mardi 5 mars - par Sayed Hasan

La France de Macron, avant-garde de l’odieux amalgame entre antisionisme et antisémitisme

Par Jonathan Cook, 27 février 2019.

Source : https://www.jonathan-cook.net/2019-02-27/france-macron-zionism-antisemitism

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.com

Juifs orthodoxes de Jérusalem brûlant le drapeau d'Israël, et revendiquant le démantèlement de cet Etat.

On peut mesurer à quel point l’attitude de la communauté internationale à l’égard d’Israël s’est complètement inversée au cours des cinquante dernières années en étudiant le sort d’un simple mot : « sionisme ».

En 1975, lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le monde entier se dissociait de la position des États-Unis et de l’Europe pour déclarer que le sionisme, l’idéologie fondatrice d’Israël, « est une forme de racisme et de discrimination raciale ».

Les publics occidentaux ont en général été choqués par ce vote. Le sionisme, leur avait-on dit et répété, était un mouvement de libération nécessaire pour le peuple juif après des siècles d'oppression et de pogroms. Sa création, Israël, était simplement le redressement de terribles torts qui avaient culminé dans les horreurs de l’Holocauste.

Mais le sionisme semblait très différent aux yeux des pays du monde qui avaient été exposés à des siècles de colonialisme européen et à l'avènement plus récent de l'impérialisme américain.

La longue histoire de crimes contre les Juifs qui a conduit à l’établissement d’Israël s’est principalement déroulée en Europe. Et pourtant, c’est l’Europe et les États-Unis qui ont parrainé et facilité l’arrivée de Juifs dans la patrie d’un autre peuple, loin de leurs propres côtes.

Aux yeux des pays du Sud, les grandes purges de Palestiniens indigènes menées par les Juifs européens en 1948 et en 1967 ne faisaient que rappeler la purification ethnique menée par des Européens Blancs contre des peuples autochtones aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud.

Un anachronisme colonial

En 1975, au moment du vote de l'ONU, il était clair qu'Israël n'avait aucune intention de restituer aux Palestiniens les territoires occupés qu'il avait saisis huit ans plus tôt. Bien au contraire, Israël renforçait l'occupation en transférant illégalement sa propre population civile dans les territoires palestiniens.

Sur une grande partie du globe, ces colons juifs ressemblaient à un anachronisme, une réminiscence des « pionniers » Blancs se dirigeant vers l'ouest à travers les terres prétendument vides des États-Unis ; des fermiers Blancs qui accaparèrent de vastes étendues de l'Afrique du Sud et de la Rhodésie comme leur propriété privée ; et des nouveaux venus Blancs qui ont parqué les résidus des peuples autochtones de l’Australie dans des réserves ou les ont transformés en un spectacle de foire dans leurs sites touristiques.

La résolution de l’ONU affirmant que « Le sionisme est une forme de racisme » a duré 16 ans – jusqu’à la chute de l’Union soviétique et l’émergence des États-Unis en tant que seule superpuissance mondiale. Après de nombreuses intimidations et pressions diplomatiques de la part de Washington, comprenant la promesse qu'Israël s'engagerait dans un processus de paix avec les Palestiniens, la résolution 3379 a finalement été révoquée en 1991.

Des décennies plus tard, le pendule a basculé de manière décisive dans l'autre sens.

Les élites américaines et européennes ont quitté leur position défensive d’autrefois qui affirmait que le sionisme n’est pas du racisme. Maintenant, ils sont passés à l’offensive. Ils présument que l'antisionisme – la position de la majorité de la communauté internationale il y a 44 ans – est synonyme de racisme.

Ou plus précisément, il est de plus en plus admis que l'antisionisme et l'antisémitisme sont les deux faces d'une même pièce.

Système de type Apartheid

Cette tendance s’est consolidée la semaine dernière lorsque Emmanuel Macron, le Président français centriste, est allé plus loin que la simple réitération de sa confusion entre l'antisionisme et l'antisémitisme. Cette fois, il a menacé d'interdire l'antisionisme en le pénalisant.

L’amalgame de Macron entre antisionisme et antisémitisme est manifestement absurde.

L'antisémitisme fait référence à la haine des Juifs. C'est de la bigoterie et de l’intolérance, purement et simplement.

L'antisionisme, en revanche, est une opposition à l'idéologie politique du sionisme, un mouvement qui a insisté sous toutes ses formes politiques pour donner la priorité aux droits des Juifs à une patrie par rapport à ceux, les Palestiniens, qui y vivaient déjà.

L'antisionisme n'est pas un racisme contre les Juifs ; c'est une opposition au racisme des Juifs sionistes.

Bien sûr, un antisioniste peut aussi être antisémite, mais il est plus probable qu’un antisioniste professe sa position pour des raisons pleinement rationnelles et éthiques.

Cela a été rendu encore plus clair l’été dernier lorsque le Parlement israélien a adopté une loi fondamentale définissant Israël comme l’État-nation du peuple juif (PDF). La loi affirme que tous les Juifs, même ceux qui n’ont aucun lien avec Israël, y jouissent d’un droit à l’autodétermination dont tous les Palestiniens sont privés, y compris le cinquième de la population israélienne qui est palestinienne et détient la citoyenneté israélienne.

En d'autres termes, la loi crée deux statuts en Israël – et, de manière implicite, dans les territoires occupés également – sur la base d'un système de classification ethno-religieux imposé qui octroie à tous les Juifs des droits supérieurs à tous les Palestiniens.

Sur le plan constitutionnel, Israël applique explicitement un système juridique et politique assimilable à celui de l’Apartheid, un système encore plus complet que celui de l’Afrique du Sud. Après tout, les dirigeants sud-africains de l'Apartheid n'ont jamais prétendu que leur pays était la patrie de tous les Blancs.

Criminaliser BDS

La menace de Macron d'interdire l'antisionisme est le prolongement logique des mesures existantes en Europe et aux États-Unis visant à pénaliser ceux qui soutiennent BDS, le mouvement croissant de solidarité internationale avec les Palestiniens qui appelle au Boycott, au Désinvestissement et à des Sanctions contre Israël.

