lundi 12 août - par Marc Dugois

L’économie, de binaire est devenue bipolaire, voire schizophrène

Il est redoutable de voir tant de gens dire qu’ils ne comprennent rien à l’économie. Ce sont eux qui sans le vouloir sont les principaux complices de ceux qui tirent profit de leur désintérêt. Ce que l’on appelle pompeusement économie, voire même science économique, n’est pourtant que l’observation des règles d’une vie en groupe, certes rendues compliquées depuis l’introduction nécessaire de la monnaie. Chacun comprend que la vie en groupe est la mise en commun et l’organisation des énergies des membres du groupe mais beaucoup n’ont pas envie de prendre la peine de comprendre ce que l’introduction de la monnaie a changé, truqué et perverti, surtout depuis que la monnaie n’est plus que du papier, voire même une ligne sur un écran.

La vie en groupe, chacun la connait dans sa famille ou en vacances avec ses amis. Chacun y fait ce qu’il fait le mieux ou le moins mal dans l’intérêt du groupe. C’est la répartition des tâches nécessaires à la vie du groupe. Certains apprécient, d’autres le font par devoir mais le but n’est que la survie du groupe pour qu’il puisse vivre ce pourquoi il s’est constitué. Le groupe vit ce que l’ethnologue et professeur au Collège de France Marcel Mauss appelait le donner-recevoir-rendre qu’il appelait, rappelons-le, un « fait social total » au service du lien social et le nourrissant. Il voyait à ce donner-recevoir-rendre, dans une famille, dans une tribu ou dans n’importe quel groupe cohérent, des dimensions multiples ne pouvant être réduites à une seule ; une dimension culturelle car cette forme d’échange n’est pas la même chez les différents peuples ; une dimension économique parce que c’est la vie du groupe qui s’organise ; une dimension religieuse car il est le lien qui relie ; une dimension symbolique parce que les uns et les autres se complètent et qu’un symbole est la juxtaposition d’éléments qui se complètent ; une dimension juridique car une sorte de droit non écrit s’installe dans le groupe et est respecté par tous.

C’est quand les devoirs de ce droit ne sont plus observés parce que le groupe est devenu trop important et que la simple observation ne suffit plus à les faire respecter, que tout naturellement et partout, la monnaie est apparue comme substitut objectif du donner-recevoir-rendre.

Le donner-recevoir rendre est une forme d’échange non simultané dans un groupe cohérent de gens qui se connaissent, s’apprécient et se font confiance. Sans ces éléments, l’échange ne peut se faire que par le troc. Le troc est l’échange simultané de deux entités matérielles perçues comme équivalentes en un lieu donné et à un moment donné par des gens qui n’ont pas besoin de se connaître.

La monnaie, née d’un manque de confiance à l’intérieur du groupe, a introduit le troc dans le groupe en l’appelant le prix. Malheureusement les livres d’économie commencent tous sous différentes formes par la phrase erronée « Au début était le troc et un jour c’est devenu trop compliqué et on a inventé la monnaie ». La réalité est au contraire qu’au début était le donner-recevoir-rendre et qu’un jour par manque de confiance on a introduit le troc sous forme de monnaie.

Mais l’introduction de la monnaie, si elle en change l’apparence, ne change évidemment pas les fondations culturelle, économique, religieuse, symbolique et juridique de la réalité économique du donner-recevoir-rendre, nourriture du vivre ensemble et du lien social. La monnaie reprend sans le dire toutes ces dimensions et une monnaie sérieuse ne l’est que si elle se limite à un groupe cohérent qui reconnait unanimement qu’elle est un titre de créance sur n’importe lequel de ses membres car elle n’est qu’un substitut du donner-recevoir-rendre. Elle ne peut donc être créée qu’après que le groupe ait constaté qu’il se croyait plus riche. C’est ce que le capitalisme et la science économique ont glissé sous le tapis pour ne pas en être dérangés.

