vendredi 25 novembre 2022 - par Jean Dugenêt

La Grande Terreur en URSS

La Grande Terreur de 1937-38 fut catastrophique non seulement pour l’URSS mais aussi pour le mouvement ouvrier mondial puisqu’en exterminant tous les bolchéviques et les généraux victorieux de la guerre civile Staline a privé le mouvement ouvrier de tous ses cadres les plus expérimentés. Ce fut en effet une victoire de la réaction mondiale puisque Staline réalisa, par cette contre-révolution préventive, une bonne partie de ce que les bourgeoisies d’Europe n’avaient pas réussi à faire pendant la guerre civile : supprimer le parti bolchévique. Au même moment en Allemagne Hitler extermine les communistes, en Italie, le fascisme triomphe et en Espagne, Franco vient, par un coup d’Etat, de mettre un terme au gouvernement de Front Populaire.

La grande nuit du mouvement ouvrier tombe sur l’Europe. Il sera bientôt minuit dans le siècle.

La purge du parti

Nous avons vu que toutes les oppositions ayant été vaincues le PCUS est à partir de 1929 un parti parfaitement monolithique qui ne tolère aucune « déviation de la ligne générale » (voir « Le combat de l’opposition de gauche en Russie »).

Toute opposition politique est supprimée et, en fait, interdite. Mais cela ne suffit pas à Staline pour lancer sa politique d’industrialisation, de collectivisation et de soi-disant « dékoulakisation ». Il sait que beaucoup de membres du parti sont hostiles à un tel déchainement de brutalités et d’abominations multiples même s’ils n’osent pas le dire. Cela apparait notamment lors du XVIIème congrès en janvier et février 1934.

Malgré le mécontentement général, Staline veut s’assurer que tous les membres du parti lui seront entièrement dévoués. Il procède donc à une purge du parti. Entre 1929 et 1931, plus de 250 000 communistes sont exclus du Parti. Le 28 avril 1933, le comité central du Parti décrète à nouveau une vaste campagne d'épuration du Parti afin de contrôler le recrutement de ses membres. Il s’agit d’exclure tous ceux qui rechignent, même en silence, à mettre en œuvre la politique de Staline ou traînent des pieds.

 

Molotov, Staline et Poskrebychev au XVIIème congrès

Le XVIIe congrès du Parti s'est réuni du 26 janvier au 10 février 1934. Ce fut le lieu de la dernière révolte clandestine au sein du parti. Staline et ses proches présentent au congrès les soi-disant succès du « plan quinquennal ». Mais les discours passent mal. La Wikipédia rapporte :

« Lors des élections au Comité Central, Staline eut un nombre significatif de délégués opposés à son élection (plus d'une centaine, bien que le nombre exact reste inconnu), alors que seulement trois délégués rayèrent le nom du très populaire responsable du parti à Léningrad, Sergueï Kirov. Plus tard, la publication des résultats fut falsifiée sur ordre de Staline et il fut officiellement annoncé que Staline n'avait eu que trois votes négatifs.

Pendant le congrès, un groupe d'anciens du parti approchèrent Kirov pour lui suggérer de remplacer Staline en tant que dirigeant du parti. Kirov déclina la suggestion et mit au courant Staline de la teneur de cette discussion.

Staline fut publiquement acclamé, non seulement comme chef indiscuté du parti, mais aussi comme génie puissant et universel dans tous les domaines. Tous ses anciens opposants se mirent à parler de lui sans tarir d'éloges… »

Ce congrès fut appelé le « Congrès des vainqueurs » en référence aux prétendues « magnifiques réalisations » du plan quinquennal mais il fut aussi appelé le « Congrès des condamnés ». La Wikipédia l’explique ainsi :

« On a aussi donné à ce congrès le nom de « Congrès des condamnés », car parmi les 1996 membres du parti qui y assistèrent, 1108 furent arrêtés et environ les deux tiers d'entre eux furent exécutés en l'espace de trois ans, spécialement pendant les Grandes Purges. Parmi les 139 membres qui furent élus au Comité Central pendant ce congrès, 98 finirent exécutés. Parmi les 41 survivants, seulement 24 devaient être réélus pendant le XVIIIe congrès en 1939 »

À la fin de 1936, avant que la « Grande Terreur », appelée aussi les « Grandes Purges », ne commence, le Parti ne compte plus que 1 450 000 membres, soit une diminution de 750 000 en quatre ans. En 1937, première année de purge généralisée, 500 000 membres disparaissent des registres.

Les services secrets

En diminuant le nombre de membres du parti, Staline semble répondre à une demande de l’Opposition de gauche qui s’opposait à la croissance ininterrompue de la bureaucratie du parti. En fait, c’est l’inverse qui se produit car, si Staline supprime effectivement des postes dans le Parti, dans le même temps il met en place un énorme appareil répressif sous la direction des services secrets avec notamment toute l’administration du goulag. Toute une bureaucratie se met aussi en place dans le cadre de la collectivisation comme l’explique Jean-Jacques Marie :

« La bureaucratie a élargi sa base : la constitution des kolkhozes et des sovkhozes entraîne la prolifération des fonctions de gestion, de commandement, de surveillance, de contrôle et de répartition assumées par des paysans, employés et ouvriers, promus et dotés de petits privilèges, dont le plus important est d’être assis le plus souvent dans un local ou un bureau à l’abri du froid, du vent ou de la chaleur. Leur fonction de relais du pouvoir leur assure une foule de petits avantages dont le cumul n’est pas négligeable. »

Les services secrets russes s’appellent, depuis février 1922 le GPU (Glavnoïe polititcheskoïe oupravlenie : Direction politique principale) qui est souvent appelé le Guépéou ou la Guépéou, par transcription phonétique des trois initiales. Le Guépéou devient un pilier du régime, véritable colonne vertébrale de la caste bureaucratique. Il est dissous en 1934 et remplacé par le NKVD (Commissariat du peuple aux Affaires intérieures) mais nombreux sont ceux qui continueront à parler du GPU. Ce sera notamment le cas pour Trotsky.

Le NKVD sera concerné par les purges autant, si ce n’est pas plus, que toutes les autres administrations puisqu’il sera lui-même amplement purgé. Nikolaï Iejov (ou Nikolai Yezhov) succède à Guenrikh Iagoda sur le poste de chef suprême du NKVD du 25 septembre 1936 au 24 novembre 1938. Il est le principal artisan de la mise en œuvre des grandes purges staliniennes avec plus de 750 000 personnes exécutées entre 1937 et 1938. Voici d’autres chiffres qui confirment globalement cette approximation :

« En l'espace de deux ans, en 1937-1938, suivant des statistiques incomplètes, un total stupéfiant d'au moins 681 692 personnes et probablement beaucoup plus, furent exécutées pour "crime contre l'État". Dans les mêmes années, la population des camps de travail et des colonies du Goulag s'accrut de 1 196 369 à 1 881 570 personnes, sans tenir compte des 140 000 morts au moins dans les camps eux-mêmes et du nombre inconnu des morts au cours du transport vers les camps » (Orlando Figes, Les Chuchoteurs, p. 288).

Nikolaï Iejov fut donc l’artisan de la pire période du stalinisme puisqu’il a à son actif les trois quarts des exécutions voulues par Staline soit 1 million de fusillés entre 1929 et 1953. Il a en plus fait déporter 800 000 personnes au goulag. Faisons un peu d’arithmétique pour mieux voir ce que cela représente en considérant que cette période de répression s’étend sur environ 500 jours d’août 1937 à novembre 1938. Cela représente 1 500 fusillés et 1 600 déportés chaque jour. C’est le plus grand massacre de masse jamais réalisé en Europe en temps de paix avec, pour record supplémentaire, le fait que tout cela se déroule dans le plus grand secret. Hitler avec ses camps de concentration, l’élimination des communistes et la solution finale pour les juifs n’arrivera jamais à de tels résultats. Ses usines à tuer ne seront jamais aussi performantes que le système du NKVD.

Quand un nouveau clan arrive au NKVD, il élimine tous les anciens afin de faire disparaître toutes les traces de cette terreur dont Staline ne veut pas se vanter. Les bourreaux d’hier deviennent alors, à leur tour, des victimes. Cela s’est produit deux fois. Le clan de Iejov a éliminé un grand nombre des collaborateurs de Iagoda puis Béria a éliminé ceux de Iejov.

Iejov a été fusillé le 4 février 1940 soit deux ans après son prédécesseur Guenrikh Iagoda exécuté le 15 mars 1938 sur ses ordres.

Il avait toutes les qualités pour plaire à Staline. Il était surnommé le « nabot sanguinaire » (Il mesurait 1,57m). Son degré d’instruction était nul : « école primaire inachevée ». Voici notamment ce que la Wikipédia dit de lui :

« Il est décrit diversement comme un alcoolique, prédateur sexuel, appréciant les orgies avec des « camarades secrétaires » des deux sexes, et avec une tendance prononcée pour le sadisme, bien que périodiquement dépressif. Il assiste fréquemment aux exécutions et prend part personnellement aux séances de torture des accusés les plus connus.

La terreur de masse

Jusqu’en 1935, les déportations, les exécutions et la famine ont déjà fait des millions de victimes comme conséquence de la politique associant industrialisation, collectivisation et « dékoulakisation ». Les victimes sont nombreuses surtout parce que cette politique est menée de manière aberrante. (Voir : « De la « dékoulakisation » à la famine  ».)

A partir de 1936, les victimes sont encore plus nombreuses mais les motivations de Staline sont très différentes. Il s’agit alors pour lui de mener une guerre contre tous ceux qu’il estime être potentiellement dangereux pour son pouvoir. Les premiers visés sont les révolutionnaires qui ont fait la révolution de 1917 puis qui ont combattus les blancs jusqu’à la victoire de la guerre civile. Ces internationalistes se sont battus pour se débarrasser de la dictature du tsar et certainement pas pour voir apparaître une nouvelle dictature. Ils voulaient la révolution mondiale et non pas le socialisme dans un seul pays. Ils espéraient que la révolution allemande serait le premier pas important pour les sortir de leur isolement et étendre le socialisme rapidement à toute l’Europe. Or, en 1933, Hitler prend le pouvoir et ils voient leurs espoirs s’envoler. Que vont-ils faire ? Cette question est certainement angoissante pour Staline qui se sent menacé.

Il veut donc avant tout éliminer ces combattants du parti bolchévique et, avec eux, les cadres de l’armée rouge qui ont gagné la guerre civile. Il s’agit pour lui d’une contre-révolution préventive. Il craint en effet qu’ils se mobilisent dans une nouvelle révolution pour le chasser. Les russes blancs avaient rêver de se débarrasser des bolchéviques. C’est Staline qui va s’en charger.

De nombreuses autres victimes connaîtront le même sort que les bolchéviques notamment les « ex-koulaks » et les « gens du passé » c’est-à-dire ceux qui avaient de l’importance dans le clergé ou des partis politiques avant la révolution mais aussi les anciens membres des armées blanches et les anciens fonctionnaires du régime tsariste. Les « éléments socialement nuisibles » sont aussi visés : les criminels récidivistes, les spéculateurs, les contrebandiers professionnels, les brigands, les membres de « sectes », les marginaux divers. Les minorités allogènes peuplant notamment les périphéries de l’URSS sont aussi ciblées. Des listes sont constituées à partir d’archives policières, judiciaires, politiques et de divers fichiers comme ceux constitués, à partir de 1932, pour attribuer des passeports afin d’éviter l’exode des ruraux vers les villes lors de la grande famine.

