mercredi 13 juin 2012 - par modesto

La psychanalyse est-elle l’autre imposture du XXème siècle ?

En France, seul pays avec l’Argentine où la psychanalyse a un rang de doctrine indéboulonnable, la quasi-totalité des intervenants sociaux s’inspire des « théories » freudiennes. Quitte à se fourvoyer gravement comme on l’a vu avec le traitement de l’autisme. Il est urgent de lancer le débat dans les centres de formation des travailleurs sociaux et médicosociaux !

C’est de 1900 que le médecin viennois Sigmund Freud a daté son ouvrage fondateur « L’interprétation des rêves », pourtant publié en 1899, sans doute conscient qu’une révolution intellectuelle était lancée. Son impact sera considérable et large, de la médecine où elle est née aux sciences sociales et humaines qui, les unes après les autres, allaient établir des ponts entre la théorie freudienne et les disciplines universitaires historiques, la psychologie, la sociologie, la pédagogie, la philosophie, la linguistique, mais aussi la littérature, le travail social et même la pensée politique avec des penseurs « freudo-marxistes[1] » très en vogue en France dans la période de 1968 tel que Marcuse, Reich, Deleuze et Guattari. Quant au parisien Jacques Lacan, il a dominé toute l’intelligentsia parisienne durant les années 50, 60 et 70, jusqu’à imposer à l’université de Vincennes un département de psychanalyse, lui obtenant ainsi un statut scientifique controversé.

La formation des travailleurs sociaux, des éducateurs spécialisés et d’une bonne partie des pédagogues, soignants et paramédicaux spécialisés a surinvesti les apports de la psychanalyse dans la compréhension des phénomènes humains, au point d’en constituer la doxa de tout savoir professionnel et, plus encore, d’une certaine culture, à la charnière entre arts, littérature, et langage des métiers de l’humain…

En France, dans les années 1970 et 80, et même encore jusqu’au début des années 2000, il n’était pas d’alternative possible que la grille de lecture psychanalytique et sa triade « inconscient – désir - langage », avec tout ce qui en découle, notamment dans une certaine vision du psychisme humain, aliéné à son propre libre-arbitre par un inconscient qui nous mène... « à l’insu de notre plein gré » !

Aujourd’hui, après une telle domination sans contestation, la psychanalyse est de plus en plus remise en question, ce qui est le moins quand on se pose en discipline scientifique.

Le linguiste et philosophe américain Noam Chomsky, qui a connu Lacan dans les années 1970, a confié qu'il le considérait comme un « charlatan conscient de l'être qui se jouait du milieu intellectuel parisien pour voir jusqu'à quel point il pouvait produire de l'absurdité tout en continuant à être pris au sérieux »[2].

Les choses se sont accélérées depuis les années 2000. En 2004, c’est « l’amendement Acoyer » qui met le feu à la psychosphère. Les psychanalystes font un intense lobbying pour préserver leurs privilèges de thérapeutes sans diplômes.

Puis, après « Le livre noir de la psychanalyse –Vivre, penser et aller mieux sans Freud », ouvrage collectif de 830 pages publié en 2005 sous la direction de Catherine Meyer avec le philosophe Mickel Borch-Jacobsen, qui provoqua l’ire de la « papesse » de la psychanalyse parisienne, Elisabeth Roudinesco, c’est Michel Onfray qui écrit en 2010, « Le crépuscule d‘une idole – L’affabulation freudienne », recherchant, en 612 pages, les contradictions foncières, les biais méthodologiques, les impostures intellectuelles et les mensonges à l’origine d’une pensée viciée dès sa fondation.

En 2011, c’est le film documentaire « Le Mur » de Sophie Robert, très critique à l’encontre de psychiatres et de psychologues s’inspirant de la psychanalyse, qui fait les frais d’une polémique et se voit interdit de diffusion à la demande des freudiens.

En 2012, c’est une institution sanitaire la Haute Autorité de Santé (HAS) qui, après des années de controverse et de combats menés par des familles révoltées par le traitement infligé à leurs enfants autistes en institutions de soins (hôpitaux de jour, instituts médico-éducatifs), vient infliger un nouveau désaveu de l’approche psychanalytique de l’autisme en déconseillant la pratique du « packing »[3], inspirée de la fumeuse théorie du « Moi-peau » de Didier Anzieu.

Tout cela concerne l’actualité générale de la pensée dans la France d’aujourd‘hui. Il reste l’immense réserve de référence idéologique que constitue la pensée professionnelle des psychologues cliniciens qui interviennent dans les écoles, les services de la petite enfance, dans les services sociaux, mais aussi celle des assistantes sociales, des éducateurs spécialisés et moniteurs-éducateurs, intervenant auprès d’enfants, d’adolescents et de familles en difficulté, ainsi que d’orthophonistes et de psychomotriciens, d’enseignants également. J’ai vu de mes yeux des établissements pour enfants handicapés où il était annoncé comme préalable à toute réflexion collective dans le cadre de la rédaction du projet pédagogique, qu’il n’était pas question de discuter de la centralité de l’approche psychanalytique. J’ai vu aussi des profils de poste requérir une analyse personnelle, j’ai entendu des directeurs de services sociaux solliciter un formateur qui garantisse une approche sans aucune proximité avec les approches cognitives et comportementales -autant dire « le diable » pour ces adeptes du barbu viennois. J’ai vu aussi des formateurs inculquer en formation des concepts aussi vaseux que, sans doute, nocifs pour les publics qu’auront à accompagner ces futurs professionnels.

J’ai vu des querelles de chapelle entre les approches théoriques mobilisées qui minaient la dynamique des équipes de travailleurs sociaux. Et, il y n’y a pas si longtemps, on enseignait encore dans les écoles d’éducateurs les théories de Bettelheim sur l’autisme, qualifiées aujourd’hui par le monde scientifique d’imposture…

Tout cela est encore très présent dans les équipes, même si un effet de génération moins idéologique est perceptible ces dernières années, et c’est tant mieux !

Je fais l’hypothèse de la controverse, voire de la polémique, quasi-automatique sur ce site. C’est d’ailleurs la loi du genre et nul ne s’en étonnera. Pour autant, le débat doit avoir lieu, complètement pour remettre cette pseudoscience à sa place de croyance « non consensuelle ».

 

Liens :

http://www.egalited.org/PEC.html

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-louis-racca/160212/je-suis-de-gauche-et-j-emmerde-la-psychanalyse

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/reponse-ouverte-de-parents-d-111447

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/autisme-je-suis-de-gauche-et-j-emmerde-la-psychanalyse_1090103.html



[1] On remarquera le « mariage » de ces deux idéologies à prétention scientifique du XXième siècle, dont l’une, le marxisme-léninisme, est désormais bien écornée… Beaucoup d’intellectuels de gauche » s’acharnent d’ailleurs à continuer ce compagnonnage intellectuel entre progressisme et psychanalyse comme champ idéologique cohérent. Cf mon article : http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=110304



120 réactions


  • alain_àààé 13 juin 2012 09:33

    il y a déja eu un article su la psychanaliste et je vais me répété mais pour moi la psychanaliste et une fumisterie monUmontale cette une provoction pour les malades psychismes car celleci n as jamais prouvé de bon résutats c est mais surtout c est une arnaque car c est une confrererie pour personnes riches.


