lundi 6 février 2012 - par Bernard Pinon

Guerre à vendre

Rappelez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps. Un infâme despote, pourtant démocratiquement élu, faisait la une des journaux. 

Il oppressait une minorité ethnique, tirait sur son peuple, muselait la presse et tenait son pays d’une main de fer en jouant sur le nationalisme le plus ranci. On parlait de charniers, de crimes de guerre quand ce n’était pas contre l’humanité. Les droits de l’homme étaient bafoués. On voyait des images atroces de massacres en boucle à la télé. Des associations humanitaires tiraient le signal d’alarme et évoquaient le « droit d’ingérence ». On monta à la tribune de l’ONU pour réclamer une intervention militaire. Et justement, ça tombait bien, l’OTAN avait dans sa boutique un plan d’action tout prêt.

Bizarrement à cette époque la presse non occidentale faisait entendre une histoire très différente, mais ce n’était là bien entendu qu’une propagande de pays alliés au tyran. Très vite, l’opinion se rallia à la nécessité d’une opération militaire dans un but humanitaire. On détruisit donc les infrastructures du pays avec des bombes humanitaires, et on découvrit à cette occasion une nouvelle expression : les « dégâts collatéraux ». Quelques milliers de morts humanitaires plus tard, le pays fut envahi et occupé humanitairement, et le tyran fut trainé devant un tribunal pénal international avec des chefs d’accusations couvrant des milliers de pages. Justice allait pouvoir être faite, et on montra des scènes de liesse à la télévision. La démocratie était en marche et un candidat pro-européen et libéral était en tête de course. Mission accomplie, et on pensa à autre chose.

Mais les juges devant lesquels le tyran se présentait, au lieu de considérer la condamnation comme allant de soi, se mirent, quelle drôle d’idée, à vérifier les chefs d’accusation. Pendant des années, ils convoquèrent des dizaines de témoins, épluchèrent des milliers de pages de documents, écoutèrent attentivement les arguments de la défense, et se retrouvèrent devant une situation bien gênante, car aucune des accusations portées sur le tyran n’était fondée. La seule conclusion possible était de reconnaître l’innocence de l’accusé malgré le risque de scandale que cela pouvait entrainer. Fort heureusement, Milosevic eut l’élégance de mourir avant la fin du procès. Certaines mauvaises langues dirent même qu’on l’avait un peu aidé.

Cela aurait pu, cela aurait dû faire la une des journaux, entrainer un débat : comment avait-on pu être berné à ce point ? Mais non. Après tout, le pays avait rejoint le giron européen et découvrait les joies du libéralisme donc tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et déjà, un nouveau méchant du jour faisait la une des journaux.

C’était un vrai méchant, celui là, dictateur belliqueux à la gâchette facile qui n’avait pas hésité à tirer sur son peuple, pire encore, à en gazer une partie. Et en plus avec la tête de l’emploi. Pire encore, il cuisinait des armes de destruction massive dans sa cave et des armes chimiques dans des camions. Il hébergeait des terroristes d’Al-Quaida et préparait en douce des attentats meurtriers en occident. Le président américain ne manquait pas lorsqu’il parlait de lui d’évoquer le 11 septembre au point qu’on finit par croire que c’était ce tyran qui en était l’instigateur. Son secrétaire d’état monta à la tribune de l’ONU avec une présentation PowerPoint™ et un tube à essai pour nous prouver qu’une intervention militaire était incontournable pour préserver la sécurité du monde libre. Et justement, ça tombait bien, l’armée américaine avait un plan de guerre tout prêt. Il ne lui manquait qu’un peu de renfort que, cette fois-ci, elle eut quelque peine à trouver.

Bizarrement, la presse non atlantiste faisait entendre une histoire un peu différente, comme quoi ce pays ne présentait pas une si grande menace que ça, mais il s’agissait certainement d’un point de vue tout à fait biaisé. L’opinion américaine et celle de nombreux pays européens réclamaient la guerre. N’allait-on pas apporter la démocratie à ce peuple sous le joug ? On détruisit donc le pays démocratiquement, préservant les infrastructure pétrolière mais pas les richesses historiques de l’ancienne Sumer, le berceau des civilisations, et on découvrit à cette occasion une nouvelle expression : le journalisme « embedded » qui nous permit de voir de jolies images de pyrotechnie sur nos écrans. Quelques centaines de milliers de morts démocratiques après, le pays fut envahi et occupé, et on vit des scènes de liesse sur nos écrans. Le président américain déclara que la mission était accomplie. Le pays allait découvrir les bienfaits de la démocratie libérale. Hussein fut arrêté et cette fois on ne commit pas l’erreur de trop vérifier les chefs d’accusation : il fut rapidement pendu haut et court.