Cette terreur de masse fonctionne à partir des ordres donnés par Staline qui fixe des quotas par pays et par régions pour la catégorie 1 (exécution) et la catégorie 2 (déportation). Chacun de ces quotas est ensuite divisé en sous-quotas par des cadres du NKVD et ainsi de suite jusqu’à obtenir un nombre suffisamment réduit pour que les exécutants se mettent au « travail ». Dans ce processus, il arrive fréquemment que des lèches-bottes de la hiérarchie propose d’augmenter certains quotas et cela est systématiquement accepté par Iejov ou Staline. Les quotas initiaux peuvent ainsi se trouver multipliés par 3, 4 ou 5. Dans la liste de Moscou 35 000 « ennemis du peuple » doivent être arrêtés dont 5 000 dans la catégorie 1. En Ukraine, 28 000 personnes sont arrêtées dont 8 000 de catégorie 1. Les opérations débutent au mois d’août 1937.

Les personnes arrêtées passent devant une commission de deux ou trois responsables locaux du NKVD, du parti ou de la magistrature qui décident de leur sort. D’autres tribunaux militaires ou du NKVD agissent dans des opérations parallèles.

Le changement par rapport à la période de « dékoulakisation » concerne donc les personnes visées mais aussi le mode opératoire car la plupart des exécutions et des déportations se font secrètement ou du moins le plus discrètement possible ce qui n’était pas le cas auparavant. Même les familles des victimes ne sont pas informées. Au mieux, une épouse recevra un courrier lui indiquant que son mari a été condamné à dix ans de détention sans droit de correspondance. Cela signifie en fait qu’il a été exécuté mais à l’époque personne ne le savait. Toute cette besogne est effectuée par des professionnels ce qui nécessite un personnel nombreux du NKVD avec des forces de police, un appareil judiciaire et toute une administration des goulags. La bureaucratie, ou nomenklatura, ne cesse de s’accroitre pendant que la misère se répand.

Tout cela va s’appuyer sur une démonstration qui sera par contre bien publique et qui amènera un déferlement de propagande mensongère pour gérer au mieux l’opinion publique. Ce seront les fameux procès de Moscou. Pour se débarrasser de la génération des bolchéviques, Staline va mettre en scène les procès de Moscou avec une technique déjà rodée. Dès 1930, il avait exhibé des boucs-émissaires pour expliquer les catastrophes amenées par la mise en œuvre de son premier plan quinquennal. Ce fut, en particulier, en décembre 1930, le procès contre le « Parti industriel  » (autre vidéo). Le plus important pour Staline est que dans cette mise en scène, les accusés se désignent eux-mêmes comme des traitres travaillant à la solde de puissances extérieures. Il dispose d’une équipe de spécialistes pour mener les interrogatoires pendant la détention préventive avec tout un arsenal de tortures, de menaces, de promesses. Ils savent briser toute velléité de résistance des accusés pour qu’ils soient prêts à avouer leur culpabilité au cours du procès. Celui qui résisterait n’en sortirait pas vivant et disparaitrait. Grâce aux divers procès menés dans la lignée de celui du « parti industriel », Staline s’est dédouané de la responsabilité des échecs dramatiques de sa politique. Il a réussi à faire croire à la population que ce n’était pas le Parti mais les « saboteurs » qui étaient responsables de ses souffrances quotidiennes.

Ces parodies de justice à grand spectacle sont entièrement fondées sur les aveux. La participation de militants « fidèles à la ligne » est sollicitée dans des manifestations publiques où les participants sont invités à crier leur haine contre ces traitres. Tout cela est abondamment relayé par la presse et la radio. Tout ce système de propagande est parfaitement huilé. Ces procès sont la partie émergée de l’iceberg, la face publique de la Terreur.

Staline veut ainsi faire croire au monde à la véracité des accusations et au caractère légal des procédures. Par la même occasion, il montre l’étendue de son pouvoir. La communication est donc l’enjeu fondamental de toute cette mascarade.

L’assassinat de Kirov

L’assassinat de Kirov, principale personnalité du Parti à Leningrad, est le prétexte que saisit Staline pour lancer le premier procès de Moscou. La question sera mille fois posée : mais, qui a tué Kirov ? La réponse est pourtant simple.

« Le 15 octobre, des agents du NKVD interpellent un jeune homme nerveux près du domicile de Kirov, le premier secrétaire du parti communiste à Leningrad, fouillent sa serviette où ils trouvent un révolver, et le relâchent. Rien d’étonnant à cela. Depuis la guerre civile, beaucoup d’anciens partisans et de jeunes communistes possèdent un révolver, et celui de Nicolaiev est dûment enregistré depuis 1924. Les gardes du NKVD ne savent pas que Nicolaiev, récemment exclu du parti, et dont la jolie femme à l’éclatante chevelure rousse, Milda Draule, a été la secrétaire de Kirov l’année passée, a écrit par deux fois à celui-ci pour réclamer sa réintégration. Kirov ne lui a pas répondu. Nicolaiev, pour se venger, rêve d’assassiner ce bureaucrate dédaigneux.

Le 1er décembre 1934, à quatre heures et demie de l’après-midi, Kirov monte à son bureau de l’institut Smolny, avant de prononcer un rapport aux cadres sur le récent Comité central ; l’officier du NKVD chargé de l’accompagner, Borissov, traîne loin derrière lui. Nicolaiev l’attend. Kirov le dépasse. Nicolaiev sort son révolver et l’abat d’une balle dans la nuque. Kirov meurt sur le coup (« Staline » de Jean-Jacques Marie p. 437) »

Staline, immédiatement averti, tient le prétexte qui va lui servir à établir de nouvelles règles pour facilité la mise en œuvre des procès de Moscou. Il dicte deux heures plus tard un décret qui instaure une justice expéditive :

  • Accélération des procédures pour ceux qui ont projeté ou commis des attentats ;
  • Recours en grâce supprimés pour ces cas ;
  • Exécution des sentences de mort immédiatement après le prononcé du jugement.

Staline sait à qui il veut faire endosser la responsabilité du meurtre. L’affaire est délibérément entourée d’une atmosphère de mystère. Il faut laisser penser qu’il s’agit d’un complot. La Pravda parle d’un assassinat « prémédité et soigneusement préparé ». Staline va rapidement désigner les coupables.

Le communiste yougoslave Vouyovitch déclare le jour même de l’assassinat : « C’est le début de la fin. Ça va commencer par nous et ça continuera comme une avalanche  ». Boukharine affirme : « Vous comprenez ce que cela signifie ? Maintenant, il pourra faire tout ce qu’il voudra avec nous… Et il aura raison. »

Les 28 et 29 Décembre 1934, Nikolaiev et 13 autres « membres d'un groupe contre-révolutionnaire » ont été jugés par un tribunal militaire, condamné à mort et fusillé une heure après le jugement. Quatre vingt membres de la famille de Nicolaiev ont aussi été arrêtés et tués.

Chez les opposants nombreux sont ceux qui pensent que c’est Staline lui-même qui a fait assassiner Kirov. Les trotskystes le penseront longtemps. Certains diront même que Staline a manipulé Nicolaiev pour qu’il commette le crime. Les plus acharnés partisans de cette version s’appuie sur un livre d’Orlov qui fut un dirigeant du NKVD en Espagne : « L’Histoire secrète des crimes de Staline  ». Mais, ce livre contient de nombreuses contre-vérités qu’il s’agisse d’erreurs ou de mensonges.

Zinoviev, Kamenev et leurs associés les plus proches sont accusés de l'assassinat par Staline. Ils sont expulsés du Parti communiste et arrêtés dès décembre 1934. Ils passent en jugement à huis clos les 15 ou/et 16 janvier 1935. C’est le « petit procès Zinoviev-Kamenev » car il y en aura un « grand ». Une quinzaine de hauts responsables bolchéviques de Léningrad sont accusés d’une « complicité morale » dans l'assassinat de Kirov. Ils reconnaissent leur « culpabilité idéologique », car, selon la Pravda du 17 janvier 1935, ils n'avaient pas « lutté assez énergiquement contre la décomposition qui était la conséquence de leur position antiparti, et sur le terrain de laquelle une bande de brigands avait pu naître et réaliser son forfait ». Les prévenus écopent de cinq à dix ans de prison. Mais, l’affaire ne s’arrête pas là.

Staline a inventé un centre zinoviéviste-trotskyste de Leningrad et de Moscou dont il a établi une liste de 13 « complotistes », anciens dirigeants des jeunesses communistes et tous détenteurs d’un révolver. Staline promet à Nicolaiev la vie sauve s’il dénonce ses complices et celui-ci dénonce « spontanément » les 13 « complotistes » arrêtés. Il prépare donc un second procès. Pour celui-ci, Zinoviev et Kamenev ne furent pas torturés à mort. On les priva simplement de sommeil, on alluma le chauffage dans leurs cellules en plein été, on menaça Kamenev de fusiller son fils. Finalement Staline leur a promis, en présence de Vorochilov et Iejov, qu’ils auraient la vie sauve. Ils ont tout avoué.

Les procès de Moscou

Les historiens considèrent généralement qu’il y a eu trois procès de Moscou auxquels il faut ajouter le procès des généraux. Certains y ajoutent aussi, le procès contre le « Parti industriel  », de décembre 1830, dont nous avons déjà parlé.

Procès des 16

Le procès dit du « Centre terroriste trotskyste-zinoviéviste » se déroule à Moscou du 19 août 1936 au 24 août 1936. Onze anciens dirigeants du parti sont accusés dont Zinoviev, Kamenev, Smirnov et Mratchkovski. Avec eux comparaissent cinq anciens militants du Parti communiste Allemand, émigrés en Russie dont trois sont juifs : les frères Moissei Lurye et Nathan Lurye ainsi que Valentin Olberg. Trois autres juifs sont accusés : Reingold, Pickel et Holtzman. Avec Zinoviev et Kamenev, cela fait la moitié des accusés qui sont juifs. C’est un clin d’œil à Hitler : il n’y a pas qu’à Berlin qu’on traque les juifs.

 

Ils sont accusés de l'assassinat de Sergueï Kirov mais aussi de terrorisme et de sabotage en collaboration avec la Gestapo ou encore d’avoir préparé les assassinats de hauts responsables du gouvernement soviétique en commençant par Staline avec aussi Vorochilov, Jdanov, Kaganovitch, Ordjonikidzé, Kossior et Postychev.

Les seize avouent.

Vychinsky traite les accusés de « roquets, misérables pygmées, chiens enragés ». Il requiert la mort contre « ces aventuriers qui ont essayés de piétiner de leurs pieds boueux les fleurs les plus odorantes de notre jardin socialiste ».

Le verdict est la condamnation à mort pour tous. Quelques jours avant le procès, Staline avait rétabli le droit de grâce supprimé le 1er décembre 1934. Les condamnés sont exécutés dans l’heure suivante.

Procès des 17

Un deuxième procès, dit du « Centre antisoviétique trotskyste de réserve », s'ouvre le 23 janvier 1937. Cette fois, 17 personnes, principalement des hauts responsables économiques, sont accusées. Les plus connues sont Piatakov et Radek. Les accusations sont presque les mêmes que pour le procès précédent. S'y ajoutent les contacts avec des pays étrangers et l'appartenance aux services secrets allemand ou tchécoslovaque. Le procureur est toujours Andreï Vychinsky. À l'exception de Sokolnikov, Radek, Arnold et Stroilov (condamnation de 8 à 10 ans de camp), les autres sont tous condamnés à mort et exécutés le 30 janvier 1937.

