mercredi 13 février - par Le Vautre Oméga

La Nouvelle Psychanalyse

De problèmes, dit-on, il n'y en a pas, du moment qu'on ne se prend pas les pieds dans le tapis. Mais la vie, enfin, ce qu'on appelle tel que « la vie » (qui a une définition somme toute très restreinte) nécessite une espèce d'embrassade interminable mais salvatrice (disons le mot) puisqu'amplifiante. Si bien qu'à tout prendre, l'embrassade du tapis qu'est votre vie, ça doit procéder par une non-solution plutôt qu'un remède (remède tantôt inutile, tantôt dangereux, généralement funeste). De sorte qu'ainsi désormais est-il plus sage de vous proposer une boîte de Pandore.

C'est que la théophanie peut être aidante du moment où l'on s'y ouvre. Que nous disent les théophanies hormis que le regard porté sur soi nécessite un changement régulier ? De bon scepticisme ce paradigme-ci qu'on rechigne, malgré tout, à adopter... Par conséquent, la cure théophanique dépendra de la faculté du sujet à regarder la chose en face, c'est-à-dire à ne plus reculer devant la théophanie ébranlante du moins dans des circonstances ordinaires, lorsqu'il n'est pas sujet à quelque maladie. Comme preuve je n'ai que l'empirie. Les mythes disent tous la même chose. C'est à savoir qu'il faut « changer sa vie » sur-le-champ et démarrer le processus de la Conscience avant que Satan n'étende son empire au-delà de ses limites déjà larges.

Aussi peut-on battre en brèche le discours positiviste. Que n'a-t-on pas engagé le procès hier ? C'est une faute à imputer à tout le monde, et ne pas l'imputer à tous c'est aller à rebours de la cure dont l'objectif certain serait de faire poindre « dans l'esprit » l'idée d'une faute universellement commise. Je ne vois pas d'autre solution que ceci, combinant les savoirs établis de la psychanalyse de l'école jungienne puis de la logothérapie de Frankl. À quoi peut-on ajouter l'adjuvant Bergson, l'ami René Girard et le grand Teilhard de Chardin... 

Nous pourrions regarder le mal en face si, plus tôt, nous avions su notre rang de dieux, mais nous ne savions pas. Toutefois Jésus-Christ a déclaré que nous l'étions (des dieux) lors même que de façon maligne Il déclarait sur la Croix que son Père L'avait abandonné. Drôle de dieu qu'un Dieu abandonné comme Fils par son Père. Mais qui a été abandonné, sinon l'image du Père comme le Dieu classique ? Sur la Croix c'est le Père qui est mort et pas le Fils, qui a ressuscité. C'est à savoir qu'apparemment le Fils est devenu Dieu puisqu'être Dieu désormais ne nécessitait plus la grande couronne mais, au contraire, une attitude élégiaque en grand désarroi... 

Donc le Père meurt. Le Mythe meurt. Si le christianisme est un mythe, il ne vaut rien. S'il est un contremythe, il change tout en ne changeant rien – c'est la même chose mais autrement. Or la cure théophanique vous enjoint à vous ouvrir au Dieu caché qui va vous acheminer à la conscience malheureuse moyennant laquelle (le saviez-vous ?) vous passerez le chameau dans le chas de l'aiguille. Car, dit-on, le chemin serait étroit (antienne redondante de toutes les histoires mythiques amalgamées dans les bréviaires). Mais quel est le défi à relever ? En fait, on ne le sait même pas.

Faut-il donner aux pauvres ? Dans ce cas les œuvres hypocrites l'emporteraient sur la foi.

Faut-il croire de tout son cœur ? Dans ce cas une foi terne l'emporterait sur les œuvres.

Si je donne aux pauvres, ils deviendront riches. Problème. Enfin si je m'appauvris ne vais-je pas me complaire en me vautrant dans une supériorité morale si facilement acquise ?

Lorsqu'il en est de l'inconscient et du mal, on s'en réfère à juste titre au Malin dont l'étymologie (rappelons-le) signifie celui qui échappe au regard scrutateur en raison même que le regardeur croit apercevoir quelque chose dans un ciel noir.

D'où vient que je pense, étant donné les raisons devant dites, qu'on devient fous. D'ailleurs les déconstructeurs du postmodernisme étaient largement névrosés, et aujourd'hui nous nous échinons de même à comprendre quelque chose en nous enflammant d'égale mesure. Soit que le geste de la déconstruction est positif, soit qu'il est négatif par exemple, question posée dans les milieux universitaires on ne sait à quelle fin (peut-être que par elle parviendront-ils à s'affoler davantage).

