lundi 29 octobre 2018 - par Luniterre

Fukuyama, prophète de « La Fin de l’Histoire » : « Ça recommence… !

 

Il y a 26 ans, après la chute de l’Union soviétique, les défenseur du capitalisme étaient euphoriques… Ils parlaient de la mort du communisme et du socialisme comme d’une chose définitivement acquise. C’est à ce moment que Francis Fukuyama a prononcé sa célèbre prédiction sur la « Fin de l’Histoire », selon laquelle l’humanité était arrivée au bout de son évolution sociale, économique et politique

Ce qu’il voulait dire par là, c’est que maintenant que le prétendu « socialisme », sous la forme de l’État bureaucratique de l’URSS et ses satellites avait échoué, le seul système socio-économique possible était le capitalisme libéral, ou comme lui et les autres préféraient le décrire : « l’économie de marché ».

Les défenseurs du capitalisme ont prédit que la victoire du libéralisme ouvrirait la porte à un avenir garanti de paix et de prospérité. Les économistes ont parlé de « dividendes de la paix ».

Une fois la guerre froide avec l’Union soviétique était terminée, les gouvernements capitalistes seraient en mesure de dépenser d’énormes sommes d’argent pour construire des écoles, des hôpitaux, des maisons et toutes les autres choses qui sont la condition indispensable à une existence civilisée.

Les déserts fleuriraient, la production s’envolerait et la race humaine – supposément – vivrait heureuse pour toujours. Amen.

Et nous voici déjà 26 ans plus tard, une période qui peut sembler longue dans la vie d’un homme ou d’une femme. Mais à l’échelle de l’histoire, ce n’est qu’un instant fugace. Et pourtant, dans ce court instant de l’histoire, les choses se sont finalement changées en leur contraire, comme aurait pu le dire le philosophe Hegel, inspirateur de la dialectique marxiste… Aujourd’hui, il ne reste pas une pierre sur l’autre des prédictions confiantes de l’époque.

 

Après « mûre » réflexion…

 

Malheureusement pour Francis Fukuyama, c’est bien connu, depuis la Rome antique déjà, les paroles volent, les écrits restent ! l’histoire n’est pas si facile à effacer et sa manipulation a parfois des limites… Aujourd’hui, l’Histoire prend en quelque sorte sa revanche… En 1992, dans l’euphorie de la chute et de la dissolution de l’URSS, il prétendait quasiment en avoir écrit les dernières pages, sous ce titre : « La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme », où nous lisions la déclaration suivante :

« C’est ce à quoi nous assistons peut-être… la fin de l’évolution idéologique de l’humanité et l’universalisation de la démocratie libérale occidentale en tant que forme finale de gouvernement humain. »

 

 

Mais dans un tout nouvel article, récemment publié par le New Statesman , daté du 17 octobre 2018, il nous chante un air à la tonalité radicalement différente :

« Ce que j’ai dit à l’époque[1992], c’est que l’un des problèmes de la démocratie moderne est qu’elle apporte la paix et la prospérité, mais que les gens veulent plus que cela…

Les démocraties libérales n’essaient même pas de définir ce qu’est une bonne vie, c’est laissé à chacun, à titre individuel, et les gens se sentent aliénés, sans but, et c’est pourquoi le fait de se rejoindre en groupes identitaires leur donne un sens communautaire. »

Ses critiques, dit-il, « n’ont probablement pas lu jusqu’à la fin du livre[La fin de l’Histoire], la partie « Le Dernier Homme », qui portait en fait sur certaines des menaces potentielles pour la démocratie.  »

Fonctionnaire du gouvernement pendant les années Reagan-Bush, Fukuyama était à l’origine proche du mouvement néoconservateur.

Cela explique probablement son enthousiasme pour l’économie de marché et le libéralisme. Mais la dure expérience l’a amené à changer d’avis, du moins, dans une certaine mesure…

Fukuyama a d’abord soutenu la guerre en Irak, mais dès 2003, il a conclu que c’était une erreur fondamentale de la politique américaine. Il est également devenu un critique des vieux démons « néolibéraux » tels que la déréglementation financière, qui a été en partie responsable du désastreux krach économique de 2008. Il reste aussi un critique de l’euro, ou du moins de sa « création inepte » :

« Ce sont toutes ces politiques menées par les élites qui se sont avérées plutôt désastreuses, et il y a donc des raisons pour que les gens ordinaires soient en colère. »

 

Marx avait raison !

