samedi 27 avril - par Hamed

L’endettement mondial dans la métahistoire du monde ? La perfectibilité du monde dans l’essence de la pensée, l’exemple du Hirak algérien

 

 Comme nous l’avons développé dans la cinquième période (2001-2008) qui a donné l’époque d’aujourd’hui, personne ne peut oublier, avons-nous écrit, la plus grave crise financière que l’Occident a connue en 2008, depuis la crise économique de 1929. Comment cette crise est-elle survenue ? (1) Il est évident, avons-nous répondu, que cette crise n’est pas venue ex nihilo, qu’elle tire ses origines de ce qui a prévalu les décennies passées depuis les crises monétaires et krachs pétroliers des années 1970. Ce n’est pas de l’Occident que la crise est venue combien même il a été le principal acteur du moins comme on le constate dans les événements qui ont surgi dans les années 2001 à 2008. En réalité, c’est la force des événements qui ont entraîné l’Occident à devenir l’acteur principal, et la force des événements vient de la nouvelle architecture mondiale avec l’avènement d’une multitude de nations depuis le « vent de la décolonisation » qui comptent toutes dans le commerce mondial, et toutes ont besoin de capitaux que l’Occident émet quotidiennement pour irriguer l’économie mondiale.

 

Plus complexe encore, les délocalisations massives d’entreprises économiques du Japon, d’Europe et des États-Unis qui se sont accélérés vers les grands pays émergents comme la Chine et l’Inde. Pourquoi les délocalisations massives d’entreprises occidentales vers ces nouveaux pays qui allaient devenir grâce à celles-ci des pays émergents ? Les pays occidentaux l’ont-ils voulu ? Ou étaient-ils forcés parce qu’ils n’avaient pas d’alternatives ? Cela va de soi, l’Occident n’aurait jamais accepté de se défaire d’une grande partie de son industrie vers ces pays s’il n’y avait pas eu des impondérables auxquels non seulement il n’y pouvait rien mais, dans un certain sens, c’est lui-même qui les avait provoqué. En clair, l’histoire économique du monde était ainsi tracée.

 

  1. Les années 1970, une inflation inévitable du fait telle qu’a été la structure économique mondiale de l’époque

 

 Si on regarde l’histoire du monde comment elle s’est développée, on constate que tout dans son parcours a été rationnel. En effet, partis de la fin de la Guerre mondial en 1945 d’une situation de ruine, l’Europe et le Japon se sont rapidement reconstruits, et rapidement en rendant leurs monnaies convertibles dès 1958, se sont trouvés de redoutables concurrents à la première puissance économique du monde, à la fin des années 1960, jusqu’à remettre en cause la prééminence du dollar US. En 1971, les États-Unis furent obligés de suspendre la convertibilité du dollar en or, une suspension qui est devenue définitive puisque le stock d’or US avait atteint un niveau tel qu’il ne pouvait aller-au-dessous.

 

Ensuite sont survenus les crises pétrolières au cours des années 1970, les États-Unis avaient trouvé la parade pour passer les barrages que leur opposaient leurs alliés européens qui ne pouvaient accepter des dollars du seul usage de la « planche à billet » pour monétiser leurs déficits extérieurs qu’ils enregistraient avec l’Europe. Les pays d’Europe refusaient des dollars non adossés à des richesses, ce qui était légitime pour l’Europe, puisque cela se traduisait par une sortie de richesses produites par l’Europe en échange desquelles ils recevaient des dollars créés à partir de rien. Quels pays qui sont émetteurs de monnaies internationales au même titre que les États-Unis accepteraient d’échanger des richesses produites par leurs peuples pour recevoir des papiers monnaies dussent-ils venir de la première puissance du monde ? Il est évident « aucun » de ces pays.

 

En revanche, les pays du reste du monde qui ne sont pas émetteurs de monnaies internationales et qui sont le plus grand nombre des nations sont dépendants de ces monnaies internationales. Par leur situation, les conflits qui opposent les grandes puissances monétaires ne les concernent pas puisqu’au contraire ils ont un besoin crucial de ces monnaies pour les besoins de leurs économies et surtout pour leurs échanges extérieurs.

 

Précisément, les transactions pétrolières des pays arabes libellées en dollars et étendues aux autres pays de l’OPEP permettent aux États-Unis de répercuter leurs déficits commerciaux au reste du monde. Si pour les pays du reste du monde, les déficits américains constituent un moyen de doper leur commerce extérieur et donc d’exporter leurs produits en particulier les matières premières, et par conséquent d’enregistrer des excédents commerciaux et donc d’accumuler des réserves de change, il en va autrement pour l’Europe qui est émettrice de monnaies internationales.

 

Si l’Europe qui se voit obligée d’accepter des dollars US puisqu’elle doit les rechercher pour financer ses importations de pétrole et de gaz, il demeure qu’elle a le même statut que les États-Unis dans le sens qu’elle peut aussi répercuter ses déficits commerciaux dus à la hausse des prix du pétrole, sur le reste du monde. Au final, nous avons les États-Unis, les pays d’Europe et le Japon, tous trois qui détiennent des monnaies internationales qui répercutent leurs déficits sur le reste du monde.

 

Si, sur le plan économique, les crises monétaires ont pu être dépassées entre les États-Unis et l’Europe, il faut dire que c’est grâce aux deux krachs pétroliers et à l’intrusion du reste du monde. C’est ce reste du monde, à son corps défendant, qui a départagé les grandes puissances dans leurs crises financières. Si le reste du monde était resté encore colonisé, et que ces crises monétaires seraient survenues entre les États-Unis t l’Europe, on aurait eu le même remake que dans les années 1920 avec la fin de la Première Guerre mondiale. Le monde serait parti pour une nouvelle crise du type 1929 et la dépression mondiale des années 1930.

 

Donc le monde est un tout. Tout ce qui arrive n’arrive pas par hasard. Tout est causé par une cause. Les années 1970 ont pu ne pas se terminer par une crise mondiale grâce précisément aux nouveaux pays sortis de la décolonisation. Ce qui a été un jalon positif pour l’ensemble des pays du monde. Un seul inconvénient, c’est la forte inflation qui a été provoquée par les trois tenants de l’ordre économique, financier et monétaire du monde, que sont bien évidemment les États-Unis, l’Europe et le Japon. Une inflation en fin de compte inévitable du fait même de la structure économique mondiale. « Fait-elle partie des phénomènes métahistoriques dans le sens qu’elle était nécessaire par conséquent inévitable ? » Force de l’affirmer puisque le monde ne pouvait l’éviter, et l’inflation même si elle a constitué un mal, elle relevait d’abord de la structure du monde telle que celle-ci était à l’époque. En deuxième lieu, l’inflation a permis la poursuite la croissance, évitant ce qui s’est passé en 1929, la crise financière historique et la Grande dépression des années 1930, ce qui n’est pas du tout négligeable, lorsqu’on se rappelle les dizaines de millions d’emplois détruits, voire des centaines. Pour les seuls pays les États-Unis et l’Allemagne, plus de 15 millions de chômeurs pour le premier et 6 millions de chômeurs pour le second amenant Hitler au pouvoir. Ainsi on voit bien que l’inflation des années 1970 est bien un très moindre mal, sauf qu’elle ne pouvait aller au-delà de ce qui lui a été permis, à voir la déperdition des avoirs du monde qu’elle avait provoquée, et par conséquent, se devait d’être jugulée.

 

  1. Le quadruple sens historique de la crise d’endettement mondial dans la métahistoire

 

 Il est clair qu’une situation d’inflation qui allait progressivement détruire l’économie mondiale ne pouvait perdurer indéfiniment. Tout le monde perdait, la hausse des prix ne cessait de monter avec la spirale des émissions monétaires occidentales. Les États-Unis émettaient des dollars pour financer leurs déficits, à leur tour les pays d’Europe répondaient par des émissions monétaires. Personne ne pouvait arrêter cette spirale inflationniste, cet engrenage d’injections monétaires récurrentes qui s’est instauré entre les trois tenants de l’ordre monétaire mondial. Au point qu’un deuxième choc pétrolier en 1979 était nécessaire pour absorber les liquidités en fort surplus sur les marchés monétaires mondiaux.

 

Et cette situation de déshérence sur le plan financier et monétaire faisait prendre conscience aux Banquiers centraux américains et européens que le processus inflationniste dans le monde ne pouvait continuer. La création monétaire à partir de rien, ex nihilo, n’était plus viable, il fallait pour les États-Unis un réajustement de l’économie mondiale à des valeurs réelles, tangible en rapport avec les coûts véritables de la production. En clair, il fallait éliminer la forte inflation qui parasitait les échanges commerciaux internationaux, qui détruisait insidieusement les avoirs nationaux puisque les prix des biens et services en hausse ininterrompue, perdant tout repère sur leur valeur réelle. « Un bien qui coûte tant peut doubler en quatre ou cinq années. Un ménage qui a un avoir donné, par exemple dans une banque, et peut lui permettre d’acheter ou de construire une maison aujourd’hui, demain, avec la hausse des prix immobiliers due précisément à l’inflation, ce ménage ne pourrait plus acheter ou construire ce qu’il pouvait quelques années auparavant, puisque la valeur de son avoir a été divisée par deux ou par trois.  » Et c’est la raison pour laquelle la décennie 1970 va se terminer avec la hausse drastique des taux d’intérêt court américain. La Banque centrale mène une politique monétaire nettement agressive. 

