mardi 5 mai - par Hamed

L’humanité dans l’« être-avoir-pensée » régulé par l’histoire. Le Covid-19 et le monde de demain à l’horizon 2040-2080

Comment comprendre sur le plan historiciste la pandémie qui frappe l’humanité aujourd’hui l’humanité ? Relève-t-elle d’une histoire chaotique de l’humanité comme tant de guerres, de crises et d’épidémies et pandémies l’ont marquée ? Ou, au contraire, obéit-elle à un mouvement, à une intelligence logique, rationnelle, nécessaire, absolument sans défaut et autoréalisatrice de l’histoire ? Une « intelligence historique » que nous ne percevons pas parce que nous n’avons pas assez de recul pour la décrypter ? L’événement du coronavirus est très récent et l’humanité n’en est pas encore sortie et les effets à venir n’en sont pas visibles. Et si ce coronavirus va désormais changer le cours, le sens, l’approche que la pensée humaine va devoir se faire d’elle-même et de sa compréhension de sa marche dans l’histoire ? Et lui permettre de tirer des conclusions qui changeront à jamais son mode de pensée sur le sens du son existence et le cours du devenir du monde.
 

Le premier élément qui apparaît et cela nous est donné par la nature même du monde physique qui relève d’une intelligence extrême par la situation de la Terre, notre astre dans lequel nous évoluons, nous vivons et qui est d’une constitution et d’une régularité parfaite. La Terre tourne autour d’elle-même à une vitesse maximum à l’Equateur de 1700 kms/heure, et autour du soleil de 108 000 kms/heure. Et pourtant, nous ne ressentons rien dans notre corps céleste, ni rotation de la Terre sur elle-même ni autour du soleil. Ni comment ce corps céleste est suspendu dans l’espace intersidéral, mises à part les forces d’attractions et d’équilibre interplanétaires. Et nous avons été, existé comme des peuples immobiles dans une sphère céleste et l’humanité a longtemps cru pendant des millénaires que la Terre est plate et ne tourne pas. Et même, depuis Copernic (1473-1543) et Galilée (1564-1642), cette thèse de la rotation de la terre autour d’elle-même et autour du soleil, l’héliocentrisme, n’a été reconnue qu’à la deuxième moitié du XVIIIe siècle, soit il y a environ 260 ans. Et qu’est-ce que 260 ans par rapport à 3000 ans et plus ?

Mais comment les humains sont arrivés à ces conclusions ? N’est-ce pas par leurs pensées, et uniquement leurs pensées ? Copernic, Galilée et plus tard Newton et tant de penseurs ont découvert des lois physiques. Pourquoi ? Parce qu’ils devaient les découvrir ! Ou c’était inscrit dans l’histoire ? Chaque temps a ses découvreurs, ses savants. Ce n’est pas l’homme qui découvre, en fait c’est sa pensée. Donc l’être humain est, existe et ne sait pas ce qu’il devient, et ne devient que par sa pensée qui le fait devenir.
 

Bien sûr cette approche, cette vision est métaphysique et peut rebuter tout être qui ne se pense pas et ne peut penser que ce qui lui est donné de penser. Cependant, au regard d’une autre pensée, il peut penser et juger la justesse de la pensée de l’autre. Et que pensera-t-il de la métaphysique ? Ne pensera-t-il pas que c’est une pensée qui obscurcit plus qu’elle n’éclaire l’être humain. Et il aura raison dans le fond car pourquoi penser ou se penser alors qu’il est plus facile de simplement penser et être. Mais ce qu’il n’aperçoit pas c’est qu’il pense malgré lui et il est plus métaphysique qu’il n’est physique. Pourquoi ? Parce qu’il pense et ne sait pas qu’il fait et simplement et uniquement par la pensée.
 

Et surtout c’est « un être et un avoir et pensée ». Donc un trinôme ou une expression existentielle qui se fait, qui s’opère à trois, et toujours à trois. Un être humain ne peut être simplement être s’il n’a pas l’avoir et la pensée, de même il ne peut être avoir sans avoir son être et sa pensée, de même il ne peut être pensée sans avoir son être et son avoir qui est en quelque sorte sa raison de vivre. Donc l’être humain est un être lié à lui-même et à l’autre malgré lui.
 

Cet aperçu-définition très succinct de l’être humain, et à travers lui, tous les êtres humains, et donc l’humanité entière nous mène à penser le sens de la pandémie Covid-19 qui frappe aujourd’hui le monde. A-t-elle un sens cette pandémie dans l’évolution de l’humanité dans l’histoire ? Surtout qu’elle a imposé, selon les chiffres donnés par les médias, un confinement à environ 4 milliards d’êtres humains.
 

Et on est en droit de s’interroger sur son sens dans l’histoire quand on sait que l’histoire de l’humanité a été une succession constante d’événements qui ont marqué son évolution depuis la nuit des temps. Mais ces événements ne prennent de plus en plus de sens que depuis environ 250 années. Aussi les faits marquants durant cette dernière période ont été essentiellement les guerres, les épidémies, les conquêtes, les catastrophes naturelles, les accords internationaux, les progrès scientifiques, techniques, économiques, démographiques, institutionnelles, bref un processus naturel émanant de l’histoire même de l’humanité.
 

Dans « Enjeux philosophiques de la guerre, de la paix et du terrorisme », l’historien Stéphane Courtois écrit. « Dénonciatrice, accusatrice, la pensée de Bourdieu et de ses nombreux épigones est une pensée de ressentiment. Mais c’est une pensée naïve qui tient que la pire infamie pour un être humain ou un groupe social est d’être guidé par ses seuls intérêts et d’écraser, dominer le reste du monde pour les satisfaire. Le propre de tout conflit humain, c’est que son issue est indécidable. On n’entend par là qu’il n’y a pas d’autre procédure pour rendre compte de cette issue que le déroulement effectif dans l’histoire. Certes l’histoire «  tranchera » - c’est dite qu’elle décidera. Mais, de même jamais un coup de dé n’enlèvera le hasard, jamais les décisions de l’histoire n’aboliront l’indécidabilité propre à la lutte des hommes. De cette lutte, les résultats ne peuvent être déduits d’aucun principe universel, Raison, Nature ou autre. L’issue est en général une différence, celle qui distingue du vainqueur du vaincu – cette différence est toujours arbitraire. De là qu’elle peut toujours être remise en question et éventuellement changer de sens ou de signe, dès lors que le conflit dont elle avait provisoirement stabilisé l’issue repart de plus belle.
 

Si l’on accepte ces prémisses, on voit en quoi consiste le mensonge primordial, le péché originel de toute société humaine : c’est de faire passer les décisions de l’histoire pour les bonnes solutions d’un problème décidable – et cela, tout à la fois en les figeant et en leur donnant un sens. »
 

Que Stéphane Courtois critique Pierre Bourdieu entre simplement dans un débat contradictoire permis par la pensée. Que l’issue des guerres soient indécidables, cela ne peut qu’ainsi, l’homme ne commande pas son devenir. De plus les guerres sont aussi contingentes et ne survient que parce qu’elles sont nécessaires et dans un certain sens métaphysiques. Pourquoi métaphysiques, parce que cela rime avec les principes de contingence et de nécessité qui sont contenus dans l’avènement de la guerre qui est déclarée, et il en va de même pour une crise économique ou politique ou sociale ou à la fois les trois en même temps. De même pour une épidémie devenue une pandémie majeure qui bouleverse l’humanité entière, surtout que celle-ci par son effet foudroyant et son apparition soudaine remet en question toutes les convictions faites sur le sens de la marche du monde. Elle fait comprendre que le monde est très complexe et qu’il faut faire de grands efforts de réflexion pour comprendre la marche de l’humanité.
 