 

Pour illustrer le revirement dramatique de Fukuyama, nous publions à nouveau quelques extraits de l’article dans le New Statesman :

« La « Fin de l’Histoire » a été une attaque contre les marxistes qui considéraient le communisme comme la dernière étape idéologique de l’humanité.

Comment, voit-il la résurgence de la gauche socialiste au Royaume-Uni et aux États-Unis ?

« Tout dépend de ce qu’on entend par socialisme. La propriété collective des moyens de production – sauf dans les domaines où c’est clairement nécessaire, comme les services publics – je ne pense pas que cela va fonctionner.

« Si vous parlez de programmes de redistribution qui tentent de corriger ce grand déséquilibre des revenus et de la richesse, qui est apparu, alors oui, je pense que non seulement il peut revenir, mais qu’il doit revenir.

Cette période prolongée, qui a commencé avec Reagan et Thatcher, au cours de laquelle un certain nombre d’idées sur les avantages des marchés non réglementés se sont répandues, a eu, à bien des égards, un effet désastreux.

« Fukuyama a ajouté : » A ce stade, il me semble que certaines choses que Karl Marx a dites s’avèrent être vraies.

Il a parlé de la crise de la surproduction… que les travailleurs seraient appauvris et que la demande serait insuffisante. »

Nous laissons de côté le fait que Fukuyama démontre son manque de compréhension de l’économie marxiste en confondant la surproduction avec l’idée keynésienne de sous-consommation.

Après tant d’années de lavage de cerveau à l’école de l’économie de marché, c’était trop lui demander que de comprendre Marx.

 

Il est simplement devenu un autre réformiste qui pense pouvoir relancer le dialogue social, la concertation avec les syndicats kollabos, la régulation des marchés financiers, etc, … toutes idées que l’expérience a déjà prouvé vaines, et surtout en périodes de crises.

 

Néanmoins, il est significatif qu’un défenseur aussi éminent du capitalisme et critique du socialisme en arrive à la conclusion que l’analyse marxiste de la crise capitaliste était fondamentalement correcte, que la poursuite effrénée de l’économie de marché a conduit à un appauvrissement massif d’une part et à la domination complète du monde par une oligarchie capitaliste irresponsable et d’une richesse obscène d’autre part.

Et il a relativement raison de dire que, si cela n’est pas corrigé, cette oligarchie (tant aux États-Unis qu’en Europe) « fera payer tout le monde ».

En réalité, ils le font déjà, en ce qui concerne les prolétaires.

 

 

Mais Francis Fukuyama n’offre aucune solution…

 

C’est donc néanmoins une certaine satisfaction de voir que même ce défenseur convaincu du capitalisme a commencé à comprendre sa nature réactionnaire.

Cependant, Fukuyama se comporte comme un médecin qui, après avoir donné une liste très complète des symptômes de son patient, ne parvient pas à lui prescrire une cure.

Fukuyama est conscient des terribles privations causées par les ravages du capital financier et l’anarchie du système de marché.

Il en est venu à la conclusion, partagée par un nombre sans cesse croissant de personnes, que l’économie doit être contrôlée.

Mais il s’abstient ensuite de tirer la conclusion nécessaire, à savoir que les monopoles géants et les banques qui exercent une dictature brutale sur le monde entier doivent être totalement retirés du domaine privé.

 

D’une part, il appelle à un retour au socialisme. Le problème, c’est qu’il n’a aucune idée de ce qu’est le socialisme. Il dit que la « propriété collective des moyens de production » (sauf dans les services publics) ne va pas fonctionner.

Mais Fukuyama lui-même a tiré la conclusion que c’est la propriété privée des moyens de production qui ne fonctionne pas, ou plutôt qu’elle fonctionne au détriment du progrès économique et social et provoque la misère, la pauvreté et la détresse de la grande majorité de l’humanité.

