jeudi 7 avril 2016 - par Pierre Sarramagnan-Souchier

La journée d’une auxiliaire de vie diplômée

• La richesse des humbles et la pauvreté des puissants •

•• Salaire 8 euros net de l’heure en 2016 ! ••

Et une aide à domicile pour 7 euros net bien sûr ! (°)

Témoignage :

«  Aujourd'hui super journée de travail : à 7h45 j'étais chez une dame (c'est la seconde fois que j'y vais le week-end) qui a la maladie d'Alzheimer, très avancée, son mari est parti à la chasse. On dirait une enfant, elle parle comme une enfant, elle est adorable. Durant une heure et demi j'ai chanté et dansé avec elle, je crois qu'elle a aimé car lorsque sa fille est venu prendre la relève, elle m'a dit “tu reviendras ?”. C'est comme ça que l'on est remercié pour le travail social que l'on fait. Tu ne peux pas savoir comme cela m'a fait plaisir !

Ensuite un vieux monsieur grabataire qui a toute sa tête. J’aime discuter avec lui. Il a beaucoup d’humour et des tas d’anecdotes à raconter. Je le connais depuis près de deux ans. Il est dans cette association d’aide à domicile dont je fais partie. Il est très intéressant. 

Après, je file à la colocation qui est un regroupement de retraités qui sont dans une maison en colocation à l’initiative d’une infirmière retraitée. Un magnifique lieu de vie où chacun a sa chambre et sa salle de bain indépendante ainsi, qu’un salon avec une grande baie vitrée qui donne sur un champ ou paissent des ânes et des chèvres… Alors là j'aime encore plus, un lieu super où vivent 6 personnes, dont quatre dépendantes. Il faut leur servir le repas qui est livré par un traiteur, aider à manger celle qui est aveugle (ma préférée), faire ensuite le ménage, etc. Pour te dire : Une des filles de mon association qui allait là-bas n'aimait pas du tout ! Elle me disait qu'il n'y avait pas de dialogue, qu'elle faisait juste un service. Pour moi, c'est le contraire, je blague avec tout le monde, en plus c'est un lieu magnifique “l'éco-location”. Il y a une femme de mon âge non dépendante mais qui a eu un AVC et parle difficilement, un homme non dépendant qui est là avec sa femme de 65 ans qui elle aussi est “Alzheimer”. Une ancienne artiste, tous deux adorables.

Mon travail terminé, je suis allée rendre visite à une mamie chez qui j'allais deux fois par jour (assez loin, je m'en plaignais pour le trajet). Depuis les fêtes de fin d'année où elle est tombée et ne marche plus (et il semble qu'elle ne remarchera peut-être jamais) je vais la voir régulièrement dans son centre de rééducation, pour lui changer les idées. Elle n'arrête pas de me dire qu'on s'entendait bien et me remercie de passer, elle est heureuse comme tout de papoter avec moi !

Bref, j'aime tous ces gens et n'échangerais ce travail pour rien au monde !

Bref, j'aime tous ces gens et n'échangerais ce travail pour rien au monde ! Je crois avoir toujours fait ça. Retourner rendre visite à celles des personnes pour lesquelles j'ai aimé travailler.

Celle qui appréciait le plus ma venue, c'était une dame de 70 ans atteinte d'un cancer des os. Il y avait aussi bien sûr, ma voisine pour qui j'allais, de plus en plus loin, rendre visite dans sa maison de retraite pendant quatre ans. Dans la Drôme où j'habitais à l'époque, sa fille m'avait embauchée pour lui donner sa morphine matin et soir et l'aider à la toilette, plus quelques autres services, genre l'accompagner à l'hôpital en ambulance (bénévolement) pour essayer de comprendre ce que l'oncologue lui expliquait. On s'était liées du coup sa fille et moi. Une rigolote très sympa qui m'a été reconnaissante pour tout ce que j'ai fait pour sa maman. Et bien durant trois ou quatre mois, je prenais de mon temps pour aller lui tenir compagnie dans son centre de soins palliatifs deux fois par semaine jusqu'à sa mort. Mon compagnon me disait que je n'étais pas obligée d'y aller aussi souvent. Mais quand je partais et qu'elle me disait “vous revenez jeudi ?”, deuxième jour dans la semaine où je pouvais lui rendre visite après mon travail, je ne pouvais pas lui dire non. Je savais qu'elle n'en avait plus pour longtemps et je n'aurais pas pu dormir de lui refuser mes visites.

