lundi 31 décembre 2018 - par Luniterre

GJ amnistie ! Une idée qui fait son chemin...

 

GJ amnistie !

 

Une idée qui fait son chemin…

 

Qu’est-ce qu’une loi d’amnistie ?

De nombreuses lois d’amnistie ont jalonné le cours de l’histoire depuis la Grèce antique, et aussi en France, sous tous les régimes.

Une loi d’amnistie vise à entériner, compléter et renforcer le règlement d’un conflit en pacifiant les relations entre les parties en conflit. Elle suppose donc qu’un accord considéré comme équitable a été négocié entre les parties, et éventuellement formalisé par un traité ou un accord signé.

Le pouvoir peut aussi proposer ou accorder une amnistie s’il estime par ailleurs que les problèmes ayant causé le conflit ont été réglés par son action et qu’il est confiant dans son effet.

En Mai 68, ce fut le cas, dès le 23 Mai, deux jours avant la négociation des accords de Grenelle.

Ce fut également le cas à la suite de la guerre d’Algérie (accords d’Evian – 1962 ).

Également suite au conflit en Nouvelle-Calédonie (1980).

 

 

Quant au fond, ipso facto, dans un contexte de révolte sociale, une loi d’amnistie consacre la légitimité des revendications qui sont à la base du conflit. Elle aboutit à admettre de fait que c’est le refus du pouvoir de négocier un accord qui a créé une situation de violence et que celle-ci ne peut cesser que par un accord négocié entre le parties qui satisfasse ces revendications légitimes.

 

Dans le cas de Mai 68, c’est la loi d’amnistie qui a créé le contexte rendant possible l’ouverture des négociations devant aboutir aux désormais historiques « accords de Grenelle ».

 

Paradoxalement, cette loi d’amnistie est par contre devenue l’aspect oublié de cette histoire. Compte tenu de la similitude relative des situations, il n’est donc pas inutile de le rappeler.

 

Une différence essentielle et remarquable, toutefois, est que les étudiants révoltés de Mai 68 avaient dès le début fait de la libération de leurs camarades emprisonnés une de leurs principales revendications, et même la première, à ce moment décisif pour l’établissement d’un rapport de force qui a fait plier le pouvoir sur l’essentiel des revendications sociales les plus immédiates.

 

C’est cette conception de solidarité inébranlable face à a répression qui manque encore singulièrement dans le mouvement GJ et qui permet au pouvoir de reprendre en grande partie la main, dans un contexte où le rapport de forces lui était pourtant nettement plus défavorable, politiquement, que celui de Mai 68 pour le pouvoir gaulliste.

 

Et cela alors que la légitimité des revendications essentielles des GJ est elle-même également largement plus flagrante, dans le contexte de crise et de recul social actuel, qu’à l’époque de Mai 68.

 

Depuis plusieurs décennies, et le pouvoir le reconnait quasiment lui-même, c’est la pauvreté qui regagne du terrain en France, et non le progrès social, simplement considéré comme trop lent, à l’époque, en 1968.

 

C’est cette légitimité nouvelle qu’a tenté d’évoquer récemment le député auvergnat André Chassaigne, dernière figure encore relativement connue et populaire du PCF, dans un communiqué adressé, via l’AFP, au chef de l’Etat français, deux jours avant le prononcé de ses vœux au pays pour 2019 :

 

Selon André Chassaigne, les condamnations « frappent des concitoyens qui se sont légitimement engagés dans ces mouvements sociaux pour faire respecter leurs droits fondamentaux, protéger leurs conditions de vie, défendre non seulement leur dignité mais aussi l’intérêt général »

 

Créer un contexte favorable à de nouvelles négociations du type « Grenelle » ? C’est éventuellement ce que Chassaigne pourrait avoir en vue, selon les termes de son communiqué :

« Sans occulter l’insuffisance des mesures prises et les multiples revendications à satisfaire, cette initiative présidentielle serait un geste politique fort et une mesure d’apaisement dans une période aussi socialement troublée »

 

Il ne s’agit donc pas, pour les GJ déterminés à faire valoir leur droit, de brader quoi que ce soit, mais au contraire de reconstruire le rapport de force écrasant qu’ils avaient au tout début du mouvement, dès le 17 Novembre, pour établir une nouvelle liste de revendications en tenant compte de l’expérience acquise au cours des luttes, et incluant en premier lieu la solidarité face à la répression, indispensable pour enraciner la légitimité populaire de la lutte et des revendications.

