jeudi 31 mai 2012 - par Cedric Citharel

L’internationale ne sauvera pas le genre humain

Elle est en place, mais ce n’est pas celle qu’on nous avait promise. Si une « internationale » règne en ce moment sur le monde, c’est bien celle de la finance.

D’un autre côté, nous ne devrions pas être surpris. Les membres de ce milieu très fermés peuvent facilement se payer des voyages et maîtrisent mieux les langues étrangères que les populations qu’ils oppriment. Cerise sur le gâteau, ils ont un accès privilégié aux technologies les plus coûteuses et sont mieux équipés pour communiquer.

Ces hommes et femmes, sans foi ni loi, n’hésitent pas à imposer leurs règles. Celles qui leur permettent de faire toujours plus de profit. Ils nous obligent à acheter des éthylotests, des vestes fluorescentes ou même des vaccins.

Ils partent du principe que c’est la production qui offre des débouchés aux produits, et sont prêts à transformer la planète en désert pour fabriquer les biens qui répondront aux besoins qu’ils auront créés pour nous, de toutes pièces.

Ils ne reculent devant aucun sophisme et maîtrisent les rouages de la psychologie de masse. En manipulant les quelques leviers dont ils disposent dans les médias (peur, haine, culpabilité, pitié, envie) ils condamnent des peuples à la misère, à la guerre ou à l’apathie.

Ils mènent une guerre de tranchées. Chacune de leurs victoires (fin de l’étalon or en 1971, interdiction faite aux États d’emprunter à leur banque centrale en 1973, indépendance politique de la banque centrale européenne en 1998…) est consolidée jusqu’à être considérée comme un dogme, puis ils passent à l’étape suivante.

 

Ce monde de la finance n’est heureusement pas tout-puissant. Et sa principale faiblesse réside dans le fait qu’il a besoin de nous. Si ce n’était pas le cas, cela ferait longtemps que nous serions réduits à l’esclavage et subirions le fouet pour travailler avec plus d’ardeur. La seule raison pour laquelle ils nous ont laissés accéder à notre niveau de vie actuel, c’est que nous étions plus « rentables » le ventre plein et dans un logement confortable que le ventre vide et sous une bâche ou à la rue. Hélas, cela risque de ne pas durer.

Malgré leurs assauts répétés pour anéantir notre modèle social et nous faire régresser vers une société dans laquelle les richesses seraient toujours de moins en moins bien réparties, ils ont besoin du peuple, et si ce n’est plus pour ses bras, ce sera pour son intellect ou même son imagination. La résistance reste donc possible.

Ces gens-là, en effet, ne sont motivés que par le profit et ne peuvent rien imaginer qui soit utile à autre chose. Leur force est de tout transformer en or, mais c’est aussi leur faiblesse. Pour laisser émerger des concepts générateurs de richesses, ils doivent tolérer chez leurs esclaves un espace de liberté, et c’est depuis cet espace qui nous est concédé que nous devons agir.

Obsédés par le profit, les affameurs des peuples chercheront le meilleur moyen de faire de l’argent avec ce qui nous servira d’armes. Ce fut le cas avec les réseaux sociaux dans quelques pays du Maghreb, ce sera encore le cas avec d’autres technologies, toutes celles qu’ils ne maîtrisent pas bien, mais qu’ils mettent à disposition du public en échange de quelques deniers.

À tous ceux qui ont choisi le camp adverse à celui de la finance et de la surconsommation, je propose de réfléchir à tout ce que la science et les nouvelles technologies nous apportent pour résister. Que ce soit pour nous libérer de nos chaînes ou pour frapper le système qui nous opprime, toutes les nouveautés, toutes les découvertes et toutes les avancées technologiques doivent être repensées de façon à stopper les assauts du monde de la finance, puis à le faire reculer.

 



10 réactions


  • chapoutier 31 mai 2012 10:08

    La seule raison pour laquelle ils nous ont laissés accéder à notre niveau de vie actuel,
    la seule raison est que les travailleurs se sont organisés avec syndicats et partis, ils se sont constitués en classe sociale et ont arrachés des acquis sociaux. si tel n’était pas le cas, ils n’auraient pas besoin de délocaliser la production en chine où la classe ouvrière n’a aucun droit et subit justement le fouet du capitalisme.
    ils ont besoin du peuple, et si ce n’est plus pour ses bras, ce sera pour son intellect ou même son imagination. mais et surtout pour écouler la production smiley
    je propose de réfléchir à tout ce que la science et les nouvelles technologies nous apportent pour résister pour résister, il faut s’organiser en partis et syndicats pour renverser le capitalisme affameur des peuples


  • J-J-R 31 mai 2012 14:09

    Je partage entièrement votre point de vue Cédric Citharel. Les idéologues de la marchandisation sont les grands gagnant de l’internationalisation de la culture, des échanges, des flux migratoires et de la perte de repère des prolétaires et des autochtones dans les pays où les mondialistes viennent substituer un mode de vie traditionnel, parfois ancestrale, par une harmonisation des besoins et des services. C’est le cas aussi bien dans les pays développés, émergents, en voie de développement ou sous développés. Seules les peuplades, les ethnies vivant hors développement ( du peu qu’il subsiste) sont encore préservées. Ntons que l’internationaliste J-L Mélenchon peut bien mépriser la tradition théocratique du Tibet et se réjouir de son annexion par le régime matérialiste chinois, mais le Tibet était protégé avant annexion du marasme de la marchandisation des esprits d’un peuple en plein désarroi .
    Les autochtones européens enracinés dans une tradition protestataire et subversive ne sont plus à même de résister à une internationalisation matérialiste qui ramène l’Homme à un simple « objet » de consommation. Une immigration massive, incontrôlée et hors continent, pleinement acquise à la société de consommation fragilise de toutes parts les fondations du corps social de résistance à l’oppression. De surcroit en montant les prolétaires selon les origines des uns contre les autres grâce à la redondance de la repentance, de la culpabilisation et l’exacerbation des sentiments de haine..., l’oligarchie accentue la division et conforte sa domination du peuple pour servir sa caste. 