Et quelques autres, comme cette vieille institutrice atteinte de la maladie de Parkinson, maladie très avancée dans son cas, que j'allais voir à des centaines de km de chez moi, en maison de retraite pour enseignant, lorsqu'elle a dû quitter son logement. Il nous arrivait d'acheter un demi de champagne avec les biscuits roses de Reims qui vont avec, chacune à notre tour et de nous faire plaisir ensemble. Que de bons petits souvenirs j'ai eu avec elle. Je lui écrivais, comme je l'ai fait avec toutes mes mamies, lorsque je partais en vacances.

Tiens pas de papys dans mes histoires, j'en ai eu pourtant de très gentils aussi, mais je n'ai pas gardé de liens avec eux. Tu sais, ça aussi c'est beaucoup aimer, pas uniquement l'amour charnel d'un homme…

Parfois j’interviens pour un dextro (glucomètre, appareil permettant de mesurer la glycémie capillaire chez un patient diabétique), une tension, des médicaments, que j'ai déjà fait par-ci par-là, d'autres pour des toilettes comme par exemple le monsieur où j'interviens ce week-end pour lui préparer son repas et un peu d'aides diverses. Il est très costaud. Il ne peut plus marcher du tout et chaque matin j'aide l'infirmière qui lui fait sa toilette complète au lit. Je l'assiste aussi pour le lever avec le lève-malade. C’est une tache que j'ai effectuée durant 5 ans chez une patiente, lorsque je partais le week-end dans l'Hérault. Mais pour son cas, il est si gros qu'il vaut mieux être deux pour l'asseoir sur son fauteuil. Dans les maisons de retraites plus aisées, il y a des élévateurs spéciaux pour personnes à forte corpulence, mais pas ici. Alors on fait comme on peut.

Pour ma part, ce que je fais, je le fais avec plaisir…

Ce soir je retourne à la colocation.

En fait, voilà où je voulais en venir : Même dans cette colocation, il y a des personnes qui ont les mêmes avis que moi, sur ce qui nous tombe dessus. La vieille dame aveugle (glaucome depuis l'âge de 50 ans) me disait juste avant mon départ que nous allions vers la guerre. Cela ne sert à rien de faire l'autruche, enfin pour moi, je me sens concernée.

Et ce qui est désolant, c’est que tous ces puissants qui disent nous gouverner depuis des décennies (politiques nationaux, européens, internationaux, banquiers, hauts fonctionnaires du FMI, de la Banque mondiale, de l’ONU, multinationales, etc.), ne sont que des incapables, des escrocs, des corrompus, des pilleurs et manipulateurs prétentieux qui ne pensent qu’à leurs petits profits personnels et leur ego, sans savoir l’humanité nécessaire pour conduire avec amour les peuples vers leurs épanouissements. Et devant de tels lâches, nous n’avons pas fini de pleurer sur notre destin à venir.

Pour ma part, ce que je fais, je le fais avec plaisir. La vérité, c'est que lorsque je suis avec ces personnes handicapées ou malades, je remercie sans cesse Dieu de m'avoir donné la santé, le bonheur de marcher, de pouvoir encore regarder et apprécier les merveilles de la nature et je me dis que la vie est injuste ! Certain(e)s cumulent les malheurs, que ce soit physiquement ou épreuves de la vie, quand moi je me porte à merveille et, pour l'instant, n'ai pas encore trop souffert hormis une période plus ancienne de ma vie. » 

 

Propos recueillis par Pierre Sarramagnan-Souchier, le 07 avril 2016.