 

En augmentant drastiquement son taux directeur court, la Banque centrale américaine n’avait pas le choix, il fallait ce qu’on peut dire tuer l’inflation dans l’œuf, c’est-à-dire avant que se produisent des dérapages inflationnistes encore plus grands. En faisant passer de 10 % à 20 % et en restreignant les émissions monétaires, la Fed provoque un gap du dollar dans le monde. Le dollar rare dans les marchés fait fortement déprécier les monnaies européennes. Les pays d’Europe, n’ayant plus le choix que de continuer à émettre des liquidités ex nihilo pour financer leurs déficits de leurs balances commerciales, dus principalement au triplement du prix du pétrole, à partir de 1979 (2ème choc pétrolier). Conséquence : les monnaies européennes vont fortement se déprécier entre 1979 et 1985. Le franc français passe de 4.037885 Fr pour un dollar en janvier 1980 à 10.111696 Fr/dollar US en mars 1985. Le deutschemark passe de 1.723970 DEM/dollar US en janvier 1980 à 3.308957 DM/USD en mars 1985. 

 

Évidemment, les pays du reste du monde qui sont le « maillon faible » de l’économie mondiale et qui sont fortement dépendants des émissions monétaires américaines, européennes et japonaises, vont se trouver gravement pénalisés par la hausse des taux d’intérêt américains et les restrictions des liquidités en dollars US. La hausse des taux d’intérêt qui s’est étendue à l’ensemble des places financières mondiales a provoqué un choc historique dans les économies des pays du reste du monde. Ces pays qui se sont endettés à faible taux d’intérêt, dans les années 1970, pour reconstruire leurs pays après la décolonisation et lancer de grands projets d’industrialisation, ont vu du jour au lendemain leur dette extérieure exploser. L’endettement absorbera pratiquement toutes leurs ressources financières, de nombreux pays se retrouveront en cessation de paiement. Ce sont des continents entiers, l’Afrique, l’Amérique du Sud et une partie de l’Asie qui sont frappés par la crise d’endettement. Leurs économies entrent durablement en récession.

 

Mais ce qu’on pourrait dire est « que l’endettement a néanmoins un quadruple sens dans la métahistoire. » Tout d’abord, l’endettement de ces continents sonnent le glas des certitudes de l’avenir de ces nouveaux pays, en particulier ceux qui sont sortis de la colonisation, dans le sens qu’il ne signifie pas seulement d’être indépendants, mais d’affronter la dure réalité de ce qui est d’être indépendants. La « crise d’endettement » dans les pays du reste du monde et la cohorte des « émeutes de la faim » qu’elle a provoquée et auxquelles s’ajoutent les graves crises politiques et sociales ne sont qu’un premier aspect de la situation de ces nouveaux depuis la décolonisation. Le deuxième aspect est la situation réelle de ces pays dans le jeu de puissance mondial. En effet, si un pays est indépendant mais ce pays n’arrive pas à s’assumer économiquement, il devient forcément un acteur passif dans le jeu de puissance et passible de toutes les déboires possibles. Donc susceptible d’être gravement déstabilisé selon son appartenance géopolitique et quelle que soit celle-ci. La déstabilisation arrive rapidement et peut perdurer soit elle est différée, et ce en regard de leur faiblesse à la fois de leurs régimes politiques, le plus souvent des dictatures, et de leurs performances économiques.

 

Le deuxième sens de la crise d’endettement est l’entrée du monde de l’islam dans le grand jeu géopolitique et géoéconomique. On ne peut pas dire que ce monde de l’Islam post-colonisation n’avait pas ses prérequis historiques. D’abord l’avènement de l’Arabie saoudite en 1932, une monarchie islamique absolue. Ensuite, en 1948, la naissance de l’État d’Israël et les guerres israélo-arabes qui ont suivi. Et pour couronner le tout, l’entrée du pétrodollar dans les grands conflits qui allaient rebattre l’ordre bipolaire d’après-guerre. En janvier 1979, l’Iran devenu islamique venait de remplacer l’Égypte qui avait signé les accords de paix avec Israël en 1978. Et tous ces conflits avaient pour cause essentielle les grands gisements de pétrole découverts dans les années 1920-1930 pétroliers et le pétrole qui va, avec le dollar en tant que libellé monétaire du pétrole-OPEP, devenir une arme redoutable pour les États-Unis et auxquels sont associés indirectement les autres pays occidentaux puisque dotés du droit de seigneuriage sur le monde. Le monde arabe va devenir alors une véritable poudrière tant les conflits du monde vont pratiquement tous se concentrer en son sein. 

 

  1. Perspective de la future architecture mondiale inscrite dans les forces métahistoriques ?

 

 Le troisième sens métahistorique de cet endettement est le progrès de la gouvernance politique en Amérique du Sud. Avec la crise d’endettement, les dictatures militaires sud-américaines, acculées, faute d’acheter la paix sociale – les caisses étaient vides, et la répression seule ne pouvait venir à bout des peuples touchés par la faim, le chômage de masse, la déperdition économique –, étaient rejetées par les peuples. Ces juntes militaires furent obligées de laisser place aux gouvernements civils, choisis démocratiquement, pour rehausser les économies nationales, et répondre aux attentes de leurs peuples. Donc la crise d’endettement mondial des années 1980 a joué ce qu’ont joué les Deux Guerres mondiales pour l’indépendance de plus de 100 pays de la colonisation occidentale.

 

Ce qui nous fait dire que tout événement majeur dans l'histoire joue pour le progrès du monde. Comme on le constate encore avec la chute du Mur de Berlin, en 1989, et l’éclatement du bloc Est, et la disparition de l’Union soviétique, en décembre 1991. Le bloc bipolaire, frappé par l'endettement, n’était plus viable. S'il était nécessaire un temps de l'histoire parce qu’il constituait un contre-pouvoir au bloc occidental dominateur, le monde a ensuite avancé, le rapport des forces ont changé. Donc, après avoir rempli son rôle historique, l’URSS devait laisser place à une nouvelle configuration mondiale. D’autre part, l’islamisme a joué, dans la guerre URSS-Afghanistan, aussi son rôle historique dans l’affaiblissement du meneur de jeu du bloc Est.

 

Donc tout événement du monde joue pour «  avancer » le monde. Souvent, l’homme ne perçoit pas cette avancée parce que simplement qu’en avançant, il ne prend pas conscience qu’il avance, qu’il progresse. Et c’est la raison pour laquelle il est fait appel au concept de « métahistoire ». L’homme ne commande pas son histoire. Son histoire n’avance pas seule, son histoire est une histoire dans l’Histoire dont il ne sait rien ni ne sait où elle le mène. S’il est vivant et mouvant dans son histoire, l’Histoire de son histoire est encore plus vivante parce qu’elle le mène de progrès en progrès au fur et à mesure qu’il avance. Tout frein ou échec qu’il traverse, comme les crises économiques ou les guerres, ne sont en fait que des jalons nécessaires pour briser une situation ou des situations qui sont en fait attenantes les unes aux autres mais devenues négatives appellent à de situations nouvelles. Une situation historique qui est dépassé signifie qu’elle a terminé à son rôle historique, c’est-à-dire ce pourquoi elle a existé. Et c’est ainsi que l’histoire du monde va de situation en nouvelle situation, de structure en nouvelle structure, tel que le monde est agencé par le mouvement de la métahistoire.

 

Le quatrième sens métahistorique concerne proprement dit l’Occident. Il est évident que si le reste du monde a été frappé par la crise d’endettement, le monde étant solidaire, une crise qui éclate dans un lieu du monde, par sa gravité ne pourrait qu’affecter d’autres lieux ou toutes les autres parties du monde. En effet, si un grand nombre de pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie sont insolvables, en cessation de paiement, et sont dépendants du FMI par le soutien financier qu’il leur apporte en échange de l’application de programmes d’ajustements respectifs, la décroissance de leurs économies qui comptent dans la demande mondiale va forcément influer négativement la demande mondiale. Ce qui entraîne une forte chute des exportations occidentales. Et une décélération économique pour l’Occident ne vient pas des seuls pays endettés, il faut prendre encore compte des tigres et dragons asiatiques de du Sud-Est et Nord-Est asiatique qui, en redoutables concurrents, activent gagnent une bonne part des marchés dans le commerce mondial.

 

Par conséquent, en augmentant le taux d’intérêt dans la lutte contre l’inflation, l’Occident a produit ce qu’on peut appeler de « graves dommages collatéraux dans le monde » qui l’affecteront inévitablement. Mais le succès dans ce retournement des économies du reste du monde va donner des ailes aux décideurs occidentaux. Et de nouvelles doctrines, dans les années 1980, vont apparaître tels le thatchérisme et le reaganisme prônant la dérégulation financière. Dans cette phase nouvelle de croissance économique qui est anémique, l’Occident certes s’érigera sur le plan financier et monétaire pratiquement en maître du monde, mais ce statut n’est pas sans mal. En effet, une domination sans partage sur ce plan a aussi un revers de la médaille.