J'aimerais vous dire de vive voix qu'il faut avoir peur. Mais que cette peur vous substantera beaucoup. Et qu'avant toute chose vous dire également que vous êtes divins en ayant peur. Vous n'avez pas vraiment le choix, à moins que vous ne privilégiez quelque tactique sournoise et maléfique. À titre d'exemple Nietzsche est évocateur, parce qu'il était (certainement) très intelligent et roublard dans sa démarche d'esquive par laquelle il faisait de ceux qui se rédiment des loubards en son lieu et place. Reste que la violence qu'il prônait sans vergogne passait, à bon droit, pour une régression majeure. Sauf que d'un autre côté, il fallait passer « par là », comme par « par là » je veux dire, enfin, qu'il y a « quelque chose » dans l'histoire qui marque des étapes sur la sente de notre développement.

Cordonnier, du reste, pas au-delà de la semelle.

Evidemment que je ne puis me répéter indéfiniment, et que là où je veux en venir (voulez-vous que j'y vienne ?) serait de vous dire que la cure théophanique dépend d'un renversement infini des valeurs, c'est à savoir que le misérable doit être érigé en glorieux – glorieux jadis entendu dans un sens archaïque de numinosité entretenue par une élite seulement. 

Par conséquent, ce qui doit vous « sauter à la figure » (si vous me permettez l'expression) c'est la misère de votre violence. Je ne vous recommande aucune mortification sinon la conscience malheureuse, car vous savez que sûrement on tente d'échapper à Dieu par les patenôtres.

Accepteriez-vous ainsi d'être mes cochons d'Inde ?



9 réactions


  • Le Vautre Oméga Le Vautre Oméga 13 février 12:34

    On l’a remarqué : le titre est putaclic... En l’espèce, étant donné que la psychanalyse jungienne est toujours aussi peu présente en France, je ne pense pas en revanche que ce soit inutile d’avoir nommé mon article ainsi. La Nouvelle Psychanalyse, c’est la psychanalyse d’Aïon etc., encore bien inconnue sous nos latitudes.


  • Gollum Gollum 13 février 13:07

    Bon si j’ai bien compris, ce texte se veut une apologie de CG Jung. Le pôvre... smiley

    Comme d’hab j’ai pas pigé grand chose. D’accord pour dire qu’Aïon est un de ses bouquins les meilleurs et des plus subversifs.

    Sur Nietzsche, que vous dévalorisez comme toujours, je rappelle qu’il était au contraire fort prisé par Jung. Et je ne le vois pas comme roublard dans sa démarche d’esquive..


    Reste que la violence qu’il prônait sans vergogne passait, à bon droit, pour une régression majeure.


    Je pense que c’est un peu plus complexe que ça..


    Je rappelle que Guilloux avait sorti un très bon texte sur CG Jung : https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/carl-gustav-jung-ma-vie-212068


    Pour les amateurs car ce n’est pas avec un texte comme celui-ci que l’on risque d’avoir envie d’en savoir plus..


  • Le Panda Le Panda 13 février 15:40

    Un personnage plus complexe que Freud et Cie a vu le jour, je veux bien faire des efforts de lecture mais j’ai rien compris. Il ne faut faire aucun reproche à quiconque c’est ainsi que chacun de nous grandit par la culture du site, merci.

    Le Panda


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 février 18:33

    Il n’y a qu’une psychanalyse. Structurée par Freud : le divan et les trois quart d’heure. Le psy assis à l’arrière. Le paiement scripturaire. Voilà pour la méthode. Le reste dépend de la personnalité de l’analyste. La psychanalyse peu s’étendre à de nombreux domaines, l’art, la politique. Alors, nous savons qu’’il s’agit d’UN éclairage. 


  • Christian Labrune Christian Labrune 14 février 18:01

    La nouvelle psychanalyse vaut bien l’ancienne, à ce qu’il paraît : à force d’aller de l’obscur vers le plus obscur, on devrait bien finir par y voir plus clair !

    Plus modestement, et sans garantie de succès en pareil cas, je me contenterai de conseiller les urgences de l’hôpital Sainte-Anne.


    • Le Vautre Oméga Le Vautre Oméga 14 février 19:10

      En êtes-vous certain ? Lacan enseignait naguère à Sainte-Anne.


    • Christian Labrune Christian Labrune 14 février 23:03

      En êtes-vous certain ? Lacan enseignait naguère à Sainte-Anne.

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      @Le Vautre Oméga
      Il y a déjà longtemps qu’il a calanché, ce pauvre psittacidé !
      Il aurait pu être aussi bien à la Samaritaine dont la publicité disait, je le précise pour ceux qui n’ont pas connu l’autre siècle : « On trouve tout, à la Samaritaine ».


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