De nombreux membres du mouvement BDS, mais pas tous, sont antisionistes. Une proportion d'entre eux est constituée de Juifs antisionistes.

Le mouvement non seulement saute par-dessus les décennies de complicité des élites politiques occidentales à l’oppression des Palestiniens par Israël, mais souligne l’ampleur de cette complicité. C’est une des raisons pour lesquelles il est tellement honni par ces élites.

La France est allée plus loin que tous les autres dans cette direction en criminalisant BDS en tant que forme de discrimination économique. Elle assimile ainsi un État, Israël, à un groupe ethnique, les Juifs, exactement comme les antisémites.

Une telle législation a autant de sens que la France interdisant, dans les années 80, le boycott de l'Afrique du Sud de l'Apartheid au motif qu'elle constituerait une discrimination à l'égard des Blancs.

Les lobbyistes israéliens en action

La France, cependant, est simplement en tête de ce mouvement. Aux États-Unis, quelques 26 États ont promulgué des lois punissant ou sanctionnant les individus et les organisations favorables au boycott d’Israël. Une législation similaire est en cours de promulgation dans 13 autres États.

Aucun d’entre eux ne semble préoccupé par le fait de violer les droits Américains si précieux garantis par le Premier Amendement, et de faire une exception au droit à la liberté d’expression dans un cas seulement – celui d’Israël.

Ce mois-ci, le Sénat américain s'est joint à la mêlée en adoptant un projet de loi incitant les États à infliger des sanctions économiques aux personnes qui soutiennent le boycott d'Israël.

Ces victoires contre le mouvement non-violent BDS sont le résultat des efforts vigoureux et malveillants déployés dans les coulisses par les lobbyistes israéliens pour assimiler l'antisionisme et l'antisémitisme.

Alors que la position d’Israël aux yeux des publics occidentaux s’est effondrée avec l’avènement des réseaux sociaux, avec la diffusion d’innombrables vidéos de la violence perpétrée par l’armée israélienne et les colons filmées par les caméras des téléphones portables, et la famine imposée à Gaza par Israël, les lobbyistes pro-israéliens ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour qu’il soit de plus en plus difficile de dénoncer Israël.

Redéfinition de l'antisémitisme

Leur coup d’Etat a été la récente acceptation généralisée en Occident d'une redéfinition de l'antisémitisme qui le confond volontairement avec l'antisionisme.

Les empreintes digitales d’Israël maculent les travaux de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Il n’est donc guère surprenant que la définition longue et vague de l’antisémitisme élaborée par l’IHRA ait été complétée par 11 exemples, dont 7 se rapportent à Israël.

Un exemple, affirmant qu’Israël est une « entreprise raciste », suggère que les 72 États membres de l’ONU qui ont voté pour la résolution de 1975 intitulée « Le sionisme est une forme de racisme », de même que les 32 États qui se sont abstenus, ont eux-mêmes épousé –ou fermé les yeux sur – l’antisémitisme.

Les gouvernements occidentaux, les autorités locales, les partis politiques et les organismes publics s’empressent maintenant d’adopter la définition de l'IHRA.

Le résultat a été une peur croissante au sein des publics occidentaux à propos de ce que l’on peut encore dire sur Israël sans susciter des accusations d’antisémitisme.

C'est bien là le but. Si les gens ont peur que d’autres pensent qu’ils sont antisémites parce qu’ils ont critiqué Israël, ils se tairont, laissant à Israël une plus grande marge de manœuvre pour commettre des crimes contre les Palestiniens.

Le trope de la « haine de soi juive »

Si Macron et l'IHRA avaient raison –à savoir que l'antisionisme et l'antisémitisme seraient indistincts–, nous aurions alors à accepter des conclusions très gênantes.

L'une serait que les Palestiniens soient systématiquement condamnés comme antisémites car ils revendiquent leur propre droit à l'autodétermination. Autrement dit, il serait impossible pour les Palestiniens de revendiquer les mêmes droits que les Juifs dans leur propre pays sans que cela soit déclaré raciste. Bienvenue à Alice de l'autre côté du miroir.

Une autre conclusion serait qu’une proportion importante de Juifs à travers le monde, ceux qui s’opposent à l’auto-définition d’Israël comme « Etat juif », sont également des antisémites, contaminés par une haine irrationnelle de leurs semblables Juifs. C’est le trope du « Juif qui se hait lui-même » sur lequel Israël s’appuie depuis longtemps pour discréditer les critiques émises par des Juifs [Noam Chomsky, Norman Finkelstein, Shlomo Sand, etc.].

De ce point de vue, les Juifs qui veulent que les Palestiniens jouissent des mêmes droits que ceux que les Juifs revendiquent pour eux-mêmes au Moyen-Orient sont racistes – et pas seulement cela, mais racistes contre eux-mêmes.

Et si les efforts de Macron pour criminaliser l’antisionisme s’avéraient fructueux, cela signifierait que Palestiniens et Juifs pourraient être punis – voire même emprisonnés – pour avoir exigé l’égalité entre Palestiniens et Juifs en Israël.

Aussi grotesque que ce raisonnement puisse sembler lorsqu’on l’exprime en des termes si explicites, des acteurs en l'Europe et aux États-Unis acceptent facilement de telles approches pour lutter contre l'antisémitisme.

L'ampleur de cette folie est évidente dans la décision de la banque allemande Bank für Sozialwirtschaft, ou Banque pour l'économie sociale, de clore le compte d'un groupe juif antisioniste, La voix juive pour une paix juste au Moyen-Orient, à cause de son soutien au boycott d'Israël. C’était la première fois qu'une banque allemande fermait le compte d’une organisation juive depuis les Nazis.

La banque a pris cette mesure après avoir reçu des plaintes selon lesquelles La voix juive pour une paix juste au Moyen-Orient était antisémite de la part du Centre Simon Wiesenthal, un groupe qui dissimule son soutien fervent à Israël par sa campagne en faveur des droits des Juifs.