 

Luniterre

 

******************

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/31/gj-amnistie-une-idee-qui-fait-son-chemin/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/26/noel-en-prison-pour-combien-de-gilets-jaunes-et-pour-quel-combat/

 

***************************************

 

 

 

 



29 réactions


  • Jeekes Jeekes 31 décembre 2018 17:29

    @ l’auteur

     

    Permettez-moi de ne pas être d’accord.

    Certes je joue sur les mots, mais le terme amnistie valide le fait qu’il y ait eu fautes. Ce que je ne conçois pas. Et que je n’accepte pas, pas dans ce contexte.

     

    Je préférerais qu’on exige simplement l’abandon de toutes poursuites, l’annulation de toutes les procédures et de toutes les condamnations déjà prononcées.

     

    C’est mon coté chieur, j’en conviens...

     


    • machin 31 décembre 2018 20:53

      @Jeekes

      « C’est mon coté chieur, j’en conviens... »

      NON !
      vous avez entièrement raison.


    • Le421 Le421 1er janvier 17:12

      @Jeekes
      Vous avez effectivement raison sur le fond.

      Je rajoute que l’amnistie macronienne ira beaucoup plus vite pour son pote Benalla.
      Il va s’en tirer comment macronounet de ce très mauvais pas.

      Si quelques temps on a hésité sur les termes, actuellement, on est parfaitement sur une affaire d’État avec un Président en exercice qui couvre les agissements d’un délinquant notoire.
      A moins que, par exemple, l’histoire des passeports soit inventée...

      Essayez tout simplement de vous faire choper, même sans avoir commis de faute, avec un permis de conduire qui vous a été retiré, vous allez voir !!


    • Luniterre 23 janvier 04:53

      Aujourd’hui, ce combat pour l’amnistie est donc en route, mais il reste inséparable de la lutte revendicative :

      Une nouvelle pétition vient de démarrer sur CHANGE.ORG, pour relever le SMIC en abrogeant le CICE :

      Mettre fin au scandale à 40 Milliards du CICE et de son substitut actuel


      https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771

      POUR METTRE FIN A UN SCANDALE D’ÉTAT A 40 MILLIARDS D’EUROS !!

      Et pour un minimum de décence sociale dans notre pays,

      Abrogation réelle et définitive du CICE et de ses substituts !

      Fin décembre 2018 se terminait officiellement le CICE mis en place en 2013 sous Hollande, déjà avec l’appui d’Emmanuel Macron. Mais en fait ce crédit d’impôt annuel aux entreprises était remboursable sur trois ans.

      Il court donc encore en réalité jusqu’en 2021.

      Dès le 1er Janvier 2019, il est néanmoins déjà remplacé par un allègement des charges sociales aux entreprises, également couvert par l’État, et pour la même somme annuelle de 20 Milliards d’Euros.

      En 2019, les deux montants se cumulent donc pour la somme totale de 40 Milliards d’Euros.

      Soit la valeur de 1/7ème des recettes fiscales de la France qui se trouve donc gaspillée d’entrée de jeu... Alors que des besoins sociaux vitaux dans le pays ne sont plus satisfaits et que le peuple manifeste contre l’injustice fiscale et pour que cesse le gaspillage des deniers publics qui sont essentiellement le fruit de son travail.

      En effet, non seulement le CICE a fait la preuve de son inefficacité en matière de création d’emplois, mais en plus il n’a nullement empêché les grandes entreprises qui en ont bénéficié, comme Carrefour, Auchan, La Poste, la SNCF, SANOFI, la BPCE, etc... de licencier à tour de bras !

      Dans la nouvelle formule du « double CICE » 2019 il n’y a toujours pas davantage de garanties contre les licenciements.

      Il s’agit donc de réclamer, par la présente pétition, qu’il soit mis fin aussi bien au remboursement du CICE qu’à son substitut à partir de 2019.

      Les charges sociales doivent être assumées par les entreprises aussi bien en fonction du nombre de leurs salariés que de leur chiffre d’affaires, et selon un système unique et progressif qui les répartit donc en fonction progressive croissante, de façon à alléger celles des TPE et PME en reportant l’équivalent sur les plus grosses, au prorata, et donc ainsi sans coûter un seul euro à l’État, au delà des charges de ses propres salariés.

