mercredi 2 août - par christophecroshouplon

La juste distance

Ces êtres à tes cotés qui ricanent, sourient de manière forcée, se délectent dans ton dos de tes malheurs, te préfèrent en bas qu’en haut, ne s’approchent que pour prendre, sucent ton sang à force de simagrées, tachent de te ridiculiser, se moquent et se gaussent, parlent faux et te pompent – ces êtres la que tu aimais et qui se révèlent toxiques, ne les juge pas. Ecarte toi d eux, ne cherche pas à expliquer ou justifier ou à rectifier le tir. Ce n’est pas à toi de le faire, ils se sont eux-mêmes écartés du meilleur d’eux-mêmes, il leur revient donc depuis le fond de leur trou, seuls, abandonnés de tous, eux qui se sont abandonnés eux-mêmes, de refaire surface. Laisse la vie faire, qu’ils se débrouillent, s’ils sont quand même dans ton cœur en dépit du mal qu’ils t ont fait ou ont cru te faire alors aie confiance en eux et en la vie. Ne cherche ni querelle ni vengeance ni séance de rattrapage. Dis-toi que si tous vous vous écartez de cette funeste lumière ils y seront sans doute contraints.

Ne jugeons jamais les êtres, quoi qu’ils fassent, juges nous ne sommes point, seulement âmes bonnes ou mauvaises selon les circonstances de la vie. Ce qui chut peut se relever, ce qui se releva chuter encore. Soyons humbles et prudents, ne nous melons pas à ce qui corrompt, ne perdons pas notre temps à ça. Espérons et agissons chacun pour nous à notre bout, au présent. Ne revivons pas éternellement les moments heureux d’antan, n’anticipons pas l’avenir, celui-ci saura bien un jour s’inscrire au présent.

Nous ne devons rien à nos autres et nous devons tant à nous-mêmes. Faussement libres et réellement entravés, nous quêtons en l’autre ce qui nous manque au dedans alors que tout est à l’intérieur. L’autre n’est point la pour répondre à mes besoins, seulement en présence et sur ma route pour m’aider à y voir plus clair. Ce qu’il donne ou refuse est comme une main tendue qui désigne ce qui passe ou ne passe pas, parfois l’ennemi offre bien davantage que l’ami supposé. On apprend tant dans le manque et la douleur, à les faire reculer notamment.

Indépendants certes mais connectés aux autres, à tous les autres, ceux-là et celles-ci qui sont ouverts et libres et légers et qui ne demandent ni n exigent ni n’attendent rien de toi. Désintéressés et donc libérés de toute entrave. Les bonnes ondes nous relient, nous nous écartons des mauvaises. Les êtres ne sont pas en cause, seulement les comportements, certains tout du moins, qui sont la traduction juste d’un profond mal être qu’il ne nous appartient en rien de guérir. Seul le nôtre nous incombe si par malheur, et pour beaucoup une vie n’y suffit pas. Réapprenons à cultiver cet esprit de responsabilité, celui de l’adulte qui se prend en main et en charge et récuse la victimisation infantilisante que lui tend le miroir du vivre ensemble occidental.

Le temps agit, alors laisse l’autre libre de son temps, laisse lui le temps, celui de grandir et de comprendre après avoir vécu comme ce fut le cas pour toi. Laisse le aller et venir et satisfais toi de son bonheur et préoccupe toi de ses difficultés. Tu as vécu et compris bien des choses avec l’expérience alors loin d’exiger, espère et ressens-le jusque dans ses absences et ses silences. Souviens-toi de toi à leur âge, combien tu haïssais l’entrave, tu apprenais à tracer ta voie, et tâtonnais. Ce fut long et âpre mais tu y es finalement parvenu, à cette légèreté que tel ou telle cherche encore. Alors laisse venir et espère et crois en eux, au meilleur d’eux. A leur tour ils y viendront et ils ont toute une vie pour ça et donc à un moment qui sera le leur te rejoindre. La carte du temps dont tu maitrises les règles, ce lâcher prise de chaque instant, est la seule clef qui sache ouvrir toutes les portes, et il leur incombe à eux aussi de la trouver par leurs propres moyens. Tu les en sais capable bien sûr, alors ne fais plus un geste, plus un. Ce n’est ni efficace ni utile. Comporte-toi comme un père qui indique et laisse faire l’enfant. Observe-le, et s’il est en demande alors tends la main et aide le à se relever. Et fais-le pour lui et pour lui seul.