 

Puisqu’il a créé un appauvrissement et une spirale d’endettement dans les pays du reste du monde qui vont se retrouver à exporter uniquement pour survivre avec un niveau de vie extrêmement faible, et qui a des retentissements graves sur la production et la consommation mondiale, c’est que c’était nécessaire puisqu’il fallait absolument juguler l’inflation mondiale à la fin des années 1970. Ceci, sur un plan, mais la crise d’endettement a eu un effet heureux dans les nouveaux développements du monde. Fin du bloc de l’Est, fin de l’Union soviétique, vent de démocratisation de l’Amérique du Sud. Force de de constater des buts dans les événements qui arrivent au monde.

 

Cependant, l’Occident doit aussi subir un revers de la médaille. Puisque lui aussi est affecté par la crise d’endettement du reste du monde. Et il doit chercher des partenaires, or les pays du reste du monde qui continuent à produire lui imposent des joint-ventures. Et ces pays se comptent sur les doigts d’une main. Et la Chine, depuis qu’elle s’est convertie au socialisme de marché, en 1980, est parmi ces pays le premier partenaire de l’Occident. Avec son plus de un milliard de chinois, au coût très bas de la main d’œuvre, un vaste marché intérieur et un marché extérieur pour l’export de biens finis, la Chine devient, dans les années 1980-1990, un « eldorado naturel de l’Occident  ». D’autant plus que les pays occidentaux n’ayant pas d’autres choix vu la contraction du marché mondial, et doivent s’implanter partout où il leur est possible, la Chine devient alors leur « partenaire privilégié ».

 

Les Occidentaux n’y voyant en la Chine qu’une nation très pauvre et point susceptible de les concurrencer demain. C’est ainsi, pensant profiter des bénéfices dans la coentreprise avec la Chine, l’Occident délocalise massivement les entreprises qu’il juge non rentables ou qui sont fermées par manque de débouchés. Des entreprises occidentales sont même achetées et transférées en Chine. Une situation qui va propulser la Chine, en 2010, en deuxième puissance économique du monde. Soit en 30 années. Et la Chine n’est pas le seul pays d’accueil, d’autres pays sont devenus des nations émergentes, la Russie, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, au point que ces pays ont conclu une alliance et créer le BRICS. Et le G20 a aussi été créé surplombant le G7. C’est dans cette nouvelle instance que les grandes puissances tentent de régler leurs différends économiques.

 

  1. La perfectibilité du monde se trouve inscrite dans l’essence de la pensée humaine

 

  La crise d’endettement des années 1980 apparaît non seulement un tournant métahistorique de l’économie mondiale et occidentale dans le sens qu’elle a posé les premières pierres dans l’édification de la future architecture géopolitique et géoéconomique mondiale. Ce qui signifie en clair que « ces événements qui relèvent de l’histoire de l’Histoire où l’homme ne peut rien sinon de suivre les forces telles qu’elles s’articulent dans le mouvement de son devenir.  » Et c’est cela qui est difficile à appréhender, et comme il n’y a pas de réponse, on la taxe de métaphysique sans que l’homme ne se pense qu’il n’est venu à l’existence qu’à partir d’une microscopique cellule germinale qui s’est développée puis est devenu homme. Comme l’écrit Alfred Adler : « Nous autres, psychologues individuels, nous nous sommes toujours préoccupés de transposer en mouvements ce que nous saisissons en tant que formes. Chacun sait que l’homme achevé naît d’une cellule germinale, mais il devrait comprendre aussi que cette cellule contient des fondements nécessaires au développement. Comment la vie a pu paraître sur cette terre est une question obscure, nous n’y trouverons peut-être jamais une réponse définitive.  »

 

Sur le plan de la sociabilité, l’auteur écrit : « Le sentiment social signifie avant tout la tendance vers une forme de collectivité qu’il faut imaginer éternelle, comme elle pourrait à peu près être imaginée si l’humanité avait atteint le but de la perfection. Il ne s’agit jamais d’une collectivité ou d’une société actuelle, ou d’une forme politique ou religieuse ; le but qui se montrerait le plus apte à réaliser cette perfection, devrait être un but signifiant la collectivité idéale de toute l’humanité, ultime réalisation de l’évolution. On peut évidemment me demander d’où je tiens cela. Certes pas d’une expérience immédiate et je dois avouer qu’ont raison ceux qui trouvent dans la psychologie individuelle une part de métaphysique sujet de louanges pour les uns, de critique pour les autres. Il y a malheureusement beaucoup de sujets qui ont une conception de la métaphysique et qui voudraient exclure de la vie de l’humanité tout ce qu’ils ne peuvent saisir immédiatement. Ce faisant nous empêcherions la possibilité de développement de toute nouvelle idée. Car toute nouvelle idée se trouve au-delà de l’expérience immédiate. L’expérience immédiate ne nous donne jamais quelque chose de nouveau, ce nouveau nous étant fourni par l’idée qui résume les données de l’expérience et qui réunit ces faits. Que nous l’appelions spéculative ou transcendantale, il n’y a pas de science qui ne donne pas dans la métaphysique. Je ne vois pas de raison de se méfier de la métaphysique. » (2)

 

Ce que dit ici Alfred Adler est très clair, on peut cependant dire une vérité métaphysique sur qui tout être humain normal ne peut que convenir. Reprenons ce que l’auteur a dit : « L’expérience immédiate ne nous donne jamais quelque chose de nouveau, ce nouveau nous étant fourni par l’idée qui résume les données de l’expérience et qui réunit ces faits. Que nous l’appelions spéculative ou transcendantale, il n’y a pas de science qui ne donne pas dans la métaphysique. » Donc tout ce que nous concevons de notre existence, « de l’idée qui résume les données de l’expérience et qui réunit les faits » provient de cette « essence en nous » et que nous nommons « pensée ».

 

Et qu’est-ce que la « pensée » en l’homme ? Ce pouvoir qui donne à l’homme la puissance d’être, de ce qu’il est dans son monde, dans son existence propre et avec ses semblables, c’est sa pensée sans laquelle il n’est rien, n’a aucune prise de son être et du monde. Précisément, dès lors que sa pensée qu’il pense et qui le fait penser, il n’en sait rien de son essence, et pourtant toute «  invisible » qu’elle est, toute « impalpable » qu’elle est parce qu’elle n’est pas corps, elle est l’abstraction de l’abstraction, donc a un seul nom, un seul qualificatif, et cette pensée, que l’on sent en nous, est « métaphysique ». Parce que on ne sait rien d’elle ni d’où elle vient, pour ceux qui croient, ils diront qu’elle vient de « Dieu ». Et si la pensée est métaphysique, l’homme qu’il l’accepte ou non, et peu importe, est aussi « métaphysique » dans son essence. Sauf qu’il ne peut le concevoir ni se concevoir qu’il est, dans un certain sens, lui-même « métaphysique ».

 

Pour son histoire, sa destinée dont il ne sait rien, sa pensée qui est « métaphysique sait », et on peut dire qu’il existe en elle aussi une essence qui n’est pas visible mais « visible » par la pensée, par elle-même, et pour l’homme, elle lui explique après coup sa marche aussi bien dans son individualité que dans son histoire collective quelle que soit cette collectivité. En clair il y a un sens à saisir dans l’essence de la pensée de l’homme, au sein de laquelle il y a ce « libre-arbitre » qui lui est donné, mais ce libre-arbitre se trouve aussi inséré dans un programme plus grand qui est celui du cosmos. Et tout dans le cosmos est ordonné, et la vie humaine et son évolution ne peuvent être qu’ordonnées. Le chaos fait aussi partie de l’ordre du monde, et tout a un sens dans l’univers.

 

Prenons deux exemples très simples qui montrent l’inattendu historique apparaissant comme

évènement anhistorique. Comme appréhender dans l’histoire d’Emmanuel Macon devenant à 39 ans président de la France ? Difficile de se représenter historiquement parlant d’un homme, qui était inconnu du public français trois années auparavant avant de devenir ministre de l’économie en 2014, et s’est porté candidat à l’élection présidentielle française en 2017 et l’a remporté. Il est devenu président de la France en 2017. Même son parti « La République en marche » a été lancé une année auparavant.

 

Cela tient du prodige ? Du miracle ? Emmanuel Macron savait-il qu’il allait devenir président à 39 ans et en brûlant tous les étapes imaginables ? Non, il ne savait pas à moins qu’il ait vu quelque chose dans ses rêves. Et les rêves prémonitoires existent et presque tout le monde en atteste de ce qu’ils peuvent signifier pour l’homme. Parce qu’en fat, qu’est-ce que le rêve si ce n’est cette pensée métaphysique qui peut parler à l’homme et lui « dire » ce qu’elle juge « nécessaire ». Pour l’homme, c’est un prodige, c’est un miracle, pour l’Essence, c’est ce qui est contenu dans la pensée « métaphysique ». Donc il y a un sens métahistorique dans l’avènement d’Emmanuel Macron en France. La France devait se régénérer, et c’est là le sens du choix de l’histoire dans l’histoire de la France.

 

Un autre exemple, le « hirak algérien ». On peut dire que c’est un miracle, un prodige. Comment est-ce possible lorsque tout un peuple se réveille un jour, un 22 février historique 2019, contre l’oligarchie, contre le pouvoir financier, contre la dérive économique ? Peut-on expliquer cela par la psychologie ? Par la philosophie ? Par la science ? Le Hirak algérien est inexplicable par la science. Il est certes un miracle, un prodige mais ce miracle et ce prodige sont à attribuer à la pensée collective, à la pensée d’un peuple en qui l’essence aspirant à la perfectibilité de la nation est la même. Comme cela revient aussi au concours de circonstances et à la maturité de ce peuple.

