vendredi 25 mars 2016 - par Luc-Laurent Salvador

L’union fait la farce

Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux.  Guy Debord

Ce matin, sur France Inter, Patrick Cohen annonçait que la comique Charline Vanhoenacker et toute son équipe seraient présentes à Bruxelles pour animer sur place L’union fait la farce, une émission franco-belge « jouissive et engagée pour prendre le dessus sur le réel », « parce qu’on va pas s’empêcher de rire parce que des imbéciles veulent mourir... ».

Comment, en découvrant cela dans le contexte actuel, ne pas penser à Brazil, ce film délicieux, terriblement grinçant et absolument culte de Terry Gilliam dans lequel est dépeint une société orwellienne et consumériste célébrant continûment la joie de Noël au milieu d’incessants attentats qui légitiment le système totalitaire ?

Comment surtout ne pas penser ici à Guy Debord  ? C’est-à-dire, comment ne pas entrevoir cette annonce comme un magnifique instant de vérité ? Comment ne pas toucher du doigt et même prendre en pleine poire cette « société du spectacle » qui, à tout instant fait dans la compassion à outrance, la contagion émotionnelle [1], l’appel à la solidarité avec son mantra du « tous ensemble » et qui, trois jours après les attentats vient dresser des tréteaux à proximité pour nous faire du grand guignol radiophonique, histoire d’oublier qu’entre-temps nous avons eu droit à des avalanches de mensonges, d’innombrables appels à la guerre et tout autant de mise en cause de l’islam en tant que religion ?

Outre les familles des victimes — celles et ceux qui ne voulaient pas mourir — qui pourraient être légitimement choquées du fait que le rythme des médias écervelés et écervelant [2] leur soit imposé et fasse ainsi obstacle au recueillement et au nécessaire travail de deuil, comment ne pas avoir la nausée face à tous ces élans populaires joyeusement téléguidés via les réseaux sociaux et qui, à l’instar de « Je suis Charlie », sont autant d’appels subliminaires à l’union sacrée sans laquelle aucune « guerre de civilisation » ne serait possible ?

Comment ne pas voir que L’union fait la farce est un titre tellement vrai, sans doute le meilleur possible pour ce qui semble bien être le final de la tragicomédie moyenorientale dont nous sommes tous des figurants plus ou moins complices, à force d’œillères bien placées et de silences déplacés, et assurément victimes vu que, sauf miracle, les nations européennes vont y perdre leur âme, d’une manière ou d’une autre.

Il semble en effet que le spectacle soit dorénavant total, permanent, ce qui veut dire que le mensonge est omniprésent et qu’encore une fois, le vrai n’est plus qu’un moment du faux. Tout semble prêt pour la fabrication d’un mythe, celui de la « bonne guerre » qui, malgré la succession des désastres afghan, irakien, libyen, syrien et j’en passe, nous portera à défendre comme un seul homme notre religion laïco-égalitaro-démocratico-droidelomiste quel que soit le prix, serait-ce celui du sacrifice suprême ou pire, de la destruction de la planète.

A moins que nous continuions à vivre encore quelque temps dans un Brazil au rythme de plus en plus enflammé, non de la samba, mais d’attaques terroristes tellement propices à la mise en place d’un ordre totalitaire — qui, pour être mondial, n’aura cependant rien de bien nouveau tant il ressemblera au Meilleur des mondes.

 

 

[1] Même quand il s’agit de clamer qu’avoir peur, c’est faire le jeu des terroristes !

[2] C’est-à-dire, pour lesquels (il importe qu’)une information chasse (effectivement) l’autre.



52 réactions


  • Alpo47 Alpo47 25 mars 2016 13:44

    D’abord, c’est une erreur, c’est l’Onion qui fait la farce.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 mars 2016 13:54

      @Alpo47

      euh, c’est une blague je suppose ?
      J’ai marché, je suis allé vérifier car très conscient que ça peut m’arriver de confondre les sons !


    • Alpo47 Alpo47 25 mars 2016 16:22

      @Luc-Laurent Salvador

      Bien entendu, c’est une blague (l’union fait la force et l’onion fait la farce)


  • Alpo47 Alpo47 25 mars 2016 13:50

    Ah oui, sinon excellente analyse du « système », commu-nication et mensonges. D’ailleurs P.Cohen en fait complètement partie.