 

(°) Pas de soucis ! Rien de changé sous le Ciel : Les pauvres peuvent se brosser sous un régime socialiste français qui assume sa stupidité !

Et pendant ce temps là il y en a qui gagnent… un million d'euro de l'heure !
Un million par heure pour Bernard Arnault :

En un an, la fortune du PDG d’LVMH a grossi de 9,27 milliards d’euros. Grâce à quels coups tordus ce prédateur a-t-il pu monter cet empire ?

http://www.humanite.fr/un-million-par-heure-pour-bernard-arnault-578232

 

 

Illustration : Lotus. © Duong Quo Cdjnh.



26 réactions


  • foufouille foufouille 7 avril 2016 17:10

    bon article mais c’est pas toujours aussi génial.


    • Croa Croa 7 avril 2016 21:58

      À foufouille,
      Quand on regarde derrière sois on revois le rose et on oublie le noir et les difficultés (quoique... ça dépend des gens !)


    • foufouille foufouille 8 avril 2016 09:41

      @Croa
      pour certains le rose n’existe presque pas. tout le monde ne fait pas parti des petits bourgeois.


  • alinea alinea 7 avril 2016 19:20

    Il faut faire ce qu’on aime tant qu’on l’aime, et tant qu’on l’aime on donne, et on reçoit.
    J’ai une amie aide-soignante qui est comme ça, le hic, dans sa structure, ce sont les autres qui « se mettent en maladie » souvent et la laissent seule, et puis parfois la hiérarchie. Mais ses Alzheimer, ses déglingués de la vie, elle aime pour eux inventer des activités, lire des livres, les écouter ! Elle gagne trois kopecks, a du mal à joindre les deux bouts mais quand elle rentre le soir, elle est crevée, mais satisfaite.


  • BLOUSE BLANCHE BLUES 7 avril 2016 20:34

    Bonjour et Merci pour cet article rafraîchissant sur le travail de celles et ceux dont on parle si peu.


    A l’instar de foufouille je me permets un bémol car la réalité des intervenants à domicile dans les domaines de l’aide et du soin est rarement aussi idyllique.
    Certes il y a des auxiliaires de vie et aides- soignants qui sont reçus chaleureusement, pourtant il nous arrive plus que de raison de devoir gérer de multiples manifestations agressives allant de l’incivilité aux coups, lesquelles ne sont pas exclusivement en lien avec des troubles cognitifs.
    Pire encore, notre hiérarchie au fait de ces mauvais traitements, ne nous protège pas et nous envoie au casse-pipe. 

    Pour ce qui me concerne je suis aide-soignante diplômée depuis un peu plus de 30 ans et travaille depuis un an pour un service de soins à domicile ... mon salaire ? environ 10 € net !
    Malgré ma longue expérience (chirurgie gastro, orthopédique, ambulatoire, urgences, psychiatrie, gériatrie, soins-intensifs post-op, ...), et un diplôme censé être plus axé sur le soin que celui des auxiliaires de vie, je n’ai pas le droit de faire cette mesure de glycémie, de faire prendre des médicaments prescrits, pas plus que de prendre une température rectale, de mettre suppositoires et ovules, de changer un pansement souillé, de retirer un patch, ... j’en passe et de meilleures !

    Cherchons l’erreur. 

    Pour mes lecteurs qui l’ignorent l’aide-soignant français n’a pas de rôle propre ce qui implique que les soins qui lui sont délégués le sont nécessairement par des infirmiers diplômés d’état.
    Là, plusieurs cas de figure en guise de généralités car fort heureusement pour nous il y a de trop rares exceptions.

    1/ L’aide-soignant travaille en intra-hospitalier, institutions, ..., il effectuera des soins à la demande des infirmiers et censément en rapport et dans la limite des compétences acquises lors de sa formation, dans la réalité il y a de nombreux glissements de taches que les aides-soignants sont contraints d’accepter tant la pression est grande. Pour information il est très rare que des infirmiers y fassent des toilettes et des changes ce qui pourtant fait partie de leur rôle propre.