Etrangement, on ne trouva pas trace de ces fameuses armes de destruction massive qui constituaient le principal chef d’accusation contre Hussein, et on vit bien que les libérateurs se souciaient plus de remettre en marche la pompe à pétrole que les pompes à eau. Quand aux scènes de liesse, on découvrit qu’elles avaient été montées de toute pièce. Cela aurait pu, cela aurait dû entrainer aux Etats-Unis et chez leurs alliés un vaste débat : comment a t-on pu se laisser berner à ce point ? Et pour quel résultat ? Mais non, l’actualité était ailleurs, dans les derniers exploits sportifs et les frasques des vedettes à la mode, qui intéressent bien plus les gens que ces histoires de gosses qui crèvent empoisonnés par l’uranium appauvri des obus.

On aurait pu croire qu’après cela, les gens seraient devenus plus méfiants : trompe-moi une fois, honte sur toi, trompe-moi deux fois honte sur moi. Que nenni. L’histoire se répéta avec un nouveau méchant du jour. Il s’agissait cette fois d’un dictateur d’opérette dont on oublia bien de mentionner qu’il était parvenu à hisser son pays au meilleur niveau de vie de toute l’Afrique. Là encore on en fit l’incarnation du diable, qui tirait sur son propre peuple, muselait l’opposition et la presse et refusait de s’endetter comme tout pays civilisé le fait. Tout juste si il ne mangeait pas des enfants au petit déjeuner. Les têtes parlantes de nos étranges lucarnes étaient unanimes, qu’ils soient journalistes chroniqueurs ou philosophes de salon : une intervention militaire humanitaire et démocratique était nécessaire. On monta à la tribune de l’ONU pour démontrer le bien fondé de l’affaire. Et justement, ça tombait bien, l’OTAN avait un plan militaire tout prêt en réserve. On peut remercier les militaires d’être prévoyants.

On ramena donc humanitairement et démocratiquement le pays au moyen-âge, accompagnant les courageux opposants dans leur lutte contre le despote qui fut en toute justice torturé à mort. Et, miracle démocratique, on aida ces opposants à constituer un nouveau gouvernement dont les premières mesures furent de créer une banque centrale indépendante affiliée à la Banque des Règlements Internationaux à Berne pour que le pays puisse s’endetter normalement, et au passage à instaurer des lois qu’on dit inspirées de la sagesse du prophète, ce qui valut à notre BHL national le surnom de « Charia Express », prouvant au passage qu’il restait quelques dents dans la mâchoire des Guignols. Il y eut bien cette fois quelques voix discordantes, mais les seules qu’on entendit à des heures de grande écoute furent celles de deux avocats sulfureux que le chroniqueur maison couvrit généreusement d’insultes.

On aurait pu croire qu’après cela, les gens se seraient posés des questions, qu’il y aurait eu des débats vifs sur le bien fondé de l’intervention. Pensez-vous. Et déjà se pointait un nouveau méchant du jour avec cette fois une surprise car on s’attendait à voir le président Iranien comme nouvelle cible mais le président Syrien lui vola la vedette. Et c’est reparti comme en quarante, avec les mêmes recettes : massacre du peuple, martyr des opposants et peut-être charniers, qui sait. Là encore, la presse non occidentale donne une version très différente de l’histoire, parle d’agents provocateurs et de mercenaires étrangers, mais ce n’est là bien sûr que propagande éhontée que nos média si objectifs dénoncent courageusement en nous montrant des images d’atrocités à la provenance mal identifiée mais certainement crédible. Là encore, on pérore à la tribune de l’ONU pour exiger qu’on légitimise une intervention militaire humanitaire, démocratique et juste pour protéger ce peuple opprimé en détrônant à coup de bombes le tyran sanguinaire. Et justement, ça tombe bien, l’armée américaine et l’OTAN ont dans leur stocks un plan d’attaque ciselé de longue date si on en croît le général Wesley Clark.

