samedi 20 février - par Roland Gérard

Faux et vrais combats pour l’éducation

Pourquoi les syndicats enseignants : Snu-ipp, Sgen-Cfdt, Unsa Éducation, FO et les associations : Ligue de l’Enseignement, l’OCCE et la FCPE, sortent-ils l’artillerie lourde contre les trois pauvres écoles hors-contrat du département des Hautes-Pyrénées, et contre l’instruction en famille ?

Une motion très surprenante

De très nombreuses enseignantes et enseignants, ainsi que des citoyens impliqués dans l’éducation sont très choqués dans les Hautes-Pyrénées suite à une conférence de presse organisée le 10 février par plusieurs syndicats d’enseignants et associations impliquées dans l’école publique. Le sujet c’était de faire connaître à la presse une motion destinée au Conseil Départemental de l’Éducation Nationale (CDEN). Cette motion consiste à alerter les autorités sur le fonctionnement soi-disant « opaque » de ces écoles. Juste avant la conférence de presse plusieurs personnes proches de ces écoles, venues pour s’informeront été invitées à quitter les lieux.

Qu’est-ce que « la communauté éducative » ?

Nous pouvons lire dans la motion « … De même, la progression des effectifs de l’école Steiner de Bagnères inquiète la municipalité, mais aussi la Présidente du Conseil Régional, ainsi que toute la communauté éducative,… ». Nous sommes nombreux en France à nous considérer membre de « la communauté éducative » et à ne pas accepter ces jugements et ces comportements hostiles. Quand on se considère porte-parole de la communauté éducative, la moindre des choses serait de participer à la créer cette communauté. La créer en accueillant et en écoutant, certainement pas en excluant d’une conférence de presse des personnes d’autant plus membres de la communauté éducative qu’elles sont elles-mêmes enseignantes du public. Mais là aussi sans doute il faut distinguer entre les bons enseignants du public et les autres… Quand on utilise deux fois le mot « transparence  » dans une motion on ne devrait pas exclure quatre ou cinq personnes d’une conférence de presse… Est-ce qu’on fait ça aux membres de sa communauté ? Ont-ils peur de quelque chose ? Qui décide quelles sont les personnes qui sont de la communauté et celles qui ne le sont pas ? Où sont les dogmatiques ?

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« Joie d’apprendre, émancipation … » ?

La motion dit encore :« Pour toutes nos organisations, seul l’enseignement public peut réunir les enfants et adolescents, quels que soient le rang social, les croyances et l’origine de leurs parents, pour leur faire partager la joie d’apprendre… ». Il suffit d’interroger des élèves ou d’anciens élèves des écoles publiques ou sous contrat, ce que nous sommes pratiquement toutes et tous, pour savoir que le mot « joie d’apprendre » ne vient dans aucune bouche. La joie d’apprendre à l’école telle qu’on la connait, on la vit de façon occasionnelle ou accidentelle, lors d’un travail de groupe, d’un exposé par des élèves, d’une sortie… de quelques heures par semaine maximum avec un « prof génial »… Ayons le courage de nous le dire : on ne s’amuse pas beaucoup à l’école en France, la souffrance scolaire pour les enfants, les parents, les profs ce n’est pas un mythe… Il faudrait parler de l’ennui… on s’ennuie terriblement en cours, souvent on se demande ce qu’on fait là… et on attend que l’heure passe. Ce sont de véritables traumatismes qui sont vécus par un grand nombre d’élèves. Pour certains d’entre eux, une vie entière n’est pas suffisante pour s’en remettre tout à fait… l’émotion reste vive quand on en parle. Franchement est-ce qu’on émancipe quelqu’un en le mettant de force assis des heures sur une chaise, alors que les enfants vivants ne demandent qu’à bouger ? Est-ce qu’on émancipe quelqu’un en le maintenant dans des groupes d’une même classe d’âge avec des professeurs fatigués quand ils ne sont pas aigris ? Est-ce qu’on émancipe quelqu’un en le forçant à accepter un savoir découpé en tranches et devant incessamment être évalué de façon … archaïque … et inintelligente pour le moins et bien plus au service de l’institution que de l’élève.

