mardi 10 février 2009 - par Lapa

L’état voué à disparaître ? La gouvernance du vide

Le Sarkoshow de jeudi dernier n’a fait que confirmer un fait : l’état ne maîtrise rien et ne pourra rien pour vous. Mais ce n’est pas nouveau.

L’impuissance de l’état concernant les affaires de notre pays n’a fait qu’empirer au cours de la Vème république : aujourd’hui il ne reste plus guère que les dorures de l’Elysée et les cérémonials grandiloquents au goût suranné pour faire illusion. La réalité est toute autre : notre Roi n’a plus de réel pouvoir pour conduire le destin de la nation. Il se contente, comme nombre de ses prédécesseurs, de profiter de la situation avec ses potes en multipliant les effets d’annonce.

Cette faiblesse globale est d’autant plus patente qu’elle est mise en évidence par la crise financière et économique, un domaine où l’état a complètement abandonné depuis longtemps ses capacités de régisseur. Ça a commencé par le fait de confier sa dette à des banques privées depuis 1973, confirmé par le magnifique traité de Maastricht (adopté par référendum populaire hélas) et ça a continué par le transfert de compétences de plus en plus nombreuses vers l’Europe.

Il faut reconnaître également que pendant ce temps-là, le monde changeait et les entreprises grossissaient et s’internationalisaient pour répondre à un marché toujours plus global et une recherche de croissance externe. Car si le capitalisme a besoin d’une libre concurrence pour fonctionner, ses acteurs passent bizarrement leur temps à vouloir arriver en situation de monopole ou presque, cherchez l’erreur. Cette globalisation (bientôt appelée mondialisation) a effectivement réduit l’impact de l’état sur la vie économique du pays. Ce dernier subit les flux qu’il ne maîtrise plus et ce n’est guère à lui d’imposer quoi que ce soit à une multinationale (et donc par définition, entreprise apatride) qui aura vite fait de lui faire comprendre qu’elle peut aller ailleurs ; chose qu’une PME de 150 salariés peut difficilement se permettre.

Mais reste-t-il encore dans notre pays des PME n’appartenant pas à un groupe international ? Sûrement de moins en moins. Tenez, l’entreprise Bouillard 150 salariés fait des pièces pour l’automobile. Elle se fait racheter par le groupe Voléo, qui au bout d’un an décide, comme par hasard, de transférer l’outil de production du site en Slovaquie (être au cœur de l’Europe pour faciliter les livraisons et pas du tout parce que les salaires sont plus bas voyons) mais assure que le site gardera une activité de conditionnement. Puis peu à peu les gens partants ne sont pas remplacés, le site se meurt, l’activité est maintenant nulle. Hop on peut fermer. Le groupe a pris l’outil de travail, les compétences, la R&D et le carnet de commandes liés à une histoire d’entrepreneur familial français pour aller les expatrier ailleurs. Un réel pillage en bonne et due forme de notre territoire, sous la bénédiction de la construction européenne. (Notez que les noms de cet exemple réel sont volontairement faux).

Depuis des années, nos gouvernements n’ont jamais rien fait d’autre que de suivre la grande course en avant du libéralisme à tout va (et Dieu sait que je ne suis pas un collectiviste forcené !) sans se préoccuper de l’intérêt national qui devrait être l’intérêt des citoyens à long terme. Pour ne pas montrer que des pans entiers de compétences indispensables partaient vers l’étranger, l’état français a joué sur plusieurs tableaux :

D’abord en multipliant de manière presque burlesque les lois et réglementations liées à la protection physique des citoyens. On ne peut guère reprocher à l’état de se préoccuper de la santé des Français. Mais ces intrusions, tout aussi paternalistes qu’elle soient, empiètent de plus en plus dans la sphère privée et ce n’est pas fini. Ainsi, pour montrer encore que l’état a du pouvoir sur les citoyens, la prévention routière a été un vecteur de communication formidable  : obligation des ceintures, obligation du casque à vélo, alcoolémie de plus en plus restrictive, radars à tout va… Bref un arsenal terrible a été mis en branle pour imposer une ligne de vue (parfaitement justifiable au demeurant). On eut simplement aimé que l’état arrive à imposer pareillement d’autres lignes de vues dans des domaines primordiaux pour l’avenir de notre pays : par exemple le maintien de l’outil industriel, la maîtrise des déficits... etc… Qui auront un impact tout aussi important sur la vie de notre descendance que le fait de leur mettre un casque dès qu’ils montent en tricycle, interdire le bizutage ou placer une barrière autour de la piscine.

