eric F Eric F 28 mai 2019 10:56

      @bob de lyon
      Merci de cet intéressant panorama, je suis assez d’accord dans les grandes lignes.

      Concernant Terra Nova, je pense que cette officine a contribué à faire le lit du macronisme, même s’il a fortement bémolisé le progressisme sociétal et le multiculturalisme, pour racoler l’électorat conservateur.

      A propos de Mélenchon, c’est le meilleur orateur politique, et son aspect un peu caractériel ne nuit pas à son image auprès de son électorat. Mais à brandir l’écologie, il a fait la courte échelle aux verts dont c’est la raison d’être, et pour ce qui est de la composante populiste, elle est incompatible avec son multiculturaliste, et cet électorat a été voir sur le trottoir d’en face.

      Wauquiez n’avait à mon avis guère d’autre choix que le conservatisme, car la composante « libérale » de la droite avait rejoint Macron (ou l’UDI), et la composante populaire avait rejoint le RN (ou DLR). Finalement LR est un peu dans la même situation que le PS, coincé sur sa droite et sur sa gauche.

      Concernant Macron et « En Marche », je retiens votre phrase, qui va dans le sens de ce que j’ai essayé d’exprimer dans cet article " c’est une petite défaite mais une défaite quand même" -disons que j’ai insisté sur la seconde partie de la formule, alors que les médias insistent sur la première.

      L’écologie a créé la surprise, mais son score en 2009 était encore supérieur, les « européennes »

      favorisant traditionnellement à la fois les souverainistes et les écologistes. Ceci dit, le ralliement de la jeunesse semble un fait établi, et il faudra en tenir compte pour les futures « recompositions » (Macron du reste est tout sourire, alors que ce n’était pas un point marquant de son programme). Jadot a montré que le style nunuche n’est pas forcément un inconvénient dans ce créneau, mais l’écologisme idéaliste n’a jamais été un programme de gouvernement.


    • bob de lyon 28 mai 2019 14:06

      @Eric F
      Je suis d’accord.


    • leypanou 28 mai 2019 15:09

      @Eric F
      A propos de Mélenchon, c’est le meilleur orateur politique, et son aspect un peu caractériel ne nuit pas à son image auprès de son électorat. Mais à brandir l’écologie, il a fait la courte échelle aux verts dont c’est la raison d’être, et pour ce qui est de la composante populiste, elle est incompatible avec son multiculturaliste, et cet électorat a été voir sur le trottoir d’en face 

       : vous avez résumé là l’impasse dans laquelle se trouve LFI, impasse dont elle risque de ne pas pouvoir sortir.

      Car « l’Aquarius sauve des vies » peut faire élire député des Bouches-du-Rhône, mais ce sont des millions de voix de petites gens qui ont du mal à boucler leur fin du mois en moins.

      De la même manière, « on n’a plus que 12 ans pour changer de cap pour la planète », c’est comme vous dites faire la courte échelle pour EELV qui apparemment a semblé plus crédible aux gens sur la question.


  • BA 29 mai 2019 08:50

    Réunion du Groupe Bilderberg : le grand chef de l’OTAN sera à Montreux.


    Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, sera présent à Montreux de jeudi à dimanche. Envoyé par Donald Trump, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo devrait également rejoindre la réunion.


    https://www.24heures.ch/economie/le-grand-chef-de-l-otan-sera-a-montreux/story/12916626


    Emmanuel Macron a participé à la réunion du Groupe Bilderberg en 2014. Son premier Ministre est Edouard Philippe, qui avait participé à Bilderberg 2016. Son ministre de l’Education Nationale est Jean-Michel Blanquer, Bilderberg 2018. Son ministre de l’Economie est Bruno Le Maire, qui participera à Bilderberg 2019 dès demain.


