lundi 22 juillet 2019 - par republicain

Jurassic Park et mammouths transgéniques en Dordogne ?

Jésus transformait l’eau en vin, en Dordogne la Direction Départementale des Territoires transforme les fougères en séquoias millénaires

 Le Périgord vient de se rendre célèbre par un des plus beaux fiascos politico administratifs mais ce n’était qu’un début.

Un projet de déviation routière à 30 millions d’euros a été stoppé par le Conseil d’Etat fin décembre en Dordogne, après dix mois de travaux. La déviation est un chantier de 3,2 kilomètres de route qui devait permettre de préserver Beynac du trafic routier. Cette déviation devait enjamber deux fois la Dordogne et passer sous une voie ferrée pour un montant de plus de 30 millions d’euros. Quinze millions d’euros ont déjà été dépensés pour lancer les travaux, achevés à 50 % selon Germinal Peiro et 30 % selon Jean-François Vidalie, membre de la SEPANSO et membre du collectif sauvons la vallée de la Dordogne.

Stéphane Bern en personne est intervenu pour s’opposer au contournement, donnant un retentissement médiatique national à ce dossier.

Le Conseil Départemental a fait preuve d’imprudence mais pour Germinal Peiro, l’administration porte toute la responsabilité. La Préfecture selon lui a permis les travaux, mené les enquêtes préalables et malgré les recours a fait le nécessaire pour que ces travaux soient lancés et se poursuivent.

Quinze millions pour construire, autant pour détruire, trente millions auront donc été gaspillés dans un fiasco total qui illustre la toute puissance des décideurs .

Dans la Vallée de l’Homme, des Eyzies à Lascaux, l’Administration veut imposer aux élus la mise en place d’un « Jurassic Park » ubuesque. Les espaces constructibles seront réduits de 80%, et la plus grande partie du territoire sera considérée comme un espace boisé protégé, même s’il s’agit de prairies. A quand les mammouths transgéniques…

Le futur Plan Local d’Urbanisme est en préparation, il n’y a pas encore eu d’enquête publique mais il est anticipé par l’Administration dans sa mise en œuvre.

 Tout est fait pour empêcher le peuplement et les activités économiques. La mise en place du facsimilé de Lascaux IV aurait pu dynamiser la région mais la ville de Montignac, tenue à l’écart n’en profite pas. De la vente de livres à la restauration tout se fait à l’intérieur du site. Il suffisait de laisser en ville la billetterie du premier facsimilé pour que Montignac bénéficie de retombées positives. Lascaux II continue en effet à attirer les puristes.

Je n’ignorais pas que l’Etat était le « maitre des horloges » mais je viens de faire l’expérience qu’en Dordogne ses services disposaient de surprenantes facultés pour étouffer la ruralité…

Cette toute puissance, je viens d’en faire les frais à mon humble niveau.

Pour restaurer la maison familiale j’ai mis en vente pour la somme de 20 000 euros un petit terrain constructible qui pendant soixante ans avait accueilli la scierie de mon grand-père. La parcelle est située au hameau des Arzillets, commune de La chapelle Aubareil.

La propriété familiale n’était pas bien grande, moins de dix hectares de cette argile rouge si peu généreuse et qui colle aux sabots. Mais chaque parcelle renvoyait à une histoire de famille, à de la sueur, chaque parcelle avait un nom.

Dans ma tête rien n’a changé, ce bout de terre, c’est celui sur lequel a travaillé mon grand père Edouard Delteil. C’est là qu’en 1935 il s’est coupé la main…

A l’époque les assurances sociales n’existaient pas. Il obtint d’Yvon Delbos de quoi acheter une prothèse métallique sur laquelle il fixait un crochet. Edouard dépassa son handicap, il dut renoncer à la moto mais pour le reste, il stupéfia son monde. On le vit reprendre la scierie, remonter sur les charpentes et planter les clous avec une extraordinaire dextérité.

Un demi-siècle après l’accident il travaillait toujours dans sa scierie installée aux Arzillets, pas très loin de Fougéras. Rien n’avait changé, la scie mécanique était la même, mais un tracteur remplaçait la machine à vapeur. On retrouve encore aujourd’hui les fondations de la scie et des mètres cubes de sciure. La nature n’efface pas tout de suite la vie des pauvres gens. Elle se montre plus indulgente que l’Administration qui refuse de reconnaitre l’existence de cette activité.

