L’Orient sous les bombes
2 immenses réservoirs en flammes et des milliers de morts dans les combats entre bandes rivales, un pays qui fut le plus prospère des États africains, littéralement dépecé et rayé de la carte.
C'est le sort de la Libye et au delà, c'est tout l'Orient qui sombre dans la barbarie, tous les peuples et toutes les nations qui sont emportées dans une furie de destruction et de carnage.
Les plans de paix ont toujours préparé de nouvelles guerres et les bombardements ont alterné avec les massacres et les hurlements de terreur des enfants de Gaza répondent à la longue plainte qui monte de l'Irak martyrisée.
Quelque décennies de domination américaine et occidentale sont parvenus à ce résultat admirable, faire de tout l'Orient, du berceau de nôtre civilisation, un champ de ruines, un chaos sanglant de corps et de nations brisées.
Il a fallu pour cela beaucoup de patience et d’efforts, depuis les guerres de Bush, père et fils, contre l'Irak jusqu'à celle de Natanyahou contre Gaza.
Les moyens n'ont pas manqué, la force brutale déchaînée, jusqu'à la constitution de bandes armées fanatiques lancées contre la Libye, la Syrie et l'Irak,comme hier elles étaient lancées contre les troupes russes, en Afghanistan ou en Tchétchénie.
Aujourd'hui, on égorge, on mutile, on décapite, on crucifie, avec une telle sauvagerie que même les prétendus amis de la Syrie se taisent, effarés devant l'ampleur du crime qu'ils ont préparé.
On nous avait parlé de ces armes de destruction massive qu'il fallait détruire et de cette démocratie que les Tomahawks allaient rétablir, ils ont avoué que le crime était fondé sur un mensonge, que leurs preuves étaient fabriqués et en guise de démocratie, ils ont tenté de jeter les peuples les uns contre les autres, dresser un mur de haine entre toutes les composantes de ce qui fut la Nation irakienne.
On nous a présenté les Accords d'Oslo comme des accords de paix,des accords qui établissaient, au moins de manière partielle et sur un territoire limité, les droits nationaux des Palestiniens et tous ont applaudi à ces accords.
Des morceaux de territoires éparpillés, sans la moindre continuité géographique et rongés par l'implantation constante de nouvelles colonies, pas une ville,pas un village qui ne soit cerné par des colonies, d'où l'on puisse entrer et sortir sans passer par un point de contrôle, ni armée, ni monnaie, ni aviation, ni marine, aucun des attributs de la souveraineté et les humiliations quotidiennes, les arrestations, la répression brutale de toute manifestation, voilà le contenu de la Paix d'Oslo.
Pour bien comprendre ce qu'est la réalité de l'occupation, voici l'extrait d'un éditorial publié par le journal israélien Haaretz et cité aussi par JP Barrois dans un article de la revue Dialogue :
Éditorialiste du quotidien Haaretz, Akiva Eldar, écrivait récemment : La compassion d'Israël pour Haïti ne peut pas cacher notre hideux visage à Gaza (...) À un peu plus d'une heure de voiture des bureaux des grands journaux israéliens, 1,5 million de personnes vivent sous siège, sur une île déserte, depuis deux ans et demi. Qui donc se soucie de savoir que 80 % des hommes, des femmes et des enfants vivant si près de nous sont tombés sous le seuil de pauvreté ? Combien d'Israéliens savent que la moitié de tous les Gazaouis sont tributaires de l'aide, que l'opération plomb durci a laissé des centaines de personnes handicapées, que les eaux usées se déversent directement dans la mer ? Les lecteurs des journaux israéliens connaissent l'histoire du bébé tiré des débris à Port-au-Prince. Il en est peu qui ont entendu parler des enfants qui dorment dans les ruines de leur maison à Gaza. Comme les forces israéliennes de défense interdisent l'entrée dans la Bande de Gaza aux journalistes (... ) Les missiles que les avions de combat israélien ont tirés il y a un an ont frappé près de 60 000 maisons et usines, réduisant 3500 d'entre eux à l'état de gravats. Depuis, 10 000 personnes vivent sans eau courante, 40 000 sans électricité. 97 % des usines gazaouies ne fonctionnent pas en raison des restrictions imposées par le gouvernement israélien à l'arrivée de matières premières pour l'industrie. (...) Cet article date de 2009 et il aurait pu aussi bien être daté d'hier...
C'est cette situation qui permet de comprendre le sens des manifestations qui se déroulent en Cisjordanie et en Galilée, manifestations qui ne sont pas seulement des manifestations de soutien au peuple de Gaza écrasé sous les bombes.
Ils manifestent contre la guerre, contre les bombardements et la terreur qui s'abattent sur Gaza, mais aussi contre l'occupation, le vol des terres, la colonisation, les violences des colons, l'enfermement de tout un peuple, par le blocus, par les murs, les barbelés, les postes de contrôle de l'armée qui cernent chaque village et chaque ville de Palestine.
Comme le dit un jeune palestinien :"La seule chose que l'on peut faire, c'est résister, explique Adil à RFI. Il faut résister contre cette vie, c'est aussi simple que ça ! Nous devons faire quelque chose, nous devons changer les choses ici. Nous avons le droit de vivre et toutes les lois en place sont à bannir."
C'est en vérité tout le cadre mis en place par les prétendus accords de paix qui est en train de voler en éclats, accords que la direction palestinienne avait signé avec un pistolet sur la tempe et que tous avaient salués et soutenus.
La brusque sollicitude d'Obama pour les enfants de Gaza ne provient pas d'une compassion soudaine, elle exprime l’inquiétude de devoir faire face à un soulèvement général qui remettrait en cause tout le cadre si péniblement mis en place et dans lequel ils veulent maintenir enfermés les palestiniens.
Quel avenir pour tous les peuples de la région, y compris la population juive d’Israël, si ce n'est le respect des principes fondamentaux de la démocratie, le droit à la paix,à la terre, à la liberté, pour tous les peuples de la région, le rétablissement de la Syrie et de l'Irak dans leur intégrité territoriale, un État commun et des droits égaux pour les chrétiens et les musulmans, le départ de toutes les troupes étrangères et leurs mercenaires.
Pourquoi un avenir commun ne pourrait pas être possible, pour les musulmans, les chrétiens et les juifs, dans une Palestine démocratique et laïque ou les droits de chacun seraient garantis, où chacun pourrait prier, ou ne pas prier librement.
Le Talmud dit que Dieu compte les larmes des femmes et les larmes des femmes juives et palestiniennes ont assez coulé, aucune vie ne mérite d'être sacrifié pour une poignée de colons ou pour permettre aux puissances impérialistes de maintenir leur domination sur la région.
Ensemble, dans la paix, nous pouvons aider à une nouvelle Renaissance de l'Orient, partager nos richesses, nos talents, nos fêtes et les Youyous de nos femmes pour les mariages et les naissances.
Si par malheur, les Palestiniens devenaient un peuple de vagabonds, le pire pour les juifs d’Israël serait d’être devenu un peuple de cosaques.