Précisément sur ces mots que nous allons tenter par une vision simple mais fondamentale pour comprendre que la marche de l’histoire de l’humanité réside essentiellement dans la satisfaction des besoins de ce que nous avons défini l’être humain en tant que trinôme dans l’être-avoir-pensée qui lutte pour son existence. Et ce trinôme, par voie de conséquence, concerne l’humanité entière.

 

  1. Premier cycle de guerre des Temps modernes : 1755-1815

 

 L’histoire moderne commence avec la révolution française de 1789. Nous ne restons pas dans les conventions des historiens qui l’ont commencé au XVe et XVIe siècles avec les progrès des grandes monarchies dans le monde, la Renaissance et le début de l’expansion coloniale de l’Europe sur le monde. Un processus naturel que va occuper l’Europe dans la marche du monde et étayé par les caractéristiques propres à l’Europe (démographie, faibles rendements de la terre, famines, guerres hégémoniques permanentes en Europe, volonté de conquêtes de territoires pour la consolidation des monarchies, et expansion coloniale sur le reste du monde). L’Islam a aussi un grand rôle dans l’orientation de l’Europe vers les découvertes du Nouveau Monde.
 

En ces siècles, les alliances entre les monarques européens pour faire poids en face d’autres monarques se faisaient et se défaisaient au gré des intérêts des uns et des autres. Théâtre de luttes entre les grandes monarchies d’Europe qui se targuait de droit divin, pour leurs peuples, les guerres de succession incessantes, les monarques européens avaient tous un lien de parenté pourtant ne cessaient de se faire la guerre. Pourquoi ? La raison est simple, leur être-avoir-pensée les poussait toujours à avoir plus. Et sans ce avoir-plus, leur être ne se satisfaisait pas, et tout passait par leurs pensées qui en fait les commandaient à faire la guerre parce que c’était inné en eux.
 

Pour l’histoire de l’Europe et du monde, la « Guerre de Sept ans » aura été un événement central puisque c’est cette guerre qui débutera, à notre sens, les Temps modernes. Elle changera le cours de l’histoire des monarchies d’Europe.
 

Elle eut pour cause un conflit sur la mainmise des colonies d’outre-mer. Une guerre qui débuta en 1755 dans les colonies et mit en prise les colons français du Canada et de la Louisiane avec les colons anglais des États côtiers de la Nouvelle Angleterre, de Virginie, de Maryland, de Pennsylvanie… Il était de même dans les autres colonies européennes dans les autres continents (Inde, Afrique). Les monarchies se battaient pour arracher les conquêtes des autres. Des luttes donc pour l’hégémonie que leur puissance militaire leur octroyait sur les autres peuples colonisés et les richesses qu’ils retiraient de ces lointaines contrées. Mais cette lutte pour la domination affaiblissait les vaincus. Et c’est ce qui s’est passé pour la France pour qui la guerre qui a duré jusqu’en 1763 a été coûteuse et a eu des répercussions néfastes sur l’économie de la France. Elle a entraîné malheur et misère à la classe paysanne et des artisans, tandis que la classe aristocratique trop fermée et trop couteuse saignait les finances publiques de la France. C’est le Tiers état qui payait cette situation d’extrême inégalité, le poussant dans la pauvreté, le dénuement, la famine et la mendicité.
 

Cette fin de guerre a de particulier est qu’elle a eu lieu alors que s’opérait déjà une mutation des consciences avec les idées nouvelles qui avaient pris naissance en Angleterre, en France, avec le philosophe anglais Locke qui érigeait en dogme la « souveraineté du peuple » basée sur les droits innés de l’homme (droit à la liberté, droit à la propriété). Que le pouvoir politique issu et surveillé par le peuple doit respecter en vertu d’un contrat social. Le libéralisme qu’il énonçait entendait que « Les hommes de l’état de nature étant des propriétaires sont engagés dans des échanges économiques pour subvenir à ce qui leur manque. Le rôle de l’Etat est justement de garantir ces échanges, sans qu’il intervienne dans l’ordre naturel des échanges. Il suit que le pouvoir politique trouve son origine dans le consentement de ceux sur lesquels s’exerce son autorité. Il est au service de la société et exerce son droit de gouverner pour arbitrer et corriger ceux qui tendraient à lui nuire. »
 

 D’autres penseurs, philosophes et écrivains comme Voltaire qui dénonça les abus du pouvoir, Montesquieu qui prôna le régime constitutionnel dans « L’Esprit des lois », Jean-Jacques Rousseau qui réclama le gouvernement par le peuple dans le « Le Contrat social » et des économistes éminents de l’époque tels Quesnay, Turgot, Adam Smith qui jetaient les bases d’une nouvelle Économie politique, sont tous venus marquer cette époque-charnière de l’humanité, marquant le réveil des peuples. Donc un esprit nouveau naissait en Europe et dans les colonies européennes, amenant le premier mouvement révolutionnaire contemporain aux Temps modernes. C’est la proclamation de l’indépendance des États-Unis d’Amérique en 1776, à cette époque les treize colonies anglaises d’Amérique qui, après une guerre contre l’Angleterre, sont parvenus à se libérer de la tutelle britannique coloniale.
 

Donc l’histoire est un cumul d’événements agencés. D’abord les idées nouvelles qui sécrètent une forme nouvelle de penser pour les peuples, l’indépendance des États-Unis d’Amérique en 1776 qui représente une avancée majeure de l’histoire et enfin la misère du tiers état.
 

Ce sont ces trois forces qui vont, par l’« être-avoir-pensée collectif » du peuple français poussé à l’extrême, l’amener à déclencher la « Révolution de 1789 ». Le régime de Terreur qui suit, l’exécution du roi sera le point d’orgue en frappant de stupeur les souverains d’Europe, leur faisant comprendre qu’ils ne sont pas au-dessus de leurs peuples, n’est en fait qu’un processus naturel de l’histoire et entre dans l’avoir du peuple français pour être.
 

C’est précisément ce conflit entre ce vouloir être du peuple français qui passe par l’avoir et un avoir qui ne demande qu’à vivre mais relégué dans la famine qui a poussé ce peuple à combattre pour ces droits humains. En fait ce qui s’est passé pour les monarques dans leurs guerres hégémoniques s’est passé aussi pour le peuple français sauf qu’il ne recherchait pas la guerre mais simplement un minimum de vivre, et non d’être relégué comme un peuple en marge de la nation alors que c’est le peuple la nation.
 

La Révolution de 1789 va changer le cours de l’histoire. Ferment révolutionnaire, elle sera un aiguillon d’espoir pour toutes les peuples du monde. En réalité, c’est l’histoire de l’humanité qui est en train de progresser dans l’œuvre du temps qui la fait progresser dans un devenir sans cesse renouvelé. L’humanité ne peut être ce qu’elle est, elle n’est que par ce qu’elle doit être, i.e. devenir à chaque seconde, à chaque heure, à chaque année, à chaque siècle qui passe. C’est là le secret de la Création dans ce qui a fait l’humain dans son être-avoir-pensée dans l’écoulement du Temps.
 