  • maltagliati maltagliati 13 juin 2012 09:38

    Voyez plutôt tout récemment sur Agoravox La psychanalyse et le silence
    Dommage de traiter des sujets de réflexion dans un contexte sensationnaliste. Cela ne fait pas avancer le schmblck. Uniquement le médiatique !


  • JL JL1 13 juin 2012 10:29

    L’autre imposture ? Rappelez nous quelle est la première, svp ?

    Ceci dit, Modesto confond la discipline et ses pratiquants. C’est comme s’il demandait : l’économie est-elle une imposture. Ou bien la politique est-elle une imposture !

    La psychanalyse ce n’est pas une science, encore moins une pseudo science : c’est un art. Que cela défrise les généticiens néolibéraux (*) et les pharmacologues qui inventent autant de maladies mentales qu’ils inventent de molécules, cela ne donne pas autorité au premier « Consultant en action sociale » venu de dire sur un site public, je cite : « le débat doit avoir lieu, complètement pour remettre cette pseudoscience à sa place de croyance « non consensuelle » »

    Pour avoir l’avis éclairé d’un scientifique célèbre aux US, expert en thérapeutique officielle médicamenteuse et qui s’est par la suite converti à la psychanalyse, je vous suggère les ouvrages et romans de Irvin D. Yalom.

    (*) Hé oui, la génétique néolibérale, cela existe, malheureusement ! Pour les psychologues évolutionnistes, tout est déterminé par les gènes lesquels gènes œuvrent à la réalisation d’un dessein intelligent. Ainsi, pour ces gens, tout est déterminé à l’avance. J’invite les lecteurs à lire le petit ouvrage de Susan McKinnon, professeur au département d’anthropologie de l’Université de Virginie : "La génétique néolibérale : les mythes de la psychologie évolutionniste", publié aux Editions de l’éclat. C’est pas triste, et ça vaut tous les « Livre noir de la psychanalyse » !


    • Le péripate Le péripate 13 juin 2012 10:51

      Il semble évident que l’autre imposture est le marxisme.

      Dites vous n’auriez pas un ouvrage à conseiller sur la pétanque neolibérale ? Je suis preneur, les beaux jours arrivent.


    • JL JL1 13 juin 2012 11:06

      Le marxisme n’a jamais été une imposture, puisque ce n’est qu’une œuvre de l’esprit. Vous mélangez tout comme d’habitude, péripate.

      En revanche, vous pouvez parlez de communisme. Et je vous répondrai que la deuxième imposture, c’est le libre échange !


    • Le péripate Le péripate 13 juin 2012 11:10

      Ah bon. Si vous le dîtes.

      Et ce livre sur la pétanque neolibérale ?


    • JL JL1 13 juin 2012 11:37

      La différence entre la pétanque néolibérale et la génétique néolibérale est que la première n’existe pas alors que la deuxième fait déjà des ravages.

      Comme d’hab, vous ne proférez que des sottises. Tiens à ce propos, votre alter ego rocla et en vacances ? Même s’il est aussi bourrin que vous, lui au moins, il est parfois drôle.


    • Le péripate Le péripate 13 juin 2012 11:42

      Vous me décevez. Une doctrine qui domine à ce point les esprits (selon vous) ne peut avoir ignoré la pétanque, le macramé et la peinture sur soie.


    • AAA1 13 juin 2012 12:57

      Bonjour,

      Que dit la psychanalyse sur les chiens galeux ?
      Cordialement.


    • Le péripate Le péripate 13 juin 2012 14:13

      J’ai essayé de comprendre votre post petite fleur mais j’avoue que je n’y suis pas parvenu.

      J’ai mis selon vous parce que bien sûr je m’inscrit en faux contre cette théorie devenu tellement banale qu’en 30 secondes je vous ai trouvé cette citation dont je vous fait cadeau.

      Le projet politique néolibéral
      dépasse de très loin le seul cadre de la politique économique. Elle ne
      se réduit pas à la réactivation du vieux libéralisme économique, encore moins
      à un retrait de l’État ou à une diminution de son interventionnisme. Elle est
      conduite par une logique normative qui concerne tous les champs de l’action
      publique et tous les domaines de la vie sociale et individuelle. Fondée sur
      l’anthropologie totale de l’homme économique,
      elle met en oeuvre des ressorts
      sociaux et subjectifs spécifiques, la concurrence, la « responsabilité », l’esprit
      d’entreprise, et vise à produire un sujet nouveau, l’homme néolibéral. Il s’agit
      en somme de produire un certain type d’homme qui serait apte à se laisser
      gouverner par son propre intérêt. »

      Mis en gras par moi. Vous comprendrez toute l’importance qu’il y a de savoir si la pétanque a aussi été revisité par l’homme neoliberal


    • Morpheus Morpheus 13 juin 2012 16:08

      @ JL1

      « La psychanalyse n’est pas une science, c’est un art » dites-vous.

      Certes, et l’escroquerie aussi est un art. L’escroc, comme le praticien, peut en effet être talentueux, doué, ingénieux et professionnel dans son art : il n’en reste pas moins un escroc. Pire : il est un escroc d’autant plus redoutable qu’il est bon dans son domaine.

      Pareil pour le praticien.

      Cela étant, je veux bien admettre que pour beaucoup de praticiens, ils sont sincères dans leur démarche. Mais un praticien sincère, s’il est honnête, ne pourra, sortant de la lecture du crépuscule d’une idole, que rejeter tout ce qu’on lui a apprit, et entamer une longue remise en question. Compte tenu des enjeu personnels (perte d’années d’études, perte de réseaux relationnels et professionnels, perte de travail), je doute que beaucoup aient le courage de faire ce choix. Ceux qui le feront pourront toutefois seuls être qualifiés de sincères.

      Cordialement,
      Morpheus


    • JL JL1 13 juin 2012 16:09

      « Il s’agit en somme de produire un certain type d’homme qui serait apte à se laisser
      gouverner par son propre intérêt. » » (extrait de la citation de péripate)

      « Produire un homme nouveau » ? Diantre !

      L’homo sapiens s’est-il jamais jamais laissé gouverner par autre chose que son propre intérêt ? Toute la question est de savoir où il place son intérêt. Le fascisme égalitariste libéral, c’est justement de produire une société où tous les hommes sont identiques quant à leursmotivations mais différents quant aux capacités ! Quelle ineptie !!!

      Même ses citations à péripate sont idiotes !

       smiley


    • JL JL1 13 juin 2012 16:15

      Morpheus, comparaison n’est pas raison : si l’escoquerie est un art, l’art n’est pas une escroquerie. Si bien des escrocs ont du talent, aucun artiste n’est un escroc, sauf si son art est l’escroquerie.

      Même en peinture, il y a des escrocs. Heureusement que les amateurs et les experts sont pour la plupart des gens avisés.


    • Morpheus Morpheus 13 juin 2012 23:52

      @JL1

      Transformer l’escroquerie en art, voilà bien toute la finesse des aigrefins.

      Mais votre propos même est la démonstration de l’escroquerie de la psychanalyse freudienne, étant donné que Freud a toujours prétendu faire de la science, bien que rien dans sa démarche n’est scientifique. Une science n’est pas l’art : l’art procède de l’inspiration, de l’intuition, de l’émotion, de la non répétition, de l’expression de sens ; la science procède de l’hypothèse, de la vérification, de la répétition, de la reproduction, de la raison. Deux voies bien distinctes.

