mardi 23 janvier 2007 - par Johan

L’Abbé Pierre : le dernier symbole d’une époque révolue

L’abbé Pierre est décédé ce lundi 22 janvier 2007.

Nous qui nous engageons chaque jour là où on a besoin de nous, pour des causes nobles et utiles, dans un élan indispensable, ou au moins qui nous y associons, ressentons aujourd’hui un vide immense.

Encore une fois la force de l’initiative citoyenne a servi de contrepoids au mauvais rêve qu’est parfois la vie.

Cauchemar. Cette métaphore n’a jamais été si pertinente. L’Abbé luttait dans un monde où il fallait se donner les moyens de combattre la misère. Aujourd’hui, ces moyens existent mais ne sont pas employés. La FAO estime à 12 milliards le nombre d’individus qui pourraient être nourris par la production actuelle. L’association Droit au logement parle de plus d’un million de logements vides en France. La misère est à notre merci, qu’on n’en doute pas. Des millions de travailleurs attendent de lui donner le coup de grâce.

Nous devons aujourd’hui combattre notre propre ennemi : le cynisme.

Si je dois retenir un exemple de l’engagement de l’Abbé qui pour moi fait sens, c’est celui du 12 décembre 2005.

Le 8 novembre 2005, les sénateurs UMP mis en minorité voient voté un amendement qui majore d’un ou de deux centimes d’euros le prix des vêtements neufs, au bénéfice direct d’associations qui littéralement les recyclent, c’est à dire les trie, les redistribue ou les valorise, comme Emmaüs.

Le Gouvernement UMP, y compris sa ministre de l’Ecologie Nelly Ollin, a refusé cet amendement au nom d’une concurrence internationale exacerbée. On est en pleine illustration de dumping environnemental et social. En vain : l’amendement passe.

Mais coup de théâtre : le Gouvernement contre-attaque le 12 décembre en retirant définitivement cette disposition de la loi. On est en plein dans l’époque des courses de Noël, et l’information passe quasi-inaperçue dans un double langage éhonté.

Pourtant il est trop tard. Cette infamie, symbole du cynisme le plus vil, a allumé en moi un désir d’insurrection contre l’injustice. Un peu de détresse aussi, face à l’indifférence de la France.

Aujourd’hui, c’est ce cynisme qu’il nous faut chasser, en commençant par celui tapi dans nos coeurs. Celui-là même qui nous fait accepter l’inacceptable. C’est à cela que le cri de l’Abbé Pierre fait écho.

Comme on a pu l’entendre dans le documentaire Pour en finir avec l’an 2000, l’esclave moderne a troqué ses chaînes contre un cadenas. Aujourd’hui nous faisons chaque jour la guerre à notre conscience, mais arrivera le moment où, comme deux boxeurs épuisés, et ne se soutenant l’un l’autre que par leurs chutes respectives, nous nous réconcilierons à nouveau.

L’Abbé est pour moi l’image d’un combat jamais terminé, non vain mais désintéressé. Celui d’un vieillard qui plante un arbre la veille de sa mort par amour pour son petit-fils, mais aussi pour lui inculquer cet amour.



20 réactions


  • grattounette (---.---.68.168) 23 janvier 2007 12:49

    Je ne connaissais pas en effet l’histoire de cet amendement. Merci de l’info édifiante. Edifiant aussi, dans notre monde hypocrite super médiatisé, d’avoir attendu sa mort pour passer le film de sa vie à la télé hier soir, suivi d’un méga débat (improvisé ??) alors qu’on le savait hospitalisé depuis des jours. Pourquoi attendre la mort des gens pour leur rendre un hommage ? ... Sans parler des politiques, tous la larme à l’oeil, de Chirac (et ses petits déj de luxe élyséens) aux candidats de tous poils, de gauche à droite personne n’a jamais rien fait. Des gens dorment toujours sous des cartons, sous des bâches au bord du périph. Je me souviens d’une promesse de Jospin : plus de sans-logis. Et alors ?? Ils ont tous été au pouvoir, et on continue allégrement à dynamiter des immeubles quand tant d’humains sont à la rue... Elle est où l’urgence dont ils parlent tous ? Pauvre Abbé Pierre. Je me souviens d’une interview où il se disait fatigué, las de se battre toujours. A voir le film passé de son histoire, c’était terrifiant, les images étaient les mêmes que sur « Envoyé spécial ».... Pauvre monde... Il est bien cet article, c’est tout-à-fait ça. Hélas.