Bref, la prévention routière et la santé (la lutte contre le tabagisme par exemple) ont été de très bons filons pour montrer au bon peuple que l’état restait une autorité (la fameuse peur du gendarme !) et qu’il servait le citoyen (c’est pour ton bien !).

Le deuxième point a été de multiplier les lois « opportunistes ». Dans le bouillonnement médiatique incessant, les préoccupations de nos dirigeants sont parfois en complète adéquation avec l’émoi populaire du moment (n’ont-ils rien d’autre à faire ?). Ainsi il suffira qu’une petite fille se fasse mordre par un clebard quelconque pour que nos bons gouvernants réagissent promptement pendant trois jours pour finir par pondre une énième loi spécialement dédiée au cas des chiens mordant les petites filles. C’est à la limite du niveau d’un conseil municipal de village, mais a priori ça occupe nos pontes ; à défaut d’autres possibilités sur le destin de la nation… Dans le même ordre d’idée, il est toujours temps, suite à un parachute doré fort inopportun, de légiférer sur ce type de pratique, tout en sachant qu’il est élémentaire pour une multinationale d’échapper à la loi qui en ressortirait.
Ce type de loi réactive à l’efficacité absolument non démontrée essaye encore de faire illusion.


Le troisième point que j’aimerais aborder consiste à multiplier également les propositions de réformes. Il faut réformer, du moins c’est ce qu’on nous martèle sans cesse, et le citoyen lambda d’imaginer cette réforme, forcément à son avantage. La réforme est un mot générique pour faire croire qu’on avance, également fourre-tout, il est pratique pour cacher des décisions allant des plus anodines et sans intérêt aux plus contestables. Chaque réformette permet d’alimenter un débat qui occupera l’intelligence de ce pays pendant des jours entiers. On reste encore fixé sur la suppression de la pub sur la télé publique après 20 heures ou la nomination du président de France Télévisions par le Roi lui-même ; alors que nos intelligences, nos élites pensantes devraient plutôt chercher comment donner à manger à nos concitoyens dans les deux prochaines années. Ce n’est pas quand il n’y aura plus que des retraités dans la France « plateau de fruits de mer » et que notre pays sera devenu un gigantesque musée à ciel ouvert, obligé de faire la manche aux touristes pour conserver un semblant de splendeur, qu’il faudra se préoccuper de l’avenir post industriel.


Il reste encore deux alibis gouvernementaux pour masquer sa totale impuissance :
D’abord l’environnement. Un article entier n’y suffirait pas mais la marotte environnementale (Grenelle et consort) en totale inadéquation avec l’intelligence de l’efficacité (de deux choses l’une : ou le dérèglement climatique est dû complètement à l’Homme et dans ce cas, le Grenelle n’aura strictement aucun impact ; où il n’est pas dû à l’Homme et c’est pareil) ne sert qu’à finalement faire ce que l’état arrive le mieux : taxer. Inventer toutes sortes d’obligations à la noix pour faire tourner une économie purement interne et sans développement  : le contrôle, par exemple. Quand on ne produit plus, on ne recherche plus, on ne développe plus il reste toujours le moyen de créer artificiellement de l’activité avec une réglementation. Le contrôle technique automobile, le plomb, l’électricité, les termites, le bilan d’énergie, l’amiante dans la maison, bientôt les cafards pourquoi pas. Le contrôle des agents physiques aux postes de travail (mais en reste-t-il dans notre pays ?), j’en passe et des meilleurs. Tous ont des alibis plus épatants les uns que les autres mais ne servent finalement qu’à faire grossir la liste des obligations réglementaires pour les entreprises et les citoyens.
Manque de pot, les citoyens, surtout les plus faibles, ne peuvent pas encore se barrer aussi facilement que ça. Alors que les défis environnementaux et technologiques auraient pu permettre l’émergence d’une économie réelle de développement et de production avec des compétences locales, il semble bien que la France ait loupé le coche ; notre pays n’est bon qu’à importer des éoliennes (sans se préoccuper du réel bilan de ce système de production), taxer le « pollueur » (c’est-à-dire, in fine, le citoyen) et multiplier les contrôles.

L’environnement a ceci de génial pour l’état qu’il cumule trois avantages  :
D’abord dans le buzz actuel, c’est une préoccupation de la population. Ce qui veut dire des gens docilement conduits à gober toute solution proposée.
Ensuite cela permet souvent de lever de nouvelles rentrées d’argent, parfaitement acceptées.
Enfin, le plus important pour un politique, les résultats sont de toute façon totalement impossibles à voir ; ce qui évite d’avoir un bilan désastreux.