Faux combats

Avec ce nouvel épisode nous sommes une fois de plus meurtris par les coups distribués lors des faux combats pour l’éducation. Ces syndicats et ces associations se rengorgent des mêmes mots depuis des générations et depuis des générations on rabâche « Gratuite, laïque et obligatoire » sauf que c’est de l’instruction dont il s’agit et pas de l’école. Le grand truc c’est toujours d’opposer le « public » au « privé ». Comme on dirait : « le bien contre le mal ». Comme c’est simple d’un côté une école pour tous, haut lieu d’égalité, à l’abri de toute idéologie et de l’autre une école réservée aux riches… sauf que ce n’est pas du tout ça la réalité du terrain. J’ai rencontré une mère en dessous du seuil de pauvreté mettant sa fille dans une école associative et payant près de 200 € tous les mois pour cela… Le coût d’un élève de l’ENA … la reine des écoles publiques, non ? C’est 90 000 € par élève et par an … pour des élèves appartenant pratiquement tous à la tranche la plus élevée de la société française en terme économique et de culture. Drôle d’idée de la justice. Que font ces organisations contre le fait que la France soit connue comme une championne pour avoir une école très au point pour reproduire les inégalités sociales ? Les créatrices et créateurs d’écoles associatives peuvent aussi être des militants de l’éducation. Évitons de mettre tout le monde dans le même sac, il y a celles et ceux qui créent des écoles pour se faire de l’argent et il y a celles et ceux qui, véritables militants de l’éducation, créent des écoles pour le bien être des enfants. Elles et ils inventent l’école de demain.

Les vrais combats

Ils sont si nombreux les combats pourtant … il y a tant à faire pour l’éducation. Le combat d’aujourd’hui c’est de rendre l’école bienveillante… juste un endroit où les enfants soient heureux d’aller et pas seulement pour retrouver leurs copains et copines… un lieu où ils sont heureux de retrouver des adultes qui partageront avec eux des savoirs, savoir-faire, savoir-être, savoir-devenir. Un endroit où ils peuvent bouger et parler. Pour cela la vie des écoles doit reposer sur la dynamique créée par une équipe pédagogique communicante et soudée. Pour cela il faut mettre les enfants à l’abri des devoirs à la maison et du trop d’évaluation. Le vrai combat c’est d’accueillir enfin les parents dans l’enceinte scolaire pour un vrai travail en commun entre les parents et les enseignants, c’est si évident... ce que font les écoles associatives. Le combat c’est de pouvoir respecter les rythmes des enfants et en particulier leur sommeil, éviter de les mettre trop longtemps sur les routes dans des bus. Le vrai combat c’est de leur proposer une nourriture saine à la cantine. Le combat c’est d’offrir aux enfants toutes les semaines au moins deux ou trois fois, des vraies expériences de nature lors desquelles ils pourront marcher en forêt, découvrir la vie des ruisseaux, grimper aux arbres, faire des cabanes… le vrai combat de l’école c’est de mettre les enfants à l’abri des écrans, c’est de les aider à coopérer, c’est de leur faire vivre la démocratie en tenant un conseil toutes les semaines, le vrai combat c’est de remettre en question ces groupes par classe d’âge si contre nature… Le vrai combat c’est qu’en France, enfin l’enseignement s’ouvre à l’écologie … une science devenant un peu plus vitale tous les jours et tellement ignorée des français. Le vrai combat c’est d’ouvrir l’école sur le quartier ou le village en l’ouvrant aux habitants qui ont tant à apporter. Et puis ces syndicats et ces associations ils trouvent ça bien que les classes vertes et camps de vacances disparaissent, que de plus en plus de jeunes profs démissionnent, que les profs français aient des salaires de misère en comparaison des luxembourgeois, des allemands, des hollandais, des espagnols, des suisses, des portugais…Ils trouvent ça bien que les inscriptions dans les facs soient de plus en plus chères. Elles trouvent ça bien ces organisations – toutes vouées à la jeunesse – que les jeunes soient condamnés à faire le Service National Universel … qui du coup semble bien être à l’opposé de la joie et de l’émancipation. Nous, celles et ceux ayant la vocation pour l’éducation et pour l’enfance, avons tant de combats à mener ensemble.

Ils vont, hélas, dans le sens de la politique de Blanquer.