  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 mars 2016 13:51

    En évoquant « le mythe de la bonne guerre », j’ai omis d’en donner la référence, à savoir, le livre éponyme du belge Jacques Pauwels dont on trouvera ci-dessous un conférence édifiante quant au double jeu de ces corporations qui nous gouvernent :
    http://www.dailymotion.com/video/x10hfx_le-mythe-de-la-bonne-guerre_school


  • Jean-Yves TROTARD Jean-Yves TROTARD 25 mars 2016 14:06

     Préface à la quatrième édition italienne de La Société du Spectacle .Guy Debord. Gallimard.


  • Rincevent Rincevent 25 mars 2016 15:11

    De tous les mouvements de Mai 68, les situationnistes et Guy Debord ont été, à la fois, les plus intéressants et les premiers à être « évacués » des mémoires. Je pense que ce n’est pas un hasard, ils avaient posé un regard trop lucide sur ce qui se mettait insidieusement en place.

    Quant à Charline Vanhoenacker (que j’apprécie par ailleurs) c’est bien « the show must go one », dans la droite ligne de l’esprit Charlie : la réponse aux kamikazes c’est s’amuser encore plus en le médiatisant. Quelle analyse percutante et quelle résistance héroïque !


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 mars 2016 15:59

      @Rincevent

      Merci pour ce commentaire avisé !
      J’aurais bien pris à mon compte l’analyse percutante mais comme je ne pense pas atteindre à la résistance héroïque, j’ai supposé que cela ne m’était pas destiné smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 mars 2016 18:00

      @Luc-Laurent Salvador,


       Vous voulez de l’humour belge sans être bruxellois ?
       Le namurois Gui-Home, vous connaissez ?
       Non, Et bien voilà, c’est ici

  • erichon erichon 25 mars 2016 15:40

    Putain de monde de merde ou le compassionnel dégoulinant est devenu la règle , une obligation !

    Putain de monde de merde ou pendant ce temps on tue et assassine tranquillement à l’autre bout de la planète.
    Putain de monde de merde ou l’on décore nos bourreaux 
    Putain de monde de merde ou l’on nous supprime des droits chèrement acquis au nom de la mondialisation
    Putain de monde de merde ou la parole ne veut plus rien dire.
    Putain de monde de merde ou ETC .... 
    Putain de monde de merde arrêtez le, je veux descendre !! 



    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 mars 2016 16:04

      @erichon

      Il me semble que vous êtes un état des lieux très détaillé et tout à fait honnête.
      Néanmoins, comme la part des merveilles de ce monde reste à mes yeux infiniment supérieure à celle de ses désastres, je ne voudrais descendre pour rien au monde.
      Bref, j’attendrai le terminus et je ne suis pas pressé qu’il arrive smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 mars 2016 17:56

      @erichon,


       Là, j’ai aimé...
       Tout est au top.
       La sortie, c’est difficile à trouver, je vous l’accorde.
       Les terroristes téléguidés l’ont-ils trouvée ?
       

  • Hubu Hubu 25 mars 2016 16:10

    Le grand Journal a fait fort hier en invitant un pseudo humoriste Belge à lunette tout simplement pour la création d’une vidéo sois disante drôle.
    Ça relève le degré extrême de déconnexion total de ces gens du monde qui les entoures.

    Il est vrai que l’Europe coule de tout les cotés et la France avec alors il vaut mieux rire et faire la fête et intoxiquer toujours plus les gens.

    Télé PRAVDA vous dit que vous êtes heureux donc c’est que vous être heureux !!


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 mars 2016 16:32

      @Hubu

      Oui, c’est bien ça.
      Comme disait aussi Rincevent, « the show must go on ! », et en bon français « le spectacle continue ! »
      Personne ne sera surpris vu que, déjà, il est continu... smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 mars 2016 17:53

      @Hubu,


       Là, par contre, je ne doute pas... 
       Vous êtes français.
       Quelques fôtes d’ortografs me le disent. 
      On corrige ?.
       « Une vidéo soi-disant drôle »
       « ces gens du monde qui les entourent ».
       « de tous les côtés » (ce n’est plus une erreur avec la nouvelle orthographe)
       « et la France avec elle, »

       Sans rancune, hein. 
       On vous aime smiley


  • Passante Passante 25 mars 2016 16:20

    amusant tour de manège,

    la première page de la soc. du spect. porte bien sur la définition du spectacle - dans son rapport à la séparation 
    là où il y a spectacle, toute union est exclue, où surtout reconstruite sur le meurtre de l’unité pré-spectaculaire, c’est-à-dire pré-séparée

    séparée de tout, de l’autre, du monde, de soi, c’est sans retour
    sauf à trouver un meurtre au-delà, qui surpasserait celui-là même de la farce-en-soi-en-courre,
    c’est difficile mais possible,
    comme un attentat présent et pourtant irreprésentable,
    joli problème, je vais chercher...