Le deuxième alibi concerne le saupoudrage d’argent. Tel un empereur de l’ancien temps, notre président décide, suivant l’actualité, d’accorder des aides à untel ou untel. La magnificence de l’état providence qui dilapide allégrement le fric qu’il n’a pas à gagner à la sueur de son front. Ce genre de mesure s’effectuant généralement dans l’urgence et sur des thèmes de communion médiatique forte, il est rare que leur utilité réelle soit réfléchie et recherchée. Combien de milliards a-t-on claqué dans la sidérurgie française ? Combien de milliards va-t-on claquer pareillement pour éviter que les constructeurs automobiles français (qui viennent de développer un 4x4 fabriqué en Corée, on croit rêver …) ne licencient maintenant ce qu’ils ont de toute façon prévu de licencier plus tard ? Combien a coûté aux Français le rachat d’actions Dexia qui ont déjà perdu 50% de leur valeur, ou la crise de la filière porcine ?

Mais peu importe, l’argent brûle les mains. Il est plus facile d’accorder des aides à des filières dépassées ne se remettant pas en cause qu’à remonter le niveau de recherche et développement du pays ou revoir le tissu industriel et l’aménagement du territoire...
Et quand il n’y a pas saupoudrage d’argent directement, c’est via une niche fiscale que nos dirigeants agissent (tout en pestant contre le nombre de niches existantes). Heureusement que l’impôt sur le revenu existe, il permet à l’état d’annoncer toujours plus de déductions possibles dans un système multicouches tellement alambiqué qu’il met parfois à mal l’efficacité d’autres décisions antérieures.

L’attitude du sommet de l’état me fait furieusement penser à des personnes se préocupant d’établir un plan de table quand le service en porcelaine s’est barré avec le voleur et que le frigo est vide. Vide c’est le mot. La gouvernance du vide.

Pour résumer l’état a perdu énormément de sa capacité à influencer un monde complexe qui impacte directement les Français. Sans aucune logique ni vision à long terme, il masque ses pertes de compétences en investissant massivement dans l’action médiatique et l’intrusion dans le comportement de ses propres citoyens.

Avec les attributions de plus en plus nombreuses des collectivités territoriales (régions entre autres) et la prédominance de l’Union Européenne dans de nombreux domaines clés, on en vient à se demander si l’Etat Français n’est finalement pas comme le département : une entité intermédiaire vouée à disparaître ?



40 réactions


  • Yena-Marre Yena-Marre 10 février 2009 12:07

    Bonjour ,
    Très justement pensé à propos de l’aubaine que représente la préoccupation environnementale du moment .


    • Alpo47 Alpo47 10 février 2009 14:14

      Félicitations à l’auteur pour ce magnifique article, éclairant, exhaustif, et décrivant parfaitement les manipulations de nos gouvernants...
      Pour ma part, je verrais plutôt les différentes mesures visant l’automobile, la sécurisation à outrance, comme un apprentissage de l’obeissance par le citoyen. Obéir sans rechigner à des mesures comme le triangle et le gilet phosphorescent dans les voitures, ridicules, prépare à la docilité et à obéir à n’importe quelle autre mesure à venir.

      Moutons nous sommes devenus et moutons nous sommes tondus... si ce n’est cuisinés.


  • John Lloyds John Lloyds 10 février 2009 12:26

    Rien d’anormal à ce que la bête de labeur finisse à l’abattoir. Ce ne sera qu’un juste retour des choses, pour ceux qui croyaient encore au père noël, se ruant aux urnes pour élire leurs bourreaux. Petit hommage à ce grand visionnaire que fut Caraco : "Nous mourrons pour le maintien de ce qui nous tue, et l’évidence nous échappe".


    • gimo 10 février 2009 15:39

      Conbien de temps ces sinistres politiciens vont-ils ignorer des institutions aussi utiles que la cour des comptes qui est censée étre au dessus d’eux,mépriser des contribuables travaillant toujours plus pour

      payer leurs erreurs,leurs trains de vie,leurs malhonnêtetés,apparemment encore longtemps puisque même l’Europe est incapable d’arrêter la gabegie.

      On peut donc déduire, qu’additionner des administrations c’est multiplier les aberrations.


