jeudi 5 août - par lunatique

L’État ouvertement co-gestionnaire des entreprises et adepte du langage performatif

Ce matin, c'est cette généreuse proposition qui a mis le feu aux neurones :

Passe sanitaire : l'État répondra « présent » pour les entreprises pénalisées, assure Le Maire.

L'État appuiera les activités fragilisées par l'extension du passe sanitaire, a déclaré le ministre de l'Économie.

Voulait-on depuis longtemps la preuve que l'Etat, (le plus d'état souhaité ou honnis de la droite à la gauche) n'était plus qu'un des piliers du capitalisme ? Elle est donnée encore aujourd'hui par cette déclaration du ministre des finances. L'État aidera, l'État soutiendra les entreprises.

Cette déclaration arrive encore une fois comme la preuve de la "générosité" de l'Etat, comme si l'Etat, comme Dieu, était une sorte d'entité extérieure à tout qui interviendrait pour le meilleur et jamais pour le pire, du bien des citoyens.

On pourrait redire encore une fois, que l'Etat est un type d'organisation d'une société et non une création naturelle et indépassable, que l'Etat, c'est le collectif des citoyens dans des tensions permanentes d'ajustement en fonction des intérêts, des évènements et des forces en présence. Mais laisson cela, qui ne ferait encore une fois que faire de la copie.

L'Etat répondra présent, au sens de Monsieur Le Maire, veut simplement dire que, comme cela se fait depuis des lustres, le libéralisme est en mode d'économie administrée. Ou plutôt, car l'économie administrée demande la tentative de prévisions, de plans voire de désir de société et non du seul désir d'argent, en éconoimie "assurée". Allez-y faites ce que bon vous semble et si ça casse, on assure.

On ? Nous, l'Etat, c'est à dire tout le monde, n'est-ce pas les payeurs de TVA ? (50% des recettes fiscales de l'Etat). C'est donc, On, Nous qui finançons les turpitudes de l'Etat ou si on croit que les décisions sont justes offrons la garantie mutuelle. Comment celle-ci se redistribue est encore une question. Y aurait-il de gagants et des perdants des vaches à lait et des profiteurs. Tout les gens seraient-ils égaux à la condition que certains soient un peu plus égaux que les autres ?

Pour que cela fonctionne, je vais faire court, il faut avoir convaincu la population du "ruissellement". En soutenant les entreprises, on soutient les emplois, donc les revenus de chacun, voire le bonheur de tous.

Dis comme ça, on a presque la larme à l'oeil !

Bien entendu, si ces aides visent particulièrement le soutien du capitalisme, il se trouvera que quelques petits artisans Poujadistes en bénéficieront, ce qui augmentera le nombre de soutien au système de l'argent magique. (Dont le Président avait dit qu'il n'existait pas, quand la corne d'abondance aurait du se déverser sur les petites gens).

Mais, il y a dans ce type d'affirmation "l'Etat viendra en aide aux entreprises pénalisée", pour le moins de la duplicité actionnée par un dédoublemennt de personalité. Car, si les entreprises sont pénalisées, elles le sont d'abord par une décision de ce même Etat qui va venir les aider. Une histoire de pompier pyromane.

Or, voilà qu'entre en jeu le langage performatif. Celui dont la simple énonciation crée le réel.

On admirera la subtilité de l'envoûtement. Si l'Etat doir intervenir en soutien aux Entreprises, c'est que le Monde est victime d'une Pandémie abominable qui a amené le même Etat à prendre des décision pour le bien de tous, qui ont pénalisé les Entreprises. Ce n'est pas à cause de l'Etat, et de décisions érronées que les Entreprises sont en difficulté. Les aides de l'Etat en sont même la preuve. Puisque l'Etat n'aurait aucune raison de prendre des décisions qui le mettrait ensuite en difficulté s'il n'y était poussé par des impératifs de santé publique. Tout cela se tient et fait même preuve de bonne foi.

Sauf, sauf, si dans cette construction logique une brique ou deux sont un peu branlantes.

Par exemple, la Pandémie justifie-t-elle ces décisions qui mettent à mal les entreprises ? Ou encore, l'Etat fait-il réellement cela pour le bien de chacun ou seulement pour les intérêts d'une caste ?

On tire sur ce petit fil, et le lainage se défait.

