samedi 10 décembre 2011 - par republicain

François Bayrou peut-il bénéficier de la peur du retour de Claude Allègre

Nous en savons un peu plus sur le projet éducatif de l’UMP et sur celui de FRANCOIS HOLLANDE porté par Vincent Peillon

Les deux projets sont les mêmes et marqués par le précédent de CLAUDE ALLEGRE 

A défaut d’être physiquement de retour l’ancien ministre annonce son retour spirituel

Comment incarner la modernité : en reprenant le pédagogisme à la mode depuis trente ans.

Ce pédagogisme est incarné par deux organisations syndicales ultra minoritaires ( 2O% aux élections professionnelles),le SGEN CFDT et l’UNSA. Il est à l’origine de toutes les réformes mises en place avec toujours le même effet ; faire progresser l’illettrisme. Le crédo pédagogiste ets le même : travailler moins, baisser les exigences, multiplier les sous groupes, faire éclater les classes et surtout donner des ordinateurs ou des tableaux interactifs aux élèves. Peu importe si ça coute cher et si les élèves ne savent pas lire.

Les pédagogistes n’enseignent pas mais ils expliquent comment enseigner. Ils veulent une « école sans mur » des établissements autonomes . Avec la version UMP de J GROSPERRIN il est même question de supprimer l’Agregation et sans doute un jour tous les concours.

Depuis VINCENT PEILLON dissipe lui aussi les dernières illusions des enseignants et des parents d’élèves attachés au modèle méritocratique français. Jean-Jacques BOURDIN l’interroge

Jean-Jacques Bourdin : Les quotas de boursiers dans les grandes écoles doivent-ils être obligatoires ? Vous avez vu que les directeurs de grandes écoles protestent, ils ne veulent pas de 30% de boursiers.

Vincent Peillon : C'est le conservatisme français. (...) Je suis pour la suppression des grandes écoles

Tout comme CLAUDE ALLEGRE ,VINCENT PEILLON déteste les grandes écoles car… elles réussissent à insérer leurs étudiants sur le marché du travail. 

Comment incarner la modernité : en se mettant à dos 80% de la profession

VINCENT PEILLON entend rencontrer le SGEN et l’unsa, certain de ne pas être contredit. Il parle de refonder l’école mais chacun comprend : il faut aller plus loin dans le pédagogisme.

Les causes du rejet de CLAUDE ALLEGRE par les enseignants sont les mêmes que celles du rejet de luc Chatel aujourd’hui et de VINCENT PEILLON demain.

Les enseignants sont majoritairement républicains et pour 80% d’entre eux aux élections professionnelles l’école doit par d’autres moyens assurer un rôle d’ascenseur social.

Dans le Point Marie-Sandrine Sgherri analyse bien la situation

« Longtemps, les choses sont restées simples. Les cadres votaient plutôt à droite et les enseignants à gauche. Un point c'est tout. Mais depuis au moins la fin des années 90, les cartes sont brouillées. Massification des études secondaires, instauration du collège unique puis du socle commun du primaire au collège sont autant de réformes mises en oeuvre, quelles que soient les alternances politiques.

Face à ces nouvelles exigences, les enseignants sont aussi peu épaulés que mal formés. Désemparés, ils ne savent plus à quel camp se vouer. En 2007, 40 % d'entre eux avaient ainsi voté Nicolas Sarkozy. Un chiffre spectaculaire ! Mais avant cela, en 2002, ils avaient été nombreux à apporter leurs suffrages à Jean-Pierre Chevènement, séduits par un vigoureux discours républicain qui renouait avec les valeurs qu'ils estiment être le socle de leur mission : former des citoyens éclairés, par la transmission de connaissances. Le tout tient en trois mots : l'esprit des Lumières. Cet électorat est orphelin. C'est l'intuition de François Bayrou, qui joue une partition singulière en ce moment pour charmer des professeurs plus traumatisés que jamais. Lors de son université d'été, le leader centriste a sorti le grand jeu au cours d'un atelier consacré à l'école. »

Le message est clair pour F BAYROU

"Rien ne serait plus dangereux, que de céder à la pente et de constamment baisser les exigences." "Il faut, rétablir l'exigence de chaque niveau : ce n'est pas si difficile, si l'on se garde d'être trop abstrait."