 

Comment expliquer que 10 vendredis consécutifs, ce peuple a battu le pavé et revendiqué ses acquis, ce pourquoi il est, sa nation, c’est de lui qu’émane tout le pouvoir national, c’est lui l’Algérie, c’est lui qui personnifie la nation. Et tout cela est inscrit dans l’essence de sa pensée. Un homme malade est touché dans son corps, et il veut guérir et doit tout faire pour guérir, parce que c’est inscrit à la fois dans les capacités de son corps pour guérir mais aussi dans les capacités de sa pensée pour qu’il trouve le moyen de se guérir puisque c’est une loi de l’existence et de l’espoir de survivre.

 

De même un peuple, une nation qui est malade doit tout faire pour guérir. Si une nation est malade, elle ne l’est qu’un temps. Il viendra le réveil de lui-même et toutes les forces vives vont se réveiller. Et le tout est dans ce qui est programmé dans l’essence de la pensée de cette nation. Dès lors tout se simplifie, si ce peuple est prêt, sans se rendre compte, il se lève par des forces métahistoriques et, d’une même voix, il revendique ses droits et sa dignité. Même le pouvoir se retrouve devant une telle force à «  remettre en question  » ce qu’il croyait avoir de droit, alors qu’il n’avait de droit que ce qui était dans ce qui existait dans la pensée collective métahistorique, et celle-ci relève d’une essence pour qui toute chose qui vient n’est jamais pérenne, et la pérennité ne peut se trouver que dans la perfectibilité qui n’est jamais arrêtée. Et ce sont les forces métahistoriques dans l’histoire qui font évoluer les peuples. Rien ne vient de rien, tout a une cause, tout a un sens.

 

Donc ce qui se passe en Algérie, c’est une naissance en gestation d’une nouvelle forme d’existence qui cherche à rompre avec les formes éculées du passé. Donc démocratie, ouverture d’esprit d’un peuple pour le progrès, l’instauration d’un état de droit, aspirer à un véritable développement ne sont en fait que ce que tout peuple aspire et espère sur terre. Donc on comprend que ce qui arrive à l’Algérie relève simplement d’un développement naturel de la nation, mais néanmoins inscrit dans la pensée « métaphysique » de tout un peuple. Et ce « Hirak algérien » aujourd’hui est en train de séduire le monde entier, par son pacifisme, par son civisme, et surtout par cet aura « métaphysique » de cette même pensée qui unit les rangs du peuple algérien.

 

Évidemment, le « Hirak algérien » est suivi par les puissances, et surtout par les autres peuples arabes. Il est très possible que, dans un futur proche, il se transmettra aux autres peuples, bien entendu, il faudra encore attendre les fruits auxquels arrivera cette pensée « métaphysique » qui ne peut qu’être porteuse pour la simple raison que les peuples arabes ont besoin de se réveiller. Jusqu’à quand continueront-ils à se déchirer ? Le chemin est encore long, mais le réveil a commencé. Et il a commencé par l’Algérie.

 

 

Medjdoub Hamed
Chercheur spécialisé en Economie mondiale,
Relations internationales et Prospective.
www.sens-du-monde.com

 

Notes :

 

1. « Comment l’Occident en est arrivé à son « déclin économique naturel » ? Le piège de l’argent gratuit des Quantitative easing pour le monde », par Medjdoub Hamed. Le 18 avril 2019

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/comment-l-occident-en-est-arrive-a-214406

2. « Le sens de la vie », par Alfred Adler (1933)

Traduction de l’Allemand par le Dr. H. Schaffer en 1950

 



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  • Christian Labrune Christian Labrune 27 avril 11:29

    Un autre exemple, le « hirak algérien ». On peut dire que c’est un miracle, un prodige. Comment est-ce possible lorsque tout un peuple se réveille un jour, un 22 février historique 2019, contre l’oligarchie, contre le pouvoir financier, contre la dérive économique ? Peut-on expliquer cela par la psychologie ? Par la philosophie ? Par la science ? Le Hirak algérien est inexplicable par la science.

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    Si le « hirak » est un « miracle », quelque chose me dit que Dieu ne doit pas être bien loin derrière !

    En tout cas, ça n’est pas très bienveillant de dire ça pour tant de citoyens qui s’échinent à passer leur temps dehors du côté de la poste centrale d’Alger. Il ne seraient donc que des pantins dont Dieu tirerait les ficelles ? Ils ne doivent pas encore très bien le savoir et ils pensaient probablement jusque là n’exprimer ainsi que leur liberté de sujets pensants autonomes. Ah, les grands naïfs !.

    Dieu, cet ingrat, vient de faire mourir Abassi Madani, son serviteur, fondateur du FIS et l’un des plus obstinés soutiens du GIA et de l’AIS, deux puissantes organisations caritatives auxquelles le peuple algérien doit son plus grand bonheur dans les années 90.

    Ces beaux jours reviendront-ils ?

    A lire ici les articles qui nous viennent d’Algérie (pas tous, heureusement), je suis quand même un peu inquiet.


    • Hamed 27 avril 18:56

      @Christian Labrune

      Bonjour Christian,

      Merci pour le post. Cela se voit que vous pensez, et pensez très bien ce que vous pensez.

      « Si le « hirak » est un « miracle », quelque chose me dit que Dieu ne doit pas être bien loin derrière ! » 

      Et vous, Christian, en pensant ce que vous m’écrivez, quelque chose ne vous dit-elle pas que Dieu n’est pas loin de vous ? Sinon comment faîtes-vous pour penser et dire, et juger ce que vous pensez par vos pensés. Est-ce possible que vous pensez par vos pensées ? Dans le sens, vos pensées les aviez-vous en propre comme si elles sont matérialisées par quel que pouvoir dont vous avez le secret. Et quel est le secret de vos pensées, Christian ? 

      Je ne dis cela que pour vous éveiller, que pour vous amener à prendre conscience que ce vous jugez en fait ce n’est pas vous, mais votre pensée qui le fait pour vous sans vraiment que vous en preniez conscience. 

      Par exemple, vous dîtes des âneries, votre pensée ne vous dira pas que vous dîtes des âneries, bien au contraire, elle vous dira intérieurement, c’est bien, c’est très bien, c’est très juste, vous êtes intelligent, mais ce n’es là que ce que vous dira votre pensée croyant que vous, Christian que vous la pensez. Alors que c’est elle qui pense en vous et vous dit ce que vous voulez que vous pensiez.

      Pour vous donnez un exemple, et que vous compreniez, prenez un voleur. Que fait-il ce voleur dans son temps ? Son temps est fait pour voler et profiter de ce vol pour vivre. A-t-il voulu voler avant qu’il commence à voler ? Au commencement, personne ne naît voleur. On devient voleur ensuite. Et tous les hommes ne le sont pas. Heureusement, sinon l’existence n’aurait pas de sens.

      Mais ce voleur est devenu voleur par la force des circonstances et de ce qui est aussi en puissance en lui. Par conséquent, pour pouvoir voler, il doit penser pour voler. Et là aussi la pensée pense en lui pour voler. La pensée lui donne donc que ce qu’il est et ce qu’il veut parce qu’il est conçu pour ce qu’il est. Donc il ne prend pas conscience qu’il vole et que voler c’est un mal. Et c’est la pensée en lui qui ne l’éveille pas, et lui ne sachant pas que Dieu en fait n’est pas très loin de lui. Et pourtant, il le laisse faire, parce qu’il est, qu’il a été conçu, créé « libre d’être ». 

      Je m’arrête là, Christian. Je vos laisse méditer sur vos mots.

      Cdl


    • Christian Labrune Christian Labrune 28 avril 00:23

      @Hamed

      C’est du Malebranche tout craché que vous me servez là. Malebranche pour qui chaque geste que nous faisons, et même le plus insignifiant, n’est qu’une « prière exaucée ». Si Dieu ne me permettait pas d’empoigner le briquet sur mon bureau, je ne pourrais jamais allumer mon cigare ! Dieu sait pourtant que je ne lui ai jamais rien demandé, tout cela se fait très bien sans lui.

      Malebranche est apparemment un héritier de Descartes, mais il s’en faut bien qu’il ait la même liberté et la même audace de pensée. Au fond il n’est guère qu’un cureton de l’Oratoire poussant jusqu’à l’absurde, un peu comme Leibniz, son cadet de huit ans, des raisonnements qui sont bien caractéristiques des difficultés aporétique auxquelles se trouvait confrontée la pensée chrétienne de son temps.

      J’entends par là que vous pouvez bien appliquer la logique la plus formelle, celle qui nous vient des sciences, et qui commençait alors à être très à la mode, aux concepts hérités de la théologie, comme ceux-ci n’ont aucun fondement rationnel, c’est bâtir sur du sable, et il y a longtemps que la critique philosophique a relégué tout cela dans le magasin des idées saugrenues, pour ne pas dire délirantes. 

      C’est quand même curieux qu’au XXIe siècle vous nous produisiez aussi régulièrement des conceptions qui sont historiquement très datées et correspondent à peu près au règne de Louis XIX.