    • gimo 11 février 2009 03:42

       bon à savoir la FRANCE LE PAYS des 300 fromages . Mais aussi des 300.000 décrets et lois
      voir journal officiel pompidou disait alors << arrêtez d’en merder .. ! les FRANCAIS avec vos lois >>
      aux parlementaires


  • HASSELMANN 10 février 2009 12:32

    Trés bel article, qui aurait mérité une meilleure visibilité sur AV Je ne sais pas qui écrit cela, mais c’est frappé au coin du bon sens.Le Politique, "Poméne le brochet" pour faire croire que !
    En fait il ne matrise rien, car les régles sont tournées, et le même politique cédant aux sirénes des armées de lobbyistes, facilite pour ses amis le contournement des régles.
    La nature humaine est ainsi faite, et le pays de DESCARTES plus que d’autres, avec un besoin de lois et de régles.L’ennui c’est qu’ensuite le sport national est de tourner ces codes.
    C’est pour cela qu’il faut refonder la démocratie, et instituer des corps de contrôle puissants et vraiment indépendants.Comme les jury d’assise ces corps seront constitués de citoyens, objectifs car non concernés par le secteur contrôlé et surtout soumis a renouvellement tout les 3 ou 5 ans.
    Le lecteur comprendra pourquoi LIBR’ACTEURS (www.libracteurs.fr) oeuvre pour le non cumul de certains mandats, la fin de la longévité politique,et la réorganisation totale du fonctionnement démocratique de ce pays, par le biais de collectivités territoriales et locales recalibrées et recentrées.


  • LE CHAT LE CHAT 10 février 2009 12:54

    quand on a une coquille vide ( vu que c’est à Bruxelles , à wall street , à la City que les décisions importantes se prennent ) , il faut faire blin bling pour encore faire illusion et noyer le poisson pour endormir le gogo
    http://www.tresordupatrimoine.fr/images/medaille_sarkozy_or.gif


  • LE CHAT LE CHAT 10 février 2009 12:55

    tiens , je t’ai trouvé le nouveau look du leader minimo

    http://langelot.blog.lemonde.fr/files/2008/07/b-168-sarko-surfer_1208126049.1216847305.jpg


    • gimo 10 février 2009 15:46

      Aujourd’hui, on nous (se) prend pour des irresponsables qui sont incapables de comprendre et d’agir, et qui doivent choisir leurs tuteurs sur une liste électorale avec l’hypothèse que quoiqu’ils fassent, les élus sont considérés comme non responsables. C’est pourquoi nous pensons que les citoyens doivent devenir des acteurs et s’engager dans la construction de la cité, dans l’élaboration et la recherche du bien commun.

      La démocratie est largement inachevée et relève encore beaucoup trop de l’aristocratie politique, économique, financière, religieuse, culturelle, etc. C’est au peuple - à nous, les citoyens - de continuer cette évolution vers toujours plus de démocratie : l’avenir est ce que nous en ferons. Il nous appartient donc de réclamer et de nous donner plus d’égalité en parole et en pouvoir, en droit comme en fait.


  • Papybom Papybom 10 février 2009 14:46
    Être ou ne pas être ?
     
    En discutant avec une relation, nous parlions de la présence du Roi dans les médias.
    Pour clore la discussion, il m’a asséné cette phrase « Sache bien, que la nature à horreur du vide ». Ne désirante pas passer pour plus con que je le suis normalement, j’ai répondu « certainement »
     
    Depuis, je m’interroge : 
    - La nature, ce n’est quand même pas notre Roi ?
    - Notre bon Roi, est-il nature ou naturel ?
    - Est-il naturellement notre Roi ?
    - Si oui, comment peut-il l’être ?
    - Si être un être, c’est exister et que la notion du vide est d’être, notre roi est-il vide ?
    - Si Nicolas 1° est responsable de la gouvernance du vide, peut-il être ?
    Donc, si l’état est voué à disparaître, il n’a pas lieu d’être.

  • foufouille foufouille 10 février 2009 14:55

    le netat peut mais ne veut pas
    son seul but est de servir ses amis
    le jour ou ils font un RE, je me casse


    • gimo 10 février 2009 20:40

      Les grands ne sont grands que parce que nous sommes à genoux : levons-nous.