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 mars 2016 16:45

      « @Passante
       
      Vous cherchez vraiment à tuer le spectacle par un »meurtre au-delà«  ?
      N’avez-vous pas peur que ce soit le »clou du spectacle«  ? smiley
       
      Pour ma part, je pense que ce qui tue le spectacle est le performatif »Rideau !« 
       
      Etrangement, il s’agirait plutôt de »lever le rideau« ou peut-être, aujourd’hui c’est de circonstance, de »déchirer le voile« .
       
      Quoi qu’il en soit, vos références au meutre me font penser à Girard et je me dis qu’il y a ici une anguille sacrificielle sous roche.
       
      Quoi de plus conforme à l’idée de spectacle qu’un rituel sacrificiel.
      Car dans le sacrifice : » la réalité surgit dans le spectacle, et le spectacle est réel."


  • L'enfoiré L’enfoiré 25 mars 2016 17:44

    Bonjour Luc-Laurent,

     
     J’ignore si vous êtes belge. 
     Et si c’est le cas, si vous êtes bruxellois comme je le suis ;
     L’humour, la dérision, l’auto-dérision est un produit de notre belgitude ;
     Quand on a eu une histoire jalonnée d’invasions de tous nos voisins, et que nous sommes un confetti par rapport à ceux-ci, que pouvons-nous faire d’autre ?
     Nous aimons la zwanse quand on est zinneke.
     Avec un accent du terroir ou du tiroir, cela marche toujours.
     Tant qu’on a du business tout va.
     Oui, nous aimons rire et sourire de tout et de rien.
     On se fout alors du tiers et du quart, comme on dit chez nous ;
      smiley
     

    • L'enfoiré L’enfoiré 25 mars 2016 17:46

      Demain, je sors un billet intitulé « La résilience du 22 mars 2016 »


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 26 mars 2016 07:46

      @L’enfoiré

      Non, je ne suis pas belge, sauf peut-être pour l’humour. Je rate souvent la chute smiley
       
      Je pense comprendre ce que vous me dites, je pense comprendre pourquoi vous le dites (attentats en Belgique, c’est une belge qui fait l’émission et ça se passe à Bruxelles, donc qu’une telle chose se fasse ça fait sens vu ce que vous venez de dire sur l’esprit belge) mais je pense que c’est tangentiel à ce que j’ai tenté d’exprimer.
       
      J’ai voulu pointer la farce monumentale des processus d’ingéniérie sociale (dirait Lucien Cerise) par lesquels on nous manipule pour nous amener à accepter la réalité que « les puissances de ce monde » veulent nous imposer.
      Nous faisons ou entretenons la guerre au moyen orient pour des intérêts tout à la fois énergétiques et stratégiques, en particulier les intérêts d’Israël, nous y fabriquons à cette occasion le terrorisme avec lequel le bon peuple sera martyrisé et conduit ainsi avec son plein consentement à la dictature totalitaire façon Big Brother et surtout à la guerre perpétuée contre l’ennemi et ainsi la boucle est bouclée.
       
      Que cela se fasse avec une telle coopération des comiques chiens de garde ne pouvait pas ne pas faire penser à Brazil et surtout à Debord tant il est évident que nous sommes là dans un spectacle et que c’est notre réalité.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 26 mars 2016 16:42

      @L’enfoiré

      Pas vu votre billet. J’irai voir la modération plus tard. Quant aux vidéos impossible à voir, il semble que ma carte son se soit évaporée. Cela attendra un peu.


    • L'enfoiré L’enfoiré 27 mars 2016 11:21

      @Luc-Laurent Salvador,

       Il est publié depuis hier.
       Cela s’appelle « Résilience du 22 mars 2016 »
       Très personnel, complet avec une vue à 360°, bien entendu smiley

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 27 mars 2016 16:00

      @L’enfoiré
       
      Je vous l’avoue, je suis un peu déçu.
      Je ne sais pourquoi je m’attendais à trouver une thèse.
      Force m’est de constater que je n’ai pas été attentif car vous aviez annoncé un balayage à 360°.
      Ce genre rédactionnel me désoriente et le danger, me semble-t-il, c’est de faire un tour pour rien ou même de tourner en rond.
      Je ne dis pas que c’est le cas, l’aperçu était intéressant, mais décidément, comme les blagues belges, il me manque la chute... smiley


    • JL JL 27 mars 2016 16:27

      @L’enfoiré,

       
       j’ai du me décider à lire votre article qui, parlant de résilience, commence par donner le sens de résiliation.
       