      Pour qui connaît un peu l’histoire des idées, ces sortes de conceptions sont aussi saugrenues que peuvent l’être pour un spécialiste de l’histoire des sciences les machines -souvent fort complexes !-qu’on a essayé de réaliser, jusqu’au XIXe siècle, dans une totale ignorance du premier principe de la thermodynamique, pour obtenir le mouvement perpétuel.

      Le mot « Dieu » n’a aucun sens, ne renvoie à rien de connu dans le monde réel, et dans le monde des concepts, il est ce qu’en font les théologiens qui, tout en n’en disant pas la même chose d’une religion à l’autre, reconnaissent quand même, dans leurs meilleurs jours, qu’il est inconnaissable. Construire quelque chose sur de l’inconnaissable, ça ne risque guère de tenir debout.

      A la limite, si vous définissiez dieu, à la manière d’Aristote, comme le « premier moteur immobile », ça ne me dérangerait pas trop, mais à quoi cela peut-il mener ? A rien du tout. C’est donc parler pour ne rien dire.

      Moi, je vous parlais de ce qui se passe en Algérie, qui va nécessairement mener à quelque chose de tangible, dans ce monde même, et qui ne pourra être historiquement positif que si Dieu reste à sa place, c’est-à-dire nulle part. Si les islamistes profitant de la confusion qui ne va pas tarder à succéder aux belles et tranquilles manifs essaient encore une fois de ramener leur dieu sur le devant de la scène, ce sera encore une fois foutu pour l’Algérie, et pour très longtemps.


    • Christian Labrune Christian Labrune 28 avril 00:25

      au règne de Louis XIV, et non de Louis XIX  !!! Excuses


    • Hamed 28 avril 14:44

      @Christian Labrune

      Bonjour Christian, 

      Tout d’abord merci pour le post. Je n’ai pas pu vous répondre vite, des obligations, sinon votre réponse est intéressante à plus d’un titre. Et vous me paraissez très documenté en philosophie. Cependant je regrette de vous le dire, « combien même vous êtes bien documenté en philo, il demeure que vous ne pensez pas philo. »

      Penser philo est « être près de vous-même », et je regrette encore de vous le dire, « vous n’êtes pas près de vois-même. Vous êtes vous-même, et c’est tout. » Vous pensez votre pensée mais la pensée ne pense pas en vous, elle pense ce que vous voulez penser.

      Penser philo c’est pensée sa pensée, c’est demander de ce qu’il est, c’est dans un certain sens refuser à la pensée de ne pas penser comme je le veux, mais de penser en moi comme la pensée elle-même pense. Ou, au contraire, aller à l’essence de la pensée, en espérant que l’essence m’éclaire. 

      Pour que vois me compreniez, et c’est un peu ce que fait Malebranche dans sa « prière exaucée », il cherche à parler à l’essence, à aller au-delà de la pensée. Par contre vous, Christian, vous restez prisonnier de votre pensée, et vous ne la pensée comme un simple quidam qui ne demande pas son reste. Vous vivez, vous existez, et cela vous suffit ce que vous êtes. 

      Documenté sur les grands de monde, ces grands vous les classez et je regrette de vous le dire encore dans votre petite pensée. Et je précise que la pensée est immense, elle n’a pas de fin, mais c’est vous qui demandez qu’elle soit petite. Alors, « elle est petite, selon votre vœu. »

      Comme j’avais parlé du voleur, le voleur vole les autres grâce à sa pensée. Pour voler, il faut qu’il pense. Pour cibler sa proie, c’est sa pensée qui le fait à travers son libre arbitre et fait ce choix inscrit dans sa pensée. Le voleur est donc prisonnier de sa pensée, et tout vient de sa pensée y compris son libre-arbitre et ce pourquoi il est. Quand il vole, il n’est pas conscient qu’il vole, parce qu’il vole, pris dans l’action de son vol. Pour lui, il ne fait pas du mal, pour lui, c’est un moyen de survivre, ou simplement un moyen contre lequel, il ne peut rien, parce qu’il est ce qu’il est.

      Le voleur sait qu’il est un voleur, il a conscience qu’il vole, mais il ne fait rien pour lutter contre ce mal. Il ne se remet pas en question. Il ne cherche pas à se comprendre. Il est ce qu’il est dans sa destinée. 

      Je vous dis l’exemple du voleur pour vous expliquer ce qui est parler à sa pensée. Donc Christian, méditez, voyez en vous. L’essentiel est d’être bien dans sa peau, si vous l’êtes, Christian, oubliez mes mots. 

      PS. Si vous avez un texte ou un livre de Malebranche, montrez-moi le site où je puis trouver les mots qui figure tout au début de votre réponse. Ou si vous avez un texte de lui dans votre ordinateur, je vous donnerais mon e-mail pour me le transmettre. Merci d’avance


    • popov 28 avril 16:04

      @Hamed

      Vous vous enfermez dans une tour d’ivoire faite de sophismes qui vous permettent de croire que vous avez toujours raison et votre interlocuteur toujours tort.

      Vous ne risquez aucune erreur ; on ne peut donc attendre aucune vérité de vous.


    • Hamed 28 avril 16:28

      @popov

      Bonjour popov,

      Merci pour le jugement. Si vous estimez que je m’enferme dans une tour d’ivoire, il demeure que c’est votre jugement, et seulement votre jugement qui du reste n’est basé que sur l’apparent. Et rien de tangible, reconnaissez-le. En clair, vous n’apportez aucun argument sinon que je m’enferme dans ma tour d’ivoire qui n’est que ma pensée.

      N’ai-je pas le droit de penser ma pensée ? Et vous, popov, n’avez-vous pas le droit de penser votre pensée ? Vous l’avez comme moi je l’ai. Et parce que je pense ma pensée que vos me jugez mal. Et alors pour ne pas rester dans ma tour d’ivoire, dois-je faire comme vous ? Pensez comme vous faites avec votre pensée ? Je regrette popov, je ne peux pas ne pas penser ma pensée. Je suis un être très simple, et ma complexité n’est qu’apparente, probablement vous êtes plus complexe que moi. La seule différence entre vous et moi, est que je cherche à comprendre ce côté complexe de l’humain d’être, d’exister, en pensant avec ce que je peux dire ma « simplicité d’être ».

      Je ne sais si vous me comprenez, mais je cherche la transparence non pas dans ma pensée, mais dans l’essence de ce qui fait ma pensée, la pensée.

      Et vous vous me dîtes que je m’enferme dans ma tour d’ivoire. Eh bien soit, popov, si comprendre est s’enfermer dans une tour d’ivoire, eh bien, je m’enferme dans ma tour d’ivoire. Et je précise encore, par un plus fort que ma volonté, en clair, je n’y peux rien si je cherche à penser ma pensée.

      Merci, popov, pour la remontrance. Cdl 


    • Hamed 28 avril 16:44

      @popov

      J’ajoute encore. Vous me dîtes : « une tour d’ivoire faite de sophismes qui vous permettent de croire que vous avez toujours raison et votre interlocuteur toujours tort. »

      Pensez-vous que je crois que j’ai raison, et que celui qui me fait face a tort. Non, popov, c’est votre jugement, c’est vous qui pensez ainsi. Je ne cherche pas à avoir raison, au contraire, j’apprends avec l’autre qui me fait face.0 Prenez Christian, si je lui réponds c’est parce qu’il a soulevé un problème de fond. S’il n’y avait pas celui-ci, je n’aurais pas répondu. Et je vais être précis, ma pensée n’aurait pas d’intérêt à lui répondre si elle n’avait pas vu de l’humain, du très humain de ce qu’écrit Christian. Nous ne devons pas oublier que nous sommes humains et très sensible à tout, et tout a un sens, surtout lorsque on cherche à comprendre notre « étant ».

      De la même façon, je vois réponds popov, parce que combien même vous m’avez jugé sur l’apparent, je devais vous répondre parce que vous avez touché aussi un problème de fond. L’être vit sur ses deux formes, l’être-là, l’apparent, et l’être-là profond.

      D’autre part, vous me dîtes « Vous ne risquez aucune erreur ; on ne peut donc attendre aucune vérité de vous. » Quel intérêt que j’ai à ne risquer aucune erreur ? De plus seul Dieu ne peut faire d’erreurs. Au contraire, si l’humain ne risque pas de faire d’erreur, c’est qu’il n’est pas humain. Toute l’existence, tout le charme en elle, c’est faire des erreurs et d’apprendre. Ce sont les erreurs et sans cesse des erreurs que l’on fait dans notre existence et que l’on corrige autant que possible qui fait le piquant, le sens de vivre.


      Enfin, si vous n’attendez aucune vérité de moi, je vois remercie du plus profond de moi. En me disant ceci, je ne sais que répondre, et répondre par le seul que je peux « merci encore, popov »

      Cdl





    • Christian Labrune Christian Labrune 28 avril 17:06

      PS. Si vous avez un texte ou un livre de Malebranche, montrez-moi le site où je puis trouver les mots qui figure tout au début de votre réponse. Ou si vous avez un texte de lui dans votre ordinateur, je vous donnerais mon e-mail pour me le transmettre. Merci d’avance

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      @Hamed
      Mon édition, qui est bien centenaire, est introuvable en librairie, mais plusieurs sites internet proposent intégralement De la Recherche de la vérité. Les oeuvres complètes de Malebranche sont aussi dans la Pleiade.

      Malebranche De la Recherche de la vérité. - Eclaircissements.