Mais la presse s’est tellement fait le véhicule de mensonges dans le passé qu’elle a dû certainement se montrer cette fois-ci plus prudente, donc on y croit. Encore. Toujours. Le marketing de la guerre est maintenant bien rôdé et fonctionne à plein régime. La Syrie sera détruite et l’Iran suivra. On y mettra en place un régime probablement islamiste mais compatible avec les intérêts économiques et géostratégiques occidentaux. Par contre, les gentils despotes tels que la monarchie Saoudienne n’ont aucun soucis à se faire et peuvent continuer tranquillement d’opprimer les femmes et d’assassiner les opposants : eux sont docilement à notre côté. Bonne gerbe à tous.



119 réactions


    • joletaxi 7 février 2012 12:57

      Non ! Je te parle du milieu affairiste américain,

      ben oui, j’ai bien compris, tout est bon pour dénoncer le méchant capitalisme qui broie les peuples.
      Que Ford aie eu des sympathies pour le mouvement nazi, je ne vois pas en quoi cela implique la responsabilité des américains.Il y avait même un parti nazi aux USA,assez actif, et un en Angleterre,le petit moustachu faisait des émules... y compris en France.
      Paraît que c’est un dommage collatéral de la démocratie, les gens peuvent exprimer et promouvoir leurs opinions ?
      Oups, uniquement quand elles vont de le sens qui me convient bien entendu, sinon, ce sont tous des vendus et des crétins
      Vous ne parlez évidemment pas du petit père des peuples, qui lui était bien le représentant sur terre de la dictature du peuple, sensé être la voix des populations, qui secrètement se partageait la Pologne avec le peintre moustachu, et creusait peut-être déjà les fosses à katlin ?

      A ce compte là, les argentins quand ils envahissent les malouinnes, sont financés par le gouvernement français,et ce sont des exocet français qui tuent les anglais.

      Concernant la Lybie, que je sache, il s’agit d’une résolution des nations unies, qui normalement veille à éviter que des gens se fassent massacrer... comme en Syrie.
      ce que font les peuples de leur« liberté » retrouvée devrait selon vous être dirigé par les « forces de l’empire » ?On se demande pourquoi on a décolonisé non ?

      Je remarque que quand les infos distillées par la presse aux ordres, vous convient, vous ne vous posez pas de questions.L’affaire des ADM en Irak est un bon exemple,les américains se sont ridiculisés, la presse a fait son boulot, vous êtes content.


    • Maurice Maurice 7 février 2012 13:49

      Ah déjà on argumente c’est mieux, je déteste quand quelqu’un cherche à recouvrir le débat de la chappe de plomb « complotiste » comme beaucoup le font sur AV.

      « Que Ford aie eu des sympathies pour le mouvement nazi, je ne vois pas en quoi cela implique la responsabilité des américains »

      Cela implique la responsabilité du milieu affairiste américain qui savait pertinement à quel enrgumène il avait à faire... Il ne l’ont lâché que quand il décida de ne pas rester soumis à ce même milieu affairiste, et qu’il voulut régir l’Europe tout seul.

      Je ne suis pas un utopiste, je sais pertinement que les réseaux existeront toujours dans le monde, qu’ils se croisent, s’entrecroisent, se combattent, etc...

      Néanmoins, si l’on porte un regard critique sur notre « monde » occidental, on peut facilement se rendre compte que nous avons une puissance destructrice sans commune mesure avec les dictateurs d’opérette à qui nous faisons la guerre.

      Pour la résolution des Nations Unies sur la Lybie, il me semble que celle-ci ne prévoyait pas que des troupes (j’inclus les drones dans le qualificatif « troupes ») étrangères puissent intervenir militairement en Lybie. Pourtant cela a été le cas. Même des auteurs qui fustigent ces dictateurs écrivent la-dessus (comme Morice, que je ne porte pas dans mon coeur mais qui sur le coup a été honnête, intellectuellement parlant).