Il est maintenant clair, même pour les aveugles les plus aveugles, que l’économie capitaliste et impérialiste est la recette du chaos, de la dislocation, du gaspillage, de la mauvaise gestion et de la corruption sur une vaste échelle.

Pire encore, l’avidité effrénée du profit qui est le seul moteur de ce système détruit l’environnement, empoisonne l’air que nous respirons, la nourriture que nous mangeons et les mers et forêts qui sont à la base de toute vie sur la planète.

De graves problèmes exigent des solutions sérieuses et radicales, et non des thérapies du style emplâtre sur une jambe de bois.

Fukuyama prône la nationalisation des services publics parce que « c’est une revendication évidente ». Nous sommes tout à fait d’accord avec lui, sur ce point.

Mais pourquoi ne le demande-t-il pas dans le cas des banques, par exemple, qui ont démontré une incapacité totale à gérer et à contrôler de façon responsable de grandes sommes d’argent ?

La spéculation monstrueuse, la corruption et l’incapacité des banques ont été la cause immédiate de la crise financière de 2008, dont nous vivons toujours les conséquences.

 

En fin de compte, ces fervents défenseurs de l’économie de marché, qui s’opposaient à toute suggestion d’intervention de l’État dans l’économie, ont dû être sauvés par l’injection de vastes sommes d’argent public.

Au lieu d’aller en prison, ce qu’ils méritaient amplement, ils ont été récompensés pour leur incompétence par des sommes exorbitantes volées au Trésor public.

C’est la raison pour laquelle nous avons aujourd’hui des déficits publics colossaux qui, nous dit-on, doivent être payés. Les pauvres « subventionnent » les riches. C’est Robin des Bois à l’envers.

En même temps, on nous informe qu’il n’y a pas d’argent pour payer des « choses inutiles » comme les écoles, les hôpitaux, les soins aux personnes âgées, les pensions, l’éducation, les routes et l’assainissement – qui sont tous dans un état lamentable dans les pays les plus riches du monde.

S’il est un secteur de l’économie qui réclame l’expropriation, c’est bien celui des grandes banques. Pourquoi M. Fukuyama souhaite-t-il les garder en mains privées ?

Si nous limitons la collectivisation aux services publics, les secteurs les plus importants de l’économie resteront tels qu’ils sont – entre les mains de cette oligarchie contre laquelle Fukuyama fulmine. Ce genre de « socialisme » ne résoudrait donc précisément rien.

De toute évidence, le principal problème ici est que Fukuyama confond le socialisme avec la simple propriété étatique et le régime bureaucratique corrompu qui existait en Union soviétique, déjà bien avant sa chute.

Ce prétendu « socialisme » a effectivement échoué, mais il n’avait de « socialisme » que le nom, de toutes façons.

 

Le socialisme, ce n’est pas une économie vaguement planifiée par un État bureaucratique et corrompu, en fait, une autre sorte de capitalisme, particulièrement archaïque, mais au contraire une démocratie prolétarienne moderne, utilisant tous les moyens techniques et informatiques actuels en vue de faire correspondre au mieux les forces productives et les besoins sociaux réels.

 

L’expérience vénézuélienne nous fournit un autre verdict accablant sur le simple contrôle bureaucratique des industries nationalisées.

 

 

 

La route chinoise ?

 

D’après l’article, il semble que Fukuyama pense que le seul rival systémique plausible de la démocratie libérale n’est pas le socialisme mais le modèle capitaliste chinois :

 « Les Chinois soutiennent ouvertement qu’il est supérieur parce qu’il peut garantir la stabilité et la croissance économique à long terme d’une manière que la démocratie ne peut pas… si dans 30 ans, ils sont plus grands que les États-Unis, les Chinois sont plus riches et le pays tient encore ensemble, je dirais qu’ils ont un vrai argument. »

Mais il a mis en garde contre le fait que  » le véritable test du régime «  serait de savoir comment il s’en sort en période de crise économique.

Le confusionnisme de Fukuyama est très bien illustrée par ces lignes.

C’était un empiriste idéaliste il y a 26 ans lorsqu’il s’est fait des illusions dans l’économie de marché parce qu’elle semblait progresser continuellement.