      Extrait :

      Il ne faut pas s’imaginer que la volonté commande à l’entendement d’une autre manère que par ses désirs et ses mouvements, car la volonté n’a point d’autre action. Et il ne faut pas croire non plus, que l’entendement obéisse à la volonté en produisant, en lui-même les idées des choses que l’âme désire, car l’entendement n’agit point, il ne fait que recevoir la lumière ou les idées des objets, par l’union nécessaire qu’il a avec celui qui renferme tous les êtres d’une manière intelligible, ainsi que l’on a expliqué dans le troisième livre.

      Voici dont tout le mystère. L’homme participe à sa souveraine raison et lui est uni, et la vérité se découvre à lui à proportion qu’ils s’applique à ellle,et qu’il la prie. Or le désir de l’âme est une prière naturelle qui est toujours exaucée, car c’est une loi naturelle que les idées soient d’autant plus présentes à l’esprit, que la vonlonté les désire avec plus d’ardeur. Ains, pourvu que la capacité que nous avons de penser, ou notre entendement ne soit point rempli des sentiments confus que nous recevons à l’occasion de ce qui se passe dans notre corps, nous ne souhaitons jamais de penser à quelque objet, que l’idée de cet objet ne nous soit aussitôt présente ; et, comme l’expérience même nous l’apprend, cette idée est d’autant plus présente et plus claire, que notre désir est plus fort ou notre attention plus vive, et que les sentiments confus que nous recevons par le corps, sont plus faibles et moins sensibles, comme je l’ai déjà dit dans la remarque précédente.

      Ainsi quand j’ai ditque la volonté commande à l’entendement de lui présenter quelque objet particulier, j’ai prétendu seulement que l’âme qui veut considérer avec attention cet objet, s’en approche par son attention ou son désir, parce que ce désir en conséquence des volontés efficaces de Dieu, qui sont les lois inviolables de la nature, est la cause de la présence et de la clarté de l’idée qui représente cet objet. Je n’avais garde de parler d’une autre façon, ni de m’expliquer comme je fais présentement. Car je n’avais point encore prouvé que Dieu seul est l’auteur de nos connaissance, et que nos volontés particulières en sont les causes occasionnelles.


    • Hamed 28 avril 20:43

      @Christian Labrune

      Merci Christian pour l’extrait, Malebranche est éloquent, et il n’est pas Malebranche parce qu’il est Malebranche. Sa pensée est historique, et dans 2000 ans, et plus, sa pensée est et sera toujours d’actualité. Elle frise l’universalité.

      Au fond, Christian, on est très proche par nos pensées, vous avez une vision et vous voulez des preuves, moi j’ai une vision, et je n’ai pas besoin de preuves puisque l’être, l’humain que nous sommes et qui sortons du néant, sommes déjà une preuve. 

      Dieu, en clair, il n’est pas très loin de nous, il est bien plus proche de nous que nous sommes proche de nous. Voilà, Christian, et vous avez  en popov un estimé défenseur. Et peut-être que j’ai une carapace comme il le dit, et qui donne seulement l’impression que j’ai raison. Et donc, je n’ai pas raison. Cependant je pense et continue à penser, et penser c’est aussi vivre dans tout le sens de vivre, dans tout ce qui est l’étant d’être, et ce qu’il représente pour l’être.

      Cdl


    • Christian Labrune Christian Labrune 28 avril 21:17

      . Sa pensée est historique, et dans 2000 ans, et plus, sa pensée est et sera toujours d’actualité. Elle frise l’universalité.

      ===============================
      @Hamed

      Il y a fort longtemps que Malebranche n’est plus lu que par ceux qui s’intéressent, en général par obligation professionnelles, à la philosophie du XVIIe siècle et se font un devoir particulièrement pénible ! de voir de quoi il retourne.

      Intellectuellement, c’est une impasse. Ca n’a même pas la rigueur des oeuvres de Leibniz. Je ne dis pas ça parce que c’est de la pensée chrétienne et que j’y serais plutôt hostile : je lis avec ravissement les sermons de Bossuet, et l’oeuvre de l’évêque anglican Berkeley, un siècle plus tard, m’a toujours paru fascinante.

      Malebranche est à la philosophie ce que Nepomucène Lemercier, contemporain de Balzac, est à la littérature. Personne ne le lit plus : il faudrait vraiment, pour cela, avoir beaucoup de temps à perdre.


    • Christian Labrune Christian Labrune 28 avril 21:34

      ADDENDUM

      Par curiosité, je viens d’ouvrir l’article de Wikipedia consacré à Malebranche. J’en extrais ces deux paragraphes qui explicitent d’une manière plus claire et ramassée que le texte même de Malebranche sur la « prière exaucée », ce que je disais au début, à savoir que si mon âme veut de la nicotine, et si ma main se tend vers le briquet, cela ne peut se faire qu’ « en Dieu », comme si je l’avais prié de tirer, de son ciel, les ficelles qui permettront de faire se mouvoir le bras du pantin Labrune.

      Le seul problème, c’est que Labrune n’est nullement un pantin.

      J’ai copié en gras le passage le plus significatif

      Wikipedia :

      "À la suite de Louis de La Forge et Géraud de Cordemoy, Malebranche a défendu et développé une doctrine appelée plus tard « occasionnalisme », selon laquelle les causes naturelles ne sont pas de véritables causes, mais seulement des « causes occasionnelles » qui déterminent Dieu, seule vraie cause, à agir. Malebranche proposa en outre une version parfaitement déterministe de l’occasionnalisme : Dieu procède par décrets immuables et lois universelles qui se manifestent dans la causalité apparente de la nature.

      Selon Malebranche, aucune chose créée n’est véritablement cause d’une action ou d’un mouvement. Les mouvements du corps sont conçus comme les occasions pour Dieu de produire les pensées corrélatives dans l’âme ou l’esprit, et les pensées comme les occasions pour Lui de produire les mouvements corrélatifs dans le corps. Ce ne serait donc que de façon illusoire que l’on prendrait nos désirs ou nos volontés pour les causes réelles de nos actions."


    • popov 29 avril 01:39

      @Christian Labrune

      Bonjour

      Cette métaphysique occasionnaliste a été développée par l’école ash’arite et aoptée au XI—XIIe siècle par Al Ghazali.

      C’est probablement l’influence considérable de ce dernier qui a fait capoter la curiosité scientifique qu’on avait pu observer dans le monde islamique jusqu’à cette époque.


    • Christian Labrune Christian Labrune 29 avril 09:50

      Cette métaphysique occasionnaliste a été développée par l’école ash’arite et aoptée au XI—XIIe siècle par Al Ghazali.

      ======================================
      @popov

      Je l’ignorais totalement, et ça me fend le coeur d’être assuré de devoir mourir idiot, mais je vais quand même pouvoir grâce à vous combler cette lacune. Merci.
      On ne songerait évidemment pas à rapprocher le XVIIe siècle classique d’un monde musulman et d’un islam qu’il découvrait à peine, mais il est de fait que la métaphysique de Malebranche, succédant à celle de Descartes mais incapable d’en appréhender l’ironie décapante, devait conduire nécessairement à ces sortes d’aberrations. Si Dieu existe, tel que les religions le révèlent et le définissent, et si on pousse à bout, à partir de ce postulat, en recourant à une logique scientifique naissante, les conséquences de ce qu’elles ont posé (ce que fait aussi Leibniz) Dieu se suffit entièrement à lui-même, et l’homme est de trop pour l’éternité. Cela équivaut, bien évidemment, à un raisonnement par l’absurde, mais il faudra attendre le XVIIIe siècle pour qu’on puisse être en état de s’en rendre compte.


    • Hamed 29 avril 12:34

      @popov

      Bonjour popov et bonjour Christian,

      Merci pour l’information tous les deux pour l’occasionnalisme de Malebranche et que popov complète en nous disant que cette métaphysique occasionnaliste vient de l’école ash’arite au XI-XIIe siècle par Al-Ghazali.

      Ce que je voudrais dire et sans entrer dans l’occasionnalisme, qui au final relève de la pensée philosophique. Mais ce que je constate est que la pensée à travers les hommes est continue dans le temps, ou simplement ignore le temps. La pensée naît par sa naissance et peu importe l’homme qui vient dans cette pensée. Et cela explique que la pensée est non seulement métaphysique comme l’homme qui ne sait pas et croit ce qu’il est alors qu’il n’est, et n’existe que par cette pensée métaphysique.

      Aussi doit-on dire que la pensée est « miracle » et la vie est aussi miracle mais tellement la vie est vécue, tellement la vie nous donne et ne cesse de nous donner en toutes choses bonnes ou mauvaises, et surtout bonnes parce que les mauvaises choses ne sont là que pour nous faire apprécier les bonnes choses, et l’homme est le plus sou-vent heureux au point qu’il oublie qu’il doit sa vie à ce miracle qui est celui d’exister.

      Voyons ce qui s’est passé dans nos commentaires qui se sont transformées en un cercles de pensées, celles-ci venant à élucider d’une certaine façon le sens de ce que l’on croyait savoir. 

