lundi 9 septembre - par Tristan

L’effet brochette ou la gauche carbonisée (Un GJ se balade chez LFI-Ensemble)

Après la claque cinglante des européennes, LFI lançait un vibrant appel à la remise en question. Ils se réunirent à l'AGECA à Paris en juin pour discuter et décider de l'avenir. Il était question du pouvoir, des Gilets Jaunes et des municipales. 

GJ depuis le début à cause de l'extrême précarité où je me trouve et par conviction personnelle, j'ai depuis, le bonheur de découvrir un partage à grande échelle, ainsi que aussi la bougeotte et la curiosité du débat.

Je me suis donc rendu aux journées LFI... quelle ne fut pas ma surprise...

L’effet brochette ou la gauche carbonisée.

Un Gilet Jaune se balade chez LFI-Ensemble.

 

Ce dimanche 16 juin 2019, coup de téléphone de mon agent secret (ma mère) : « Tu es sur Paris ce week end ? Oui pourquoi ? File à l’AGECA il y a une conférence sur les GJ par « Ensemble-Insoumis ! » Je ne connais pas LFI à part Mélenchon et quelques personnes fort sympathiques dans nos groupes de GJ. Je file, curieux et positif, à l’Atelier (1).

***

La conférence s’ouvre sur le commentaire d’une statistique à propos de l’influence des GJ sur les votes aux européennes en faveur du RN. Chacun sait que la meilleure manière de penser le mouvement des GJ, c’est d’évoquer l’Assemblée Européenne et de sortir l’épouvantail RN (2). Le mauvais sort est lancé : on se crispe, on a peur, on condamne. Et s’opère l’incroyable inversion : mais oui bien sur… les GJ adorent l’Europe, ses paradis fiscaux, ses banques, ses lobbies.

Me serai-je tromper de salle ? Ou alors je ne suis pas encore bien réveillé ?… « Patience » que je me dis. Ecoute et apprend des commissaires européens … euh non pardon … des émissaires de la connaissance.

Pour parler du RN, il se trouve que j’ai rencontré dans les GJ, des ouvriers qui ont voté RN aux européennes. J’ai osé leur adresser la parole. Et vous savez quoi ? On a parlé, en français même ! Ils s’expriment normalement, ils réfléchissent, et surtout ils sont surtout très dégoutés. Si j’ai bien compris, ils veulent un Etat fort, un Etat qui nationalise et qui ne soit pas bradé en faveur des USA entre autres, ils en ont marre de l’hypocrisie de gauche et ils comptent sur un vote provocateur pour réveiller les consciences. Je leur demande ce qu’il pense de l’immigration qui reste le thème favori de RN. « On s’en fout ce n’est pas le problème. » Même question à propos de la sécurité. « L’insécurité c’est la précarité. » Je leur rappelle que RN ne veut plus sortir de l’EU. « Ah merde c’est quoi cette arnaque !!! Et depuis quand ??? » Je réponds : « Depuis bien 3 ans il me semble. A vérifier ». RN ne sait sans doute pas à quel point on peut voter pour eux sans rien partager de leurs idées.

Quoi qu’il en soit, ni l’EU comme arme de destruction massive du lien social et national, ni RN comme symptôme de colère politique ne sont pensés par nos 4 « savants ». Et puis tant qu’à faire, on passe très vite sur une donnée simple et pourtant instructive : 1 français sur 2 n’a pas voté, et ce malgré le rouleau compresseur médiatique. Mais il y a un vide. Nos cowboys de la pensée sont comme interdits ; interdit de penser… juste il faut voter.

Sur leur grande lancée logique, ils en déduisent que chez les GJ, forcément, ça discrimine. Preuve : ils chantent la Marseillaise, ils arborent le drapeau national, il n’y a pas de noirs, d’arabes ni de juif, (car les juifs se résument en les personnes supérieures d’Attali, Finkielkraut et BHL). Ce qu’il en ressort c’est que nos universitaires se sont encroutés dans les couloirs des institutions et des aéroports, et dans leurs luttes internes à la reconnaissance. En fait sur le terrain, on a chanté aussi l’Internationale, O Bella Ciao, le chant des partisans (j’ai pleuré) et beaucoup d’autres drapeaux sont venus parmi nous.
Ils persévèrent dans la déduction sauvage : s’il n’y a pas de noirs, c’est qu’il y a de la discrimination, affirme le penseur noir (3). Dans les manifestations en effet, ils ne sont pas nombreux, bien que j’ai défilé avec des Camerounais en GJ qui dénonçaient la politique française. Mais c’est pas passé à la télé, alors de là à passer le mur des intellos… Sur Marseille en particulier, il y a beaucoup de maghrébins, mais plutôt entre 50 et 70 ans. Il y aurait matière à réfléchir sur le décalage des générations. Aucun intérêt. Mieux vaut mieux se recentrer sur le RN parce que nos sages se sont mis d’accord : « On ne va pas idéaliser les GJ ! » Ok. Mais on peut idéaliser les banlieues.
Ouvrons les yeux : qui a vu les jeunes issus de l’immigration dans les manifs de quoi que ce soit, à part l’éveil national lors de la victoire de l’équipe de foot ? Et puis une réalité des banlieues qui fait qu’ils ne défilent pas : le trafic de drogue qui nourrit mieux que les aides sociales et qui s’est relié très naturellement au pouvoir oligarchique. On aurait pu évoquer également la ghettoïsation qui s’est avérée être un moyen de dépolitisation efficace et de renforcement de la consommation grande surface. Rappelons également qu’en 2005, personne de la politique ne s’est vraiment mobilisé pour défendre, ne serait-ce que pour comprendre, la colère qui émergeait des banlieues. Enfin il faut avouer que beaucoup ont peur : pas seulement de perdre un oeil, mais des comparutions immédiates, des tribunaux vendus au pouvoir, de la surveillance électronique, du déchainement médiatique.