Et on le voit dans la première coalition de l’Europe qui s’est formée contre la France (1792-1797), pour défendre la monarchie-sœur de la France. Il est évident qu’un pouvoir populaire en France devient un danger pour les monarchies européennes. Il était impératif de rétablir la monarchie en France. Mais l’Histoire-Temps avait déjà tranché, non seulement un stratège en génie militaire allait émerger, un homme inconnu Napoléon Bonaparte allait être celui qui aura à guider un peuple épris de liberté et de dignité et mettre en échec toutes les armées de l’Europe coalisées contre la France. On comprend que si les armées européennes ont été vaincues par l’armée française, et une seule armée, c’est que le désir de combattre dans l’être-avoir-pensée n’était pas le même pour celui qui combat pour la liberté que pour celui qui n’a aucune cause à défendre, sinon de servir les monarques. Un combat pour une cause qui est intrinsèquement à lui et pour lui, et c’est son avoir plus que tout qui fait son être alors que l’adversaire qui combat le fait dans l’indifférence de la cause en tant que celle-ci lui est extérieure, entre dans la servitude, et non dans la conviction de ce être qui est dépassement et sacrifice pour et en soi.
 

Toujours est-il la révolution de 1789 et les guerres napoléoniennes scelleront un nouveau devenir du monde. 

 

 

  1. Des révolutions en Europe aux guerres mondiales. Sortie des peuples d’Afrique et d’Asie de la léthargie coloniale

 
 

La défaite de Napoléon et son internement définitif marque la fin d’une phase de l’histoire. Mais le germe révolutionnaire est planté en Europe. Le programme de reconstitution politique et de remaniements territoriaux par les anciens souverains chassés par la révolution et rétablis sur leurs trônes (Congrès de Vienne en 1815) ne durera qu’un temps. Pour s’opposer à tout mouvement national-libéral en Europe, les grandes puissances monarchiques ont proclamé un principe d’intervention, i.e. pourront recourir aux armes pour rétablir le pouvoir absolu partout où il sera ébranlé. Mais cette sorte de société de secours mutuel qui liait les souverains unis par le pacte de la « Sainte-Alliance » ne pouvait résister aux forces de l’histoire.
 

Un mouvement national-libéral et la liberté de presse en France, acquit de la première révolution, auront joué un rôle essentiel dans la révolution de juillet 1830, entraînant l’abdication du souverain et son remplacement par un nouveau monarque ouvert aux idées libérales pour éviter le « spectre républicain ». Cette révolution fait crouler le chef d’œuvre que fut le Congrès de Vienne. « Même la prise d’Alger par le corps expéditionnaire français, le 5 juillet 1830, ne sauva pas la couronne de Charles X. »
 

 Si la révolution de 1830 n’a pas bouleversé l’ordre absolutiste en Europe, à l’exception du cas belge, une vague de révolutions populaires vont traverser l’Europe et déboucher sur une autre révolution encore plus grave. Le même processus qui revient dans cette horlogerie de l’Histoire. La crise économique et financière de 1846-1847 essentiellement liée à la bulle spéculative sur les chemins de fer, le krach financier qui a suivi, le chômage de masse, les antagonismes, les épidémies, la famine, les idées révolutionnaires, nationalistes, républicaines et le socialisme commençait à travailler les classes ouvrières ont été tous les ferments qui ont provoqué la révolution de 1848. Elle sonna le « Printemps des peuples d’Europe ». Partout en Europe, dans la confédération germanique, dans les pays sous domination de l’Autriche, en Italie… les peuples se liguèrent pour mettre fin à la restauration. Partout l’aggravation de la misère et des problèmes sociaux, les conditions misérables de la classe ouvrière (vie dans les ghettos, bidonvilles) provoquent des soulèvements populaires et des revendications de la souveraineté populaire (suffrage universel).
 

 En 1848, un vaste mouvement de libération secoua l’Italie entière. Les traités de 1815 avaient morcelé l’Italie en petites monarchies absolutistes, l’Autriche en possédait une partie de ses territoires. La même situation existait en Allemagne, le traité de Vienne avait laissé l’Allemagne éparpillé en 39 Etats, vaguement unis en une confédération germanique, administrée par la Diète (Parlement) de Frankfort, sous la présidence de l’empereur d’Autriche et la vice-présidence du roi de Prusse. C’est ainsi qu’en Italie, un mouvement libéral d’opposition au despotisme des monarques se développa parallèlement à l’impatience nationale dans les duchés allemands et en Prusse (le pays le plus puissant de confédération) qui réclamait la création d’une grande patrie allemande.
 

 Une métamorphose de la société s’opérait dans les Etats allemands depuis la révolution française de 1789 et les campagnes napoléoniennes. La campagne de Napoléon qui intégra plus de 120 000 allemands dans l’invasion de la Russie en 1812 été une bonne école pour la formation et la préparation de la future armée allemande. De plus, le libéralisme offrait une base intellectuelle pour l’unification en concurrençant les systèmes dynastiques absolutistes. Et cela allait de pair avec une résurrection littéraire et artistique, l’Aufklaärung, qui marquait dès le début du XIXe siècle l’aurore d’une Allemagne nouvelle. En littérature, Goethe, Schiller, Hegel… et dans les œuvres artistiques Louis van Beethoven, Schubert, Schuman… Une union douanière s’est progressivement instituée entre les Etats allemands préfigurant la future Allemagne. A partir de 1840, l’opinion publique réclama le remplacement du Statenbund (Confédération d’Etats), par un Bundestag (Etat confédéré). Mais le changement ne viendra pas des aspirations politiques, mais des intrigues et des ambitions même des monarques et des guerres qui ont suivi dont les enjeux sont toujours des territoires et des peuples à se partager. Et toujours ce être-avoir-pensée poussé à l’extrême, dans leur soif de puissance des monarques qui, sans le savoir, va les amener à leurs pertes.
 

 Les événements des deux décennies qui ont suivi la révolution de 1848, la guerre de Crimée (1854-1855) et la Deuxième guerre d’indépendance italienne (1859) vont, en instaurant la discorde entre les monarques européens, entraîner des événements déterminants dans ce cycle finissant de Kondratieff (1750-1870. Et l’avènement d’un homme politique allemand, Otto Von Bismarck, qui en exprimera l’essence, dans son célèbre discours au comité du budget de la chambre des représentants de Prusse, le 30 septembre 1862, peu après sa nomination au poste de ministre-président : « Les grandes questions ne se décideront pas par des discours et des votes à la majorité, mais par le fer et le sang. »
 

Bismarck a-t-il eu une vision anticipée et prémonitoire du monde ? La question reste posée. Toujours est-il, dès cette date, l’Europe va commencer sa mutation poussant le cycle de guerres à venir à l’éclatement des empires coloniaux. Quant au reste du monde, face à la suprématie des puissances coloniales européennes, il donne l’impression d’être un monde en léthargie par la colonisation et la domination. Il n’a plus pour lucarne que la vision dominatrice d’une « Europe qui parade sur son destin. » Un temps qui s’est arrêté pour l’Afrique et l’Asie. Va-t-il se libérer et sortir de ce être-avoir-pensée très affaibli ? Et le pouvait-il ? Envahi, colonisé de force, son être-avoir-pensée vu le rapport des forces a fini par abdiquer et accepter son état de colonisé. Cependant d’où va venir le sauveur pour le sortir de sa léthargie coloniale ?
 

