mercredi 23 décembre 2020 - par Emile Mourey

Gorgobina, oppidum des Boïens sur le mont Beuvray. Incroyable erreur des archéologues qui y voient le site de Bibracte

Au moment où j'écris cet article, je ne sais pas si la thèse de Bibracte au mont Beuvray est approuvée par l'ensemble de la communauté scientifique. Le documentaire de RCM découvertes de vendredi dernier, 11 décembre, a frappé fort avec ses images de synthèse, en faisant "jaillir" d'un mont Beuvray présenté comme le site de Bibracte d'impressionnants monuments de style romain. Depuis, le replay de l'émission, peut-être rappelé à plus de modestie, a supprimé le passage.

Dès lors que j'ai contesté publiquement cette thèse, arguments à l'appui, se pose au ministre de la Culture la question du choix : ou bien me condamner en ne faisant pas intervenir ses services pour remettre en place quatre tuiles qui ont glissé sur le toit de la tour historique de Taisey, le temps de mon indisposition suite à opération chirurgicale, ou bien accorder sans réflexion au mont Beuvray une importante subvention pour qu'il poursuive sa démarche, ce qui semble être son choix.

 Madame la Ministre, je ne vois pas pourquoi les Romains se seraient installés au mont Beuvray et y auraient construit dés lors que le lieu ne serait pas le site de Bibracte. Lieu de réunion, temple ou simple abri, il ne peut y avoir dans les grands bâtiments imaginés à partir des fouilles archéologiques que de l'éduen, du boïen, ou peut-être de l'essénien, surtout quand on sait que les Romains ne transigeaient pas avec "l'ordre géométrique". Quant au fameux bassin ovale en pierre - dit romain - il est contemporain, selon moi, du merveilleux tympan gaulois sculpté de Perrecy-les-Forges à la mandorle ovale caractéristique.

 

En haut, à gauche, bien avant la venue de César, tour antiquissima de Taisey dans une représentation embellie. Pied de colonne au Jupiter (?) style éduen de la même époque, je ne sais pas. Plaque de cheminée : Salonin, jeune empereur, prononce un jugement de Salomon en 260. En haut, à droite, pied de colonne mise au jour au mont Beuvray. Au-dessous, bassin ovale rappelant la mandorle divine du tympan de Perrecy-les-Forges construit par les Éduens à la même époque pour se rallier la population contre les Arvernes. Rien de romain, que de l'éduen !

À l'entrée du temple de Perrecy-les-Forges, dans le chapiteau de gauche, un ange apparaît, solidement campé sur le horst caractéristique de Mont-Saint-Vincent, véritable Bibracte. L'épée dressée, il garde l'entrée du sanctuaire divin contre le “Mauvais” du dehors et il invite la population de la contrée à venir se placer sous sa protection, derrière son bouclier.

Dans le chapiteau de droite, un autre ange, porteur de la lance, écrase le dragon des anciennes croyances arvernes. Ce dragon est de toute évidence le dragon de Gergovie, la tête au Crest, le corps dans la montagne de la Serre. L'ange invite avec la plus grande douceur la population craintive. « Entrez dans le temple, dit-il, aux hommes et aux femmes apeurés. » Le message est clair. C'est comme un drapeau que la cité éduenne a planté face aux Arvernes, dans sa progression de conquête de la Saône à la Loire et dans laquelle s'inscrit l'installation des Boïens au mont Beuvray. 

Rien de romain !

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César est d'une très grande précision (DBG I, 29). La migration helvète comptait 368 000 âmes pour 92 000 combattants, ce qui représente un combattant pour trois non-combattants. D'où pour 32 000 Boïens, 8 000 combattants Boïens aptes à porter les armes. Il faut toutefois relativiser, car ce sont les chiffres d'un recensement, avant le départ. Il faut déduire de ces chiffres, ceux qui ont renoncé de partir au dernier moment, ceux qui ont rebroussé chemin, surtout après le désastre du franchissement de la Saône, et ceux qui ont été tués lors de la bataille de Sanvignes remportée par César.