    2/ Autre cas de figure, l’aide-soignant travaille au sein d’un service de soins à domicile, il effectue les mêmes soins qu’en milieu hospitalier et en théorie est moins confronté aux glissements de tâches car les soins infirmiers sont la plupart du temps réalisés par les cabinets d’infirmiers libéraux. Il arrive même a contrario de la situation précédente que des infirmiers diplômés d’état libéraux fassent des toilettes et changes ce qui je le reprécise est peu fréquent à l’hôpital ou en maison de retraite ; nécessité fait loi.

    Mais tout ceci était trop simple !
     Là où une auxiliaire de vie qui n’a pas la formation et les compétences requises légalement pour effectuer certains actes relevant du soin, elle fait tout ce qu’un aide-soignant n’a pas le droit de faire officiellement. Mieux encore, les auxiliaires de vie ont la possibilité d’exercer de façon indépendante (en CESU par exemple) et ainsi de réaliser des actes strictement réglementés sans aucun contrôle alors que les aides-soignants qui sont qualifiés se voient refuser depuis la création de leur profession le droit d’exercer en libéral pas même au sein d’un cabinet sous le contrôle d’infirmiers libéraux au seul prétexte que l’aide-soignant en 2016 n’a toujours pas de rôle propre. Un serpent de mer vieux de 40 ans ...

    Il va sans dire que ce commentaire n’a pas vocation à faire le procès des auxiliaires de vie, pas plus que des soignants hospitaliers ou libéraux, la grande majorité d’entre eux font un travail remarquable dans des conditions de plus en plus déplorables puisque rentabilité et déshumanisation des soins sont notre pain quotidien.

    Mon propos vise davantage à apporter un éclairage qui certes n’est pas nouveau sur des situations ubuesques, à informer et ouvrir le débat sur la place des aides-soignants sans lesquels bien des professionnels para-médicaux et médicaux ne pourraient travailler efficacement.

    Bluesement vôtre.

    • Rincevent Rincevent 8 avril 2016 12:08

      @BLOUSE BLANCHE BLUES

      A propos des toilettes faites par les infirmières libérales : en dehors de la nécessite, il faut bien savoir que c’est plus payé qu’une injection, par exemple.


    • BLOUSE BLANCHE BLUES 9 avril 2016 17:56

      @Rincevent
       oui vous avez entièrement raison, c’est le système qui est fait ainsi, je ne l’avais pas mentionné intentionnellement afin de ne pas créer de polémique.


  • soi même 8 avril 2016 00:06

    Arrêtez de vous plaindre, vous avez une profession gratifiante si vous savez l’Esprit d’en saisir sa substance moelle..

    Vous avez visiblement beaucoup de vanité à vous racontez.... !

    Beurk , vous dégoulinez d’égoïsme..... !


  • @ouam2 (---.---.41.186) 8 avril 2016 00:54

    Bravo aux deux !

    l’auxilliaire de vie et l’aide soignant(e).

    Vous au moins vous avez un métier qui sert l’humain, un travail réellement utile pour l’humanité, comme les pompiers, les flics (mais la pas tous, gros tri à faire), les profs (enorme tri à faire aussi), et des tas d’autres tres utiles à notre société.


  • Le p’tit Charles 8 avril 2016 07:14

    En France comme ailleurs, les pauvres font les riches...c’est bien connu.. !


    • Jean Keim Jean Keim 8 avril 2016 09:16

      @Le p’tit Charles
      Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? 

      La richesse engendre la pauvreté, la richesse est une calamité pour la misère qu’elle crée ainsi que pour la pauvreté spirituelle du possédant.

    • Le p’tit Charles 8 avril 2016 10:12

      @Jean Keimnon, ce sont les pauvres avec leur argent qui font la richesse des riches..après que ces derniers soit une calamité c’est une évidence.. !