Précisément, si le rôle de la France, nations des révolutions, va s’effacer avec la défaite contre l’Allemagne (1870-1871), la guerre se terminant par l’insurrection parisienne, la Commune de Paris qui sera écrasé dans le sang et fit 25 000 morts dans les rangs des Parisiens, la victoire contre la France va propulser l’Allemagne au centre des enjeux qui divisent les puissances européennes. L’Empire allemand né de la guerre (Versailles, 1871) devait périr par la guerre. Mais ce sera l’Allemagne qui, par un détour magistral de l’histoire et, sans le savoir dans sa volonté de puissance, viendra au secours des peuples colonisés. En fait, il faut le préciser, ce n’est pas l’Allemagne mais l’histoire qui fait de l’Allemagne le premier acteur dans la métamorphose du monde. Et elle le montre dans son envol depuis sa réunification en 1870.

 

Depuis sa naissance, son essor industriel, scientifique, culturel, démographique, l’Allemagne rayonna non seulement en Europe mais dans le monde entier. Le pangermanisme, qui a été largement répandu par la littérature, par la presse et par l’enseignement scolaire, est allé jusqu’à vulgariser la doctrine de supériorité de race et de culture du peuple allemand sur les autres peuples. Investi par sa vocation providentielle à rajeunir la civilisation mondiale par la germanisation, son essor est devenu une véritable aliénation, mais paradoxalement aliénant l’aliénation de l’Europe dans la domination de plus de deux tiers de l’humanité.
 

Et cette aliénation va se terminer par deux guerres mondiales qui annihileront les puissances européennes et ouvriront la voie aux peuples d’Asie et d’Afrique, à sortir de la colonisation, au besoin par les armes.

 

Pour cause, le Japon, première puissance militaire en Asie, attaquant tout azimut en Asie colonisant plusieurs pays d’Asie dont la région de la Mandchourie de la Chine, dans la première moitié du XXe siècle, savait-il qu’il allait être nucléarisé deux fois et occupé par une puissance étrangère ? Il est évident que non. S’il savait que Nagasaki et Hiroshima seraient rasés en quelques minutes, il n’aurait jamais commis ces actes de guerre. Mais l’histoire s’est déployée ainsi, les hommes ne sachant pas que dans tout conflit, ou dans toute volonté de déploiement de puissance, l’issue n’est jamais certaine, qu’elle reste du domaine de la contingence et donc indécidable sinon que par l’histoire qui l’a généré.

Donc tout doit être pour être ce qu’il sera parce que cela entre dans les « nécessités de l’histoire ». Ce que l’homme ne pourra intégrer dans son être-avoir-pensée sinon à suivre le cours de l’histoire comme l’histoire l’a configuré. Quoi qu’en pense Stéphane Courtois dans ce qu’il dit ce en quoi consiste le mensonge primordial, le péché originel de toute société humaine : c’est de faire passer les décisions de l’histoire pour les bonnes solutions d’un problème décidable. L’histoire agit l’homme exécute, c’est cela le dépassement de l’homme par l’histoire.
 

Par exemple, les peuples d’Afrique ont-ils voulu être colonisés ? Non, bien sûr. Les souverains d’Europe ont-ils pensé qu’ils allaient découvrir l’Amérique, qu’ils vont la coloniser puis la peupler et y apporter des contingents d’esclaves d’Afrique ? Non, ils ne savaient pas, c’est venu que bien après les croisades et la grande pandémie, la Peste noire qui décima un tiers de la population européenne. L’histoire marche et l’homme suit, il n’y a pas d’alternative.
 

Aujourd’hui même, qui a pensé qu’après seulement trois mois après décembre-janvier 2019, 2020, le monde sera confiné, l’économie mondiale presque à l’arrêt. 4 milliards d’êtres humains confinés selon les médias, par un virus sorti de quelque part dont on n’en sait rien sinon que c’est un virus capable de ravager les populations du monde si des mesures urgentes ne sont pas prises. Là encore c’est l’histoire et toujours l’histoire qui étonne. Et qu’est-ce que l’histoire ? Sinon le sens, la marche de notre existence, de notre devenir dont on ne sait que peu de chose, que l’on saura qu’après être devenu, mais non ce qu’on aura à devenir encore. 

 

 

  1. Le nouvel âge nucléaire élève une nouvelle humanité en rupture avec la précédente
     

 

L’humanité sort fortement éprouvée par la Deuxième Guerre mondiale, en 1945. Des guerres d’indépendance en Afrique et en Asie. Mais le monde a véritablement changé. L’être-avoir et pensée s’est généralisée pour tous les peuples. Tous les peuples du monde veulent mordre à la vie, à l’existence. Deux blocs se sont constitués, le bloc occident sous la houlette des États-Unis et le bloc Est dominé par l’Union soviétique. Si des guerres par procuration vont faire rage entre les deux supergrands, il demeure avant tout que ces guerres par procuration n’auraient pu avoir lieu si les pays où éclataient ces conflits étaient unifiés, et non pas divisés et surtout ceux qui gouvernaient qu’ils soient monarques ou républicains étaient actionnés par leurs protecteurs pour des intérêts en somme partagés.
 

Donc un processus historique transitoire naturel comme ce qui s’est passé, avant la constitution de ces nouveaux pays qui n’ont jamais été véritablement des nations, en Europe avec les guerres. Un processus donc qui devait asseoir progressivement ces nouveaux États.
 

Le monde est entré dans un nouvel âge, l’âge nucléaire. Si la course aux armements nucléaires s’est enclenchée entre les deux Grands, c’est qu’elle était aussi nécessaire pour parfaire l’organisation future du monde. Grâce à l’arme nucléaire, l’arme absolue qui peut raser une ville en quelques minutes et que l’histoire a permise et non l’homme, celui-ci n’étant que le véhicule de la pensée qui lui a fait découvrir et encore qu’en partie les forces absolues qui lient la matière, les astres et les univers galactiques, va bouleverser de fond en comble son existence. Les deux grandes puissances vont se lancer dans toutes les directions pour se créer des arsenaux nucléaires, ce qui passe aussi par la recherche scientifique tout azimut, depuis les vecteurs porteurs, et donc des missiles intercontinentaux, et l’aviation qui sera révolutionné par de avions de grand tonnages infusant naturellement la recherche spatiale et tous les réseaux communicationnels pour commander à l’échelle planétaire ces armes à destruction massive.
 

Et sans que l’humanité s’en aperçoive que ces progrès vont révolutionner son quotidien, au point que l’humanité est de plus en plus en rupture avec les précédentes. Sur tous les plans, tant dans le travail, des loisirs, des vacances, dans les ambitions et les visions de chacun sur le monde. Voyager d’un continent à un autre par avion devient pour les êtres humains tellement normal que l’on ne pense pas même comment ces progrès ont été obtenus et quelles ont été les causes pour que l’humanité arrive à ce stade.
 

