jeudi 31 janvier - par Martin de Wallon

L’ancien président Français François Hollande entendu comme témoin dans l’affaire des journalistes RFI tués au Mali

Le mardi 29 octobre 2013, Claude Verlon et Ghislaine Dupont, deux journalistes de RFI, arrivent à Kidal pour la préparation d’une émission spéciale sur «  la crise dans le nord du Mali et la réconciliation ». Ils sont enlevés puis assassinés quatre jours plus tard. Leurs corps sont découverts à proximité d'un pick-up abandonné. Les juges de Paris qui enquêtent sur l’affaire ont interrogé ce 11 janvier dernier, l’ancien Président François Hollande comme témoin dans l’affaire.

Une enquête frustrante

Le 2 novembre dernier, le monde entier célébrait la journée de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Cette date mémorable rappelait l’exécution brutale à Kidal des journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Cinq ans après les faits, l’affaire reste toujours aussi floue et les circonstances du double assassinat revendiqué par Aqmi, Al-Qaïda au Maghreb islamique, n’ont toujours pas été élucidées. L’une des enquêtes avait été ouverte au Mali où s’était produit le drame. Elle patine toujours car Kidal reste une zone encore sensible et impénétrable pour les enquêteurs maliens. En France, les investigations continuent d’être menées par le juge Jean-Marc Herbaut qui s’était rendu au Mali en février 2018.

Les enquêteurs à Paris avaient évoqué le motif d’argent. Ils avaient changé de thèse en affirmant que le partage inégal de la rançon payée pour les otages d’Areva à Arlit au Niger des jours plus tôt, avait été un motif de frustration pour certains ravisseurs. Ils auraient échangé en enlevant les deux salariés de RFI. Finalement, la dernière mentionnait qu’il s’agissait d'un enlèvement raté, à cause d'une panne d'automobile. Les ravisseurs se seraient tout simplement débarrassés des otages afin d’évoluer plus rapidement dans leur fuite.

Les parents et proches des reporters restent sceptiques au scénario. Les deux journalistes ont-ils été trahis comme le révélait Jean Yves Le Drian, à l’époque Ministre de la défense ? Pourquoi l’enquête avance lentement ?  Qui a livrés les journalistes à leurs bourreaux ? Tant de questions fondées dans la mesure où les services de renseignement ne déclassifient pas tous les documents susceptibles de faire avancer l’enquête (argument du secret-défense).

"L’affaire avance très lentement. Ce qui est dur pour les deux familles et pour nous les proches, c’est justement cette ambiguïté, cette équivoque, On ne sait pas précisément ce qui s’est passé." Confie Christophe Boibiviers, journaliste à RFI.

 

Des écoutes téléphoniques

C’est la toute première fois depuis le début de l’affaire que le juge entend l’ancien chef d’Etat François Hollande et aussi Bernard Bajolet l’ex-directeur de la Sécurité extérieure (DGSE).

En décembre 2013, François Hollande avait déclaré à l’un des journalistes de RFI avoir écouté une conversation téléphonique qui serait un échange entre un présumé commanditaire et un présumé exécutant. Dans la conversation qui avait été interceptée par les services de renseignement français, on entend le premier dire à l’autre : « Vous avez gâché la marchandise  ».

En novembre 2018, l’association Les amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, partie civile au dossier judiciaire, avait réclamé les fameuses auditions mais les demandes de déclassification n’ont pas permis de trouver la trace de cette interception.

Interrogé par le juge, le 10 Décembre dernier, Bernard Bajolet avait nié l’existence de cette écoute. N’ayant rien réfuté lors de cette déclaration aux journalistes, il dit ne pas avoir été affirmatif : « J’ai été un peu surpris, un peu déstabilisé à l’idée de démentir l’ancien chef de l’Etat et j’ai bafouillé quelque chose dont je ne me souviens plus trop », se défend l’ex-directeur de la Sécurité extérieure dans sa déposition publiée par l’AFP.

De son coté, François Hollande confronté le 11 janvier à ses propos a prétexté qu’il s’agissait purement et simplement de « mauvaises interprétations » de ses propos. L’homme a expliqué au juge qu’il ne se souvenait plus de cette conversation et que cette écoute téléphonique n’aurait jamais existé. 

Ces affirmations étonnent et choquent les proches de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon qui ne comptent pas baisser les bras. « On a le sentiment d'être pris pour des imbéciles », s’indigne Pierre-Yves Schneider porte-parole de l'association des Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

 Marie Dosé, avocate de l’association, déçue des deux déclarations contradictoires confie à RFI :

« …Il y a deux hypothèses : soit ils mentent, aujourd’hui, en expliquant qu’il n’y a jamais eu d’interception téléphonique, par exemple, soit ils ont, à l’époque, raconté n’importe quoi à des parties civiles en faisant état de cette interception téléphonique. J’’ai du mal à être rassurée par la première hypothèse ou par l’autre. Je pense que les deux sont finalement très inquiétantes ».



3 réactions


  • troletbuse troletbuse 31 janvier 09:33

    On appelait Chirac le grand menteur. Mais il n’est pas arrivé pas pas à la hauteur des suivants Hollandouille, Le Drian, Micron.


  • Clocel Clocel 31 janvier 09:42

    Je n’aimerais pas faire partie de ceux qui ont participé à l’élection de cette larve insane...

    Le bilan Hollande va vraiment faire mal au cul braves gens.


  • zygzornifle zygzornifle 31 janvier 17:53

    Leurs corps sont découverts à proximité d’un pick-up abandonné.

    Si c’était un diesel les écolos vont se porter partie civile ....


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