      Je peux accorder que Freud fût un artiste, mais alors, un artiste honteux. Cependant, sa démarche est, à proprement parler, une escroquerie intellectuelle, doublée d’une escroquerie financière (25 $ de l’époque la séance représentant la modique somme de ... 450 euros de maintenant !!!).

      450 euros pour se faire dire que, sommes toutes, vos problèmes résultent que vous êtes inconsciemment dans le désir irrépressible de votre mère, que vous voulez tuer votre père qui s’interpose entre l’objet maternel de votre désir refoulé, que tout cela procède de la loi de la horde primitive et de la consommation de la chaire paternelle lors du repas funéraire ... Oui, si cela vous tente, pourquoi pas.

      Vous pourriez aussi vous rendre au confessionnal, c’est moins long, et surtout moins cher smiley


    • JL JL1 14 juin 2012 08:47

      Morpheus, trois choses :

      la première : où avez vous vu que la séance était à un tel montant ? Sur la question du prix, il faut savoir qu’il est adapté aux moyens du patient - disons : du demandeur -, et n’est pas remboursable par la Sécu (aux US je crois savoir que les assurances en remboursent une partie). Allez vous dire que la peinture est une escroquerie au motif que les toiles de ma^tres se vendent des millions d’euros ? Allons donc, un peu de bon sens.

      La deuxième : La science des métaux est bel et bien - par définition - une science ; le métier de forgeron est un art. Il en est de même de la psychanalyse et des psychanalystes : Freud a élaboré une théorie, faisant en cela un vrai travail scientifique. Croyez-vous que le médecin qui prescrit des médicaments est le même scientifique que celui qui les invente dans son labo ? Là encore, vous mélangez les genres.

      La troisième sera une citation, parce que c’est là le plus grave à mon avis : « Nous appellerons (donc) »obscurantisme contemporain" toutes les formes sans exception de mise à mal et d’éradication de la puissance contenue, pour le bénéfice de l’humanité tout entière, dans Darwin, Marx et Freud. (Alain Badiou).

      Cet obscurantisme dont parle Badiou est ce dont le néolibéralisme est le nom qui ne se dit pas. Et j’ajoute que tous les déçus de la psychanalyse et les ignorants du sujet sont les idiots utiles de la pharmacopée néolibérale.

      nb. Je ne suis pas psychanalyste ; j’ai beaucoup lu sur le sujet, et pas que des livres noirs.


    • JL JL1 14 juin 2012 09:29

      « Freud parlait de « blessure narcissique » à propos des effets déstabilisateurs produits par sa propre théorie, celle de Copernic et celle de Darwin » lire là : « "les changements climatiques révèlent que l’humanité est devenue une « force géologique », capable de « faire le climat »

      L’obscurantisme néolibéral est une entreprise de réparation narcissique de l’homme-dieu blessé par Copernic, Darwin, Freud et les autres.


    • JL JL1 14 juin 2012 09:38

      L’homme dieu c’est naturellement l’oligarque, le roi, le chef, le riche, par opposition à la plèbe ; les crimes de Freud et les autres ont été de montrer que dieu n’existe pas, et tous les hommes sont égaux devant l’éternité.


    • modesto modesto 14 juin 2012 11:00

      un scientifique US qui s’est « converti » à la psychanalyse ! j’aime bien cette idée de « conversion » en matière scientifique (ou même d’art !)...


    • JL JL1 14 juin 2012 11:21

      C’est un peu court, jeune homme !

      Vous n’avez rien d’autre à en dire ?


    • Morpheus Morpheus 14 juin 2012 14:37

       @ JL1

      - le prix de 25 $ était le prix que Freud lui-même demandait à ses clients. 25 $ de l’époque représente 450 euros de nos jours.

      - comparer la peinture (un art) avec une forme prétendue de thérapie scientifique est absurde. A vous suivre, on penserait que ce qui fait la valeur d’une œuvre, c’est le prix qu’en donnent des spéculateurs déments n’ayant plus aucun sens des valeurs tant ils sont fortunés.

      - vous persistez à faire l’amalgame entre l’art et une démarche scientifique : cela montre votre manque de discernement et votre méconnaissance des principes fondamentaux de la méthode scientifique. La science, ne vous en déplaise, n’est pas un art, mais une discipline qui comporte des règles. Toute discipline scientifique requiert le strict respect de ces règles pour pouvoir prétendre s’appeler science.

      - Je suis d’accord que l’on appelle « art » la psychanalyse freudienne, au même titre que je suis d’accord que l’on appelle « art » la cartomancie, la chiromancie ou l’astrologie, ou encore le chamanisme. La psychanalyse freudienne n’est ni plus ni moins une forme de chamanisme des temps modernes.

      - [Nous appellerons (donc) « obscurantisme contemporain » toutes les formes sans exception de mise à mal et d’éradication de la puissance contenue, pour le bénéfice de l’humanité tout entière, dans Darwin, Marx et Freud." (Alain Badiou)]
      Voilà bien la citation la plus ... obscurantiste qu’il m’ait été donné de lire ! Jugez donc par vous-même : ce que dit ce sot de Badiou, c’est que toute remise en cause de théories dites scientifiques procéderait nécessairement d’une démarche obscurantiste. En d’autres termes, il n’est pas autorisé de remettre en cause les trois personnes mentionnées, ni leur travail. C’est précisément de cette manière que procèdent tous les mythes religieux pour empêcher quiconque de semer le doute et de critiquer la validité des histoires contées, ce qui est l’exact opposé de la démarche scientifique. JL1, en me lançant cette citation, vous démontrez que vous n’êtes pas dans une démarche scientifique, mais dans une démarche religieuse d’adepte de la religion psychanalytique. CQFD.

      - [Freud parlait de « blessure narcissique » à propos des effets déstabilisateurs produits par sa propre théorie, celle de Copernic et celle de Darwin.]
      Bien entendu. C’est bel et bien la démonstration de l’arnaque freudienne : si l’on refuse les thèses de la « psycho-analyse » (car c’est ainsi que Freud appelait sa « science »), c’est que l’on est dans le refoulement, donc cela valide les thèses > argument circulaire, vous êtes piégés, circulez il n’y a rien à discuter. Pur sophisme.

      - [L’homme dieu c’est naturellement l’oligarque, le roi, le chef, le riche, par opposition à la plèbe ; les crimes de Freud et les autres ont été de montrer que dieu n’existe pas, et tous les hommes sont égaux devant l’éternité.]
      Toute la vie de Freud a consisté, avec la complicité de ses apôtres, à remplacer la figure mythique de Dieu par ... la sienne ! Une fois encore, jugez vous-même : la psychanalyse se présente comme une vision du monde totalisante ayant réponse à tout en proposant un concept, l’inconscient, avec lequel subsumer la totalité de ce qui a eut lieu, de ce qui a lieu et de ce qui aura lieu sur la planète. Elle fonctionne comme une métaphysique de substitution dans un monde sans métaphysique (perte de repères et de valeurs lors de la première guerre mondiale). En se popularisant, l’œuvre donne lieu à un catéchisme, à une vulgate. La psychanalyse a été construite par ses thuriféraires selon un schéma proche de celui de la religion chrétienne (la biographie d’Ernest Jones en propose un modèle bâtit selon les critères de la légende chrétienne concernant la vie de Jésus).