Après sa grande victoire sur les Helvètes et les Boïens, César écrit qu'à la demande des Éduens, parce qu'ils étaient réputés pour leur grande valeur militaire, il autorisa les Éduens à les installer sur les confins de leur territoire ; les Éduens leur donnèrent des terres ; puis, dans le cadre de leurs lois, les mêmes droits et libertés dont ils jouissaient.(DBG I, 28, 5, traduction : E. Mourey).

 "...Gorgobina, oppidum des Boïens ; César les avait établis ici après la défaite des Helvètes ; il les avait rattachés aux Eduens" (DBG VII,9)

"César demande alors aux Eduens d'assurer son ravitaillement. Il envoie chez les Boïens un élément précurseur pour les prévenir de son arrivée et pour les exhorter à rester fidèles et à supporter les assauts de leur ennemi avec courage. Laissant deux légions à Agedincum (Sens) avec les chariots de bagages de toute l'armée, il se met en route pour porter secours aux Boïens" (DBG VII,10)

 C'est clair : les Éduens de Mont-Saint-Vincent/Bibracte ont donné le mont Beuvray arverne aux Boïens, à charge pour eux de déloger les Arvernes qui s'y trouvaient encore et ils ont fait d'eux une colonie puis un allié.

Je rectifie : le conseil éduen qui siégeait dans la cité éduenne de Cabillo/Chalon-sur-Saône, dans la forteresse de Taisey, a donné le mont Beuvray etc...

Cela signifie que c'est Taisey qui les a ravitaillés en blé pour qu'ils survivent. Cela signifie que c'est Taisey qui leur a fourni, avant l'hiver, les bois de construction pour leurs maisons de bois etc... etc...

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Or, quel était le nom de Taisey à cette époque ? Diodore de Sicile nous donne la réponse : Héraclès [...] bâtit une grande ville, - celle qui, en raison de sa course errante en cette guerre, est nommée Alésia. Il mêla même à ses citoyens beaucoup de gens du pays, mais comme ces derniers l'emportaient en nombre, il arriva que tous les habitants tombèrent dans la barbarie. Les Celtes jusqu'à ces temps-ci ont en honneur cette ville qui est pour eux le foyer et la métropole de toute la Celtique. Tout le temps depuis Héraclès jusqu'à nos jours, elle demeura libre, et ne fut jamais mise à sac. Mais enfin Gaius César, celui qui, à cause de la grandeur de ses actions, a été appelé dieu, la prit de vive force, et, comme le reste des Celtes, elle fut contrainte de se soumettre aux Romains. (Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, IV, 19).

Taisey, Alésia, métropole de la Celtique au bord de la Saône. Dans ces conditions, le mont Beuvray pouvait-il conserver son nom de Gorgobina ou Gergovina, évidemment non ! Le mont Beuvray ne pouvait que prendre le nom d'Alisum ou d'Alisincum.

Non, Madame la Ministre, les Boïens n'ont pas tous émigré à Autun, ils ont colonisé le Morvan.

Déesse boienne des eaux thermales de Saint-Honoré-les-bains. Elle offre l'eau qui guérit.

Emile Mourey 22 décembre 2020

  1. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mont-beuvray-gorgobina-site-159475
  2. https://www.agoravox.fr/actualites/article/bibracte-au-mont-beuvray-c-est-un-229299
  3. https://www.agoravox.fr/actualites/article/gaulois-gauloises-de-sang-ou-de-229458
  4. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/cette-plaisanterie-de-bibracte-au-189584
  5. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/lettre-ouverte-adressee-en-1998-a-204315
  6. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mt-beuvray-is-gorgobina-bibracte-169794
  7. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/a-mm-les-archeologues-au-sujet-de-209158


19 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 décembre 2020 13:37

    Joyeux Noël, M. Mourey.