      Je préfèrerai que l’on nous dise : nous avons besoin de pétrole, nous allons faire la guerre en Lybie. Mais pitié, arrêtez d’invoquer les droits de l’homme pour justifier l’attaque d’un pays souverain. Je pense qu’il y avait plus urgent en Afrique que la Lybie (qui était le pays le plus développé d’Afrique, et que nous allons réduire à l’age de pierre).

      Nous faisons souvent la guerre pour des objectifs inavouables, sous couvert humanitaire, et cela est insupportable.

      En fait on nous fait le coup à chaque fois. Le shéma est toujours le suivant : un pays non alignés est destabilisé intérieurement ; comme il est destabilisé par des agents provocateurs financés par l’étranger (cela commence à sortir pour la Syrie, entre nous soi dit), il se défend ; comme il se défend, on dit qu’il tue son peuple, et cela justifie une invasion. La boucle est bouclée.
      Pour la Syrie, je ne cherche pas à défendre Assad, mais j’essaye de comprendre : pourquoi mettons autant de vigueur a destabiliser son pays (ou les communautés chretiennes et musulmanes vivaient assez pacifiquement) ?

      Pourquoi pas le Yemen ou l’Arabie Saoudite je vous le demande ?


    • joletaxi 7 février 2012 14:27

      si je suis la doxa, nous n’intervenons que là où les « affairistes » nous disent d’aller ?

      Vous parlez des affairistes US qui soutenaient Hitler, élu démocratiquement lui, mais ce que vous ne parvenez pas à assimiler, c’est que les affairistes ,et bien ils font des affaires, et que à cette époque, tout le monde faisait des affaires avec l’Allemagne.
      Par contre, dès que les juifs ont commencé à affluer en Amérique, je ne pense pas que ce soutien se soit prolongé,sans pour autant que les mouvements nazis ou d’extrême droite eux ,dans les pays concernés,ne soient restés actifs.
      ce que vous ne voulez pas admettre, c’est qu’il n’existe pas de gouvernement dans le monde sans un certain soutien de la population.J’ai des amis chiliens, et leur discours sur l’affaire Alliende est bien différent de la fable conformiste de gauche.

      Concernant la Lybie, on y est pour le pétrole.Bon en Tunisie, c’était pour la cuisine.En Egypte, c’était pour visiter les pyramides.
      Imaginons que le bon Ben Ali, aie eu un mauvais caractère et aie commencé à pilonner son peuple,et que nous ne soyons pas intervenu.Que n’aurait-on pas entendu. Ces gens n’ont pas de pétrole, les forces de l’empire s’en foutent.
      On intervient en Lybie, qui si nous n’avions rien fait, serait aujourd’hui dans le même état que la Syrie.Horreur, ce ne peut qu’être pour le pétrole.
      Si l’on intervient pas en Syrie, c’est d’abord parce que les russes et les chinois s’y opposent et que cela risque de mal finir avec les iraniens.
      Et comme lorsque l’on se lance dans ce genre d’action, on ne peut qu’aller au bout, cela signifie que nos troupes seront exposées.
      mais on peut très bien s’accommoder de 200 morts par jour en Syrie,cela ne dérange personne.Comme on s’accommode très bien du désastre en corne de l ’afrique, juste quelques marins en vacances forcées.
      Bref, on ne peut pas reprocher aux américains, qui sont les seuls à pouvoir mettre sur pied ce genre d’opération, ou du moins d’en assurer la pérennité,d’intervenir ici, et également de ne pas intervenir ailleurs.
      Chaque peuple pousse ses pions, et je serais très curieux de voir comment les chinois, qui mettent sur pied un appareil militaire très conséquent,vont négocier leurs prises d’influence dans le monde.


    • Maurice Maurice 7 février 2012 15:13

      Mais nous sommes d’accord, tout le monde à ses intérêts à défendre, donc arrêtons d’invoquer l’alibie humanitaire.

      Pour la Syrie franchement je me garderais bien de me prononcer à ce sujet : nous ne savons pas exactement qui fait quoi la-bas. Si dans deux ans des documents sortent pour dire que les anglais ou les américains financaient des groupuscules pour mettre le pays à feu et à sang, que direz vous ce jour là ?

      Comme pour l’Irak. Combien de mort à la suite du blocus du pays avant la guerre ? Je vous réponds : deux millions. Est ce que l’on en parle ? Est ce que l’on accuse les gens à l’initiative de ce blocus de crime contre l’humanité ? Pourtant deux millions cela commence à faire...