    • efarista efarista 31 mai 2012 23:46

      Les autochtones européens enracinés dans une tradition protestataire et subversive ne sont plus à même de résister à une internationalisation matérialiste qui ramène l’Homme à un simple « objet » de consommation. Une immigration massive, incontrôlée et hors continent, pleinement acquise à la société de consommation fragilise de toutes parts les fondations du corps social de résistance à l’oppression. De surcroit en montant les prolétaires selon les origines des uns contre les autres grâce à la redondance de la repentance, de la culpabilisation et l’exacerbation des sentiments de haine..., l’oligarchie accentue la division et conforte sa domination du peuple pour servir sa caste.

      Oui, on peut imaginer faire gober une belle crise aux peuples. Puis casser tous les systèmes sociaux et autres protections avantageuses des futurs esclaves sous couvert de la dite crise

       .Il faut que tout le monde soit prêt a bouger et a s’expatrier pour gagner sa vie...exemple : le recrutements en France d’infirmières bulgares bien moins payées que les françaises mais tellement plus corvéables puisqu’elles sont a présent expatriées et jouant leur va tout......a l’usage et avec cette méthode démultipliée, il en sera fini des manifestations et autres regroupements sous couvert d’identité nationale. 

      En poussant ce postulat a outrance, on arrive a votre conclusion : , l’oligarchie accentue la division et conforte sa domination du peuple pour servir sa caste.
      Voila qui va leur faire gagner un max et repousser d’autant la révolte des esclaves.

      Ils sont capables de tout envisager, soyons le également.


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mai 2012 19:21

      Une suite est prévue smiley


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mai 2012 23:01

      Nous sommes d’accord sur la situation.

      Vos amis sont sans doute d’accord avec vous sur la situation.
      Il n’empêche que s’il y avait consensus, la droite n’aurait pas un score proche de 50 % à chaque scrutin et tout le monde serait dans la rue...

      Bref, si cet article ne répond pas à vos attentes, je le déplore, mais soyez patient.

    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mai 2012 23:08

      Et pour ce qui est des réseaux sociaux, la localisation des tireurs d’élite sur Twitter est un bon exemple de ce qui peut être fait.

      C’est aussi grâce à la circulation de l’information qu’on a appris que MAM s’apprêtait à envoyer la police française aider son hôte lorsqu’elle prenait ses vacances en Tunisie.

      D’accord avec vous sur l’esprit d’initiative et l’huile de coude. Je suis venu sur Athènes pour voir ce qui s’y passe vraiment et pour y lutter contre cette finance tentaculaire, alors pour ce qui est des moyens, laissez-moi le temps de m’organiser.

      Retour en Europe


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 1er juin 2012 06:32

      Si vous pensez vraiment qu’une majorité de gens (y compris les anciens électeurs de Sarkozy) sont prêts à descendre dans la rue pour changer le système et n’attendent que des leaders efficaces pour passer à l’action, libre à vous. Si je partageais cet avis, je serais en France, et pas en Grèce, en ce moment.

      Le débat qui vient ensuite, sur la nécessité de proposer une alternative « viable » quand on est révolutionnaire, a déjà été abordé par Dostoievski et par Camus (entre autres). Je ne suis pas contre le fait qu’on prenne position, mais je pense que ça mérite au moins un article plutôt que quatre lignes de certitudes dans les commentaires.


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 1er juin 2012 11:58

      Si vous le dites...


      Mais en fait, vous proposez quoi ?

  • efarista efarista 31 mai 2012 23:34

    Bon sujet.
    Aussi interessant que le syndrome du feu rouge.


  • Soi Même 1er juin 2012 09:27

    Nous assistions malheureusement aux conséquences du refus de prendre aux sérieux ce qui est le plus sacré en l’homme. Le spirituel, certes pas ce spirituel issue des confections religieuses, non celui qui replace l’homme dans une attitude cohérente envers les hommes et la nature !
    Car il s’agit bien de cela, car comment l’homme peut’ il, s’opposer à tous cela si il n’a plus sa verticalité, l’espérance, la solidarité des idées qui le nourrir ?
    Car combien d’hommes combattent réellement cette emprise qui appauvrie les hommes, en réalité peut, et dans tous ceux qui se déclarent un adversaire résolue, sont plus sujet à la jalousie d’avoir été exclus du cercles des prédateurs !

    Ce mis par les révolutions, mis par des grandes rhétoriques morales que cela va être combattue, c’est par le courage, l’initiative, l’innovation créatrice de nouveaux rapport sociaux dans des micros structures, par cette détermination à faire autrement que les chose changeront !

    Les choses changes même les formes les plus rigides quand tous le monde ne croient plus dans le système qui à été imposé.

    Je n’es nullement besion de convaicre qui que se soit à cette hypothèse, il suffit de voir touts ces innovation social à travers le monde pour comprendre, que la véritable réponse vient toujours de l’inattendue qui s’empare des hommes à vouloir faire autrement !

    Nous sonnes toujours responsables du modèle qui s’impose par la force, tant que notre veulerie n’est pas reconnue en soi ! Il y a pas en sans désolé on à toujours la possibilité de choisir de faire autrement ! Le veut ton réellement ?


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