C’est cette même peur qui a fait qu’il y a moins de femmes en manif. Si on suivait la logique audacieuse de nos sages, on pourrait croire qu’elles ont disparu quelque part on ne sait où, et que chez les GJ on est sexiste. J’infirme : elles sont là et bien là, mais plutôt en AG, en atelier et sur les actions. Comment peut-il en être autrement : les salaires n’ont pas bougé (les prix si). Mais de tout cela : pas un mot.

Pas un mot non plus sur les retraités. Pourtant ils portent le mouvement. Ce n’est pas difficile de les rencontrer : ils sont partout dans le mouvement. Pourquoi ? Ils ont du temps, de l’expérience à passer, du vécu, du courage et en plus ils sont volés par le système, et se trouvent souvent esseulés et ignorés. Et ce qu’il y a de beau là, c’est qu’il se recrée un début de communauté populaire. Une vie sociale très simple de rencontres, qu’on voit pas dans les statistiques de nos universitaires aux longues dents. Il y aurait pourtant beaucoup à dire d’une société qui ne prend plus soin des personnes âgées, c’est à dire de la transmission.

Une nouvelle analyse objective : les GJ sont « des gens scolaires »(4). Le drapeau, la phraséologie, les chants, l’espoir, le décloisonnement : scolaire. C’est rigolo parce quand on voyait le même genre de défilé pour Charlie, on disait pas ça. Il n’est pas venu à la tête de nos ultra-intelligents qu’un symbole ça peut changer de sens. Ici le drapeau est avant tout révolutionnaire : des personnes qui s’unissent contre une oligarchie. Mais quand Hollande affiche le drapeau c’est sans doute plus porteur de « sens historique ».

Dans la foulée, j’attends une référence à la révolution de 1848 qui a eu comme résolution le coup d’Etat du 18 brumaire. Ca y ressemble fort quand même !? Les luttes de classes complexes, l’appauvrissement de la classes moyenne, l’accaparement des ressources par la finance et le coup d’Etat d’un pouvoir imbus et médiocre déconnecté de sa base… silence.

J’ai eu beau tendre l’oreille : silence également concernant l’absence hostile des syndicats, disons même le sabotage … sabotage contre le peuple et la classe ouvrière qui a une longue histoire … mais en fait ils ont tellement été absents … qu’on oublie d’en parler.

Une fulgurance : « Les GJ sont descendus pour des taxes ». Les nuls. Tout ça juste pour se déplacer, manger et se chauffer. « Faut arrêter : on meurt pas de faim en France ! » C’est à peu près vrai, mais tu manges de la merde, tu récupères les vêtements, tu comptes tes factures d’essence, tu vis dans l’angoisse de la précarité, de l’interim, du chômage et tu courbes l’échine sous la morale hygiénique des bio-bobo. La précarité, l’isolement, ça existe pas en vrai, juste dans les chiffres d’articles, entre deux courses pour un poste dans la fonction publique. Ah si on en voit un peu dans les associations où il faut aller pour se donner bonne conscience. C’est d’ailleurs ce que me confie fièrement un des sages à la fin de la conférence, dans un coin près des toilettes « Moi je suis dans les asso de banlieues ». Ah bon… c’est bien… ça me rappelle la charité catholique des bons vieux temps.

Un trait de génie : « Le RIC ? C’est tellement naïf, et pourquoi le peuple aurait raison ? » Je ne suis pas le seul parmi les GJ à voir l’utopie juridique qu’il y a derrière le RIC, mais on ne peut passer à côté d’un élan participatif. Ça devrait être remis dans un contexte de résistance au libéralisme et complété justement par … nos « intellectuels » ?

La conclusion scientifique s’impose magistralement : c’est un mouvement « contradictoire ». « Contradiction » c’est comme « truc » mais pour les gens intelligents : on peut tout mettre dedans. Je me creuse la cervelle : je ne trouve pas d’écho par rapport à ce que je vis avec les GJ. On m’aurait parlé de dévoilement de la lutte des classes, de peur de la désunion face à la violence inouï de l’Etat, de décloisonnement, de précarité, d’initiation politique, de naïveté légaliste à repenser, de manque de recul, de volonté de consensus que sais-je … mes maigres neurones auraient compris quelque chose. Mais là je suis bouche bée devant la hauteur de nos sachants.

Bêtise, influence néfaste, racisme, manque de sens historique, populisme, Contradiction … ça y est j’ai compris !… Je me suis trompé de salle : je suis avec BFM intello-collabo !

Un point positif : : les interventions du public sont critiques et dubitatives. On rappelle, entre autres, comment ce mouvement a réveillé les endormis, comment tous les débats se soulèvent depuis, comment l’Etat a montré son vrai visage sous la pression. On rappelle les 50 ans d’inertie de la gauche. On ose même évoquer que les esprits qui ont le temps, et qui sont payés pour penser, devraient apporter un peu d’aide plutôt que de critiquer à partir du ciel des idées reçues. Il faut bien avouer que se dévoile un véritable mépris de classe de l’intelligence universitaire envers les nigauds qui ne savent pas parler.