Il demeure un empiriste idéaliste aujourd’hui, sauf que son admiration pour la Chine a augmenté au même degré que son admiration pour le capitalisme occidental (« libéral ») a diminué.

Il est vrai qu’au cours des dernières décennies l’économie capitaliste chinoise a progressé rapidement. Mais, étant désormais intégrée aux flux du capitalisme financier international, elle souffre elle-même déjà suffisamment nettement des conséquences de la crise pour que sa nature capitaliste et impérialiste apparaisse au grand jour, sauf « officiellement » pour les partis et organisations « de gauche » qui espèrent en recevoir quelques « compensations ».

 

La Chine souffre aujourd’hui d’une surproduction qui a entraîné une baisse du taux de croissance et une augmentation du chômage.

Le taux de croissance « officiel » de la Chine cette année est de 6,5 %. Impressionnant par rapport aux taux européens, mais trop faible pour compenser sa dépendance aux exportations.

Comme le laisse entendre Fukuyama lui-même, l’économie chinoise est vulnérable aux chocs économiques provenant de l’économie mondiale en général, alors qu’elle éprouve de plus en plus de difficultés à vendre ses surplus de production et qu’elle est en guerre commerciale ouverte avec les États-Unis.

Il est également ironique qu’un homme qui prétend défendre la démocratie libérale se tourne vers la Chine, étant donné que le régime chinois n’est pas connu pour être un modèle de démocratie, même formelle.

En fait, la Chine combine les pires caractéristiques du capitalisme et de la bureaucratie étatique. Sur cette voie, il n’y a aucun espoir pour les travailleurs de la Chine ou de tout autre pays.

 

 

Le capitalisme, c’est la guerre

 

Le monde n’a sans doute jamais été dans une situation aussi instable. En fait, tant que l’URSS existait, il y avait un certain frein à la rapacité de l’impérialisme, et surtout, à celle de l’impérialisme US.

Nous avons certainement parcouru un long chemin depuis les prédictions optimistes d’un monde de paix et de prospérité proférées péremptoirement après la chute du mur de Berlin.

Le monde réel d’aujourd’hui n’a absolument aucun rapport avec cette perspective. Au contraire, il y a constamment guerre après guerre. Outre les horribles conflits qui déchirent des pays comme l’Irak, la Syrie et le Yémen, il y a eu une série de guerres monstrueuses en Afrique.

La terrible guerre civile au Congo (1998-2003) a entraîné le massacre d’au moins 5 millions d’hommes, femmes et enfants.

Cela n’a même pas fait la une des journaux.

Le président Trump a déchiré l’accord avec l’Iran qui empêchait ce pays d’acquérir des armes nucléaires. Il annonce maintenant sa décision de déchirer l’accord signé par Regan et Gorbatchev pour restreindre les programmes nucléaires des Etats-Unis et de la Russie.

Fukuyama s’inquiète de la possibilité d’une guerre Etats-Unis-Chine :

« Je pense que les gens seraient très stupides d’exclure cela, je peux penser à beaucoup de scénarios par lesquels une telle guerre pourrait commencer. Je ne pense pas qu’il s’agirait d’une attaque délibérée d’un pays contre l’autre – comme l’invasion de la Pologne par l’Allemagne en 1939 –

il est plus probable qu’elle provienne d’un conflit local sur Taiwan, sur la Corée du Nord, peut-être une confrontation dans la mer de Chine du Sud, où la tension monte ».

Effectivement, les contradictions entre l’Amérique et la Chine sont très graves. Elles trouvent leur expression dans la guerre commerciale déclarée unilatéralement par Donald Trump, qui peut facilement dégénérer en quelque chose de beaucoup plus grave, qui peut menacer de ruiner l’économie mondiale, et en fin de compte, la paix mondiale.

De même, l’avancée de la puissance chinoise en Asie, en particulier sa tentative de dominer les mers de cette région, est évidemment considérée comme une menace par les États-Unis, tant sur le plan géostratégique que commercial.

Nous avons donc déjà en permanence des petites guerres – « petites » en rapport de l’extension des deux premiers conflits mondiaux, mais tout aussi atroces pour les peuples qui les subissent, en Irak, en Syrie, au Yémen, en Palestine, en Ukraine, etc… ce qui, dans le monde moderne, est une perspective suffisamment horrible.

