mardi 28 avril - par Luniterre

« La Crise du Covid-19 pour les nuls » : le Coup d’État des Banques Centrales... !

 

 

Tant que du travail vivant est nécessaire à la production, l’échange entre producteurs, même s’il est rendu de plus en plus indirect par le développement structurel du capitalisme, n’en continue pas moins de s’opérer, et continue de constituer une part importante, et même essentielle, de la circulation du capital (Marx, Grundrisse).

 

Le principe même du capital « productif » est que la valeur de la production n’est finalement réalisée que sur le marché, et donc, par la valeur d’échange.

 

Les monopoles industriels qui se sont formés sur cette base depuis le début du 20ème siècle continuent de fonctionner, pour l’essentiel de leur « valorisation », sur ce principe économique. Cela reste le principe économique de base du capitalisme « traditionnel ».

Tant que du travail vivant reste incorporé dans la production, même la concurrence entre groupes de capitalistes industriels reste une forme d’échange entre producteurs. Chaque groupe concourant par sa production à ce qui est nécessaire à la reproduction de la force de travail humaine de l’autre, en répondant ainsi à une partie de ses besoins sociaux.

C’est dans ce sens que le capitalisme monopoliste « traditionnel » n’est pas encore totalement « monopoliste » au sens absolu du terme, et qu’une certaine concurrence continue de jouer un rôle dans l’évolution des forces productives, dans leurs relations économiques.

 

Avec l’automatisation et la robotisation de la production, à mesure que le travail vivant se retire du secteur productif, c’est cette base même de la reproduction et de l’élargissement du capital qui se réduit inexorablement.

C’est la part de l’échange entre secteur productif et non productif, qui augmente, par contre, en volume et en proportion.

D’où la nécessité, pour le capital, d’intégrer au maximum des activités économiques de services au secteur productif, tant en termes de besoins techniques que de méthodes d’organisation du travail.

Néanmoins, l’automatisation et la robotisation du travail gagnent également ces secteurs, et donc le mouvement de retrait du travail vivant s’y poursuit également.

 

A mesure que se développent les moyens de production et d’organisation des services les plus modernes technologiquement, c’est donc toujours la base même de l’« élargissement » du capital qui se réduit inexorablement, faisant une place de plus importante à ses formes « fictives » dont la « valorisation » reste essentiellement spéculative et basée en grande partie sur les fluctuations subjectives des marchés financiers, de plus en plus déconnectés de la réponse aux besoins sociaux, y compris ceux de la part encore existante du travail vivant dans la production.

 

Si, en régime capitaliste, la production ne peut finalement être « valorisée » que par le marché, encore faut-il qu’il se trouve un marché solvable pour l’absorber à un prix permettant une marge bénéficiaire suffisante pour l’élargissement du capital.

Lorsque s’accroît la disproportion entre le nombre de travailleurs employés dans le secteur productif et la masse des salariés hors secteur productif, cumulée avec la masse des inactifs de toutes générations, la masse des besoins sociaux, elle, ne se réduit en aucune manière et la solvabilité des marchés de la consommation, par contre, ne peut que se réduire inexorablement.

Le secteur productif se trouve formellement devoir répondre à une masse de besoins extérieure à lui-même en réalité toujours croissante.

Mais une masse de besoins qui ne correspond à aucune ressource identifiable, en termes de valeur d’échange.

Quels que soient les efforts du capital pour régler sa crise, il ne peut résoudre cette problématique de fond, et la valeur des marchés ne peut que baisser, en termes de solvabilité.

 

Le pouvoir de contrôle que le capital monopoliste « traditionnel » exerce sur les marchés cesse d’être une condition suffisante, tant pour la reproduction élargie du capital que pour assurer la domination de classe de la bourgeoisie. C’est le sens profond de la crise actuelle du capitalisme, et singulièrement, depuis 2008.

 

Ce que montre la pratique du « Quantitative Easing », c’est précisément que le crédit ne suffit plus à restaurer la solvabilité des marchés, parce qu’il ne peut restaurer la circulation du capital dans le secteur productif, faute de capacité suffisante d’échanges, même très indirectes, entre travailleurs productifs.

Le crédit ne peut plus restaurer la rentabilité des capitaux investis dans le secteur productif.