  • Fred (---.---.155.75) 23 janvier 2007 13:13

    Rares sont les gens qui passent a l’acte comme l’a fait l’abbe Pierre. Nous sommes trop nombreux a dire qu’il faut aider son prochain mais lors du passage a l’acte finalement il n’y a plus grand monde. Les Francais sont de pietres donneurs et ils ne sont pas non plus excellents en matiere de benevolat ce qui est bizarre pour un pays qui se veut social.


  • LoiDeRéquisition (---.---.112.115) 23 janvier 2007 15:43

    Aujourd’hui en France 86 500 personnes vivent dans la rue.

    934 000 personnes ne possèdent pas de domicile et vivent à l’hôtel, dans des habitats de fortunes, en camping, hébergées chez un tiers (hors famille), en meublé, en résidence sociale ou foyer d’urgence.

    2 187 000 personnes sont dans des logements dépourvus de confort de base (pas de salle d ‘eau, de WC, de chauffage) ou dans des conditions de surpeuplement accentué (plus de 2 personnes pour 9 m2).

    Au total 3 207 500 personnes vivent un quotidien de mal logement chronique et critique.

    À cela s’ajoute toute une population qui est en situation de fragilité et risque à chaque instant de basculer dans une situation de grave mal logement.

    C’est le cas pour 625 000 personnes vivant dans des copropriétés dégradées nécessitant une intervention publique urgente.

    715 000 personnes en difficulté ont du mal à joindre les deux bouts et payer leur loyer, avec des périodes d’impayé de plus de 2 mois.

    3 507 000 personnes souffrent de surpeuplement au sens large (entre plus de 1 à 1,5 personne pour 9 m2).

    Enfin, 823 000 personnes vivent hébergées chez des tiers (famille ou amis).

    Ces 5 670 000 personnes sont menacées à moyen et long terme de basculer dans une situation d’extrême mal logement.

    En tout, le mal logement concerne donc 8 877 500 soit plus de 10 % de la population française. Depuis le début des années 90 le nombre de mal-logés ne cesse d’augmenter.


    • vraitravailleur (---.---.140.175) 23 janvier 2007 22:02

      Bravo M. « loideréquisition » pour ces chiffres : je ne doute pas un instant de leur authenticité. Cela ne prouve qu’une chose : c’est que le système « abbé Pierre » a fait croître le nombre de « pauvres, démunis, exclus » de façon exponentielle.

      Logeons les « démunis » dans les hôtels particuliers de l’ouest parisien comme cela s’est fait à Moscou en 1917 et à Prague en 1948. Ils feront comme dans les HLM tout neufs où les « pouvoirs publics » les installent : six mois après, ils sont devenus des taudis insalubres.

      vraitravailleur


  • (---.---.60.104) 23 janvier 2007 17:47

    Pour les medias !! rien d’etonnant !!

    Puisque il etait l’ami, le pere, le defendeur des pauvres et des plus demunis socialement ; politiquement il etait l’ami incontestable de Roger Garaudy ? on peut trouver une reponse dans ce petit coin qui sent la volonté de la non-martyrisation de cette figure emblematique de notre epoque

    Adieu l’Abbé


  • aixetterra... aixetterra 23 janvier 2007 18:13

    Merci pour ce petit instant de d’infoésie. Quelques très jolies métaphores que je tetiendrai. Aixetterra


  • Yves (---.---.15.126) 23 janvier 2007 18:13

    Bonjour ,

    Oui et , aujourd’hui , au lendemain de la mort de l’abbé ... , les membres de ce même gouvernement déclarent en coeur :
    - VILLEPIN : « ... l’abbé Pierre nous a montré la voie de la générosité individuelle et collective ... »
    - SARKOZY : « ... entre le fatalisme et le cynisme , sa foi et son charisme nous ont entraînés sur les chemins de la bonté et de l’action ... »
    - et enfin CHIRAC , qui décrète un hommage national ... , qu’Emmaüs France est bien décidé à ne pas laisser récupérer ...
    http://fr.news.yahoo.com/22012007/5/jacques-chirac-decide-un-hommage-national-l-abbe-pierre-l.html

