samedi 20 juin 2020 - par Marc Dugois

L’énergie humaine, seule énergie de l’économie

Nous avons complètement oublié la base de l’économie à savoir l’échange d’énergie humaine pour le bien-être en collectivité. C’était pourtant évident dans un village où chacun avait sa place en apportant ce qu’il savait faire et en profitant de ce que savaient faire les autres.

A l’arrivée de la monnaie, inventée dans toutes les civilisations pour contrer ceux qui profitaient volontiers de l’énergie des autres sans apporter la leur, la monnaie véhiculaient physiquement l’énergie humaine qui avait dû être dépensée auparavant pour obtenir la monnaie. C’était du bétail, du blé, du sel, de l’or, de l’argent ou même des plumes d’oiseau dont la rareté prouvait l’énergie humaine qui avait été dépensée pour les obtenir. C’est parce que la monnaie a toujours été un véhicule d’énergie humaine préalablement et intelligemment dépensée, qu’elle a toujours été acceptée en paiement par le groupe qui savait que cette énergie humaine était définitivement enfermée dans cette monnaie et qu’elle serait donc définitivement un titre de créance sur n’importe quel membre du groupe qui utilise cette monnaie.

Publicité

La monnaie papier a été inventée en France au XVIIIe siècle sous le Régent par Law (qui se prononce curieusement Lass) puis en Russie avec la Grande Catherine et dans les Amériques avec le dollar continental, enfin à nouveau en France avec les assignats pendant la révolution. La monnaie papier a toujours été gagée au départ sur une énergie humaine préalablement et intelligemment dépensée. C’était le défrichage du Nouveau Monde pour Law, les mines de cuivre pour la Grand Catherine, les biens de la noblesse et du clergé pour les assignats et l’or anglais pour le dollar continental. Mais partout la fièvre politique d’utiliser une énergie humaine inexistante a vite fait imprimer beaucoup plus de billets que la quantité d’énergie humaine préalablement dépensée n’en autorisait, et c’est l’énergie de tous ceux qui détenaient cette monnaie devenue fausse qui fut dépensée par leur ruine lors du constat que cette monnaie ne valait rien après avoir fait la fortune de certains.

Depuis 1971 et les monnaies dites flottantes, le triumvirat médiatique, universitaire et politique tente de faire croire que la monnaie est déconnectée de l’énergie humaine et qu’elle a tout de même une force énergétique, ce qui est rigoureusement impossible mais que le triumvirat aura fait tenir 50 ans en ruinant par avance tous les imbéciles, c’est-à-dire nous tous, qui auront des dollars, des euros ou des yens au moment de l’explosion du système.

Le système va forcément exploser parce qu’avec l’invention de la monnaie dette, on dépense deux fois de l’énergie humaine pour produire une seule richesse valorisée à à peine plus de la moitié de l’énergie humaine dépensée. Une première fois on dépense de l’énergie humaine en investissant l’argent nécessaire pour produire en payant les matières premières, les salariés et les machines. Cela donne une production qui ne deviendra richesse que si un client vient dépenser une seconde fois. Sans cette seconde dépense, la production devient d’abord un encombrant puis un rebut avec le constat de la perte de la première dépense. La richesse est quantifiée par l’énergie humaine qu’il a fallu dépenser pour la produire mais pour pouvoir en jouir, il faut que le client dépense à nouveau cette quantité d’énergie humaine.

Tant que la monnaie comme l’or était une richesse préalablement reconnue comme porteuse d’énergie humaine préalablement et intelligemment dépensée, la production n’était qu’un échange d’énergie humaine. Les ouvriers ajoutaient leur énergie personnelle à celles de leur prédécesseurs qui, véhiculée par l’or, leur apportait les outils et la matière. Leur production était un véhicule vivant d’énergie humaine dans lequel les artisans avaient augmenté de leur labeur la quantité d’énergie. La production pouvait alors s’échanger avec l’énergie que possédait le client avec son or. Le client constatait en achetant que le labeur des ouvriers avait enrichi la communauté et que l’on pouvait en prendre acte en frappant une nouvelle monnaie en or. Les ouvriers transformaient leur énergie en or

La limitation de la quantité de monnaie était obligatoire. La limite était concrète par l’or nécessaire et elle était surtout volontaire par l’observation de l’énergie humaine déjà utilement dépensée. La vie n’étant qu’échange d’énergie, la monnaie ne faisait que faciliter les échanges. Sa limitation permettait de ne pas se perdre dans la réalisation irresponsable de tous nos désirs voire de nos fantasmes.

Aujourd’hui tout est changé. Depuis la nouvelle religion de la monnaie fiduciaire où tout est fondé sur la croyance dans le remboursement de la monnaie dette, le fossé se creuse entre la réalité et le mensonge martelé par le trio universitaire politique et médiatique, relayé par le nouveau clergé de cette nouvelle religion. Le mensonge dit que c’est la création de richesse annuelle, le fameux PIB, qui va apporter la seconde vague d’énergie humaine et qui va rembourser les emprunts faits pour investir. Comment va-t-on pouvoir rembourser l’investissement quand la production qui en découle doit encore trouver acheteur pour devenir richesse donc possible remboursement. Il faut dépenser une deuxième fois pour rembourser la première. On est sans arrêt en manque d’énergie humaine. Et ce manque est encore aggravé par le client quand il emprunte pour acheter au lieu d’avoir stocké son énergie sous forme d’épargne.