  • Cartman Cartman 23 décembre 2020 18:35

    Merci beaucoup pour votre ardeur à défendre la vérité historique et ses corrélations archéologiques. Beaucoup de gens s’imaginent encore que les celtes étaient des arriérés et que l’arrivée des romains leur a apporté « la Civilisation ». Les élites gauloises et romaines étaient déjà dans un jeux d’influence particulier avant l’invasion de la gaule, la culture des deux régions se sont, elles aussi, influencées avant cette période. Peut être est-ce pour cette raison que de telles confusions sont encore possible. Au final, pour les non-avisés, dès qu’on trouve des constructions suffisamment élaborées, « c’est romain » ! 


    • Emile Mourey Emile Mourey 23 décembre 2020 19:59

      @Cartman

      Merci ; et le pire, c’est qu’on ne cherche même pas à vérifier les mauvaises traductions des textes anciens.


  • Antenor Antenor 23 décembre 2020 21:13

    @ Emile

    "C’est clair : les Éduens de Mont-Saint-Vincent/Bibracte ont donné le mont Beuvray arverne aux Boïens, à charge pour eux de déloger les Arvernes qui s’y trouvaient encore et ils ont fait d’eux une colonie puis un allié.

    Je rectifie : le conseil éduen qui siégeait dans la cité éduenne de Cabillo/Chalon-sur-Saône, dans la forteresse de Taisey, a donné le mont Beuvray etc...« 

    Ce qui signifierait que le sénat éduen siègeait à Chalon, celui des Arvernes à Nemossos (Clermont ? Royat ? Pont-du-Château ?), celui des Parisis à Lutèce etc... Jusqu’ici j’avais plutôt tendance à considérer ces »Civitas" gauloises comme des alliances entre différents pagus mais il est vrai que ça ne colle pas avec les rapports de domination qu’on observe entre villes voisines sur les bords de la Méditerranée. Après tout, Mâcon est deux fois plus éloignée de Chalon que ne l’est Albe de Rome.

    Aujourd’hui, on a du mal à se représenter cette concurrence exacerbée entre villes même très proches. Vingt siècles de pouvoir centralisateur sous diverses formes ont quelque peu vitrifié et nivelé ces rapports de force locaux. Les citadelles comme Bibracte / Mont-Saint-Vincent jouaient le rôle de juge de paix. La ville qui tenait ces forteresses tenait le pays.


    • Emile Mourey Emile Mourey 23 décembre 2020 23:43

      @Antenor

      Je ne pense pas qu’on puisse établir de règles comme vous l’espérez, me semble -t-il, Ce qui est génial, à mon avis, c’est que nous remontons dans le temps, dans notre Histoire, une Histoire aussi complexe que celle dite moderne que nous connaissons mieux. Et comme pour notre histoire plus récente, nous n’avons que les textes, principalement d’époque, nos intuitions (logique, intelligence, bon sens etc) pour nous guider, puis, mais seulement en complément, l’archéologie. L’erreur que je dénonce est d’avoir voulu tout expliquer en partant d’une découverte archéologique sur le mont Beuvray, certains archéologues allant même jusqu’a dire qu’il fallait ne pas tenir compte du texte de César.

      Concernant Taisey/Chalon, c« est le texte de Strabon qui y voit la cité, mais il faut comprendre que la forteresse de la cité est celle qui s’y trouve, celle dont la tour subsiste. Concernant Gergovie, c »est le texte bien retraduit et compris de César plus ceux de Sidoïne Apollinaire qui nous permettent de comprendre qu’il y a permanence d"occupation sur le point fort du terrain qu’est Le Crest. Dès lors, il faut comprendre que sous les mots qui changent, Gergovie, Nemesos, Avitacum, ;il y a la permanence du point fort du terrain qu’est Le Crest, et, en plus, très fortifié.

      Merci... on avance.


  • Emile Mourey Emile Mourey 24 décembre 2020 00:14

     @ Antenor

    il faut comprendre que sous les mots qui changent, Gergovie, Nemesos, Avitacum,.....Augnemetum... il y a toujours Le Crest, même s’il désigne aussi, plus tard, la ville de Clermont dans ce que j’appelle « la cité double ».