  • drodi (---.---.91.217) 8 avril 2016 08:15

    Bonjour,

    Oui très intéressant le récit de cette auxiliaire de vie ; d’accord aussi sur son analyse en guise de conclusion. Cependant il y a un point qui me laisse perplexe c’est quand vous dites à la fois :

    - (°) Pas de soucis ! Rien de changé sous le Ciel : Les pauvres peuvent se brosser sous un régime socialiste français qui assume sa stupidité !

    et

    En un an, la fortune du PDG d’LVMH a grossi de 9,27 milliards d’euros. Grâce à quels coups tordus ce prédateur a-t-il pu monter cet empire ?

    Vos deux remarques sont justes mais pourquoi stigmatiser (et à juste titre) le gvnmt socialo ? Arnaud et les autres prédateurs ont-ils bâti leurs fortunes à partir de l’arrivée de Hollande ou bien avant ?

    Et les autres, leurs cousins à l’international ? Qui leur a permis de grossir autant sur notre dos si ce n’est des gvnmts prioritairement libéraux, capitalistes ?

    On est d’accord ? Bon... Alors moi je serais d’ac avec vous à condition que ce soit ces systèmes, y compris les sociaux-libéraux dont l’U.E se targue de promouvoir, que vous condamniez sans distinction et sans ménagement.

    A+.


  • philippe baron-abrioux 8 avril 2016 09:13

     

     BONJOUR ,

     « la Vie est belle » ,oui ,le plus souvent ,tout au moins aussi longtemps que notre organisme et nos milliards de cellules acceptent, sans que nous ayons beaucoup à nous en soucier, de fonctionner selon le programme préétabli qui est le leur dès notre naissance .

     les années passent ,parfois très ,trop vite ,tout semble se dérégler ,sans que nous en ayons été averti par une alerte quelconque ou que nos proches(par délicatesse ou respect) nous fassent remarquer quoi que ce soit qui aurait pu nous prévenir .

     nous étions en pleine Vie et soudain une maladie ,un accident ,une « erreur de programmation » nous fait basculer du monde des bien- portants à celui des désormais« fragiles » .

     REMARQUE LIMINAIRE : la maladie fait peur très souvent ! certains seraient allergiques aux hôpitaux et évitent tout contact avec ce qui y ressemble ,des « fragiles » se trouvent ainsi coupés de tout un pan de leur cercle d’amis et de connaissances qui faisait leur entourage amical et qui soudain se dérobe sans plus d’explication .

     souvent hospitalisé et il y a quelques jours encore , j’ai du intervenir plusieurs fois pour rappeler à certains patients que le personnel de service était bien là pour des services et non pour subir leurs insultes et autres injures ou leurs sautes d’humeur dues à leur souffrances .

    tout ce « petit personnel » qui est pour un temps ,parfois très long selon les pathologies qui nous affectent , celui qui permet dans la quotidienneté de préserver de leur mieux l’ autonomie et le respect dû à chacun ,est aussi celui dont le travail est le moins « économiquement » reconnu et rétribué .

    notre médecine ,de plus en plus performante et en même temps technicisée , rationalisée , efficiente et efficace ,devient insidieusement un défilé (de titrés ,capés ,diplômés ) de plus en plus rapide ,quelques mots et s’en vont .

    le maintien à domicile devenu un cheval de bataille de la nouvelle prise en charge des « fragiles » est ainsi confié ou délégué à des auxiliaires de vie ,le plus souvent correctement formés , à qui sont confiées des responsabilités que la vie actuelle génère du fait de l’éloignement de la famille ou de l’isolement dû au deuil ou au refus pur et simple par certains de s’ « occuper » de cette personne .

     Parkinson ,Alzheimer , A.V.C ,cancer , etc.... deviennent du fait de l’accroissement constant de l’espérance de vie des pathologies clairement identifiées ,pas toujours curables mais qui impliquent des interventions HUMAINES de plus en plus « économiquement » coûteuses pour nos sociétés .

    même si ces propos peuvent en choquer ,nous serons peut être un jour une « charge » pour notre société , tout comme les VIEUX devenus( pudiquement et hypocritement aussi un peu) les SENIORS l’étaient il y a peu des familles .