Tout devient naturel, comme les ambitions de l’homme pour la conquête spatiale, les voyages interplanétaires deviennent une nouvelle donne humaine. La télévision, les satellites, les centrales nucléaires, Internet, le téléphone filaire de plus en plus remplacé par le téléphone portable, et tant de progrès aujourd’hui et tous viennent du nouvel « âge nucléaire ». Ce ne sont plus des révolutions, les avancées scientifiques, les nouvelles techniques ne sont plus que des actualisations presque annuelles comme le domaine informatique. Le microordinateur des pentiums au Win XP, Win7, Win8, Win10… ou les téléphones portables du 1G, 2G, 3G, 4G, 5G...
 

Nous ne devons pas oublier que tous ces progrès scientifiques, technologiques qui changent le quotidien des hommes viennent de leurs pensées et uniquement de leurs pensées sans même que les hommes sachent que ce sont leurs pensées et qu’ils trouvent tout naturel de profiter des progrès du monde tout en ne s’apercevant pas que leurs pensées ont changé, qu’elles sont en rapport avec leur nouvelle existence. Un formatage qui, à bien d’égard, ressemble au formatage d’un disque dur. Le cerveau évolue avec ce qui l’entoure qui lui-même évolue, et ce qui lui sert de modèle évolue aussi, donc la pensée formate la pensée parce qu’elle est en devenir.
 

Quant à l’âge socialiste, il n’a été qu’une parenthèse historique et même si aujourd’hui des pays se targuent d’être socialistes, ils ne le sont pas compte tenu des phénomènes issus de la globalisation économique, financière, boursière et monétaire. Le régime socialiste pour l’humanité n’a joué que parce que l’histoire que l’homme ne commande pas qui l’a rendu nécessaire. Pourquoi ? Pour contrer le libéralisme occidental qui était construit sur la domination, sur l’emprise et non sur l’émancipation des peuples, le partage des richesses, la pacification, l’égalité des chances. Et c’est ce bloc socialiste qui est venu soutenir les peuples colonisés dans leur guerre contre l’occupant, dans leur guerre pour leur libération. Par conséquent la parenthèse historique du socialisme avait un sens hautement humain, et même aujourd’hui, son dépassement ne pourrait s’opérer que lorsque sa fonction cessera d’être nécessaire. Comme d’ailleurs ce qui s’est passé pour l’ex-Union soviétique. 
 

Cependant, sans que l’humanité prenne conscience, des forces souterraines entrent en jeu, et changent le rapport des forces. Ou plutôt il faudrait dire poussent progressivement à l’égalité de chance entre les peuples. Prenons les Trente Glorieuses, l’Europe s’est reconstruite l’aide du plan Marshall a été double pour l’Europe pour se reconstruire et pour les États-Unis de maintenir l’emploi et ne pas subir une nouvelle dépression économique comme dans les années 1930. Mais moins de trente ans plus tard éclatent des crises monétaires entre les pays alliés. Quelle a été la solution décidable pour dépasser cette mésentente sur le plan monétaire et elle concernait le dollar et les déficits américains qui sont devenus structurels compte tenu des dépenses d’armements et guerre pour endiguer son adversaire, l’Union soviétique ?
 

C’était la structure mondiale telle qu’elle était ressortie après 1945 qui a amené la solution aux crises. Les krachs pétroliers, le pétrodollar et les changes flottants qui ont remplacé le dollar-or et le change fixe du système de Bretton Woods de 1944 n’ont été possibles que parce qu’existait le monde intermédiaire, i.e. le monde arabe et effectivement il a été intermédiaire à la fois entre les puissances occidentales et celles-ci avec ses grands rivaux, les puissances du bloc communiste, essentiellement l’URSS et la Chine.

 

C’est parce que le règlement des importations pétrolières oblige les pays consommateurs des grandes puissances, notamment les grands pays d’Europe et le Japon, d’acheter des dollars US que les États-Unis continuent de répercuter leurs déficits sur le reste du monde. Un privilège exorbitant qui est nécessaire et auquel s’associent les pays d’Europe et le Japon, dans une certaine mesure, en tant que détenteurs des grandes monnaies internationales (livre sterling, yen et franc et deutschemark aujourd’hui composantes principales de l’euro) qui fait fonctionner l’économie mondiale.

 

Et ce privilège exorbitant peu ressenti sur le plan économique mondial a mis le monde arabe sens dessus dessous. Ce n’est pas l’islamisme qui est le problème, sans le pétrole, l’islamisme n’aurait pu émerger. Le problème est donc le pétrole et le dollar. C’est la raison pour laquelle l’Arabie saoudite et Israël sont la prunelle des yeux de l’Occident. Enlevons le pétrole, et l’Occident n’existera plus en Occident, mais en Europe unie, aux États-Unis continentalement d’abord avec le Mexique, le Canada mais étendu certainement aux pays d’Amérique latine.

 

Et le monde arabe serait obligé de changer politiquement, socialement et économiquement. Mais, en attendant le monde arabe a le vent en poupe dans le monde avec les guerres, les tragédies, cela durera encore une décennie, voire moins ou plus, et le pétrodollar et aussi les guerres dans cette région centrale du monde. Mais inévitablement cette situation d’instabilité dans le monde arabe cessera.

 

Donc l’islamisme est plus une arme pour l’Occident que pour les pays arabes. Les monarchies absolutistes la tragédie israélo-palestinienne, syrienne, irakienne, afghane, yéménite, somalienne le doivent d’abord aux problèmes internes déstructurants du monde musulman qui n’arrive pas à s’intégrer ou à donner une réponse au monde mondialisé d’aujourd’hui et surtout des stratégies occidentales ou des pays adverses du bloc Est pour maintenir cette situation rentable politiquement, économiquement et stratégiquement pour les blocs. Mais en histoire aucune situation n’est pérenne. Rome qui régna sur le monde a existé, et n’existe plus. L’empire britannique sur lequel le soleil ne se couchait jamais a cessé d’exister. En clair, c’est l’histoire qui ordonne l’ordonnancement du monde, et cet ordonnancement du monde n’est pas statique mais progressif et changeant en fonction des progrès qui élèvent l’humanité. Et surtout le progrès n’a pas de limite, il est infini et l’humanité ne cessera de se développer et changer. C’est une loi inscrite dans l’essence même de la Nature dont nous sommes une partie.

 

Sur un autre plan, l’émergence de nouvelles puissances économiques entrent naturellement dans ce processus universalisant les forces économiques du monde. Le Japon qui a été un miracle économique le doit surtout à l’émergence de la Chine communiste en 1949 qui a obligé les États-Unis, puissance occupante, de changer ses plans. Et élever le Japon en grande puissance économique pour endiguer une poussée communiste au Japon, ce qui aurait fait tache d’huile sur les autres pays d’Asie. Il en va de même pour Taïwan, la Corée du Sud, Singapour, Hong Kong, et les autres pays d’ASEAN.

 

Là encore c’est l’évolution de l’histoire qui commande la marche des hommes. Elle oblige les puissances à changer le fusil d’épaule pour à être ce qu’ils doivent être et non à être ce qu’ils veulent être et à avoir tout ce qu’ils désirent avoir. La volonté humaine est tributaire des forces de l’histoire. Mais l’homme ne s’aperçoit pas et s’il s’aperçoit, et oublie vite parce qu’au fond c’est l’histoire qui lui masque sa conscience. La conscience ne voit que ce qui est et non ce qui n’est pas, pourtant celui-ci est en puissance d’être. Et c’est là le problème des puissances, elles avancent sans qu’elles pensent qu’en fait « elles sont avancées. »

Et c’est ce qui s’est passé pour l’Union soviétique. 