Elision de la gauche et de l'extrême droite

L’antipathie de Macron à l’égard de l’antisionisme – partagée par beaucoup d’autres qui cherchent à le confondre avec l’antisémitisme – a une cause explicite et une cause plus voilée. Les deux sont liées à la crise politique à laquelle il est confronté. Après deux ans au pouvoir, il est le Président le plus impopulaire de l’histoire de la République.

Selon Macron, la montée de l'antisionisme, ou plus généralement l'opposition croissante à Israël, grossit les rangs de ceux qui veulent faire du mal aux Juifs en France, que ce soit par des attaques, par la griffonnage de croix gammées sur des tombes juives ou par la pollution du discours public, en particulier sur les réseaux sociaux.

Deux groupes que lui et les groupes de pression juifs français ont identifiés comme étant au cœur du problème sont les musulmans français, souvent considérés comme des immigrants récents qui importeraient avec eux des attitudes supposément racistes à l’égard des Juifs propres au Moyen-Orient, et des gauchistes laïques qui sont à l’avant-garde du soutien pour BDS.

Bien qu'un tout petit nombre de musulmans français ait adopté des positions extrémistes, la grande majorité ressent une hostilité envers Israël en raison de son rôle dans le déplacement et l'oppression des Palestiniens. Ce sentiment est également dominant chez les activistes de BDS.

Mais Macron et le lobby laissent entendre que ces deux groupes antisionistes sont en réalité étroitement alignés sur les groupes antisémites d'extrême droite et néonazis, quelles que soient leurs différences évidentes quant à l’idéologie et à l’attitude vis-à-vis de la violence.

Le flou entretenu par Macron entre l’antisionisme et l’antisémitisme vise à semer le doute sur ce qui devrait constituer une distinction évidente entre ces trois circonscriptions idéologiques très différentes.

Macron le prestidigitateur

Le tour de passe-passe de Macron s’inscrit toutefois dans un ordre du jour connexe et intéressé, comme le montre clairement l’abus plus général – ou usage comme une arme – des insultes antisémites en Europe et aux États-Unis.

Macron est confronté à une révolte populaire connue sous le nom des « Gilets Jaunes », qui envahit les rues principales depuis de nombreux mois. Les manifestations ébranlent son gouvernement.

À l'instar d'autres insurrections populaires récentes, telles que le mouvement Occupy Wall Street, les Gilets Jaunes n’ont pas de dirigeants et leurs revendications ne sont pas univoques. Ce mouvement représente davantage une humeur, un mécontentement généralisé à l’égard d’un système politique déconnecté du quotidien des habitants, et qui, depuis la crise financière survenue il y a dix ans, est apparu chroniquement défaillant et irréformable.

Les Gilets Jaunes incarnent un grief qui recherche désespérément à se frayer un chemin vers une nouvelle étoile politique, une vision différente et plus juste de la manière dont nos sociétés pourraient être organisées.

Le manque d’articulation même du mouvement a été son pouvoir et sa menace. Ceux qui sont frustrés par les politiques d'austérité, ceux qui sont en colère contre une élite politique et financière arrogante et qui ne réagit pas à leurs demandes, ceux qui aspirent à un retour à un sens plus clair de la Francité peuvent tous chercher refuge sous sa bannière.

Mais cela a également permis à Macron et à l'élite française de projeter sur les Gilets Jaunes toutes sortes de motivations malveillantes qui servaient au mieux leurs efforts de diabolisation du mouvement. Des accusations que les porte-parole du mouvement rejettent en bloc.

Et compte tenu de la marée montante des mouvements nativistes et d'extrême droite à travers l'Europe, il a été difficile pour le Président français, dans son grand désarroi, de résister à la tentation de lancer l’accusation d’antisémitisme contre les Gilets Jaunes.

De même que Macron a présenté les militants de gauche et antiracistes soutenant BDS comme étant de mèche avec les néonazis, il a mis les Gilets jaunes et les nationalistes blancs d'extrême droite dans le même sac. La plupart des médias français ont recyclé cette calomnie avec joie.

L’amour des centristes pour l’autorité

Pour ceux qui croiraient que les dirigeants centristes tels que Macron sont mus non par un intérêt politique impudent, mais par souci d'éliminer les préjugés et de protéger une communauté vulnérable, il convient de faire une pause pour examiner les recherches récentes sur les attitudes politiques à l’échelle mondiale.

L'année dernière, le New York Times a publié un commentaire de David Adler montrant que contrairement à la sagesse populaire, les centristes étaient en moyenne nettement moins investis dans la démocratie que l'extrême gauche et l'extrême droite. Ils étaient moins favorables aux droits civils et aux « élections libres et équitables ».

Ces tendances étaient particulièrement prononcées aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Australie et en Nouvelle-Zélande, mais étaient manifestes dans de nombreuses autres démocraties libérales occidentales.

De plus, dans la plupart des pays occidentaux, y compris la France, le soutien pour un homme fort et pour l'autoritarisme était beaucoup plus fort chez les centristes qu’à l'extrême gauche. Les centristes britanniques et américains ont également dépassé l'extrême droite dans leur attachement pour les figures autoritaires.

Adler a conclu : « L’appui en faveur d’élections ‘libres et équitables’ diminue au centre de l’échiquier politique de chaque pays étudié. La taille de l'écart centriste est frappante. Dans le cas des États-Unis, moins de la moitié des individus du centre politique considèrent les élections comme essentielles. […] Les centristes […] semblent préférer un gouvernement fort et efficace à une politique démocratique vectrice de désordre. »

La mainmise des lobbyistes

Il n’est donc peut-être pas surprenant que des dirigeants centristes tels que Macron soient parmi les plus disposés à se désengager d’un débat juste et ouvert, à dénigrer leurs adversaires et à estomper aisément les distinctions idéologiques entre ceux qui se trouvent à leur gauche et à leur droite.



