mercredi 7 avril - par Jean-Luc Picard-Bachelerie

La présidentielle pour une nouvelle constitution

À présent, les abstentionnistes et les votes blancs forment la majorité du corps électoral. Aucun candidat, aucun programme ne les motive. Les raisons sont multiples. Le constat est flagrant : cette participation à la vie démocratique de la 5ᵉ République leur paraît inutile. La cause : la démocratie ne fonctionne plus, nos « élites » n’inspirent plus confiance, le système est devenu irrémédiablement corruptible, inégalitaire, oligarchique, éloigné des préoccupations de plus de 90 % des Français et ne conduit qu’à pervertir les projets les plus proches du peuple. Comment réparer les institutions ? Comment reconstruire le peuple ? Comment changer de constitutions ? 1

Emmanuel Macron a eu beau jeu de dire que la démocratie réside dans le fait que les représentants du peuple sont élus par le peuple, l’argument ne convainc plus grand-monde, surtout lorsqu’on voit comment il gère seul la crise sanitaire avec son conseil de défense placé sous le secret, son conseil scientifique, et ses multiples cabinets conseils étrangers, tous des gens non élus, des personnes qui ne représentent pas le peuple. Une méthode de gouvernance qui pourrait augurer un renforcement du rôle du président dans la Constitution puisque désormais, tout ce qui est exceptionnel rentre dans la loi ordinaire au gré des crises. Quant à l’Assemblée nationale, elle est devenue une chambre d’enregistrement où les débats ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes depuis la réforme électorale de 2002. Arrêtons le cauchemar !

La 5ᵉ République n’est plus qu’un simulacre de République. Les gagnants aux élections sont ceux qui disposent du budget le plus important. L’Assemblée nationale compte « 4,6 % d’employés et aucun n’est ouvrier, alors que ces catégories représentent la moitié de la population active2. À l’inverse, les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 76 % des élus, soit 4,4 fois plus que leur part dans la population active3 ». Quant à nos présidents, rares sont ceux qui ont déjà été salariés, à moins qu’ils n’aient été banquiers ou militaire. Ce sont les présidents des riches !

La seule solution pour retrouver la démocratie est de réécrire la constitution. Le régime présidentiel est un régime qui confisque la souveraineté au peuple. C’est un régime illégitime au regard de ce que devrait être une véritable démocratie.

Un candidat-constituante contre les candidats-programme

La solution pacifique pour sortir de cette 5e République pour installer une véritable démocratie est de passer par les urnes. D’aucuns abstentionnistes rétorqueront que c’est cela, justement, qui ne leur inspire pas confiance.

Afin de pouvoir répondre à cette inquiétude, une solution jamais tentée peut y répondre : celle d’un(e) candidat(e)-constituante de transition pour la présidentielle de 2022.

Celui-ci devrait s’engager à :

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    mettre en place une assemblée constituante,

  • lui donner les moyens de recevoir les volontés du peuple par voie référendaire ou par cahiers de doléance pour ce qui concerne les articles fondamentaux de la constitution.

  • organiser de nouvelles élections dès que la nouvelle constitution aura été approuvée par référendum.

  • appliquer un programme de transition à même de défendre la France dans ses droits internationaux et garantir les droits sociaux ici.

Cette solution est la seule qui puisse garantir la paix tout en se donnant les chances d’organiser la démocratie et de retrouver la souveraineté qui a été confisquée au peuple.

Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force des oligarques. Infiniment plus que leur nombre, doivent-ils avoir le dernier mot ? Notre souveraineté doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !4

 

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1Cette tribune fait suite à "Un(e) candidat(e)-constituante pour 2022"

4Paragraphe inspiré de l’appel du 18 juin 1940



8 réactions


  • Albert123 7 avril 09:45

    « Comment réparer les institutions ? »


    en égorgeant salement et publiquement ceux qui les ont représentés et détournés de leur fonction initiale.


    car avant d’être un problème de système c’est avant tout un problème de personnes et de profils qui arrivent au pouvoir.


    Comment reconstruire le peuple ?


    en remettant à leur juste place la minorité d’idéologues détraqués cad dans des maisons de santé et en camisole


    « Comment changer de constitutions ? »


    avec un stylo et du papier


    Le tout avec ce qui manque actuellement à un peuple de fonctionnaires ayant une aversion pour le risque : des couilles et une colonne vertébrale.


  • jef88 jef88 7 avril 10:58

    PREMIERE ETAPE ...

    HALTE à la centralisation à outrance !

    -Dans nos régions actuelles , y a t’il des besoins communs entre ceux qui habitent au nord-est et ceux à 3 ou 1400 km au sus-ouest ? ? ?

    Les département ne sont que des vestiges du passé !

    -Nos cantons actuels contiennent une population qui n’a pas de contacts géographiques ...

    Ma communauté de communes en compte 74 ! Le seul bénéficiaires est le maire du patelin principal qui cumule les pouvoirs .... Les maires des patelins n’ont qu’a la fermer ! ! !

    Quand on sera revenu à une organisation pratique et logique le peuple retrouvera le chemin des urnes .....


  • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 7 avril 12:36

    la démocratie ne fonctionne plus

    Le principal est que les gogos y croient encore à coup de matraquage médiatique.


  • amiaplacidus amiaplacidus 7 avril 16:22

    @l’auteur : « ...nos « élites » n’inspirent plus confiance, ... ».

    C’est peu de le dire.


  • jef88 jef88 7 avril 19:31

    AUTRE PROBLEME !

    Désynchroniser les élections présidentielles et parlementaires ....


  • Zolko Zolko 7 avril 22:38

    Article clair et limpide. Mais ça n’arrivera pas.


  • Hervé Hum Hervé Hum 8 avril 12:48

    C’est sans doute la seule solution pour changer de constitution sans passer par la manipulation de ceux qui ont actuellement le pouvoir. La publicité des débats, sa transparence totale autant à l’intérieur de la France qu’à l’extérieur étant la clé. Reste que cela passe obligatoirement par la dénonciation de tous les mensonges sur la réalité économique, principalement sur la monnaie et la propriété privé, sans cela, une constitution remplacera la forme d’une autre sans rien changer au fond.

    Par exemple, la démocratie, c’est la souveraineté du peuple, qui n’a rien à voir avec la souveraineté de la nation, puisque cette dernière est tout à fait compatible et même encore aujourd’hui, quasi exclusivement celle de ses propriétaires économiques, ceux là même que vous dénoncez dans votre article. La démocratie tend à l’universalité ou ne peut pas advenir, car elle exige un monde en paix sociale, donc, en coopération. Un monde en état ou menace de guerre permanente ayant pour corollaire l’état d’urgence permanent, exige de lui même la dictature, car il n’y a pas le temps au débat.


  • beo111 beo111 9 avril 00:33

    Pas d’accord avec l’article car à partir du moment où le pays a des Armées susceptibles d’aller à l’étranger elles ont besoin d’un chef.

    Le pouvoir du chef de l’état est limité par le Parlement, qui peut notamment virer un gouvernement avec motion de censure. Voir même destituer le PR en Haute Cour.

    Le problème étant lorsque le Président dispose d’une majorité de chiens zélés à l’Assemblée. Mais ça ce n’est pas la faute de la Constitution.

    C’est la faute des Français qui ont mal voté. Car les députés, ce sont ceux qui les ont choisi.

    Ce n’est donc pas la Constitution qui doit être changée. Ce sont les Français qui doivent apprendre à voter.


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