Depuis le décès d’Edouard personne n’a repris la suite et la végétation est devenue plus dense. La scie a été vendue, les bâtiments démantelés et la forêt proche a étendu ses fougères. Il y a quelques arbrisseaux mais aucun n’est trentenaire.

Il existe à Périgueux une toute puissante direction qui a la faculté de remonter le temps, de gommer l’histoire et d’en changer le sens, il s’agit de la Direction Départementale des Territoires

Qu’importe si du 18eme siècle à aujourd’hui les documents prouvent que cette parcelle n’a jamais été boisée, qu’importe si elle appartient à une zone bâtie en bord de route (une maison tous les 50m), l’administration vient de décider que nous étions au cœur de la forêt en refusant de laisser construire une maison là où se trouvait la scierie …

Le terrain faisait l’affaire d’un jeune du village méritant et souhaitant rester au pays. Il parait que le gouvernement veut revitaliser l’espace rural… Les terrains constructibles dans la commune sont rarissimes et dans les faits l’administration espère bien les voir disparaitre.

Vendre un terrain à bâtir 11 euros le m2 n’est pas une opération spéculative mais une opportunité offerte à un jeune de vivre et travailler au pays.

 Sublime réponse d’une fonctionnaire : »Vous pouvez faire un recours au tribunal administratif mais d’ici là le terrain ne sera plus constructible… ».

Les autres terrains sont deux fois plus chers et souvent préemptés par un constructeur de maison …

L’Administration aime la campagne mais sans habitants…

J’ai tenté d’expliquer à cette toute puissante administration que la parcelle n’était pas boisée et que l’autorisation de défricher qu’ils exigeaient n’avait donc pas lieu d’être …

Fournissez les preuves me dirent-ils, ce que je fis en fournissant les témoignages.

Avec le malin plaisir du chat qui joue avec la souris, ils balayèrent les preuves …

Le fonctionnaire m’a expliqué que je ne pouvais apporter la preuve d’impôts sur les bâtiments de la scierie… Eh bien oui le pauvre Edouard payait bien des impôts mais pas sur la scierie qui lui avait coupé la main, personne ne lui en demandait…

Donc pour la DDT la scierie n’existait pas et à la place il y avait des bois. La DDT vient de gommer la vie d’Edouard Delteil, menuisier scieur pendant soixante ans à La Chapelle Aubareil.

Qu’importe le plan local d’urbanisme actuel qui ne classe pas ladite parcelle en espace boisé mais en espace constructible, il suffit d’être à proximité d’une forêt pour se retrouver au milieu des bois… Toute parcelle située à côté d’une forêt est soumise à une autorisation de défricher qui sera refusée même si la parcelle n’a pas besoin de défricher …

Qu’importe si la parcelle se trouve dans un hameau, le long d’une route urbanisée, elle est même le dernier espace constructible…

Des maisons sont construites, il y en a une tous les 50m au bord de la même route et des mêmes bois…

L’emplacement de la scierie de mon grand- père contient des broussailles, pas d’arbre à dessoucher… La loi n’impose pas d’autorisation si les arbres ont moins de 30 ans, ce qui est le cas pour les quelques-uns qui s’y trouvent (L342-1 4eme du code forestier) …

Si la DDT appliquait la loi elle n’aurait aucune autorisation de défrichement à exiger et à refuser.

Jésus transformait l’eau en vin, la DDT transforme n’importe quelle parcelle en forêt profonde et les broussailles en arbres de haute futaie, les fougères en séquoias millénaires.

Ils ont raison et j’ai tort, 2000m2 de bois en plus en Périgord, ça compensera l’Amazonie qui perd chaque année l’équivalent de la surface de la France.

 

Madame Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires, vient de lancer un grand plan au niveau national sur la revitalisation de l’espace rural.

Paroles, paroles …



19 réactions


  • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter - Snoopy86 22 juillet 2019 11:02

    Le 421 un mammouth transgénique ?