En ne partant que de l’apparence de troc que donne le prix quand il est étudié isolément, la science économique a oublié la nécessité du groupe cohérent qui n’apparaît pas dans sa réflexion. Elle va tout réduire à un échange matérialiste entre gens qui ne se connaissent pas et ne s’estiment pas. C’est évidemment beaucoup moins consistant, beaucoup moins intéressant et surtout beaucoup moins vrai. La science économique va justifier et nourrir le capitalisme, dernier avatar du siècle des Lumières après le fascisme et le communisme, ayant besoin comme eux de la ruine des patries, des espaces cohérents. Elle va donner sens à l’observation d’Oscar Wilde comme quoi l’Amérique est le seul pays qui soit passé directement de la barbarie à la décadence sans passer par la civilisation car une civilisation c’est avant tout un groupe cohérent.

Un gouffre s’est petit à petit créé avec d’un côté les peuples et l’économie qui est leur vie, et de l’autre le capitalisme et la science économique qui va tenter de remplacer par les mathématiques et de jolies courbes avec le PIB en ordonnée, les bases heureusement inchiffrables de l’économie qui sont le contentement, le plaisir et la fierté de soi, leurs sources à tous trois étant le travail et l’effort sur soi.

L’économie qui est échange, donc par définition binaire, va devenir bipolaire avec la science économique. Cette matière universitaire va en effet juxtaposer pour tenter de les équilibrer deux visions oniriques, excessives, invivables et opposées, deux vies parallèles aux règles différentes aussi disharmonieuses les unes que les autres.

D’un côté la vie internationale qui prépare des lendemains qui chantent avec le pape comme nouvelle figure de proue, de l’autre les vies nationales qui doivent faire les efforts nécessaires au succès de la première qui dispensera à tous ses bienfaits plus tard.

Pour jouer cette farce ridicule que nous vivons actuellement tous les jours, des principes opposés s’appliquent simultanément dans les deux mondes sans que personne ne semble s’en émouvoir.

Dans la vie internationale il faut dépenser plus pour faire de la croissance ; dans la vie nationale il faut dépenser moins pour équilibrer les budgets. Dans la vie internationale il faut appliquer l’avantage comparatif de Ricardo et faire faire à chaque pays ce qu’il fait le moins mal ; dans la vie nationale il ne faut surtout pas appliquer ce principe qui résoudrait le chômage en un instant et il faut laisser ce problème agaçant de chômage aux entreprises dont ce n’est pourtant pas la vocation. Dans la vie internationale, il faut supprimer les contraintes, les normes, les obligations et les interdictions ; dans la vie nationale il faut au contraire plus de normes, plus de contraintes, plus d’obligations et plus d’interdictions, ce qui rend tout beaucoup plus cher, mais fait de la croissance. Dans la vie internationale il faut laisser les GAFAM tenir le monde ; dans la vie nationale il faut les combattre et les taxer.

Pour donner une apparence de réalisme à ce double langage bipolaire et tenter de lui donner vie, le capitalisme et la science économique ont inventé des notions dignes de contes de fée qui occupent les bonimenteurs et font rêver les niais : la création de richesse avec le PIB, l’investissement, la valeur ajoutée, le gagnant-gagnant, toutes notions qui cherchent à faire croire à la marche vers la lumière alors que les peuples voient surtout la réalité du tunnel dans lequel ils s’enfoncent. Pour parodier la réplique culte de Sergio Leone, dans la société il y a deux sortes d’hommes, les bonimenteurs qui profitent et les niais qui creusent. Les gilets jaunes ont soulevé ce problème.

L’erreur de base de la science économique l’entraîne dans un monde totalement abscons qui diplôme ceux qui répètent sans comprendre ce que leurs professeurs leur enseignent sans comprendre, ce que les médias répètent sans comprendre et ce que les politiques appliquent sans comprendre. Tout le monde explique tout à tout le monde et seul le peuple avoue qu’il ne comprend rien. Qui osera dire à tous ces médecins de Molière avec leur nouveau latin charabia qu’il n’y a rien à comprendre tant qu’on ne repart pas de l’essentiel et que l’on reste dans la logorrhée ?

 



13 réactions


  • Spartacus Spartacus 12 août 11:59

    Quel obscurentisme ! 

    Dénigrer la science économique sous prétexte quelle serait fausse et ne parlerait pas de la vie de tous les jours....

    Rien n’est plus faux.. 

    La science économique est nécessaire et malheureusement inconnue, inaudible et mal instruite pour nos concitoyens, formatés Marxistes par une éducation nationale et des programmes politisés et remplacée dans la vie de tous les jours par ce genre de texte qui réinvente les vérités et pense en jeu a somme nulle.

