mardi 29 septembre 2015 - par Le Canard républicain

L’aristocratie des riches ou la souveraineté du peuple ?

 Intervention le 21 septembre dernier à Guéret lors de la réunion-débat sur le thème « Changer de président ou changer de constitution ? » :
http://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article1108

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En ce 21 septembre, comment ne pas évoquer celui de 1792, jour de la première séance de la nouvelle Assemblée constituante, appelée Convention, qui sera suivi par l’instauration de la 1re République. En prenant des raccourcis hasardeux avec l’Histoire, la question à l’époque était plutôt la suivante : « changer de roi ou changer de constitution ? ». Nous aurons dans quelques minutes l’occasion d’approfondir plus sérieusement le sujet.

Sommes-nous actuellement dans une monarchie élective ? Oui à bien des égards, d’ailleurs de Gaulle l’aurait déclaré à Peyrefitte le 13 juin 1963. Après sa victoire en 1981, Mitterrand avait renié ses engagements quant au changement de régime. Sous son hyper-présidence et sa seule autorité, Sarkozy avait décidé le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, cheval de Troie économique et bras armé de l’impérialisme américain, mais aussi l’intervention militaire en Libye dont on peut mesurer aujourd’hui toutes les conséquences dramatiques. Interrogé le 27 mai 2008 sur la première radio allemande de France, à propos de la proposition de Laurence Parisot, de relever à 63 ans et demi l’âge légal de départ à la retraite, Nicolas Sarkozy avait répondu :

« Elle a le droit de dire ça, j’ai dit que je ne le ferai pas. Pour un certain nombre de raisons, et la première, c’est que je n’en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français. Je n’ai donc pas de mandat pour faire cela. »

 On connaît la suite des événements de 2010… Son successeur à la tête de l’État a permis la ratification du TSCG, traité voulu par Merkel et Sarkozy qui devait être « renégocié » d’après le candidat Hollande. Celui-ci accompagné de la majorité des parlementaires du Parti socialiste, qui n’a de gauche que le nom, avait déjà emboîté le pas de Sarkozy en piétinant la souveraineté populaire lors de la ratification du Traité de Lisbonne en 2008, copie du Traité Constitutionnel Européen refusé par le Peuple français en 2005 par référendum.

Sommes-nous actuellement dans un Empire électif ? Oui à bien des égards, d’ailleurs le comte Richard de Coudenhove-Kalergi, l’un des « pères » fondateurs de l’Union européenne, avait le 18 mai 1950 exprimé le fait qu’« Il s’agit ni plus ni moins que la renaissance d’un Empire carolingien ». En cette année 2015, les masques tombent grâce au Peuple grec, peuple roi, peuple désespéré. Suite à la victoire de Syriza, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, n’hésita pas à dire le 29 janvier qu’« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Traditionnellement remis le jour de l'Ascension à Aix-la-Chapelle, le Prix Charlemagne a été décerné le 14 mai au président du Parlement européen « pour son travail de promotion de la démocratie ». Présent lors de la cérémonie, Hollande y ressentit « l’esprit des origines ». Écoutons-le :



« Ici, à Aix-la-Chapelle, c'est un lieu chargé d'histoire. Ici, chacun ressent l'esprit des origines puisque c'est à Aix-la-Chapelle qu'un monarque - dont nous partageons tous ici finalement le souvenir - un monarque qui était encore nomade en ces temps incertains, Charlemagne, qui a décidé de fixer la capitale du Premier empire où devaient coexister de gré ou de force - convenons-en - les populations européennes. […]. Je reviens sur cette région qui, à l'époque, s'appelait la Lotharingie, elle était issue du traité de Verdun. Déjà, il existait des traités, on ne les soumettait pas aux peuples, pas davantage à des instances de représentation. »

Après le « ΟΧΙ » grec, il est devenu difficile pour les mystiques européens de cacher l’hégémonie allemande dans l’Union européenne. Notons que Martin Schulz a fait honneur à son prix en attendant la nomination d'un « gouvernement de technocrates » en Grèce en cas de victoire du oui au référendum et de démission du gouvernement. Il est également important de rappeler que le Conseil d’État, dans son arrêt du 8 janvier 2007, a confirmé la primauté du droit européen sur l’ensemble du droit national et a pris acte de l’impossibilité de s’opposer à une loi ou à un décret qui serait pris en application d’un texte communautaire, quand bien même il pourrait sembler contraire à la Constitution française. Le législateur est notamment obligé de transposer les directives communautaires. De plus, depuis 2013, la Commission de Bruxelles peut demander à l’Assemblée nationale de modifier, avant le vote, le projet de budget, s'il lui paraît hors des clous européens. Alors que le fédéralisme européen est la priorité du MEDEF depuis 2012, la mise en place du projet Lebranchu - Hollande sur les collectivités territoriales est justement fédéraliste et contre-révolutionnaire, avec comme complément la future ratification par voie parlementaire de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires remettant en cause l’article 1er de la DDHC de 1789, « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », et qui aboutira à l'ethnicisation du politique. Enfin, cerise sur le gâteau, le Traité transatlantique se prépare dans l’opacité la plus totale. Lors du 11ième sommet européen des Affaires en 2013, Jürgen R. Thumann, en tant que président de BusinessEurope, avait stipulé que les plus grandes entreprises européennes s’engageaient à aider les gouvernements tout au long des négociations et qu’elles feraient tout leur possible pour que l’accord soit conclu.