    • foufouille foufouille 10 février 2009 21:00

      les grand sont grand car ils ont argent ; pouvoir et immo
      se lever necessiste de les tuer, eux et leur tres nombreux larbin


    • gimo 10 février 2009 21:25

      @ foufouille
       tant que nous sommes d’accord et acceptons et obeissons à  cette forme de systeme 
       même avec leur l’argent <money de singe> ils feront leurs beurre 

      mais c’est assez clair si nous n’ acceptons plus .... alors leur systeme ne fonctionnera plus
      cest nous qui d’un certaine manière les créons a+ ps ; vois  jj rouseau


    • foufouille foufouille 11 février 2009 11:38

      dans ce cas ils feront intervenir l’armee
      de toute facon sortir du systeme necessecite de l’argent


  • maharadh maharadh 10 février 2009 15:07

    Tous les individus sont des images peu différenciées d’un même modèle. Quelques uns et quelques unes n’ont pas les caractéristiques communes et alors ils en souffrent beaucoup. Par exemple les noirs , les homosexuels....

    Les membres de cette société agissent de la même manière.Pour s’en rendre compte il suffit d’observer la sortie d’un métro le lundi matin, à Paname ; ou encore d’ observer les agissements grotesques des consommateurs hystériques d’un supermarché Auchan en banlieue, le samedi après-midi, à 15h précises. Ils abandonnent lâchement leur Voiture au milieu des autres charrettes, foncent sur la réserve de caddies et s’engouffrent pare-chocs contre pare-chocs entre les rayons, dans un gymkhana époustouflant. Ils achètent les mêmes saloperies. Par exemple du boeuf provenant d’un troupeau E S Bétisé. Tous les ans, ils se dirigent à caravanes bourrées vers les mêmes plages pour y passer les mêmes inoubliables vacances.

    Tous pensent que les politiques sont des ripoux et qu’il faudrait faire quelque chose. Tous pensent que les enfants de l’Afrique ne méritent pas ça et qu’il faudrait faire quelque chose.

    Et tous pensent que les bleus gagnent trop d’argent pour les résultats qu’ils arrachent.

    Tous les membres consomment la même culture visuelle fadasse de la TV et propagent entr’eux les dernières péripéties du loft ou autres fadaises, ils voudraient bien que leurs étables soient plus confortables, que les routes qui conduisent aux verts pâturages soient mieux asphaltées et plus rapides afin de rejoindre encore plus vite la morgue.

    Ils voudraient bien que leurs auges soient plus pleines de bon blé. Les politiques connaissent les agissements et les pensées de cette société, ils en connaissent les goûts , mais savent aussi qu’un peuple est docile et paisible tant qu’il lui reste un peu de foin et des trains à regarder passer.

    Pour combien de temps encore ?


    • PtitLudo PtitLudo 11 février 2009 11:21

      Merci pour l’article, mais je rebondis surtout sur ce commentaire qui me semble très pertinent. En effet, si les gens n’étaient pas des moutons bien conditionnés, cet état de fait ne durerai pas bien longtemps.

      Or que voit-on en observant bien ? Une foule de gens lisant le même journal gratuit, absorbant toutes les pubs et informations consensuelles qui s’y trouvent sans se poser de questions.

      Pourquoi ai-je aussi toujours cette sensation d’être en retard de quelques années quand je vois les gens sortir leur dernier gadget à la mode ou quand je vois les installations audiovisuelles dernier cri ?

      Le jour viendra-t’il où les gens comprendront qu’ils ne sont pas "otages" de la ratp, de la sncf ou que sais-je, mais de cette pression commerciale de tous les instants ?

      J’espère voir ce jour où les tas de journaux gratuits ne diminueront plus et causera donc leur disparition, le jour où tous ces gadgets ne se vendront plus, où les gens se remettront à lire à se cultiver plutôt qu’à regarder les émissions débiles qui envahissent la télé, où les gens ne raleront plus après la terre entière parce qu’ils sont arrivés 2mn en retard à leur boulot, etc ...

      Ceci est un préalable au changement dans la "douceur". Sinon le changement aura bien lieu tôt ou tard, mais ce sera beaucoup plus violent (je privilégie la pise de la pandémie mondiale), qui permettra aux élites de s’en tirer à bon compte et de repartir sur de nouvelles bases.

       


    • Lapa Lapa 11 février 2009 11:54

      Comme je l’écris ; l’état a massivement investi dans l’action mediatique ; Sarkozy n’est en soit qu’une conséquence du phénomène. Sa concurrente directe était dans la même veine (et le montre encore aujourd’hui avec son bouquin, si on peu appeler ça un bouquin sans faire insulte aux écrivains).

      Le moutonnage a été facilité (paradoxalement) par l’individualisation de la société qui a elle même été portée par les progrès techniques. Parfois il me prend l’envie d’écrire "l’éloge de la ringardise" le contrepied de tous ces trucs à la mode qui nous préocupent tant comme vous le signalez. Je vais y réfléchir.