C’est alors qu’au moment de sortir, j’ai une vision. Un pur moment de révélation. Je regarde attentivement l’estrade et les 4 chaises côte à côte … et je vois … une brochette. Oui je vois une fine tige en métal passer au travers le cul de nos penseurs. Vous savez quelque chose qui unit fortement les bouts de viande qui vont être grillés. Pas le temps de profiter de mon illumination : coup de fil empressé de mon agent secret.

« Alors !? Alors je me casse. Mais pourquoi ? Je me suis trompé c’est la continuation du Grand Débat façon socio-démocrates. Oh merde… attends il y a les politiques aussi, tu les as entendus ? Pitié non ! C’est important : file ! » Je prends sur moi pour aller salle 9 (étant parti en courant, j’étais déjà à la bouche de métro).

***

Renfrogné je m’installe au fond, façon sale gosse (5). Nos sages sont éparpillés dans le public avec un sourire bienveillant. Cette fois ça commence plutôt bien : on prend conscience de la claque européenne. On décide de faire une vraie remise en question. On décide de s’unir pour créer une sorte de front de gauche. Me revient la vision de la brochette. Je la chasse de ma tête pour rester concentré.

Ah toujours indécis sur l’Europe … finalement on évite un peu le sujet tout en se disant qu’il faudrait soulever ce problème un peu plus à fond, parce qu’il y a comme une défiance de la part des électeurs. Je découvre ce qu’est un débat politique. C’est incroyable comment on arrive à dire tout et son contraire sans jamais rien dire mais en disant qu’il est temps de dire des choses vraies. De l’art contemporain ! Un exemple : « Il faut s’unir pour gagner les municipales. Mais c’est important de revenir vers les gens. Il faut être proche d’eux. Il ne faut pas trop se concentrer trop sur les municipales. Revenir à la base. Oui mais attention au RN ! Tout seul on pourra pas, il faut s’unir pour faire barrage. Récupérons les électeurs perdus. Votez pour nous aux municipales, sauvez notre démocratie en péril ! (6) » D’ailleurs sous la harangue théâtrale de nos bergers, on se sent galvanisé ! On n’est plus ni « des gens » ni « de la base » : on été transformé, par un coup de baguette magique, en du bétail électoral. On a envie de s’envoyer en l’air dans les bureaux de vote et de courir se tatouer fièrement : « à voté ». Entre temps on a oublié que les formes électorale sont standardisées par les oligarchies libérales depuis belles lunettes. Et la lutte des classes ? Allez voter, on en parle après.

Il faut savoir que « Ensemble de LFI » se présente comme un exemple de démocratie parlementaire, voire comme la continuation (réussie) des rassemblements anarchistes. J’apprends ainsi qu’il n’y a pas de chef. LFI est constitué de plein de petits groupes « autonomes ». Cela dit, il y a quand même un rythme électoral à suivre, un vote à accomplir, un ennemi désigné, un dogme obligatoire et une gouroue(7), qui, d’une voix irrégulière, ne tarde pas à s’exprimer.
Entrée de la grande Papesse : « Le vrai symbole de l’émancipation ne peut être qu’une femme ! C’est la lutte éternelle des victimes contre le patriarcat ! Tous égaux ! Même prix chez le coiffeur ! Me too est l’incarnation du mouvement révolutionnaire d’aujourd’hui ! Une femme au pouvoir (moi) sera la preuve de la fin du patriarcat ! » Du député au coiffeur en passant par la sacralisation de me too, j’en reviens pas. Aucune distance sur la stratégie des médias qui magnifient mee too tout en gardant le silence à propos de la maltraitance des femmes GJ en proie à la précarité.
Et la Papesse de faire un aveu : elle ne comprend pas pourquoi dans sa Ville, les banlieues et les Gj ne se sont pas mis d’accord pour converger à gauche. Je ne sais pas ce qu’on peut comprendre dans les bureaux de la Ville, entre les meetings, l’identification au pouvoir et un pois chiche dans le cerveau. J’ai été élevé par des féministes, certes cela n’a pas été une sinécure, mais je me souviens que le mouvement posait les vrais problèmes. Par exemple : des femmes au pouvoir reproduisant un même système, qu’est-ce qu’on y gagne ? Aujourd’hui on a la réponse : un siège de député à l’Assemblée nationale et Européenne et une présidente de la République.

Mais au fond, peut être les GJ ont voulu aller trop vite trop loin ? S’ouvre alors un débat géographique sur la manière de faire de la randonnée : « Faut-il prendre un chemin de traverse, aller directement, contourner, chercher un raccourci...(8) » Devant l’oeil ébahi du public, les egos se percutent. Ils se lèvent, ils haranguent, ils s’engueulent pour de bon sur les données topologiques. On sent que ça n’est pas purement littéraire et sportif : il y a des règlements de comptes. Ils ont dû se donner rendez-vous dans les Hautes Alpes et ne pas tomber d’accord sur les pistes à parcourir ; et ça a du être violent.