Publicité

La réalité, pendant que ces braves gens pérorent, est que le système cherche désespérément l’énergie humaine qui se dépense près de deux fois quand elle n’est apportée qu’une fois ou même pas du tout si tout le monde emprunte.

Tant que le peuple ne s’étonne pas, c’est la montée stupéfiante de la dette et ce sont les différents esclavages qui se mettent en place pour apporter l’énergie humaine manquante. La dette se chiffrant déjà en centaines de milliers de milliards de dollars, les esclavages vont être de plus en plus voraces puisque l’énergie humaine consommée continue dogmatiquement à être infiniment supérieure à l’énergie humaine apportée. Le libéral-libertarisme actuel est la face visible d’un monde qui ne vit que de sa face cachée, la résurgence d’un esclavage jamais connu sur Terre, même en Afrique précoloniale où l’esclavage était pourtant déjà structurel comme dans notre nouvelle religion.

Le triumvirat a trouvé son dérivatif pour que la jeunesse ne prenne pas son problème à bras le corps : l’écologie. Il réduit volontairement l’écologie, l’étude de la maison, à la maison Terre. Il fait le grand écart intenable en vantant une organisation où la dépense exponentielle d’argent exige une dépense exponentielle d’énergie humaine mais où, pour être aimé, il reconnait comme avantage acquis, la non dépense d’énergie humaine et où, par incompétence, il accuse les entreprises de ne pas assez utilisé cette énergie tout en lui en pompant par des impôts sur la production. Il va dépenser la monnaie remboursable par l’esclavage, l’énergie humaine qu’il a stupidement paralysée en la confinant.

A quoi cela sert-il de rappeler qu’il n’y a pas une maison mais plusieurs appelées civilisations et qu’une seule réponse globale est d’une rare stupidité rappelée par le mythe de la tour de Babel ? A quoi cela sert-il quand les prêtres de la nouvelle religion réduisent le problème à un problème de CO2 ? Ils alarment sans aucune autre solution qu’un mondialisme, nouvelle tour de Babel prenant pour modèle notre civilisation malade qui ne cherche même plus à se comprendre.

A quoi cela sert-il de chercher des solutions quand le triumvirat veille à ce que le seul problème à résoudre soit comment refuser de le voir ?

Ce sont les générations arrivantes qui se suicident en ne voulant pas regarder la cause et en jouissant de ses effets. Les meilleurs s’isolent et renoncent. Qui s’intéressera au peuple ?



14 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 juin 2020 13:20

    Pourquoi ne parlez-vous jamais de « travail », de « prix », de « salaires » et de « profits » ?


    • Marc Dugois Marc Dugois 20 juin 2020 13:27

      @Séraphin Lampion

      Parce que je regarde l’équilibre général avant d’aller dans le détail. S’occuper des détails avant d’avoir compris l’équilibre général, c’est s’engoufrer dans des culs-de sac.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 20 juin 2020 14:11

      @Marc Dugois
      Si le « travail » est un détail, il est bien naturel que « prix », « salaires » et « profits » le soient aussi. Mais j’ai quelques doutes sur ce postulat de départ, faute duquel, effectivement, vous serez vite « engouffré dans des culs-de sac »...


    • Marc Dugois Marc Dugois 20 juin 2020 15:53

      @Opposition contrôlée

      Le travail est un détail essentriel et fondamental mais il reste un détail car s’il est seul, il manque d’harmonie.

      Salaires et prix sont aussi des détails importants qui chiffrent les échanges d’énergie humaine.

      Quant au profit il nécessite un appauvrissement et est donc très honorable si l’appauvrissementr est volontaire, beaucoup moins s’il ne l’est pas.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 20 juin 2020 18:55

      @Marc Dugois

      il reste un détail car s’il est seul, il manque d’harmonie

      J’avoue être plus versé dans Marx que dans le Feng Shui quand il s’agit d’économie et de politique...


    • Marc Dugois Marc Dugois 20 juin 2020 19:17

      @Opposition contrôlée

      Un détail est un élément d’un ensemble et il devient difficile de parler français sans se voir accuser de toutes les interprétations possibles.

      Je réaffirme qu’en économie, avant d’analyser chaque détail, il est essentiel, si on ne veut pas déraper, de constater que tout n’est qu’échange d’énergie humaine et que toute transformation d’énergie non humaine doit être convertie dans des machines obtenue par de la monnaie, vecteur d’energie humaine antérieurement bien utilisée aux yeux du groupe. C’est le refus d’accepter cette réalité et de la contourner avgec une fausse monnaie légale, qui fait que la dette explose et ne peut plus être remboursée et qu’elle induit donc et induira de plus en plus le retour de l’esclavage.