  • JL JL 10 février 2009 15:14

    Non, l’Etat ne sera jamais le néant : il lui faudra assurer le maintien de l’ordre et la protection des intérêts cosmopolites. Par exemple les intérêts de Big Pharma :
     

    "US : L’industrie pharmaceutique veut une immunité totale pour les effets indésirables. La prétention à la préemption ou le déni de responsabilité… L’industrie soutenue par l’administration Bush tente un coup qui, combiné à l’autorisation de la publicité hors AMM, pourrait être fatal à quasiment tout ce que les Etats-Unis ont d’exemplaire en matière de régulation législative et juridique de l’activité des firmes pharmaceutiques ... Et l’industrie sera complètement hors d’atteinte, au-dessus des lois, inattaquable, comme elle l’est en France, par exemple. Où elle n’a pas à rendre des comptes, ni à l’Etat ni aux victimes. Elle sera déclarée d’emblée non responsable…Est-ce qu’on va bientôt voir l’industrie pharmaceutique se voir conférer une totale immunité juridique et pénale ? Pas d’imputabilité, pas de responsabilité, pas de culpabilité… On dirait que je parle d’un fou, certainement pas de tout un système qui se veut rationnel et scientifique. Seul un fou est non responsable – irresponsable ! – de ses actes. Mais les fous, on les enferme."

    L’Etat sera toujours là, dans l’intérêt des five bigs


  • grangeoisi grangeoisi 10 février 2009 15:36

    Change un peu de cap LE CHAT, fais plutôt brosse à reluire.


  • gimo 10 février 2009 15:52

    Nous avons pour préoccupations immédiates la ré-appropriation du pouvoir par les citoyens - et c’est indispensable à tout progrès social -, l’amélioration de notre démocratie, la sauvegarde de notre liberté et la défense du respect de la dignité des personnes.

    L’amélioration de la démocratie

    L’article 33 de notre Constitution précise : "Tous les pouvoirs émanent de la Nation. Ils sont exercés de la manière établie par la Constitution". Cela revient à dire que, hormis la Nation, nul ne détient le pouvoir.

    Qu’on se nomme "Nation", "Peuple", "Communauté", peu importe, nous considérons que nous sommes un ensemble de personnes vivant en société, habitant un territoire défini,


  • gimo 10 février 2009 16:09

    Pour ce faire, nous devons, avant tout, cesser de nous mentir et de nous tromper nous-mêmes afin de ne plus faire porter par autrui nos propres errements. Et cela, en faisant la distinction entre nos responsabilités assumées et nos responsabilités refusées.

    La démocratie, la liberté et le respect de la dignité de l’homme : les valeurs de base auxquelles nous sommes attachés.


  • dezanneau 10 février 2009 16:14

    On ne peut confondre la veulerie de nos gouvernants et le rôle de l’Etat qui lui, est indispensable au maintien de nos libertés les plus élémentaires...A mon avis, ça altère votre exposé. De plus il n’y a pas d’expression démocratique possible à l’échelle européenne, constatez le jeu des lobbies : regardez les normes européennes concernant l’énergie, secteur stratégique dérégulé ! l’alimentation, indispensable mais avec un seuil admissible de pesticides plus élevé aujourd’hui, OGM etc...
     Je présente à cette adresse http://www.la-france-contre-la-crise.over-blog.com/ ma contribution sur la question centrale de la dette dans nos économies, l’impôt sur le revenu partant dans la poche des créanciers de la République, ainsi qu’ une solution portant sur plus de 1200Md d’euros dans le cadre de la Francophonie pour une sortie de crise et l’émergence de fait d’un monde multipolaire...

     


    • Lapa Lapa 10 février 2009 17:51

      bonsoir,

      la veulerie de nos dirigeants ne datent hélas pas d’hier ni de mai 2007 ; ceci étant, il ne s’agit pas de réciter que l’Etat garantit nos libertés encore faut-il qu’il en ait les moyens (autres que coércitifs). Sans projet, dans un monde où les décision se prendront ailleurs, les déclarations de principe sur la garantie des libertés n’auront aucun poids ; c’est ce qui se passe quand on laisse des pans décisionnels partir ailleurs.

      L’expression démocratique européenne est possible, mais actuellement je vous l’accorde, les états essayent de la limiter (par exemple avec des élections européennes qui sont en fait des élections nationales...). Je lirai votre lien un peu plus tard.