    Sinon et surtout , je me permets de citer l’abbé Pierre , tel qu’il s’exprime dans son livre :
    - « Je voulais être marin , missionnaire ou brigand » - carnets intimes et pensées choisies - ( vendu par la Fondation )
    - page 109 : « ... C’est la vie qui doit créer la loi . Et non pas la loi figer la vie . Je lutte de toute mes forces pour que les institutions soient réformées , pour que disparaissent les causes de tant de misères . S’il est vrai qu’à droite , on prône la bienfaisance uniquement pour refuser les réformes , à gauche , pour hâter la révolution finale , vous restez les bras ballants devant les détresses immédiates . Je réponds non à l’un comme à l’autre ... »
    - page 161 ( lettre aux maires de FRANCE - 1972 ) : « ... Partout dans le Monde , la politique ne peut construire de l’humain que si s’équilibrent , d’une part , les sciences des experts et techniciens avec , d’autre part , les toutes simples expressions du bon sens des peuples , cette unique source de créations sociales saines . Tout pouvoir est aveugle aussitôt qu’il est assez haut pour avoir de grands moyens . Il est alors trop loin de la connaissance réelle de la peine populaire ... »
    - page 172 : « ... C’est sûr que l’on dérange certaines » bonnes consciences « . Mais si l’on ne dérangeait pas , on n’aurait plus de raison d’exister ... et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir , dans tous les pays où des hommes sont injustes envers d’autres ... »

    - et conclusion , page 110 :
    - « ... On se gargarise avec le  » formidable abbé Pierre «  et on s’en contente . Le reste ? On ne fait rien ... On crée un culte et , à l’occasion de ce culte , on oublie le plus important ... »


  • Bois-Guisbert (---.---.148.138) 23 janvier 2007 18:32

    Dans le débat qui opposait, au moment de l’épuration, les partisans de la mansuétude et ceux de la dureté, l’abbé Pierre choisira la seconde attitude. En avril 1946, il s’insurgera contre un amendement proposé par le gouvernement visant à alléger les peines des mineurs condamnés pour faits de collaboration.

    Source : http://www.lyon-photos.com/historique/detail_41.htm

    L’Abbé Pierre fut un épurateur si féroce que même Pierre-Henri Teitgen, qui prétendait avoir ravalé Robespierre au rang d’enfant de choeur, reconnut avoir trouvé plus dur que lui.

    Ayant refusé de voter la loi du 9 février 1949 qui amnistiait les mineurs collaborateurs, l’Abbé avait en revanche approuvé le décret du 16 juillet 1947 établissant la réversibilité sur l’enfant de la culpabilité des parents !

    Source : http://www.francecourtoise.info/04/314/page.php?id=10nou


    • c.d.g. (---.---.246.199) 23 janvier 2007 21:43

      L abbe pierre avait ete dans la resistance, pas comme certains qui avaient retourne leur veste aux dernier moment et qui avaient des copains de l autre cote (cf Mitterrand/bousquet)

      Qu il souhaient que ceux qui avaient traque, torture et abbattu leur amis soient punis me semble pas excessif. 1946, c est 1 an apres la fin de la guerre ! Si on aurait libere des terroristes apres 1 an de prison, qu est ce qu on aurait dit ?

      PS : comme la plupart des gens, je suis ne bien apres. Donc un peu de respect pour ceux qui on vecu cette periode. On ne sait pas ce qu on aurait fait nous ...


  • caramico (---.---.227.229) 23 janvier 2007 21:17

    Tant qu’à faire de la publicité, et Yohann connait sûrement l’endroit, j’invite les Montpelliérains et autres à apporter tout ce qui ne leur sert pas à la communauté de Saint-Aunès.


  • SarkoLog DE JUHAN (Montpellier) (---.---.113.30) 23 janvier 2007 21:31

    Jacques Chirac a hésité selon le RFI et doit préparer des funérailles françaises pour un ennemi des juifs d’un plus haut grade mondial.

    Le juif Juhan voudrait préparer un enterrement juif à ce symbole de l’État français.

    Johan (Montpellier) :Le goût juif Juhan et ses statistiques falsifiées en faveur du ministre de l’Intérieur.


  • vraitravailleur (---.---.140.175) 23 janvier 2007 21:50

    Tous les démagogues viennent faire l’éloge funèbre de l’abbé Pierre, le champion des « pauvres, démunis, exclus » du lumpenprolétariat.