      Il faut sortir des schèmes des intellectuels des siècles précédents, même s’ils ont tous été très intéressants à leurs époques.


  • Francis JL 20 juin 2020 14:39

    ’A l’arrivée de la monnaie, inventée dans toutes les civilisations pour contrer ceux qui profitaient volontiers de l’énergie des autres sans apporter la leur, la monnaie véhiculaient physiquement l’énergie humaine qui avait dû être dépensée auparavant pour obtenir la monnaie. ’’

     

     ? La monnaie véhiculait quelque chose avant qu’elle n’arrive ?

     

    ps. Parmi les énergies qui font tourner l’économie vous avez seulement oublié :

    la traction animale,

    l’Uranium
    le Charbon
    les Hydrocarbures
    les Cours d’eau et chutes d’eau
    la Force de la mer
    le Rayonnement du soleil
    la Force du vent
    le Pétrole
    le Gaz naturel
    la Géothermie
    les Déchets et biomasse ...

     

    Vous ne croyez pas que la monnaie véhicule aussi ces formes d’énergie ?


    • Marc Dugois Marc Dugois 20 juin 2020 15:57

      @JL

      La monnaie ne véhicule que l’énergie humaine mais c’est l’énergie humaine qui fabrique tous les convertisseurs des énergies que vous citez.

      Vous pouvez même rajouter les carottes et la viande dont l’homme est lui même le convertisseur.


  • sls0 sls0 20 juin 2020 15:01

    Energie humaine c’est 0,5 kWh/jour autrement dit rien.

    L’énergie est la richesse c’est vrai mais l’énergie gratuite qu’on extrait de la nature que ce soit le pétrole ou le solaire.

    Le PIB mondial a longtemps été corrélé avec la production d’énergie et surtout le pétrole. La fausse richesse des marchés financiers c’est à partir des années 90.

    Je vis dans un pays émergent où la main d’oeuvre n’est pas chère, il y a encore de la force humaine employée. Le salaire garanti pour un journalier est 12-13€/jour. A ce tarif là la force humaine devient chère. 340 fois plus chère que l’électricité, 750 pesos pour 0,5kWh d’énergie humaine alors que le kWh d’électricité est de 4,4 pesos.

    La monnaie a surtout été inventée pour permettre à des exploiteurs de profiter du travail des autres.


  • Marc Dugois Marc Dugois 20 juin 2020 15:59

    C’est la fausse monnaie qui n’est légale que depuis 1971 qui permet en effet les ravages que vous citez.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 juin 2020 16:55

      @Marc Dugois

      « Bretton Woods » avait « stabilisé » les systèmes monétaires par la la force, en imposant l’hégémonie des Etats-Unis et en imposant le Dollar comme étalon soi-disant fondé sur la parité or. Ce qui a changé avec les accords de la Jamaïque, c’est simplement qu’il s’agite d’un retour à un système non régulé des changes comme cela existait avant la seconde guerre mondiale.

      Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le système qui avait débouché sur la crise de 1929 a produit « crise » sur « crise » depuis 1971, c’est vrai, mais c’est la conséquence d’une vision « libérale » de l’économie qui n’est pas près de s’atténuer puisque les libertariens qui ont le vent en poupe ont pour ambition de supprimer toute forme de réglementation. La loi de la jungle qui s’appuie sur la stratégie du choc en ce moment risque, si le processus n’est pas stoppé, de déboucher sur une régression historique de l’humanité.

      Mais ce n’est pas le retour à une parité dollar-or qui permettra d’enrayer le mécanisme catastrophique en cours. La « solution » est beaucoup plus pragmatique et ressemble à ce que d’aucuns considèrent comme une guerre civile.


    • Marc Dugois Marc Dugois 20 juin 2020 17:56

      @Séraphin Lampion

      La guerre civile est ce qui nous pend en effet au nez si nous ne réagissons pas.

      J’insiste pour ma part sur la solution de la limitation drastique de la monnaie qui nous met devant nos responsabltés et nous oblige à faire des choix. Arrêt des subvenhtions allant de pair avec un travail utile correctement rémunéré pour chacun même si aucune entreprise ne l’embauche.

      Le triumvirat aux commandes a choisi lui, la fuite en avant en nous faisant rêver pour être soutenu.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 juin 2020 20:13

      @Marc Dugois

      qu’en est-il de la propriété des moyens de production et de la commercialisation du travail en tant que marchandise ?


    • Marc Dugois Marc Dugois 20 juin 2020 20:29

      @Séraphin Lampion

      Dès l’instant où la monnaie n’est plus de la fausse monnaie créée sur des richesses à créer mais sur une richesse déjà constatée, la propriété appartient sans conteste à la personne qui l’a achetée.

      Pour moi le travail n’est en aucun cas une marchandise. C’est une dépense d’énergie humaine qui vient se rajouter à celle déjà dépensée pour avoir l’argent nécéssaire à l’achat des machines et des matières premières. Toute cette énergie humaine est échangée contre celle véhiculée par l’argent du client ( s’il n’est pas emprunté en fausse monnaie bien sûr).


Réagir