Mais les guerres ne sont que le reflet des contradictions insupportables entre les pays capitalistes-impérialistes, qui, selon leur nature intrinsèque, doivent se battre pour des marchés comme des chiens affamés se battant pour un morceau de viande.

Le capitalisme est la véritable cause des guerre, et pour éviter la guerre, il est nécessaire d’en éliminer la cause profonde, c’est à dire, le capitalisme lui-même.

 

La roue de l’histoire

Les déclarations de Francis Fukuyama, de ce point de vue, ont une importance symptomatique considérable. Cet ancien libéral a perdu toute confiance dans l’avenir du capitalisme, mais ne voit aucune alternative viable à celui-ci. Son désespoir théorique est l’expression du désespoir du système lui-même.

L’avenir n’appartient pas à la bourgeoisie effarouchée et en crise, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, mais à la seule force sociale réellement progressiste, cette force qui produit l’essentiel de la richesse de la société : la classe prolétarienne.

Grâce à sa propre expérience, cette classe comprendra que la seule façon d’aller de l’avant est de prendre le chemin du socialisme authentique et du pouvoir prolétarien.

 

Luniterre

 

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SOURCE :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/26/fukuyama-prophete-de-la-fin-de-lhistoire-ca-recommence/

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L'ARTICLE ORIGINAL DU "NEW STATESMAN"

https://www.newstatesman.com/culture/observations/2018/10/francis-fukuyama-interview-socialism-ought-come-back

 

EN DOC PDF : INTERVIEW FUKUYAMA DANS LE NEW STATESMAN

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24 réactions


  • Pierre Régnier Pierre Régnier 29 octobre 2018 10:58

    L’article montre bien les illusions de Fukuyama et sa propre prise de conscience de la stupidité de la croyance en une « fin de l’Histoire ».

    Mais cet article se termine par une réaffirmation du bien fondé « marxiste » en la croyance dans la solution « prolétarienne », sans que cette solution soit plus précisée. Cette autre croyance apparaît alors, une fois de plus, comme une croyance en une sorte de miracle idéologique.

    Il en serait autrement si l’article montrait la nécessité, pour cette « classe prolétarienne » comme pour les socialistes en général, d’exiger enfin un écrasement par le haut de la hiérarchie des revenus.

    Ce ne serait, certes, qu’une avancée dans la démarche nécessaire. Mais l’avancée de l’Histoire serait bien réelle, et bien réellement opposée à la désespérante idée selon laquelle le désastre capitaliste - je préfère dire de l’économisme - est indépassable.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 29 octobre 2018 11:13

      @Pierre Régnier

      l’ultime contradiction du capitalisme ne sera résolue que par l’ultra-capitalisme, aussi difficile que cela soit à admettre...

    • Pierre Régnier Pierre Régnier 29 octobre 2018 11:54

      @Jean-Pierre Llabrés

      J’avoue n’avoir ni le temps ni l’envie de lire les nombreux textes dont vous donnez les liens et dans lesquels, je suppose, vous montrez que l’ultra-capitalisme est la solution au désastre capitaliste actuel. Un résumé mettant l’essentiel de l’idée en évidence me plairait bien.


    • Alren Alren 29 octobre 2018 15:23

      @Jean-Pierre Llabrés

      Si je comprends bien, ce que vous appelez ultra-capitalisme, c’est un capitalisme qui serait spontanément social ?

      Ça ne c’est jamais produit en aucun endroit !

      Que vous le vouliez ou non la « mécanique » du système capitaliste est le transfert des richesses produites par ceux qui travaillent vers ceux qui ne travaillent pas mais sont « propriétaires ».

      Et pas plus les aristocrates d’avant 1789 n’avaient spontanément l’envie de mettre fin à leurs privilèges et de payer un impôt en raisons de leur capacité, pas plus les capitalistes actuels qui les ont remplacés dans le rôle de parasites sociaux, n’ont envie de rétrocéder l’argent et son pouvoir qu’ils ont arrachés aux travailleurs.

      Il existe une forme de « socialisme » qui a fait ses preuves, ce sont les grandes entreprises nationales comme la poste, la SNCF ou Renault dont la nationalisation en 1945 a permis à l’entreprise d’être le premier constructeur français.