      Cordialement,
      Morpheus


    • Morpheus Morpheus 14 juin 2012 15:09

      Démontons le mythe freudien.

      1.
      La légende : Freud a découvert l’inconscient tout seul à l’aide d’une auto-analyse extrêmement audacieuse et courageuse.
      La réalité : Freud a formulé son hypothèse de l’inconscient dans un bain historique propre au XIXe siècle suite à de nombreuses lectures, notamment philosophiques (Schopenhauer et Nietzsche pour les plus importants), mais également scientifiques.

      2.
      La légende : Le lapsus, l’acte manqué, le mot d’esprit, l’oubli des noms propres, la méprise témoignent d’une psychopathologie par laquelle on accède à l’inconscient.
      La réalité : Les différents accidents de la psychopathologie de la vie quotidienne peuvent faire sens, mais aucunement dans la perspective d’un refoulement strictement libidinal et encore moins œdipien.

      3.
      La légende : Le rêve est interprétable : en tant qu’expression travestie d’un désir refoulé, il est la voie royale qui mène à l’inconscient.
      La réalité : Le rêve a bien un sens, mais nullement dans une configuration spécifiquement libidinale ou œdipienne.

      4.
      La légende : La psychanalyse procède d’observations cliniques : elle relève de la science.
      La réalité : La psychanalyse est une procédure qui relève de la psychologie littéraire, elle procède de l’autobiographie de son inventeur et fonctionne à ravir pour le comprendre, lui et lui seul.

      5.
      La légende : Freud a découvert une technique qui, via la cure et le divan, permet de soigner et de guérir les psychopathologies.
      La réalité : La thérapie analytique illustre une branche de la pensée magique : elle soigne dans la stricte limite de l’effet placebo.

      6.
      La légende : La conscientisation d’un refoulement obtenue lors de l’analyse entraîne la disparition du symptôme.
      La réalité : La conscientisation d’un refoulement n’a jamais causé mécaniquement la disparition des symptômes, encore moins la guérison.

      7.
      La légende : Le complexe d’œdipe, en vertu duquel l’enfant désire sexuellement le parent du sexe opposé et considère le parent de même sexe comme un rival à tuer symboliquement, est universel.
      La réalité : Loin d’être universel, le complexe d’œdipe manifeste le souhait infantile du seul Sigismund Freud.

      8.
      La légende : La résistance à la psychanalyse prouve l’existence d’une névrose chez les sujets rétifs.
      La réalité : Le refus de la pensée magique n’oblige nullement à remettre son destin entre les mains du sorcier.

      9.
      La légende : La psychanalyse est une discipline émancipatrice.
      La réalité : Sous couvert d’émancipation, la psychanalyse a déplacé les interdits constitutifs du psychologisme, cette religion séculaire post religio.

      10.
      La légende : Freud incarne la permanence de la rationalité critique emblématique de la philosophie des Lumières.
      La réalité : Freud incarne ce qui, à l’époque des Lumières historiques, es nommait l’antiphilosophie - une formule philosophique de la négation de la philosophie rationaliste.

      Démonstrations et preuves irréfutables > Le crépuscule d’une idole (Michel Onfray).

      Cordialement,
      Morpheus


    • JL JL1 14 juin 2012 15:24

      Morpheus,

      avez-vous déjà ferraillé avec notre ami C. à qui je demande pardon pour le citer ici, du temps où il inventait des « machines formidables » capable de produire plus dénergie qu’ennes n’en consommeraient ? Lui aussi essayait de m’expliquer ce qu’est une démarche scientifique. 

      J’ai le sentiment que vous êtes une sorte de géo-trouvetout en sciences sociales - ou sciences molles si vous préférez - qui mélangerait les concepts élémentaires de la discipline, faute de les avoir appris d’un professeur émérite.

      Je ne sais pas si c’est vous qui avez parlé d’Onfray ? Vous avez lu son traité d’athéologie ? Je vous le conseille, et vous me direz qui est le gourou, de Freud, Onfray ou Comte-Sponville ( »L’esprit de l’athéisme« ) ! Oui, je vous conseille Comte-Sponville qui est à Onfray ce que Mozart est à Barbelivien.

      Quant à ce que vous écrivez de Freud dans le second post ci-dessus, on le dirait calqué sur ce qui se dit partout dans les »milieux dissidents" au="au" sujet="sujet" de="de">p>

      Bonne continuation !

       smiley


    • JL JL1 14 juin 2012 15:34

      Je n’ai pas l’intention de démonter les points ci-dessus, mais mon regard est tombé sur le point 6 , je cite : « La conscientisation d’un refoulement obtenue lors de l’analyse entraîne(rait) la disparition du symptôme ».

      Cela c’est la psychanalyse telle que vue au cinéma ou à la télé. Effectivement, le grand public s’est accaparé de cette idée simpliste, qui relève de la pensée magique ! Ce serait trop facile. La réalité est beaucoup plus complexe.

      J’ai vu aussi le point 8 que « j’aime beaucoup » : c’est quoi « un sujet rétif » ? Quelqu’un qui n’accepte pas la psychanalyse ? Mais la psychanalyse est basée sur une dépmarche volontaire. Vous en parlez comme si l’on obligeait les patients à s’y soumettre. Vous devez confondre avec l’inquisition.


    • Morpheus Morpheus 14 juin 2012 15:53

      @ JL1

      Mes deux dernières interventions ne font que reprendre les arguments avancés par Michel Onfray dans son livre.

      Et, oui, j’ai lu le traité d’athéologie, auquel je souscris d’autant mieux que cela fait des années que je suis un « dissident » des religions, et plus particulièrement de la religion chrétienne.

      Si vous avez lu ce traité d’athéologie, vous devriez lire également le cépuscule d’une idole. Notre conversation pourrait se faire sur un autre mode, peut-être moins « ping-pong ».

      Cordialement,
      Morpheus


    • JL JL1 14 juin 2012 22:05

      Morpheus,

      je ne considère pas Michel Onfray comme un maître à penser, loin de là.

      Bonsoir.


    • fred44360 25 août 2016 06:46

      @JL1

      les déçus de la psychanalise dite vous ??? c est soit disant guérisseurs ne font que massacrés leurs paires sans aucuns scrupules que pour mieux garnir leurs portefeuilles déjà degueulant d argent salement gagné , je parle par expérience cela a totalement gaché ma vie je me suis détruit , toute mon existence en est irrémédiablement bouleversé je vis pétris d angoisse et de stress grâce vos bienfaiteur je ne peux malheureusement en écrire plus sinon je pourrais vous évoquer tous ce que j en pense et tous le bien que je leurs veux 
      aussi sachez une chose cette art humaniste comme vous le dite peut rapporter jusqu a 12000 euros par mois !!!!!
      et tous cela cautionné par les pouvoirs public voila une escroquerie organisé !!!!



    • fred44360 25 août 2016 06:50

      @JL1
      je crains que votre preche de l escroquerie ne trouve guère preneur et tant mieux , je réitère sachez que je souhaite les plus grands des malheurs a ces ordures 


    • JL JL 25 août 2016 09:29

      @fred44360
       

       ’’tous cela cautionné par les pouvoirs public voila une escroquerie organisé’’ 
       
       Vous devez faire de la confusion mentale et confondre psychanalyse avec chimio et ri-thérapies !
       