Dans le même genre, Monsieur Djebarri annonce qu'il faudra 4 fois plus d'électricité en 2035 et 18 fois plus en 2050. Bien évidemment puisque Monsieur Djebarri fait partie de ceux qui militent pour que tout devienne électrique.

Encore une fois ce langage performatif fait semblant de décrire le réel comme la météo essaie de dire le temps qu'il fera demain. Si dans les temps à venir, il nous faudra autant d'électricité c'est parce qu'il y aurait dans l'histoire qui s'écrit cette seule possibilité. Toute critique de ce système est le fait d'ignorants, de complotistes et de malades du foie, ce qui rend, on le sait ça aussi, très aigri. Malades aussi de la foi dans les sciences quand le totalitarisme scientiste devient la pensée dominante.

Ce matin j'ai dit à mon voisin qu'il devrait replanter des salades. Il m'a dit qu'il venait de s'en apercevoir et m'a demandé comment je le savais. Je lui ai dit que je les avais arrachées la veille.



5 réactions


  • sylvain sylvain 5 août 10:56

    Malades aussi de la foi dans les sciences

    Avoir foi en la science est effectivement une sorte de maladie mentale très commune aujourd’hui


  • pierre 5 août 11:01

    L’état aide déja les entreprises par des tas d’aides (voitures par exemple), panneaux solaires.

    Mais faut pas trop polémiquer sur une annonce d’intention non chiffrée et non chiffrable.


    • tashrin 5 août 11:08

      @pierre
      C’est pas le probleme, c’est une question de principe
      Suggérer une solution et se présenter en sauveur alors qu’on est soi-même à l’origine du probleme relève de la manipulation la plus grossiere et figure dans les 20 premières pages de tout bon manuel de management... pardon, de conduite du changement !
      Qu’ils essaient, j’ai envie de dire c’est le jeu
      Que ca marche aussi bien démontre à quel point les gens sont bêtes à manger du foin. 
      Dans le même esprit, le pass sanitaire présenté comme une solution au probleme du confinement... 
      Ou encore la réforme du systeme hospitalier 
      Ou encore la réforme des retraites
      Ou encore la réforme du chomage
      Ou encore...


  • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 5 août 21:10

    Le gauchiste confond la société avec l’État

    « Nous, l’Etat, c’est à dire tout le monde »


    Le gauchiste pleure car il confond l’altruisme avec le collectivisme et s’imagine que l’état fournit une garantie.

    Allons allons le gauchiste, ne pas voir que nous sommes un pays socialiste qui s’ignore c’est aberrant.

    De quoi se plaindre ? 

    Le socialisme, est une théorie politique et économique de l’organisation sociale qui préconise que les moyens de production, de distribution et d’échange doivent être détenus ou réglementés par l’état dans son ensemble.


    Bienvenue en pays socialiste, que des imbéciles croient capitaliste.


    • lunatique 31 août 08:57

      @Spartacus Lequidam
      Ah, ma réponse est bien tardive.
      Oui, je sais bien, l’Etat, ce n’est pas nous, puisque vous vous souvenez « l’Etat, c’est moi » !
      Et alors vous dites bien qu’aujourd’hui, en France, les moyens de production, de distribution et d’échange sont détenus par l’Etat ?
      L’Etat vient au secours de ce qui a été privatisé, certes, mais n’en prend pas le contrôle.
      Distribution ? Amazon est bien entendu un société étatique, ainsi que pour les échanges d’informations le sont aussi Alphabet et consorts...
      Vous ne pouvez pas vous empêcher d’employer le mot « imbéciles » qui qualifie les autres.
      J’essaie de vous répondre intelligemment, c’est à dire en croyant en mon et votre intelligence.
      Bien entendu, nous ne sommes pas en pays socialiste dont vous donnez vous-même quelques règles, mais nous ne sommes pas non plus, je vous l’accorde dans ce capitalisme dont on nous fait croire que c’est un monde ouvert comme le défend Karl Popper. Sauf si l’on admet qu’il y a quelque chose de naturel à s’emparer de tous les pouvoirs dès qu’on atteint une certaine puissance économique de façon à durer quand cette puissance économique, justement, devient défaillante, au lieu d’être remplacer comme le défendent certains capitalistes par meilleur.


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