Le climat ! Il était temps ! La gourou(e) rappelle l’urgence (tellement urgent que ça devient banal). Passage obligé. Fin mot de l’histoire. La minute de silence pour les combattants tombés à la guerre. Il faut reconnaître, ils sont in. Comme Greta : le matin on parle du climat sous les applaudissements de l’ONU et l’après-midi on passe des accords agricoles de libre échange. N’allez pas croire qu’ils soient cyniques : c’est juste du théâtre. On s’entraine à faire les discours qui soient le plus lointain possible des actes. Ca s’appelle de la communication expérimentale. C’est pour ramener les électeurs qui se sont perdus dans la campagne à cause d’une panne d’essence.
On est sans doute arriéré chez les GJ, mais l’écologie n’a pas été une pièce rapportée. Sauf que quand on a bloqué Mac-Donald, Amazone et Monsanto, personne n’en a entendu parlé.

Thème central : la convergence. Ici on traduit cela par de front de gauche. Seulement tous en conviennent : sans la solidarité de base, c’est un voeu pieux. On a réfléchi longtemps. Une solution a surgi : militer pour récupérer les égarés et les abstentionnistes (on commence à ronfler dans le public). Quelle nouveauté ! C’est décoiffant ! Je comprends enfin la teneur des discours : ce sont des invocations au miracle ! On attend le Miracle. Quelque chose doit et va se produire ! La remise en question ? Une simple confession : « Mon père, on a déconné. Racontez-moi ma soeur. On s’en fout du peuple, on ne le connaît pas et on reste entre nous, parce qu’en fait on veut être calife à la place du calife, mais on s’est pris une grosse claque par nos ennemis qui font pareil mais en mieux, alors on est dégouté. Je vous absous ma soeur, recommencez, mais tâchez de faire mieux aux municipales. Oh merci mon frère ! »

Un sympathique monsieur (9) sent que ça dérive vers la routine politicienne. Devant les pétitions pour la non-violence, il essaye de secouer un peu. Il se lève en rappelant que la violence doit être pensée, qu’on ne peut en faire un amalgame et que toute confrontation avec l’Etat suppose un rapport de force. Il rappelle que les syndicats ont tout pourri et que si le pouvoir a eu peur, c’est uniquement dans la perspective d’un mouvement populaire. Enfin un peu de bon sens. Mais voilà, l’effet brochette agit. La preuve : à la sortie, ses copains lui disent qu’il a bien parlé. Pas de bol. Si tes potes te disent que t’es génial quand la brochette dans laquelle tu te trouves enfilé est en train de griller, c’est que tes potes se sont déjà fait bouffer.

Le moment est venu pour que je vous donne les 4 propriétés de l’effet de brochette, dont la tige en métal à la vertu d’empaler égalitairement tous les morceaux de viande.

1- On se tient chaud en restant entre soi, avec quelques excursions dans le réel pour respirer un peu, se donner bonne conscience et se faire voir.

2- On s’arrange pour penser pareil, bien qu’il soit recommandé de dire qu’on est pas d’accord, pour renforcer la tige qui aplatit les mots et la pensée.

3- On peut mettre la brochette dans tous les sens : de gauche à droite, de droite à gauche, on a la même tige dans le cul.

4- Le brasier. Le feu du pouvoir qui brûle tout : l’âme, le corps, la planète. Ce feu mondialisé que les GJ avec les moyens du bords, essaye d’éteindre, de contourner, de dénoncer, avec génie, avec maladresse, avec audace, avec naïveté, avec une solidarité retrouvée. On a obtenu quelques sursis, mais on a pas été récupéré. Vous me direz c’est pas mieux : vous avez été écrasés. En effet écrasés par l’action conjointe de l’Etat et de l’absence hostile des syndicats, des partis et de beaucoup d’intellos. Perso je pense que c’est mieux comme ça. Contrairement aux brochettes qui grillent ensemble, on est des braises qui peuvent reprendre. Et je comprends soudainement le mot « Ensemble » de LFI : Tous ensemble bien collés entre soi et dûment rôtis par le feu du système !

Un point positif : je sors à nouveau pour prendre la température auprès du jeune public ; personne n’est convaincu. Reste à savoir jusqu’où l’effet brochette va s’étendre. Pour mon agent secret : « C’est foutu. On va droit dans le mur. La gauche nous envoie à l’abattoir. ». Je n’en sais rien. Mais après cette après midi pleine d’enseignements, je ne rêvais que d’une chose : retourner à mes réunions de nigauds. Je vous les recommande : on s’y sent tellement mieux et je crois que la pensée aussi …

***

NOTES

1) De 14h à 15h45, Atelier sur le mouvement des Gilets Jaunes et la Révolution Citoyenne. Nouveaux mouvements : du social et du politique. lntervant-e-s : Stathis Kouvelakis (Militant de I’Unité Populaire en Grèce), Annick Coupé (Secrétaire générale Attac), Laurent Sorel et lngrid Hayes (Equipe d’animation Ensemble lnsoumis).

2) Dans le rôle du marxiste : Stathis Kouvelakis. Il faut que j’ajoute que les quelques articles sur l’EU que j’ai lu de lui m’ont beaucoup plus. Mais visiblement, il a été pris cette fois par l’effet brochette.

3) Dans le rôle du noir : Laurent Sorel.

4) Dans le rôle de l’historienne : Ingrid Hayes.

5) De 16h à 18h, table ronde sur « retour sur la conquête et l’exercice du pouvoir ». Intervenant-e-s : Manuel Bompard (Co-tête de liste de la France lnsoumise à l’élection européenne), Clémentine Autain (députée France lnsoumise), Sarah Legrain (Secrétaire Nationale du PG, Oratrice Nationale LFI), Olivier Besancenot (militant NPA), Samy Johsua (équipe d’animation d’Ensemble Insoumis).