    Quel Français connait les théories de Buchanan ? de Bastiat ? de Say ? de Von Mises ? de Menger ? de Rothbard ? de Tullock ? Voire de Friedman autrement qu’ a charge ? 

    L’économie n’est pas une science intuitive et doit être expliquée, et non pas diabolisée comme ce texte obscurantiste.

    Comme pour faire comprendre que la terre est ronde, l’économie doit enseigner que la richesse n’est pas un jeu a somme nulle.

    Même si dans la vie de tous les jours le niveau, l’horizon ou la ligne droite laisse a penser qu’elle est plate, elle est ronde.

    Même si dans la vie de tous les jours, les prophètes anti-capitalistes vous disent que la richesse des uns est prise sur les autres, que la monnaie est un gloubiboulga dixit le texte « donner-recevoir-rendre », la monnaie n’est pas un jeu a somme nulle, et c’est pas du tout cette caricature...


    • Marc Dugois Marc Dugois 12 août 12:14

      @Spartacus

      A part votre agacement, qu’exprimez-vous ? Que vous aimeriez que j’ai tort ? Argumentez au lieu d’invectiver.

      Répondez à mon article sur la folie perverse du gagnant-gagnant au lieu de vous réaffirmer vos propres certitudes pour ne pas avoir à les remettre en question.

      La richesse n’est qu’un regard et vouloir la mathématiser est simplement enfantin.

      Je suis prêt à dialoguer mais avec quelqu’un qui argumente.


    • JL JL 12 août 12:50

      @Spartacus
       
       ’’La science économique est nécessaire’’
       
       Nécessaire à qui ?
       
      Aucune science, a fortiori une fausse science, n’est nécessaire à l’homme.
       
      ’’ La richesse n’est pas un jeu à somme nulle ’’
       
      Comme vous avez raison : en effet, un prédateur qui pour s’enrichir de 1000 détruit 10 000 le démontre à son insu. Un voleur qui assassine sa victime détruit incomparablement plus qu’il ne met dans sa poche.


  • Spartacus Spartacus 12 août 13:02

    C’est pas de l’invective, c’est de la critique de l’idée sous jacente de ce texte.

    Le tors est le dénigrement de la science économique. De l’obscurantisme.

    La science économique parle au contraire de la vie des gens, que les gens ne comprennent pas, par absence de culture économique, n’en fait pas une fausseté.

    C’est l’absence de culture économique qu’il faut critiquer, pas qu’il existe une science économique.

    Et si les politiciens utilisaient la science économique, nous n’en serions pas là, à l’inverse de ce que vous prétendez..

    Voyez concrètement la taxe sur les GAFA.

    La science économique explique très très bien que « les vaches ne payent jamais les taxes sur leur lait »

    Mais faute de culture de science économique, les politiciens et les gens ont cru que les GAFA allaient payer sans penser que cela allait se répercuter sur eux.

    C’est pas la science économique qu’il faut blâmer, c’est son manque d’enseignement.

    Comme votre pensée en jeu à somme nulle, sur la monnaie, qui remplace la vérité.

    Une monnaie est un consommable, une référence d’étalonnage de la valeur ou un moyen de stockage de la valeur.

    Ce n’est pas une dette dans un jeu a somme nulle.


    • foufouille foufouille 12 août 13:16

      @Spartacus
      un vrai charabia, tu fumes trop de cannabis mon pauvre péripate.


    • Marc Dugois Marc Dugois 12 août 13:18

      @Spartacus

      Vous parlez de la science économique comme si elle était cohérente et comme si les économistes disaient la même chose, ce qui est, vous le savez, complètement faux. Je me sens très proche de Say et de Bastiat qui tous deux partaient du bon sens dans un monde cohérent. Leurs conclusions sont justes à l’intérieur d’une même nation. Remarquez tout de même leur extrême difficulté à tous à définir la richesse.

      La vie est échange et si un échange donne un double contentement sans lequel il ne se ferait pas, ces contentements s’estompent et disparaissent assez rapidement. 

      Tout jeu est par définition à somme nulle. La seule création est le plaisir d’un moment qui revient à somme nulle à sa disparition.

      Quant à la monnaie croyez-vous réellement qu’avant elle était le troc ?