  • machin 22 juillet 2019 11:42

    Les autres terrains sont deux fois plus chers et souvent préemptés par un constructeur de maison …


    A moins que cela ne soit pour des logements sociaux, vous racontez n’importe quoi...


    • sagesse 22 juillet 2019 14:15

      @machin
      Vous êtes bien mal renseigné, les constructeurs sévissent aux quatre coins de la France avec les mêmes passe-droit/magouilles/pot-de-vin 


  • foufouille foufouille 22 juillet 2019 11:57

    histoire bizarre car une scierie paye bien des taxes si déclarée.


  • Aimable 22 juillet 2019 12:11

    Les copains et les coquins au sein d’un conseil municipal , faisant partis de la commission du plan d’occupation des sols peuvent lors d’un nouveau , ou d’une modification du plan d’occupation des sols mettre des terrains en zone non constructible ceux ci appartenant a quelqu’un avec qui ils n’ont pas , disons , d’atome crochues et ceux qui sont contre , mis en minorité doivent avaler la couleuvre .


    • Le421 Le421 23 juillet 2019 09:20

      @Aimable
      Et c’est monnaie courante par chez nous...
      Sur Sarlat, les constructions commerciales poussent comme des champignons, avec des financiers naturellement amis du maire, cela va de soi...
      On appelle cela « fluidifier les relations ».
      Il paraît que le Medef glissait des enveloppes sous la table.
      Prélevées sur la formation professionnelle !!


  • Aristide Aristide 22 juillet 2019 12:15

    Vous avez un numéro de parcelle, il est possible de retrouver beaucoup d’informations sur le site de l’IGN, des cartes IGN mais pas seulement des cartes des années 1950 ...


  • pemile pemile 22 juillet 2019 12:31

    @republicain « Des maisons sont construites, il y en a une tous les 50m au bord de la même route et des mêmes bois… »

    Vous nous donnez les coordonnées GPS du terrain ?

    Parce qu’autour de Fougeras (La Chapelle-Aubareil) j’ai du mal à voir de quelle route vous parlez.


    • Aristide Aristide 23 juillet 2019 09:31

      @pemile

      Sur Geo-portail, on retrouve facilement le Hameau des Arzillets dans la commune de La Chapelle Aubareil.

      J’ai poste une image de ce que donne le logiciel avec le plan cadastral et le fond de carte IGN.

      J’ai aussi posté aussi l’image en changeant le fond de carte par des photos aériennes de 1950 à 1965.

      Avec une numéro de parcelle, il est assez « facile » de retrouver trace de cette scierie en 1950 et après elle devrait laisser un trace ... mais bon, sans ce numéro, c’est assez improbable. La définition faible de la photo aérienne n’arrange rien ... 

      Nota : Sur le site , on peut bien sur zoomer et dézoomer....


    • pemile pemile 23 juillet 2019 23:20

      @Aristide « Sur Geo-portail, on retrouve facilement le Hameau des Arzillets dans la commune de La Chapelle Aubareil. »

      Oui, mais où serait cette route avec des maisons construites tous les 50m ??


  • robert robert 22 juillet 2019 15:37

    bonjour

    j’ai sous les yeux le « Vivre en Périgord » organe du Conseil départemental de la Dordogne. Le président Monsieur Germinal Peiro signe l’Edito ; on y parle de démocratie de proximité, ; de démocratie participative ; de moderniser la démocratie ; bref de l’hébreu pour moi qui ne connaît que la démocratie Grecque

    suivent : Beynac : le département fait appel de la décision du tribunal administratif de Bordeaux qui ne qui ne suivent pas les conclusions du rapporteur public de l’audience du 26 Mars 19, annule l’arrêté du 29 janvier 18 autorisant les travaux de contournement d Beynac

    le département fort de sa légitimité démocratique et du soutient massif des habitants....Il serait interessant de procéder à un vote pour/contre

    ce qui est sûr : 30 millions d’Euros sont partis

    autre certitude, le député socialiste a laissé son fauteuil à Madame la RENM arrière ou avant : choisissez !!