De même, les partisans du centrisme sont les plus susceptibles de boire comme du petit lait les accusations infondées d’antisémitisme au service du maintien d’un statu quo qu’ils perçoivent comme leur étant bénéfique.

Dernièrement, ce processus est à l’œuvre de manière frappante en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Pendant des décennies, les centristes à Washington ont dominé la politique des deux côtés d’un prétendu clivage politique. Et un problème qui a bénéficié d'un soutien bipartisan particulièrement fort aux États-Unis est le soutien à Israël.

La raison de l’étroit consensus de Washington sur toute une série de questions, y compris Israël, a été la mainmise sur le processus politique américain de l'argent des entreprises et des lobbyistes rémunérés.

Les lobbies préfèrent opérer dans l’ombre, exerçant une influence hors de la vue du public. Cependant, dans le cas d’Israël, le lobby est devenu de plus en plus visible pour le public, et sa défense farouche d’Israël est de plus en plus difficile à maintenir, les abus à l’encontre des Palestiniens étant constamment diffusés sur les médias sociaux.

Cela, à son tour, a stimulé la croissance du mouvement BDS, et d’une nouvelle vague, bien que modeste, de politiciens rebelles.

Ilhan Omar attaquée

Ilhan Omar, membre musulmane du Congrès américain, a montré la manière dont le système en place cherchait à dompter les bizuts rebelles après son Tweet dénonçant un fait évident : le groupe de pression pro-israélien AIPAC – comme d’autres lobbyistes – utilise son argent pour imposer l’orthodoxie politique à Washington dans son domaine de prédilection. Ou, comme elle l’a dit, « Tout est à cause des Benjamins » – terme d’argot pour désigner les billets de 100 dollars, sur lesquels figure un portrait de Benjamin Franklin.

Elle a rapidement été submergée par un torrent d’affirmations selon lesquelles son commentaire était une preuve d’antisémitisme. Ils venaient de tout le prétendu spectre politique, des hauts représentants de son propre parti Démocrate au Président Trump. Ecrasée par les critiques, elle a présenté ses excuses.

Omar a justifié ce rétropédalage en affirmant qu'il incombait aux Juifs de décider de ce qui est antisémite. À une époque de politique identitaire rampante, cela peut sembler superficiellement plausible. Mais en vérité, ce propos n’a aucun sens.

Même si une nette majorité de Juifs pensait réellement que critiquer Israël ou ses lobbyistes était antisémite – une hypothèse extrêmement douteuse –, ils ne jouissent pas du droit spécial ou exclusif de déterminer cela.

Israël opprime les Palestiniens, comme cela a été très largement documenté. Nul n’a le droit de revendiquer la supériorité morale en tant que victime du racisme lorsqu’il utilise ce piédestal pour faire obstruction à l’examen des crimes perpétrés par Israël contre les Palestiniens. Penser le contraire reviendrait à donner la priorité à la défense des Juifs face à un racisme éventuel sur les innombrables preuves de racisme concrètes d’Israël à l’encontre des Palestiniens.

Mais plus précisément, les excuses d’Omar supposent que les Juifs dont les voix portent le plus – c’est-à-dire ceux qui ont les plus grandes plateformes et le plus d’argent – représentent tous les Juifs. Cela rend la communauté juive américaine organisée, dont le soutien vigoureux pour Israël s’est révélé inébranlable –alors même que le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu a poussé le pays à l’extrême droit –, l’arbitre de ce que pensent l’ensemble des Juifs.

En fait, cela va encore plus loin. Cela revient à décréter que c’est au lobby israélien lui-même qu’il revient de déterminer s'il existe un lobby israélien. Cela donne au lobby la permission de se soustraire entièrement aux regards, permettant à son influence de devenir encore plus enracinée et opaque.

Omar est loin d'être seule. D'autres critiques éminents d'Israël, souvent des Noirs, se sont vus stigmatisés par l’accusation d'antisémitisme à cause de leurs critiques contre Israël. Dernièrement, ce fut le cas de Marc Lamont Hill et Angela Davis.

L’écoulement incessant d'accusations selon lesquelles elle exprimerait des « tropes antisémites » lorsqu'elle s'exprime vise à contraindre Ilhan Omar de commencer à s'autocensurer, de devenir aussi « modérée » que ses collègues politiciens, et d’adhérer au consensus bipartisan selon lequel il faut laisser Israël continuer à maltraiter les Palestiniens impunément.

Si elle ne le fait pas, on présume qu’elle sera finie politiquement, et sera exclue par la bureaucratie de son propre parti ou par les électeurs.

Corbyn sur la défensive

Ce processus est beaucoup plus avancé en Grande-Bretagne, où une campagne concertée et de longue haleine vise à stigmatiser Jeremy Corbyn par des accusations d’antisémitisme depuis qu'il est devenu chef du Parti Travailliste il y a plus de trois ans.

Corbyn est à la fois un retour à la tradition socialiste britannique qui a été liquidée par Margaret Thatcher au début des années 1980 et un fervent partisan de la cause palestinienne. En fait, il s’agit d’une anomalie majeure : un politicien européen à la portée du pouvoir qui donne la priorité au droit des Palestiniens à obtenir justice face à la politique israélienne d’oppression des Palestiniens.

Le lobby israélien a beaucoup à craindre de lui en ce qui concerne le changement du climat politique en Europe vis-à-vis d'Israël.

Au Royaume-Uni, le Parti Conservateur au pouvoir a viré implacablement vers la droite au cours des dernières décennies, laissant le Parti Travailliste au Parlement occuper le terrain centriste qui avait été façonné pour lui sous la direction de Tony Blair dans les années 1990.

Bien que bénéficiant d'un énorme soutien parmi les membres du Parti Travailliste qui l'ont propulsé au poste de dirigeant, Corbyn est en guerre avec la plupart de ses députés. Les centristes y ont utilisé l'antisémitisme comme une arme avec joie de manière à nuire à Corbyn et aux centaines de milliers de membres qui le soutiennent, tout comme l’a fait Macron contre ses propres opposants politiques.

