lundi 13 juillet - par Méchant Réac

La Méchante Semaine n°2020-28 du 6 au 12 juillet 2020

Cette méchante semaine aura une nouvelle fois vue s’exprimer la violence de notre société et les meurtres de deux innocents courageux. Cette violence met en cause les fondements de notre civilisation et en danger la République. Méchant Réac ! ® a ainsi eu recours aux études et réflexions de : Edouard Tétreau ; Chantal Delsol ; Max-Erwann Gastineau ; Ivan Rioufol ; Mathieu Lainé ; Dominique Reynié ; Béatrice Brugère ; Jean Sévillia ; Céline Pina ; Michael Shellenberger ; Maxime Tandonnet ; Jean-Louis Arajol ; Eric Deschavanne ; Pierre-Henri Tavoillot ; Pascal Perrineau ; Renaud Girard ; Benoît Rittaud ; Alain Bauer ; Laurent Lemasson ; Bertrand Soubelet ; Gilles-William Goldnadel ; Claude Sicard ; Jacques Julliard ; Valérie Toranian ; Nicolas Bouzou ; Yves Roucaute ; Laurent Sailly.

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UNE ECONOMIE EN PERIL

 

Une bonne politique industrielle, ce n'est pas celle qui dicte leur conduite aux entreprises, c'est une politique qui les soutient affirme Nicolas Bouzou : réindustrialiser la France doit être la priorité numéro un.

 

EXCES MEDIATIQUE

 

Le coronavirus Sars-CoV-2 a contaminé plus de 11,5 millions de personnes dans le monde à ce jour (7 juillet 2020) et a provoqué la mort de plus de 541 000 d'entre elles. Si les chiffres présentés dans l’article « Tuberculose, diabètes... La mortalité comparée du Covid-19 en quatre infographies » sont justes (voir L’Express), Laurent Sailly dénonce l’interprétation qui en est faite qui est fausse pour ne pas dire mensongère !

 

L’OCCIDENT FACE A L’HISTOIRE

 

C’est au nom de ses propres principes que l’on accuse l’Occident. Le mouvement décolonial qui s’en prend à l’histoire européenne comporte une contradiction interne, estime la professeur de philosophie politique Chantal Delsol, qui refuse toute relecture manichéenne du passé. On ne peut pas nettoyer les siècles pour obtenir la pureté totale - selon nos critères qui ne seront peut-être plus ceux de nos enfants. Ils brisent ce qu’ils convoitent. Mécanisme bien connu du ressentiment.

Il y a là une sorte de retour de bâton : nous avons tellement, avec les droits de l’homme, érigé une morale en politique, que l’on nous réclame à présent la réalisation intégrale de nos discours idéalistes… Il s’agit de notre histoire et il s’agit de nos pères, qui ont pensé bien faire, et nous serions bien légers de les renier.

 

En réclamant de nouvelles excuses à la France, le président algérien Abdelmadjid Tebboune entretient un ressentiment qui fait obstacle à un travail mémoriel apaisé sur la présence française en Algérie, estime l’historien Jean Sévillia. Mais de quoi la France devrait-elle s’excuser ? C’est un rituel du pouvoir, à Alger, que de vilipender la colonisation, alors même que près de 9 Algériens sur 10 sont nés depuis l’indépendance. La colonisation n’a pas été un crime en soi : elle a été un moment de l’histoire. Dans sa phase de conquête, cette colonisation a été rude pour les colonisés, mais il en a toujours été ainsi depuis la nuit des temps.

 

Les déboulonneurs de la statue de Colomb à Baltimore vont-ils s’attaquer ensuite à l’esclavagiste, parrain éponyme de la capitale d’un grand pays moderne ? Va-t-on débaptiser Washington demande Renaud Girard. Les « enfumades » des tribus algériennes en 1844, la répression du 8 mai 1945 à Sétif, les interrogatoires de 1957 à la villa Sésini, ne sont assurément pas à la gloire de l’armée française.

 

LA REPUBLIQUE EN DANGER : ECOLOGISME, RACISME, INDIGENISME, DECOLONIALISME, GAUCHISME, EGALITARISME…

 

Mathieu Laine, qui s'inquiétait, il y a quinze ans déjà, de l'émergence d'un État nounou dans La Grande Nurserie (JC Lattès), alerte sur l'état des libertés en France : plus on déresponsabilise, plus on désapprend la liberté. L'égalitarisme, le moralisme et la « risquophobie » sont des allées de servitude. La capacité de régénérescence de la liberté, fût-elle cerclée de miradors, finit toujours par l'emporter. Mais à quel prix ?