 

Lecture de l’acte d’accusation par Vichinsky

Procès des généraux de l'Armée rouge

Ce procès s'ouvre en mai-juin 1937. Instruit en secret, il se déroule à huis clos et vise exclusivement les plus hauts généraux de l'Armée rouge avec, notamment, les maréchaux Mikhaïl Toukhatchevski, Iona Yakir et Ieronim Ouborevitch. Ils sont tous accusés de trahison, espionnage et complot sous l'appellation d' « Organisation militaire trotskiste antisoviétique. » Les accusés ont avoué leur participation. Ils sont tous condamnés à mort par un tribunal militaire sous la présidence du juge civil Vassili Oulrikh et exécutés le 11 juin 1937. De nombreux membres de leur famille seront aussi exécutés ou déportés. Tandis que les épurations du parti de 1929 et 1933 ont peu touché le personnel militaire, dans les semaines qui suivent le procès et jusqu'à la mi-1938, de nombreux officiers, soldats, et commissaires politiques, font l'objet d'une épuration de masse par emprisonnement ou exécution.

Durant les Grandes Purges, trois maréchaux sur cinq, 14 généraux d'armée sur 16 et entre 20.000 et 30.000 officiers sont exécutés. C'est un désastre pour l'Armée rouge. En 1941, quand Hitler viole le pacte germano-soviétique de 1939 et envahit l’URSS avec l’opération Barbarossa, il sait que l’armée russe n’a jamais été aussi faible

Procès des 21 du 2 au 13 mars 1938

(Voir cette vidéo intitulée « Staline 5 ; la grande terreur » qui est surtout consacrée à ce dernier procès de Moscou et cette autre vidéo qui montre la « performance » de Vichinsky lors de ce procès.)

Ce troisième procès, dit du « Bloc des droitiers et des trotskystes antisoviétiques » se déroule du 2 au 13 mars 1938. Les 21 principaux accusés sont Boukharine, Rykov, Krestinski, Rakovski et Iagoda. Ils sont accusés de complot visant à assassiner Staline, conspiration pour détruire l'économie et la puissance militaire du pays, de travailler avec les services d'espionnage de l'Allemagne, de la France, du Japon ou encore du Royaume-Uni. Des accords secrets auraient également été conclus avec l'Allemagne et le Japon.

Tous sont passés aux aveux, à l'exception de Krestinski, mais, le jour suivant le procès, il avoue tous les chefs d'accusations. Tous les accusés sont condamnés à mort à l'exception de Pletnev, Rakovski et Bessonov condamnés respectivement à 25, 20 et 15 ans de réclusion.

Le 13 mars, la Pravda titre : « Le verdict de la Cour fut accueilli par de nombreuses manifestations de joie populaire ». L'exécution de Guenrikh Iagoda, qui fut à la tête du NKVD et qui lança le début des Grandes Purges, ne marque pas vraiment la fin de cette période de terreur, qui ne s'éteint qu'à la fin de 1938 (avec le remplacement de Nikolaï Iejov par Lavrenti Beria).

Le négationnisme

L’historienne Annie Lacroix Riz défend coûte que coûte le stalinisme. Elle ne s’est jamais remise de la condamnation par Khrouchtchev des « abus du culte de la personnalité ». Elle entend bien être plus stalinienne que ceux qui estiment que le « culte de la personnalité » est acceptable à petite dose mais qu’il ne faut pas en abuser !

Elle conteste que les victimes des procès de Moscou aient été innocentes. Elle a notamment écrit à ce sujet une longue lettre, qui est formellement adressée à l’historien Jean-Jacques Marie, mais qui, à l’évidence, s’adresse surtout aux militants du PRCF. Elle les invite à ne pas se laisser impressionner par ceux qui expliquent que tous les accusés étaient innocents. Tout au long de ce texte, elle laisse entendre, sans le dire, qu’elle détient des preuves de leur culpabilité. Or, je défie tout lecteur de me dire où il pourrait trouver dans tout ce charabia, de près de1400 mots, l’exposé simple et clair d’une seule preuve. Il n’y en a aucune car sinon cela se verrait. Elle cherche néanmoins à convaincre qu’elle en possède dans une masse de documents qu’elle a annotés et amassés au fil de ses recherches dans de multiples archives… Elle explique longuement comment elle s’y serait prise pour obtenir ces supposées preuves mais elle n’en exhibe aucune. Son but est seulement de faire en sorte qu’au terme de ce délayage le lecteur ait l’impression que des preuves existent même si elle n’en fournit aucune. Je ne vais pas m’attarder à démonter toutes ses stalineries. Je ne donnerai qu’un exemple.

Elle n’hésite pas à annoncer qu’elle détient, comme preuve de la participation des trotskystes à des « tractations avec l’étranger », le « document brut des séances » de tortures-interrogatoires menés dans les caves de la Loubianka par les bourreaux de Staline. Voici ce qu’elle écrit :

Le document brut des séances est instructif, parce que, torturés ou pas, les inculpés fournirent des détails précis sur leurs tractations avec l’étranger qu’aucun tortionnaire, si habile fût-il, n’aurait pu leur inspirer, comme je l’ai fait remarquer naguère à propos des procès qui eurent lieu dans les démocraties populaires de l’Est européen, pendant la Guerre froide, contre de hauts clercs stylés et mandatés par le Vatican.

Elle ne fournit aucune autre information sur ces supposées « tractations ». Elle affirme que ces aveux n’auraient pas pu être extorqués par des tortionnaires mais elle ne fournit à ce sujet aucune explication. Existerait-il une limite en la matière ? Elle insinue que le fait qu’elle ait déjà affirmé cela elle-même auparavant serait une preuve de véracité ! Elle prend ses lecteurs pour des imbéciles. En fait, je le répète, aucune preuve ne vient étayer ses allégations. Tout son texte est dans ce style.

Il faut lui reconnaître un certain talent dans l’art de mentir car, jouant sa réputation d’universitaire, contrairement à bien d’autres, elle ne peut pas se permettre d’émettre des contre-vérités flagrantes. Elle n’affirme pas. Elle insinue. Elle sous-entend. Elle procède par allusions et suggestions. A défaut d’être incisive, elle martèle : huit fois les mots « archive » et « document » mais jamais le mot « preuve ». Ainsi, elle affirme qu’il n’y a « aucun doute sur l’utilisation des trotskistes contre les communistes par les Allemands hitlériens » mais, au lieu d’en donner la preuve que nous attendons tous, elle affirme qu’elle a un épais dossier et qu’en farfouillant dedans nous trouverons assurément la preuve. Est-ce que, dans son institut d’histoire, les lecteurs sont invités à aller chercher les preuves de ce que les auteurs affirment ? Ce n’est pas ce que nous préconisons. Elle est stalinienne jusqu’au bout des ongles : experte dans la contre-vérité entretenue avec des artifices.

Je reprends à mon compte ce qu’elle reproche à Jean-Jacques Marie d’avoir montré : « Staline a tué femmes, enfants et vieillards, sans parler des hommes valides, grâce à une réglementation, par lui élaborée, aussi idiote que féroce ». Il faudrait être aveugle pour ne pas voir cela car il nous reste les photos que le NKVD prenait avant de les exécuter et nous y voyons même des adolescents à défaut d’y voir des enfants. Jean-Jacques Marie n’a d’ailleurs jamais dit qu’il y avait des enfants. Les effets de style du genre « femmes, enfants et vieillards » ne peuvent pas justifier une calomnie. Nous affirmons donc, avec Jean-Jacques Marie, que Staline « symbolise la cruauté, la dissimulation, la mégalomanie, le bluff, le mépris des hommes » (Voir notamment la vidéo intitulée « Un exemple de la folie et de la cruauté du régime stalinien »).

D’autres depuis se sont employés à salir les accusés des procès de Moscou. Je rappelle à ce sujet mon article : « Aymeric Monville vole au secours des staliniens  ». Cet individu dirige en France les éditions Delga entièrement spécialisées dans la diffusion en langue française des pavés de la dernière génération de staliniens qui essaient de réhabiliter, tant bien que mal, les criminels du stalinisme. Ces éditions équilibrent leur budget en vendant quelques exemplaires de chaque pavé essentiellement à des militants du PRCF. L’un des derniers livres fait partie de la série du vis-à-vis et inspirateur américain d’Annie Lacroix Riz. Il s’appelle Grover Furrest et il nie toutes les accusations portées contre le « Petit Père des peuples ». Voici quelques-unes de ses stalineries :

  • Les accusés des Procès de Moscou, jugés principalement pour collaboration avec les nazis, étaient coupables
  • Staline n’était pas responsable des massacres perpétrés par Iejov.
  • « Pas une seule déclaration spécifique » de Khrouchtchev dans son « rapport secret » de février 1956 « ne s'est avérée vraie ».
  • Le pacte Hitler-Staline (Molotov-Ribbentrop) devait préserver la Pologne et non l'attaquer.
  • L'Union soviétique n'a pas envahi la Deuxième République polonaise.
  • Le massacre de Katyń n'a pas été commis par le NKVD soviétique, mais par le Schutzstaffel.

Annie Lacroix Riz, tenu par ses obligations d’universitaire française, ne peut pas se permettre de reprendre à son compte toutes ces grossières contre-vérités. C’est pourquoi elle se contente, sur quelques points, de lancer un flot d’insinuations comme nous l’avons vu avec sa « lettre à Jean-Jacques Marie ». Cependant, tous les staliniens à gros sabots du PRCF ne se privent pas de faire état de ce tas d’immondices. Les éditions Delga sont faites pour cela et Aymeric Monville excelle dans le rôle du faux-cul comme nous l’avons vu.

Staline contre le bolchévisme et le trotskysme

Les procès de Moscou sont destinés à convaincre l'opinion publique intérieure et étrangère de l'existence d'une vaste conspiration antisoviétique. Ils doivent aussi servir d'exemple pour les multiples autres procès qui se déroulent dans le reste du pays. Fondés sur les seuls aveux des accusés, généralement arrachés sous la torture et les menaces de mort sur la famille, les procès sont des simulacres. L’essentiel pour Staline est que les accusés avouent publiquement des crimes imaginaires. Il faut qu’Eluard, Aragon et tous les staliniens puissent dire : « J’ai trop à faire des innocents qui clament leur innocence pour me préoccuper des coupables qui clament leur culpabilité ».

Les procès de Moscou ont marqué le point culminant de la campagne menée par la bureaucratie stalinienne pour liquider le parti bolchevique et sa direction. Pour établir sa dictature, Staline a exterminé les bolchéviques. Des huit membres du premier bureau politique du parti bolchévique seuls Lénine et Staline sont morts de « mort naturelle ». Parmi les seize membres du premier gouvernement bolchévique, Alexandra Kollonkaï est la seule à avoir survécu à la terreur stalinienne. Des vingt-six membres du comité central de 1917, on ne dénombre que trois survivants après les purges staliniennes (Alexandra Kollontai (1872-1952), Matveï Konstantinovitch Mouranov (1873-1959), Elena Stassova (1873-1966).

Sur le même thème, Pierre Broué a écrit  : « Sur les millions de détenus libérés des camps de concentration après la mort de Staline, (...) les trotskystes survivants peuvent se compter sur les doigts d'une seule main ? ». Notons que les trotskystes dont parle Broué n’étaient pas nécessairement tous des anciens de la révolution d’octobre.