     CES AUXILIAIRES DE VIE ,sujets de cet article ,sur qui se « déchargent » parfois nos proches, sont un rouage essentiel de la prise en compte de cette nouvelle orientation de la médecine et des patients atteints par accident ,par maladie évolutive et irréversible ,par handicap ou autre pathologie .

     que ces auxiliaires soient reconnus à leur juste valeur ,eux qui comme dit s« attachent » à leur« fragile » ,à leur malade marque l’implication de ces « petits personnels » parfois bien démunis devant le mutisme total ,la confusion mentale ,la violence ou la perte de dignité découlant d’une pathologie lourde que même leurs proches refusent de voir ,d’accepter et de prendre en compte comme ils le pourraient (à défaut d’y être obligés par la loi ) .

     la plupart de ces auxiliaires de vie en arrivent très souvent à du bénévolat auprès de certains qui ne demandent finalement qu’un temps de présence auprès d’eux pour parler , échanger , ou demander un avis sur un projet jugé farfelu ou irréalisable par leurs proches joints par téléphone .

     bien sûr la fragilité peut interdire un projet mais elle n’empêche pas le rêve que beaucoup de parents ou proches déconseillent à ce fragile au nom d’une raison qui jour après jour s’absente parfois .

     avez vous déjà essayé de dissuader quelqu’un de rêver ?

     ces auxiliaires de vie ont aussi cette tache de contenir dans le domaine du raisonnable des cerveaux vieillissants auxquels ils ne reste que les rêves les plus inaccessibles souvent ressassés .

     NOUS NE SAVONS PAS la suite qui nous sera réservée et tant mieux mais au moins tirons notre chapeau à tous ces« petits personnels » pour qui nous ne sommes pas qu’une tranche horaire d’activité (mal payée) mais une personne qui a eu une vie ,des amours( et des emmerdes aussi ) ,qui a peut être envie d’en parler , de chanter ,de prendre un bain de soleil ou de se faire lire un livre ou un journal ,transmettre des recettes de cuisine ou feuilleter l’album photo de cet avant qui ne reviendra plus et qu’on ne parvient pas à oublier vraiment .

     BONN FIN DE JOURNEE

     P.B.A

     


  • tonimarus45 8 avril 2016 09:40

    bonjour— certains dont l’humanite fait completement defaut , des tout pour ma gueule, rien pour les autres,devraient s’inspirer de cette personne


  • Milla (---.---.1.10) 8 avril 2016 23:55

    2,44 millions de millionnaires en France 14/10/2014 à 15h45 Mis à jour le 14/10/2014 à 17h03 L’Amérique du Nord et l’Europe concentrent la plus grande partie de la richesse des ménages.

    L’Amérique du Nord et l’Europe concentrent la plus grande partie de la richesse des ménages. - Philippe Huguen - AFP Le nombre de millionnaires en France devrait augmenter de 70% d’ici à 2019, selon une étude de Credit Suisse publiée ce 14 octobre. Il y aura alors 4,16 millions de millionnaires dans l’Hexagone. En France, l’heure est à la sinistrose. La croissance est morose, le chômage est haut, et les prévisions pessimistes. Et pourtant, tous ces indicateurs en berne n’ont pas empêché les Français de s’enrichir. Le pays comptait, en 2013, 2,44 millions de millionnaires (en dollars, un million de dollars équivalent à 790.000 euros), selon l’étude « Richesse globale » de la banque Credit Suisse publiée ce mardi 14 octobre.

    Et ce nombre devrait augmenter de 70% pour atteindre 4,16 millions en 2019. D’ailleurs, en termes de richesse moyenne par adulte, la France est plutôt bien classée, puisqu’elle arrive au sixième rang (avec 317.000 dollars) derrière la Suisse (581.000 dollars), l’Australie, la Norvège, les Etats-Unis et la Suède.