    Que l’abbé Pierre ait été impitoyable avec les enfants mineurs des Collaborateurs en 1946 comme feu le président Pertini qui avait commencé à mitrailler lui-même les enfants des ex-jeunesses fascistes jusqu’à ce que Luigi Longo l’assomât, quoi de plus naturel pour ces grands sentimentaux en cette période troublée ?

    En fait, ceci est secondaire par rapport à l’ « oeuvre » de l’abbé Pierre..

    A court terme, on ne peut nier que l’ action de l’abbé Pierre a été efficace : l’hiver 1955-1956, il a peut-être sauvé provisoirement de la mort par le froid quelques centaines de sans-abri.

    Mais à plus long terme, il est le promoteur d’un système associatif qui crée la pauvreté pour s’en nourrir ensuite, en exigeant de l’Etat et des collectivités locales toujours plus de subventions.

    Trente ans plus tard, ses héritiers spirituels étaient au pouvoir : Michel Rocard net en place le RMI, renforcé ensuite par la CMU de Lionel Jospin. Le lumpenprolétariat est de plus en plus encouragé à ne fournir aucun travail utile à l’ensemble de la société puisqu’il est logé, nourri et abreuvé de télévision gratuitement.

    Comme la plèbe romaine, ce lumpenprolétariat est désormais adulé, choyé par tous les parasites officiels : élus locaux « de gauche », travailleurs sociaux, permanents d’association à but « social », fonctionnaires et parafonctionnaires chargés de la distribution des allocations, restau du coeur, éducateurs de prison etc. Il est leur raison d’être.

    Paradoxe : les partis politiques se réclamant originellement du marxisme, qui devraient considérer le lumpenprolétariat comme l’ennemi de classe des travailleurs, vont le flatter en lui promettant davantage encore pour gagner ses voix. Tous encensent l’abbé Pierre.

    Revenons-en à l’oeuvre de sa vie : la communauté des compagnons d’Emmaüs (on ne voit pas bien ce que l’apparition à Emmaüs a de commun avec cette association).

    Toujours est-il qu’en employant des personnels sous-payés, avec une fiscalisation inexistante, et des comptes non-vérifiés, cette association fait une concurrence déloyale aux entreprises chargées de l’enlèvement des déchets, aux ébénistes et aux brocanteurs qui, eux, payent le maximum de taxes.

    Il est vrai que, notamment à l’occasion de décès, lors du débarras d’archives de cabinets d’avocats, de greffiers, de notaires, d’entreprises ou même de particuliers, certains documents confidentiels sensibles peuvent être repérés et soigneusement récupérés et utilisés à bon escient pour fliquer la population ou pour tenir en mains ceux qui risqueraient de ternir l’image du gourou.

    vraitravailleur


    • gAZI borat (---.---.164.192) 25 janvier 2007 12:24

      « documents sensibles utilisés à bon escient.. »

      - Emmaüs n’est pas l’église de Scientologie d’une part et d’autre part, vous connaissez beaucoup de personnages véreux qui confieraient leurs documents compromettants à des récupérateurs ?

      - N’alliez pas le poujadisme à la paranoïa..

      Gazi BORAT


  • Hume Hume 23 janvier 2007 22:23

    Merci Johan pour cette tres belle histoire.

    Un peu d’air sur Agoravox.

    A bientot


  • (---.---.229.236) 24 janvier 2007 08:22

    Ba, l’Abbé on s’en tape, c’est le boulot des fonctionnaires tous ca maintenant, on paye pas des impôt pour rien, la solidarité c’est l’Etat.


  • Argyle (---.---.29.67) 24 janvier 2007 11:05

    Je ne ferai pas de belles phrases comme dans certains commentaires ci-dessus, pardonnez moi Je donnerai seulement un autre sentiment, peut être plus proche des gens simples que quelques « bien-pensants » toujours ci-dessus

    L’abbé Pierre était un homme comme un autre, avec ses torts et ses qualités ; Non, tout ce qu’il a fait ne mérite pas l’adulation et Oui certaines choses, parfois des critiques... mais ce n’était qu’un homme encore une fois

    Il a voulu mettre en avant certaines injustices et je pense qu’il croyait vraiment en ce qu’il faisait ! Celà étant toute chose, tout idéal, toute cause sera copiée, imitée, détournée et surtout interprêtée.. pour finalement être analysée, débattue etc.. sans qu’on ne se souvienne qu’il s’agissait d’une « cause d’action » au départ...