      Tout est une question de proportion. Quand on entend lutter pour ce que l’on pense juste, on essaye d’identifier qu’est ce qui nuit le plus actuellement au monde en général. Et je pense que nos élites ne sont pas exemptes de tout reproche. 

      Vous parlez de Ben Ali. Mais nous avons fait des affaires avec ce pays alors que nous savions pertinement que certaines choses étaient injustes, et c’est justement parce que des choses injustes se déroulaient dans ce pays que la révolution a éclaté et que l’armée a suivi les manifestant. Toute la différence est là, le peuple avait le soutien de l’armée, ce qui n’a pas été le cas en Lybie (seulement quelque déserteur), ni en Syrie.

      Si je suis votre raisonnement, nous allons intervenir dans tous les pays qui ne fonctionnent pas comme nous. De façon conventionnelle, si le pays se situe au Moyen Orient ou en Afrique, et de façon économique si le pays est européen (cf Orban qui en 1989 était un héro contre les dictatures, et qui maintenant est un méchant totalitaire à qui on demande de passer à la caisse).

      Le mandat de l’ONU pour la Lybie a été contourné. Que vont ils inventer pour la Syrie ? 

      Je terminerai par votre conclusion. Chaque peuple avance ses pions. On est d’accord, mais je pense que la Chine n’est pas expansionniste, ni belliqueux comme le sont les USA. Elle se défend plus qu’elle n’attaque.

      Et puis l’économie de guerre a toujours était un moyen pour purger le système économique et remettre les compteurs à zéro. Je pense qu’il s’agit davantage de la raison de nos interventions dans ces pays. Et cela je ne le cautionne pas.


    • joletaxi 7 février 2012 15:34

      selon vous, la révolte en Lybie n’avait pas le soutien d’une partie de la population, ou devrais-je dire de clans ?
      Vous croyez sincèrement que l’on fomente une révolution avec 2/3 mercenaires ?
      Justement tiens, l’armée de Kadafi, qui n’a pas suivi, était en grande partie constituée de mercenaires.
      Que des agents très spéciaux soient à l’oeuvre en Syrie,c’est probale, mais cela n’emp^che que ce à quoi nous assistons, c’est une guerre civile.
      A vrai dire,les seuls qui avaient des soucis avec les Syriens, c’étaient les israeliens, donc on s’en tape, et comme ils se reproduisent comme des lapins, autant les laisser s’entretuer.
      Vous parlez des 2 millions de morts de l’embargo en Irak.
      A part l’embargo, que pouvions nous faire ?Envahir, c’est ce qui a été fait.Car le bon sadam qui nous était très sympa quand il faisait du « tourisme en iran », qui l’était moins au Koweit,était un garçon plutôt turbulent.
      Cela ne vous a jamais étonné qu’il aie relâché ses otages occidentaux pour se faire bombarder le lendemain ?
      Cela ne vous a pas étonné que dans les premières heures du conflit, les américains avaient tous sorti leur matériel NBC ?
      Cela ne vous a pas étonné que la colonne US en route vers bagdad a freiné tellement fort qu’il y a eu plus de blessé dans les accidents que dans les combats ?
      C’étaient quoi selon vous les accords avec le bon sadam ?
      Et pourquoi les américains étaient si nerveux pour aller voir partout en Irak,et que le bon sadam jouait avec leurs nerfs sachant bien que cela finirait mal ?

      Mais non, contentons nous de la fable bien ficelée, et tellement agréable:les américains sont des cons, ils ont fait la guerre pour rien,ou pour du pétrole, pétrole qu’ils achètent avec des $ qu’ils impriment à tour de bras.Tout cela me semble logique


    • Maurice Maurice 7 février 2012 19:29

      Je ne conteste absolument pas le fait qu’il y ait une guerre civile en Syrie, nous sommes d’accord. Mais je m’interroge plus sur les éléments déclencheurs des évènements, je trouve que nous devrions être davantage prudent, et ne pas prendre de solution si radicale (déclarer la guerre à un énième pays) sans prendre le temps de la réflexion. J’ai l’impression que l’information ne va que dans un sens. Les précédents historiques donnent du crédit à cela. Pour l’Irak, les motivations étaient infondées (les médias l’ont dit effectivement mais la guerre était acquise). Pour la Lybie, on sent de plus en plus le même modus operendi : le mandat de l’ONU a été outrepassé, et le désordre s’installe progressivement. Voila, je trouve que cela fait déjà beaucoup, et je ne parle pas non plus de la guerre en Afghanistant, où je ne vois pas trop ce que la France fait encore la-dedans... 