    De même, mais différemment ; c’est Bibracte, à Mont-Saini-Vincent, qui a pris le nom d’Augustodunum, le dunum consacré à l’Auguste du ciel , et qui l’a donné à Autun dans le cadre de la cité double.


    • Emile Mourey Emile Mourey 24 décembre 2020 00:31

      @Antznor

      Rien à voir avec l’empereur Auguste, de son vrai nom Octave, qui s’est attribué le qualifiquatif divin, connu seulement pour des fondations médittéranénnes , Fréjus ;.. si mes souvenirs sont bons.


    • Antenor Antenor 24 décembre 2020 18:09

      @ Emile

      La question qui se pose est qui a financé la construction grandiose d’Autun. Bibracte / Mont-Saint-Vincent ne dispose que de maigres ressources propres et doit certainement ses murailles à la contribution de Chalon. Cette dernière n’allait certainement pas se tirer une balle dans le pied en finançant la construction d’une colonie/ville plus vaste qu’elle et qui lui aurait pris le leadership à la tête des Eduens. Il ne reste que Rome. Ce qui explique son nom en hommage à l’Auguste romain. Le but de Rome était de mettre les Eduens sous tutelle par le biais d’Autun.

      C’est en cela qu’on peut à la rigueur dire que la construction d’Autun se place dans le prolongement de celui de Gorgobina au Mont-Beuvray. Les commanditaires étaient différents mais le but était le même : soumettre les Eduens en supplantant Chalon. La différence étant que la Gorgobina arverne était du « provisoire qui dure » quand le projet urbain romain d’Autun se voulait définitif.

      Il est d’ailleurs notable qu’Autun soit une des très rares exceptions parmi les capitales de cités gauloises à ne pas avoir pris le nom de son peuple au 4ème siècle. Avaricum, Augustonemetum et Lutèce sont ainsi devenus Bourges pour les Bituriges, Arvernis pour les Arvernes et Paris pour les Parisis. Et pourtant Autun n’est pas devenue « Eduie ». Les autres exceptions sont Lyon, Vienne ou Narbonne : toutes colonies romaines. Même Trèves a pris le nom des Trèvires.

      Le cas d’Augustonemetum / Nemossos est intéressant car on retrouve également le nom d’Auguste. Cela pourrait signifier que la ville commerçante arverne a été reconstruite avec l’aide de Rome suite à la politique de terre brûlée de Vercingétorix. Cependant, le fait qu’elle soit devenue ensuite Arvernis montre une présence romaine moindre qu’à Autun.

      Comme pour Bibracte / Mont-Saint-Vincent, le financement des remparts de Gergovie / Le Crest n’a pu venir que des grandes villes arvernes Clermont-Arvernis-Nemossos en tête. Sur le dessin de l’armorial de Revel, on mesure bien à quel point les murs du Crest sont d’une taille démesurée par rapport à la petite ville qu’ils surplombent. Et qu’Avitacum puisse être à Aydat ne changerait pas grand chose finalement, on demeurerait toujours dans la sphère de Gergovie.


    • Emile Mourey Emile Mourey 25 décembre 2020 13:56

      @Emile Mourey

      Qui a financé la construction d’Autun ?

      Réponse : Eumène demande à Constantin (Constance-Chlore) de réparer le bâtiment des écoles à Mt-St-Vincent/ Bibracte : Puisque les empereurs ont voulu relever cette colonie (Autun) et la vivifier avec les plus grandes et les plus nombreuses ressources de l’empire, il ne conviendrait pas que les deux très beaux temples de cette ville (le temple de Minerve et celui d’Apollon) soient défigurés par les constructions en ruines qui se trouvent au milieu.(1) 
      À Trèves, il le remercie d’avoir relevé la cité éduenne de ses ruines (sur les fonds publics) et déclare que, dorénavant, c’est Autun qui sera la cité des Éduens...
      Nous n’avons pas craint de prendre ton nom en mettant de côté l’ancien, car Bibracte (Mont-St-Vincent) s’est appelée jusqu’à présent Julia, Pola, Florentia, mais maintenant, c’est Flavie (Autun) qui sera la cité des Eduens (Eumène, Actions de grâces à Constantin/Constance-Chlore, chap II,).
      Ce nom, c’est celui de Constance-Chlore : Flavius d’où Flavie, nom de la colonie fondée par Mt-St-Vincent/Bibracte dans le cadre de ce que j’appelle : la cité double... d’Augustodunum ; rien à voir avec l’empereur Auguste. Augustodunum, c’est le mont/dunum voué au dieu gaulois, l’Auguste, qui est dans le ciel... Mont-Saint-Vincent/Bibracte.