Avec la nouvelle vague de « crédits » débloqués par les banques centrales c’est donc une restauration entièrement artificielle de la solvabilité des marchés qui est en train de se mettre en place. Elle se reconstruit formellement sur la base d’une reprise d’activité économique entièrement sous perfusion monétaire et qui ne crée que des formes limitées et transitoires de valeurs d’échange, et seulement dans la mesure où ce « crédit » circule en fait jusqu’à aussi bas dans l’échelle sociale qu’il est nécessaire pour éviter, précisément, l’explosion sociale définitive du système.

Bien évidemment, un tel « crédit social », n’est en réalité aucunement remboursable en termes de valeur d’échange, et se transforme tout au plus en intérêts remboursés, par les États et les entreprises, directement ou non, aux banques centrales qui en permettent la « création », purement et définitivement « monétaire » et ne correspondant plus à aucune valeur réellement crée par le travail, et pour cause… !

 

A terme, à mesure que le travail vivant se retire de l’activité économique productive, « crédits », « remboursements », et « intérêts » n’ont plus eux-mêmes qu’une valeur purement fictive, celle que lui accordent les banques centrales dans leurs choix de gestion économique et « financière », de plus en plus arbitraires.

Entre la « création monétaire » par les banques centrales et la survie du plus grand nombre la hiérarchie sociale se reconstitue plus ou moins telle qu’avant la crise, mais, qu’elle en soit consciente ou non, que ce soit sa misère relative, son revenu « moyen » ou ses privilèges plus ou moins exorbitants, toute « valeur », toute condition sociale, en ce bas monde d’ « après Covid-19 » n’est redevable de son statut, en dernier ressort, qu’auprès des banques centrales, nouveaux centres du pouvoir réel sur tous êtres et toutes choses.

Face à la masse des besoins sociaux, le pouvoir de domination de la bourgeoisie, ne pouvant plus contrôler ce qui était encore, en quelque sorte, le « monopole des valeurs d’échange », ne peut plus que devenir, par le biais des banques centrales, le monopole absolu de toute valeur d’usage.

 

Tous les « débats démocratiques » que prétend encore mener la bourgeoisie sont définitivement sans objet.

L’expression démocratique authentique ne peut plus être que celle de la révolte du prolétariat, et l’alternative politique révolutionnaire, celle qu’il construira, si, dans la lutte, il retrouve sa conscience de classe

 

Luniterre

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Source :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/26/crise-du-covid-19-le-coup-detat-des-banques-centrales-pour-les-nuls/

 .

Sur le même thème, une analyse plus complète :

Démasqués :

Le nouveau pouvoir des faux-monnayeurs

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/22/demasques-le-nouveau-pouvoir-des-faux-monnayeurs/

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EXTRAITS >>>

« Que chaque nation crèverait, qui cesserait de travailler, je ne veux pas dire pendant un an, mais pendant quelques semaines, chaque enfant le sait. Il sait également que les masses de produits correspondant aux différentes masses de besoins nécessitent des masses différentes et déterminées quantitativement de travail social global. Que cette nécessité de la distribution du travail social dans des proportions déterminées ne peut être abrogée par la forme déterminée de production sociale, mais peut changer seulement son mode de manifestation, c’est une évidence. Les lois de la nature ne peuvent absolument pas être abrogées. Ce qui peut changer dans des États historiquement différents, c’est seulement la forme par laquelle ces lois s’imposent. Et la forme par laquelle cette répartition proportionnelle du travail s’impose dans un État social, par laquelle la relation du travail social se fait valoir comme échange privé des produits du travail individuel, est précisément la valeur d’échange.

La science consiste précisément à établir comment la loi de la valeur s’impose. »

Karl Marx, lettre à Ludwig Kugelmann, 11 Juillet 1868

https://marxwirklichstudieren.files.wordpress.com/2012/11/mew_band32.pdf

[Traduction TML]

*****************************************************

« Comme nous l’explique si bien le Dr. Valérie Bugault, (Dr. en droit… https://youtu.be/AKaXg5755lk ), le chaos apparent de la situation actuelle, et apparemment dû au Covid-19, ne doit en réalité pas grand chose au hasard, même si ses conséquences sont concrètement une fatalité mortifère pour quelques dizaines de milliers d’êtres humains, à court terme, et certainement pour un nombre encore plus grand d’entreprises, à moyen terme, ce qui signifie également, mais carrément pour des millions de travailleurs, la mort sociale.