 

  1. Mutations forcées du monde à la fin du XXème siècle : URSS, Japon et Chine

 

 Ceux qui gouvernaient l’Union soviétique ne pouvaient s’imaginer un instant que les années et les jours même leurs étaient comptés pour leur pays. Inimaginable de penser que la deuxième puissance du monde allait imploser. Et elle l’a été malgré elle, malgré les forces que déploient l’Armée rouge, le Service du renseignement (KGB) un des plus performants du monde, et surtout un peuple foncièrement porté, épris pour les valeurs socialistes, très encadré. Et l’Union soviétique a quand même failli. Elle devait disparaître de la scène de l’histoire. Mais comment cela s’est opéré ?

 

Il faut le dire, des forces éparses ont commencé à s’instituer sur la scène mondiale dès les années 1970 et 1980 que même l’Occident n’a pas pensées, parce que lui-même était pris par le vertige des progrès de l’histoire. Et tout s’est joué sur le plan économique. La guerre étant interdite pour les puissances par le « nouvel âge nucléaire », une pacification forcée du monde par celui-ci et c’est la Raison qui a amené les puissances à la raison, et explique son avènement.

 

Et ces forces éparses ont en fait été ordonnées par les crises monétaires entre les pays alliés. Comme on l’a écrit plus haut, les crises monétaires étaient inévitables entre les puissances occidentales, à l’époque seules meneuses du jeu économique mondiale par la détention des monnaies mondiales. Le privilège exorbitant de l’Occident a suscité une avalanche de masses monétaires créées pour le financement de leurs déficits commerciaux surtout que le dollar US était adossé aux exportations pétrolières des pays OPEP. Et une situation inflationniste est née par ces financements face à un reste du monde qui s’industrialisant devenait un concurrent sérieux pour les économies occidentales. Le Japon et les dragons asiatiques de véritables miracles économiques ont commencé à changer le rapport des forces sur le plan économique mondial.

 

Cette situation inflationniste a imposé à la Réserve fédérale américaine (Fed) d’augmenter le taux directeur d’intérêt court pour éponger les liquidités en dollars dans le monde. Conséquence immédiate, le monde s’est retrouvé plongé du jour au lendemain dans l’« endettement mondial ». Bien entendu, ce sont les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine qui ont subi le choc de l’endettement. L’économie de l’Union soviétique, au début des années 1980, a été florissante. Cette bonne situation financière reposait sur les exportations pétrolières dopées par les krachs pétroliers, des ventes d’or mais aussi des armes. Les réserves de change en monnaies occidentales étaient importantes, placés en Occident par les filiales des banques soviétiques. Le complexe militaro-industriel de l’URSS était un des plus performants dans le monde.

 

Tout était positif pour l’Union soviétique et rien ne laissait paraître un retournement économique. Mais tout commença à se dégrader à partir de 1985. Une grande partie du monde endettée ne pouvait que porter un coup fort au complexe militaro-industriel soviétique. Puis vint le contrechoc pétrolier de 1986. Le prix du baril de pétrole est descendu à 10 dollars. L’atterrissage en douceur du dollar à partir de 1985 dont le taux de change du dollar, en mars 1985, était près de deux fois et demie (un dollar pour 10.111696 francs) le taux de change de janvier 1980 (1 dollar pour 4.037885 franc) a joué très négativement sur l’économie. La dépréciation du dollar – en juin 1989, il était à 6,720781 francs – et n’a cessé de baisser à occasionner des pertes financières considérables à l’URSS. Enfin la guerre en Afghanistan et les dépenses militaires terminèrent le reste.

 

C’est ainsi que, de déficit en déficit budgétaire et des dépenses publiques toujours plus importantes financées par de la création monétaire provoquant une hyperinflation en 1991 ne laissa plus d’alternative au système soviétique, il ne pouvait supporter la crise économique et donc ne pouvait apporter une réponse viable pour maintenir l’empire. D’autant plus que les pays de l’Europe de centrale et de l’Est, membres du CAEM ont déjà fait leur mue, avec la chute du « mur de Berlin » en novembre 1989. La dislocation de l’URSS devenait donc irréversible. L’URSS cessa d’exister le 26 décembre 1991, les 15 républiques recouvrent leur indépendance. La Russie conserve sa suprématie sur les autres républiques et héritent des arsenaux nucléaires. Un nouveau monde est né.

 

La Fédération de Yougoslavie suit, à son tour le processus de dislocation en 1992. Donc tous ces changements préfigurant un nouvel état du monde était en puissance. Et il ne s’arrêtait pas au seul bloc de l’Est.

 

L’Amérique latine a aussi été ébranlée par la crise de l’endettement mondial. Les dictatures militaires soutenues par les États-Unis dans le contexte de la guerre froide ont rendu les armes. Ils ne pouvaient plus offrir la sécurité alimentaire à leurs peuples. Les chars et les mitraillettes ne donnaient pas de pain dont les peuples avaient besoin pour vivre. Et s’ils ne pouvaient vivre, il n’y a alors plus d’État. Les dictatures ont remis le pouvoir aux civils, seuls à même d’apporter une réponse viable aux économies latino-américaines et cela passait par la démocratie, certes balbutiante, mais néanmoins présente.

 

De même le miracle japonais devenu deuxième puissance économique du monde et était en passe de devenir la première puissance mondiale dans les années 1980 a été remis à l’ordre par les puissances occidentales. Là aussi, c’est encore les années 1980, une décennie charnière qui va rebattre les cartes du Japon. Les accords de Plaza, à l’hôtel de Plaza à New York, réunissant les principaux argentiers du monde, essentiellement occidentaux, i.e. les États-Unis, le Japon, l’Allemagne de l’Ouest, le Royaume-Uni et la France, du 22 septembre 1985, ont porté essentiellement sur la définition des taux de change et aussi sur l’atterrissage du dollar en douceur.

 

Si l’objectif des Banques centrales occidentales était d’intervenir pour stabiliser les taux de change de manière concertée, la charge, il faut le dire, a surtout visé le Japon qui, selon le concept de l’être-avoir-pensée, celui du Japon apparaissait trop grand et s’opérait au détriment de l’être-avoir-pensée de l’Occident, dit simplement que l’Occident veut aussi son avoir, ce qui est tout à fait légitime. Le Japon ne peut enregistrer des excédents commerciaux indéfiniment, il devait freiner sa boulimie exportatrice et donc stopper la croissance de ses investissements, en particulier immobiliers, en Occident, surtout aux États-Unis. Un processus de placements tout azimut permis par la puissance économique et financière de ce nouveau Japon menaçant l’économie occidentale.

 

Évidemment, le Japon a un talon d’Achille, sa monnaie, le yen qui est certes une monnaie internationale très puissant achetant tout, mais comme dépendant du parapluie nucléaire américain, a été sommé de réévaluer sa monnaie. En effet, le taux de change du yen est passé de 236,739103 yens pour un dollar US, en septembre 1985, à 128,066785 yens pour un dollar US en décembre 1991. Au mois d’avril 1995, il atteint un record, le taux de change du yen est à 83,841584 yens pour un dollar. Cette hausse du yen japonais a porté un coup très dur à l’économie japonaise qui, fort du taux de change de sa monnaie, en fait négative pour son commerce extérieur, va amener les investisseurs japonais à se porter sur leur commerce intérieur. Jouant comme masque de la décélération économique du Japon sur le plan mondial, la formidable frénésie dans la spéculation immobilière et le marché des actions dans la Bourse Kabucho cho de Tokyo par va provoquer une bulle historique. L’indice Nikkei est divisé par deux entre 1989 et 1990, passant d’environ 38 000 à environ à 17 000. En 2002, il est divisé par quatre par rapport à son niveau de décembre 1989, l’indice est environ à 10 000.