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Comment comprendre que des organisations dites de « gauche » aillent ainsi dans le sens d’un ministre de droite, ancien serviteur zélé de Sarkozy à la direction des affaires scolaires… Il y a là de quoi étonner. Sont-ils déboussolés ou quoi ? Comment comprendre cela ? Alors que tant de familles sont avec la loi sur le séparatisme en pleine alerte avec ce qui ressemble à la suppression du droit d’instruire en famille et que créer une école associative devient au fil des ans de plus en plus un parcours du combattant. Ces organisations militent visiblement pour moins de liberté…Incompréhensible !

Parlons de la « fuite scolaire » c’est peut-être le vrai sujet ?

Et si le vrai problème pour ces organisations et dont la motion ne parle pas était la fuite scolaire ? Deux jours après cette malheureuse conférence de presse le SNUIPP-FSU publiait une vidéo sur la résistance de la population contre les fermetures de classes dans les écoles rurales. Il y a ce passage dans la motion qui pourrait nous mettre la puce à l’oreille « … la progression des effectifs de l’école Steiner de Bagnères inquiète… ». Si on s’en tient aux considérations de qualité d’enseignement ou d’éthique mises en avant « … la puissance publique ne peut laisser des enfants être instruits en deçà des standards éducatifs ou être en proie à des idéologies délétères…  » Si ces écoles sont mauvaises en soi, ce qui est clairement suggéré dans la motion, alors qu’est-ce que vient faire ici la question de « l’effectif » ? Un seul enfant en danger devrait alerter tout autant que dix, non ? Autre indice « … Les écoles proposant des pédagogies dites « alternatives » séduisent de plus en plus de parents… » Oui c’est la réalité les écoles mettant en avant le dialogue avec les parents, le travail en équipe, la bienveillance, la nature, la coopération, le droit de bouger, la démocratie dans la classe, le multi âge… séduisent et les écoles qui ne fonctionnent pas selon ces principes séduisent de moins en moins… c’est la réalité, pas facile de trouver des données, mais il y a une fuite scolaire de plus en plus importante dans notre pays. C’est un très triste constat mais de plus en plus de français cherchent autre chose comme école pour leurs enfants que ce que propose l’école publique… d’où l’importance vitale pour notre système éducatif national de se poser les vraies questions maintenant … se poser la question des vrais combats. Encore un indice c’est la petite incise sur l’Instruction en famille : « La transparence doit être établie sur les dysfonctionnements observés dans les établissements hors-contrat et l’instruction à domicile … » le point commun c’est encore que plus il y aura d’enfants dans l’IEF et moins les classes du public seront pleines.

Dialoguons et agissons ensemble contre une école anxiogène

Des enfants heureux à l’école, des familles chaleureusement accueillies par des équipes enseignantes motivées, respectées, correctement payées, des habitants concernés par le projet éducatif du territoire, une large place donnée à la nature dans la vie des enfants… on ne va pas refaire la liste… Notre ministère de l’Éducation nationale est en échec, le système éducatif français est à revoir de fond en comble… c’est ça la réalité. Si aujourd’hui certains enfants jouissent d’une nourriture saine à la cantine, nous le devons aux acteurs locaux et en aucun cas à la rue de Grenelle… si nous voulons que nos enfants connaissent la même qualité pour la nourriture de l’esprit alors parlons-nous dans les territoires… faisons ensemble sans en référer à de supposées instances supérieures… elles sont perdues. Dans tous les domaines, elles sont perdues et tellement clairement sur la question éducative. D’ailleurs quand on veut du changement pour l’école maintenant ce n’est même plus au ministre qu’on s’adresse, on n’y croit plus, mais aux maires. Le 19 février « Libération » faisait paraître une tribune « maires aidez-nous à sortir les enfants pour leur bien-être et le nôtre » et une pétition circule, et si il était là le combat.



9 réactions


  •  C BARRATIER C BARRATIER 20 février 19:14

    Celestin Freinet a finalement dû creer une ecole privée pour pratiquer des méthodes actives, l’imprimerie à l’école, bref l’éducation nouvelle.Des cabales l’ont bolqué dans sa classe « publique ».