      Je ne vois que des inconvénients pour la France dans toutes ces opérations, j’ai l’impression que notre image se ternir davantage qu’elle ne progresse. Mais après si vous avez des infos pour que je comprenne cette obstination à s’ingérer dans les affaires de pays souverains je suis preneur. Mais je trouve que la France a plus intérêt à instaurer un monde multipolaire dans le calme, plutôt que de soutenir les instigateurs des guerres actuelles.

    • joletaxi 7 février 2012 21:39

      vous cherchez des éléments déclencheurs ?
      c’est pourtant simple, et cela se répète depuis des millénaires :
      le pouvoir en place abuse de ses privilèges,favorise ses affidés, monopolise les moyens, et une frange de la population est mécontente.Des voisins mal intentionnés profitent de l’aubaine, pour ,en armant la « juste rébellion » se placer auprès du nouveau pouvoir qui va émerger.
      Vous savez, j’ai connu un grand patron qui avait les bonnes grâces de la rébellion angolaise, et le fric coulait à flots.
      En lybie, il est probable que des clans n’ont pas eu ce qu’ils espéraient.Comme les frasques du colonel commençaient à agacer,la machine était en route.
      En Tunisie, en Egypte, en peut imaginer qu’en sous main,les islamistes ont fait ce qu’il fallait,tout en restant vertueusement en dehors du « processus révolutionnaire »

      En Irak, je vous ai donné des pistes de réflexion, les USA n’y sont pas allé pour rien.
      En Afganistan, que pouvions nous faire, sinon continuer à financer des stades pour que les talibans jouent au foot avec la tête des condamnés ?
      Ce genre de guerre, qui n’en est pas une , ne peut se gagner qu’en employant les mêmes méthodes que l’adversaire.Au Vietnam, quand ils ont envoyé les B52, très vite ils ont compris qu’ils allaient se faire laminer , mais ils ont gagné la guerre non pas sur le terrain, mais par nos médias.
      Les populations en Afganistan doivent se demander si on est fous.D’un côté on les bombarde, le lendemain on envoie des médecins, on reconstruit, et on leur donne du fric.
      Même chose en Irak,où les soldats US font les garde d’enfants, et se font hacher à tous les coins de rue.
      Sadam maintenait l’ordre en faisant régner la terreur, et tout le monde de s’extasier:c’était bien mieux avec lui.
      Si on avait procédé comme cela avec les allemands et les japonais, on serait toujours occupés

      Nous sommes donc moralement obligés de faire « quelque chose » quand nous sommes confrontés à des « boucheries »mais nos « valeurs » nous forcent à le faire dans le respect de ces valeurs, ce qui revient à dire que cela est souvent pire que de ne rien faire..
      Nous n’avons pas le courage ni la détermination de nos résolutions.


    • Maurice Maurice 8 février 2012 00:08

      J’entends bien ce que vous me dites. Nous avons une sorte de mission civilisatrice, si je comprends bien. Mais dans ce cas la vous partez d’un constat, qui à mon sens n’est pas le bon, car il emmène à reproduire les comportements du passé. 

      Je comprend bien qu’il y a des personnes qui ne sont pas exemptes de tout reproche. Mais nous non plus, nous ne le sommes pas.
      Alors peut être que je suis optimiste, mais je préfère voir que la richesse se situe dans la différence. Laissons les peuples être maître de leur destin, et aidons les à s’émanciper, mais n’oubliez pas que la révolution doit se faire dans les choses avant de se faire dans les hommes. Les idées sont bien plus fortes qu’une armée en marche, c’est cela que vous ne comprenez pas. 
      Je ne crois pas en une supériorité de notre système sur tel autre, et je ne vois pas en quoi nous sommes moralement obligé de faire quelque chose. Et alors quand on se rend compte que des gens font ces choses sous couvert de ces principes moraux alors qu’il n’en est rien, il y a de quoi s’énerver. 