    • gimo 10 février 2009 21:05

      Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître,

      s’il ne transforme sa force en droit et

      l’obéissance en devoir. j j rouseau contra social


  • R.L. 10 février 2009 16:53

    Ce dépérissement de l’État est la conséquence logique de la libéralisation toujours plus grande et sauvage (pléonasme) de la société.
    Conséquence mais tout autant, et plus encore, le but recherché !

    "les lois et réglementations liées à la protection physique des citoyens..."
    Ces lois ne visent pas d’abord à protéger la santé de l’individu, mais à d’abord sanctionner, à se montrer coercicif.
    Tout comme les mises en garde à vue abusives et même dignes d’une dictature et qui a touché 1% de la population française depuis l’arrivée de qui vous savez à l’Élysée. La politique du chiffre n’est que l’outil pour des objectifs qui ne disent pas leur nom...

    Ce n’est pas pour rien que plus d’une loi sur deux, toujours depuis l’arrivée de qui vous savez (source Le Monde entre autres), n’est pas applicable par défaut de décret d’application le plus souvent...
    Bien au dela de l’irresponsabilité et de l’incompétence des décideurs, c’est l’effet escompté sur les esprits qui leur importent...

    Comme le fait remarquer Naomi Klein dans "La stratégie du choc", le gouvernement américain est devenu une coquille vide : l’État n’a plus le personnel, les ressources techniques et matérielles, le savoir-faire... pour exécuter ce qu’il a décidé au nom des lobbies finanicers et industriels (certains représentés d’ailleurs directement dans le gouvernement (!) : Cheney, Rumsfeld...).
    La deuxième armée du monde en Irak est constituée de l’ensemble des mercenaires des différentes sociétés privées anglo-saxonnes, loin devant les Anglais.
    Toute la logistique, au sens large, a été confiée à des entreprises privées.

    Les droits régaliens de battre monnaie, d’avoir une armée, et bientôt de percevoir l’impôt, disparaissent de facto, sans que que la majorité des gens réalisent.

    Le NOM est bien en marche, rassurez-vous !


  • xbrossard 10 février 2009 17:46

    @l’auteur

    "Depuis des années, nos gouvernements n’ont jamais rien fait d’autre que de suivre la grande course en avant du libéralisme à tout va (et Dieu sait que je ne suis pas un collectiviste forcené !) sans se préoccuper de l’intérêt national qui devrait être l’intérêt des citoyens à long terme. Pour ne pas montrer que des pans entiers de compétences indispensables partaient vers l’étranger, l’état français a joué sur plusieurs tableaux" 

    Pour bien comprendre pourquoi, il faut savoir que pour les grands dirigeants de ce monde, ceux qui décident, la notion même de pays est sans importance : ils iront là où la situation est la plus intéressante pour eux, sans considérations pour leurs compatriotes. D’ailleurs, ils vivent souvent aux states, au plus proche du centre du "bizness", ils ne sont ni français, ni-américain, mais mondialiste.
    Pour eux, défendre les emplois en Françe est non seulement inutile, mais même seulement impensable, car ils sont apatrides du porte-monnaie...

    et les paradis fiscaux sont pour eux comme des agences bancaires


    • Lapa Lapa 10 février 2009 18:40

      Bonsoir,

      c’est bien pour cela que je parle de multinationales apatrides. Quand on voit que certains pays en voie de développement commencent à avoir peur des plans sociaux de grands groupes industriels (exemple en Algérie pour Arcelor MItal) , il a de quoi être inquiets ...


  • Peretz Peretz 10 février 2009 18:03

    Parfaitement exact cet argumentaire ! Certains dédouanent (c’est le mot) les patrons délocalisateurs en expliquant que les nouveaux pays adhérents à l’Europe en profitent. Il faudrait leur rétorquer que s’il y a effectivement des avantages à s’y installer du fait de bas salaires, c’est que les avanatges sociaux dans ces pays sont en retard par rapport aux nôtres. C’est pourquoi des économistes ont proposé d’instaurer une TVA sociale tant que ces écarts existent.


  • gimo 10 février 2009 20:50

    Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître,
    s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir.
     
    j j rouseau contrat social


  • bzorglub 10 février 2009 21:19

    J’en reste sans voix... Merci à l’auteur, je ne suis donc pas fou de penser tout cela ! Heureusement que AV est la pour partager ce que nous avons au fond de nous et que nous n’osons pas exprimer parfois. Que dire de plus a part : OU EST LA SOLUTION, L’ALTERNATIVE, IL Y EN A FORCEMENT UNE, NON ?
    A+ BZ.