    "STEINER , c’est autre chose, - . son projet anthroposophique n’est pas un projet de solidarité sociale comme le projet écologique. C’est c soutenu le mouvement des Colibris, la candidature de Rabhi à la présidence de la République et ont mis leur réseau à sa disposition. L’idée que la terre est un animal vivant, qui respire, avec des plaques soudées entre elles comme les os du crâne, avec le mouvement des marées comparable à celui de la respiration, est une idée anthroposophique qu’on retrouve chez Rabhi avec son concept de la Terre Mère. Enfin, un anthroposophe ne dit jamais qu’il est anthroposophe.

    Jean-Marie Pelt profite du public des écoles Steiner et vient faire des conférences à proximité de celles-ci. Dans un de ses premiers livres, il justifie sur cinq à six pages l’idée que le gui serait la réincarnation d’une plante qui vivait sur l’Ancienne Lune (une précédente incarnation de la terre). Lors d’un congrès d’agriculteurs biodynamistes en 2008, il a consenti une réduction de sa prestation.





    COMMENT GRANDIT-ON DANS UNE ECOLE STEINER ?

    La plupart des élèves ne deviendront pas anthroposophes. Mais 5 à 6 % se feront prendre. Leur nombre peu élevé n’attirera pas l’attention. Les récalcitrants peuvent être tabassés régulièrement par les autres élèves, sous le regard des enseignants qui n’interviennent pas parce qu’ils considèrent que c’est leur « karma » qui les fait agir ainsi, et qu’il ne faut pas intervenir dans le « karma » des enfants.

    La méthode de transmission des idées anthroposophiques consiste notamment à faire croire aux enfants que ces idées viennent d’eux-mêmes, alors que ce sont leurs enseignants qui les leur suggèrent. Ce sont les mêmes idées depuis 90 ans  ! Par exemple, en classe, le professeur présente trois animaux, le lion, l’aigle et le taureau et demande aux enfants quelle partie du corps présente une analogie avec chacun d’entre eux. Ainsi, il associe l’aigle à la tête, le lion au coeur et les membres et le système digestif au taureau. Le professeur fait ensuite parfois le parallèle avec les symboles des évangélistes : Jean , l’aigle, pour l’évangile la pensée ; Marc, le lion, pour l’évangile du coeur ; Luc le taureau, pour l’évangile de la volonté. Autant d’idées typiquement anthroposophiques !

    De même pour les races : le professeur Steiner-Waldorf suggère aux enfants que l’Africain est comme un enfant, car il pense avec son cerveau arrière, que l’Asiatique, qui penserait avec son cerveau central, est comme l’adolescent et que l’Européen, qui penserait avec son cerveau frontal, serait le représentant de l’âge adulte.

    Il n’y a pas de manuel dans les écoles Steiner : ni de manuel officiel ni de manuel propre aux écoles Steiner. C’est voulu, afin qu’il n’y ait pas de traces écrites de la manière d’enseigner, si ce n’est les cahiers d’élèves. mais dans ceux-ci, les professeurs Steiner-Waldorf veillent normalement à ce que n’y figure rien de trop compromettant et interdisent aux enfants d’y noter tout ce qu’il leur aura dit oralement.

    L’enseignement des sciences prétend être dans l’optique du mouvement « la main à la pâte », privilégiant l’expérimentation concrète. Mais en fait, dans les écoles Steiner, on multiplie les expériences sans jamais parvenir aux lois correspondantes (par exemple les équations chimiques pour expliquer le rapport base-acide à partir des multiples expérimentations sur le chou rouge).



    Le financement de certaines écoles vient en partie de la NEF, une banque pour laquelle les anthroposophes ont fait campagne via le réseau des écoles Steiner, en 1986.



    Psychologiquement, y est encouragé un surdimensionnement de l’ego dont l’effet ultérieur peut être une grande souffrance intérieure, ainsi que le décrit très bien un ancien élève américain, Roger Rawlings, sur son site WaldorfWatch. Il se produit aussi un compartimentage du psychisme : la pensée et les sentiments ne communiquent plus entre eux.



    COMMENT SE FAIT-IL QU’ON TROUVE DES ANTHROPOSOPHES A LA FOIS DANS DES MOUVEMENTS ALTERNATIFS PROGRESSISTES COMME ATTAC OU LA CONFEDERATION PAYSANNE ET QUE CERTAINS SOIENT PROCHES DE PARTIS REACTIONNAIRES ?