    un peu comme cet article où les commentires s’éloignent progressivement du sujet (y compris celui-ci, du coup) Certains n’ont voulu que se lire et qu’on les lise.. c’est regrettable

    Pour répondre aussi à un commentaire sur la « pauvreté créée »... presque usinée... ou sur la couverture sociale à outrance et des chiffres démagogiques qui ne signifient pas grand chose en fait sur le nombre de mal logés : je ne suis pas propriétaire et je déplore nombre de conditions contemporaines sur l’accès au logement ; cependant il est vrai que vouloir à tout prix donner un logement à des gens qui ne f... rien (désolé mais nombre sont des profiteurs), qui ne paieront jamais rien (soit par abus du système mal adapté français, soit parceque la répression de ce même système est tout aussi inadaptée), qui ne se sentent eux mêmes absolument pas concernés par ce débat tant qu’on leur donne A EUX (et même pas au voisin d’infortune qui dormait aussi devant une bouche de métro quelques jours auparavant) quelque chose qu’ensuite on ne pourra pas leur retirer, tient de la gageure malsaine.

    Comment avoir envie d’aider quand les comportements (hormis une faible minorité, j’en ai bien conscience, mais ceux-là se sortent toujours - certes plus ou moins vite - des conditions les plus mauvaises) tendent en permanence vers l’égoïsme a posteriori, y compris chez ceux qui se « serrent les coudes » dans des tentes devant un canal célébre pendant trois semaines pour ensuite se battre devant les caméras parceque le voisin de chambrée a pris la télé ?

    Navré mais tout est devenu suffisamment dur aujourd’hui sans devoir en permanence penser aux autres.

    Je donne parfois une pièce, quand j’en ai, ou une cigarette (je sais le geste est criticable)... Je donne un peu au téléthon, et pas tous les ans... Je participe aux opérations de récolte dans les supermarchés, de temps en temps

    Mais j’ai besoin de penser à moi, et à moi avant tout !

    Alors évitez de jouer les hypocrites en prenant systématiquement la défense des « pauvres mal logés » alors que vous ne leur ouvririez pas votre porte plus que moi (si déjà vous donnez de temps en temps) ! Rien n’est simple, personne ne l’a prétendu Rien n’est purement beau, toujours personne... et c’est pas si grave, la société s’en sortira toujours, promis !


  • ZEN zen 24 janvier 2007 11:23

    J’ai de l’admiration pour l’Abbé, mais je me rappelle qu’il a été souvent instrumentalisé.

    Rappelez-vous, par ex., les années 85:en pleine crise, deux figures emblématiques étaient valorisées dans le PPF et le PAF : Bernard Tapie et l’Abbé Pierre, l’affairiste filou,le « gagneur »,symbole de la religion de l’entreprise qui sévissait alors, et le bon samaritain ,réparant les dégâts d’un libéralisme ravageur. Les « dures lois » de l’économie et la charité compensatrice. La bonne conscience était sauve...


  • minijack minijack 24 janvier 2007 19:33

    Lundi 22 Janvier 2007, un saint homme s’est éteint. Adieu Pierre. Nul doute que si le Paradis existe, toi qui te voulais le dernier des compagnons tu n’y sois reçu comme l’un des tous premiers.

    Petite histoire d’anticipation : Hiver 2037. Sur un almanach virtuel feuilleté par des enfants curieux figure un « Saint Pierre l’Abbé. 1912-2007 ».

    — Ça n’existait donc pas seulement au moyen-âge, les saints ? C’était qui ce Pierre Abbé ? demanderont les enfants.

    — Non, leur répondra-t-on... Au milieu du XXème siècle, dans les plus durs moments de l’après-guerre, après que les hommes se soient entretués par millions, et qu’on en gaza d’autres millions pour de stupides questions raciales et religieuses, les hivers étaient rudes. Les destructions de la guerre n’avaient pas touché la capitale mais de nombreuses villes de France étaient en ruines. Les logements manquaient partout et les surtout moyens financiers pour les loyers. Pourtant, de nombreux immeubles vides étaient murés pour éviter les pillages et les squatters. Dans les rues de Paris et d’ailleurs, des milliers de sans-logis passaient la nuit dans le froid glacial, par familles entières, enfants et nouveaux nés inclus, par des températures avoisinant les -15°.

    — Moins 15° ? Ça doit être vraiment froid ! C’est possible, dis, grand-père ?