Comment incarner la modernité ? travaillez mal et gagnez moins

Sur le plan financier FRANCOIS BAYROU ne promet pas la lune mais au moins il n’annonce pas un nivellement par le bas.

Avec VINCENT PEILLON ministre de F HOLLANDE, c est un tout autre discours.

Il y a quelques mois on pouvait lire sur le blog de CHRISTOPHE BARBIER une petite indiscrétion :

« Vincent Peillon réfléchit aux carrières des enseignants. Considérant qu’ils n’ont plus, après 45 ans, d’espoir d’augmentation de leur revenu, ils développent tous une activité parallèle dans le privé : petits cours, éditions, etc. "Chacun selon ses capacités et ses réseaux", dit-il. Peillon estime donc qu’il faut les augmenter et les ramener dans le giron des établissements : 35h sur le lieu de travail, mais revalorisées. C’est mieux, selon lui, que de leur payer des heures supplémentaires – système dont il a lui-même, plus jeune, largement usé pour arrondir ses fins de mois. »

Le message était très clair : imposer les « 35H » de présence aux professeurs, combattre le recours aux heures supplémentaires et à tous les moyens utilisés par ceux qui veulent améliorer leurs revenus en travaillant plus.

Il propose de les augmenter mais de combien ? Certainement pas de ramener leur rémunération à la moyenne OCDE ? Il faudrait pour cela augmenter les maîtres du primaire de 13% , deux des collèges et lycées de 20% et ceux du supérieur de 35% . Il lui faudrait doubler le salaire des professeurs de lycées pour l’aligner sur le salaire des professeurs allemands.

Personne n’est dupe , surtout pas les enseignants, ils perdront les décrets de 1950, et avec eux la possibilité d’avoir des heures supplémentaires et quelques indemnités . S’ils ne sont pas agrégés, s’ils sont bien sages et bien syndiqués ils obtiendront peut être 5% de revalorisation.

Ceux qui jusque là travaillaient plus seront donc les grands perdants.

Vincent PEILLON est dans la droite ligne de CLAUDE ALLEGRE, de JF COPE et de LUC CHATEL.

Dès 2009 , JP BRIGHELLI les mettait tous dans le même sac

« « La revalo ! » chantent les syndicats depuis quelques décennies. Peillon les a entendus : 50% d’augmentation (ça, c’est un chiffre qui parle à l’imagination, mieux que « 1,7 points au 1er juillet »…). En contrepartie (pourquoi diable une contrepartie ? Peillon pense-t-il qu’un enseignant qui s’échine dans un collège — ou plusieurs simultanément, comme tant de TZR — pour 1350 euros par mois ne mérite pas d’être mieux considéré par la République ?), un allongement de 50% du temps de présence... 

 

Une institutrice qui a aussi des fonctions de directrice remarquait récemment sur ce blog qu’elle commençait à 8 heures et quelques, et finissait à 19 heures et un peu plus. Tous les jours. Peillon veut-il aussi la faire travailler la nuit ? Combien de profs passent de jolies heures nocturnes à corriger des copies ? Ou à faire de la formation permanente ? 

Seconde idée lumineuse : puisque les samedis sont désormais vacants — une mauvaise idée, je l’ai dit ici même bien des fois, mais comme le SNUIPP, après sondage auprès de ses membres, s’est aperçu que bien peu d’instits voulaient en revenir à l’ancien système, et que par ailleurs les programmes sont à peine suffisants pour contenir l’illettrisme (je ne parle même pas de l’enrayer) —, le même Peillon propose trois semaines de vacances de moins. » 

 

Il y a en France 800 000 électeurs désorientés qui peuvent entrainer dans leurs doutes et dans leurs choix un ou deux millions de votants supplémentaires. Les enseignants voteront en masse pour FRANCOIS BAYROU s’ils prennent la peine de lire les propositions de l’UMP et du PS

 

 http://www.lepost.fr/article/2010/01/06/1873800_vincent-peillon-supprimons-les-grandes-ecoles.html

http://www.marianne2.fr/Cope-et-Peillon-ont-tout-faux-sur-l-ecole_a182591.html

http://4tous.net/ecoledemain/

http://blogs.lexpress.fr/barbier/2010/03/31/vincent_peillon/

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/marie-sandrine-sgherri/bayrou-drague-les-profs-22-09-2011-1376236_301.php



10 réactions


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 10 décembre 2011 14:32

    C’est curieux : l’auteur brandit l’épouvantail Allègre alors que c’est Jospin qui a ouvert grande la porte à ce que l’auteur nomme le « pédagogisme » ! Claude Allègre n’avait rien d’un moderniste pédagogique : il voulait seulement« dégraisser le mammouth » ! C’est cela qu’on n’a guère apprécié. Quant à Bayrou, il a quand-même mis des milliers de personne dans la rue contre sa révision de la loi Falloux au bénéfice de l’enseignement privé !