      Une autre forme de « socialisme » sont les associations de bénévoles, les mutuelles et les coopératives.
      Profondément démocrates, réactives, efficaces, elles nous montrent la voie d’une organisation de la société qui abolit la lutte des classes et les dégâts qui en résulte.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 29 octobre 2018 16:43

      @Alren

      Si je comprends bien, ce que vous appelez ultra-capitalisme, c’est un capitalisme qui serait spontanément [volontairement] social ?
      Vous avez bien compris.

      Ça ne c’est jamais produit en aucun endroit !
      Exact. Cela pourrait se réaliser (en France, pour commencer) à une toute première condition : d’abord, lire ma proposition... puis, qu’une majorité de citoyens la mette en œuvre.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 29 octobre 2018 16:47

      @Pierre Régnier
      Votre paresse et votre curiosité intellectuelles font peur ! ! !


    • Luniterre 29 octobre 2018 22:55

      @Pierre Régnier

       Le problème de la hiérarchie des salaires et/ou des revenus n’est pas le sujet de base de l’article, mais c’est effectivement un corollaire du point suivant, qui est le fond réel de cette question :

      « Le socialisme, ce n’est pas une économie vaguement planifiée par un État bureaucratique et corrompu, en fait, une autre sorte de capitalisme, particulièrement archaïque, mais au contraire une démocratie prolétarienne moderne, utilisant tous les moyens techniques et informatiques actuels en vue de faire correspondre au mieux les forces productives et les besoins sociaux réels. »

      >>> utiliser les forces productives pour répondre aux besoins réels ne peut se faire qu’avec une répartition du travail entre tous, et donc du fruit du travail en termes de bien et services, également.

      Que cela soit sous forme monétaire ou autre, c’est donc une nouvelle forme de répartition des revenus, également.

      Et en fonction des besoins réels, cela implique donc une « fourchette » de revenus, que ce soit monnaie, biens, services, relativement moins large qu’actuellement...

      Et même beaucoup moins large si l’on considère les cas extrêmes de l’inégalité actuelle !!!

      Sur le sujet du rapport entre économie monétaire et socialisme, voir :

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/11/monnaie-monnaie-capitalisme-ou-socialisme/

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/17/une-monnaie-reellement-socialiste-sera-t-elle-forcement-devalorisee/

      Luniterre


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 30 octobre 2018 09:12

      @Jean-Pierre Llabrés

      Pardonnez-moi pour vous avoir fait peur. Votre remarque était sans doute la bonne pour me conduire "quand même" à lire les textes dont vous donniez les liens. Je les ai lus, et ce n’était pas une bien terrible épreuve, les quatre premiers n’en étant en fait qu’un seul, plutôt court. J’ai lu aussi le cinquième, plus celui qui concerne Cuba. J’ai trouvé que ces deux derniers étaient les plus intéressants : un vrai communisme, ou socialisme, mis en place après la révolution d’octobre en Russie aurait pu conduire à un « ultra-capitalisme » et, à Cuba, les moyens d’y conduire sont toujours là.

      Je n’ai cependant pas vu comment ce capitalisme vertueux aurait pu, en Russie, se maintenir dans la compétition avec l’autre capitalisme, extérieur, qui est, lui, dévastateur par nature. Et, en supposant qu’il ait pu le faire, je ne vois pas en quoi il aurait, malgré ses vertus, évité d’être, lui aussi, créateur de guerres et destructeur de la planète.


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 30 octobre 2018 09:56

      Je me suis mal fait comprendre. Dans mon article « Pour le socialisme » publié par Agoravox en avril 2014, je disais : Je crois que la compétitivité la plus efficace est celle qui sait le mieux ignorer le devoir de solidarité chez les humains.

      Je le crois toujours et je crois plus que jamais à la nécessité absolue d’organiser hors de la compétitivité le partage des richesses qu’elle produit.

      Aussi, parmi les décisions mondialement nécessaires que j’énonçais celle-ci doit être prise en même temps que les trois autres : décroissance de la production et de la consommation globales, et décroissance de la population mondiale.