      Par voie de conséquence, c’est le salaire net qui devient le salaire de base de référence, le brut étant lui soumis aux conditions particulières de chaque entreprise.

      Dans la liste des revendications du mouvement GJ émise au 29/11/2018, la revendication concernant le SMIC est exprimée en salaire net, à 1300 euros mensuel.

      Selon les normes européennes (Eurostat) cela reste encore inférieur au seuil de pauvreté pour une famille monoparentale avec un enfant à charge. Un SMIC à 1400 euros net correspondrait donc à un minimum de décence sociale dans notre pays.

      SOURCE :

      https://gjles42revendications.wordpress.com/2019/01/23/une-petition-pour-relever-le-smic-en-abrogeant-le-cice/

      ******************


  • oncle archibald 31 décembre 2018 17:46

    Un détail m’échappe sans doute, mais il me semble que les gilets jaunes la main sur le cœur désavouait totalement les casseurs qui profitaient de leurs justes et pacifiques revendications pour se glisser dans les manifestations pacifiques très comme il faut et tout et tout, casseurs soupçonnés parfois même d’être de vulgaires provocateurs à la solde du pouvouaaaaaar !Berk-berk-berk !

    Dans ces conditions ils devraient se réjouir de voir ces salauds qui ont fait du tort à leur mouvement, très honorable, pacifique et tout et tout comme il faut, voir plus haut, se faire enfin coincer par les flics et être jugés pour leurs actes dégueulasses et déshonorants par le tribunal ad hoc, comme il se doit.


  • pipiou 31 décembre 2018 18:42

    Les GJ ne sont pas venus protéger leurs droits fondamentaux, et ils ont nui à l’intérêt général ainsi qu’aux droits fondamentaux de leurs concitoyens.


  • Extra Omnes Extra Omnes 1er janvier 11:53

    Amnistie ou médaille de La Nation ? L’avenir nous le dira smiley


  • Luniterre 1er janvier 12:58

    @oncle archibald

    @ledo

    Les chiffres concernant la dérive fiscale globale des gouvernements successifs sont ici :


    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/30/et-la-marquise-dansait-sur-les-champs-elysees-en-flammes-explication-de-texte/


    Des chiffres concernant plus particulièrement la dérive (CICE) entre charges sociales et fiscalité abusive sont ici :


    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/26/noel-en-prison-pour-combien-de-gilets-jaunes-et-pour-quel-combat/


    Luniterre







    • oncle archibald 1er janvier 16:02

      @Luniterre

      Je présume que comme tout un chacun vous comprenez que lorsque le montant des dépenses de l’état et des organismes sociaux est supérieur à la collecte des cotisations sociales impôts et taxes de toute sorte il y a ce que vous appelez pudiquement « dérive fiscale » et de façon plus réaliste que j’appelle creusement de la dette de la France.

      Tous les « gouvernements successifs » ont abusé du recours à l’emprunt et il arrive inévitablement le jour où cela n’est plus possible. Un gouvernement responsable prévoit donc de diminuer les dépenses et d’augmenter les recettes. C’est Macron qui le premier depuis longtemps s’est attelé à cette tâche.

      Aussitôt ceux qui n’ont pas supporté l’idée d’un redressement de nos finances publiques, ceux qui réclament à cors et à cris que l’on continue à distribuer sans compter tout en hurlant de douleur des qu’on leur demande de contribuer davantage à la collecte des fonds nécessaires se sont organisés pour l’en empêcher et finalement ils y ont réussi puisque les dernières mesures prises en urgence sous la pression dans une situation d’émeutes risquant de virer à la guerre civile mettent à bas toute tentative dans ce sens.

      Avec un cynisme assez degeulasse ceux qui ont prêté la main à cela reprochent maintenant à Macron d’avoir aggravé encore notre déficit public ! Fallait oser mais ils l’ont fait !


