jeudi 20 mai 2010 - par Carland

Hôpital de Carhaix : la fusion c’est comme la tarte au concombre. c’est pas bon hein... ?

Il n’aura pas fallu longtemps avant de constater que la fusion entre le CH de Carhaix et le CHU de Brest nous entrainait vers une catastrophe annoncée.

Quand direction faire communication, sale coup en préparation...

Il y a quelques semaines paraissait dans le Poher Hebdo (notre journal local) un publi-reportage de quatre pages pleines de jolies photos et de propos lénifiants sur la fusion. Bref une opération de communication bien faite comme savent les faire les marchands de yaourt.

La réalité est bien différente. Me dupont, le directeur du CHU est tout sauf un imbécile. Nommé après la mobilisation de 2008 qui avait permis d’imposer le maintien des services de maternité et de chirurgie, il savait que pour fermer les services en question il devrait utiliser des moyens plus sournois et plus subtils que ceux employés par Perrin (ex-ARH) pour arriver à l’objectif jamais abandonné de FERMER les services de maternité et de chirurgie.

Plus roué, Dupont s’est attelé à désorganiser de l’intérieur les services de l’hôpital. Il emploie pour cela plusieurs méthodes complémentaires : non remplacement de médecins, désorganisation volontaire des services, pression permanente sur le personnel, fixations d’objectifs volontairement irréalistes (en terme de naissance par ex !)...

Comme un vulgaire Luc Brami, nettoyeur de son état, Dupont organise la fermeture de l’hôpital de Carhaix. Imposer des objectifs chiffrés irréalistes et dans le même temps froidement tout mettre en œuvre pour ne pas permettre au personnel de travailler dans des conditions sereines, voilà sa méthode. C’est la même que celle employée par les nettoyeurs dans le privé lorsqu’ils programment la fermeture d’une filiale.

Et les usagers dans tout cela

Les usagers ne sont pas dupe de ce qui se joue à ’hôpital. Ce n’est que la continuation de la guerre par d’autres moyens mais avec toujours en ligne de mire la fermeture des services.

Selon le sondage du Poher Hebdo réalisé fin 2008, plus de 80 % des usagers s’était prononcés contre la fusion. Cela n’avait pas empêché les élus PS se voter la fusion sans garantie négociée par Le Drian président PS de la région avec Bachelot.

Les opposants (majoritaires) à la fusion ont toujours alerté des dangers de jeter la clef par la fenêtre comme l’ont fait les élus du PS. L’hôpital de Carhaix doit conserver sa totale indépendance, tout en construisant des coopérations avec le CHU de Brest. C’est à ces seules conditions que l’hôpital peut réaliser sa mission qui elle fait consensus : permettre à tous un accès égal aux soins et le droit de naitre au pays.

Nous le savons également. Le cas de l’hôpital de Carhaix n’est pas unique, il s’inscrit dans le cadre d’une politique qui vise au démantèlement des services publics. En France ce sont près de 180 hôpitaux qui sont peu ou prou dans la même situation. Les choix en matière de santé sont politiques et uniquement politiques. Certains, ont fait le choix délibéré de casser nos hosto pour des raisons purement idéologiques, ils devront en assumer les conséquences...

Au fait est-ce un hasard, au moment ou la politique de la direction de l’hôpital est dénoncée par les syndicats dans la presse, au moment ou la communication aussi habile fut-elle ne parvient plus à cacher la réalité d’une fusion « piège à con » de voir le maire de Carhaix Christian Troadec opposant déterminé de la fusion convoqué par la PJ ? S’agit-il d’une manœuvre visant à neutraliser un élu encombrant ? S’agit-il de détourner les regards du sort réservé à l’hôpital ?

Les intimidations, les coups bas, le blabla... Rien n’y fera, nous avons défendu notre droit à l’accès aux soins, le Tribunal Administratif nous a donné raison en 2008,confirmant la justesse de ce combat. Nous ne laisserons pas détruire notre hôpital. Au-delà du droit, c’est un devoir !

NB : l’audition de Ch Troadec par la PJ aura lieu le vendredi 21 mai à 10 à Brest. Un départ en car est prévu pour les soutiens.

Carland



8 réactions


  • Halman Halman 20 mai 2010 09:49

    C’est exactement ce qu’il se passe dans tous les regroupements d’hôpitaux.

    D’abord on détruit, désorganise, dénigre les services, on les rend inefficaces.

    Et cela permet de justifier une suppression de ce service, et petit à petit la destruction de l’hôpital.

    On provoque des clashs et on dit « vous voyez, ce service est dangereux et ineficace il faut le fermer d’urgence ! »


    • frugeky 20 mai 2010 10:57

      Oui et remarquez que se sont toujours les services de chirurgie et de maternité qui finissent en cliniques privées. Bref, encore une fois, les profits au lieu de compenser des services déficitaires vont emplir les poches des actionnaires des cliniques et des pontes du bistouri.
      Beurk !