    — Oui, en ce temps là du moins c’était possible. C’est vrai que de nos jours, on ne sait plus bien ce que ça représente. Avec le changement climatique survenu depuis vous n’avez jamais vu la neige. C’est dommage. C’est très beau. C’est très beau mais très froid !

    — On ne peut pas dormir dedans alors ?

    — Si, on peut, à condition d’être habillé en conséquence. A cette époque là il y avait encore des Esquimaux. Il y avait surtout encore la banquise, et les esquimaux vivaient sur la banquise. C’était un peuple de nomades qui chassait l’ours des neiges et le phoque. Les Esquimaux utilisaient leurs peaux pour faire des vêtements chauds. Seulement à cette condition ils pouvaient survivre dans la neige et la glace. Mais cet hiver 1954 il n’y avait pas d’ours des neiges à Paris en quantité suffisante pour fabriquer de chauds habits fourrés à tous les sans-logis. Il fallait donc trouver une autre solution...

    — Et laquelle ?

    — C’est l’Abbé Pierre qui l’a trouvée. Ça s’appelle « LE PARTAGE ». Une vieille idée qui remonte de temps à autre à la surface de la conscience des peuples.

    — LE PARTAGE ??? C’est quoi ?

    — Comment t’expliquer ?... Le partage, c’est l’Amour des autres... Par exemple, la super station holographique tridimensionnelle que tu apprécies tant mais qui ne te sert qu’à jouer, tu pourrais la donner à quelqu’un qui s’en servirait vraiment pour travailler mais qui n’a pas les moyens de s’en acheter une..

    — Ben oui, mais si je la donne, j’en aurai plus !

    — C’est tout le problème ! Il disait lui-même : «  On ne possède vraiment que de ce qu’on est capable de donner. Autrement, on en est possédé.  »

    — Ça ne nous explique pas pourquoi cet Abbé Pierre était un saint...

    — Il fut un saint précisément parce qu’il a su faire comprendre ce que moi je ne sais pas vous expliquer. Ce n’est pas de l’ordre du rationnel ni de l’intellect. On ne peut pas comprendre cela avec sa tête, mais uniquement avec son coeur.

    — Warf !!... M’enfin, grand père, c’est ridicule ! Tout le monde sait bien que le coeur n’est rien qu’un organe du genre pompe musculaire. Ce n’est pas avec ça qu’on se pénètre d’un concept.

    — Je sais, je sais... et pourtant !...


  • Espinat (---.---.245.72) 25 janvier 2007 20:40

    L’abbé...il constatait, pensait, réfléchissait, discutait et agissait...alors que beaucoup aujourd’hui brassent du vent,se font voir...promettent,mentent,ne pensent qu’à leur carrière....et à se confondre enfin dans la pratique avec leurs adversaires déclarés sur le dos du peuple...Actuellement même si j’hésite à en faire mon choix pour les présidentielles il n’y a que Bové qui a des idées, qui les colporte partout et qui agit au détriment même de sa personne. Pour se battre contre les multinationales comme Monsanto et autre il faut en avoir quelques part...lorsque ’on sait qu’il s’agit simplement d’avoir un débat sur les OGM au parlement et que la majorité des élus font la sourde oreille...alors je dis OUI, bravo José au moins toi tu es un citoyen comme l’abbé, un vrai pas un déballoné ! Alors vas-y secouons les ces Messieursdames !!! Paix et reconnaissance éternelle à l’abbé !


  • christiane (---.---.140.87) 27 janvier 2007 11:24

    merci à vous comment vous dire, moi qui ne manque de rien, combien je vous admire et commbien j’aurais voulu faire partie ,de ceux qui ont aidés ceux qui avaient froids en 1954, j’étais trop petite.

    aujourd’hui, je me rends compte de la misère...mais la vraie, qui ne dit rien et ne fait pas parler d’elle... je sais que vous c’est celle-là que vous avez toujours aidée, sans parler jamais de religion, de couleur ou autre forme de distinction. pourquoi, je ne vous ai jamais rencontrée, à travers mon confort !! j’ai honte face à ce que vous avez vécu. JE VOUS ADMIRE TERRIBLEMENT. comment s’y prendre pour aider les autres ? il y a tant de gens qui en profitent !! je ne sais qui croire, aujoud’hui ? VOUS ? VOUS LE SAVIEZ AIDEZ-MOI ? même si vous n’êtes plus là, physiquement MERCI comment s’y prendre pour aider les autres, sans


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