      Une erreur ? L’humour belge ?

    • JL JL 27 mars 2016 16:29

      lire : j’ai du mal à me décider ...


    • L'enfoiré L’enfoiré 27 mars 2016 18:32

      Bonsoir à vous deux,


       Je m’en doutais, mais je ne pouvais pas vous donner mon sentiment au moment de proposer de le lire. Nous partageons une même langue : le français.
       Et pourtant nous sommes TRES différents.
       Nous avons comme je l’ai écrit été envahi par presque tous les pays d’Europe et d’ailleurs (comme les USA).
       Cela a créé un esprit qui pourrait pour vous être considéré comme à côté de la plaque.
       Notre humour est complètement différent.
       Attention, je ne parle pas de toute la Belgique, je parle en tant que Bruxellois et pas comme Liège qui a gardé beaucoup plus d’attache à l’esprit français.
       Savez-vous quel est l’article le plus lu sur mon blog : « L’auto-dérision, un produit de la belgitude ».
       Je vous laisse le chercher...
       Quand on parle, ce n’est pas du soixante-quinze, c’est du septante cinq. Avec votre technique on écrit 60 et puis 15. Les suisses sont encore plus pragmatique puisqu’ils disent octante à la place de quatre vingt. On n’aime pas les additions quand il ne faut pas, par pragmatisme.

       Je viens de voir mon émission préférée sur TV5Monde « Kiosque ».
       Presque toute l’émission était bien sûr consacrée aux événement des attentats de Bruxelles.
       Patrick Roegiers était présent et a très bien parlé de cette esprit frondeur à la belge, une fois.
       Si vous avez un jour l’envie de vous intéresser à nous commencez par lire certains de ses bouquins.

       JL a du mal à se décider. Je comprends très bien, il ne comprendrais pas le fin mot de l’histoire.
       Nous sommes des zinnekes qui aimons la zwanse.
       Ecoutez un jour, « Jules César » du Grand Jojo et vous comprendrez la nuance de conception. C’est presque une chanson de ralliement.
       On ne se lamente pas à tous les coins de rue comme je le vois sur cette antenne en dansant sur un pied puis sur l’autre. Chez nous c’est tout en même temps, sur les deux pieds et en même temps sur les mains puisque nous travaillons à la proportionnelle et pas au dernier vivant tous les biens ;. 
       Oui, la France est un beau pays, mais comme certains Belges arrivent à dire, c’est dommage qu’il y a autant de Français. Si vous n’avez écoutez aucun des podcasts que j’accole dans mon texte, vous n’avez évidemment pas pu l’apercevoir. Faites-le uniquement pour Laurence Bibot et vous comprendrez que le chauvinisme à la belge n’est pas totalement compatible, même si parfois il peut ressembler. 
       Quand j’avais rapporté cela, j’avais pris des précautions bien sûr en disant que j’allais être excommunié.
       Nous sommes cousins, mais pas frères, à part dans les cas comme ceux que nous avons subit comme Paris.
       

    • JL JL 27 mars 2016 19:05

      @L’enfoiré
       

       quoi qu’il en soit, je suis très content de votre participation assidue à ce site qu’est AV.
       
       Bonne soirée.

  • JL JL 25 mars 2016 18:11

    Bonjour LLS,

     
    vous dites : « la « bonne guerre » qui, malgré la succession des désastres afghan, irakien, libyen, syrien et j’en passe, nous portera à défendre comme un seul homme notre religion laïco-égalitaro-démocratico-droidelomiste ... »
     
    Je n’en crois rien : nous ne défendons rien du tout, puisque la guerre en question c’est la leur. Contre nous. Et ce qui en sortira sera tout sauf laïque, égalitaire et démocratique. Le dernier terme me parait superflu ici.