En tant que mise en œuvre concrète des théories du « chaos constructif » inspirées de Schumpeter et d’autres, il s’agit bel et bien d’une évolution accélérée des processus de gouvernance mondiale du capital financier, et non pas d’un chaos échappant à toute volonté politique cohérente et à tout contrôle de la part des « élites » de la finance mondialisée, et singulièrement, de la finance occidentale.

La question de savoir si le « déclencheur » Covid-19 est lui-même le fruit d’un réel hasard ou non est sans objet, dans la mesure où les élites financières qui conditionnent les politiques mondiales se sont emparées de cette « opportunité » pour donner un coup d’accélérateur brutal à une évolution qui était déjà « dans les tuyaux » depuis plusieurs années, et singulièrement, depuis 2008.[...] »

« [...]Il s’agit donc bien, tant sur le plan financier que sur le plan économique et social, d’une capitulation en rase campagne de l’ensemble des États devant le pouvoir central de la « planche à billets »… C’est à dire, en fait, une capitulation totale et définitive face au pouvoir de l’oligarchie aux commandes des banques centrales.

Et comme il s’agit donc d’argent « fictif », au sens où il ne correspond à aucune valeur nouvelle crée par le tissus économique, mais qu’il s’agit simplement, tant par l’aide aux particuliers qu’aux entreprises, de compenser l’incapacité définitive du système à recréer une dynamique économique endogène, c’est néanmoins, à court terme, par le biais des intérêts de la dette, la part encore restante de valeur créée par le travail qui s’évapore encore davantage hors des économies nationales et même du budget des États, dans les fumées d’un capital financier de plus en plus fictif, et lui-même déjà sous perfusion monétaire depuis 2008.

Progressivement, lentement en apparence, mais de plus en plus rapidement, en fait, par « chocs » successifs comme celui de 2008 et celui que nous sommes actuellement en train de vivre, et à mesure que le travail vivant se retire inexorablement du tissu économique, au « profit » de la dépendance du plus grand nombre comme de la survie des entreprises à ce type de financement, le pouvoir de domination de classe de l’oligarchie aux commandes des « planches à billets » ne pourra que s’étendre encore au point de supplanter, à l’échelle planétaire, toutes les formes antérieures de pouvoir politique et économique.

C’est donc manifestement en ce sens et sous cette forme « discrète » que la fraction la plus « moderniste » de la bourgeoisie entend faire évoluer sa domination de classe, et y compris au détriment d’une partie considérable de la petite et moyenne bourgeoisie, encore animée de velléités « créatrices » dans le domaine économique. En un sens, la « crise du Covid-19 » est à la fois le premier coup d’État à l’échelle planétaire et le coup d’État le plus discret du monde, et encore, pour l’essentiel, ignoré des sujets qui en sont déjà les victimes, immédiatement, dans leurs corps et dans leurs esprits, et durablement, dans leurs intérêts économiques vitaux.

Derrière l’apparent et cynique à l’extrême « sauvetage des corps et des âmes » c’est en réalité une mutation profonde des rapports économiques et sociaux qui est en train de s’opérer sous la houlette d’une fraction presque invisible de l’oligarchie financière qui par « crises » successives prend le contrôle de l’ensemble du système. Ce n’est donc même plus le pouvoir d’une oligarchie financière en quête de bénéfices spéculatifs aussi spectaculaires dans leur démesure que fictifs quant à leur base économique réelle, mais simplement le pouvoir de la perfusion monétaire permanente, qui décide de la vie et de la mort économique et sociale des uns et des autres, des entreprises, des nations, des peuples, des simples citoyens comme de ses kollabos politiques, syndicaux, administratifs, et ne négligeant surtout pas, au passage, de renforcer, verrouiller et assurer ses prérogatives et privilèges.[...] »

 

Démasqués :

Le nouveau pouvoir des faux-monnayeurs

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/22/demasques-le-nouveau-pouvoir-des-faux-monnayeurs/

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Deux échanges à la suite, avec des précisions utiles :

Sur le nouveau pouvoir des « faux-monnayeurs » des banques centrales, quelques observations complémentaires

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/24/sur-le-nouveau-pouvoir-des-faux-monnayeurs-des-banques-centrales-quelques-observations-complementaires/

 

 

 

 

 



19 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 28 avril 10:25

    Excellent.