 

La gauche n’est plus mobilisée elle est immobilisée. Tétanisée. Ayant peur de paraître raciste si elle questionne les termes idéologiques du combat antiraciste. La novlangue identitaire a triomphé... Surtout pas de critique à gauche, le moins de culture historique possible, un pseudo regard distancié qui fait le lit des mouvements néo-féministes, décoloniaux, indigénistes et racisés. Le gauchisme a toujours amené la droite dure au pouvoir mais ça, on s’en fout, ce n’est pas « tendance » de le dire.

 

Pas de meilleur allié que le capital pour ses mouvements gauchistes et identitaristes qui ne cessent de le décrier tout en s’en servant comme il se sert d’eux… Le privilège blanc est un concept qui rend suspect donc inaudible tout argument critique fondé sur l’universalisme occidental.

 

Pour le directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, Dominique Reynié, au miroir des représentations politiques et médiatiques, les Français ne reconnaissent plus leur propre pays. Notre démocratie ne survivra pas si nous ne savons pas répondre à la crise actuelle. Le retour au niveau de participation électorale qui mettrait notre démocratie à l’abri d’un accident électoral ne se fera pas sans le relèvement de ces fonctions de communication. Ranimer le lien civique, œuvrer à un espace public plus représentatif de nos réalités politiques et sociales et enfin restaurer la souveraineté de l’élection devraient être nos impératifs dans les années qui viennent.

 

La Convention citoyenne pour le climat a rendu ses propositions, mélange de vieilles lunes défectueuses et de dangereuses nouveautés. Une démagogie verte à laquelle il devient urgent de s'opposer. Fait du prince, la Convention dite “citoyenne” a été mise sur pied en dehors de tout cadre démocratique habituel. Plutôt que de réinventer la roue, il eût été plus utile de réfléchir sur ce qui ne tourne pas rond dans ces vieilles lunes.

 

Les nouveaux maires EELV élus dans les grandes villes comme à Bordeaux et à Lyon ont déjà eu des prises de positions plutôt radicales au nom de la planète (vers une interdiction de la voiture à Bordeaux, suspension du projet de LGV entre Lyon et Turin) dans une indifférence quasi générale. Pour Yves Roucaute, c’est cet esprit de Munich qui affaiblit la démocratie face à une illusion d’efficacité écologique.

 

Alors que le parti des Verts a enregistré des scores importants dans certaines grandes métropoles, la droite semble embarrassée par le thème de l’écologie, explique Max-Erwann Gastineau. Selon lui, elle est pourtant pionnière sur ce thème. Dans une France chamboulée par l’« ardente nécessité » de poursuivre la « modernisation » du pays, Pompidou créa le premier ministère de l’environnement. Le champ lexical de l’écologie pompidolienne ne remit pas pour autant en cause le colbertisme triomphant des débuts de la Vème République. L’homme réclame lui aussi une éthique, qui ne saurait simplement correspondre « aux évolutions de la science et de la société ».

 

Iconoclaste, dans son dernier ouvrage, l'écologiste Michael Shellenberger, éreinte le catastrophisme environnementaliste et tente d'en comprendre l'origine. Sans les écolos radicaux, le monde n’irait-il pas mieux ?

 

Nous avons atteint le point extrême d’un déséquilibre entre les droits (fort nombreux) et les devoirs (très modestes) que l’individu estime avoir envers la nation, argumente l’historien et essayiste, que nos lecteurs retrouvent chaque premier lundi du mois. La crise du coronavirus a révélé au grand jour la faillite de l’État. La France n’en finira avec ces pulsions « séparatistes  » qu’en se rapprochant de l’idéal qui la fonde. Dans un monde en proie aux passions nationalistes et populistes, l’Europe est la seule puissance d’équilibre, la seule puissance de paix. Il faut que la France redevienne une espérance.

 

Voyant sa cote de popularité décliner, Emmanuel Macron fait appel aux Français afin de réformer. Pour l’économiste Claude Sicard, c’est une fausse bonne idée du chef de l’État parce que la préparation des décisions qui engagent l’avenir d’un pays nécessite des études approfondies et l’aide d’experts : faire ainsi muter la démocratie représentative vers une démocratie participative est dangereux. Macron a été frappé par le fait qu’il s’était opéré une cristallisation sur son nom. Le pouvoir de Macron s’est imposé à l’Assemblée nationale du fait que tous les députés « marcheurs », avaient signé un « contrat avec la Nation ». Au temps du général de Gaulle, il existait ce que l’on avait appelé le « Commissariat général au plan ».

 

L’avocat Gilles-William Goldnadel reprend à son compte une expression employée par Donald Trump, dans un discours prononcé au Mont Rushmore : le « fascisme d’extrême gauche » désigne selon lui la dérive de mouvements antifascistes et antiracistes pour lesquels tous les coups sont permis, au mépris de l’État de droit. Ce nouveau fascisme d’extrême gauche menace la République. C’est un nouveau fascisme d’extrême-gauche qui exige une allégeance totale dans les écoles, les salles de presse et les conseils d’administration des entreprises à travers le pays. Dès lors que l’on considère que l’immigration illégale et massive doit être jugulée ou qu’il existe un racisme anti-blanc, on mérite l’appellation « facho ». Quelque 7400 hommes noirs sont morts en Amérique en 2018, dont 90 % tués par d’autres noirs.