    • JL JL 26 mars 2016 08:21


      @LLS, 
       
      je souscris sans réserves à votre excellent résumé ci-dessus, vous dites : « j’ai voulu pointer la farce monumentale des processus d’ingéniérie sociale (dirait Lucien Cerise) par lesquels on nous manipule pour nous amener à accepter la réalité que « les puissances de ce monde » veulent nous imposer. Nous faisons ou entretenons la guerre au moyen orient pour des intérêts tout à la fois énergétiques et stratégiques, en particulier les intérêts d’Israël, nous y fabriquons à cette occasion le terrorisme avec lequel le bon peuple sera martyrisé et conduit ainsi avec son plein consentement à la dictature totalitaire façon Big Brother et surtout à la guerre perpétuée contre l’ennemi et ainsi la boucle est bouclée. » 
       
      Je suppose que l’ennemi dont vous parlez, ce sont tous les régimes qui ne sont pas sous la houlette de ce Commandement suprême.

       
      Que les comiques collaborent à cette entreprise d’ingénierie sociale, cela ne fait pas de doute : ceux qui ne le font pas sont inaudibles dans les médias. 

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 26 mars 2016 16:51

      @JL
       
      Merci pour ce franc soutien.
       
      « Je suppose que l’ennemi dont vous parlez, ce sont tous les régimes qui ne sont pas sous la houlette de ce Commandement suprême. »
       
      Nous sommes bien d’accord, c’est exactement cela. Et pour les comiques aussi, vous avez raison. Il est clair que les comiques « non alignés » ne passent pas dans les médias et se font même étouffer autant que possible. Suivez mon regard...


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 26 mars 2016 16:55

      @JL
       
      Vu que nous sommes en accord sur le commentaire suivant, je me dis qu’il y a ici peut-être équivoque. De quelle guerre parlez-vous ? La leur ?
      La guerre, jusqu’à preuve du contraire, c’est encore l’occident qui la fait, serait-ce par procuration ou par téléguidage.
      Hitler, Saddam, Ben Laden sont des produits occidentaux.
      Alors qui «  »« fait »«  »" la guerre ?


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 27 mars 2016 00:10

      @Luc-Laurent Salvador
       
      Euh, j’aurais du dire votre commentaire suivant vu que là je réponds au premier.


    • JL JL 27 mars 2016 10:03


      @Luc-Laurent Salvador, 
       
      j’ai peut-être considéré un peu vite qu’il était admis que la guerre en question c’est celle des 1% contre le reste de l’humanité.
       
      Pour ces gens, la plèbe occidentale ne vaut guère plus que les ressortissants des pays non alignés, excepté dans les confrontations militaires - leurs exactions - où nous servons aussi de chair à canon : ils font la guerre aux pauvres, mais leurs ennemis sont les régimes non alignés. Nuance.

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 27 mars 2016 15:47

      @JL
       
      OK, c’est plus clair à présent !


    • JL JL 27 mars 2016 16:30

      @Luc-Laurent Salvador
       

       désolé pour ce quiproquo dont je suis fautif.

  • tf1Groupie 25 mars 2016 21:58

    Le compassionnel c’est pas bien ... et en même temps l’auteur nous en fait des kilos sur la tristesse des familles !
    Et ne pas connaitre les Belges, comme le souligne L’enfoiré, est une première indélicatesse.

    En plus la comparaison avec Brazil est inappropriée, c’est pas gentil d’entrainer ce superbe film dans des divagations très personnelles.

    Allez, on vous laisse à votre nausée.


  • philouie 26 mars 2016 08:44

    La société du mensonge.
    Ce qu’il me semble, mais je peux me tromper, c’est qu’à l’époque de Debord, le spectacle était le moyen par lequel la société mettait en scène le rève d’elle même pour le faire advenir. C’est l’époque uù les hommes marchaient sur la lune, où il y avait les réussites de la médecine, le progrès sans fin.
    On nous vendait du rève.
    Or il y en plus en stock.
    Aujourd’hui on nous vend de la peur.
    Je sais bien qu’à l’époque il y avait la peur du grand méchant Russe, mais le sentiment que j’ai, c’est que dans notre société sans avenir, il n’y a plus que la peur qui puisse maintenir notre cohésion.
    Nous n’avons plus un idéal commun, mais une peur commune et c’est elle qui nous unit.


    • JL JL 26 mars 2016 09:34

      @philouie
       

      « on nous vendait du rêve » est une phrase à double sens, de même que « on nous vend de la peur ».
       
      Disons en effet que, dans un contexte d’ingénierie sociale - si ça n’existe pas, c’est tout comme -, la peur a remplacé le rêve.
       