      Actuellement les forces productives produisent très au-delà des besoins sociaux réels.

      L’exigence d’un écrasement mondial de la hiérarchie des revenus est donc bien, selon moi, une proposition qui se situe très directement dans la réflexion de votre article.

       

      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-le-socialisme-150555


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 30 octobre 2018 13:37

      @Pierre Régnier
      « Je n’ai cependant pas vu comment ce capitalisme vertueux aurait pu, en Russie, se maintenir dans la compétition avec l’autre capitalisme, extérieur, qui est, lui, dévastateur par nature. Et, en supposant qu’il ait pu le faire, je ne vois pas en quoi il aurait, malgré ses vertus, évité d’être, lui aussi, créateur de guerres et destructeur de la planète. »
      Justement, parce que cet ultra-capitalisme serait bien plus vertueux que le capitalisme actuel.
      Votre commentaire sur les textes ouverts par mes liens m’a fait me rendre compte qu’Agoravox ouvre plusieurs fois le même texte à partir de liens différents. Si vous copiez les url des textes 2), 3), 4) et 5) et que vous les recopiiez dans mon blog « Sincerites.org », vous obtiendrez les textes originaux, tous différents.
      Désolé pour ce dysfonctionnement technique qui ne m’est pas imputable. 


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 30 octobre 2018 13:42

      Avez-vous lu ce texte PDF (14 pages) contenu dans le texte lié au lien N°1 ?
      http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/40/47/56/Refondation_du_Capitalisme_et_Dividende_Uni versel_Sincerite.pdf


  • JL JL 29 octobre 2018 11:41
    ’’En fait, la Chine combine les pires caractéristiques du capitalisme et de la bureaucratie étatique. Sur cette voie, il n’y a aucun espoir pour les travailleurs de la Chine ou de tout autre pays.’’
     
    En êtes vous sûr ? En fait, il y a deux questions : le Système chinois est-il un bon système pour les Chinois ? Si oui, serait-il universel ?
     
     
     


  • gaijin gaijin 29 octobre 2018 13:09
    L’économie de marché .....le communisme ....
    et ben non ça ne marche pas et ça ne peut pas marcher car on ne peut réduire l’activité humaine a l’économie ( revoir la pyramide de maslow svp )
    l’économie c’est la base ...mais la base pour faire quoi ... ? .privé de sens l’homme devient destructeur et autodestructeur comme un rat piégé dans un labyrinthe sans issue
    déjà l’autre il le disait : « ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre »
    ...............

  • babadjinew babadjinew 29 octobre 2018 15:14
    Deux systémes qui ont comme fondement des ressources ILLIMITES !!!!

    Sommes nous encore assez stupide pour croire ce MENSONGE ???

    Il est plus que temps d’inventer un systeme basé sur une gestion réelle et partagé des ressources restantes. Sans quoi, nous nous entreturons TOUS !

    Wake Up !!!

    • Pierre Régnier Pierre Régnier 29 octobre 2018 16:24

      @babadjinew

      Exiger l’écrasement par le haut de la hiérarchie des revenus serait une première étape de cette invention.


    • Luniterre 29 octobre 2018 23:10

      @babadjinew

      La correspondance entre forces productives et besoins sociaux réels doit évidemment tenir compte des ressources réellement disponibles et utilisables sans mettre en danger l’équilibre naturel.

      Cela implique donc de déterminer les besoins sociaux les plus basiques et les plus urgents auxquels consacrer en priorité les ressources et les forces productives.

      C’est à la fois une affaire de choix et de volonté politique.

      Ce choix doit être compris et assumé démocratiquement

      Il est l’axe d’un programme économique réellement socialiste.

      Luniterre


  • microf 29 octobre 2018 18:13

    Ce Fukuyama reconnait au moins aujourd´hui s´être trompé en écrivant ce que je nomme « la fin de son l´histoire », car pour moi, c´était son histoire á lui, mais pas de l´histoire, car l´histoire n´a pas de fin.

    C´était la fin d´une certaine histoire, la fin du Communisme, la fin de l´Union Soviétique qui a entrainé ces grands bouleversements que connait le monde actuel, bouleversements qui en se développants, vont entrainer la mise á l´écart pendant un temps de l´Europe, il ne restera plus que ces trois entités, les Usa, la Russie, la Chine, et cela aussi, c´est la fin d´une certaine histoire, mais pas de l´histoire. 