    Les anthroposophes sont partisans d’une « tripartition sociale » qui se réclame de la trilogie : Liberté Egalité, Fraternité. Mais en réalité, l’Anthroposophie nie le principe fondamentale de la Révolution Française qui est le respect de l’Homme en tant que Sujet. En économie, c’est la Fraternité qui est la règle. Mais cela signifie pour Steiner tout autre chose qu’une perspective socialiste ou communiste ! Pour lui la fraternité veut dire : pas d’intervention de l’Etat, l’économie se régule d’elle-même.

    La loi fondamentale de l’économie selon Steiner, c’est qu’une société est d’autant plus riche que les individus ne gardent pas les richesses pour eux-mêmes et reversent leur surplus dans le pot commun. Ce à quoi on les oblige en fait par des pressions psychologiques.

    Il n’y a bien souvent pas de conventions collectives dans les écoles Steiner. Le syndicalisme, pour Steiner est une maladie sociale, tout comme l’athéisme est une maladie de l’âme. Chez les anthroposophes, il y a une indifférence à la politique, aux élections. La seule chose qui compte pour eux est de savoir ce qui va favoriser leurs institutions ou non. La vie de la société dans son ensemble ne les intéresse nullement.



    LA MEDECINE ANTHROPOSOPHIQUE


    L’anthroposophie se dit une science de l’esprit et réunit le matériel et le spirituel. Elle a un discours physiologico-spirituel. Elle composte des croyances sur tout et pour tout (par exemple la coupe des cheveux qui doivent être longs pour les filles, etc).



    RETOUR A LA NEF


    Au départ, cette banque a été ouvertement anthroposophique. Ses directeurs étaient membres de la Section Sociale de l’Ecole de Science de l’Esprit. Elle subventionne aujourd’hui la Biodynamie, les écoles Steiner, Weleda, etc.


    La société anthroposophique compte 1300 membres, mais le "mouvement anthroposophique" (que l’intervenant considère plutôt comme un milieu) est beaucoup plus peuplé. Même des dissidents de la Société Anthroposophique, comme Pierre Lassalle, appartiennent en fait à ce mouvement.

    L’Anthroposophie en tant que doctrine a quelque chose de destructeur. Elle rend peu à peu fous ceux qui la lisent. L’agressivité retenue explose régulièrement aussi bien entre élèves (tabassages précédemment évoqués) qu’entre professeurs.

    Les catégories psychiques dans lesquelles on classe les élèves (au point de les placer dans la classe en fonction de cette appartenance présumée) tiennent lieu de moyen pédagogique permettant de cerner les individualités profondes de chaque élève. Celles-ci ne font que reprendre les quatre tempéraments de la médecine de Galien : le flegmatique, le colérique, le mélancolique, le sanguin.


    Dans les écoles Steiner-Waldorf, l’affaiblissement des personnes s’explique en partie par le procédé consistant à demander à ce que les personnes "racontent leurs vies", notamment leur vie la plus intime, devant les autres. Règne ainsi un climat incestuel, la jardinière d’enfants devant agir comme une maman, déshabiller et embrasser les enfants. Il y a une atmosphère affective dans laquelle on se croit aimé et il est difficile de se dire après que c’était était factice.


  • beo111 beo111 20 février 21:25

    Les syndicats ont leur raison d’être dans le privé, mais dans le public je suis très dubitatif. D’ailleurs c’est un syndicat d’enseignants qui a fait pression pour que les enfants soient masqués à l’école dès l’âge de six ans.


  • Sarah Connor 21 février 09:59

    Merci pour cet article. Que puis je rajouter ? Je suis enseignante et entièrement d’accord avec votre propos. Ma fille est en 3 ème et on souhaite l’orienter en bac pro car l’école l’ennuie, elle ne suit pas les cours délivrés de façon archaïque comme vous le dites si bien et je pêche à trouver une école alternative. Bienveillance et confiance, c’est vrai que notre école publique ne sait pas ainsi que le gouvernement ce que veulent dire ces mots. Et si on parle d’école positive type finlandais, on est ostracisé comme un ovni...