       L’argent qu’on donne à son analyste n’est pas remboursé par la Sécu, ni par les mutuelles. En revanche, les labos pharmaceutiques pourront se gaver à volonté sur la vache à lait aussi longtemps que l’industrie agro-alimentaire produira de la bouffe toxique.
       
      Big Pharma et Big Agro, même combat contre le Freudisme !

  • kiouty 13 juin 2012 10:55

    Bon bon bon, encore une dénonciation partiale transformée en généralisation tout-a-fait abusive.

    Il ne suffit pas de discréditer Freud ou Lacan pour discréditer l’ensemble de la discipline psychanalytique et l’aide qu’elle apporte aux millions de gens qui la pratiquent et à qui cela permet d’affronter le quotidien et les revers de la vie avec moins de souffrance.

    Cela n’empêche pas les charlatans, mais l’escroquerie n’est pas l’apanage des psychologues, mais des humains pourris.

    Bien à vous.


    • crazycaze 17 juin 2012 12:39

      Je vous saurai gré de bien vouloir faire une distinction entre psychologue, dont le diplôme est sanctionné par des études universitaires, de psychanalyste, qui peut exercer sans aucun connaissance en matière de psychologie. .. « l’aide qu’elle apporte aux millions de gens qui la pratiquent »... Vous parlez de l’aide financière aux psychanalystes ??... smiley !!



    • gordon71 gordon71 17 juin 2012 12:45

      l’universités forment aussi des palanquées de « sociologues » censés analyser et soigner la société , le résultat est éloquent


      pour produire du charlatan la Fac s’y prend très bien 
      mais des charlatans diplômés j’en conviens

      pour ce qui est des psychologues, (patentés par la même officine), j’en connais quelques uns, masterisés à souhait, que je ne recommanderai pas à mon pire ennemi 

    • crazycaze 17 juin 2012 22:55

      Je ne pense pas que les sociologues soient formés pour soigner la société.. pour gonfler les chiffres de pôle emploi éventuellement... Quant aux psychologues incompétents.... je ne peux malheureusement que vous donner raison, mais c’est JUSTEMENT à cause de l’influence du courant psychanalytique qui pèse lourdement sur la formation des psy cliniciens, encore à ce jour...


    • chantecler chantecler 25 août 2016 07:26

      @crazycaze
      Sauf erreur de ma part ce courant (freudien) a quasi disparu des facultés et de l’enseignement .
      La formation en psychologie et en sociologie aujourd’hui (faudrait demander l’avis de monolecte) se veut très objective , appuyée sur les mathématiques , les statistiques et tout cela forme de très gentils DRH employés , qui sont payés pour préparer des plans de licenciements plus ou moins importants , pardon de restructurations d’entreprises , dont l’objectif n’est que l’augmentation de la cotation en bourse .
      D’ailleurs il arrive parfois que ça ne se passe pas si bien que ça et qu’ils se retrouvent en chemise n’ayant pas réussi à subjuguer leur auditoire ... !
       !
      Bref attaquer la psychanalyse , la sociologie humaniste , comme le fait l’auteur ,en additionnant les erreurs , en agitant les stéréotypes les pus éculés et les plus discutables , c’est non seulement curieux, ringard ,mais encore anachronique .
      C’est comme si quelqu’un prétendait que la situation économique dans notre pays serait liée aux « marxistes » alors que ça fait 40 ans que les libéraux ou néolibéraux ont pris le contrôle de la machinerie économique en occident et que nous pouvons en voir les résultats .
      Finalement cette énième attaque mesquine de la psychanalyse par visiblement des gens qui n’y connaissent rien , avec de profonds a priori , n’est qu’ un leurre de plus .
      D’abord les informations sont fausses ,d autre part personne n’est obligé d’aller consulter un psy analyste ou psychothérapeute , pas plus que d’acheter un tableau pour reprendre l’exemple ci dessus .
      Beaucoup d’ailleurs se contentent de consulter des psychiatres ou des neurologues , qui leur feront rapidement une ordonnance mahousse avec une chiée de psychotropes .
      Libéral , ça veut dire libre ?
      Alors chacun a le choix , y compris d’acheter de la m... au supermarché !


  • Txotxock Txotxock 13 juin 2012 11:42

    La psychanalyse est elle l’autre imposture du XXe siècle  ?

    Sans doute oui, mais au même titre que la psychiatrie et que la psychologie.


    • Christian Labrune Christian Labrune 13 juin 2012 13:27

      Txotxock,
      Non, vous ne pouvez pas écrire une pareille proposition : la psychologie et la psychiatrie répondent à des exigences scientifiques. Elles proposent des systèmes d’explication qu’elles savent provisoires, dépendants de l’état de l’état des connaissances à un moment donné, elles ne prétendent pas que la solution du problème a été révélée (au sens quasi religieux du terme) une fois pour toutes dans un texte sacré auquel il faudrait sans cesse revenir. Un psychologue ou un psychiatres ne seront pas étonnés si une hypothèse de travail conduit à une impasse, ils chercheront dans une autre direction.
      La psychanalyse, elle, est , pour reprendre la terminologie poppérienne, carrément « infalsifiable », comme toutes les pseudo-sciences. Si vous critiquez la psychanalyse, il est tout à fait hors de question d’envisager l’hypothèse qu’elle puisse être fausse partiellement et encore moins globalement, c’est tout simplement parce que votre inconscient « résiste ». Celui qui ne croit pas à la psychanalyse est d’abord une espèce de névrosé qu’il conviendrait de traiter... par la psychanalyse. De la même manière, dans les systèmes totalitaires, le contestataire ne peut pas être pris au sérieux, il faut le soigner. Dans l’URSS, on enfermait les contestataires dans les hôpitaux psychiatriques  ; en Chine, on les envoyait en rééducation : il fallait qu’ils rédigent leur autocritique et comprennent enfin la leçon du Grand Timonier ! Critiquer Freud, c’est être un hérétique ; il faudrait recourir au bûcher, comme au bon vieux temps.


    • gordon71 gordon71 17 juin 2012 12:51

      Labrune 


      en parlant de psychiâtrie ,et d’escroquerie :

       j’ai un ami psychiâtre ( chilien d’origine), qui me raconte comment son patron lui demande noir sur blanc par lettre au personnel de l’hôpital, de « fidéliser la clentèle », ce qui signifie très clairement de « charger » les patients aux psychotropes.... 

       donc psychiatrie scientifique certes mais cela ne garantit ni l’honnêteté ni la certitude de guérir (je précisai chilien, parceque ces injonctions à « traiter » les patients, il pensait que c’étatit l’apanage des pays totalitaires) 

  • bakerstreet bakerstreet 13 juin 2012 12:29

    A mon avis, en terme d’escroquerie, la psychanalyse joue vraiment petit bras, à coté de la politique, et surtout de l’économie, qui appartient d’ailleurs au domaine de la prestidigitation.


  • clostra 13 juin 2012 12:33

    Il est possible qu’on en soit à 750 euros la séance (750 Fr en 1990) et que ce soit une vraie arnaque, tant l’humain mérite le respect et à chacun selon ses moyens...