Le Grand capital peut s’appuyer sur des relais précieux chez les professionnels de la politique, à l’exemple de Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques et ancien ministre, qui est « persuadé que le TAFTA est un accord gagnant-gagnant ». Ce dernier était en mai 2012 l’un des deux vice-présidents du Cercle de l’Industrie rassemblant trente-deux Présidents de grandes entreprises françaises. Comment ne pas mentionner le fait que Moscovici est l’un des Jeunes Leaders dans le cadre de la Fondation Franco-Américaine, tout comme François Hollande, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Emmanuel Macron, Alain Juppé, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, etc. La liste des soutiens à cette fondation est très longue : la Banque Lazard, BNP Paribas, Crédit Agricole, AXA, Air France, Coca-Cola, Areva, la Fondation Ford, David Rockefeller, etc. Dans la galaxie mondialiste, on peut également citer l’Institut Aspen dont le banquier Michel Pébereau fut le président entre 2004 et 2010. Wauquiez ou encore Cécile Duflot sont passés par Aspen pour y suivre un « cycle de formation ».

Comment ne pas s’étonner après un tel constat, de l’exaspération des citoyens devant cette classe politique au service des intérêts économiques et financiers mondialisés…
Pourquoi des décisions menaçant gravement la liberté politique et le droit naturel à l’existence sont-elles prises par cette classe dirigeante en toute impunité ? Pendant la Révolution française, Robespierre a combattu un système, le suffrage censitaire qui servait l’intérêt particulier des riches, nouveaux oppresseurs du peuple. Voilà ce qu’il disait : « Que serait la nation ? Esclave ; car la liberté consiste à obéir aux lois qu’on s’est données, et la servitude à être contraint de se soumettre à une volonté étrangère. Que serait votre constitution ? Une véritable aristocratie. Car, l’aristocratie est l’état où une portion des citoyens est souveraine et le reste sujets. Et quelle aristocratie ! La plus insupportable de toutes ; celle des riches ». La Constitution est le cœur du combat politique. La souveraineté populaire doit être rétablie d’urgence en France. L’élection d’une Assemblée constituante au suffrage universel en est le moyen.

J.G., 21 septembre 2015, Guéret.

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LIRE AUSSI...

- La Convention, nouvelle assemblée constituante, 22 septembre 1792 - 22 août 1795. Par Florence Gauthier
- Changer de Président ou changer de Constitution ? Par André Bellon
- C.N.R. : attachement au suffrage universel et à l’internationalisme. Par J.G.


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12 réactions


  • beo111 beo111 29 septembre 2015 11:34

    Survolé l’article, d’accord avec tout, et puis la dernière phrase, n’importe quoi.


    Vous voulez que l’assemblée constituante soit élue au suffrage universel, pour que le grand capital qui possède les médias de masse décide des candidats qui seront visibles.

    Marre de vos conneries.

  • Robert GIL Robert GIL 29 septembre 2015 15:18

    Plus des trois quart de la population supporte de plein fouet les effets de la crise, pendant qu’une petite classe de privilégiés fait bombance, donne des réceptions, et étale sa fortune dans les magazines peoples.

    Pour ceux qui produisent les richesses, le chômage, les carrières interrompues et les revenus en dessous du SMIC aliment une retraite de misère. Pour d’autres qui ne produisent rien et encaissent les bénéfices leur soif de pouvoir alimente les guerres, la corruption et la pauvreté.

    Nous ne pouvons pas continuer à transférer la richesse de la nation à ceux qui sont au sommet de la pyramide économique – ce que nous avons fait depuis environ trente ans – tout en espérant qu’un jour, peut-être, les avantages de ce transfert se manifesteront sous la forme d’emplois stables et d’une amélioration des conditions de vie de millions des familles qui luttent pour y arriver chaque jour. Cet argent n’atteindra jamais le bas de la pyramide. Nous sommes fous de continuer à y croire.

    .

     voir : L’INSOLENCE DES RICHES


  • soi même 29 septembre 2015 15:55

    Si tu savais......... comme je n’en fou de ses cocos impudibondes !

     


  • rocla+ rocla+ 29 septembre 2015 16:07

    C ’est rigolo comme Gil parle toujours des riches et jamais de 

     son incapacité à le devenir . 


    Ca le fait tellement caquer  que sans cesse il voudrait  s’ accaparer 
    du pognon des autres . 


    Un con on le reconnait  à sa connerie .