    Les vassaux des Etats-Unis vont se réunir autour de leur suzerain lors de la réunion du Groupe Bilderberg 2019 :


    Castries, Henri de, Institut Montaigne


    Azoulay, Audrey, Parti Socialiste, ancienne ministre de François Hollande


    Barbizet, Patricia, société financière Temaris & Associés


    Beaune, Clément, conseiller Europe du président de la République Emmanuel Macron


    Buberl, Thomas, patron des assurances AXA


    Caine, Patrice, patron de l’entreprise THALES


    Godement, François, institut Montaigne


    Le Maire, Bruno, ministre de l’Economie et des Finances


    Nora, Dominique, éditorialiste de l’hebdomadaire L’Obs


    Pouyanné, Patrick, patron de TOTAL


    Ces 10 caniches des Etats-Unis seront présents du jeudi 30 mai au dimanche 2 juin 2019 à Montreux, en Suisse, à la réunion du Groupe Bilderberg.


    Rappel : le traité de Rome a été signé en 1957. Le traité de Rome marque le début de la construction européenne. Il a été conçu par des hommes politiques occidentaux qui étaient soumis aux Etats-Unis, par des grands banquiers, par des patrons de grandes entreprises multinationales, par des diplomates étatsuniens, et par des militaires membres de l’OTAN.


    Dès le début de la construction européenne, le traité de Rome était voulu par les Etats-Unis.


    Une citation très importante :


    « Je pense que vous pourriez dire, déclara un jour le diplomate américain George McGhee, que le traité de Rome, qui a créé le Marché commun, a été mûri pendant ces réunions de Bilderberg et aidé par le flot de nos discussions. »


    Source :


    « L’Europe sociale n’aura pas lieu », de François Denord et Antoine Schwartz, édition Raisons d’agir, page 40.


  • alinea alinea 29 mai 2019 09:45

    Pendant la nuit le « H » s’est transformé en « F » !! on s’y perd quand on a plein de pseudos ! smiley


    • Eric F Eric F 29 mai 2019 20:58

      @alinea
      Votre ironie est sans doute une allusion au blogueur Eric.H qui a récemment publié un article sur les aides sociales (j’avais aussi remarqué la similitude de pseudo), mais il n’y a strictement aucun lien entre nous, sinon le même prénom et se différencier par une lettre. Il ne doit du reste pas être possible de changer le pseudo de l’auteur d’un article et de commentaires.


    • alinea alinea 29 mai 2019 21:03

      @Eric F
      Oui j’ai fais une confusion atroce !! j’avais mémorisé que « H » était en bandeau ; vous, je vous connais !!!
      Acceptez mes piteuses excuses !


    • Eric F Eric F 29 mai 2019 21:25

      @alinea
      Pas de problème, je m’étais d’abord demandé à quoi vous faisiez allusion.


  • William 2 juin 2019 10:25

    Si on regarde le panorama des divers articles et éditoriaux, ils sont davantage axés sur la position stratégique favorable de Macron que sur son échec à propulser sa liste à la première place. Sarko avait fait un meilleur score en 2009 face à une gauche alors divisée, ce qui ne l’a pas empêché d’être battu en 2012.

    Le camp Macron battu dans les urnes, mais présenté en vainqueur dans les gazettes !


    • Eric F Eric F 2 juin 2019 18:35

      @William
      Effectivement, c’est la pierre philosophale politicienne qui transforme le plomb d’une défaite -certes limitée, mais conforme aux sondages- en or de la victoire future. Résultat il ne changera rien à sa ligne générale de contre-réforme, juste tempérée par des compensations catégorielles financées par la dette. Un petit rattrapage en 2021 pour ceux qui ont été floués jusque là, et roule ma poule.

      A propos des « gazettes » (belle formulation), je n’avais jamais assisté à un tel soutien à la politique du gouvernement en place, ni sous Chirac, ni sous Sarko, ni sous Hollande, par exemple quand on nous ressasse que le pouvoir d’achat augmente (méthode Coué) ou que l’emploi industriel repart (en attendant le lendemain des élections pour informer sur les plans sociaux). On nous pousse au tout électrique -même la bagnole-, et hop le courant augmente de 6% (on parle même d’un rattrapage supplémentaire en aout). Mais certains en redemandent en votant écolo, Bercy se frotte les mains.


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