    • Spartacus Spartacus 12 août 16:07

      @Marc Dugois
      Sur les 10 000 dernières années, la richesse a progressé plus en 200 ans de capitalisme que sur les 9800 années précédentes. Si la richesse était un jeu a somme nulle, nous ne conditionnerions pas le smartphone et serions comme au moyen age.

      La richesse n’est pas un jeu a somme nulle. C’est votre fermeture intellectuelle que vous vous refusez dogmatiquement a refuser.

      Je doute que vous intégriez Bastiat a votre lecture.  smiley

      Quand au troc il a existé au moyen age et les résultats furent désastreux.

      Les deniers et sesterces, monnaie des romains a remplacé le troc post empire.

      Ce moyen d’échange en fera un empire de richesses crées et fera la croissance du monde occidental. Les échanges comme la route de la soie sera a son apogée. 
      En 450 les vandales détruisent Rome et la monnaie périclite.

      C’est un monde de troc, de guerres civiles, de maladies, de misère noire, l’absence de monnaie crée des pillages sur plusieurs siècles qui remplacera l’échange monétaire.

      L’or ou quelques monnaies féodales locales serviront les échanges pour palier tres mal.
      Les arabes copient le denier romain et font le dinar. Ils envahiront le sud Afrique et l’Espagne.

      Vers 1200, les monnaies Genovino et le Florain permettrons le début de sortie de la misère occidentale, et feront de Gêne et Florence les comptoirs du commerce les plus riches après des siècles de misère moyenageuses.

      Les arabes eux reprennent le denier pour en faire le Dinar. Ils feront un empire au Sud.

      Sans monnaie, il y a le troc, comme sans électricité il y a la bougie.


    • Marc Dugois Marc Dugois 12 août 16:38

      @Spartacus

      J’ai fait découvrir Bastiat à beaucoup de gens qui ne le connaissaient pas et je vous félicite de l’apprécier mais lisez-le.

      Je regrette que vous semblez avoir besoin que je sois un imbécile pour que vous ayez raison.

      Le troc n’a jamais existé nulle part. Aucun archéologue et aucun ethnologue n’en a jamais trouvé trace. Il n’a donc évidemment pas précédé la monnaie. Il n’est qu’un principe que j’ai essayé d’expliquer.

      Votre survol historique montre que vous vous y intéressez mais doit encore être creusé car il va trop vite à la conclusion qui vous arrange.

      Quant à la richesse vous la voyez avec nos yeux et vous avez raison de dire que pour nous, notre richesse a progressé. Mais ne dites pas « la » richesse car ce n’est qu’un regard, le nôtre. Toute civilisation a son regard et prendre son regard pour le seul bon est vaniteux ou enfantin. L’enfant considère son dessin comme la plus grande des richesses jusqu’à ce qu’il l’oublie. De plus notre regard est en train d’évoluer chez beaucoup d’entre nous. La France est-elle plus riche depuis que l’on a fait beaucoup de PIB en la bétonnant ?

      Je regrette aussi votre conclusion complètement fausse à mes yeux. Sans monnaie il n’y a pas le troc qui n’a jamais existé. Appeler troc toutes les actions d’une vie de famille ne me parait pas sérieux. Découvrez le donner-recevoir-rendre, relisez tranquillement mon article et lisez Marcel Mauss. Certes il n’était qu’ethnologue et Professeur au Collège de France.


    • Marc Dugois Marc Dugois 12 août 16:54

      @Spartacus

      J’ai omis de vous répondre sur la taxe GAFA.

      Le Maire n’a jamais pensé que ce serait les GAFA qui paieraient cette taxe et il sait bien qu’elle sera répercutée sur le peuple. Il sait qu’il lève un nouvel impôt mais c’est une façon assez rusée de lever l’impôt en respectant les dires de son patron comme quoi il n’y aurait pas de nouvel impôt.

      La montée sans fin de l’impôt sous des formes de plus en plus multiples, rusées et astucieuses est absolument obligatoire pour que les banques centrales récupèrent sur les peuples la créance qu’elles écrivent à leur actif chaque fois qu’elles émettent de la monnaie ! Certains oublient que le bilan d’une banque même centrale est forcément équilibré et que les créations d’argent se payent.


  • McGurk McGurk 12 août 13:41

    Je ne crois pas qu’il y ait un jour eu de quelconques « dimensions » à l’économie, à part la possession et l’influence.