    • republicain 10 décembre 2011 14:39

      Mais Allegre était le conseiller de Jospin à l’EN ; Souvenez vous ensuite de ses coups médiatiques avec MERIEU

      Allegre plait à la droite
      Peillon Chatel même combat

  • Richard Schneider Richard Schneider 10 décembre 2011 16:56

    L’auteur met en exergue la difficulté qu’a la Gauche avec l’école républicaine.

    Avec l’appui de la plupart des syndicats enseignants, elle a favorisé l’éducation de masse. Mais elle s’est aperçue que cette massification a entraîné une baisse sensible des niveaux ; pour y remédier, elle a pensé qu’il suffisait de changer de fond en comble la pédagogie traditionnelle. (Ce n’était pas une idée si idiote que ça : en son temps Célestin Freinet a déjà donné un grand coup de pied dans la fourmillière.)
     Malheureusement le « pédagogisme » de Meirieu et les coups du boutoir d’Allègre n’ont en rien réglé les problèmes. Au contraire. Les 80% de bacheliers, idée chère déjà à Chevènement, n’ont été atteints que grâce à une baisse sensible du niveau scolaire desdits bacheliers : en Fac, pour les étudiants de 1ère année, il a fallu, dans toutes les disciplines, instaurer des cours de français - à Lyon, Strasbourg (en Histoire), à Metz etc ... 
    Aujourd’hui, l’agrégé Peillon et l’éternel étudiant, mais déjà vieux cacique du PS, Bruno Juillard remettent sur la table le statut des enseignants. Non seulement, ils souhaitent porter les horaires à 35 heures de présence sur les lieux de travail, une idée de S. Royal en 2007, mais aussi changer les missions du professeur. Ce dernier ne sera plus chargé prioritairement de transmettre un savoir, il devra aussi assumer un nouveau rôle, celui d’animateur d’activités et de loisirs des élèves. Outre un diplôme d’aptitude à l’enseignement, il devra donc aussi passer un BAFA pour mener à bien sa nouvelle mission.
    Comme ces messieurs ne peuvent exiger qu’un agrégé ait même service qu’un autre diplômé, ils cherchent à vider de leur substance tout ce qui pourrait ressembler à une sorte d’élitisme : fin des Grandes Écoles, fin des agrégés dans les Collèges et les Lycées. Sur ce point, l’auteur a raison : les idées du PS en matière d’éducation ne sont pas très éloignés de celles de l’UMP.
    En fait, désespérément, « on » cherche à copier le fameux modèle finlandais ... Qui est inapplicable en France - ce point mériterait une article entier.
    Bayrou n’a pas laissé un souvenir impérissable à la tête de l’EN (révision de la loi Falloux pour favoriser le privé) ; de plus il n’est pas très clair quant à la future école républicaine. Pourra-t-il augmenter correctement le salaire des enseignants afin de les mettre au niveau des pays européens ? Quels seront les axes prioritaires de la mission des maîtres du primaire - le primaire d’ailleurs le seul point positif dans les propositions du PS. Quel sorte de collège souhaité etc ... Quand Bayrou affirme sue :« Rien ne serait plus dangereux, que de céder à la pente et de constamment baisser les exigences. » « Il faut, rétablir l’exigence de chaque niveau : ce n’est pas si difficile, si l’on se garde d’être trop abstrait », semble-t-il", on ne voit pas trop ce que ces deux phrases veulent dire ; personne, ni à l’UMP, ni au PS ne parle d’abaisser les exigences ! Mais wait and see ... Peut-être donnera-t-il des précisions sur le sujet plus tard dans la campagne ... J’espère qu’il n’a pas l’intention d’introduire à l’école l’idéologie de la compétence, nouveau projet de Chatel - idéologie que même Meirieu récuse : 
     