    Les Etats-Unis, eux, abritent 41% des personnes dont la fortune dépasse 1 million de dollars dans le monde. Le nombre de millionnaires en dollars dans le monde ne cesse d’augmenter. Il devrait atteindre 53,2 millions en 2019, soit une hausse de 53% pour les cinq prochaines années. Par ailleurs, dans le monde, 400 millions d’adultes disposent d’un patrimoine supérieur à 100.000 dollars, alors qu’ils n’étaient que 217 millions en 2000.

    La richesse globale des ménages atteint 263.000 milliards de dollars

    Mais il n’y a pas que la fortune des plus riches qui progresse. La richesse globale des ménages (personnes vivant le même logement) dans le monde progresse également. Elle a pris 8,3% sur un an, atteignant ainsi un niveau inégalé, de 263.000 milliards de dollars en 2013.

    Ce niveau, l’équivalent de 56.000 dollars par adulte, dépasse de 20% le record atteint avant la crise économique et de 39% le plus bas enregistré en 2008. Cette performance a été tirée par les Etats-Unis et l’Europe.

    L’Amérique du Nord est la région où se concentre la plus grande partie de la richesse des ménages (34,7%). L’Europe arrive en deuxième position avec 32,4% du total. La région Asie/Pacifique (sans la Chine) figure en troisième position, avec 18,9%. La richesse des ménages en Chine a, elle, gagné 715 milliards de dollars (+3,5% sur un an).

    Par D.

    Regardez « La violence des riches » sur YouTube https://youtu.be/Ys3cjJlTcDE


  • Folachette (---.---.93.206) 9 avril 2016 07:42

    Parlons-en de la richesse des ménage quand celui-ci est composé d’une assistante de vie qui subit le temps patiel au smic ! Désolée mais j’en ai marre de travailler uniquement pour financer ma vie organique, mes déplacements et les prélevements . Je gagne trente euros de trop pour prétendre à la CMU . Je ne suis rien de plus qu’une esclave .


  • Bichau 9 avril 2016 17:37

    Merci pour les gentils commentaires. Bien sûr que ce n’est pas toujours rose, avec les personnes âgées ou handicapées, il y a des tas de nuances, comme dans beaucoup de métiers, mais lorsque ces personnes dont nous avons la charge nous disent qu’elles nous aiment, cela fait déjà tellement de bien et ce n’est donc pas toujours un travail ingrat !

    Dernièrement une mamie de 85 ans (pas si vieille que ça dans la tête, elle discute sur Skype avec sa petite fille qui vit au Laos) m’a demandé d’être son auxiliaire lorsqu’elle ira s’inscrire à l’association. La seule raison, d’après elle, c’est que lorsque je suis passée lui parler deux ou trois fois, alors que je me baladais avec une autre personne, elle m’a trouvée gentille. Pour l’instant, jusqu’à ce qu’elle ait fait ses démarches,lors de notre sortie avec l’autre mamie qu’elle connaît un peu (une ancienne infirmière libérale qui connaît tout le village) je vais la chercher pour partager un moment de marche avec nous, car elle voit très peu. Ce détour ne coûte rien, et ses remerciement chaleureux me donnent du baume au cœur.

    Quand j’ai quelqu’un de trop désagréable, je demande à changer, voilà tout, cela ne m’est arrivé qu’une seule fois, avec les autres, on s’adapte.

    Je suis à mi-temps, beaucoup plus d’heures l’été, donc pas trop fatigant, mais quel courage ont celles qui doivent effectuer ce travail à plein temps, le ménage restant l’activité principale. J’admire les infirmières et aide-soignantes, très bien payées heureusement pour les infirmières libérales. 


    • BLOUSE BLANCHE BLUES 9 avril 2016 18:08

       La reconnaissance est indispensable pour tenir le coup dans nos métiers, la gentillesse, les sourires, les mots et témoignages de remerciement de ceux que nous soignons et de leurs proches pour autant vous auxiliaires de vie, nous aides-soignants méritons mieux en terme de salaire que des os à ronger. Pour nous permettre aussi de vivre dignement, de nous soigner, de s’alimenter correctement et ainsi être en mesure de continuer à donner ce que nous avons de meilleur.