    • Roland Gérard Roland Gérard 21 février 10:21

      @Sarah Connor merci Sarah, nous sommes tellement nombreuses et nombreux à attendre une autre école... Avec votre soutien on trouverai presque l’énergie pour aller la chercher cette école... un copain me dit : "Je suis ok avec toi Roland. Je défends l’instauration dans l’Education Nationale de lieux d’expérimentation de pédagogie alternative ouverte sur le vivant demandée par les parents et avec des équipes enseignantes volontaires formées à cela - ceci à tous les niveaux école, collège et lycée même faculté ! Une Education Nationale ouverte à l’expérimentation pédagogique serait une première base. OU alors une Education territorialisée permettant vraiment aux acteurs d’un territoire concerné de créer une école, un collège, un lycée avec un budget participatif fourni par le MEN, les collectivités territoriales mais là il y aurait pas mal d’obstacles à lever encore... C’est sans doute vers là que ça se passe... en fait on prend conscience qu’on est une grande proportion de français à aimer les enfants et donc à faire sécession avec la rue de Grenelle... leur rappeler que l’école de la République c’est notre école à nous ... pas la leur qui abime les enfants.... On peut commencer à fédérer autour de cette idée...


    • Sarah Connor 21 février 10:57

      @Roland Gérard... je suis à fond question idéologie sur des écoles positives quel que soit le nom freinet Steiner Montessori, mais je crois ne pas avoir le courage de me lancer financièrement parlant...j’ai une zone de confort énorme : un salaire fixe, une classe maternelle dans une zone plutôt privilégiée de France et je peux donc encore conjuguer ma liberté pédagogique et les programmes qui en maternelle nous offre une latitude encore...et j’ai un crédit et deux ados à charge et même si je sens de plus en plus de contraintes en terme d’adoption à des méthodes dans mon école et dans notre ministère de la vérité pédagogique ( j’ai travesti le nom du ministère de l’éducation nationale façon Orwell) , je conjugue , je biaise avec le système pour ne pas montrer mon décalage ... mais c’est vraiment un rêve de fonder une école multi niveaux ...sur un principe « tibéto finlandais »... la règle d’or bouddhiste , des vraies interrogations existentielles pour les « élèves », élève au sens noble , qu’on souhaite élever à un niveau supérieur, et une pédagogie collaborative et positive. Je regarde quand même du coté d’une ancienne colonie de vacances dans la montagne et si on veut nous vacciner, je serai poussée à m’extraire de ma zone de confort qui bien que confortable car l’inaction ne me met pas en danger... il me faut comme beaucoup un danger plus grand pour bouger...mais bravo pour cet article car peu de personnes voient où il y a le réel malaise dans l’éducation mais y remédier comme l’ont fait il y a 30 ans les finlandais engendrerait une génération plus éveillée donc plus dangereuse pour des gouvernements qui souhaitent asujettir plutôt qu’élever... on n’a qu’à voir ce qui se passe dans nos élevages et comment sont traitées nos vaches en France ...enchaînées, reliées à une trayeuse et envoyées ensuite à l’abattoir.