    Mais ça va faire mal à la tête des moutons migraineux !


  • rogal 28 avril 11:53

    Ce pouvoir mondial que l’oligarchie tenterait d’acquérir, selon vous,

    à l’occasion de la crise sanitaire, que compte-t-elle en faire ? Quelle serait la finalité d’ensemble ?


    • Luniterre 28 avril 12:42

      @rogal

      Les rivalités de pouvoir sont aussi vieille que l’humanité, et très complexes dans leurs motivations directes et indirectes.

      La prise de pouvoir par l’oligarchie des Banques Centrales n’est pas un « putsch » au sens classique de la force brutale s’imposant militairement.

      Le premier tournant essentiel était donc déjà la fausse « sortie de crise » d’après-2008, quand les banques « classiques » ont déjà du être mises sous perfusion monétaire à grande échelle.

      L’injection massive et carrément excessive à l’extrême de liquidités au cours de ces dernières douze années n’a pu être résorbée par le tissu économique apparemment « sauvegardé », ni, encore moins, par la prétendue « reprise ».

      Le pouvoir des banques centrales ne pouvait donc que se confirmer définitivement avec l’éclatement inévitable de la bulle financière reconstituée en 12 ans, et même plus que doublée aux USA !

      Il s’agit donc de la mutation d’une fraction de la bourgeoisie en « oligarchie monétaire », c’est à dire contrôlant l’essentiel des flux de circulation monétaire, tout à fait indépendamment de la valeur générée par le tissu économique.

      Pour survivre, un tel pouvoir doit modeler progressivement la société comme une sorte de circuit intégré, tout à fait dans le style « Big Brother », pour résumer l’affaire. C’est ce que l’on voit se mettre en place, avec cette crise.

      Luniterre


    • rogal 28 avril 14:51

      @Luniterre
      Pour s’en tenir à la question des finalités ultimes, donc sur un plan plus anthropologique qu’économique, votre réponse est « (...) très complexes dans leurs motivations directes et indirectes. ». Y a-t-il des textes dans lesquels Marx, ou des marxistes, tentent de démêler cette complexité depuis leur point de vue ?


    • Luniterre 28 avril 15:38

      @rogal

      Dune part, l’œuvre de Marx est immense et je n’ai pas la prétention d’en avoir une connaissance exhaustive, et d’autre part elle n’est pas à considérer comme un dogme, et, de fait, en un certain sens, Marx en a posé lui-même les limites dès le départ, et même assez précisément, dès les Grundrisse (...Fondations !).

      Marx explore l’évolution des sociétés humaines depuis la formation des relations marchandes primitives, et pas seulement depuis la formation du capitalisme industriel, même si c’est effectivement l’essentiel, en volume, de son œuvre.

      Ce qui règle économiquement les rapports sociaux, bases du pouvoir, c’est la relation entre production et échanges, c’est à dire les rapports de production, qui sont à la base de tous les autres. Ils évoluent donc selon les époques et les modes de production, mais tant que le travail humain productif y a une part essentielle, ils sont sous l’influence de la loi de la valeur, quelle que soit la forme par laquelle elle se manifeste dans les différents modes de production.

      Ce n’est donc qu’avec l’effacement progressif de la part du travail humain dans la production, remplacé par la robotisation, que l’action de la loi de la valeur s’éteint peu à peu et disparaît même complètement, en cas de robotisation totale.

      C’est exactement ce qu’il nous explique dans les Grundrisse...

      Évidemment, vu en 1857, avec l’émergence du mouvement ouvrier, il était donc possible de considérer que cette échéance se produirait dans un monde principalement passé au socialisme. C’est pourquoi il faut comprendre l’évolution des rapports sociaux qu’il nous explique dans ce cadre de l’époque. Néanmoins, le texte n’est absolument pas ambigu concernant les rapports entre cette évolution inéluctable, encore aujourd’hui, concernant l’automatisation de la production, et l’évolution du capitalisme industriel.

      La crise du Covid-19 ne fait que mettre particulièrement en lumière cette problématique, par la politique de « création monétaire » des Banques Centrales, qui rend définitivement impossible tout retour en arrière, non seulement au monde d’« Avant-Covid-19 », mais même au monde d’avant 2007-2008, qui était donc déjà un « monde en sursis » par rapport à cette échéance !