Mais si le monde est endetté, le bloc Est dans la dérive, le Japon en crise, et l’Occident fort sur le plan financier et monétaire procède à une libéralisation mondiale sachant par son privilège exorbitant, il reste toujours dominant. En réalité les forces dans son être-avoir-pensée ne sont positives qu’en apparence, parce que cela se traduit forcément par son inverse, un être-avoir-pensée négatif pour le reste du monde, ce qui n’est pas positif pour l’absorption mondiale. Le monde risque de retomber dans la dépression des années 1930.

 

Il demeure qu’il y a la Chine, l’Inde et même le bloc Est qui se reconstruit, et qui ont besoin de capitaux pour leur relance. Précisément la Chine qui s’est convertie au socialisme de marché et a compris qu’avec la mort de son leader Mao Tsé Toung, il lui est vital de s’intégrer au marché mondial. Mais se convertir au socialisme de marché est insuffisant. Il faut encore des investissements et des entreprises industrielles qui s’installent dans son sol. La Chine n’est pas le Japon de naguère qui était un allié à l’Amérique pour endiguer le communisme. La Chine reste toujours un adversaire de poids à l’Occident. Qui va lui apporter les véritables capitaux et les entreprises industrielles nécessaires à son décollage économique.

 

C’est de nouveau l’histoire, ou plutôt le retour de manivelle de l’histoire. L’histoire en fait est clémente pour l’humanité. Et, pour cela, on peut intégrer les Accords du Plaza à New York. Ces accords qui desservent le Japon et servent l’Occident, vont aussi servir la Chine. Relégué dans une certaine façon par l’Occident pour son excès de son être-avoir, le Japon trouvera une parade idoine pour contourner les mesures prise par l’Occident, c’est d’investir en Chine. Un marché low-cost ne pourrait que servir l’économie japonaise. Sauf que la Chine n’est pas le Bangladesh. C’est ainsi que la Chine est devenue une plateforme mondiale pour les investissements étrangers et en même temps un moteur économique mondial.

 

Il est évident que lorsqu’un pays délocalise ses entreprises à forte intensité de main d’œuvre et qu’il est compétitif sur le rapport qualité-coût dans le commerce mondial, et ferme les entreprises non compétitives des autres pays industrialisés, il est inévitablement suivi. C’est ce qui s’est passé pour le Japon, obligeant les autres pays occidentaux à le suivre d’autant plus qu’ils étaient confiants dans leur détention du pouvoir d’émission des liquidités internationales. Et sans ce sang qui irrigue l’économie mondiale, celle-ci ne pourrait fonctionner. Sauf que le monde n’appartient pas à ceux qui détiennent ce qu’ils pensent le pouvoir financier et monétaire sur le monde. Dans le sens que si l’Occident le détient, il le détient par les forces historiques.

 

Comme d’ailleurs, on le constate dans le cas de la Chine. C’est son avènement en 1949 qui a fait du Japon le miracle japonais comme les autres miracles asiatiques. Ils le doivent à la géopolitique de l’époque. Il était vital pour les États-Unis, et l’Occident tout entier que l’Asie ne devienne pas communiste. De la même façon, le monde ayant évolué, et les craintes du communisme plus surfaites que réelles, la Chine était toujours un pays tiers mondiste, un pays pauvre. Elle constituait d’une certaine façon une bouée de sauvetage pour le Japon, et même pour l’Occident. Ce qui nous fait dire que le miracle japonais et ce retour économique à une norme plus acceptable pour le Japon dicté par l’Occident étaient nécessaires et mais aussi dictés par l’histoire parce que la Chine est aussi un être-avoir-pensée, et doit avoir pour évoluer comme ceux qui l’ont précédée.

 

 

  1. Questionnement sur le monde à venir à l’horizon 2040-2080

 

 Qu’en sera-t-il du monde à venir ? Certes le lecteur restera à sa faim puisqu’l’auteur ne montre pas les pistes à venir de ce qui sera demain et les années 2021 à 2025 sont très proches et sont dans un sens déjà tracées par les forces à venir depuis les années 2000, et les années 2000 déjà tracées par les années 1970 et 1980. Donc il existe un processus de cause à effet irréversible en Histoire, et impossible pour l’homme de revenir en arrière. L’humanité avance dans sa diversité, mais une diversité qui a tendance à s’unifier.

La mondialisation en est un exemple et encore elle dans un stade, et il faut le souligner encore débutant. La vraie mondialisation est à venir. Les grands problèmes qui commandent au monde d’aujourd’hui seront dépassés. L’humanité avancera inexorablement, ses avancées ne viennent pas de son chef, mais des forces historiques sur lesquelles elle n’a aucune prise sinon qu’elles la feront avancer malgré elle.

La pandémie Covid-19 n’est pas venue ex nihilo, elle a un sens humain et certainement aussi grand que la dissuasion nucléaire parce qu’elle imprime non seulement un mode de pensée mais impose le retour sur soi de l’humain. En clair, l’être-avoir-pensée qu’est l’homme ne cherche plus alors qu’avoir non son avoir mais tout simplement son être même qui est menacé.

Pour ne donner que deux exemples, les autorités du Japon qui ont reporté les jeux olympiques à Tokyo à l’été 2021 pourraient ne pas avoir lieu du tout si la pandémie n’est pas maîtrisée d’ici là, comme l’annoncé le comité d’organisation japonais. Ou encore, comme l’écrivent les médias, « des centaines d'Africains dont hommes d'affaires vivant dans le sud de la Chine à Guangzhou ont été expulsés de leur hôtels et appartements au moment où des autorités locales lancent une campagne de tests du coronavirus. Des étudiants qui déclarent qu’ils sont accusés d’avoir le virus ».

Que ce soit le Japon, ou des chinois vis-à-vis des problèmes qu’a provoqué le Corovid-19, la réaction est humaine. Chacun a peur de l’autre. Et c’est naturel que le Japon ne cherche plus les honneurs d’organiser des jeux olympiques si cela va à l’encontre de la santé publique au Japon.

Donc le monde est en train de changer et ce qui est intéressant est ce qui va se passer dans 40 ans, 60 ans. Il est certain que le monde va beaucoup changer. Que seront les problèmes du monde demain, dans quelques décennies. Par exemple, la pandémie d’aujourd’hui reviendra-t-elle ? Et si elle revient, et même sous un nouveau virus, et quel sera l’impact, la question est pourquoi. Surtout si elles plus dévastatrice que la pandémie d’aujourd’hui. Il y a un déterminisme dans le monde et tout a un sens, tout est causal. On ne peut croire que l’humanité évolue au bonheur la chance.