 

Il faut en finir avec la République des froussards déclare Ivan Rioufol. Pourquoi ne pas tenter de faire émerger des personnalités, militaires ou civiles, afin de fédérer ceux qui se désolent de cette République des capons, de ce monde de froussards qui déshonorent la France. En dépit des grands mots de la macronie, prête à faire « la guerre » quand il s’agit d’un virus, l’esprit de résistance a abandonné l’État. Le gouvernement est mobilisé pour réduire 2022 à un tête-à-tête Macron-Le Pen : déracinés contre enracinés.

 

En tous cas, pour Edouard Tétreau, le président qui sera élu en 2022 devra être le dernier de la Vème République. L’essayiste propose de convoquer des états généraux en 2022 pour donner la parole au peuple, afin de refonder le contrat social qui régit la société française. Nous sommes arrivés au bout d’un système où la centralisation de l’État a fait du peuple un étranger dans son propre pays.

 

DE LA VIOLENCE LEGITIME A LA VIOLENCE DE CLANS

 

Laurent Lemasson pose en terme simple et direct la seule question qui vaille : la police américaine est-elle violente ? Aussi horribles soient-ils, des épisodes comme la mort de George Floyd sont aberrants : les abondantes données dont nous disposons sur l’usage de la force par les policiers révèlent professionnalisme et retenue. Au lendemain de la mort de George Floyd, à Minneapolis, des émeutiers ont déclenché des incendies dans de nombreuses villes à travers tous les États-Unis, pillant les commerces, détruisant les biens et attaquant la police. Ces émeutes ne sont pas surprenantes. Depuis des décennies la police, aux Etats-Unis, a été la cible d’une campagne de calomnie visant à dépeindre les forces de l’ordre comme un rouage violent dans un système pénal raciste. En réalité, les données disponibles montrent que, compte-tenu des caractéristiques de la délinquance aux Etats-Unis, les policiers américains agissent en général avec professionnalisme et modération.

 

Alors que les événements violents se multiplient (l'agression d'un chauffeur de bus à Bayonne, la mort d'une jeune gendarme lors d'un contrôle routier notamment), quels sont les moyens juridiques mis à la disposition du ministère de l'Intérieur afin de lui permettre d'endiguer ce fléau ? Maitriser la spirale de violences dans laquelle s’enfonce la France est-il vraiment hors de portée demande Alain Bauer.

 

Devant le meurtre d’une gendarme, Bertrand Soubelet laisse sa colère et son émotion déborder.

 

L’agression dont a été victime Philippe Monguillot à Bayonne témoigne de la volonté de certaines communautés d’imposer la loi du clan partout sur leur chemin, entraînant une part de la société dans une logique tribale, analyse l’essayiste Céline Pina. Le ressenti populaire témoigne du sentiment profond que cela pourrait arriver à chacun d’entre nous. Toute rencontre est un affrontement en puissance pour savoir si on doit baisser les yeux ou les faire baisser.,La violence qui monte dans la société n’est pas le fruit de la misère sociale ou des discriminations, elle est avant tout politique et fait l’objet d’un travail de radicalisation.

 

Les deux philosophes, Eric Deschavanne et Pierre-Henri Tavoillot, regrettent un affaissement généralisé de l’autorité en France. Seul un bilan minutieux de la crise permettra de restaurer la confiance, qui est son pendant nécessaire. L’énergie nationale devrait s’attacher non seulement à sortir de la crise, mais à en tirer les leçons, sans esprit d’accusation, ni désir de vengeance.

 

Après la mort de George Floyd aux États-Unis, un parallèle a été établi par les manifestants entre la France et les États-Unis pour dénoncer les violences policières. Un sondage IFOP rappelle cependant que les Français font majoritairement confiance à leur police, note le professeur de Sciences Po., Pascal Perrineau. Ce travail de construction d’un parallèle entre le cas français et le cas américain a été l’œuvre d’un comité actif sur le terrain, emmené par la sœur d’Adama Traoré. Une grande majorité de Français ne se retrouve pas dans l’idée que leur pays serait le lieu d’un racisme systémique.