Les propres députés de Corbyn l’ont publiquement accusé de se livrer à un « antisémitisme institutionnel » au Parti Travailliste, voire d’être lui-même antisémite.

Ils l'ont fait bien que toutes les preuves suggèrent qu'il y a très peu d'antisémitisme parmi les membres du Parti Travailliste – et moins que dans le Parti Conservateur au pouvoir. Cependant, grâce à Corbyn, les membres du Parti Travailliste se sont sentis libres de critiquer Israël bien plus ouvertement.

L'apaisement échoue

Ce mois-ci, un groupe de huit députés travaillistes a rompu avec le parti pour constituer une nouvelle faction, le Groupe Indépendant, invoquant le prétendu « problème d’antisémitisme » du mouvement comme l’une des principales raisons de leur rupture. Soulignant leur programme centriste, trois députés conservateurs « modérés » se sont joints à eux, opposés à la ligne dure du Premier Ministre Theresa May pour la sortie de l’Union européenne, connue sous le nom de Brexit. D’autres députés des deux côtés vont peut-être les rejoindre.

En réponse, l’adjoint de Corbyn, Tom Watson, un autre centriste, a soutenu les transfuges et dénigré les membres de son propre parti, réitérant les allégations d’une crise d’antisémitisme au sein du Parti et affirmant qu’il était temps de déraciner ce mal.

Corbyn a tenté à plusieurs reprises d'apaiser les centristes, ainsi que les groupes et lobbys pro-israéliens au Royaume-Uni, qu'il s'agisse de membres de son Parti comme les Amis Travaillistes d’Israel et le Mouvement Travailliste Juif, ou de l'extérieur, comme le Conseil des Députés, le BICOM (Centre de communication et de recherche israélo-britannique) et la Campagne Contre l'Antisémitisme.

Malgré l'opposition apparente de ses membres, le Parti Travailliste a même accepté la définition de l'antisémitisme de l'IHRA, y compris les exemples destinés à protéger Israël des critiques – mais en vain.

En réalité, plus Corbyn a cédé aux critiques, plus ses critiques ont claironné le prétendu problème d'antisémitisme dans le Parti Travailliste.

Corbyn apprend lentement, comme d’autres aux États-Unis et en Europe, qu’il ne s’agit pas d’un désaccord de bonne foi et qu’il n’y a pas de juste milieu.

L’industrie de la calomnie et de la diffamation ne veut pas une protection contre l’antisémitisme, elle veut un retour à une culture politique dans laquelle son pouvoir restait sans rival et n’était jamais soumis à l’examen.

Pour le lobby israélien, cela signifie la renaissance d’un climat politique qui existait avant le discrédit du processus d’Oslo, lorsque les critiques d’Israël étaient publiquement rejetées et les Palestiniens traités principalement comme des terroristes.

Pour les centristes, cela nécessite l’enracinement d’une politique managériale et néolibérale dans laquelle les grandes entreprises et industries et la finance ont toute liberté pour dicter leurs politiques économiques et sociales, et où leurs échecs sont compensés sans aucune question par le public par le biais de programmes d’austérité.

Il s’agit d’un pacte impossible et dans lequel les Juifs sont utilisés pour huiler les roues des politiques défaillantes, impuissantes et de plus en plus autoritaires du centre.

Jonathan Cook

Jonathan Cook est un journaliste britannique indépendant installé en Palestine occupée. Il a travaillé pour The Guardian et The Observer. Ses articles ont notamment été publiés par The Times, Le Monde diplomatique, International Herald Tribune, Al-Ahram Weekly et Al-Jazeera. Il est le seul correspondant étranger en poste permanent en Israël (Nazareth depuis 2001).

Ses derniers livres sont : « Israël et le Choc des Civilisations : l'Irak, l'Iran et le Projet de Remodelage du Moyen-Orient » (Pluto Press) et « L'effacement de la Palestine : les expérimentations d'Israël sur le Désespoir Humain (Zed Books).

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40 réactions


  • jorflim 5 mars 18:58

    1ere clef : le micro a diversité spatiale

    Traitement du signal / Mathématiques

    2éme clef : le magnétron domestique

    Radiographie/Télécomunication

    3éme clef : le satelite d’archiméde

    Optique/astronautique

    4éme clef : le wifi domestique

    Traitement du signale / Iterférométrie

    Je ne sais rien, mais il y a deux trois truc, sur les quels je suis calé.

    Vous n’avez aucune idée de ce qu’est une vraie arme. Aucune.


  • Massada Massada 5 mars 19:50

    Dans le bus partant de Tel Aviv à 6:10 du mat’ avec le « Israël qui se lève tôt », des Russes, des Chinois, des Africains.

    A côté de moi un « ex-soviétique » à la tête de mafieux moscovite qui regarde sur un smartphone des vidéos de techno russe (mélange d’accordéon remixé sur des beats) sur laquelle des gens dansent le plus ridiculeusement possible. Bien sûr pas de casque il en fait profiter tout le monde. Il se marre tout en se foutant ses énormes doigts dans le nez avant d’utiliser ses mêmes doigts pour passer à la vidéo suivante. Deux rangs devant c’est une série en chinois que nous fait partager généreusement un autre passager.

    Il manque le rasta de service qui enfume le bus , trop pour lui sans doute

    Ce post est sponsorisé par l’Agence Juive. smiley


    • zzz999 6 mars 14:52

      @Massada

      Je me doutais bien que ce genre d’article allait attirer les mouches à m.....du Betar ! smiley


    • Alren Alren 6 mars 18:47

      @Pink Marilyn
      Le jeune État d’Israël a connu une certaine popularité, en France en particulier car avec le phénomène des Kibboutzim, ces coopératives agricoles, il semblait inaugurer un modèle d’organisation sociale alternatif orienté vers la pacifique agriculture.