    Il est possible et vraisemblable que Lacan pratiquait une psychanalyse « par l’absurde » - à démontrer...-

    Il est vraisemblable qu’Onfray - qui au demeurant n’est pas totalement antipathique - fasse dans la caricature et parfois induise en erreur, comme l’autre jour je le surpris disant ceci (approximativement) : « la psychanalyse ne vaut rien car l’interprétation des rêves n’est pas exacte ».

    et pour cause ! seul l’analysant est capable d’interpréter ses propres rêves - de beaux exemples chez Jung - (voilà pourquoi, entre autres, seule la personne - l’analysant - est capable de fournir des informations sur ses rêves, lapsus, actes manqués...). Seul l’analysant peut éprouver l’immense soulagement de la vérité qui émane de son interprétation d’un rêve et en rester « baba », prenant à témoin « son » psychanalyste.

    Maintenant que le psychanalyste s’approprie les rêves ou significations de récits qu’il écoute avec une bienveillante neutralité en écoute flottante, hors de tout transfert mais en contre transfert, n’est pas impossible et même vraisemblable.

    M’est avis - mais je peux me tromper évidemment - que les études de médecine ne préparent pas vraiment les mécanismes de la pensée nécessaires à la psychanalyse. Pour mémoire : apprentissage « par coeur », procédure par élimination, crainte de se tromper (pour les meilleurs), interprétation de symptômes, et enfin : toujours convaincre son patient qu’il a raison.


    • Christian Labrune Christian Labrune 13 juin 2012 13:09

      @clostra
       Si la Traumdeutung de Freud est fausse, c’est d’abord parce qu’elle ne sait pas de quoi elle parle. Freud distingue le rêve de son élaboration secondaire, c’est-à-dire du récit qui en est fait par le rêveur. Ce qui revient à dire qu’il y aurait le rêve réel, le rêve en soi, et le récit qui en serait une restitution plus ou moins fidèle.
      C’est parfaitement idiot. L’électro-encéphalogramme et les techniques modernes de visualisation de l’activité cérébrale peuvent très bien signaler des périodes d’activité onirique, mais ne peuvent aucunement rendre compte d’un contenu qui serait la réalité du rêve. Il n’y a dont pas, quelque part, une « vérité » du rêve à distinguer de ses simulacres. SI vous ne vous souvenez pas de ce que vous avec rêvé, c’est comme si vous n’aviez pas rêvé, et si vous croyez vous en souvenir, une stricte approche phénologique impose de dire que le rêve, c’est le récit qu’on en fait, autrement dit l’élaboration secondaire et rien d’autre. Cette élaboration n’a donc rien de « secondaire », elle est le tout du rêve.
      Freud n’est pas un philosophe, il a horreur de la philosophie qui s’interroge sur la cohérence des concepts qu’elle met en oeuvre. Ses théories reposent sur les notions du sens commun, sur des métaphores littéraires ; elles hypostasient les concepts. La psyché devient une espèce d’architecture déployée dans un espace mythologique ; tout cela séduit l’imagination des esprits faibles, mais on ne peut rien édifier de solide sur le sable des apories.


    • clostra 13 juin 2012 19:08

      pas grand chose à répondre à ce que vous me dites qui mêle le champ de la raison et des concepts (philosophie) aux lignes de forces d’une histoire singulière vécues parmi d’autres êtres singuliers.

      Dans « L’homme et ses symboles », Yung raconte le rêve d’un de ses analysants et nous fait entrevoir une activité onirique hautement évoluée et sans doute pas à la portée de tous. Il y a d’autres trouvailles qui ne manquent pas d’intérêt.

      Certains rêves sont de vrais repères dans le temps et ramènent toute une histoire alors qu’ils pourraient sembler être « bourrés » de symboles qui, en fait, pour le rêveur n’en sont pas du tout.

      On est là à se demander que peut bien faire ce prie-Dieu dans une crypte. Exactement la chambre de votre grand-mère dont le sol était en pierre, avec un prie-Dieu dont hérita votre père qui fustigeait le détournement de sens religieux de cet objet acheté chez un antiquaire, servant de « valais » à sa mère.

      Ce fils n’était pas toujours d’accord avec sa mère, ce qui avait une importance capitale pour sa petite-fille !


    • JL JL 25 août 2016 08:56

      @Christian Labrune
       

      ’’le rêve, c’est le récit qu’on en fait, autrement dit l’élaboration secondaire et rien d’autre. ’’
       
       Pourtant on sent bien souvent que l’on ne sait pas exprimer ce dont on a rêvé. Qu’il y a autre chose derrière les mots que l’on peut en dire. Mais je suis de’accorde : on peut appeler rêve cette élaboration, avec l’idée que cette élaboration concerne un processus inconscient dont on ne sait pas grand chose.
       
       L’analyse de cette élaboration est probablement aussi féconde que l’analyse du processus inconscient que l’on devra découvrir au travers de l’élaboration.
       
       On voit par là que la distinction que vous faites est stérile en ce que, ou bien cela ne change rien à l’analyse, ou bien cela la restreint considérablement.




  • Christian Labrune Christian Labrune 13 juin 2012 12:50

    à l’auteur,
    « Ecraser l’Infâme », disait Voltaire, parlant du théologico-politique. La psychanalyse, dernière religion révélée, révérée par des fanatiques, mérite bien elle aussi d’être écrasée d’urgence.
    Le monstre bouge encore un peu en France, mais plus pour très longtemps.
    J’ai parcouru rapidement la page, mais je n’ai même pas vu qu’on essayât de défendre cette théorie fumeuse. C’est bon signe mais un peu décevant : on ne pourra même pas polémiquer.


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 13 juin 2012 13:12

    La psychanalyse a de bons résultats sur les personnes saines en leur disant qu’elles sont malades !


  • gordon71 gordon71 13 juin 2012 13:38

    bonjour à l’auteur 


    je considère que Freud a proposé une multitude de concepts et de pistes extrêmement fécondes, il a eu quelques intuitions géniales


    la psychanalyse a été réifiée et transformée en dogmes surtout par les successeurs de Freud et quelques fanatiques

    sans prétendre à devenir scientifique ce qui n’est pas sa vocation, cette approche qui pour moi est « poétique » reste une source d’inspiration incontournable et inépuisable, si on ne lui demande pas ce qu’elle ne peut donner 

  • gouindo gouindo 13 juin 2012 13:44

    débat stérile !

    combien de gens sont concernés, la plupart s’en foutent, ça leur échappe, ils ne savent même pas de quoi il s’agit, sinon ce que les médias diffusent en ordre morale et scientifique dispersé.

    Les gens demandent en général quelle différence entre psychiatre, psychologue et psychanalyste. certaines bonnes âmes tentent d’expliquer, et c’est laborieux car c’est comparer ce qui n’est pas comparable.
    La « théorie » psychanlalytique se cherche, Freud s’y est noyé maintes fois et nous laisse en héritage le soin d’y voir plus clair. Lui même, en médecin soucieux d’aboutir à une science comme la médecine, faisait déjà fausse route.Sauf à un certain moment il a évoqué la possibilité pour les non médecins d’être psychanalyste.

    La pratique s’appuyant sur l’expérience pour ensuite tenter une théorie montre bien que ça se cherche.

    Les intellos débattent entre eux s’appuyantsur les avancées de chacun qui relancent par contamination les points de vue pour ou contre, oubliant la question de départ : y a-t-il un débat possible avec pour seul critère la science positiviste ? Autant débattre sur le monstre de Loch-Ness. 