Mais cela ne suffit pas à Staline. Il craint Trotsky. En dehors des frontières de l’URSS, celui-ci se montre encore plus dangereux. Depuis l’étranger, il dénonce la dérive autoritaire du régime soviétique. Il prouve que les accusations des procès de Moscou sont entièrement fausses. Une commission d'enquête sur les allégations contre Léon Trotsky dans les procès de Moscou se réunit et rend ses conclusions à New-York le 21 septembre 1937. C’est la Commission Dewey. Trotsky a été entendu lors de 13 audiences du 10 au 17 avril. Il est totalement innocenté. Malgré tout le flot de calomnies, l'opposition de Gauche et Trotsky apparaissent encore comme ceux qui défendent les véritables idées du marxisme et de Lénine, La vérité l’emporte : Le stalinisme n’est pas le marxisme, c’est son ennemi le plus perfide. La bureaucratie stalinienne a usurpé le pouvoir conquis par la classe ouvrière lors de la Révolution d’octobre. Elle a consolidé son pouvoir en Union soviétique par l’extermination la plus massive des marxistes et des vrais communistes jamais menée dans l’histoire.

Que cette vérité apparaisse est insupportable pour Staline. Il sait que l’opposition de gauche est faible et que seul Trotsky, leader incontestable, a l’expérience et l’autorité pour la diriger. Le Bulletin de l’Opposition continuait à circuler clandestinement en Union soviétique et les analyses de Trotsky continuaient à être suivies. Staline, vétéran du Parti bolchevique, comprenait très bien la puissance des idées et la capacité d’un groupe révolutionnaire même petit à devenir une force décisive quand les circonstances deviennent favorables. Il a vu le parti bolchévique ultra-minoritaire devenir en quelques mois un puissant parti de masse en mesure de diriger une révolution. Staline était donc déterminé à détruire toute trace d’une opposition marxiste à son régime. Il devait supprimer Trotsky.

 

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34 réactions


  • sophie 25 novembre 2022 12:04

    Je n’ai pas lu l’article....


  • DeRussie 25 novembre 2022 13:20

    La période 1917-1937 en Union soviétique a été une lutte entre les théories et les idées du stalinisme et du trotskisme, une lutte entre Staline et Trotsky pour le pouvoir. Le trotskisme est considéré comme la théorie de la révolution continue jusqu’à la victoire complète du prolétariat sur toute la planète. La différence entre le trotskisme et le stalinisme est que Staline misait sur des gestionnaires qualifiés et qu’en créant une élite de gestionnaires, il a modernisé le pays. Tandis que Trotsky nie la nécessité de créer une classe dirigeante et s’appuie sur l’autogestion des masses.
    En 1924, les trotskystes perdent contre les communistes lors d’une discussion interne au parti, après quoi commence un rouleau de répression toujours plus grand contre les trotskystes. Trotsky lui-même a quitté le pays en 1929.
    L’une des raisons de la défaite politique de Trotsky était sa négation véhémente de la nécessité d’une union entre le prolétariat et la paysannerie pauvre. Cette erreur a miné le nombre de ses partisans et a été récupérée de manière convaincante par les bolcheviks lors des débats.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 25 novembre 2022 22:41

      @DeRussie

      Bonjour,
      Merci de vos interventions. Votre première affirmation est entièrement fausse.

      "La période 1917-1937 en Union soviétique a été une lutte entre les théories et les idées du stalinisme et du trotskisme, une lutte entre Staline et Trotsky pour le pouvoir.« 

      Non ! Il n’y a pas eu de lutte entre deux théories. Il y a eu d’un côté l’expression de la vérité et de l’autre le mensonge permanent, la calomnie, la falsification. Non ! Il n’y a pas eu une lutte entre deux hommes mais la lutte des bolchéviques contre la réaction thermidorienne. Les bolcheviques voulaient poursuivre la lutte pour le socialisme. La réaction voulait y mettre un terme. Non ! il n’y a pas eu une lutte entre Staline et Trotsky pour prendre le pouvoir. Trotsky n’a jamais voulu avoir le pouvoir en Russie. Il voulait poursuivre le combat pour le socialisme. Il voulait donc étendre la révolution socialiste à d’autres pays en commençant par l’Allemagne puis il s’est opposé à la politique de Staline qui a mené à l’échec de la deuxième révolution chinoise et à l’échec de la grève générale en Angleterre. Dans le même temps, il voulait plus de socialisation de la production en Russie avec davantage de libertés, d’égalité sociale, de démocratie.... Trotsky s’est donc opposé sur toutes ces questions à la mise en place d’une abominable dictature par Staline qui s’est lancé dans une folie meurtrière comme il n’y en a jamais eu. Cela n’a rien à voir avec un combat entre deux hommes pour le pouvoir.

       »Le trotskisme est considéré comme la théorie de la révolution continue jusqu’à la victoire complète du prolétariat sur toute la planète.« 

      Il ne s’agit pas d’une théorie. Il s’agit de choisir de sauver l’humanité menacée de sombrer dans la barbarie en trouvant une issue par la révolution socialiste mondiale. Cette perspective était celle de Marx, de Engels, de Lénine et aussi de Trotsky.

       »La différence entre le trotskisme et le stalinisme est que Staline misait sur des gestionnaires qualifiés et qu’en créant une élite de gestionnaires, il a modernisé le pays.« 

      Staline a exterminé tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à de l’intelligence agissante. Les élites de Staline étaient exterminées par vagues successives au fur et à mesure qu’il changeait de politique. Toute l’équipe de Iagoda a été exterminée par l’équipe de Iejov puis l’équipe de Iejov a été exterminée par l’équipe de Beria.
      Ceux qui voulaient défendre les démocraties bourgeoises étaient en danger de mort quand Staline s’alliait avec Hitler de 1939 à 1941. Puis Staline a copiné avec les merveilleux capitalistes américains qui l’appelaient »l’oncle Jo« . Celui qui aurait alors osé critiquait les américains se serait fait fusiller.

       »Tandis que Trotsky nie la nécessité de créer une classe dirigeante« 

      Tiens ! Voilà tout de même une vérité.

       »Trotsky lui-même a quitté le pays en 1929.« 

      Quel joli euphémisme ! Il a peut être décidé d’aller faire du tourisme à l’étranger.

       »L’une des raisons de la défaite politique de Trotsky était sa négation véhémente de la nécessité d’une union entre le prolétariat et la paysannerie pauvre."

      D’où sortez vous cette énorme contre-vérité ? C’était toute la stratégie de Lénine et Trotsky pour parvenir à mener à bien la révolution puis à gagner ensuite la guerre civile et plus tard encore c’est pour maintenir cette unité avec la paysannerie qu’ils ont mis en place la NEP et plus tard encore Trotsky a proposé de diminuer les impôts pour les paysans pauvres...

      « Cette erreur a miné le nombre de ses partisans et a été récupérée de manière convaincante par les bolcheviks lors des débats. »

      Mais les bolchéviks ont été exterminés par Staline. J’ai donné la liste des survivants.
      Vous êtes empli de l’intoxication mensongère de Staline avec par dessus le marché celle de Poutine. Tout ça déborde !


    • Mozart Mozart 28 novembre 2022 11:13

      @Jean Dugenêt
      Cher Jean,
      Cela ne pouvait que finir comme cela. L’Histoire a toujours suivi le même cours : après des périodes troubles suivent inévitablement des des dictatures . La république de Weimar/nazisme, l’Italie de 1920/Mussolini, La république de 36/Franco, la première république portugaise/Salazar, la révolution française/Napoléon...
      Mais, si par un hasard extraordinaire, Trotsky avait vaincu, cela aurait tourné au pugilat mortifère style révolution culturelle de Mao. Toujours à en vouloir plus, à vouloir étaler la révolution a des pays tiers. Immanquablement cela aurait réveillé des velléités guerrière des pays concernés dans leur entité et donc, des massacres sans fins. Un grande partie de la classe ouvrière occidentale n’était pas pour ces chimères. Et si Trotsky n’avait pas été si imbus de lui-même, si sûr d’être au dessus du lot, il aurait vu, sans doute, arriver le danger Staline. Mais, être l’héritier d’un pouvoir mal acquis par un névropathe syphilitique qui, de plus, fut envoyé par les services secrets allemands pour affaiblir son front de l’Est, ne pouvait que revenir au plus pourri de cette Mafia Bolchevik. 
      Trotsky est digne de la fable de La Fontaine, la grenouille et le boeuf. Il enfla si fort, qu’il éclata. C’est si drôle de le voir en vouloir aux pays occidentaux de ne pas lui avoir donner le droit d’asile alors qu’il avait passé son temps à essayer d’y mettre sa révolution, de cocufier sa femme avec Frida Khalo, de donner des leçons de morales en permanence, lui le fils d’un bourgeois en mal d’aventures. On retrouve exactement la même chose chez Che Guevara. Trotsky est en train de devenir une anecdote de l’Histoire, cher Jean, qui ne marque plus que les générations pré soixante-huitard tant attachées à ces billevesées. 
      Ne m’en voulez pas, cher Jean. Dans mes classes, mes universités, j’étais sans doute l’un des rares à lutter contre ces idées, à détester Sartre et tous ces pseudos intellectuels et artistes épousant les idées à la mode. On voit aujourd’hui, contrairement à vous qui avez des convictions,comment ces intellos retournent leurs vestes.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 28 novembre 2022 12:30

      @Mozart
      Bonjour,
      Merci de poursuivre cette discussion.
      Vous faites état de vos convictions que je pense sincères mais votre discours manque de rationalité c’est-à-dire d’argumentation. Vous faites des généralisations abusives. Vous inventez en effet des règles à partir de quelques observations. C’est vrai que Napoléon est venu après la révolution. C’est vrai que Staline a construit sa dictature après la révolution de 1917 (Les trotskystes parlent d’ailleurs de réaction thermidorienne)... Mais de toutes ces observations ; il n’y a aucune règle à déduire. Vous exhibez aussi des arguments d’ordre psychologique concernant une personne pour expliquer des phénomènes qui ont changés la face du monde. C’est le fameux : Si la nez de Cléopâtre avait... Il faut à ce sujet plus de prudence. Il y aurait toute une réflexion à mener sur le rôle de l’individu dans l’histoire. Il peut avoir une certaine importance mais il ne fait pas tout. Il faudrait que vous lisiez à ce sujet ce que dit Jean Jacques Marie dans l’introduction qu’il a écrite pour « l’histoire de la révolution russe » de Trotsky mais je suppose que ce livre n’est pas dans votre bibliothèque. Au besoin j’en reparlerai.

      Je trouve que ce que vous dîtes de Trotsky est sans fondement : "Et si Trotsky n’avait pas été si imbu de lui-même, si sûr d’être au dessus du lot, il aurait vu, sans doute, arriver le danger Staline« . »Trotsky est digne de la fable de La Fontaine, la grenouille et le boeuf. Il enfla si fort, qu’il éclata. C’est si drôle de le voir en vouloir aux pays occidentaux de ne pas lui avoir donner le droit d’asile alors qu’il avait passé son temps à essayer d’y mettre sa révolution, de cocufier sa femme avec Frida Khalo, de donner des leçons de morales en permanence, lui le fils d’un bourgeois en mal d’aventures. On retrouve exactement la même chose chez Che Guevara. Trotsky est en train de devenir une anecdote de l’Histoire, cher Jean, qui ne marque plus que les générations pré soixante-huitard tant attachées à ces billevesées."

      Vous allez jusqu’à faire état de sa vie privée. Or c’est justement un point où je trouve que les hommes publics ont l’avantage de se rapprocher des hommes ordinaires avec leurs faiblesses. On a beaucoup reproché les escapades en scooter d’un ancien président qui allait rejoindre clandestinement sa belle. 