      D’autre part, les gens adultes dans les années 48 et suivantes, estimaient que les Arabes des pays voisins, notamment la Jordanie et l’Égypte avaient voulu la confrontation armée avec ce petit État, certains de l’écraser, Goliath contre David en quelque sorte, et nautrellement leur sympathie allait au faible, comme dans la Bible.

      La région est aride et les Israéliens faisaient reverdir le désert ce que les Arabes ne faisaient pas avant, laissant inutilement de grandes surfaces stériles.

      Aujourd’hui, plus de Kibboutzim mais des colons âpres au gain, s’appropriant l’eau si rare (et qui le deviendra encore plus) pour faire pousser des plantes demandant beaucoup d’eau.

      Le petit État de quelques colons est devenu avec l’arrivée de personnes dont les ancêtres n’ont jamais vécus en Palestine, l’argent US, une puissance militaire qui opprime comme un régime facsite et raciste, tout un peuple sous le prétexte qu’il n’a pas la bonne religion.

      Cela explique pourquoi les points de vue ont changé !!!

      Faire croire que l’antisionisme et l’antisémitisme c’est pareil, faire interdire le boycott des produits des colonies à l’étranger montre bien la force morale excessive du pays de Netanyahou. 


  • Massada Massada 5 mars 20:13

    Michael est de mes employés Il prie, et tous les jours, ils passent dans le bureau pour faire minyan (un minimum de dix mecs pour la prière). Il a insisté vraiment beaucoup pour que je vienne. J’ai cédé.

    Le souci c’est que Michael lit la prière sur son smartphone. L’avantage c’est que je peux lui envoyer ça pendant qu’il lit... « J’ai envie de chier »

    Le voir se débattre entre la sainteté du moment et son fou rire, un de mes petits moments de plaisir sadique.


  • Massada Massada 6 mars 08:24

    Peut-on dire : j’aime les français mais je veux la destruction de la France et je boycotte tout ce qui est français ? J’aime les espagnols mais je veux la destruction de l’Espagne et je boycotte tout ce qui est espagnol ?

     

    On peut étendre à toutes les nations cet exemple. Évidemment que ce genre de phrase n’a aucune logique. Cette idée dissimule en réalité consciemment ou inconsciemment l’hypocrisie et la haine.

     

    C’est comme vouloir distinguer sucer et tromper. C’est complètement faux et débile.

    Votre article, que du faux ! Que du mensonge ! Que de la haine !


    • Panoramix Panoramix 6 mars 16:36

      @Massada
      Lors de la guerre du Golfe, les étrasuniens ont en masse boycotté les produits français à cause du refus de participer à leur coalition. Ni le gouvernement français ni les lobbies pro-Français (il est vrai que ça n’existe pas) n’ont exigé une loi pénalisant ce boycott.

      Lors de la guerre d’Algérie, il y a eu dans de nombreux pays des manifestations contre le colonialisme français. Ni le gouvernement français ni les lobbies pro-Français (il est vrai que ça n’existe pas) n’ont exigé une loi assimilant cette opposition de la gallophobie.


    • Alexosaure 6 mars 21:51

      @Massada

      Yitzak rabin Me semble la meilleure réponse à l’amalgame antisémitisme antisioniste .


  • Massada Massada 6 mars 08:57

    Marché des esclave en Lybie : Un Sénégalais coûte 150 000 F Cfa

     

    Surtout ne vous focalisez pas sur l’esclavagisme arabo-musulman alors que l’ONU s’occupe du problème causé par la barbarie israélienne qui a empêché le passage de la frontière à une mère palestinienne qui souhaitait acheter des gouttes nasales pour son fils car les pharmacies de Gaza en sont dépourvues.

     

    Pour votre information, le nez de ce gosse coule depuis 2 jours !


  • Raymond75 6 mars 10:03

    9 messages dont 4 de Massada ... J’imagine la vie de cette personne, Israélien probablement d’origine française, qui passe sa vie (professionnelle ? ) devant son écran, en alerte permanente pour réagir immédiatement, et selon les codes officiels de la propagande israélienne, dès qu’apparaissent les mots Israël, Palestiniens, Juifs, Iran et assimilés.

    Il n’y a aucun exemple dans l’histoire où les propagandes ont été efficaces.

    Dach, Labrune, Zak5 : vous êtes où ?


    • zzz999 6 mars 14:56

      @Raymond75

      Il est inutile d’appeler toutes les mouches à m.....du Betar, avec Massada ça sent déjà assez fort comme ça !


  • L'apostilleur L’apostilleur 6 mars 10:11

    « ...Si les gens ont peur que d’autres pensent qu’ils sont antisémites parce qu’ils ont critiqué Israël, ils se tairont, laissant à Israël une plus grande marge de manœuvre pour commettre des crimes contre les Palestiniens. »

    Imposer le silence idéologique ou politique, quelle qu’en soit la cause, profite à la rancoeur. L’écume sémantique « antisémitisme/antisionisme » du problème n’en reglera jamais la cause en Palestine. La Tchéquie a retrouvé son indépendance après près de 1000 d’occupation.


  • JPCiron JPCiron 6 mars 11:56

    < la mainmise des lobbyistes >

    Ils semblent avoir acquis une sacrée influence chez les politiques, aussi en France.

    Je me souviens de notre bon Valls, vaillant défenseur de la cause Palestinienne, qui avait choisi librement de changer de cheval peu après.

    On ne peut pas critiquer tant soit peu la politique des gouvernements israéliens successifs’ et espérer mener sa propre campagne sereinement, sans être harcelé par des suspicions dantisemitisme. Suspicions immédiatement relayées par Tous les porte-voix « indépendants » du pays.

    Tout cela ne sent pas la transparence ,ni la démocratie.