6) Dans le rôle des questions importantes : Sarah Legrain.

7) Dans le rôle (du) de la gouroue ( gouroute, gouroutienne ?) et de la femme outragée : Clémentine Autain.

8 ) Dans le rôle du guide forestier : Manuel Bompard.

9) Dans le rôle du contestataire : Olivier Bensancenot. C’est le seul un peu plus conscient des enjeux, mais visiblement il s’est trompé de tribune et l’effet brochette l’a rattrapé.



37 réactions


  • Lambert 9 septembre 10:01

    Notre situation est excellemment décrite et cela me rend très triste.


    • Tristan Tristan 16 septembre 23:54

      @Lambert
      Merci, en effet cela m’a d’abord tendu et énervé puis rendu triste également. Maintenant disons que ça aide de savoir où nous en sommes pour avancer mieux !


  • alinea alinea 9 septembre 10:10

    Non, il ne faut pas être triste ! ceux qui vivent en vase clos devront apprendre à ouvrir les vannes pour rejoindre le monde, cela leur fera le plus grand bien, si personne ne les chatouille jamais ils stagnent, et c’est mauvais pour la circulation !

    À l’auteur, merci pour cet excellentissime article ; je suis un peu comme vous, c’est Mélenchon que j’aime bien, et tout le cénacle dont je me méfie parfois !

    Le mouvement des GJ finira par contraindre les syndicalistes à se désolidariser de leurs têtes, aux militants politiques à prendre des leçons d’humilité, nous sommes déjà en chemin !

    Merci tout plein Tristan


    • Clocel Clocel 9 septembre 10:25

      Chère Alinea, z’avez raison, changez pas de main, je sens que ça vient ! smiley

      https://www.youtube.com/watch?v=XagF3dg0WQk


    • eau-pression eau-pression 9 septembre 10:31

      @Clocel
      Salut, grand sage ! Pourrais-tu Shivatiser @alinea ? Je peux pas attendre mon tour.


    • eau-pression eau-pression 9 septembre 10:36

      @eau-pression
      Rien de libidineux dans mon post.
      des femmes au pouvoir reproduisant un même système, qu’est-ce qu’on y gagne ? (Je cité l’auteur).


    • Clocel Clocel 9 septembre 10:41

      @eau-pression

      Hélas... C’est une insoumise, une groupie à Méluche que je n’ai pas réussi à dévoyer ! smiley


    • eau-pression eau-pression 9 septembre 10:51

      @Clocel
      Le post de la dame contenait de délicieuses promesses : si personne ne les chatouille jamais ils stagnent, et c’est mauvais pour la circulation !

      Ce qui serait triste, c’est que cette main qui la relie à JLM reste prisonnière, ne libérant ni la groupie ni le maître. Finalement, les chatouilles ...


    • alinea alinea 9 septembre 15:31

      @Clocel
      Vous n’êtes pas obligé de croire le premier petit con venu ! si vous y étiez, vous verriez que l’élan ralenti par la chaleur estival brûle de nouveau plus fort dans le brasier des incendies de bagnoles de flics et dans les nombreux projets d’automne ; sachez également qu’aucun gauchisme que ce soit a tué ce mouvement qui reste vigilant, autonome, mais qui est plus ancré dans le décence commune chère à Orwell que dans le nationalisme cher à Pétain, plus dans l’écologie décroissante chère à Ariès que dans le productivisme cher à Staline.
      Sachez qu’il se donne le temps de s’instruire, réfléchir, échanger, grandir, et que l’on a deux ans devant nous pour convaincre par l’exemple les pauvres prisonniers de la bien-pensance !!!
      vous pouvez toujours lire ceci si vous le désirez :
      https://lundi.am/Gard-Ils-ont-dit-Les-Gilets-Jaunes-sont-morts


    • Clocel Clocel 9 septembre 15:47

      @alinea

      Ah ! Enfin ! Je vous retrouve, pétardière comme je vous aime ! smiley

      Dans le Gard la graine de révolte est toujours prête à germer !


    • Tristan Tristan 17 septembre 00:03

      @alinea
      Eh bien que dire tout à fait d’accord Alinea. Il faut les chatouiller, les déranger, leur rappeler le réel, oui tout à fait d’accord.
      Maintenant il y a une sorte de peur de la critique comme si cela allait trop les déstabiliser, au lieu d’y voir de a construction positive. C’est dire le degré de sclérose.
      Il faut reconnaitre que Mélenchon est au-dessus de « sa » mêlée. Peut être un peu trop au-dessus d’ailleurs... un peu ailleurs on dirait même...
      Contraindre à la désolidarisation ce serait tellement génial....


  • eau-pression eau-pression 9 septembre 10:27

    J’ai tout lu ! Tristan.

    Du style : C’est incroyable comment on arrive à dire tout et son contraire sans jamais rien dire mais en disant qu’il est temps de dire des choses vraies.

    Et du fond : Le feu du pouvoir qui brûle tout : l’âme, le corps, la planète.

    Merci des témoignages, surtout ceux qui évoquent les ronds-points. Et bonjour à votre espionne.


    • Tristan Tristan 17 septembre 00:10

      @eau-pression
      merci eau de pression ! J’ai fais passer le message à mon espionne ;
      On continue ! Ca mute, ça se cherche, on a de nouveaux défis sur les ronds-points et en AG... on est loin d’être tous d’accord mais au moins ... CA VIT !