  • soi même 29 octobre 2018 18:25

    (Le socialisme, ce n’est pas une économie vaguement planifiée par un État bureaucratique et corrompu, en fait, une autre sorte de capitalisme, particulièrement archaïque, mais au contraire une démocratie prolétarienne moderne, utilisant tous les moyens techniques et informatiques actuels en vue de faire correspondre au mieux les forces productives et les besoins sociaux réels. ) Vous êtes comme les communisme dans une Fata-Morga, il y a une autre voie, elle est plus ardue car elle compte sur humain et non pas sur l’idéologie suranné mensongère du socialisme.


  • velosolex velosolex 29 octobre 2018 21:44

    En 89, ce livre avait été accueilli avec beaucoup de scepticisme par certains, dont j’étais. Les autres étaient dithyrambiques sur la chute des pays de l’est. On sait où tout cela a mené. Les deux blocs en fait étaient comme deux boxeurs exténués, et l’un est tombé. Faire l’apologie de l’autre ne pouvait être que de courte vue. Le monde bi polaire avait l’avantage d’obliger le capitalisme de soigner son jeu de jambes, de ne fendre sa sale gueule d’un sourire, bref d’être présentable au niveau social. 

    La fin de l’histoire ne s’est pas donc passé.

    C’est un monde horriblement cynique, décomplexé, comme on dit, qui a émergé, totalement déconnecté des réalités environnementales ! Elles vont devenir, de grès ou de force, notre prochain paradigme. Cela n’est plus du domaine des idées ou du choix, mais de l’ordre de l’obligation et de la survie. 

    Cela sonnera évidemment la fin du capitalisme, Si nous n’en sommes pas capables, trop addictifs au marché, alors nous mourrons, comme des toxicos, après un dernier shout.

    Ce suicide est possible. Sinon, il est bien difficile de savoir comment ces réformes s’articuleront. Soit sur un mode apaisé, soit sur un mode totalitaire. On révait de la fin de l’histoire, mais peut être serons nous simplement gommés par l’histoire


  • Eric F Eric F 29 octobre 2018 23:38

    « cette force qui produit l’essentiel de la richesse de la société : la classe prolétarienne »

    Il faudrait la définir dans la structure actuelle de la population active. Dans les années 70, il y avait 40% d’ouvriers, désormais 20% (tous secteurs confondus), surtout dans des petites structures (les immenses usines ont quasi disparu), constituent un groupe morcelé où ce qui était appelé conscience de classe n’existe quasiment plus, et l’industrie perd des emplois remplacés par des « services » souvent intermédiaires et non plus productifs. 


    • Luniterre 30 octobre 2018 00:46

      @Eric F

      Effectivement, une tendance de fond de l’évolution de la stratification sociale est la réduction de la part du prolétariat industriel.

      Mais, globalement, la classe prolétarienne, au sens large, ne se limite pas au seul prolétariat industriel.

      Reste la notion de productivité... Peut elle être étendue aux services, en fonction de leur marchandisation actuelle et de leur intégration aux chaînes de valeur ?

      Exemple basique : peut on séparer la « valeur » d’un smartphone des services qui permettent son utilisation ? ...Et donc de la « valeur » de ces services ?

      Les services produits dans ce cadre n’ont-ils pas, finalement, une place clef dans le secteur « productif » au sens le plus large du terme ?

      Les prolétaires faisant parti des secteurs économiques des services marchandisés n’ont pas d’intérêts de classe fondamentalement différents de ceux des prolétaires du secteur industriel productif au sens strict du terme.

      C’est donc une nouvelle conscience de classe qui doit émerger, pour faire face aux pressions anti-sociales actuelles du capitalisme.

      Le morcellement et l’isolation sont effectivement des facteurs qui jouent en faveur du capital et freine cette émergence.

      Recréer du lien social direct sur la base de l’intérêt de classe commun est la seule voie de renaissance du mouvement ouvrier au sens à la fois large et originel du terme.

      Pas de solution miracle en vue...

      Luniterre


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