  • njama njama 6 mars 12:32

    Les pogroms en Europe et l’anti-judaïsme père putatif du sionisme, c’est une légende pour les bisounours, la réalité de cette création est bien plus prosaïque, elle bêtement coloniale, impérialiste. Bien avant la lettre de l’idéologie sioniste, dès 1882 le richissime Edmond de Rothschild achète des terres palestiniennes...

    mais 40 ans avant lui, Lord Shaftesbury avait l’idée d’y « transfèrer » les Juifs non sans arrière-pensées mercantiles* « Memorandum to Protestant Monarchs of Europe for the restoration of the Jews to Palestine », published in the Colonial Times, in 1841

    « A land without a people for a people without a land » ... "and the Jews ...will probably return in yet greater numbers, and become once more the husbandmen of Judaea and Galilee." 
    (Une terre sans peuple et un peuple sans terre ... et les Juifs ... y retourneront probablement encore en grand nombre, et deviendront une fois de plus les fermiers de Judée et de Galilée !)

    * "The soil and climate of Palestine are singularly adapted to the growth of produce required for the exigencies of Great Britain ; the finest cotton may be obtained in almost unlimited abundance ; silk and madder are the staple of the country, and olive oil is now, as it ever was, the very fatness of the land. Capital and skill are alone required..."


    https://www.agoravox.fr/commentaire4585892


    • lloreen 6 mars 14:35

      @njama
      Ces gens sont anti tout ce qui ne relève pas de leur brigandage et de leurs affaires morbides. Autant dire quasiment contre le monde entier.


  • njama njama 6 mars 12:54

    Les grands artisans du sionisme ont été les évangéliques chrétiens anglais, pas les Juifs

    The Origins of Christian Zionism : Lord Shaftesbury and Evangelical Support for a Jewish Homeland
    by Donald M Lewis, Cambridge University Press ; 1 edition (October 26, 2009)

    In this study of Lord Shaftesbury – Victorian England’s greatest humanitarian and most prominent Christian Zionist – Donald M. Lewis examines why British evangelicals became fascinated with the Jews and how they promoted a ‘teaching of esteem” that countered a “teaching of contempt.” Evangelicals militated for the restoration of Jews to Palestine by lobbying the British cabinet on foreign policy decisions. Professing their love for the Jews, they effectively reshaped the image of the Jew in conversionist literature, gave sacrificially to convert them to Christianity, and worked with German Pietists to create a joint Anglican-Lutheran bishopric in Jerusalem, the center (in their minds) of world Jewry. Evangelical identity evolved during this process and had an impact on Jewish identity, transforming Jewish-Christian relations. It also changed the course of world history by creating a climate of opinion in the United Kingdom in favor of the Balfour Declaration of 1917, which pledged British support for a Jewish homeland in Palestine. The movement also bequeathed a fascination with Christian Zionism to American evangelicals that still influences global politics.
    http://www.amazon.com/Origins-Christian-Zionism-Shaftesbury-Evangelical/dp/0521515181

    Traduction : Dans cette étude de Lord Shaftesbury - le plus grand sioniste chrétien britannique et le plus éminent de l’Angleterre victorienne - Donald M. Lewis examine la raison pour laquelle les évangéliques britanniques sont devenus fascinés par les Juifs et comment ils ont promu un « enseignement de l’estime » contrant un « enseignement du mépris ». Les chrétiens évangéliques militèrent pour la restauration des Juifs en Palestine en faisant pression sur le gouvernement britannique pour qu’il prenne des décisions de politique étrangère. Professant leur amour pour les Juifs, ils ont effectivement remodelé l’image du Juif dans la littérature conversioniste , ont donné sacrificiellement pour les convertir au christianisme et ont travaillé avec des piétistes allemands à la création d’un évêché commun anglican-luthérien à Jérusalem, le centre (dans leur esprit). du monde juif. L’identité évangélique a évolué au cours de ce processus et a eu un impact sur l’identité juive, transformant les relations judéo-chrétiennes. Cela a également changé le cours de l’histoire du monde en créant un climat d’opinion au Royaume-Uni en faveur de la déclaration Balfour de 1917, qui promettait le soutien britannique à une patrie juive en Palestine. Le mouvement a également légué une fascination pour le sionisme chrétien aux évangéliques américains qui influencent encore la politique mondiale.


  • lloreen 6 mars 13:12

    Un juif révèle toute la vérité sur l’état d’Israël.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=hzhyPH8otrU


  • JPCiron JPCiron 6 mars 13:14

    . < Corbyn .... une anomalie > du paysage politique ?

    Il est vrai qu’ il n’est pas du genre à se prostituer. Il ne sacrifiera pas ses convictions pour une carrière. C’est donc un homme dangereux ...


  • popov 6 mars 15:02

    Tout le mal qu’on dit du sionisme, on peut le dire de l’islamisme.

    Mais alors, comme c’est bizarre, la critique de cette saloperie d’islam est amalgamée odieusement à du racisme.

    Et comme si cela ne suffisait pas, les caricatures de ce trou de balle de Mahomet sont punies par des assassinats.

    À bas la moustoufe !


    • louis-ferdinand 7 mars 17:03

      @popov
      -Peut-être pourrait-on reprocher aux juifs d’avoir coloniser une partie du Moyen-Orient, mais on pourrait tout autant reprocher aux musulmans d’avoir coloniser tout le Moyen-Orient.


  • popov 6 mars 15:24

    Je trouve les barbus juifs aussi cons que les barbus islamiques.

    Heureusement tous les juifs ne sont pas comme eux.

    Vous allez me dire que tous les islamiques ne sont pas eux non plus comme leurs barbus.

    C’est peut-être vrai (quoique... ?). Mais comparez les contributions à la science, des quelaques millions de juifs d’une part et du milliard et plus d’islamiques de l’autre.

    Le monde arabo-islamique est nul dans tous les domaines, arriéré et absolument incompatible avec la civilisation. La reconquête d’un petit bout de terrain volé et colonisé par les islamiques est un grand pas pour l’humanité car il montre qu’il n’y a pas de « terre d’islam » condamnée jusqu’à la fin des temps au nihilisme islamique emprisonne les peuples dans la stagnation.