      Je pense que si l’on écoutait un peu les peuples, beaucoup moins de saloperies seraient accomplies. Mais non, le peuple est bien trop bête pour s’occuper de cela. Ce qui en soit peut être vrai. Voila pourquoi nous avons des dirigeants. Mais ces derniers se sont fourvoyés, non pas au bénéfice des USA,ces méchants amerloques, mais au nom des gens qui gèrent ces pauvres amerloques... Qui ne sont ni plus ni moins que l’ancien empire britannique qui impose une logique bancaire par l’armée.

      Nous sommes redevenus à l’époque de la guerre froide. L’opposition actuelle se situe entre les USA, et les Russes qui sont le seul contre pouvoir, avec la Chine. Et je ne pense pas que la France ait intérêt à suivre tête baissé les zuniens...

      Vous ne m’avez pas répondu sur le critère qui permettrait d’attaquer un pays (Lybie, Syrie) au lieu d’un autre (Arabie Saoudite, Yemen) ? 

    • Maurice Maurice 8 février 2012 00:11

      Désolé quelques fautes mais il est tard !

      Petite correction pour la fin : « nous sommes revenus à l’époque de la guerre froide »

  • joletaxi 7 février 2012 11:40

    @martin

    Vous croyez vraiment à vos idioties ?


  • L'enfoiré L’enfoiré 7 février 2012 12:33

    @L’auteur,
    Excellent article. Qui a le mérite d’être concis, bref, rédigé dans une langue magnifique et présenté dans un texte bien structuré. (parole d’un copain et que j’approuve pleinement).
    J’ai été voir votre « A propos » et ensuite votre site.
    Un parcours assez similaire au mien.
    Un problème, pas d’adresse eMail pour aller plus loin.
    Bonne journée


  • captain beefheart 7 février 2012 13:35

    Un grand merci ,monsieur Pinon pour cette mise en parole pertinente et mesuree.


  • Proudhon Proudhon 8 février 2012 19:21

    @l’auteur

    Bravo pour cet article. Tout est dit ....


  • flanicogear 9 février 2012 19:17
    Je crois que vous vous rendez pas compte du danger des despotes dans le monde ! Et pourtant, nous sommes les fruits directs de la seconde guerre mondiale où rappelez-vous, chers lecteurs, que le monde a failli basculer dans la tyranie ! Hitler, Mussolini, Hiro Hito et j’en passe étaient bien réels et influents en leur époque ! Nos démocraties se sont alliées entre elles pour lutter contre les tyrans unis ! Cela vous échappe peut-être mais le monde était divisé en deux : démocraties contre tyrannie ! Nos intérêts contre les leurs ! L’histoire pourrait se répéter encore de nos jours et heureusement que nos démocraties sont vigilantes et maintiennent des embargos et intervention militaire visant annihiler toutes menaces venant de ces pays despotiques, qui pourrait refaire basculer le monde dans une troisième guerre mondiale. Et ce n’est pas une utopie messieurs et mesdames ! Et maintenant, que vaut nos valeurs si on laissait des enfants, des femmes, des gens comme nous se laisser massacrer par des tyrans ! Allez sur youtube et osez taper répression, massacre avec le nom du pays par lequel vous êtes intéressé ! Vous verrez des images où des enfants se font tirer dessus comme des chiens ! Et là la gerbe n’est pas un sentiment mais bien une réalité ! Bien entendu tout n’est pas parfait dans nos démocraties et quelques erreurs ont été commises mais ce n’est rien comparé à ces tyrans modernes. Arrêtons les raccourcis futiles et attachons nous à nos valeurs et à notre histoire car je le vois bien l’être a la mémoire courte !

    • mortelune mortelune 12 février 2012 10:30

      Je vois que la propagande marche bien ;o))

      Réveille toi et informe toi aussi tu verras le monde autrement où les bons et les méchants ne sont pas forcément ceux que tu crois. 

      > ici une vidéo qui est tout à fait raisonnable et qui te donne raison en partie. A toi de voir !

  • mortelune mortelune 12 février 2012 10:13

    J’adore votre texte et aussi vos derniers mots. J’ajoute que tout ça se fait avec notre argent durement gagné et ça c’est le comble.


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