      Pour moi, la recherche maniaque du profit en est la cause.
       
      De même que le pouvoir absolu rend fou parce que celui qui en dispose ne sait qu’en faire, celui qui dispose de la richesse absolue ne sait que faire d’autre de son argent que de l’argent encore.
       


    • bakerstreet bakerstreet 26 mars 2016 14:50

      @philouie
      Passerions nous de la « storytelling » à la breadking-bad-telling ?...Le problème avec la peur c’est qu’il ne vous transforme pas en consommateur...Bien sûr il y a le marché de la sécurité : Antivols et caméras en europe, et armes automatiques et bunkers aux states sur fond de survivors, mais ça ne va pas loin....Un immense gâchis, bientôt les gens hésiteront à prendre l’avion pour aller nulle part. C’est à vous dégoutter de militer pour Notre dame des landes, et ces projets de touristes ravis, avant qu’ils tombent aux mains des ravisseurs....

      Enfin moi je suis contre ce projet bien sûr. Il me semble que les idées nouvelles n’ont pas besoin d’aéroports gros porteurs de conneries, mais surtout de bénéfices pour areva.... Areva, vinci ...Ils prennent tous des noms de rêves et de nature pour cacher leurs prédations mortifères.
       Renouer avec le rêve, la réassurance des foules, ça ne peut se faire qu’en renouant avec le vivant, le respect de la nature, des projets sur le long terme...Que dirait Debord maintenant ?...Il faudrait qu’il prenne en compte toute cette falsification du vivant, de son avertissement à la société du profit. Une vieille idée qui date des théories de Marx, mais qui a pris un élan étonnant avec l’ouverture des frontières, laminant le pouvoir de contestation des travailleurs. Voilà que je parle comme Marchais maintenant. Je ne sais plus où j’en suis.
      Justement, voilà le problème de beaucoup. Ca donne la désespérance et le gout de la mort à certains. Même plus le gout de s’endetter pour s’acheter une Bm. Juste de quoi prendre un ticket pour la Syrie....Ne pouvoir rouler qu’en vélo est une chance ; vous avez le temps de réflechir avant d’arriver. Sans compter qu’il n’y pas meilleur engin pour vous ramener le principe de gravitation et de gravité, même si les nuages font sens, quand vous roulez cheveux au vent. 

    • philouie 26 mars 2016 15:25

      @bakerstreet
      .Le problème avec la peur c’est qu’il ne vous transforme pas en consommateur.
       
      Cette phrase mériterait d’être justifiée, pour ma part je crois en son contraire.
      Toujours est-il que si l’on en croit Girard, le sacrifice, ou ce que je préfère appeler le « crime rituel », c’est à dire la mort mise en spectacle , est lié à la problématique de la consommation à travers la crise mimétique.
      Il est assez possible que la projection d’images de crime aux téléspectateurs permet de rendre le cerveau disponible aux sirènes des publicitaires.
      Quoiqu’il en soit nous sommes témoin de méthodes de manipulation mentale par l’usage d’images de la violence.


    • bakerstreet bakerstreet 26 mars 2016 15:54

      @philouie
      L’ouverture, la disparition des frontière, de toute protection : Le libéralisme a plus d’un tour dans son sac, et a réussi à sortir cette grosse ficelle de son sac à idées vide : La lutte des classes s’est transformé en luttes entre esclaves. 

      Les règles minimales ont disparu sous le prétexte fallacieux , d’émulation débouchant sur un concurrence saine : C’est la jungle et le poulailler pour un renard libre qui a surgi.
      La peur et le sectarisme sont les composantes de cette nouvelle société : Forcément la peur, la tétanisation, sont les résultants : On ne sera pas étonné qu’on s’oriente vers le religieux et la couleur brune. Les messies font furher !...
      La consommation n’est pas l’avenir de toute façon de l’humanité, juste son principe de conservation et de destruction, comme l’alcool chez un dépendant. La réflexion est courte circuité par une profusion d’images et de messages. La violence a toujours été présente, mais là elle est si multiples, si concomitante à tout principe, toute évolution et tout projet qu’elle ne débouche que sur la folie. 

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 26 mars 2016 17:00

      Philouie

      Non, on nous a toujours vendu la peur de l’ennemi. A l’époque il était rouge et nous menaçait de la troisième guerre mondiale, de l’extinction de l’espèce en somme.