  • mag2 mag2 13 juin 2012 15:30

    http://blogs.lexpress.fr/the-autist/2012/06/11/enfant-en-difficulte-parents-responsables/

     

    Pour être psychanalyste il faut essentiellement, en regard de la loi, être inscrit dans les registres d’une association de psychanalystes.
    La plupart de ces associations demandent à ce que le futur psychanalyste ait suivi lui même une ana...lyse dite « didactique ». Analyse didactique dont le seul guarant est l’analyste didacticien, qui décide à quel moment le novice a acquis suffisamment de connaissances, ou à quel moment il est apte. C’est une cooptation qui est faite sans aucun contrôle de l’état ou université extérieure.
     


  • mag2 mag2 13 juin 2012 15:39

    -Pour ceux qui en ont marre du monopole des therapeis psychanalytiques sur les enfants autistes, alors que celles ci sont non recommandées par la haute autorité de santé.

    -Pour ceux qui ne veulent plus que, des que leur enfant a un probleme on remette la responsabilite sur les relations familiales.

    -Pour ceux qui, quand ils vont consulter un psychotherpaeute, veulent réellelment avoir le choix entre plusieurs thérapies possibles ( actuellement on nous propose bien souvent uniquement la therapie psychanalytique )

    -Pour les parents d’enfants autistes qui voudraient pouvoir choisir le type de prise en charge de leur enfant. ( actuellement pas possible )

     

    Signez le manifeste fait par des chercheurs, psychiatres, psychologue

    Pour une psychologie et une psychiatrie basées sur des preuves

    http://kollectifdu7janvier.org/le-manifeste

     

     


  • Morpheus Morpheus 13 juin 2012 15:57

    En tout cas, il n’y aura pas de polémique entre vous et moi sur ce sujet. Je termine justement Le crépuscule d’une idole de Onfray, et il est rigoureusement impossible de sortir d’un pareil réquisitoire sans condamner avec force cette incroyable escroquerie qu’est la psychanalyse freudienne.

    J’avais quelques soupçons concernant Freud déjà avant cette lecture, mais c’était de l’ordre de l’intuition plutôt que de l’information factuelle. Là, l’information est implacable et inattaquable. Quiconque s’y risquerait se briserait les reins, en vain. L’espèce humaine s’élève d’une marche à chaque fois qu’elle parvient à déboulonner un culte et démystifier un mythe.

    Freud, tricheur, menteur, arriviste, manipulateur et pervers : sa place est au panthéon des félons.

    Cordialement,
    Morpheus


    • Patrick Samba Patrick Samba 13 juin 2012 16:52

      Personnellement je ne cesse de louer la lucidité onfresque : à visionner absolument ( L’intox d’Onfray sur Mélenchon - Agoravox TV )


    • Christian Labrune Christian Labrune 13 juin 2012 19:12

      Le texte d’Onfray a le mérite de faire apparaître que Freud n’a jamais été très honnête, a passé sa vie à mentir, à inventer des cas, à manipuler son entourage et qu’il était par ailleurs un sale réactionnaire assez admirateur de types comme Staline ou Mussolini.
      Cela dit, Freud aurait pu être un vrai salaud et concevoir une théorie parfaitement vraie et cohérente. Von Braun avait été un nazi, c’était un bonhomme tout à fait exécrable, mais ça ne l’empêchait pas d’être compétent en matière de fusées.
      Onfray ne s’attaque pas vraiment à une sérieuse démolition de la théorie. Il ne parle presque nulle part de la question d’un déterminisme psychique à laquelle Freud croyait « dur comme fer ». Le Viennois en était resté à une conception complètement laplacienne du déterminisme. Si on examine ces questions aujourd’hui dans le perspective de la physique des systèmes complexes (et le cerveau n’est pas une machine-outil constituée de simples rouages rigides !) tout s’effondre immédiatement.
      Pas besoin de lire Onfray pour comprendre que la théorie est tout à fait invalide. Mais son bouquin, après ceux de Van Rillaer (Les illusions de la psychanalyse) de Bénesteau (Mensonges freudiens) de Borch-Jacobsen & Shamdasani (Le dossier Freud) et « Le livre noir de la psychanalyse » donne évidemment le coup de grâce à ce charlatanisme détestable.


    • Christian Labrune Christian Labrune 14 juin 2012 14:58

      @Patrick Samba
      Je vois que vous vous moquez d’Onfray et de ses palinodies en matière de politique. Il faut reconnaître que son jugement sur ces questions ne laisse pas d’être souvent un peu erratique. Mais s’il change d’avis, on ne peut pas le lui reprocher. Etre capable de « parler contre soi-même », comme disait un Sartre, qui a beaucoup aussi pratiqué ce sport, c’est à cela qu’on reconnaît le vrai philosophe, lequel ne ressemble pas au Pangloss de Voltaire qui, ayant enseigné dans une université allemande que « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes » ne voit pas comment, perdu au milieu des naufrages ou des horreurs de la guerre qui infirment sa thèse il pourrait cependant revenir dessus.
      Dans son traité d’athéologie (vers 2005, je crois) Onfray se réfère encore à un Freud qu’il connaît mal, comme la plupart des gens et même des psychanalystes. Il entreprend de le lire entièrement et ça donne « Le crépuscule d’une idole » où il entreprend de démolir tout ce à quoi il avait pu croire et qui n’était que préjugé.
      Parmi les défenseurs de Freud, dans cette page d’Agoravox, combien ont fait le tour de la question et se sont sérieusement interrogés sur les « fondements » (pour parler comme le pauvre Laplanche !) de cette pseudo-science ? Je vois surtout beaucoup de préjugés dont j’ai été moi-même victime jusqu’à ce que je lise Bateson qui, au début des années 70, remettait déjà tout cela en question.


    • Morpheus Morpheus 14 juin 2012 15:27

      @ Samba

      Le jugement critiquable d’Onfray en ce qui concerne la personne de Mélenchon ne remet pas en cause le travail qu’il a réalisé pour montrer l’imposture freudienne.

      Vous pouvez donc vous penchez sur ces travaux sans pour autant faire un amalgame avec son analyse politique.

      Cordialement,
      Morpheus


    • Christian Labrune Christian Labrune 15 juin 2012 09:57

      Le jugement d’Onfray sur Mélenchon n’a absolument rien de critiquable. Ce qu’on peut lui reprocher, c’est de n’avoir pas vu d’emblée de quelles compromissions ce politicard robespierriste, nostalgique des totalitarismes et des systèmes de la terreur, pouvait être capable. La vision du monde de Mélenchon, dans l’ordre de la sottise crapuleuse, vaut la « philosophie » d’un Badiou.
      L’essentiel est qu’Onfray, ayant mesuré ce qu’il y avait d’inadéquat dans son premier jugement, ait préféré la vérité à l’amour-propre. C’est cette aptitude qui caractérise le vrai philosophe.
      Onfray est actuellement encore empêtré dans un nietzchéisme que je trouve ridicule, mais je ne doute pas qu’il ne finisse par régler son compte au grand malade de Silz Maria comme il a très bien su le faire avec un Freud qu’il avait trop longtemps pris au sérieux.