  • Sarah Connor 21 février 21:33

    Je ne sais pas ce qui a suscité un tel déferlement de rejet envers les apprenants d’où qu’ils viennent dans ce que j’ai écrit... oui, c’est vrai que j’ai démarré mes premiers pas d’enseignante avec meirieu comme philosophie ou idéologie... quoique le mot idéologie effraie toujours, il y a toujours des implicites dans notre mémoire rattaché à un concept d’endoctrinement quand on dit idéologie...donc on n’ose plus le dire pourtant il faut bien une idéologie ou une éthique pour devenir enseignant sinon autant mettre un répétiteur, voire un perroquet à notre place..... je me suis beaucoup ennuyée à l’époque moi à mon école et pourtant j’étais extrêmement valorisée par le système scolaire de mon époque donc je pourrais abonder dans votre sens et vouloir que tout le monde en bave pour y arriver sur le chemin aride des connaissances mais je vais vous décevoir, je rêve aujourd ‘hui d’une meilleure façon «  d’élevage «  de nos enfants, ce qui ne veut pas dire juste répondre au principe de plaisir inhérent à tout être vivant mais bien les faire accéder aux savoirs les plus difficiles s’ils le souhaitent ou en ont besoin pour leurs études mais sans privilégier effectivement le savoir et vouloir leur faire rentrer de force ce savoir dans leurs petites têtes mais en essayant de jalonner le chemin pour qu’ils franchissent justement chaque palier cognitif sans que cela soit trop ardu et démotivant tant le sentier peut sembler difficile si on va trop vite. Et qu’on élude trop ce qui a amené a l’élaboration d’une théorie ou d’un modèle .. trop de connaissances sont parachutées sans expliquer leur genèse ... ce qui ne veut pas dire qu’on démissionne et qu’on dit à ses enfants ou ses élèves : c’est trop difficile, tant pis, assieds toi et profite... si l’objectif est de leur faire faire des équations différentielles, ou des matrices de spins d’électrons et qu’ils ont besoin d’en passer par là pour valider un diplôme, on désacralise un max et on les encourage en essayant de voir ce qui les bloque... les savoirs ne doivent pas devenir un chemin de croix où l’apprenant s’autoflagelle à chaque pas pour avancer... entre le principe de plaisir qui leur dirait, « t’inquiètes, je t’amène sur le chemin en voiture » et un principe de réalité qui leur dit «  tu vas en baver, tu dois apprendre plus de 5000 ans de civilisations sur 3 ans et surtout tu gobes bien et t’apprends tout par cœur », il y a un juste milieu... donc don quijote je ne me bats pas contre des moulins à vent en pronant les pédagogies alternatives ni je n’encourage le laxisme, je donne une part de mon énergie et de mon temps à encourager des enfants à me suivre sur le chemin des connaissances et parfois je dois beaucoup les aimer ( sans investissement incestueux comme le souligne celui qui met son argument anti Steiner) comme pour des enfants qui apprennent tout juste à marcher et leur dire que j’ai confiance en eux et qu’ils y arriveront. Entre ceux qui ont se sont endormis comme mécanisme de défense , ceux qui ont developpé déjà à 4-5 ans une violence contre cette école qui les compare aux autres et les dévalue, j’ai parfois tout un travail de remise en confiance avant d’aborder tout savoir. Ce qui me prend souvent 2 ou 3 mois et ils sont petits ! Donc plus en confiance face aux adultes ! Alors je vous laisse imaginer ce que devrait prendre la mise en confiance chez des ados rétifs. Tout enfant a un désir d’apprendre et de montrer son intelligence. Même dans nos banlieues comme c’est le sous entendu de vos propos.. seulement là , la remise en confiance est souvent difficile à cause du nombre, à cause des programmes trop exhaustifs et du manque de personnel en cas de problèmes d’indiscipline... certains diront, on n’est pas psy, pourtant il y’a des moments où on doit l’être et la génération d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier, on ne peut appliquer une pédagogie traditionnelle ( considérer les enfants et ados comme des vases à remplir) , et vouloir à tout prix appliquer la pédagogie d’hier sur les enfants d’aujourd’hui, c’est comme de vouloir faire rentrer un carré dans un rond, cette génération n’a pas grandi en se taisant et exprime souvent bruyamment son désarroi face à cette pédagogie violente qui finalement les exclut par son aridité...regardez des vidéos sur l’école finlandaise, vous comprendrez mieux mon propos.


  • Sarah Connor 21 février 21:50

    Et @ Roland Gérard, votre article en modération m’a donné un petit coup de boost. Je me suis exprimée tout haut sur agoravox et ça fait du bien que quelqu’un réponde promptement en y voyant mon cri du cœur ... 


    • Roland Gérard Roland Gérard 21 février 23:17

      @Sarah Connor ... Très heureux... ceci entraine cela... ayons confiance la-dedans... un nouvel article devrait bientôt paraitre... dans lequel je vous cite ... je ne connaissais pas cette héroïne de cinéma... dont vous avez le nom... j’ai bien rigolé en voyant la scène culte sur YouTube ... mon idéologie à moi c’est de faire de la joie de vivre des enfants qui nous entourent l’unique critère de civilisation... ça fait longtemps déjà... ça ne me lâche pas... et je crois bien que je suis bien loin d’être tout seul... J’ai tellement d’ami.e.s dans l’éducation qui souffre du ministère de la vérité pédagogique ... (j’adopte... trop beau !) tellement qui ont démissionné, tellement qui ont crié un grand OUF au jour de la retraite... on commence à se mobiliser dans les territoires comme ça c’est passé pour les cantines bio... on dirait que le temps en venu.


  • quijote 22 février 14:52

    Ha ha ha... Salut les démocrates !


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