  • Bulgroz 20 mai 2010 12:50

    Lisez le rapport de mission au Centre Hospitalier de Carhais de la Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins du Ministère de la Santé : il est accablant.

    http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/084000258/0000.pdf

    Extrait  :« La stabilité est, par ailleurs, loin d’être présente, certains recrutements sont aléatoires en terme de qualité ou d’activité. La défiance est présente dans la population et dans la médecine libérale, pour les spécialités du plateau technique tout particulièrement. La médecine et l’ORL, par contre, bénéficient d’une bonne renommée. Il est à noter une différence d’activité entre la chirurgie viscérale et la chirurgie orthopédique, enregistrant une activité plus conséquente.

    De fait, l’activité n’est pas à la hauteur des ressources. Les taux de fuite sont très importants : le nombre d’accouchements est tombé à 245 en 2007 et seulement 1 570 séjours de chirurgie avec acte classant ont été réalisés l’année dernière.

    Les taux d’occupation sont médiocres en chirurgie viscérale et en gynécologie obstétrique, mais trop élevés en médecine et ORL. Les patients de médecine sont ainsi accueillis en chirurgie et même en gynécologie. La médecine ne peut accueillir tous les patients, ses différents projets se voient reportés. Elle ne peut répondre à tous les besoins de proximité de la population.

    Certains indicateurs, taux de mortalité concernant certains actes, taux de césarienne, sont variables et en 2006 étaient très éloignés des taux cibles nationaux ou régionaux. L’instabilité des équipes, les recrutements aléatoires, l’exercice isolé et l’absence d’évaluations structurées et pérennes de pratique et de risque sont susceptibles d’entrainer le renouvellement de telle distorsion des indicateurs de qualité. Le déficit financier pour 2007 approche 1 300 000€ pour un total des produits de 26 815 071€ sans avoir provisionné les comptes épargne temps médicaux et non médicaux. La situation continue à se dégrader et remet en cause l’avenir. »

    A Carhaix, le taux de fuite (mesure de la part du centre hospitalier de Carhaix sur le total des séjours réalisés pour les patients résidant dans la zone de Carhaix) est de 68,8% en :MCO, 65,5% en Médecine, 76,9% en Chirurgie et 55,7% en Gynécologie obstétrique

    Les habitants de Carhaix ne se trompent pas : ils fuient cet hôpital en majorité et vont ailleurs dans la région.

    Ceux qui souhaitent conserver cette usine à malfaçons et magouilles n’ont qu’à se la payer eux mêmes et non pas de faire appel à la collectivité.


    • Carland 20 mai 2010 14:07

      C’est la deuxième fois que vous cité ce torchon qui a été produit pour essayer de discréditer l’hôpital.

      Si vous étiez à Carhaix, vous en entendriez de belles sur la manière dont a procédé l’auteur de ce « rapport ».

      Bulgroz a de plus la prétention de savoir mieux que nous ce qui se passe et se joue à l’hôpital de Carhaix.

      Cocasse !


  • Bulgroz 20 mai 2010 14:36

    et pourquoi je devrais vous croire vous et votre propagande plus que les experts du ministère de la Santé.


    et pourquoi pointer du doigt l’hôpital de Carhaix plutôt qu’un autre ? La France n’aime pas Carhaix ?

    pourquoi faire payer la collectivité , payez le vous même, cet hôpital.

    A un moment donné, l’administration Française doit prendre ses responsabilités, même si vous vous ne les prenez pas.

    Quand on voit le taux de fuite comparé aux autres hôpitaux de la région , il n’y a pas photo.

    • frugeky 20 mai 2010 14:46

      Parce que vous remarquerez que c’est la médecine qui est favorisée pour le public alors que c’est dans ces services que les durées d’hospitalisations sont les plus longues et celles qui rapportent le moins d’argent. Celles qui coûtent sans rien rapporter. C’est pourquoi le privé ne s’intéresse qu’à la chirurgie. Dès qu’il y a un problème dû aux suites opératoires on renvoie au public les patients sous des prétextes futiles. Ces mêmes hôpitaux qui ne possédant plus de bloc opératoire n’ont bien sûr plus les services de chirurgie qui vont avec.
      On nous vante les privatisations baissant les coûts pour tous alors que c’est tout le contraire qui est constaté quotidiennement. ((


    • Carland 20 mai 2010 15:05

      Tiens une bonne nouvelle reçue via la coordination nationale des hôpitaux et maternité de proximité : Valréas viens de voir le tribunal ordonner le maintien de sa maternité.

      Mauvaise journée pour les laudateurs de la casse des hostos !

      Pour en savoir plus sur la désinformation autour des hôpitaux : http://www.lepost.fr/article/2010/05/15/2074368_c-est-dans-l-air-m-enerve-ma-sante.html


    • Carland 20 mai 2010 15:21

      @ Bulgroz

      A l’occasion de la fameuse épidémie de grippe H1N1, bachelot a gaspillé au profit des labos pharmaceutiques une somme d’argent qui aurait permit de couvrir l’ensemble du déficit cumulé des hôpitaux Français...

      Redoutable efficacité de Bachelot en effet !


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