      C’est pour ma part la seule chose que j’ai trouvée sympathique chez lui. Il y aurait beaucoup de chose à dire sur Frida Kahlo qui a actuellement un gros succès. C’est devenu subitement un personnage à la mode. La justesse des vues de Trotsky fait que ce ne sera jamais une « anecdote de l’histoire ». Il est le continuateur de l’oeuvre de Marx, d’Engels puis de Lénine qui ne seront jamais des « anecdotes ».

      Vous reprenez aussi à votre compte une vieille calomnie utilisée surtout contre Lénine « envoyé par les services secrets allemands pour affaiblir son front de l’Est ». C’est bien évidemment faux. Au plus, on peut dire que des dirigeants allemands ont pensé qu’il ne serait pas judicieux de s’opposer au retour de ces révolutionnaire exilés dans leur pays.


    • DeRussie 28 novembre 2022 13:48

      @Jean Dugenêt

      "Le trotskisme est considéré comme une théorie de la révolution continue jusqu’à la victoire complète du prolétariat sur toute la planète.

      Il ne s’agit pas d’une théorie. Il s’agit du choix de sauver l’humanité, menacée par une descente dans la barbarie, en cherchant une issue dans une révolution socialiste mondiale. Ce point de vue appartenait à Marx, Engels, Lénine ainsi qu’à Trotsky.

      Pour citer « La Révolution trahie » - "Seul un prolétariat européen irréconciliablement opposé à sa bourgeoisie, y compris dans le camp des « amis du monde », sera en mesure de protéger l’URSS d’une défaite ou d’un coup de poignard dans le dos de la part des « alliés »".

      Comme l’a montré l’expérience de la Seconde Guerre mondiale, l’intérêt de classe n’y a joué aucun rôle, au contraire - l’intérêt national était au-dessus de l’intérêt de classe. Par exemple, malgré la situation critique du Troisième Reich au cours de l’hiver et du printemps 1945, il n’y a pas eu de soulèvement ouvrier majeur.

      D’où tirez-vous cette énorme contre-vérité ?

      C’est l’histoire de l’Union soviétique, tout comme la "dictature des Jacobins« et les »massacres de septembre 1792" sont l’histoire de la France. Il faut accepter l’histoire telle qu’elle est, de manière impartiale, sans faire un culte de l’une et diminuer le rôle des autres.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 28 novembre 2022 17:34

      @DeRussie
      Bonjour,
      Je ne comprends pas ce que vous voulez montrer avec votre citation de « La Révolution Trahie ».

      Je ne comprend pas non plus d’où vient l’idée que le trotskysme serait une théorie. Je rappelle que les mots « trotskysme », « Léninisme » et « stalinisme » n’ont jamais été utilisé avant le décès de Lénine. C’est en voulant s’opposer à Trotsky que Staline a inventé deux théories opposées : le « trotskysme » et le « Léninisme ». Il a fait publier en énorme quantité des livres entiers visant à faire croire que Lénine et Trotsky étaient des adversaires voire même des ennemis. C’est ainsi que sont nés les mots « trotskysme » et « léninisme » que nous utilisons maintenant avec un autre sens.

      Il n’y a pas lieu de parler d’une théorie trotskyste. Il est vrai par contre qu’on parle de la théorie de la révolution permanente mais le trotskysme est loin de se réduire à cela. Je rappelle d’ailleurs que Lénine s’est rallié sur ces questions à Trotsky quand il a publié les « thèses d’avril ». Auparavant Lénine et Trotsky s’étaient opposés sur la question du type de parti qu’il fallait construire et sur ce point, c’est Trotsky qui ’s’est rallié à Lénine.

      L’opposition entre Staline et Trotsky n’avait rien à voir avec cela. C’était le choix entre la réaction thermidorienne pour cesser toute lutte révolutionnaire et établir une dictature ou continuer le combat pour la révolution socialiste tel que le voulait Lénine.

      "Comme l’a montré l’expérience de la Seconde Guerre mondiale, l’intérêt de classe n’y a joué aucun rôle, au contraire - l’intérêt national était au-dessus de l’intérêt de classe. Par exemple, malgré la situation critique du Troisième Reich au cours de l’hiver et du printemps 1945, il n’y a pas eu de soulèvement ouvrier majeur."

      La mobilisation du peuple contre le nazisme était un combat de classe. La propagande de Staline était effectivement nationaliste. Cependant c’est pour assurer leur survie que les peuples de l’union soviétique se sont mobilisés et bien d’autres peuples dans le monde. Les 800 000 personnes déportées par Staline se sont mobilisées pour lutter contre le nazisme et surement pas pour faire plaisir à Staline. Cette montée révolutionnaire a eu lieu dans le monde entier notamment avec les mouvements de résistance. Les partis staliniens ont fait en sorte de canaliser et de stopper les révolutions qui se mettaient en marche. En France c’est la résistance qui a libéré Paris puis Thorez, qui a passé tout le temps de la guerre bien planqué dans une datcha de la région de Moscou, a donné la consigne au PCF de s’effacer devant De Gaulle pour remettre le capitalisme en selle. Ils ont désarmé la résistance.

      L’armée russe s’était faite enfoncer de toute part à la suite de l’opération Barbarossa puisqu’elle avait été désorganisée par Staline. C’est la mobilisation populaire qui a permis de reprendre le dessus au prix de pertes humaines gigantesques. C’était à la fois une guerre traditionnelle et une guerre de partisans. La guerre traditionnelle était menée, avec un grand mépris de la vie humaine, par Staline qui n’hésitait pas à envoyer au massacre des millions d’hommes. La guerre de partisans était menée la plupart du temps sans direction centralisée.

      Quand j’ai posé la question : "D’où tirez-vous cette énorme contre-vérité ?« vous savez très bien que c’était à propos de cette affirmation que je rappelle :
       »L’une des raisons de la défaite politique de Trotsky était sa négation véhémente de la nécessité d’une union entre le prolétariat et la paysannerie pauvre. "

      Vous vous gardez bien de le rappeler et ainsi vous avez le culot d’affirmer : "C’est l’histoire de l’Union soviétique".

      Vous ne reprenez pas seulement les arguments du stalinisme mais vous en avez aussi assimilé la méthode.


    • Mozart Mozart 29 novembre 2022 09:25

      @Jean Dugenêt
      Bonjour Jean,
      Non, mon discours pour ce qui est de l’Histoire est une juste observation. J’ai pris quelques exemples récents, mais on pourrait en tirer une règle quasi générale.
      J’ai lu le Staline de Jean-Jacques Marie et il montre bien la médiocrité du personnage. Cela rend d’autant moins justice à Trotsky de montrer qu’il a été vaincu par un médiocre.
      Et oui, je m’en prend aussi à sa vie privée car elle est aussi le reflet de ce qu’est profondément une personne. Je méprise le rondouillard 3° république qu’a été Hollande mais je considère hautement un Charles de Gaulle ou un Winston Churchill. Je ne prône pas la vie de saint, mais le respect de l’autre. Or, le cocufiage montre nettement le mépris que l’on a de sa compagne ou compagnon. On ment pour ne pas affronter le véritable dialogue.
      Pour ce qui est de l’épanouissement humain, il y aura toujours besoin de construire des automobiles, des chaussures et l’ensemble des biens que nous utilisons. Tous ces métiers ne sont pas forcément épanouissants. Tous le monde ne pourra faire « groupe rock », artiste peintre ou présentateur télé. C’est la vie, c’est comme ça et vos illusions ne pourront jamais être réalisées. Un capitaliste avait compris le système en rémunérant ses ouvriers largement au dessus de la moyenne. Il jouait sur les deux tableaux : avoir une bonne productivité et un bon travail et en même temps pouvoir permettre à ses ouvriers de pouvoir acquérir les biens qu’ils produisaient : il se nommait Henry Ford. Il faisait mentir les thèses marxistes qui prédisaient l’abaissement du niveau de vie des ouvriers. Et le véritable capitalisme s’est toujours préoccupé du niveau de vie des salariés, car ce sont eux, au final, les consommateurs. Ce sont les communistes, la Chine en particulier, qui exploitent dans les pires conditions humaines, les ouvriers. Et ce sont ces pays, soit disant république démocratique, qui essaient d’obliger les pays capitalistes, à baisser les revenus de leur classe ouvrière. Les résultats des gouvernements de gauche ont toujours été terribles pour les plus défavorisés. Ce ne sont que paroles masquant la vérité économique. Je plains les parisiens qui vont devoir payer pendant des décennies les gabegies des maires gauchistes qui ont dirigé la capitale.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 29 novembre 2022 11:56

      @Mozart
      Bonjour,
      Merci encore de faire vos remarques pertinentes. Je commence par ce qui semble le moins important. Vous avez raison de dire :

      "Or, le cocufiage montre nettement le mépris que l’on a de sa compagne ou compagnon. On ment pour ne pas affronter le véritable dialogue."

      Le mot « mépris » est sans doute fort mais je dirais volontiers « manque de respect ». Je vous invite à écouter ( et peut-être savourer) la chanson « Pénélope » de Brassens.

      « Toi l’épouse modèle
      Le grillon du foyer
      Toi qui n’a point d’accroc
      Dans ta robe de mariée
      Toi l’intraitable Pénélope

      En suivant ton petit
      Bonhomme de bonheur
      Ne berces tu jamais
      En tout bien tout honneur
      De jolies pensées interlopes (bis) »

      (...)

      « N’as tu jamais en rêve
      Au ciel d’un autre lit
      Compté de nouvelles étoiles (bis) »

      Qui n’a pas au moins, de temps en temps, le désir de faire un écart (Un « grand écart » dirait Brassens) ? Je considère le fait que Trotsky (que j’apprécie) ou Hollande (que je méprise) passe aux actes comme des faiblesses compréhensibles.

      Passons à l’essentiel. Vous écrivez :

      "Non, mon discours pour ce qui est de l’Histoire est une juste observation. J’ai pris quelques exemples récents, mais on pourrait en tirer une règle quasi générale.« 

      Votre discours est une juste observation mais rien ne permet d’en tirer une règle générale ni même »quasi générale« . Cela revient à postuler l’inutilité de se rebeller contre l’ordre établi. Cela revient à condamner les révoltes des esclaves, des peuples colonisés, des serfs... A ce compte, il aurait fallu rester à l’esclavage le plus brutal de l’antiquité.

      C’est effectivement l’ABC du marxisme de considérer le capitalisme comme la dernière forme d’exploitation de l’homme par l’homme. A partir de là, les rapports de production du capitalisme, comme pour les autres modes d’exploitation antérieurs, a pendant un temps permis un énorme développement des forces productives. Mais, il y a longtemps que ce mode d’exploitation a atteint son maximum. Les forces productives de l’humanité ont cessé de croître dans le cadre du capitalisme. Il faut maintenant passer à un mode d’organisation supérieure. La »fourmilière" ne fonctionne plus selon des règles assurant sa survie. Elle court, collectivement, à sa perte. Cela a été expliqué par Marx alors que le capitalisme était encore dans sa phase ascendante. Plus tard, Rosa Luxembourg a exprimé la même idée en disant que nous sommes face à l’alternative : socialisme ou barbarie.

      "J’ai lu le Staline de Jean-Jacques Marie et il montre bien la médiocrité du personnage. Cela rend d’autant moins justice à Trotsky de montrer qu’il a été vaincu par un médiocre."

      Vous dîtes là encore des choses justes mais la question des jugements que l’on peut porter sur les personnages est très secondaire. Il s’agissait de bien autre chose que de la lutte entre deux personnes. Il s’agissait soit de poursuivre la lutte pour le socialisme soit de capituler devant les capitalistes en abandonnant cette perspective pour mettre en place un appareil de bureaucrates privilégiés ce qui ne pouvait aboutir qu’à une dictature.