      Le spectacle était là, et bien là. Rien de nouveau sous le soleil de ce troisième millénaire !


    • bakerstreet bakerstreet 26 mars 2016 19:30

      @Luc-Laurent Salvador
      Qu’est ce que c’est le spectacle, sinon la dynamique, l’essence du moteur. La consommation n’est que la dernière forme de l’aliénation religieuse, à l’époque où les supermarché ont remplacé les églises

       Le marché n’a que faire du bonheur, car les gens heureux n’ont pas d’histoire, et ne consomment pas. La peur ne fait que des phobiques elle aussi, des gens centrés sur leur moi, sur leur cassette et leurs acquis. Debord a écrit son bouquin à l’époque où Perec écrivit « les choses », le roman de la soumission au monde marchand, à l’échange, au rêve américain. 
      Tout cela s’est beaucoup lézardé depuis, le monde s’est refermé comme un piège ; nous sommes passés de ’l’enfance insouciante à un mode de vieillards pervers, demandant toujours plus aux images.
       La pornographie est passé du corps des filles sexy, à celles des têtes coupées par Daesh, un raccourci saisissant si l’on peut dire de notre impuissance à servir le modèle issu des lumières.

    • JL JL 27 mars 2016 10:10

      @philouie
       

      « Il est assez possible que la projection d’images de crime aux téléspectateurs permet de rendre le cerveau disponible aux SIRÈNES des publicitaires. »
       
      C’est vrai évidemment, puisque c’est la même autorité qui diffuse les deux, le chaud et le froid, le double bind ; le message est clair : ils - les méchants - en veulent à notre mode de vie, mais nous ne nous laisserons pas faire, nous continuerons de plus belle.

  • bakerstreet bakerstreet 26 mars 2016 11:37

    Que Charline que j’apprécie avec l’air qu’elle envoie dans les tuyaux, ou dirais-je, la musique qu’elle envoie dans le tuba fasse le déplacement à Bruxelles, ne me semble pas être le pire de la récupération. La société se décompose en tellement de strates qu’on n’y voit plus rien de net dans ce théâtre de guignol, appelé « société du spectacle » où un nouvel abruti est arrivé sur la scène avec sa ceinture explosive. Mais c’est un remake, ne vous laissez pas abuser, rien de nouveau en fait : «  »Méfiez-vous des imitations« , un slogan commercial, mais finalement bien plus révolutionnaire et existentialiste que le »debout les damnés de la terre !« plombant, avec son ciel bas qui pèse comme un couvercle sur une boite de pâté avarié. 

    Il faut bien des démineurs, et le rire est une arme que n’ont jamais trop compris les abrutis, aussi démunis et abasourdis, quand le rire tourne autour d’eux, que s’ils apprenaient que les 72 vierges n’existaient pas. Ou que si c’était en fait des cierges qui les attendaient là haut. Méfiez vous aussi des erreurs de traduction !
    Il y a 50 ans on chantait »les copains Debord« , maintenant, c’est par-dessus bord. Rien de très nouveau donc depuis l’histoire du vieux sur la montagne, et ses haschischins-djihadistes. Les livres d’histoire contiennent les meilleures blagues, et sont des sources d’exaspiration, mais aussi d’inspiration...C’est ainsi que marche le monde.... Des comiques troupiers, ces types avec leurs coussins péteurs et leur ceinture michelin de bibundum absolument modernes font c’est vrai un peu trop de bruit, mais enfin ils ont fort affaire avec la concurrence, par exemple cet histoire de »robot raciste« , que j’ai trouvé vraiment désopilante ; disons »poilante", ça fait moins Du Quesnoy....Je sais pas si c’est le meilleur des mondes, mais on approche de la perfection, ne manque que quelques réglages.....Même un robot peut devenir raciste et antisémite

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 27 mars 2016 00:03

      @bakerstreet
       
      Je vous remercie pour vos efforts mais décidément, je ne peux vous suivre.
      Disons que je ne crois pas à ce rire là.
      Car pour moi, le rire est ce qu’il y a de plus noble chez l’Homme, car pour le faire à la Debord, je dirais que le rire, c’est le moment du vrai, (c’est pourquoi il est libérateur).
      Dès lors, rien de plus affligeant que le rire qui participe de la propagande, du mensonge et de la machine de guerre : le rire des comiques « de garde ».
      C’est un peu comme les fleurs, quoi de plus beau ?
      Eh bien quoi de plus triste que d’aller à la guerre la fleur au fusil (pour raser la moustache à Guillaume en croyant qu’en trois semaines ce sera plié) ?
      Nous vivons dans le mensonge jusqu’au cou depuis des lustres. Qu’il est triste le rire qui ne nous aide pas à en sortir !