      Les points forts du terrain restent, ce sont les noms qui changent.

      Idem pour Augnemetum. Augnemetum, c’est Le Crest/Gergovie. Clermont-Ferrand y prend le nom dans le système de ce que j’appelle la cité double (oppidum/ville)

      Qui a peuplé Autun ? Réponse : les empereurs y avaient fait venir des ouvriers d’outre-mer, des colons choisis parmi les plus illustres familles des provinces (1)


    • Emile Mourey Emile Mourey 25 décembre 2020 14:03

      @Antenor

      (1) discours pour la réparation des écoles.


    • Emile Mourey Emile Mourey 26 décembre 2020 10:25

      @Emile Mourey

      des ouvriers d’outre-mer ?... des Anglais ??? que Constance Chlore a ramenés de ses expéditions en Grande-Bretagne...


    • Antenor Antenor 26 décembre 2020 16:33

      @ Emile

      Dans le « Panégyrique à Constantin-Auguste »*, le rôle concret de Chalon (XVIII) dans la victoire de Constantin contre Maximien par la fourniture de navires est subtilement rappelé au milieu des félicitations d’usage et il est également sous-entendu que l’Apollon vu par Constantin est le même que celui vénéré à Chalon. Si à la fin du texte l’auteur semble envier la restauration de Trêves, c’est parce qu’il espère le même traitement pour Chalon. A aucun moment Bibracte ou Augustodunum n’y sont évoquées.

      Dans le « Panégyrique de Constance » plus ancien, aucun nom de ville éduen n’est mentionné. Par contre, la ville au nom de laquelle s’exprime l’auteur, remercie Constance pour la multitude d’ouvriers capturés en Bretagne et qui lui ont été destinés. Qui dit campagne en Bretagne dit construction de navires. Voici encore un indice en faveur de Chalon.

      Le « Discours pour la répération des écoles » qui date également de la Tétrarchie est le seul qui porte la signature d’Eumène et où Augustodunum / Autun est désignée. Son discours semble sous-entendre qu’on lui a demandé de rendre les 600 000 sesterces, ce à quoi il refuse en promettant qu’ils seront investis dans une oeuvre profitant à Rome. On voit dans ce texte qu’Augustodunum / Autun été reconstruite dès l’époque de la Tétrarchie. Ce n’est donc pas cette ville qui est évoquée dans les autres textes.

      Dans le « Discours des Actions de Grâce à Constantin-Auguste » qui est sans doute le plus récent ; on comprend que Chalon a une nouvelle fois été écartée et que c’est Bibracte / Mont-Saint-Vincent qui a été choisie pour être rebâtie. Après avoir pris les noms de Julia, Pola, Florentia, elle se nomme désormais Flavia en hommage à l’empereur. La phrase « Que dirais-je des autres villes du territoire éduen (VII) » désigne Chalon. C’est pour cela que le ton de la lettre peut paraître assez étrange. Malgré la reconstruction, l’auteur semble chercher des excuses à Constantin. Pourquoi ? Parce que les Eduens souhaitaient la reconstruction de la ville de Chalon plutôt que celle beaucoup plus modeste de la citadelle de Bibracte.

      Sans Chalon, Bibracte n’est qu’une coquille vide. Bibracte est le lieu où s’affronte la puissance locale de Chalon et celle continentale de Rome. Celle qui tient Bibracte tient la grande majorité du pays éduen. Rome n’avait aucun intérêt à restaurer Chalon et au contraire tout intérêt à s’assurer la fidélité de Bibracte. Autun est la fille de Bibracte et de Rome.