      Tout d’abord Christian qui voit dans mon texte de l’inquiétude. Et il me dit : « Si le « hirak » est un « miracle », quelque chose me dit que Dieu ne doit pas être bien loin derrière ! »

      En tout cas, ça n’est pas très bienveillant de dire ça pour tant de citoyens qui s’échinent à passer leur temps dehors du côté de la poste centrale d’Alger. Il ne seraient donc que des pantins dont Dieu tirerait les ficelles ?« 

      Pour toute réponse, je dirais à Christian : »Pauvre de toi ! Tu ne sais que tu es en train de répéter que ce que Dieu veuille que tu répètes.Que tout ce que tu fais, tu ne le fais que par Dieu. Et si tu ne crois pas en Dieu, tu ne le fais que par Dieu« 

      Christian me répond et me dit c’est du Malebranche. »C’est du Malebranche tout craché que vous me servez là. Malebranche pour qui chaque geste que nous faisons, et même le plus insignifiant, n’est qu’une « prière exaucée ». Si Dieu ne me permettait pas d’empoigner le briquet sur mon bureau, je ne pourrais jamais allumer mon cigare ! Dieu sait pourtant que je ne lui ai jamais rien demandé, tout cela se fait très bien sans lui.« 

      Eh bien oui, c’est du Malebranche »éclairé par Dieu", il n’aurait pu penser sa pensée si sa pensée n’avait pas pensé en lui. Et le cercle de pensées se déroule. Je le remercie pour cette pensée.

      A suivre...


    • Hamed 29 avril 12:40

      @Christian Labrune

      Suite...

      Et le cercle se déroule et commence à envelopper en pensées. En quelque sorte, nous sommes pris dans un tourbillon de pensées. Nous sommes nous et nous sommes aussi nos pensées. Christian raisonne avec sa pensée et dit : 

      " Le mot « Dieu » n’a aucun sens, ne renvoie à rien de connu dans le monde réel, et dans le monde des concepts, il est ce qu’en font les théologiens qui, tout en n’en disant pas la même chose d’une religion à l’autre, reconnaissent quand même, dans leurs meilleurs jours, qu’il est inconnaissable. Construire quelque chose sur de l’inconnaissable, ça ne risque guère de tenir debout.

      A la limite, si vous définissiez dieu, à la manière d’Aristote, comme le « premier moteur immobile », ça ne me dérangerait pas trop, mais à quoi cela peut-il mener ? A rien du tout. C’est donc parler pour ne rien dire.

      Moi, je vous parlais de ce qui se passe en Algérie, qui va nécessairement mener à quelque chose de tangible, dans ce monde même, et qui ne pourra être historiquement positif que si Dieu reste à sa place, c’est-à-dire nulle part. Si les islamistes profitant de la confusion qui ne va pas tarder à succéder aux belles et tranquilles manifs essaient encore une fois de ramener leur dieu sur le devant de la scène, ce sera encore une fois foutu pour l’Algérie, et pour très longtemps."


      Mais précisément, pour Christian, Dieu n’a aucun sens parce qu’il n’existe nulle part, sans savoir qu’il existe en lui et c’est lui qui le laisse parler avec tout ce qu’il lui a donné. « Quelle ingratitude dira ma pensée de Christian, mais ma pensée se ravise et dira non, ce n’est pas Christian qui est fautif c’est sa pensée qui ne lui dit que ce qu’il veut qu’elle lui dise. Parce que Christian lui n’est pas un pantin, il réfléchit sa pensée qui ne fait que le combler comme le comble son libre-arbitre.  »

      En clair, Christian, c’est Christian, et Hamed, c’est Hamed qui pense trop sa pensée et ne devrait pas selon Christian. Et j’en passe sur le occasionnalisme de Malebranche, ce serait trop long.

      Et popov entre dans le cercle de la pensée du moment, et tance Hamed. Il lui dit : "

      Vous vous enfermez dans une tour d’ivoire faite de sophismes qui vous permettent de croire que vous avez toujours raison et votre interlocuteur toujours tort.

      Vous ne risquez aucune erreur ; on ne peut donc attendre aucune vérité de vous."

      Et toujours Hamed, dans sa tour d’ivoire qu’est sa pensée. Pauvre Hamed, ou pauvre popov qui n’a pas compris sa pensée.

       

      Et le coup de maître de popov et j’abrège, parce que ce serait trop long à développer. C’est sa réponse " Cette métaphysique occasionnaliste a été développée par l’école ash’arite et aoptée au XI—XIIe siècle par Al Ghazali.

      C’est probablement l’influence considérable de ce dernier qui a fait capoter la curiosité scientifique qu’on avait pu observer dans le monde islamique jusqu’à cette époque." 

       

      Christian tombe des nues, n’en croit pas à ses yeux, l’occasionnalisme ne serait pas Malebranche, mais alors le grand Malebranche a été un plagiat.


      Christian répond : "Je l’ignorais totalement, et ça me fend le coeur d’être assuré de devoir mourir idiot, mais je vais quand même pouvoir grâce à vous combler cette lacune. Merci. "

      Comment est-ce possible un Musulman et d’un Islam que... ? Mais non, Christian ne va pas mourir idiot grâce à popov, qui a pu sans le savoir même popov, a combler cette lacune chez Christian.

      Au final, que s’est-il passé dans cet enchevêtrement de pensées qui s’éclairaient les unes aux autres, c’est simplement que nos carapaces de pensées qui s’échinaient à démontrer ce que chacun savaient et ce qu’ils ne savaient pas de lui-même. Chacun cherchait à comprendre son être. Et ce que nous ne savons pas ou n’arrivons pas à comprendre, c’est précisément que c’est là le « sens du miracle d’exister. »
       
      Quant à Malebranche, il n’a pas plagié Al Ghazali, il a continué de penser la pensée parce que la pensée est toujours vivante et dans l’éternité. Elle se succède à elle-même dans les hommes, elle est ce « miracle » par lequel nous sommes.

      Et, avec l’entrée de Jonas dans le cercle, il nous réveille avec les monstruosités de l’existence. Le cercle de pensée se ferme. Merci Jonas pour l’épilogue.


    • popov 30 avril 13:56

      @Christian Labrune

      Bonjour

      Je l’ignorais totalement, et ça me fend le coeur d’être assuré de devoir mourir idiot, mais je vais quand même pouvoir grâce à vous combler cette lacune. Merci.

      On ne peut pas tout savoir. Moi, c’est l’existence de Malebranche que j’ignorais.

      Heureusement que cet occasionnalisme n’a pas été adopté en Occident. On en serait ou .

      Remarquez que dans la seconde vidéo, l’âne semble mieux comprendre les relations entre cause et effet que ses maîtres : au mouvement de ses pattes, on devine qu’il sait que s’il continue à descendre, il finira par toucher le sol.
      Ses maîtres, eux, n’ont pas compris qu’il fallait commencer par décharger l’arrière de la charrette, parce que dans la métaphysique occasionnaliste qui imprègne l’islam, on ne se pose pas ces questions, il suffit de dire « inch allah » puisque c’est lui la cause ultime de tout ce qui arrive.


  • popov 28 avril 16:59

    @Hamed

    Quels que soient les arguments de votre interlocuteur, vous tenez toujours le même discours.

    Vous répondez à Christian Labrune de la même façon qu’à moi alors que CL vous parle de votre démarche du point de vue philosophique et que moi je vous parle de la carapace que vous revêtez pour donner l’impression d’avoir toujours raison.


    • Hamed 1er mai 14:18

      @popov

      Bonjour popov,

      Je vous invite à lire le post que j’ai envoyé à Jonas. Il vous concerne aussi.

      Cdl


  • Jonas 29 avril 08:42

    @Bonjour Hamed,

    J’ai été inquiet de ne pas avoir de vos nouvelles, vu la situation de l’Algérie de Boutéfflika ,dont vous étiez un apparatchik zélé. Heureusement , pour les internautes d’AgoraVox , vous êtes libre et en vie, qu’Allah est son prophète soient remerciés. 

    Pour ne pas déroger a votre habitude, au lieu de vous cantonner à nous donner votre analyse sur situation de l’Algérie et de ses agitations, vous vous lancez à brides abattues sur la situation géopolitique en l’habillant d’un peu de philosophie, alors que l’Algérie se trouve en situation fragile à tout point de vue. Après plus de 53 ans d’indépendance et de la grande chance de bénéficier de la manne des hydrocarbures découverts par les anciens colonisateurs , l’Algérie , se trouve aujourd’hui devant des obstacles , tant le système issu du FLN, est vieilli , et qui ne tenait sa légitimité qu’à la guerre d’indépendance. 

    Comme les autres pays arabo-musulman , l’Algérie ne déroge en rien par rapport a eux. L’armée reste la cheville ouvrière du système , même si , elle est divisée , et doit tenir compte des « Services de Sécurité » qui la surveille de près. Comme en Egypte , l’armée contrôle un grand nombre de filières d’importations, sans compter le nombre d’entreprises tenues , par les fils , petits-fils et les proches des généraux supérieurs. Comme dans les autres pays arabo-musulmans, les pouvoirs en place , ce sont appliqués à éliminer les oppositions politiques et à disqualifier les personnalités civiles d’où qu’ils viennent. 

    Je ne crois pas à l’unanimité actuelle dans ce pays , parce que les désaccords sont nombreux et la société algérienne est fragmentée , les souvenirs des années noires , ne sont pas cicatrisées. Et la justice n’a pas fait son travail. 