      Luniterre


  • dimitrius 28 avril 12:29

    Va falloir que tu m’expliques pourquoi un pays communiste comme la Chine s’est reconverti en ogre capitaliste pour rentrer des devises et où les salariés travaillent 12 heures par jour 6 jours par semaine et sans protections sociales ni retraite . Le flot d’argent qui rentre est consacré à la puissance militaire et à l’enrichissement des apparatchiks , encore plus dégueulasse que les capitalistes. La France bien que dirigée par un nullard résiste plus ou moins grâce à son amortisseur social , le problème c’est qu’il y a toujours plus de demande et les finances ne sont pas le tonneau des danaïdes et les retraités nantis de ce site chouinent pour une augmentation de la CSG , on veut tout mais rien payer , alors ton ode au système Coco , carres toi le bien profond.


  • Aldo le néophyte 28 avril 18:39

    Bonjour Luniterre.

    La Roumanie, (Ceausescu)

    L’Albanie, (Enver Hoxha)

    L’Union Soviétique, (Staline)

    La Corée du Nord, ( Dynastie Kim)

    Le Vietnam 

    Le Cambodge (Pol Pot)

    La Chine, (Mao, Deng,... Xi)

    Cuba mis à part, tu vois je suis conciliant.

    Que te faut-il de plus ? 

    Franchement je croyais l’espèce éteinte. 

    Ça ne marche pas, et c’est terriblement délétère sur l’humain, et surtout systématiquement mortifère. 

    « la dictature du prolétariat », je pouffe : 

    Le prolétariat cette classe ’A sauver’ qui se métamorphose on ne sait comment en classe « Salvatrice ». 

    Il est où ton prolétariat, aujourd’hui dans une France désindustrialisée ?

    Même les cocos des années 70 en France avaient abandonné cette histoire de dictature du prolétariat. 

    Errare humanum estperseverare diabolicum est.

    C’est le propre des périodes de crises que d’offrir un terrain propice à la résurgence des toutes les idées folles, on assiste alors à la sortie des petits diables de leur boite. 

    Je t’accorde une chose pour le folklore c’est quand même sympa. 


  • pipiou2 28 avril 22:14

    Le marxiste qui cherche sa maison ...


  • Trelawney Trelawney 29 avril 09:06

    Il s’agit donc bien, tant sur le plan financier que sur le plan économique et social, d’une capitulation en rase campagne de l’ensemble des États devant le pouvoir central de la « planche à billets »

    Lorsque l’on parle de finance monétaire, il faut s’abstenir de généraliser. Qui décide de la dette du Japon et de la valeur du yen ? L’état japonais et certainement pas les oligarchies financières japonaises. Idem pour le yuan chinois, le rouble russe, le won coréen et le franc suisse.

    Reste l’euro, le dollar et la livre qui dépendent des décisions des banques centrales


    • @Trelawney

      Ça dépend avant tout de moi, Lolo !

      Isn’it ?

      PS : d’ici demain 06:00, Santa Monica Timeless, t’as intérêt à bosser les transferts NBA veugra, conseil d’âni !


    • Luniterre 29 avril 10:01

      @Trelawney

      C’est bien de chercher à comprendre, mais il faut donc commencer par s’informer sérieusement :
      « Reste l’euro, le dollar et la livre qui dépendent des décisions des banques centrales »

      La Chine, qui est le second pôle mondial de capitalisation financière, derrière les USA, mais loin devant l’UE et la GB, est évidemment également régie par une Banque Centrale, la PBoC.

      https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/coronavirus-la-banque-centrale-chinoise-applique-sa-plus-forte-baisse-de-taux-depuis-2015-1190312

      Ensuite, si vous lisiez l’étude complète :

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/22/demasques-le-nouveau-pouvoir-des-faux-monnayeurs/

      cela vous aidera peut-être à comprendre la différence de rôle et la hiérarchie entre les banques centrales des principaux pôles financiers, et le reste des banques « classiques » et même des autres banques « nationales » (Japon, Russie, Corée, Suisse, etc...), et comment cette hiérarchie évolue avec la présente crise.