      A partir de là, je peux faire un copier/coller d’une partie de ce que je viens d’écrire pour Martin :

      ===========

      A partir du moment où Staline a été celui qui a mis fin à la lutte de la IIIème internationale pour le socialisme, il s’est rangé du côté de l’ordre capitaliste tout en maintenant certaines conquêtes ouvrières comme l’expropriation du capital. C’était donc déjà une première victoire du capitalisme. A partir de ce moment, l’URSS s’est trouvée devant une alternative :
      — soit les peuples par des révolutions politiques chassaient les bureaucraties staliniennes pour reprendre la lutte pour le socialisme ;
      — soit la bureaucratie restaurait le capitalisme pour asseoir ses privilèges sur la propriété des moyens de production.

      C’est la deuxième solution qui a mis fin aux dernières conquêtes ouvrières de l’URSS, 75 ans après la révolution russe. Le capitalisme a alors remporté sa deuxième victoire dans cette région du monde. Pendant un moment, la Russie de Poutine s’est trouvée proche de faire un bloc uni avec les autres capitalistes. L’adhésion à l’OTAN a même été envisagée. Mais, le capitalisme porte aussi en lui la lutte impérialiste entre les grandes puissances pour dominer le monde. Une unité d’une vaste Europe capitaliste (de la pointe de la Bretagne jusqu’à l’Oural) viendrait mettre en péril la domination américaine sur le monde. Les guerres intraeuropéennes sont indispensables pour assurer la domination des USA. Comme toujours, ce sont en apparence des heurts sur des questions de nationalités qui justifient ces guerres, mais elles sont bien le produit du capitalisme. Les luttes inter-impérialistes sont une composante du capitalisme. C’est, comme disait Lénine : « l’ère des guerres et des révolutions ».

      ==========

      Je vous laisse ensuite à vos réflexions sur le nécessaire réalisme : « Pour ce qui est de l’épanouissement humain, il y aura toujours besoin de construire des automobiles, des chaussures... »

      Les progrès actuels des sciences et des techniques permettraient que tout cela soit fait par des robots... Et il est impossible de se projeter sur ce que serait l’avenir de l’humanité ayant dépassé le stade du capitalisme. Nous pouvons par contre avoir une vision très réaliste de ce que pourrait être la barbarie finale vers laquelle le capitalisme nous entraîne.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 1er décembre 2022 12:27

      @Martin

      Bonjour Martin,

      Merci de poursuivre cette discussion qui nous amène à un niveau de réflexion au-dessus de ce que nous devons subir régulièrement sur AgoraVox.

      A propos de la Chine et de la question du « communisme versus le capitalisme » qu’elle soulève, je crois qu’avec l’exemple de la révolution russe que j’ai traité dans deux articles précédents nous voyons plus clair. D’ailleurs des auteurs font une distinction nette entre les deux termes « socialisme » et « communisme ». Le « communisme » est alors le but ultime à atteindre où on ne fera plus de différence entre le travail et les loisirs, où les questions de nationalité s’effaceront pour laisser la place à une république universelle des hommes... Le « socialisme » est alors une période intermédiaire où le capitalisme n’a pas disparu. Tout le temps que la révolution socialiste ne sera pas victorieuse sur le monde entier nous serons obligatoirement dans cette situation intermédiaire car aucun pays n’échappera aux lois du marché capitaliste. C’est le cas de la Chine actuellement. Dans ces pays où des conquêtes socialistes ont été arrachées par l’expropriation d’une grande part de capital nous avons vu, et nous voyons tous les jours, que des régimes politiques extrêmement réactionnaires peuvent se trouver au pouvoir. C’est ce que n’avaient pas prévu Marx, Lénine, Trotsky.

      Plus précisément, ce que Trotsky désignait comme une éventualité exceptionnelle possible est apparu maintes fois du fait que le mouvement ouvrier a connu une abominable défaite avec la répression conjuguée du nazisme, des autres formes de fascisme, du stalinisme et avec en plus toutes les pertes de la guerre. Je ferai plus tard une citation du « programme de transition » à ce sujet. Toute l’avant-garde ayant été quasiment exterminée, il n’était plus possible que des révolutions soient victorieuses mais, cependant, la lutte des classes reste toujours le moteur de l’histoire et de multiples fois les peuples déclenchent des révolutions qui, dans ces conditions, ne peuvent jamais être totalement victorieuses (Chine, Cuba, Iran).

      Ce que Mozart critique dans le « communisme » c’est précisément que le capitalisme n’est pas complètement disparu et que c’est un régime réactionnaire qui gère à la fois les conquêtes ouvrières et la part de capitalisme qui reste dans ces pays. C’était le cas dans l’URSS. C’est le cas avec la Chine et Cuba. Que dire alors du régime théocratique d’Iran ? Nous osons à peine parler de socialisme.

      Je t’approuve évidemment dans ta critique du capitalisme. "Ce n’est pas le capitalisme qui porte une attention à la qualité de vie d’un citoyen..." L’exemple de Ford donné par Mozart ne prouve rien. Il oublie de dire que les ouvriers de chez Ford se sont battus pour obtenir des avantages. Dans le même style, nous avons entendu à un moment De Gaulle se satisfaire, après avoir liquidé la résistance en 1945, de progrès qu’il s’attribuait entièrement quelques décennies plus tard

      . Les progrès sociaux ne résultent que d’un rapport de force obtenu dans la lutte des classes. Toutes les conquêtes de la libération sont dues à la montée révolutionnaire du moment qui a obligé les capitalistes à faire d’énormes concessions pour remettre en place leur régime d’exploitation.

      Depuis elles sont toutes remises en question régulièrement. Qui peut me dire où est la limite que veulent atteindre les milliardaires en s’attaquant pour la dixième fois aux retraites ? Ils veulent faire crever les travailleurs au travail. Ils n’ont pas d’autre limite. Tout le reste n’est qu’une question de rapport de force.

      Tu te trompes grandement quand tu écris : "La politique dans une économie dite capitaliste peut s’atteler à défendre les travailleurs, être soucieux du droit des individus, soucieux des pauvres, tenter d’améliorer le sort des citoyens". Ce n’est jamais un choix libre des capitalistes de faire des conditions pour satisfaire des revendications ouvrières. Elles ont toujours été conquises par des luttes : 1936, 1945, 1968...

      Qu’il y ait d’énormes différences entre les pays comme tu le montres, avec de multiples exemples, est absolument certain car chacun hérite de son passé notamment en ce qui concerne les religions et chacun fabrique son présent dans les déchirements de la lutte des classes. Quelles comparaisons sont permises entre les anciens pays colonisateurs qui ont dominé le monde au XIXème siècle et les anciens pays colonisés ? De ce point de vue Cuba peut certes être comparé avec Haïti mais pas avec la France...


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 7 décembre 2022 10:59

      @Martin
      Bonjour Martin,
      A force de nous rejoindre l’un et l’autre nous finirons bien par être ensemble.
      Je te rejoins en effet quand tu dis :
      " il y a dans certaines entreprises, petites ou moyennes entreprises, qui sous l’impulsion du patron, cherchent à améliorer la qualité de travail et le salaire des employés (tout dépend de l’engagement dudit patron, cela même dans un système capitaliste)"

      C’est assurément vrai au moins pour des petites entreprises. Je connais des cas où indéniablement des patrons ont davantage œuvré pour le socialisme que pour le capitalisme. D’ailleurs Engels avait hérité d’une entreprise familiale et a été lui-même patron. J’ai rompu avec une organisation politique qui a depuis présenté un petit patron à l’élection présidentielle (Schivardi). Je suppose (j’espère) qu’il ne cherchait pas particulièrement à exploiter ses employés. J’ai connu, il y a bien longtemps, un dirigeant d’une organisation de jeunesse révolutionnaire (l’AJS) qui est devenu producteur de cinéma. Il a notamment produit « La Passante du Sans Soucis ». C’est assurément un patron car, quand il produit un film, il embauche une quantité de personnes et pas seulement des acteurs...

      Il y a eu mille cas de tentative d’autogestion plus ou moins réussie. Celle que j’ai connue a été un énorme échec où finalement les syndicalistes-patrons ont spolié les travailleurs en leur demandant d’acquérir des actions au moment où l’entreprise coulait. Ces syndicalistes-patrons s’en sont tirés avec du fric dans les poches alors que les salariés ont tout perdu.

      Mais, si on parle de la tendance générale, car c’est bien ce qui nous intéresse, nous voyons le niveau de vie des travailleurs évoluer dans le temps (en fonction des périodes) et dans l’espace (en fonction des pays) et il faut bien constater que c’est la lutte des classes qui permet toujours à telle période dans tel pays d’obtenir des garanties pour l’ensemble des travailleurs. A quel moment les ouvriers ont-il obtenus des congés payés, des retraites, la sécurité sociale ?

      Dans les périodes de « calme social », le patronat, avec ses énormes moyens de propagande, impose l’idée qu’il est impossible que la société fonctionne avec ces dépenses inconsidérées que sont les retraites, les congés... Quand un fort mouvement social vient ébranler les bases de leur système d’exploitation et qu’ils prennent peur, risquant de tout perdre, ils s’aperçoivent soudainement que tout ce qui était impossible la veille devient immédiatement réalisable avec en plus un facteur multiplicatif.

      Quand tu emploies une expression comme la suivante, je pense que tu n’as pas suffisamment réfléchi à ce qu’est l’économie c’est-à-dire l’exploitation :

      "D’autre part le capitalisme fait beaucoup d’argent, et dans nos sociétés, si les luttes sociales dont tu parles ont pu avoir « satisfaction » c’est qu’il il y avait de l’argent, beaucoup d’argent."

      Il faudrait sans doute reprendre les bases du marxisme. Je ne te propose pas de lire le Capital. Je ne l’ai pas lu en entier. Mais un petit fascicule comme « Salaire, Prix Profit » permet d’y voir un peu plus clair. Que veut dire « Le capitalisme fait beaucoup d’argent » ? Qu’est ce que « l’argent » ?

      Assurément, les capitalistes trouvent toujours suffisamment d’argent pour maintenir leur système d’exploitation.

      C’est la nature même du capitalisme d’extorquer de la plus-value. Pour faire vite, la valeur d’un objet est la quantité de travail qu’il faut pour le produire en totalisant tout le travail nécessaire pour produire l’objet lui-même et chaque composant, l’énergie des machines utilisées... Un capitaliste qui a une entreprise qui produit des objets ne donne aux employés en salaire (argent) qu’une partie de la valeur qu’ils ont produite en fabriquant ces objets.

      Oui le capitalisme par nature produit de la plus-value et il peut toujours trouver des moyens énormes (de l’argent) pour assurer sa survie. Combien de milliards les américains ont donné à Eltsine pour l’aider à réintroduire le capitalisme en URSS à un moment où, maintenant, les poutinolâtres voudraient nous faire croire que la préoccupation des USA était d’étendre l’OTAN vers l’Est ? Combien de milliards ont-ils dépensé en vain pour réintroduire le capitalisme à Cuba, en Chine, en Iran ? Nous pouvons dire que leurs moyens, pour ces objectifs, sont quasiment illimités... Oui le capitalisme dispose de beaucoup d’argent pour dominer et en même temps pour emmener l’Humanité vers sa perte. Car c’est ça le plus important. Combien de milliards dans les bombes atomiques opérationnelles pour détruire plusieurs fois l’humanité ? J’ai déjà écrit plusieurs fois ce que je pense à ce sujet. Je fais un copier/coller.