    • Robert GIL Robert GIL 29 septembre 2015 16:22

      @rocla+
      je n’ai aucune envie de devenir riche, il y a des buts beaucoup plus interressants et constructif que de vouloir devenir riche. Vouloir devenir riche marque je pense l’etroitesse d’esprit ainsi que d’essayer de combler un « manque ». Perso, je suis trés bien dans ma vie, j’ai suffissament et meme largement de quoi bien vivre et je n’envie personne, au contraire, je voudrais que la grande majorité de mes concitoyens ai mon niveau de vie .Donc, je ne veux meme pas un euro de « ces riches », ce que je veux c’est qu’ils nous foutent la paix, arretent d’exploiter les autres, d’emmagasiner sans but, de profiter du moindre euro de subvention publique et de licencier ou de delocaliser pour gagner un euros de plus. S’il y avait une redistribution plus juste, l’on aurait une societé appaisée et un environnement social stable. Ce qui me revolte, c’est l’egoisme, le cynisme et l’arrogance de ces « riches » qui n’existe que par l’exploitation du plus grand nombre. Je ne comprends pas que tu prenne leur parti, alors que tu ne fait pas parti de leur caste.


    • Robert GIL Robert GIL 30 septembre 2015 09:33

      @Laissebéton
      je suis loin d’etre retraité et je ne connais edf que pour payer mes factures ... et je ne paye pas non plus les retraite des agents edf, par contre je paye les subventions des entreprises privé, les dividendes des actionnaire et les salaires de ministre de nos gouvernants !!


    • Robert GIL Robert GIL 30 septembre 2015 10:24

      @Laissebéton
      vous avez une vue trés partiel du secteur privé ... selon vous tout le monde travaille du lundi au vendredi de 8h a 12 h et de 14h a 18 h ? .... vous vivez sur quel planete ?
      .
      ensuite, ne confondez pas petite entreprise de quelques employés et une multinationale de plusieurs dizaines de milliers
      .
       Effectivement dans la premiere vous avez moins de temps « libre » si l’on peut dire, mais dans le deuxieme cas de figure, je peux vous dire que dans certain secteur, on a « beaucoup » de temps libre et des congés « rtt » comprises qui n’ont rien a envier au secteur privé ... alors que l’on reçoit enormement d’argent public !
      .
      Et pour aller au bout de vis fantasmes, c’est ICI !


    • Robert GIL Robert GIL 30 septembre 2015 10:45

      pardon, «  rien a envier au secteur public et non privé » ...vous aurez corrigé de vous même... et rien a envier non plus au niveau salaire !


  • rocla+ rocla+ 29 septembre 2015 17:25

    Ouais  t’ as raison de ne pas vouloir devenir riche  c’ est pénible 

    d’ avoir du pognon ,  d’ ailleurs si tu as largement de quoi vivre tu devrais donner 
    la moitié de tes revenus à plus pauvre que toi . 

    Je ne prends pas le  parti  des riches je prends le parti de la liberté . 

    Cette liberté que quelques frustrés voudraient limiter .

    La liberté de circuler , d’ entreprendre  , la liberté d’ expression . 

    Sur le plan de l’ exploitation  , personne , absolument personne n’ est obligé 
    de se prostituer dans une boite . Chacun est libre , absolument libre de 
    faire ce qu’ il veut . 

    Tu peux faire clochard si t’ as envie , ou mieux  tu fais Rsaïste comme 
    Pat du 49 . 

    Quand , dans le cas où tu signes un contrat de travail et ensuite tu 
    es salarié tu fais ton boulot , à la fin tu touches ton salaire . 

    Si ça te convient pas tu fais autre chose .

    Mais arrête de faire chier le monde avec tes conneries congénitales . 

    La liberté oui 

    La connerie non .

    • Robert GIL Robert GIL 29 septembre 2015 18:54

      @rocla+
      quelqu’un qui a pour seul objectif de devenir riche, c’est triste et quand on ne le devient pas on devient frustré et aigri, jaloux et envieux comme toi... alors non merci.
      Quand a ton discours sur la liberté c’est une demagogie et d’une crétinerie fini... t’aurais du essayer de faire autre chose de ta vie, plutot que de repeter pendant 40 ans les memes gestes et faire cuire le meme pain, parce que maintenant par habitude de ne pas trop reflechir tu va repeter les memes anneries jusqu’a la fin de ta vie !
      .
      tiens, je te joint une jolie fable qui reflete exactement ce que l’on dit : LE PÉCHEUR ET LE BUSINESSMAN
      .
      non ne me remercie pas, c’est naturel chez moi, toujours en train d’essayer de faire reflechir, meme ceux qui n’en on pas les moyens.
      .
      sinon je te souhaite une bonne soirée et excuse moi d’avoir voulu discuter de façon normale avec toi, je te promet de ne plus recommencer ;


    • rocla+ rocla+ 29 septembre 2015 19:19

      @Robert GIL


      Tu es un con descendant . 

      Essaye de remonter .

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