  • foufouille foufouille 9 septembre 10:43

    je ne sais pas ce que l’auteur attendais d’autre que il faut faire barrage au RN.


  • bluerage 9 septembre 10:45

    Vous avez parfaitement raison, le peuple n’est qu’un bétail électoral instrumentalisé par la gauche pour prendre le pouvoir. Quand quelqu’un vous dit qu’il veut faire votre bonheur (comme tous ces hypocrites prétendument à gauche), c’est que vous avez du souci à vous faire.

    Ils sont contre le capitalisme mondialisé, mais pour les flux mondialisés d’immigration.

    Ils sont pour la hausse des salaires mais pour donner des papiers à tous ceux qui viennent et qui accepteront des salaires d’esclaves.

    Ils sont contre la religion, mais l’islam ne les dérange pas bizarrement...

    ils promettent tout à ceux qui n’ont rien, mais si ceux là se font voler leurs maigres biens et se retrouvent avec moins que rien, ils verront leurs bourreaux pardonnés, vae victis !

    ils sont pour les droits de l’homme, mais si tu es un homme blanc et que tu l’ouvres ils te la font fermer par tous les moyens possibles

    pour eux l’insécurité n’existe pas, la violence gratuite n’existe pas, le racisme anti blanc n’existe pas, bref le monde réel n’existe pas, tu n’es pas d’accord avec eux, t’inquiète pas, les camps de rééducation par Libé, l’Obs, le Monde et France Inter sont déjà actifs.


    • alinea alinea 9 septembre 15:33

      @bluerage
      L’auteur apprendra avec vous, bluerage l’ambiance anti FI de ce site ; quand il propose une critique intelligente, vous la piétinez avec vos idées toute faites ! c’est triste cette stagnation...


    • Tristan Tristan 17 septembre 00:27

      @bluerage
      merci bluerage !
      Ah oui le côté bétail c’était assez odieux et tellement mais tellement palpable...
       il y a un vrai manque de pensée du côté de l’immigration. C’est un sujet qui ne devrait plus être tabou, ni réservé à certains partis. Surtout quand on sait que les flux migratoires sont gérés par l’E.U c’est à dire pour entretenir une crise permanente au service du libéralisme dont tout le monde en pâtit. 
       pour la discrimination positive dont tu parles c’est aussi odieux que n’importe quelle discrimination. c’est pas facile parce que je constate que partout, GJ compris, on peut vite tomber dans une sorte de recherche de bouc émissaire. Ce qui nous sauve pour le moment, c’est qu’on parle et se rencontre, on débat un peu fort parfois, mais on revient, on s’est écouté, on réfléchit... on essaye en vrai quoi.


    • Cadoudal Cadoudal 17 septembre 01:08

      @Tristan
      — il y a un vrai manque de pensée du côté de l’immigration.

      Ils pensent qu’a ça tous les matins en se rasant les insoumis...

      Les 800 000 colons qu’il manquait à Merluche, Cocquerel ira les chercher dans les poubelles, ce brave petit Cocquerel...lol...

      « Que la France et tous les Français aillent niquer leurs mères » déclare Manon Monmireil de la France Insoumise après les 6% de LFI aux Européennes.

      https://twitter.com/AndreaKotarac/status/1133775847209537537?ref_src=twsrc%5Etfw


  • Eric Havas Eric Havas 9 septembre 11:26

    Le prolétariat sait que LFI défend la stratégie du capital : l’immigration pour une société multiculturelle qui garantit les riches. Soros n’est pas un philanthrope.


  • Attila Attila 9 septembre 12:10

    Merci Tristan : la messe est dite !

    Pour enfoncer le clou . . . ou la brochette :

    Les deux conceptions de la nation, la nation ethnique et la nation civique :

    "Une nation ce sont des frontières et des lois, les dites lois et frontières ne pouvant que gêner l’impérialisme dans sa volonté de soumettre les peuples à ses intérêts.

    Abattre cette conception de la nation est le grand projet impérialiste qui ne cessera pas depuis 1945 à vouloir imposer en lieu et place le mondialisme« 

     »Le trotskisme ignore la conception civique et légale de la nation pour ne retenir que la conception ethnique allemande, cette conception avait été le fer de lance du nazisme avec évidemment un nationalisme ethnique. Faisant l’amalgame entre ces deux conceptions contradictoires de la nation le trotskisme affirme que la nation est « fasciste »

    La gauche, dernier rempart du capitalisme.

    .

    "Le PCF disait : « On ne va pas laisser la question de la nation au FN. On a une conception de gauche de la nation et on va batailler contre celle de l’extrême droite. » En 1997, le PCF capitule. Parce que les socialistes l’exigent. Pour entrer dans la gauche plurielle, Robert Hue solde cet héritage et laisse un boulevard à l’extrême droite. Si le PC ne s’était pas renié, nous n’en serions pas là."

    La gauche radicale prisonnière de ses tabous

    .


    • Tristan Tristan 17 septembre 00:48

      @Attila
      J’avoue que je ne suis pas allé lire les textes que vous citez, mais sur le côté tabou, ça on le sent bien. C’est dangereux.
      L’autre problème c’est que la nation peut être au service du capital dans le sens qu’il faut détourner l’attention sur des problèmes d’identité nationale de manière à faire oublier les flux libéraux. Le nec plus ultra c’est que ces flux accentuent le renfermement identitaire en accentuant la misère. Puis les libéraux vont « dénoncer » cet enfermement pour faire genre on est ouvert aux autres, alors qu’ils montent les uns contre les autres pour continuer à augmenter leurs flux. Le tour de passe passe des libéraux consiste à faire que les nations, les peuples et les identités se foutent dessus en les oubliant. Ils ont donc besoin des nations pour détourner l’attention.