      Luniterre


    • Trelawney Trelawney 29 avril 12:05

      @Luniterre

      Où avez vous vu que les décisions de la PBoC étaient prises en indépendance des directives de l’état chinois.
      Lorsque la PBoC réinjecte des liquidités, elle le fait sur ordre du gouvernement chinois. Lorsqu’elle baisse ou relève son taux directeur, c’est aussi sur ordre du gouvernement chinois. Cette politique est identique au Japon, en Corée du sud et dans une certaine mesure au Royaume Unis, au Danemark, en Norvège et en Suède ou les banques centrales sont interdépendantes des états et à l’inverse de la BCE ne sont pas interventionnistes sur le marché des changes.
      Pour résumer les banques centrales décidant sans l’accord des états sont la BCE et la Réserve Fédérale. 
      Si les banques ont un pouvoir certains sur l’économie mondiale (du moins celle de l’UE, des USA et des états dépendants pas la dette)), c’est parce que ce sont nos débiteurs à l’exception comme je le dis plus haute d’états comme la Russie, le Japon, la Corée, la Chine qui eux s’autofinancent


    • Luniterre 29 avril 14:35

      @Trelawney
      Manifestement, vous avez une vision extrêmement simpliste des relations au sein de la bourgeoisie et de l’oligarchie financière, et il semble que vous n’ayez pas lu l’étude complète, ou bien pas compris...

      Le problème n’est pas qui « dirige » qui formellement, mais le sens des flux de capitaux et de la circulation monétaire.

      La Chine ne s’« autofinance » absolument pas, vu que l’accumulation du capital financier s’y opère encore essentiellement sur la base des exportations, d’où la guerre commerciale... ! Informez vous...

      Si vous aviez lu les articles en lien vous comprendriez que le contrôle que la bourgeoisie chinoise exerce sue sa propre monnaie tient donc nécessairement compte de ces flux de capitaux, liés aux exportations. En Chine, effectivement, il y a aussi des « guerres de clans » entre le différentes tendances du capital, même et surtout au sein du PCC.

      Actuellement, en dernier ressort, c’est donc bien la PBoC qui tranche. C’est donc davantage Xi Jinping qui est l’« homme de la PBoC » que la PBoC aux ordres de tel ou tel clan.

      Russie, Japon, Corée, ce sont, des puissances devenues extrêmement secondaires en termes de puissances financières. La Corée et le Japon sont des puissances liées aux flux occidentaux, sinon carrément soumises. Seule la Russie a encore une chance de demeurer indépendante, en termes de développement économique, si elle arrive à ne pas succomber complètement à la puissance chinoise. Mais actuellement, en dépit de sa puissance militaire, sa capitalisation financière est à peine au niveau de celle de l’Espagne.

      Luniterre

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/

      .

      *************************


    • Trelawney Trelawney 29 avril 18:19

      @Luniterre
      Attendez la fin du Covid et allez faire un tour en Chine pour voir comment ça se passe, parce que j’ai comme l’impression que vous êtes à coté de la plaque.

      Depuis Mao, il n’y a pas de familles en Chine. Il y a un pouvoir centrale qui décide de tout. Les chinois peuvent toujours entreprendre et créer leurs sociétés, mais c’est toujours sous le consentement unique du pouvoir communiste.
      L’oligarchie financière chinoise n’a que le droit de se développer sous le contrôle de l’état et pas l’inverse. Et si un oligarque ouvre un peu trop se bouche, il disparait et on ne le revoit plus jamais, comme l’ancien propriétaire de l’aéroport de Toulouse.

      Pour ce qui est du Japon 3ème puissance économique devant l’Allemagne le RU et la France et la Corée 11ème puissance économique devant la Russie et l’Espagne. Ils sont tout sauf secondaire. Et pour ces deux pays, 100% de leur dette est détenue par les habitants, car les pays n’ont pas le droit d’emprunter ailleurs. Ce système fait qu’aucune banque n’a de moyen de pression sur ces deux pays.


    • Luniterre 29 avril 22:20

      @Trelawney

      Bien évidemment, je n’ignore pas la 3ème place formelle du Japon dans la capitalisation boursière, mais très loin derrière la Chine et les USA.

      Elle n’est redevenue ainsi que par le départ de la GB de l’UE.