  • VICTOR Ayoli VICTOR 8 mai 2016 09:58

    Je découvre par hasard cet article qui me fait chaud au coeur. Parce que je suis quasi quotidiennement en contact avec des aides-soignantes et des auxiliaires de vie. Pas pour moi – j’ai la chance d’être une force de la nature, j’ai fêté il y a quelques jours mes 77 vendanges en sautant en parachute de 4000 mètres ! – mais pour ma maitresse, ma compagne, ma chérie, mon amour sur laquelle est tombée une calamité, il y a une dizaine d’années maintenant : Alzeimer. Une horreur. Vous voyez régresser jour après jour celle que vous aimez. Femme superbe, ancien mannequin, puis directrice de publicité. vous la voyez descendre irrémédiablement. Vos la voyez s’étioler physiquement, s’évaporer mentalement.


    Vous subissez les conseils de personnes qui pensent que vous devriez « la mettre dans une maison spécialisée ». Moi, je m’y refuse et j’ai choisi de m’en occuper tant que je serais là. Mais ce tête à tête permanent avec la déchéance de la personne que vous aimez est très éprouvant. D’abord les dialogues qui s’étiolent, qui perdent toute pertinence, puis vient le coup de barre : lorsque, pour la première fois, vous êtes confronté à l’incontinence. Vos découvrez alors ce que vous avez tant adoré sous des horizons nouveaux si je puis dire…


    A partir de là, en parfait accord avec le fils de ma chérie, nous avons fait appel à de l’aide extérieure. Sous forme de la venue à domicile, chaque matin hors ouiquinde, d’une aide-soignante se chargeant de la toilette de ma compagne. Puis, deux fois par semaine par la venue d’une aide à domicile venant tenir la maison un peu mieux que ne le fait un homme !


    Et j’ai découvert deux choses : d’abord que notre pays, notre république, même imparfaite – et je suis le premier à gueuler ! - ne laisse pas tomber ses citoyens. J’ai trouvé des fonctionnaires territoriaux dévoués, compréhensifs, compétents qui se sont « décarcassés » comme on dit chez nous pour nous venir en aide. Ensuite, j’ai découvert des personnes merveilleuses, ces aides-soignantes, ces auxiliaires de vie qui apportent non seulement leur savoir-faire, mais aussi et surtout leur sourire, leurs paroles, leur présence, leurs conseils éclairés, leur gentillesse. Elles sont comme des rayons de soleil.


    Un grand merci à Carole, Anaïs, Sophie, Charlène, Aurélie, Nouria, Yasmina mais aussi à Ervénie, à Nicole et toutes celles qui enluminent la vie de ma compagne de leur venue et de leur présence éphémère mais si précieuse.


    Mais leurs conditions de travail et leurs salaires ne sont pas à la hauteur de leur dévouement.


  • Bichau 8 mai 2016 10:43

    Merci pour votre témoignage qui fait chaud au cœur. Je suis aussi admirative de ces conjoints qui, comme vous, s’occupent au quotidien de celles qu’ils aiment plus que tout. J’ai rencontré plus souvent des hommes qui prennent soin de leur femme atteinte de maladie d’Alzheimer ou de différentes maladies handicapantes, que l’inverse. Soit que les femmes seraient plus touchées, soit que les femmes ne sont plus là pour veiller sur leur mari ou compagnon.

    Des maladies horribles où les proches voient leur être cher s’étioler peu à peu, ne plus pouvoir marcher, puis parler, puis bouger, avec des problèmes respiratoires, de fausses routes, que certains craignent plus que tout car ils conduisent parfois à la fin de vie. Les personnes atteintes de ces maladies, certaines orphelines (les maladies☺) gardent quant à elles, toute leur tête, pire encore pour elles, et leurs proches que de perdre la mémoire !

    Bon courage Victor, mes amitiés,


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