      L’E.U joue très ce double jeu qui consiste à assoiffer les peuples, à pousser au replie national par la misère, et si ces peuples se rendent compte du pot au rose, ils vont vite s’appuyer sur l’identité. En bref : détruisons la nation pour faire du gain et ensuite mieux vaut la nation que perdre ses profits.


  • Sparker Sparker 9 septembre 14:54

    Bonjour, bon c’est le crédo de Ensembles-Insoumis qui fait ce qui lui semble bon de faire. Aux Amfis il y a eu débat avec Boulo et Rodiguez, qui est le crédo populaire d’une majorité de LFI, débat sur la sixième république qui peut et doit être l’élément fédérateur.

    Je ne crois pas non plus à la ligne type Ensemble/Autain, la ligne type Garrido me semble plus proche de l’intérêt que je me fais de la LFI, moins électoraliste plus en recherche de convergences actives et non pas de récupération politique.

    Merci d’avoir précisé « Ensemble/Insoumis » car les amalgames sont faciles.


    • alinea alinea 9 septembre 15:34

      @Sparker
      d’accord avec toi Sparker ; je constate avec plaisir que c’est la ligne qu’aiment les Gilets jaunes que je côtoie !


    • Sparker Sparker 11 septembre 10:41

      @alinea

      Salut Alinea, pour finir ça va avoir du bon cet « échec » des européennes. Un peu moins de confusion au sein de LFI.


    • Tristan Tristan 17 septembre 00:53

      @Sparker
      Oui absolument, il ne faut pas faire l’amalgame. Je ne connais pas les méandres de LFI, à part ce que j’ai « subi » ce jour là ; mais en parlant avec le public et des amis GJ à LFI, j’ai bien compris qu’il y avait pas mal de tendances et du coup je n’ai pas voulu tomber dans le piège de la généralité. L’important c’est un regard plus global sur des dangers en cours et non de stigmatiser un parti en particulier.


  • ddacoudre ddacoudre 9 septembre 17:07

    Bonjour J’ai trouvé ton analyse excellente comme elle est littéraire. Elle en est presque poétique Mais ai fond elle est d’une cruelle réalité et d’une réception aiguisé des difficultés d’analyse générale sans culture Socio politique que l’on trouve inévitablement chez la quasi majorité des citoyens qui s’ils ont eu une existence que de consommateurs de TF1 et consorts ne peuvent pas savoir grands choses. C’est la vie, la lutte pour s’approprier la pensée humaine à toujours existé mais jamais avec les moyens actuels. Et il y a un véritable abîme entre les connaissances de clés à molettes et de ventre de la consommation des citoyens et de la quantité de Savoirs qu’il faut connaître pour comprendre la complexité du monde. J’ai trouvé que tu as été excellent pour décrire cela comme tu l’a ressentis. La FI est le creuset de notre avenir Il ne va pas reconstruire le SOCIALISME qui est mort comme Le pense bon nombre de citoyens. Mais il ne va pas faire de miracle comme tu l’aurais aimé. Il n’y a pas de génie nulle part,il sont tous nourrir à la même source, celle de la pensée unique qui traverse le monde grâce aux moyens de communication. Et c’est de tout ce fratras qu’il faut sortir une idée génial pour faire demain. Elle est en cours car elle ne dépend pas de nous mais des interactions dont nous ne désirons les effets qu’ne fois elle c’est produite car aucun d’entre nous n’est devin. C’est le seul parti qui brasse des mouvances ce n’est pas toujours lumineux comme tu l’as constaté. Surtout si l’on veut analyser l’action des gilets jaunes qui et caractéristique d’une Jacquerie. Une réaction populaire Aix résultats évènements qui se cumulent depuis 1977, bonjour ceux qui pourront en faire l’analyse Il n ’était pas né et actif à cette époque. Il faut que dans ce mouvement ça se décante, l’on n’a pour inventer demain qu’aujourd’hui. J’ai expliqué cela dans un article. Je te joins les liens.

    http://ddacoudre.over-blog.com/2019/09/peut-on-se-diriger-vers-une-civilisation-que-l-on-ignore-je-vais-reformuler-l-interrogation-pensons-nous-que-l-homo-sapiens-sapiens

    http://ddacoudre.over-blog.com/2019/08/supprimer-l-impot-sur-les-societes-que-paient-les-salaries.html

    Cordialement ddacoudre OverBlog


    • Tristan Tristan 17 septembre 01:04

      @ddacoudre
      Eh bien je vais aller lire ce que tu as écrit. Merci pour ce retour. Elan de la poésie et précision cruelle, comme un oxygène qui fouette au haut de la montagne au dessus de nos villes
      Je retiens pour ce soir : l’idée vient de nos fatras en interactions smiley


  • Désintox Désintox 9 septembre 18:07

    Article partial.


  • oncle archibald 9 septembre 18:25

    Le CV de l’auteur de ce billet précise : « Années 70/80. Paris. Accueil des réfugiés politiques des régimes fascistes, notamment espagnols du temps de Franco » ..