    La politique ultra-libérale menée depuis 2007 a cherché à étouffer l’EN (comme les autres grands services publics de notre pays). Hollande promet la création de 60 000 postes - afin de réparer les dégâts énormes causés par une RGPP appliquée aveuglément. Promesse qui sera difficile à tenir. D’ailleurs, les syndicats n’en demandent pas tant !
    Là où l’auteur a, semble-t-il, raison, c’est qu’il pointe le scepticisme, mêlé d’un peu de fatalisme, du corps enseignant concernant le projet du PS. Au jour d’aujourd’hui, il vote encore assez majoritairement à gauche ; mais si le Béarnais précise certaines de ses propositions, rappelons-nous du très bon score qu’il a fait chez les profs en 2007.

  • archimede_mortdefaim 10 décembre 2011 19:04

    Article caricatural... Par exemple, assimiler Allègre et Peillon n’est pas sérieux. Sans parler de phrases telles que « Vincent PEILLON est dans la droite ligne de CLAUDE ALLEGRE, de JF COPE et de LUC CHATEL » : du pur grand guignol (avec les caractères majuscules adéquats), on dirait qu’il s’agit de faire peur aux petits enfants...
     
    Bref, il s’agit plus ici d’un article de propagande (apparemment au profit du candidat Bayrou), que d’une réflexion honnête au service du bien commun ou de l’intérêt général.


  • republicain 10 décembre 2011 19:37

    que faites vous des citations : Peillon veut un lycée super light, la fin des grandes écoles et des profs animateurs sociaux 35h par semaine

    du Mérieu et du Allegre

  • NOJ71 10 décembre 2011 19:48

    Article d’un vieux réac en lutte contre ce qu’il appelle avec beaucoup de mépris le pédagogisme.

    Pour lui, le cours dicté est la meilleure façon d’enseigner pour transmettre uniquement des connaissances.
    Les enseignants ont besoin de recevoir une formation en pédagogie ( par exemple : comment mettre les élèves en activité intellectuelle afin de développer leurs capacités..), en didactique (choisir, dans les savoirs savants, des notions fondamentales à enseigner), en psychologie de l’enfant et de l’adolescent, dans l’utilisation des nouvelles technologies ....
    Que l’auteur utilise son acrimonie contre Sarkozy et sa bande qui ont supprimé la formation des nouveaux enseignants et les stages des autres !
    Allègre était un bon ministre cherchant : à améliorer l’efficacité de l’enseignement pour les nouveaux types d’élèves, à bien utiliser les nouvelles technologies, à préparer les lycéens pour leur réussite dans l’enseignement supérieur...Par conservatisme, les dirigeants communistes du SNES obtinrent son départ. Depuis Allègre est devenu sénile.

    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 13 décembre 2011 12:57

      D’accord avec vous sauf sur le dernier paragraphe. Allègre s’est mis à dos presque toute la profession plus pour ses propos que pour son action. Quant aux « communistes » du SNES c’est leur prêter beaucoup d’influence que de croire qu’ils ont eu, seuls, la peau d’Allègre ! D’ailleurs, il n’y a pas que des communistes à la tête du SNES et de la FSU, même s’il y a peu de socialistes encartés PS.


  • republicain 10 décembre 2011 21:14

    Il y a beaucoup de vieux réacs alors ; 80% des enseignants ont voté pour le SNES, FO, la cgt, le SNALC... et tous les syndicats qui refusent de travailler mal pour gagner moins
    ALLEGRE, CHATEL PEILLON c ’est le même discours, les mêmes méthodes :
    moins de cours
    la belle histoire du prof animateur
    préparer les cours ? pourquoi faire
    résultats : l’illétrisme progresse
    question : enseignez vous ?
    le propre des pédagogistes est ,après avoir fuit les chahuts, d’expliquer aux profs comment faire





    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 16 décembre 2011 15:54

      Vous semblez ignorer que les syndicalistes cités se piquent aussi de pédagogie, ont leurs propres projets, pas toujours « réac » et que ceux qui les dirigent ont autant fui les élèves que les « pédagogistes » que vous vitupérez et dont certains s’activent dans des classes (les militants pédagogiques, vous avez entendu parler ? ICEM, GFEN, CRAP, AFL, etc. sont majoritairement composés de praticiens en exercice qui ne tiennent pas le même discours que le SNALC !)


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