      Le maintien en place du capitalisme mène à une régression voire une disparition de l’humanité. C’est ce qu’expriment les marxistes en disant que les forces productives de l’humanité ont cessé de croitre. Les forces productives de l’humanité sont la capacité de l’humanité à produire, à partir de la nature, des biens qui permettent aux hommes de vivre mieux c’est-à-dire plus longtemps, en meilleure santé, avec un meilleur épanouissement intellectuel, plus de loisirs… L’affirmation que ces forces productives ont cessé de croître a été maintes fois contestée car les progrès des sciences et des techniques sont incontestablement énormes. Cependant, dans notre société, ils ne permettent plus un meilleur développement de l’ensemble des forces productives. Pour quelques-uns d’entre nous cela n’a rien d’évident. En France et dans d’autres pays d’Europe, une amélioration de la qualité de vie est certaine de génération en génération. Je vis mieux que mes parents qui eux-mêmes ont mieux vécu que mes grands-parents. L’électroménager a facilité la vie des ménages. Nous avons la télévision, des téléphones portables, des micro-ordinateurs, des automobiles toujours plus automatisées et plus confortables... Toute cette technologie est un progrès mais il n’échappe à personne que ces progrès techniques sont aussi souvent utilisés par les puissants pour asservir les hommes (télévision, réseaux sociaux…). J’ai pu faire des études, prendre ma retraite à 58 ans… Ce n’est pas le cas pour tout le monde même en France. Mais surtout, l’histoire de l’humanité ne se limite pas à notre environnement proche : la France, l’Europe. Si les forces productives de l’humanité ont bel et bien cessé de croitre c’est parce que le capitalisme ne peut plus survivre qu’en détruisant d’énormes quantités de forces productives. Il a fallu les millions de morts et toutes les destructions des deux guerres mondiales pour que le capitalisme soit encore en place et, sous nos yeux, l’impérialisme, phase suprême du capitalisme, vient de semer le désastre et la désolation en Lybie, en Irak, en Syrie, au Liban, en Afghanistan… Le capitalisme crée ainsi les conditions d’une nouvelle accumulation des capitaux et d’une relance de la production en appauvrissant une masse croissante d’hommes, de femmes et d’enfants qui n’ont même plus le minimum garantissant leur survie. A nouveau, la famine menace dans plusieurs pays. Les capitaux sont accumulés dans les pays capitalistes les plus puissants, avec une création massive de « capitaux fictifs et spéculatifs (crédits actions) » qui ne correspondent pas à une réelle production de marchandises. L’accumulation d’armement permettant de détruire plusieurs fois l’humanité n’a rien à voir avec les forces productives de l’humanité. Il s’agit bien plutôt de l’inverse : les forces destructrices de l’humanité finiront-elles par l’emporter ? D’ailleurs la recherche effrénée du profit amène aussi à détruire les éléments vitaux que sont l’air et l’eau et à terme l’existence de la planète est menacée. Il n’y a aucune solution d’ordre purement « écologique » possible avec le maintien du capitalisme.


  • Tolzan Tolzan 25 novembre 2022 13:38

    D’habitude, dans le domaine scientifique, une publication commence toujours par décrire ce que l’on appelle « l’état de l’art », c’est-à-dire faire référence aux travaux antérieurs sur la question.

    Ici, il y a déjà eu un bon millier d’articles sur la « grande terreur en URSS » et je ne vois pas ce que 2001ème apporte de nouveau. Alors, quel est l’objectif du papier ?


    • Gasty Gasty 25 novembre 2022 15:16

      @Tolzan

      L’amalgame.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 25 novembre 2022 23:06

      @Tolzan
      "Ici, il y a déjà eu un bon millier d’articles sur la « grande terreur en URSS » et je ne vois pas ce que 2001ème apporte de nouveau. Alors, quel est l’objectif du papier ?« 

      Personne ne vous oblige à lire un article qui ne vous convient pas et en plus personne ne vous oblige à le commenter.
      Mon objectif est de dire la vérité dans un livre qui s’appellera »Défense du troskysme III". Cet article deviendra le chapitre 13.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 26 novembre 2022 00:49

      @Jean Dugenêt
      Je vous laisse le lien au cas où d’autres chapitres vous intéresseraient.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 28 novembre 2022 12:34

      @Tolzan
      "Ici, il y a déjà eu un bon millier d’articles sur la « grande terreur en URSS » et je ne vois pas ce que 2001ème apporte de nouveau. Alors, quel est l’objectif du papier ? "

      Si vous donniez les références de deux ou trois de ces articles (puisque vous dites qu’il y en a eu 2000) je pourrais vous dire ce que j’apporte de nouveau.
      En attendant, il est évident que mon article présente un peu d’intérêt puisqu’il vous dérange. Sinon vous n’en parleriez pas.


  • sylvain sylvain 25 novembre 2022 16:54

    une constante du pouvoir, quelle que soit l’étiquette qu’il se donne est son fonctionnement et son organisation sur le mode mafieux . Staline était un maitre en ce domaine 


  • Tolzan Tolzan 25 novembre 2022 17:58

    J’attends avec impatience votre article concernant le largage de la bombe atomique américaine sur Hiroshima.

    Vous pourrez nous décrire tous ces nouveau-nés carbonisés dans les maternités... le souffle de l’explosion qui rase tous les bâtiments dans un rayon de plusieurs kilomètres, les rescapés qui vont agoniser pendant des années des effets des radiations ..

    Que dites-vous ? Cela n’a pas d’intérêt ! il y a le camp du bien et celui du mal !

    Bon, revenez alors à votre sujet favori : l’amalgame et le lynchage en 2022 des Russes et de Poutine.


    • izarn izarn 25 novembre 2022 20:32

      @Tolzan
      Staline était un grand général. Ce qu’il a fait contre les nazis est remarquable...L’URSS a sorti les meilleurs blindés, le T34, et ensuite les meilleurs avions. A la fin, l’Allemagne était terrassée au niveau technologique, mais aussi au niveau des officiers, des généraux.
      Un Guderian un des meilleurs généraux allemands, trés au dessus de tout les crétins anglo-saxons, est allé écraser les troupailles alliées ; question d’honneur de l’armée allemande, qui avait vu bien mieux que ça !
      Ensuite, il a laissé tombé ; il valait mieux se rendre aux ricains qu’aux soviétiques. Question idéologique.
      Car Von Paulus, qui s’est rendu à Stalingrad, a été bien traité, et a fini sa retraite en RDA...


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 25 novembre 2022 21:32

      @izarn
      Vous êtes du SBU ?


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 26 novembre 2022 00:45

      @Tolzan

      "J’attends avec impatience votre article concernant le largage de la bombe atomique américaine sur Hiroshima."

      Cela ne fait pas partie de mes objectifs mais je n’ai rien à cacher à ce sujet. Je rappelle que Staline était l’allier des américains au moment où ils ont largué leurs deux bombes atomiques sur le japon. C’est d’ailleurs à ce moment que Staline s’est décidé à lancé une offensive soviétique en Mandchourie (9 août 1945). C’était entre le largage des deux bombes : Hiroshima et Nagasaki.


    • megawatt 26 novembre 2022 14:52

      @izarn
      Paulus n’a jamais été Von Paulus. Vous n’êtes pas le seul a anoblir le maréchal.


  • izarn izarn 25 novembre 2022 20:01

    Effectivement, l’armée russe était si faible, à cause des purges, qu’elle a repris le dessus dés l’hivers 1941, pour écraser la nazisme à Berlin en Mai 1945...

    Faut arrêter de raconter des conneries, vous les haineux malades de l’URSS...


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 25 novembre 2022 22:54

      @izarn

      Je « signale comme abus » vos grosses calomnies sur les trotskystes. Aucune insulte du style hitléro-trotskyste ne peut être tolérée. Les trotskystes ont été massacrés autant par les nazis que par les staliniens.

      Vous reprenez à votre compte le mythe de la Grande Guerre Patriotique fabriqué par Poutine. Pour lui, au cours de cette guerre, la Russie est censée avoir terrassé le nazisme. Les autres forces antinazies étaient pour lui négligeables. Il oublie que l’armée prétendument  « russe » était composée de géorgiens, d’ukrainiens, d’ouzbeks, de tatars, de géorgiens, de tchétchènes, de kazacks… Il oublie qu’Hitler avait des alliés dans l’Italie fasciste et au Japon et qu’ils n’ont pas été combattus par l’armée russe si ce n’est la tardive offensive soviétique en Mandchourie (9 août 1945) ... Il oublie que cette armée supposée « russe » était en grande partie équipée avec du matériel américain. Il oublie que la victoire aurait été impossible si un deuxième front n’avait pas été ouvert à l’Ouest… Il oublie que des luttes menées par des résistants dans de nombreux pays ont aussi contribué à la défaite du nazisme. Bref ! Il oublie tout ce qui le dérange pour fabriquer son histoire mystifiée que vous reprenez à votre compte.


    • DeRussie 28 novembre 2022 14:42

      @Jean Dugenêt

      Vous avez de très mauvaises informations sur l’histoire

      Que l’armée dite « russe » était composée de Géorgiens, d’Ukrainiens, d’Ouzbeks, de Tatars, de Géorgiens, de Tchétchènes, de Cosaques...

      Il s’agissait d’une « armée soviétique », composée de membres de toutes les nationalités et de tous les peuples de l’Union soviétique.

      Il oublie qu’Hitler avait des alliés dans l’Italie nazie et le Japon et que ce n’est pas l’armée russe qui les a combattus...

      Dans toute l’Europe, ils ont combattu l’Union soviétique : l’Italie, la Roumanie, la Hongrie, la Finlande, le « Frikorps Danmark » danois, le "13. Waffen-Gebirgs-Division der SS « Handschar », France "Légion des Volontaires Français contre le Bolchévisme« , Danemark-Norvège »11. SS-Freiwilligen-Panzergrenadier-Division « Nordland ». Presque toute l’industrie européenne travaille pour l’Allemagne ; par exemple, un char allemand sur cinq est fabriqué par le tchèque Škoda ! Les Allemands bombardent la ville assiégée de Leningrad avec des obusiers super lourds, produits par la même Skoda et la société française Le Creusot.

      Il oublie que cette armée prétendument « russe » était principalement équipée de matériel américain.

      Dans le cadre du prêt-bail, l’Union soviétique a reçu 12,5 milliers de chars et de systèmes d’artillerie automoteurs, tandis que dans le même temps, l’Union soviétique a produit 65,6 milliers de chars et d’UAS. De même pour les autres types d’armements

      Il oublie que la victoire n’aurait pas été possible si un second front n’avait pas été ouvert à l’Ouest...

      Et peut-être faut-il d’abord regarder où se trouvait une ligne du front germano-soviétique en juin 1944 ? En Russie, personne ne nie le rôle du second front, mais il n’est pas nécessaire d’exagérer son importance.

       Il oublie que la lutte menée par les résistants dans de nombreux pays a également contribué à la défaite du nazisme.

      On s’en souvient et on le respecte en Russie.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 28 novembre 2022 18:19

      @DeRussie

      "Il s’agissait d’une « armée soviétique », composée de membres de toutes les nationalités et de tous les peuples de l’Union soviétique.« 

      Je préfère effectivement qu’on parle d’une »armée soviétique" plutôt que d’une armée russe. Nous voyons maintenant comment sont récompensés par Poutine les peuples qui composaient cette armée : les tatars n’ont toujours aucune priorité pour revenir en Crimée. Les tchétchènes ont été massacrés à Grozny (entièrement rasée) et ailleurs. Les géorgiens ont aussi subi les affres de Poutine. Maintenant se sont les ukrainiens... Ce sont bien ceux-là qui ont combattu le nazisme contrairement à ce que veut faire croire Poutine avec sa propagande où tout le mérite reviendrait à la grande Russie.