    • Lapa Lapa 11 février 2009 11:06

      Je ne fait qu’un constat. il est toujours difficile d’établir une solution ; d’autant qu’il faut se méfier des yaka et autres solutions miracles. Je suis plutôt un fervent partisan de la relocalisation économique (entre autre) mais je n’ai pas le temps ni le talent pour expliquer ça ici. Certains auteurs sur AV pourraient mieux le faire que moi.


    • PtitLudo PtitLudo 11 février 2009 11:32

      Voir mon commentaire ci-dessus. Oui il existe une solution mais qui passe par une prise de conscience d’une majorité de citoyens que la voie sur laquelle on est engagés est sans issue et qu’ils doivent donc remettre en question tout ce qu’ils ont vécu jusqu’ici.

      Bien sûr ça ne sera pas facile surtout qu’on leur répète sans arrêt qu’il n’y a pas d’alternative (TINA).


  • Thierry LEITZ 10 février 2009 23:41

    Superbe article Lapa, et de l’humour en plus.

    Un énarque aurait lâché ceci "nous avons une grande influence sur des petites choses mais une petite influence sur les grandes choses"

    Maintenant, est-ce à dessein ? Politique de la terre brûlée ? Du "foutu pour foutu autant croquer" ? On peut le penser. 

    "Ne mettez pas votre confiance dans les nobles, ni dans le fils de l’homme terrestre à qui n’appartient pas le salut. Son esprit sort, il retourne à son sol, en ce jour-là périssent ses pensées" (Psaume 146:3,4)


  • ddacoudre ddacoudre 11 février 2009 00:02

    bonjour lapa

    un bon raisonement dans l’ensemble, un jour iil m’est arrivé d’écrire qu’a l’avenir les états ne se définiraient plus par leur frontière historiques, mais par les frontières de leur marché respectif, comme au plus beau temps des comptoirs.

    en te faisant ce commentaire cela ma donné l’idée d’en faire un article, merci
    cordialement.


  • Toscan 11 février 2009 02:29

    Le peuple n’a pas l’oeil sur l’état comme il devrait, l’industrie oui. Question de volonté, d’organisation ou de discipline, whatever...le résultat est là, la minorité écrase la majorité.


  • Antoine Diederick 11 février 2009 07:26

    jamais du coeur des peuples il ne sera possible de faire oubli


  • fhefhe fhefhe 11 février 2009 07:39

    Quel Plaisir cet Article (que j’archive) !!!
    N’a....PA...à dire BESANCENOT...doit se marrer.... !!!!
    Pourquoi ?
    Qui a prêté de l’Argent aux 2 constructeurs automobiles à la Condition-Siné Qua Non qu’ils ne DELOCALISENT pas. ???
    ...............................................

    L’Etat qui a Garanti 320 Millards d’€ aux Banques + un Prêt de 10,5 Milliards d’€ NE VEUT PAS prêter d’argent aux construteurs Automobiles Dixit Fréderic Saint GEORGES (Membre de la Direction Générale de PSA Peugeot Citroen ) !!!!

    L’Auteur ne veut pas Citer MOLEX ....mais 1 mois avant que la MEDIACRATIE aborde le sujet j’avais lors d’un de mes commentaires dit combien c’était SCANDALEUX qu’une entreprise qui fait avait fait 1 million d’€ de profit ,doivent être Délocalisée... !!!!

    CHALLENGES a fait sa Une avec la Photo de Besancenot et titre :
    "L’HOMME SANS SOLUTIONS " (oui Sans solution avec un S ... ???!!!)

    Oui Besancenot doit bien RIRE
     
    STarkosy devrait se "ROLLEXER" aux Antilles ou un de ses "Sbires" avait "Pré-Signé" un accord de 200€...il est vrai 100€ de moins que ce que préconise Besancenot.... !!!!

    STarkosy ne Gouverne pas , n’administre pas , il REGNE....jusqu’en 2012.....en s’inspirant de Besancenot pour ses Réformes... ????


  • fhefhe fhefhe 11 février 2009 07:44

    Erratum
    Ceux sont les BANQUES qui ne veulent pas prêter aux constructeurs automobiles....ou à des taux supérieurs à 10% voir 12 % ...(Vu à la LoBotoVision sur france 5 dans l’émission de "C’est-à-Dire" du 10 Février 2009 ....document enregistré par un ami qui suit les Propos des Dirigeants de l’Automobile...pour comprendre le Pourquoi du Comment....la crise dans ce secteur )


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