    • Le421 Le421 23 juillet 2019 09:28

      @robert
      Je suis ami avec plusieurs maires de la région et certains m’ont expliqué que même si ils étaient contre la déviation, ils ne pouvaient s’exprimer, au risque de se voir couper les vivres par le baron local.
      Donc, seuls les favorables ont droit de présence dans les médias officiels.
      Peu d’arguments valables sont mis en avant pour les défenseurs de la vallée.
      Personnellement, je me suis investi contre cette déviation.
      Pas pour défendre trois grenouilles, un têtard et deux noyers pourris, non.
      Parce que le rapport entre le gain apporté et le coût est fantasmagorique !!
      Avec ou sans déviation de Beynac, pour faire Sarlat Bergerac, c’est 45Km/H de moyenne épicétou.
      Alors, cinq minutes de perdus dans le patelin... OSEF.
      Mais Monsieur Germinal est riche, avec l’argent de ses administrés !!
      Le dernier argument mis en exergue vient du risque de chute de rochers.
      Si on doit dévier tous les patelins de Dordogne surplombés par les pierres, bonjour le travail !!
      Enfin, pour Bouygues, il faut préciser.
      Les entreprises locales passent la balayeuse...  smiley


    • Le421 Le421 23 juillet 2019 09:34

      @arthes
      Au fait, arthes (bonjour en passant), peu de gens savent que les commissaires enquêteurs pour l’utilité publique sont rémunérés par les donneurs d’ordre et les entreprises maîtres d’œuvre, cela avait fait l’objet d’un article du Canard...
      Alors, le fait que les commissions soient toujours favorables à ces conneries pharaoniques tient à ce que les enquêteurs se voient copieusement blacklistés lorsqu’ils émettent un avis contraire.
      N’importe quelle enquête, quand elle est faite (pas pour le Leclerc* de Sarlat, je te précise !!) est à plus de 99% toujours positive...
      *article Sud-Ouest « les raisons de la colère », fait par Franck Delage, dont je suis à l’origine.


    • Le421 Le421 23 juillet 2019 09:50

      @Positronique
      Moi ??
      Ah bon... smiley


    • Le421 Le421 23 juillet 2019 09:54

      @robert

      autre certitude, le député socialiste a laissé son fauteuil à Madame la RENM arrière ou avant : choisissez !!

      Jacqueline Dubois est une des premières participantes de l’ASVD. Elle était présente à la première réunion de l’association. Conférence et vidéoprojection (y compris le montage !!) assuré par... Moi-même.


    • Aristide Aristide 23 juillet 2019 10:24

      @Le421

      Avec ou sans déviation de Beynac, pour faire Sarlat  Bergerac, c’est 45Km/H de moyenne épicétou.

      Bizarre obsession : la seule vitesse moyenne mise en exergue par l’opposant au 80 km/h. La sécurité des habitants, la pollution du village, ... pfff. Il faut rétablir la vitesse à 90 km/h.

      Et le 80 km/h en place du 90 km/h, c’est combien sur la moyenne ? Un vrai comique ....


    • Le421 Le421 23 juillet 2019 15:24

      @Aristide
      Désolé Aristide, vous n’avez pas compris (encore une fois) ce que je veux dire...
      Allez, je répète, je suis bonne pâte.
      L’argument NUMÉRO 1 des « pro-déviation » est le « désenclavement de la voie de la vallée ».
      Si ce n’est pas la recherche d’une meilleure circulation, et, par ce fait, une augmentation de la vitesse moyenne (sinon, on mesure comment* ??), alors moi, je suis complètement largué !!
      La « perte de temps » dans la traversée de Beynac est l’élément souligné en premier.
      Arrêtez d’argumenter de façon basique et primaire. Et question comique, là, vous êtes pas mal, faut avouer !!
      Je m’en fous complètement de rouler à 50, à 30 ou à 90, je suis maintenant à la retraite.
      Et déviation ou pas, c’est pas à Beynac qu’on pètera des chronos...
      Entre Siorac et Le Buisson, y’a un passage sympa. Mais là, au niveau radar, c’est la loterie... Et en été, c’est « même pas en rêve !! »

      *Ouais, d’accord, peut-être au temps passé à regarder le paysage ou à faire des textos, j’en conviens... Pffff !


  • zygzornifle zygzornifle 23 juillet 2019 09:10

    Faudra vérifier que les homards gloutonnés par de De Rugy et ses ouailles ne soient pas transgéniques ....


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