      Je maintiens qu’avec sa propagande sur la grande guerre patriotique Poutine oublie qu’Hitler avait des alliés dans l’Italie nazie et le Japon et que ce n’est pas l’armée russe qui les a combattus...

      Vous répondez à côté de la question en affirmant qu’il y a eu des pronazis un peu partout lesquels se sont mobilisés contre l’armée soviétique. Cela ne contredit nullement que l’armée soviétique n’a combattu ni l’armée italienne ni l’armée chinoise. Il s’agit seulement de rétablir la vérité quand Poutine laisse entendre que la victoire serait essentiellement due à l’armée russe et que les autres combattants auraient eu un rôle minime. Je maintiens que dans la lutte contre les armées italienne et japonaise, alliées des nazis, c’est l’armée russe qui a eu un rôle nul.

      "Dans le cadre du prêt-bail, l’Union soviétique a reçu 12,5 milliers de chars et de systèmes d’artillerie automoteurs"

      Je vous remercie de signaler cela mais vous êtes loin de la vérité en ce qui concerne l’aide américaine. Il faut ajouter cela :

      "En tout, 92,7 % de la production ferroviaire durant la guerre arriva grâce au Prêt-Bail. Ainsi 1.911 locomotives et 11.225 wagons ont complété le parc de 20 000 locomotives et le demi-million de wagons existants."

      « De plus, le soutien logistique de l’armée soviétique fut procuré par des centaines de milliers de camion américains. En effet, en 1945, près de ⅓ des camions de l’armée rouge était fabriqué aux Etats-Unis »

      "Le Prêt-Bail a aussi envoyé de grandes quantités d’armes et de munitions. L’armée de l’air soviétique a reçu 18 700 avions, qui ont compté dans l’ordre des 30 % de la production soviétique de la guerre. Bien que la majorité des unités blindées combattît avec des tanks soviétiques, quelque 7 000 tanks issus du Prêt-Bail ont été déployés par l’armée rouge."

      Je complète dan un autre post.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 28 novembre 2022 18:21

      @DeRussie

      Premier complément en ce qui concerne l’aide américaine à la Russie.

      "En juillet 1941, quelques semaines après l’invasion allemande en URSS, le premier convoi d’aide britannique s’était mis en route le long des dangereuses routes de l’Arctique jusqu’à Mourmansk. Il arriva en septembre. Il transportait 40 Hawker Hurricanes avec 550 mécaniciens et pilotes de l’escadre no 151 afin d’assurer la défense aérienne immédiate du port et former les pilotes soviétiques. Après avoir escorté des bombardiers soviétiques et comptabilisé 14 victoires pour une perte, ainsi qu’avoir complété l’entraînement des pilotes et mécaniciens, l’escadre no 151 repartit en novembre, leur mission accomplie14. Ce convoi fut le premier de nombreux convois jusqu’à Mourmansk et Arkhangelsk et qui devinrent connu sous le nom de convois de l’Arctique. Les navires qui revenaient transportaient l’or que l’URSS utilisait pour payer les États-Unis.

      À la fin de 1941, les expéditions anticipées des chars Matilda, Valentine et Tetrarch ne représentaient que 6,5 % du total des chars soviétiques. Mais elles représentaient plus de 25 % des chars moyens et lourds en service avec l’Armée rouge. Les chars du prêt-bail constituaient entre 30 et 40 % de la force moyenne et lourde de chars avant la bataille de Moscou, début décembre 1941.

      Un nombre important de chars britanniques Churchill, Matilda et Valentine a été expédié à l’URSS, ainsi que des M3 Lee américains après qu’ils furent devenus obsolètes sur le Front africain - leur production cessant en décembre 1942 pour être retirés du service britannique en mai 194315. Les Churchill, fournis par les convois de l’Arctique, ont pris part à la défense de Léningrad ainsi qu’à la bataille de Koursk16,17, pendant que les chars expédiés par le corridor Perse ont fourni le Front du Caucase. Entre juin 1941 et mai 1945, Les britanniques ont livré à l’URSS :

      Au total 4 millions de tonnes de matériel de guerre dont la nourriture et les fournitures médicales ont été livrés. Les munitions ont coûté 308 millions de £(sans compter les munitions navales fournies), la nourriture et les matières premières ont totalisé 120 millions de £. Conformément à l’Accord anglo-soviétique sur les fournitures militaires du 27 juin 1942, l’aide militaire envoyée de Grande-Bretagne à l’Union soviétique pendant la guerre était entièrement pris en charge." 


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 28 novembre 2022 18:22

      @DeRussie

      Deuxième complément en ce qui concerne l’aide américaine à la Russie pendant la deuxième guerre mondiale.

      MATERIEL TERRESTRE

      409 526 véhicules, dont 43 728 jeeps, 152 000 camions Studebaker US6, 3 510 amphibies, 4 398 tracteurs, 12 161 véhicules de combat dont 1 239 chars légers et 4 957 chars moyens dont le célèbre Matilda IV (sur la base du Matilda britannique), 32 207 motocycles, 7 570 tracteurs spéciaux avec 3 216 moteurs de remplacement.

      1,4 million de tonnes de pétrole, 1,3 million de tonnes de carburant à haut indice d’octane pour avions, 3,6 millions de pneus avec chambre à air, 325 784 tonne d’explosifs, 136 190 pièces d’artillerie légères et armes automatiques, 35 800 stations radio émetteurs, 5 899 récepteurs, 348 appareils de localisation radio, 705 détecteurs directionnels, 538 altimètres, 800 compas radio, 3 400 km de câbles marins, 1 823 km de câbles sous-marins, 135 484 km de câbles télégraphiques, 1 900 locomotives à vapeur, 66 locomotives diesel électriques, 9 920 wagons plateformes, 120 wagons citernes, 100 wagons à bascule, 35 plates-formes pour engins lourds, 685 740 tonnes de rails et pièces dont 110 000 t d’axes et roues de wagons20.

      MATERIEL NAVAL
      38 navires Liberty, 3 pétroliers Liberty, 5 pétroliers T2, 12 tankers T1, 9 tankers[Quoi ?], 1 navire de fret, 17 barges grues, 3 remorqueurs dont un récent, 60 cargos, 3 brise-glace, 28 frégates, 34 grands dragueurs de mines, 43 moyens dragueurs de mines, 78 sous-marins de 110 pieds, 62 sous-marins de 67 pieds, 205 torpilleurs, 30 transports de troupes, 17 transports de chars, 2 transports de véhicules, 15 remorqueurs de rivières, 6 barges-pontons, 1 hydravion, 1 vedette, 60 autres petits bateaux, 14 277 moteurs de bateaux à gaz, 3 320 moteurs diesel, 108 moteurs à gaz de bois, 2 150 moteurs à essence, 40 accumulateurs pour sous-marins22.

      MATERIEL AERIEN

      14 798 avions furent expédiés et 14 018 arrivèrent sur le sol soviétique 23, ce qui représente 12 % de la production d’avions soviétique pendant la guerre (115 596).

      Ils furent acheminés par 3 voies d’acheminement : d’Alaska en Sibérie (7 925), par l’Iran (4 861) et par Mourmansk et Arkhangelsk (1 232).

      NOURRITURE, VETEMENTS ...

      5 millions t de nourritures, 55 000 km de cotons, 49 200 km de laine, 12 300 km de sangles, 14 000 km de tissus imperméables, 46 126 t de fils à coudre, fibres et laines à tricoter et de boutons, 14,5 millions de chaussures et bottes en cuir et 49,900 t de cuir.

      2,6 millions de t d’acier (5,96 % de la prod soviétique), 261 109 t d’aluminium, 781 663 t de métaux non ferreux (magnésium, nickel, zinc, etc.)24.

      Les livraisons se faisaient via les convois arctiques, le corridor persique et la route Pacifique.

      La route Arctique était la route la plus courte et la plus directe pour l’aide du Prêt-Bail à l’URSS, mais elle était la plus dangereuse. Quelque 3 964 000 tonnes de biens furent envoyés via cette route ; 7 % furent perdus et 93 % arrivèrent sains et saufs. Cette route constitue 23 % de l’aide totale à l’URSS pendant la guerre.

      Le corridor persique était la route la plus longue et ne fut opérationnelle que mi-1942. Elle vit ensuite le passage de 4 160 000 tonnes de matériel, soit 27 % du total.

      La route du Pacifique ouvrit en août 1941, mais elle fut affectée par le conflit entre les Japonais et les Américains ; après décembre 1941, seuls les bateaux soviétiques pouvaient être utilisés, et, comme le Japon et l’URSS faisaient preuve d’une stricte neutralité entre eux, seuls les biens non militaires pouvaient circuler.

      Néanmoins, quelque 8 244 000 tonnes de matériel furent transportées par cette route, soit 50 % du total.

      Avions 14 795 Chars d’assaut 7 056 Jeeps 51 503 Camions 375 883 Motos 35 170 Tracteurs 8 071 Pièces d’artillerie 8 218 Mitrailleuses 131 633 Explosifs 345 735 tonnes Équipement de construction pour une valeur de 10 910 000 dollars Wagons de marchandises 11 155 Locomotives 1 981 Navires cargo 90 Escorteurs chasseur de sous-marins 105 Vedettes lance-torpilles 197 Moteurs de bateaux 7 784 Nourriture 4 478 000 tonnes Machines et équipement 1 078 965 000 dollars Métaux non ferreux 802 000 tonnes Produits pétroliers 2 670 000 tonnes Produits chimiques 842 000 tonnes Coton 106 893 000 tonnes Cuir 49 860 tonnes Pneus 3 786 000 Bottes 15 417 001 paires

  • Christophe 25 novembre 2022 20:38

    Un article qui se veut un tant soit peu historique et qui commence par :

    Au même moment en Allemagne Hitler extermine les communistes, en Italie, le fascisme triomphe et en Espagne, Franco vient, par un coup d’Etat, de mettre un terme au gouvernement de Front Populaire.

    En parlant de 1937/38 alors que le 29 octobre 1922, le roi d’Italie Victor-Emmanuel III nomme Benito Mussolini président du Conseil (l’équivalent de Premier ministre) ; disons que le fascisme triomphe en Italie dès 1922, un gros décalage dans la connaissance historique du fascisme et du nazisme ... surtout sachant que l’OUN (Ukraine) en 1929 a son siège en Italie sous la protection de Mussolini, seul pays ouvertement fasciste à cette époque et protégeant tous les fascistes de cette époque.



  • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 25 novembre 2022 22:58

    Je signale comme abus un commentaire qui commence avec :

    Une interpellation impolie.
    « Dugenêt, tout à son oeuvre de dénigrement »

    Une grossière calomnie.
    « dénigrement, d’abord de la révolution prolétarienne russe de 1917 »

    La récidive entraîne l’exclusion.


  • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 27 novembre 2022 06:04

    J’invite ceux qui ont des interrogations au sujet de la modération de cet article ou de la modération des forums en général à consulter l’article que j’ai consacré à ce sujet. Celui-ci étant censuré sur AgoraVox, de même que celui où je donne une définition du mot poutinolâtre, j’espère que, comme moi, vous serez nombreux à considérer que bien des interdictions sont abusives sur AgoraVox.

    Au regard de ce que je subis comme censure, vous remarquerez que je suis particulièrement tolérant dans ma sélection des commentaires acceptables.


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