Quand le président américain Donald Trump accuse les Chinois d’avoir créé le coronavirus dans un laboratoire du Wuhan, peut-on admettre cette insertion ? Et même, en supposant que le virus a été créé dans ces laboratoires, les hommes pouvaient réellement créer un virus ? Si le virus est créé, c’est qu’il existait déjà, il n’a pas été créé, l’homme ne créé pas, c’est sa pensée qui est créatrice. Donc une pensée naturelle va entièrement avec ce qui existe en puissance dans la nature. Sauf que l’homme subjugué par son soi croit qu’il créé. Bien sût une telle approche ne peut être prise comme argent comptant par le commun des mortels, mais il n’empêche qu’elle est vraie. Les hommes sont-ils réellement eux-mêmes ?

Par exemple, que sera la Chine dans 40 ans, ou 60 ans ? Les États-Unis aussi qui font face à l’invasion de migrants en provenance des pays d’Amérique latine ? Ou encore l’Europe de l’invasion de migrants d’Afrique et du monde arabe ? Nous ne pouvons oublier que de grandes communautés tant noires ou hispaniques existent aux États-Unis. Et quelle sera leur évolution ? De même en Europe, de grandes communautés africaines noires, arabes, turques existent aussi, la question de l’évolution de l’Europe se pose. D’autant plus que le taux de fécondité et de natalité est très faible pour la population blanche tant aux États-Unis qu’en Europe. Alors qu’elle est forte parmi les nouvelles communautés installées dans les pays occidentaux. Et n’oublions pas le vieillissement de la population blanche et la régénération des générations futures qui n’est pas favorables aux populations de souche en Europe. Et aussi aux États-Unis.

Évidemment, ce sont des problèmes démographiques qui dépassent tout contrôle puisque cette situation est subie et non voulue. Mais demeure d’en comprendre le sens dans 40, 60 ans.

L’Afrique et le monde arabe continueront-ils à exister dans les crises ? Le pétrole et le dollar et les monnaies subsidiaires internationales et le yuan chinois continueront-ils à régner en maître sur le monde ? La Chine deviendra-t-elle la première puissance du monde ? Et si elle le devient, quel sera son statut ? Le yuan remplacera-t-il le dollar ? Ou une monnaie internationale comme le DTS viendra à créer un compromis monétaire mondial ? La Chine, la Russie et le Japon sont aussi menacés par le vieillissement et le faible taux de natalité. Qu’en sera-t-il pour ces grands pays dans l’horizon 2040-2080 ?

Le système communiste chinois restera-t-il toujours aux commandes ? Ou la Chine comme la Russie passeront-t-elles à une véritable démocratie ? La Russie y est, mais c’est encore une démocratie de façade, et c’est normal, vu le temps très court due sortie d’un régime totalitaire.

Est-ce que l’Afrique et le monde arabe ont des chances de sortir de cette situation de dépendance de matières premières et du pétrole ? D’autre part, les générations sont en train de changer et c’est un atout pour ces pays d’autant que ce qui se passe en Occident et dans le reste du monde les concerne.

L’Arabie saoudite, pays féodal, une monarchie absolutiste, a fait de grands progrès en matière de droits humains. L’autorisation de conduire des voitures a été accordée aux femmes, de l’entrée des femmes aux stades et l’Iran a suivi. De même, le régime islamiste d’Iran viendra-t-il à évoluer et à se démocratiser et laisser la religion au peuple ? Dans le sens que l’Islam est une religion qui relie le fidèle à son Dieu, que tout gouvernement ne doit pas faire de la religion un moyen pour prendre le pouvoir. Il ne peut le faire que si l’histoire l’autorise et dans un contexte historique spécifique. En clair, cela signifie que le système politique islamiste en Iran ne l’a été que parce qu’il entrait dans les vues de l’histoire. Comme la Russie tsariste est devenue l’Union soviétique, en 1922, avec pour régime politique un régime communiste. Et quand l’Union soviétique a cessé d’exister, c’est parce qu’elle devait cesser d’exister. Son rôle politique historique dans le concert des nations s’est terminé.

En Arabie saoudite, la flagellation est désormais interdite et commuée en peine d’emprisonnement, d’amende ou travail d’intérêt public. Ce qui est très positif, la flagellation relève d’un régime féodal dégradant pour l’humain. Le système monarchique dans ce pays sera-t-il pérennisé ? De même, pour les autres monarchies ?

Israël va certainement évoluer, il est touché aussi par le problème de la natalité et le vieillissement qui est plus favorable à la population arabe qu’à la population hébraïque. Y aura-t-il deux États, ou un seul État en Palestine ? N’oublions pas que la guerre a fait rage entre la France et l’Allemagne, et sont aujourd’hui véritablement unis dans une même entité, l’Union européenne.

Que deviendra l’Union européenne dans l’horizon 2040-2080 ? S’arrêtera-t-elle aux frontières de l’Ukraine ? Ou englobera-t-elle l’Ukraine ? Et si l’Ukraine est englobé, se posera un problème pour la Biélorussie. Encerclée par la Lettonie, et Lituanie au nord, à l’Est par la Pologne, au Sud par l’Ukraine, sa seule fenêtre est la Russie. Dès lors, un proverbe arabe dit « fais comme ton voisin, sinon tu déménages ». Tout pense à penser que la Biélorussie a toutes les chances de tomber dans le giron de l’Union européenne. Et le Caucase ? La Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan. Et bien sûr la Turquie. Ne perdons pas ce vue que tous les peuples sont avides de démocratie, et à travers elle de compter dans les échiquiers des États, et d’avoir une vie meilleure. Et le progrès de l’humanité souffle dans ce sens, et depuis que l’homme est homme. Il a toujours progressé pour être ce qu’il est aujourd’hui. Et le progrès ne s’arrête pas et entre dans l’être-avoir-pensée des peuples.

Si une situation évolue très favorablement pour l’Union européenne et surtout naturellement, pacifiquement, dès lors, la Russie orpheline, seul rescapé de l’empire soviétique, une population déclinante, aujourd’hui de 145 millions d’habitants ? Qu’en sera-t-elle ? Ce sont à tous ces problèmes du monde à venir portant à son évolution que l’auteur essaiera d’apporter une réponse rationnelle. Le problème n’est pas de faire une prospective, mais de voir où le progrès du monde et surtout les forces historiques qui souvent ne se dévoilent pas et qu’il faut tenter de les dévoiler par la pensée, le pouvoir de la pensée pour comprendre où va l’humanité ? Et c’est cela qui est important de comprendre ce pourquoi nous existons et ce pourquoi nous devenons.

Et l’histoire de l’humanité est riche d’enseignements pour peu que l’on essaie de lier l’histoire des siècles passés à l’histoire de ce siècle dans lequel nous venons d’entrer et déjà combien riche d’événements positifs pour l’humanité. Certes il y a des effets négatifs, mais ils entrent dans les avancées du monde comme l’ont montrées les deux Guerres mondiale en libérant le tiers monde. L’histoire subit une forte accélération comme elle n’a jamais connue. Qu’en sera-t-il demain dans quelques décennies ? Une chose est certaine, l’histoire ne sera pas comme on la voit aujourd’hui. Et l’histoire en témoigne. L’homme du début du XXe siècle s’est-il imaginé ce que serait l’homme du XXIe siècle ? Il en va de même aujourd’hui et dans demain. Que serons-nous ? L’auteur tentera d’y répondre dans un prochain texte.

 

Medjdoub Hamed
Auteur et chercheur spécialisé en économie mondiale,
relations internationales et prospective.

 




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