5 réactions


  • gogoRat gogoRat 2 août 18:06

     Ainsi en va-t-il aussi de la juste distance par rapport aux urnes ou au ’travail’ !  smiley)
     :
     « ne fais plus un geste, plus un » !


  • philippe baron-abrioux 4 août 07:40

    @l’auteur ,

     Bonjour ,

     je viens de relire votre article et je vois qu’il n’ a entrainé ... que 2 commentaires .

     peut être fatigue due aux températures estivales ou quelques grains de sable dont les rouages de nos cerveaux .

     parmi tous les points que vous évoquez et soumettez à notre réflexion , j’en ai retenu deux principaux , la notion de temps et le refus de tout jugement en faisant une nette séparation entre les actes posés et leur auteur , attitude que j’essaie d’avoir toujours à l’esprit depuis très longtemps .

     LE TEMPS : un mot valise , un concept quasi impossible à appréhender dont on ne peut le plus souvent constater que son passage sur nos vies , sans qu’on en ait la moindre maîtrise et dans lequel nous sommes inclus du premier au dernier jour de la vie , avec des ressentis très différents selon notre cadre de vie et notre avancée en âge .
     
    on l’étalonne , on le perd , on en gagne , il nous marque et il fuit sans que nous puissions en prendre totalement conscience et auquel nous nous remettons parfois pour panser nos douleurs .

     LE JUGEMENT : est ce une propension occidentale qui nous conduit si souvent à procéder à la « pesée des âmes » et à émettre la sentence qui absout ou condamne au nom d’une justice dont nous sommes si souvent bien éloignés ?

     et avec quelle joie nous assimilons par facilité l’auteur et ses actes en faisant très souvent l’économie (de temps ) de chercher le fil conducteur qui a conduit à ce il faudrait envisager en termes de sanction à trouver en s’érigeant comme juge impartial si possible alors que nous sommes si indulgents pour nos propres actes ?

     la juste distance écrivez vous en titre .

     bien souvent nous sommes englués dans des pseudo certitudes transmises depuis notre enfance,« on ne guérit jamais vraiment de son enfance »,et les premiers balbutiements de notre capacité à raisonner dans un monde binaire proposé ou imposé par facilité , simplificateur à l’extrême , présenté de façon tronquée ( nous le découvrirons avec le temps !) où la survie est le but essentiel , même au prix d’une curiosité brimée , contenue qui seule permettrait justement d’établir peut être pas la juste distance mais au moins celle qui nous paraitrait humainement supportable et enrichissante .

     la notion de quête de sens devient une hérésie et marginalise parfois avec jugement à la clef bien sûr par référence aux actes anciens posés sans chercher à comprendre les ressorts qui y ont conduit .

     bonne fin de journée !

     P.B.A

     


  • Ar zen Ar zen 4 août 08:21

    Le non jugement, de la théorie à la pratique - Yves Alexandre thalman



    Les mots sont des fenêtres ou des murs - Marshall Rosenberg


    Savoir écouter, ça s’apprend - Christel Petitcolin


    • philippe baron-abrioux 4 août 18:46

      @Ar zen

       Bonjour ,

       Bonjour et merci pour les liens que vous indiquez .

       bonne fin de journée !

       P.B.A


    • Ar zen Ar zen 4 août 22:24

      @philippe baron-abrioux

      Le partage est un plaisir, presque une délicatesse que l’on s’offre à soi même. 

      J’ai un petit faible pour Yves Alexandre Thalman. Un autre livre essentiel de cet auteur, que j’ai pu conseiller à de nombreux amis dans la difficulté, et qui l’ont tous aimé : « au diable la culpabilité ». Un livre qui m’a, moi aussi, beaucoup aidé. 

Réagir