    Si le Hirak algérien est suivi par les puissances, ce n’est qu’à cause de l’instabilité du Maghreb et des conflits qui s’y déroulent. Les djihadistes , qui sont tapis dans l’ombre , attendent leur heure , pour profiter des agitations.Quant aux régimes des pays arabes , ils sont tellement occupés par leur survie, que ce qui se passe en Algérie est loin de leurs préoccupations. 

    @Hamed , je répète , ce que j’ai écrit à plusieurs reprises ici, le pacifisme des manifestants algériens est dû aux expériences meurtrières du passé ,1988, et les 10 années noires. 200 000 morts, des centaines de milliers de blessés et des milliers de disparus , sont encore dans les mémoires. 



    • Hamed 29 avril 12:44

      @Jonas

      Merci Jonas pour l’épilogue qui a été posté dans commentaires. Et merci pour le commentaire


    • Jonas 29 avril 16:37

      @Hamed, 
      Merci d’être d’accord avec moi, une fois n’est pas coutume. C’est courageux de votre part. 
       
       Maintenant que pensez-vous de la déclaration de la secrétaire générale du Parti des Travailleurs , Louisa Hanoune , que l’Algérie n’appartient pas au monde arabe. « Nous nous battons depuis 1962, pour la reconnaissance de notre véritable identité. Nous sommes un peuple amazigh, dont une partie a été arabisée par l’islam , venu d’Arabie. » Puis , elle ajoute qu’aujourd’hui « nous constatons , à travers tout le pays lors de la célébration de  hennuyer—, l’attachement à notre identité réelle amazigh. »Pourtant la Constitution mentionne :<< l’Algérie , terre d’islam ,partie intégrante du Grand Maghreb , pays arabe, méditerranéen et africain , s’honore du rayonnement de sa Révolution du 1er novembre etc ? 


  • Christian Labrune Christian Labrune 29 avril 21:20

    @Jonas

    Je viens de lire un article intéressant à propos de Louisa Hanoune

    La lisibilité de ses prises de position ne serait pas très évidente, dit-on, et on se perd en conjectures sur le sens de sa démarche actuelle. Ses positions, en général, me paraissent relever d’une idéologie doctrinaire un peu stalinienne, avec une certaine aptitude, quand même, à la souplesse d’échine. Tout cela avec par dessus le marché un antisionisme enragé, n’est pas du tout fait pour m’inspirer une immédiate sympathie.

    J’avoue que je connais trop peu la situation algérienne pour être en état de juger de ce que les Algériens eux-mêmes ont du mal à appréhender, et je ne comprends pas trop pourquoi elle vient d’être huée par la foule lors d’une manif. Suspectée d’accointances avec l’ancien régime, peut-être ?

    C’est là :

    https://www.huffpostmaghreb.com/mohamed-saadoune/contre-qui-et-pour-qui-la_b_7248798.html?utm_hp_ref=mg-louisa-hanoune


    • Jonas 1er mai 08:04

      @Christian Labrune
       Louisa Hanoune , présente l’ambiguïté du monde arabe et plus particulièrement Algérienne. 
      Beaucoup d’intellectuels et d’opposants font références a des concepts piqués aux occidentaux ,dont la grande majorité des peuples ne connaissent rien, et se f... bien . Les masses arabo-musulmanes comme musulmanes non arabes sont plus préoccupées de manger à leur faim et de pouvoir se soigner convenablement. 


    • Hamed 1er mai 14:16

      @Jonas

      Bonjour Jonas, bonjour Christian Labrune, bonjour popov,

      Je ne vous ai pas répondu, après vos post pour qui je vous remercie. Mais, voyez-vous, je pense ma pensée, et je dépends de :a pensée non pas qu’elle m’emprisonne, elle le fait déjà, et je ne peux rien lui opposer parce que c’est ma pensée, et sans elle je ne suis pas

      Et je pense que vous êtes tous dans la même situation, et tous les êtres humains le sont et donc l’humanité entière Le problème, mes amis, je vous appelle mes amis parce que sans ce flux affectif qui nous lie par les mots et que nos pensées pensent malgré nous, même si notre être dira non, mais sa pensée, la pensée de cet être que nous sommes dira oui, donc vous n’êtes pas libre de vos pensées Et moi non plus

      Nous formons donc un cercle de pensées Moi, Hamed, Christian, popov et Jonas venu en retard qui ne veut pas fermer pas le cercle, et d’ailleurs même chose pour Christian et popov Sauf voilà, Hamed, ou plutôt sa pensée qui a pensé qu’il faut fermer le cercle de pensées, et Hamed n’y peut rien surtout avec l’arrivée de Jonas qui nous rappelle les monstruosités de l’existence et veut encore dévier le sujet faisant passer la réflexion que l’on avait faite sur l’occasionnalisme de Malebranche à Louisa Hanoune, ce qui est passer du coq à ...

      Par conséquent, Hamed dépendant de sa pensée lui intime d’arrêter cela n’a pas de sens, mis à part Christian que je loire, même popov commence avec la « charette » de je ne sais pas quoi ou encore Jonas qui ne veut pas épiloguer va plus loin avec cette idée malencontreuse, il faut dire malheureuse pour quelqu’un qui pense comme Jonas oubliant que la pensée occidentale est avant tout humaine, et dès lors qu’elle est humaine, ni l’occidental, ni l’arabe, ni l’asiatique, ne pense sa pensée, c’est la pensée qui pense en eux.

      Dans le relatif comme dit Jonas, l’arabe ou le chinois, peut piquer à l’occidental une idée, et l’occidental peut piquer à l’arabe une idée puisque à en croire popov sur l’occasionnalisme de Malebranche « Cette métaphysique occasionnaliste a été développée par l’école ash’arite et aoptée au XI—XIIe siècle par Al Ghazali. ».

      Mais dans l’absolu, personne ne pique à personne. C’est la pensée que l’on ne sait pas d’où elle vient et comme l’a énoncé Malebranche, la pensée n’a pas d’étendue ;, n’est pas mesurable, n’est pas matérialisable« , elle est métaphysique, et comme je l’ai énoncé dans mon texte de l’article, elle n’est ni visible, ni palpable, elle est »l’abstraction de l’abstraction« . 

      Et cette essence immatérielle visite qui elle veut, éclaire qui elle veut, et le fait comme elle veut. Elle peut en faire l’être un savant, comme elle peut faire l’être un être ordinaire, comme elle peut faire l’être un fou, comme elle peut faire l’être un voleur, comme elle peut faire l’être un criminel qui commet des crimes (meurtre, etc.)

      Et c’est ma pensée à travers ma raison par laquelle ou à travers elle que je raisonne mais toujours en pensant que je tente de répondre à Jonas dans le cercle de pensées que nous sommes que nous dépendons de nos pensées, et que celles-ci ne font que restituer ce qui existe dans nos âmes. 

      Si l’âme de Jonas y voit cette idée »Beaucoup d’intellectuels et d’opposants font références a des concepts piqués aux occidentaux ,dont la grande majorité des peuples ne connaissent rien, et se f... bien . Les masses arabo-musulmanes comme musulmanes non arabes sont plus préoccupées de manger à leur faim et de pouvoir se soigner convenablement.« , sa pensée ne restitue que ce qu’il y a de vision dans son âme. J’espère qu’il se comprendra Jonas. Parce que ma réponse est essentiellement »métaphysique.

      Je m’arrête là parce que c’est trop long à développer l’être humain que nous sommes.

      Merci Jonas pour le post. Cdl 

       



    • Hamed 1er mai 14:17

      @Christian Labrune

      Bonjour Christian,

      Je vous invite à lire le post que j’ai envoyé à Jonas. Il vous concerne aussi.

      Cdl


    • Jonas 2 mai 19:51

      @Hamed
      Bonjour Hamed.
      Merci de me citer a plusieurs reprises dans votre post , je ne mérite pas tant d’honneur par rapport à Christian Labrune. et Popov. 

      Sur ce site et surtout en ce qui vous concerne , vous abordez plus fréquemment les problèmes et situations géopolitiques que les concepts philosophiques. Non je ne dédaigne pas cette partie des sciences humaines , mais , je trouve que vous cherchez à faire diversion pour ne pas regarder en face les problèmes cruciaux de l’Algérie.Car c’est de l’Algérie(Hirak 1-2-3 etc) , qu’il s’agit et non de Descartes-Deleuze-Bergson etc. 
      Comme le dit l’Ecclésiaste : << Il y a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous le ciel.>> 

      Lors de vos nombreuses interventions , vous avez une obsession l’Europe , qui a vos yeux est responsable des retards accumulés par les pays arabo-musulmans à cause de la colonisation. Dans vos attaques contre l’Europe , vous passez sous silence les apports considérables de celle-ci , pour le bien de l’humanité. Tout en occultant , la colonisation du monde arabo-musulman par l’Empire Ottoman , pendant pus de quatre siècles. 

      Le grand écrivain albanais , Ismaël Kadaré , déclare lui, dans une interview : << Il faut dire la vérité. On ne peut nier que pendant 3000 ans , 80 à 90% des trésors spirituels ont été produits par l’Europe , que ce soit la philosophie, la littérature , l’art ,la démocratie , la liberté d’expression.>>  

      Non, Hamed , je n’oublie pas , moi, l’apport des grands savants musulmans , mais hélas une chape de plomb , s’est abattue , sur ce monde , à partir de la fin du XIIe siècle et nous sommes au début du XXIe siècle. 


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