 

Major de police et syndicaliste en retraite, Jean-Louis Arajol publie Police en péril : la grande maison brûle (Cherche Midi). De son vibrant verbe méditerranéen, ce grand flic dresse un état des lieux – à l’évidence – apocalyptique de la police nationale, dont la refondation passera, selon lui, par une poigne résolue du nouveau ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. On a vu, pour le Ségur de la Santé, les soignants réclamer des moyens, des effectifs et une revalorisation salariale. Pour les policiers, c’est exactement la même chose. On demande aux effectifs de police de faire toujours plus avec toujours moins de moyens. Voyez les effets de la politique de Mme Taubira : entre 2015 et 2016, il y a eu +60% de policiers blessés par arme.

 

LE NOUVEAU GOUVERNEMENT

 

La liste des nouveaux ministres du gouvernement de Jean Castex a été dévoilée ce lundi 6 juillet. Quels sont les signaux envoyés lors de ce remaniement ? Ces choix vont-ils répondre aux attentes des Français ? Quelle pourrait être la suite du quinquennat d'Emmanuel Macron ? Pour Maxime Tandonnet, ce nouveau gouvernement envoie moult signaux… mais y aura-t-il des Français pour les détecter ?

 

La nomination d’Éric Dupond-Moretti au poste de Garde des sceaux a créé la surprise lundi soir. Qu’un avocat soit ministre de la Justice n’a pourtant rien d’exceptionnel : Danton déjà, mais aussi Aristide Briand, Robert Badinter... furent, chacun en leur temps, des avocats qui ont marqué l’histoire de ce ministère stratégique, rappelle l’historien Maxime Tandonnet. On se fait l’idée qu’un garde des Sceaux a avant tout pour mission de porter la parole de la magistrature et de refléter ses intérêts.

 

Avocat ou autre, le nouveau garde des Sceaux doit rendre la justice indépendante.

 

En tant qu’avocat pénaliste, Me Dupond-Moretti a exprimé une vision tranchée des réformes nécessaires au ministère qu’il dirige désormais. Secrétaire générale de FO- Unité magistrats et fine analyste de la justice, Beatrice Brugère nous livre ses propres réflexions sur le sujet.

 

Laurent Sailly, directeur de la publication

 

Pour citer cet article : https://mechantreac.blogspot.com/2020/07/la-mechante-semaine-n-2020-28-du-6-au.html



3 réactions


  • rita rita 13 juillet 10:36

    Le covid-19 est la seule maladie à avoir stopper l’économie mondiale ?

    Certain petit pays comme la France ne se redressera pas, il n’y a pas de solution pour remonter la pente glissante que nous laisse les gouvernements succéssifs incompétents ?

    Le virus est toujours là quoi qu’en dise certains bas du front, et bien là pour très longtemps !

    Faudra vous habituez a porter le masque matin midi et soir !

    cette pandémie risque fort bien d’être la dernière ?

     smiley


    • Ouallonsnous ? 14 juillet 01:30

      @rita

      Covid 19 n’est pas une vraie maladie, en tout cas pas la pandémie que l’on veut nous vendre ; procurez vous et lisez le rapport médical que la Marine a adressé à la ministre de la défense sur l’état sanitaire des équipages du groupe aéronaval, soi disant atteints par le virus, vous y lirez effectivement la description des symptômes d’une rhinopharyngite carabinée avec fièvre et perte momentanée du goût et de l’odorat, les malades se rétablissant dans la semaine, voir les quinze jours suivants.

      Covid 19 est le nom d’une opération politique destiné à « contenir » les réactions des peuples en prévision de la découverte de la crise économique qui couve, amplifiée par ce confinement suicidaire parce que totalement inapproprié, comme l’est le port du masque où la pratique des prétendus gestes barrières, l’usage immodéré du gel hydroalcolique vous menant doucement au « toc » du lavage des mains et un probable eczéma !

      Ce n’est pas au peuple d’essuyer les plâtres d’une clique d’incompétents vendus à l’oligarchie financière internationale !


  • OMAR 13 juillet 20:57

    Omar9

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    @Méchant Réac :"En réclamant de nouvelles excuses à la France, le président algérien Abdelmadjid Tebboune entretient un ressentiment qui fait obstacle à un travail mémoriel apaisé sur la présence française en Algérie.

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    Je pourrai être d’accord avec cet avis, en optant plutôt pour une refonte claire et honnête de l’histoire de la France coloniale, sans tabous ni préjugés.

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    Mais voila, la aussi vous fermez la porte à toute relecture du passé.

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    Par contre, pour les actes antisémites commis durant l’occupation allemande, là, vous vous êtes plié en quatre : reconnaissance de génocide, excuses officielles, indemnisations sonnantes et trébuchantes, érections de mémoriaux dédiés à l’holocauste, inscription de la Shoa dans les manuels scolaires, la totale, quoi !!!

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    Papon que l’on condamne et que on maudit pour les rafles et les déportations de Juifs, mais Papon qu’on cache pour avoir balancé des algériens dans la Seine...

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    C’est cela vos valeurs


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