    • Luniterre 1er janvier 17:29

      @oncle archibald

      Comme d’hab, vous n’avez donc toujours pas sérieusement étudié la question, et, de plus, vous mélangez tout :

      « le montant des dépenses de l’état et des organismes sociaux est supérieur à la collecte des cotisations sociales impôts et taxes de toute sorte il y a ce que vous appelez pudiquement « dérive fiscale » et de façon plus réaliste que j’appelle creusement de la dette de la France. »

      Si vous aviez lu les liens mentionnés, et notamment

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/30/et-la-marquise-dansait-sur-les-champs-elysees-en-flammes-explication-de-texte/

      vous sauriez que pour ce qui concerne les cotisations sociales, le budget de la Sécu a enfin atteint l’équilibre en 2018, et aurait même pu dégager un excédent en 2019, sans les nouvelles et inutiles ponctions de Macron. Vous mélangez donc budget de la Sécu et de l’Etat.

      Et donc la solution pour augmenter le SMIC réellement, c’est à dire sans ponctionner ni le contribuable ni la Sécu, c’est évidemment une nouvelle répartition des charges, à partir d’un budget global conservé en équilibre.

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/26/noel-en-prison-pour-combien-de-gilets-jaunes-et-pour-quel-combat/

      https://frontdeslaics.wordpress.com/2018/12/13/pourquoi-et-comment-une-augmentation-reelle-du-smic-doit-concretement-favoriser-lemploi/

      « Avec un cynisme assez degeulasse ceux qui ont prêté la main à cela reprochent maintenant à Macron d’avoir aggravé encore notre déficit public ! Fallait oser mais ils l’ont fait ! »

      Personne, parmi les GJ, n’a jamais demandé à Macron de taper dans la caisse de l’Etat pour tenter d’apaiser le malaise social, comme il l’a fait.

      La revendication originale des GJ concernant le SMIC est à 1300 € nets, ce qui laissait la possibilité d’une répartition négociée des charges sociales entre les acteurs économiques.

      Luniterre


    • oncle archibald 1er janvier 19:47

      @Luniterre :

      "Personne, parmi les GJ, n’a jamais demandé à Macron de taper dans la caisse de l’Etat pour tenter d’apaiser le malaise social, comme il l’a fait.

      La revendication originale des GJ concernant le SMIC est à 1300 € nets, ce qui laissait la possibilité d’une répartition négociée des charges sociales entre les acteurs économiques.« 

      Ah bon ? Il n’y avait donc pas urgence ? On pouvait d’un coup de baguette magique demander immédiatement aux entreprises de sortir 120 euros de plus par mois et par smicard en leur disant on verra bien combien ça vous coutera réellement quand on aura négocié la répartition des charges ....Je rappelle qu’il y a en France 1,65 millions de smicards et qu e tous les petits salaires sont calculés sur la base du smic affecté d’un coefficient multiplicateur.

      Visiblement l’équilibre des finances des entreprises vous n’en avez rien à foutre, mais la réalité est différente ! Un grand nombre d’entreprises sont fragiles soit par nature soit parce qu’elles font face à une concurrence mondialisée.

      Vous estimez à combien le nombre de dépôts de bilans et donc de chômeurs en plus qu’une augmentation de cette sorte aurait provoqué ?

      E puis qui vous dit que c’est 1300 € la revendication ? Qui revendique quoi ? Il n’y en a pas quelques uns déterminés à se battre jusqu’au bout pour un smic à 1500 € nets en criant »Macron démission« et »on ne lâche rien" ?


    • Luniterre 1er janvier 20:21

      @oncle archibald
      Comme d’hab, encore et décidément, nous n’êtes pas allé trop loin dans vos recherches... :

      « Gilets Jaunes : Un cahier de Revendications adressé à l’Assemblée Nationale (...)
      1. Zéro SDF  : URGENT.

      2. Impôt sur le revenu davantage progressif (plus de tranches).

      3. SMIC à 1300 euros net. »


      Si une négociation réelle et sérieuse avait été engagée dès le 17 Novembre sur cette base il y aurait donc eu possibilité d’aboutir avant que tout cela ne dégénère, et certainement avant le 31 Décembre... !

      (Pour mémoire, 23 Mai 1968 >>> Amnistie >>> 25 et 26 Mai >>> Accords de Grenelle >>> SMIG + 35%.)

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/21/du-smig-au-smic-en-passant-par-tonton-ou-la-vraie-mort-de-mai-68/

      Luniterre


  • Désintox Désintox 3 janvier 14:25

    Manquerait plus que ça !


Réagir