      Augustodunum / Autun s’était déjà ralliée à Rome à l’époque des Empereurs Gaulois. Je vous rejoins d’ailleurs pour situer leur capitale à Chalon et y placer la première bataille des Champs Catalauniques entre Aurélien et Tétricus. La ville a probablement été ravagée pour servir d’exemple d’où son état lamentable à l’époque de la Tétrarchie. Constance s’est contenté de lui envoyé des ouvriers capturés, s’estimant quitte.

      *J’utilise les titres du site de Philippe Remacle.
      http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/eumene/oeuvres.htm#_ftnref3


    • Emile Mourey Emile Mourey 29 décembre 2020 09:58

      @Antenor

      Oui, cela demande à être réétudier. Je vais y réfléchir, mais ces derniers jours, j’ai été très pris par la rédaction d’un nouvel article. Il vient de paraître. Il faut battre le fer quand il est chaud. Avec leur basilique romaine, c’est clair que cela va se retourner contre les archéologues du Beuvray. C’est dommage pour l’archéologie française mais cela montrera que les simples citoyens que nous sommes, non diplômés, ont aussi droit à la parole. Merci à Agoravox et à vous.


    • Emile Mourey Emile Mourey 31 décembre 2020 19:51

      @Antenor
      Euméne est homme d’Augustodunum/Mont-Saint-Vincent et quand il parle des villes dévastées et de la « colonie » que les légions romaines ont reconstruite, il s’agit de Marchaux avant qu’’il ne s« agrandisse et qu’il devienne Autun. Chalon, avec l’afflux des migrants était suffisamment populeuse et forte pour se défendre. En outre Eumène s’inscrrit dans une pensée »politique«  » différente de celle de Chalon, comme vous le suggérez d"ailleurs.


  • Le Sudiste Le Sudiste 24 décembre 2020 01:20

    Bonjour Émile,

    chose presque promise, chose due.

    Nous évoquions l’autre jour l’orientation de votre château, vous m’aviez précisé la vue sur l’Église. Je vous avez fait remarqué l’orientation Nord Sud entre Saint-Rémy (chez vous) et Saint Rémy de Provence.

    Donc : il est bien votre château ! C’est un château magique (c’est pas le seul).

    Un petit tour sur Géoportail (vu aérienne) et l’on a :

    Dimension du château :

    Longueur : 50 mètres

    Longueur de la partie centrale : 30 mètres

    Dimensions des ailes : 10 mètres par 20 mètres

    Orientation Nord Sud parfaite sur la diagonale du château

    L’angle droit face à la flèche de l’église est parfait au coin Nord du château. Le côté Nord du château c’est la direction précise de la flèche de l’église. C’est beau !

    Encore plus beau : Si je me mets au pied de l’obélisque de Chalon. Midi est le Nord, 6h le Sud. Je pars tout droit à 8h. (C’est un angle de 30° par rapport à l’axe Est-Ouest). J’arrive où ? Au château de Taisey.

    Quelle est la distance entre l’obélisque de Chalon et votre château ? 3,14 km. Le nombre Pi en kilomètre.

    A Epervans, il y a un autre château. Face au château, avec un angle droit comme vous il pointe une autre église. Distance ? 6,28 km. Deux fois Pi.

    J’ai trouvé beaucoup d’autres choses concernant votre château et les environs...

    C’est la géométrie magique.


    • Emile Mourey Emile Mourey 24 décembre 2020 01:47

      @Le Sudiste

      Merci, oui, c"est assez surprenant mais je pensais qu’en toute logique, le château versaillais avait été construit, jardin à la française inclus, dans la direction du vieux Chalon et de ses églises, notamment de la cathédrale.


  • loulou 26 décembre 2020 11:35

     Tous mes souhaits de bon rétablissement Monsieur Mourey et merci pour la verve que vous déployée dans vos recherches et la defense du patrimoine.


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