    Je sursaute ! Les réfugiés espagnols du temps de Franco ça n’est pas dans les années 70/80 qu’ils sont arrivés en France ! C’est entre 1936 et 1939 !

    Ceci dit j’ai bien aimé la description de la grand messe LFI qui sent le vécu et aussi celle de l’ambiance des ronds points quand ils ne sont pas phagocytés par des gens qui ont bien d’autres ambitions que celle de refaire le monde.

    J’ai assisté personnellement à une seule réunion publique politique dans toute ma vie. C’était en 1968 à Lézignan Corbières. André Castéra un viticulteur militant au sein de la Confédération Générale des Vignerons du Midi luttait contre les importations frauduleuses de vins italiens et avait pris la tête de cette deuxième révolte d’envergure des vignerons du midi.

    Il fut acclamé comme un héros par des milliers les vignerons tant qu’il n’a pas eu la « mauvaise idée » de se présenter aux élections législatives de1968. Ce faisant il entrait en concurrence directe avec Francis Vals député PS sortant et maire de Narbonne (Francis, pas Manuel, ne pas confondre). De ce jour il ne valut plus rien, y compris aux yeux de la plupart de ceux qui l’acclamaient la veille !

    Pourtant j’avais adoré ses propos quand il haranguait la foule debout sur une estrade composée de planches posées sur des tonneaux au fond du garage de l’hôtel Terminus face à la gare. Ses contradicteurs qui comme il sied dans l’Aude depuis la « vraie » révolte des vignerons, celle de 1907, votaient systématiquement depuis un siècle pour le candidat socialiste, quel qu’il soit. Et donc interpellé sur ce qu’il ferait à Paris s’il était élu ce brave Castéra répondit tout benoitement qu’il leur parlerait du vin, et qu’il serait « moins ridicule que Vals quand il parle de la bombe atomique, parce qu’il n’y connait rien » !

    Hélas, malgré ces propos de bon sens incontournable, André Castéra prit une casquette monumentale et Vals fut réélu « fingers in the nose » à la plus grande satisfaction d’une armée de demeurés mentaux.

    Dans l’Aude à cette époque là, un singe habillé en rose faisait l’affaire pour à peu près n’importe quelle élection ..... jusqu’à ces jours maudits qui virent trois députés LREM rafler 100 % de la mise ! C’est vous dire à quel point les Audois sont exaspérés, voire désespérés, par la politique !


    • oncle archibald 9 septembre 18:42

      Au lendemain de sa défaite André Castera fit paraitre un simple communiqué dans les journaux locaux, expliquant qu’il avait perdu beaucoup trop de temps à vouloir s’occuper des autres, et qu’il allait retourner s’occuper de ses vignes qu’il avait trop négligées depuis qu’il militait. Ce qu’il fit et l’on n’entendit plus parler de lui jusqu’à un entrefilet informant de son décès en 2017 et rappelant son magnifique engagement syndicaliste .... mais sans un seul mot pour rappeler son aventure ratée en politique, qui fût la honte de sa vie.

      Un « honnête homme » au sens le plus noble qui n’avait pas compris qu’il ne faut pas aller se mouiller avec ceux qui n’ont pas du tout les mêmes ambitions.

      https://www.ladepeche.fr/article/2007/12/27/422275-andre-castera-est-mort-a-montredon-des-corbieres.html


    • eau-pression eau-pression 10 septembre 09:57

      @oncle archibald
      Intéressant. Je vois un parallèle dans l’atteinte à leur dignité ressentie aussi bien par les viticulteurs audois dna sles années 1960 et les GJs aujourd’hui.
      Mais ces derniers me semblent plus mûrs politiquement.


    • Tristan Tristan 17 septembre 09:50

      @oncle archibald
      Oui c’est sur qu’ils étaient déjà là les réfugiés du franquisme, ils accueillaient plutôt qu’ils étaient accueillis, je vais préciser. Merci smiley
      Ce que vous raconter de l’entrée dans la politique politicienne est édifiant ! Les institutions stérilisent, mais beaucoup souhaitent l’être en pensant y gagner plus de puissance, l’arroseur arrosé.

      Je vis cela dans mon domaine artistique où beaucoup d’artistes rêvent des grandes reconnaissances institutionnelles qui décident, au bon du compte, du goût et du discours. Problème : la marge est précaire et fragile puisque l’institution accapare les financements et les médias. Il ne reste que nous, lorsque nous sortons la tête de la télé...


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 10 septembre 14:26

    Pas de banlieusards parmi les gilets jaunes ?

    Les violences urbaines à Paris, c’était qui ? smiley


  • Kapimo Kapimo 10 septembre 21:50

    Excellent article, qui en dit long sur ce qu’est la politique politicienne : un mélange de d’opportunisme (pour l’efficacité), de postures (pour la sincérité) et de panurgisme (pour la fraternité).

    « Faut arrêter : on meurt pas de faim en France ! ». « Le RIC ? C’est tellement naïf, et pourquoi le peuple aurait raison ? ».

    Avec des gauchistes pareils, nul besoin de Macronistes...


    • Tristan Tristan 17 septembre 09:55

      @Kapimo
       smiley
      C’est sur comme il disait il faut dépasser la droite et la gauche, ni droite ni gauche... c’est réussi ! Le credo qui réunit : tirer son épingle du jeu en jouant les bons samaritains. A droite à gauche on rêve d’aller au-dessus ... briguer un poste quelque part...


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