    • bakerstreet bakerstreet 27 mars 2016 12:38

      @Luc-Laurent Salvador
      Debord a raison, le rire est le moment du vrai, il dégonfle les baudruches, et se moque des gardes à vous qu’il ridiculise, sans avoir besoin de la rhétorique, de démonstration. C’est un raccourci au niveau des synapses, qui brave les interdits, les stops et les feux rouges. Il est léger, critique et insolent. Les paranos avec leur fusil, sont forcément désorientés ! Tous leurs effets et leur vulgate s’effondre comme un chapiteau de cirque !. Chaplin dans le dictateur descend bien plus efficacement Hitler que la plupart l’opposition de traditionnelle, argumentant sous les quolibets. ...Le quolibet est l’humour du parano : Rien à voir avec l’humour, mais avec le cynisme. Je pense que c’est celui dont vous parlez. Dans la même famille, on trouve le mot huées, plaisanteries grasses..Je ne vous fais pas un dessin, mais on est tout près du passage à tabac, du pogrom....Voilà, il y a un moment où vous ne rirez plus et les autres si...Et de vous ou d’un autre sous une forme blessante, humiliante....On passe ainsi du rire noble, salvateur à une caricature, comme un Rubens se changeant en Jerôme Bosh, et ses peintures où le diable se fend vraiment la gueule...

      Il n’aura de cesse que de triompher de l’ange blanc, celui de « Charlie », et je dirais aussi celui de Charline, qui pour le coup ne m’apparaît pas infamante du tout dans l’usage qu’elle fait du genre. Bien au contraire. Et je m’étonne qu’elle soit encore à l’antenne, au vu des précédents d’inter. Mais si être viré peut paraître à certains une forme de consécration, il laisse des auditeurs dans le regret. Les princes les plus intelligents ont toujours été attiré malgré tout par les humoristes et les bouffons, donnant à ces derniers un statut particulier : Celui de leur dire la part de vérité qu’on interdit aux courtisans, un courant d’air indispensable pour saisir l’humeur des temps, et donner un minimum de vie aux plantes. 

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 27 mars 2016 15:50

      @bakerstreet
       
      Vous excellez dans la défense du rire mais vous ne m’enleverez pas de l’idée que nous ne parlons pas de la même chose.
      Quoi qu’il en soit, je vous remercie d’attribuer à Debord ma petite saillie « à la manière de ».
      C’est le signe que vous lui trouvez une certaine qualité.


  • egos 27 mars 2016 23:42

    « Le point culminant de l’offensive du spectacle »


    titre d’un entrefilet consacré à la diffusion d’un portrait en buste dénudé, d’une jeune femme.

    Extrait

    Cette image fut assez remarquée quant elle passa,en octobre 1967, sur la chaîne protestante de la télévision hollandaise. Son directeur, qui se trouve être un ancienprédicateur, déclara que des femmes nues peuvent être très belles« 

    Les exégètes de la pensée morale et spirituelle sauront apprécier les nuances codées du propos qu’un Jésuite ne renierait pas.

    Les pré-supposés à cette déclaration ainsi que les éléments contextuels du sujet restant par ailleurs hors champ de l’analyse proposée.

    S’ensuivent différents développements dont une référence à Clausewitz »le spectacle, au moment outil a poussé si loin son invasion de la vie social, va connaitre le début du renversement du rapport de force.

    Cette société du spectacle généralisé, dont les Stars & idoles ne valent que par leur solvabilité marchande & médiatique, modèle des masses d’individus dont le principal but parait être de se vendre, du moins une image d’eux-mêmes.

    Rien de neuf depuis Socrate.

    La beauté-aittrait * des corps féminins date probablement d’une époque précédent l’apparition de l’écriture, 
    ds un environnement assurément « situationniste » 
    à l’exclusion de certains spécimens échappant à la norme et surtout, de ts temps, aux membres du clergé)

    Qt à Clausewitz, retenons le risque à généraliser ou théoriser ds la précipitation.

    Demeure le mensonge des msm, des organes du pouvoir, des puissants, ns avons connu pire ...


    Revue IS nr 12

     

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