    La seule chose que je crains, c’est que les barbus prennent le pouvoir en Israël et que ce pays devienne comme un nouvel Iran des ayatollahs.


  • zygzornifle zygzornifle 6 mars 16:13

    Crif crif crif hourra pour Macron .....


  • karibo karibo 6 mars 17:40

    Allez je vous aide un peu et vous livre un scoop !

    la France est dirigée comme les USA d’ ailleurs, par qui à votre avis ?

    ce n’ est plus de l’ allégeance ils n’ ont même plus besoin de se cacher !

    Les regarder est antisémite et bientôt inscrit dans la constitution , le prétendre ne peut qu’ etre conspirationniste ...


  • Panoramix Panoramix 6 mars 17:43

    Ceux qui sont favorables à un état binational où Juifs et Arabes bénéficient du même statut et de même droits, dans lequel se diluerait Israël et la Palestine arabe, sont au sens propre du terme anti-sionistes c’est à dire non partisans d’un état distinct spécifiquement juif. Sont-ils pour autant racistes anti-Juifs ? Evidemment non, pas plus qu’ils ne sont racistes anti-arabes.

    Ceux qui considèrent que les Juifs d’un pays constituent un groupe ethno-culturel faisant partie du peuple de ce pays (de même qu’il y a des Basques espagnols et des Basques français) et qu’il était en quelque sorte ségrégationniste de les soustraire du reste du peuple national sont-ils pour autant racistes anti-Juifs ?

    On voit bien que la polémique ne devrait même pas avoir lieu, autrement que par extrapolation abusive : -de nombreux opposants à l’existence d’Israël en tant qu’état national juif sont antisémites, alors tous le sont. -certains utilisent le terme « sioniste » à la place de « juif » pour masquer leur antisémitisme, alors tous le font

    PS : pour ma part, étant partisan de la solution à 2 états, je suis par définition à la fois sioniste et palestiniste.


  • JPCiron JPCiron 6 mars 18:01

    Voilà un excellent tour d’horizon pour ce concept fou : < Antisionisme = Anrisemitisme > .

    Ce qui apparaît chaque jour plus fou, c’est que nos Leaders sont quasi tous à applaudir le concept. Leaders politiques et d’Opinion.

    Les citoyens se méfiaient déjà beaucoup de nos politiques. Le fait de mettre une couche d‘antisemitisme sur le jaune est entrain de rallier des gens, incrédules complets sur le mouvement des Gilets Jaunes, à leur trouver de plus en plus de sympathie sur un aspect central ( seul indicateur synthétique qui tienne la route ?) : la manifestation de rejet d’un système qui produit une telle profusion de gens que l’on rejette.

    Et au final, ce mouvement d’effondrement de l’opinion que nous avons, partout en Occident, sur nos « élites », cela fait remonter grandement la manière dont nous jugeons la Russie et la Chine, qui ne sont pas (encore ?) des modèles, qui sont toujours critiquables, mais qui ne le sont pas plus que nos « alliés » théoriques traditionnels. Ni plus critiquables que nos gouvernements, d’ailleurs.

    .


    • Le421 Le421 7 mars 13:36

      @JPCiron
      Je ne suis pas antisémite, par définition, puisque j’ignore complètement toutes les religions et leurs raisons d’être. Donc, je ne peux pas être antisémite.
      Par contre, conformément au dictionnaire et ses définitions, je suis antisioniste car je n’approuve absolument pas la politique d’Israël.
      Donc, pour finir, pas antisémite, complètement antisioniste, et en prime, les gens comme Macron qui veulent réécrire le dictionnaire de mon pays, je les emmerde.
      A pied, à cheval et en voiture si il le faut !!


    • louis-ferdinand 7 mars 16:56

      @Le421
      -Marrant de lire les posts de types qui passent leur temps à s’offusquer de la conquête , par quelques milliers de juifs, d’une bande de terre, de quelques centaines de km2, située entre le méditerranée et le Jourdain , mais qui ne trouve strictement rien à redire à la conquête arabo-musulmane de tout un moyen-orient très largement christianisé, de l’Afrique du nord, du sud de l’Europe (qui dura plusieurs siècles).
      -Ceux qui s’indignent du traitement qu’Israël infligerait aux palestiniens , ne trouve strictement rien à redire à la quasi extermination de la plupart des chrétiens de ce Moyen-orient à leur expulsion, aux discriminations qu’ils subissent toujours depuis prés de 14 siècles.
      -Avant que le sionisme n’existe, les arabes devenus musulmans, s’en prenaient déjà aux juifs qui habitaient l’Arabie Faut-il citer le massacre des juifs« Banus Qoreiza » les 800 hommes furent égorgés dans la journée, les femmes furent accaparées par les musulmans pour en .faire des concubines et les enfants furent vendus comme esclaves.Une autre tribu juive d’Arabie les « banus Koneika » fut soumise au statut de dhimmis système discriminatoire visant à les inférioriser à les exploiter et à les soumettre aux désirs et aux caprices des musulmans, une troisième tribu juive les « Banus nadir » fut chassée d’Arabie.
      -Que les musulmans soient colonisateurs ou colonisés, que les juifs soient simplement juifs ou soient devenus sionistes, la haine des musulmans à leur égard est exactement la même et n’a pas changé d’un iota depuis que l’islam existe.
      -En conclusion on peut dire qu’en islam l’antisémitisme où l’ antisionisme sont synonymes et ne sont que les deux face de la même pièce celle de la haine de l’autre du non musulman puisque l’on doit admettre que le sort des chrétiens vivant sous le joug musulman ne fut pas foncièrement différente de celui des juifs/des sionistes !


  • Eric F Eric F 7 mars 11:05

    Dans la série des confusions manipulatoires, on lit parfois que le seul fait de parler du conflit I/P est en soi une fixation antisémite. Circulez, le sujet va être frappé d’interdit. J’ai aussi entendu à propos de l’UE que le fait de la critiquer, c’est en quelque sorte laisser le champ libre aux conflits donc au nazisme et de ce fait être antisémite.


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