    La dimension « religieuse » évoquée ne pourrait être autre que celle du fanatisme lié au matérialisme qui préfigure la domination via les possessions et enfin l’argent. C’est donc déjà une forme de dérive.

    Ni côté social, culturel, ni même la confiance n’ont pas de place dans une transaction basique (troc, vente en général). C’est une rétribution pour service rendu quelle que soit la qualité dudit service. Personne n’a besoin de se connaître pour troquer sur un marcher, ni même d’avoir confiance en un vendeur, c’est la valeur potentielle du bien qu’attribue l’acheteur potentiel à une marchandise qui en fait son prix ainsi que sa rareté éventuelle. L’équivalence des « entités » qui échangent n’est pas non plus pris en ligne de compte.

    La confiance, elle, est prise en compte lorsqu’on commence à faire des transactions financières (la bourse) et donc de la spéculation ici aussi le début d’une nouvelle dérive économique. Mais en dehors de cela, l’économie n’a aucun besoin « primaire » d’être humanisée en l’habillant de social ou de religieux notion qui est d’ailleurs parfaitement absente du concept.

    C’est bien pour cette raison que la finance reste très généralement en dehors du champ des lois, parce que nous appliquons à la lettre les définitions basiques du marché et du « libre-échange » et que nous ne voulons surtout pas nous poser de question (surtout le public) profonde sur ses conséquences d’où les ventes massives des sociétés nationales et des bien publics.

    L’économie est difficile à comprendre même pour moi qui ait eu pendant des années des cours en école parce que ses mécanismes sont à la fois interdépendants, nombreux et complexes.

    Que cette complexité sert surtout à des acteurs précis (banques, Etats, industriels) à asseoir leur autorité et emprise sur des nations entières, ce qui mène à la fois à des catastrophes à répétition (chômage de masse, misère, famine, destruction des modèles économiques nationaux, faillite des banques, etc.) et à la remise en cause des systèmes nationaux (sécu, retraites, droits, etc.) dans le but de les détruire et répandre le modèle productiviste dans l’illusion d’un semblant de croissance.

    Il est impossible avec ces systèmes de remettre en cause « le système » (politique et économique) qui sert la cause des plus puissants au détriment des plus faibles qui payent chèrement leur contribution.

    Actuellement, on en vient progressivement en France, au niveau politique, à une monarchie autoritaire à tendance ultralibérale qui n’hésite/n’hésitera pas à supprimer ce qu’il reste de démocratie pour conserver son rang et sa mainmise sur le pouvoir et le cours des évènements. Tout comme l’aristocratie économique mondiale dictant à des continents entiers comment faire et comment se comporter, quoi penser.


    • Marc Dugois Marc Dugois 12 août 15:46

      @McGurk

      C’est la monnaie qui a toute ces dimensions (culturelle, économique, religieuse, symbolique et juridique) que Marcel Mauss avait trouvé dans le donner-recevoir-rendre


    • McGurk McGurk 12 août 18:15

      @Marc Dugois

      J’entends bien mais ça n’a pourtant aucun sens.


  • Coriosolite 12 août 15:13

    Bonjour,

    Cette prétention des économistes à manier une « science » m’a toujours interloqué.

    Si on définit la science qu’ils professent comme « savoir » ou « connaissances », pas de problème.

    La collecte et l’analyse de données permet sans doute de découvrir des tendances, des évolutions, des relations de causes à effets, mais pas des lois générales et fixes.

    Mais quand la « science économique » prétend au statut de science exacte au même titre que la physique par exemple, là il y a problème et même mystification.

    Si il semble que les particules, les protons et autres respectent des lois bien établies et très précises, peut on en dire autant de l’activité de quelques 7 milliards d’individus qui produisent, échangent et consomment des biens et des services ?

    Il me semble qu’agréger aléatoirement des comportements humains par définition eux-mêmes aléatoires ne peut jamais permettre d’établir des lois fixes et générales, sauf par le plus grand des hasards.

    Bien des économistes construisent des modèles mathématiques remarquables de cohérence, mais on les sent plus occupés à peaufiner la beauté de leur modèle qu’à vérifier sa validité dans le monde réel.

    Ce qui devrait pourtant rester le but de toute science.


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