      Ceci dit, la dette publique du Japon, qui oscille déjà autour de 235% du PIB, va certainement passer le cap des 250% avec la crise actuelle, selon tous les analystes, et selon l’évidence...

      https://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Japon


      L’ « indépendance » que vous lui prêtez du fait que cette dette est majoritairement (mais pas à 100%) détenue par les japonais est une pure illusion, et depuis 2008, la courbe de capitalisation au Japon suit bien exactement la tendance « occidentale », dictée par les banques centrales :

      https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2020/04/nikkei-30-ans.png

      (A noter qu’avant cet « arrimage » à la bulle 2007-2008, cette courbe indique un déclin évident de ce pays, même en regard des autres puissances.)

      https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2020/04/nikkei-6-mois.png

      A comparer avec les graphes équivalents dans l’étude principale :

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/04/22/demasques-le-nouveau-pouvoir-des-faux-monnayeurs/


      Quant à votre « vision » de la Chine, penser que le PCC est un authentique parti communiste qui commanderait à l’ensemble de la deuxième puissance financière mondiale, c’est tout simplement d’une « naïveté » assez risible et prouve simplement que vous n’avez absolument pas étudié ce sujet : que Xi soit actuellement à la tête de la fraction dominante du capital financier chinois ne fait de doute que pour vous et quelques autres « naïfs » réels ou feints, pour des raisons idéologiques tout à fait ridicules aujourd’hui !

      Vous bataillez pour tenter de vous accrocher à votre « vision » particulièrement caricaturale, au lieu de chercher à comprendre les choses dans leur évolution réelle.

      C’est votre problème.


      Luniterre




  • Luniterre 29 avril 09:46

    @Trelawney

    @Aldo le néophyte

    @pioupiou2

    Comme le dit Marx cité en exergue de l’étude complète :

    « La science consiste précisément à établir comment la loi de la valeur s’impose. »

    Karl Marx, lettre à Ludwig Kugelmann, 11 Juillet 1868

    Le problème de l’analyste marxiste n’est donc pas de décerner des « labels » de socialisme, communisme ou autre, mais de comprendre les formes que prend concrètement la loi de la valeur avec l’évolution des différentes politiques mises en œuvre.

    Pour l’URSS, il y a cette étude :

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/


    Pour la Chine, l’évolution actuelle est abordée ici :

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

    Mise à jour dans le contexte de la « guerre économique » :

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee/

    Sur l’évolution du système monétaire chinois :

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/10/03/entree-historique-du-yuan-aux-dts-du-fmi-ou-le-bal-des-diables-boiteux/


    Ceci dit, ni l’URSS ni la Chine, bien que se réclamant de l’idéologie communiste, n’ont jamais prétendu avoir atteint ce stade de développement économique et social.

    Ces deux pays se sont par contre réclamés du socialisme qui est, en termes de prospective marxiste, une phase de transition entre capitalisme et communisme.

    Concrètement, cela doit donc signifier dans leur développement économique des éléments de rupture avec le capitalisme, fondé sur l’économie de marché.

    La Chine actuelle se réclame ouvertement de l’économie de marché, et même si elle y accole le vocable « socialiste », cela en fait donc un oxymore, et la réalité du terrain nous indique clairement ce qu’il en est : une forme très moderne de capitalisme financier.

    La Chine du temps de Mao était déjà une dictature nationale bureaucratique, tout comme le Vietnam et le Cambodge à la même époque.


    Le Vietnam « moderne » suit la voie actuelle de la Chine.


    En URSS, malgré les difficultés et les dérives qui l’ont finalement perdu, il y a eu incontestablement des éléments de socialisme qui ont été mis en place, et de façon suffisamment durable pour être restés dans la mémoire collective et expliquer le regain actuel relativement puissant de « nostalgie » dans la culture russe moderne.


    Il est également possible que des éléments de socialisme aient survécu à Cuba, qui expliquent la solidité relative du régime castriste.


    La RPDC (Corée du Nord) est une dictature nationaliste bureaucratique survivante de l’époque des luttes nationalistes d’après-guerre, dans le cadre de la « guerre froide ». Y reste-t-il des éléments de socialisme ? Franchement, je n’en sais rien, faute de documentation suffisante.


    Il ne s’agit donc pas de décerner des labels, mais de faire le bilan des expériences concrètes pour en tirer les leçons qui peuvent être encore utile et construire une alternative correspondant aux conditions économiques actuelles, et surtout, telles qu’elles sont en train d’évoluer avec la présente crise.


    Luniterre


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