    • fred44360 25 août 2016 06:55

      @Morpheus
      tous ses livres ses soient disant oeuvres tous le concernant est a mettre au feu qu on l enterre et l oubli a jamais 


    • Christian Labrune Christian Labrune 15 juin 2012 10:35

      @Ursulin
      Je suis tout à fait en accord avec votre propos. La « science » de Freud n’invente rien, pas même la notion d’inconscient déjà très bien abordée par Janet, et dans une optique beaucoup moins fantaisiste et naïve. Freud est en retard de plus de cinquante ans, sur le plan purement scientifique, et l’attrait que sa « pensée » a exercé est le même qui s’attache aux révélations religieuses. Enfin, un nouveau prophète ! Et d’autant plus séduisant pour ceux que fatiguaient les anciennes religions, lesquelles réprimaient la sexualité, que la dernière née la met au premier plan. Enfin, le moi cesse d’être haïssable, on va pouvoir aller jusqu’au bout du narcissisme et contempler indéfiniment son sexe devenu enfin centre du monde, dans une sorte de nombrilisme masturbatoire sans fin. Roustang, dans « La fin de la plainte », a très bien analysé cette espèce d’effondrement de l’esprit critique, cette régression pitoyable qui caractérise le cheminement existentiel de l’analysant cloué à son divan, vampirisé par le « père sévère » qu’il s’est choisi afin de pouvoir être intellectuellement mieux châtré.
      Quiconque se penche sur soi-même pour découvrir ce qu’il en est de son être ne découvre rien d’autre, inévitablement, que le vide et le néant. J’ai souvent entendu des analystes ou des analysants incultes, pour se justifier, rappeler la phrase que Chilon aurait fait écrire au fronton du temple d’Ephèse et dont Socrate avait fait sa devise : « Connais-toi toi-même ». Sauf que pour les Grecs, ce n’était pas le moins du monde une invitation à l’introspection. Il s’agissait surtout de savoir non pas ce qu’on avait été depuis la petite enfance, mais de connaître de quel rôle on était capable dans la Cité, sans ignorer ses limites, sans tomber dans l’hybris toujours génératrice des pires calamités. Une belle leçon des Grecs, mais aux antipodes des ambitions hédonistes forcément déçues qui animent les petits bourgeois attachés, pour y être encore rapetissés, à leur divan de Procuste 
      Il faudrait répondre à toutes les tentatives qui sont faites dans cette page pour esquisser une défense du dernier totalitarisme encore existant, mais je n’en ai pas le courage et le jeu n’en vaut pas la chandelle ; ce serait comme tirer au bazooka sur un corbillard en panne à trois cents mètres du cimetière.
       
       
       


  • Patrick Samba Patrick Samba 13 juin 2012 16:32

    Bonjour, 

    Jacques Lacan, pour qui personnellement j’ai une estime d’une mesure raisonnable, aurait dit : « La psychanalyse est un remède contre l’ignorance. Mais elle est sans effet sur la connerie ! »

    C’est probablement pourquoi Louis Scutenaire citait par anticipation notre auteur, l’ « anarchiste pragmatique », donc souvent réaliste quoique doté d’un solide sens de la rébellion « (sic) : »Je ne plie le genou devant rien ni personne ; j’ai de l’arthrose"


  • Serpico Serpico 13 juin 2012 18:12

    La psychanalyse est à mettre au même rang que la voyance, la sorcellerie ou la guérison par les mains : un amas de foutaises destinées à escroquer le gogo.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 13 juin 2012 18:22

      Edelweiss , exellente ,et meme plus !!!!!!


    • Abou Antoun Abou Antoun 13 juin 2012 19:56

      J’ai été guéri par l’apposition des mains, d’une érection impromptue .
      On dit aussi que l’apposition des lèvres est susceptible de guérir l’impuissance.
      Qui croire, que croire ?


    • Serpico Serpico 19 juin 2012 22:17

      edelweiss

      On peut même s’autoguérir avec ses propres mains dans ce genre de maladie....ça se fait en 5 sec


  • Jean 13 juin 2012 18:44

    Manifestement, Modesto le bien nommé et l’imposture font bon ménage car il faut être un fieffé imposteur paranoïaque pour tenir de tels propos, haineux, infondés, fallacieux.
    Qu’il déteste la psychanalyse, c’est son droit mais qu’il ne se croit pas obligé de nous faire partager la médiocrité de son propos.
    Il veut un débat ?! Mais quel débat ? Il a des certitudes et donne les réponses avant de poser les questions.
    Allez Modesto, un peu de décence et d’humilité !


    • Christian Labrune Christian Labrune 13 juin 2012 19:20

      @Jean,
      Je ne vois pas ce qui vous empêche d’argumenter. Voulez-vous que nous parlions un peu de la théorie du refoulement, par exemple, et du déterminisme à la sauce freudienne ?


    • modesto modesto 14 juin 2012 11:25

      je vous remercie (docteur ?) pour votre diagnostic psychiatrico-politique à distance (« fieffé imposteur paranoïaque ») qui nous rappelle les riches heures de la psychiatrie soviétique. la quantité et la qualité des opinions exprimées suite à ce modeste (si-si) article, si ce n’est la vôtre, prouvent que ce débat existe bien dans la société française et fait apparaître un besoin de liberté de parole en la matière que des gardes-chiourmes comme vous ne pourront censurer. merci néanmoins de vous être donné tout ce mal et bonne journée à vous.

      ps : un conseil (non psy) : détendez-vous !

  • Le Grunge Le Grunge 13 juin 2012 19:48

    Bonsoir chers concitoyens

    A mes yeux, Freud est un gourou qui à pris son cas(psychiatrique) pour une généralité. Même si je trouve que cette pseudo-science est une escroquerie, il faut reconnaitre que ca marche sur certaine personne.


  • Abou Antoun Abou Antoun 13 juin 2012 20:22

    Il existe quand même une idée force dans la ’théorie’ freudienne, c’est que le comportement d’un individu s’explique au moins partiellement par son passé, son histoire, sa culture.
    La part de l’inné chez l’humain est faible quand il s’agit d’expliquer des comportements réflexes, des conditionnements.
    Une autre idée qu’il est à mon avis difficile de réfuter, est celle que les conditionnements, les réflexes s’acquièrent très vite dès la petite enfance et que l’adulte n’a pas le souvenir des situations répétitives, parfois toxiques qui ont engendré certains conditionnements pouvant être considérés comme pathologiques dès lors qu’ils handicapent l’individu dans ses relations avec le groupe.
    Le rôle primordial de la relation avec la mère ou une personne jouant ce rôle ou bien encore l’absence d’une relation privilégiée dans la petite enfance est également un élément déterminant.
    J’ai lu avec intérêt le bouquin d’Onfray et il me convainc que le père Sigmund avait une moralité assez souple. Mais que l’individu soit un voyou n’empêche pas qu’il ait de bonnes idées ayant une valeur scientifique et quelqu’un plus haut en a déjà fait la remarque. Certes Freud n’aurait en définitive analysé que lui-même mais combien, à part Marcel Proust, sont capables de faire une auto-analyse  ?
    Il faut distinguer la psychanalyse en tant que science (balbutiante) de la pratique psychanalytique. En France avec la société française de psychanalyse, les lacaniens on est carrément dans le domaine de l’escroquerie, c’est à dire de la continuation des pratiques les plus discutables de Freud.
    Mais attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
    Une écoute attentive (et non pas une attention flottante) combinée avec l’application de schémas répétitifs peut donner de bons résultats au niveau de l’explication des phénomènes. Les causes étant connues et comprises des reconditionnements sont parfois possibles dont le succès dépend de l’âge du patient, de ses possibilités d’intelligence de la compétence du praticien et de la qualité de la relation liant le ’malade’ à son médecin traitant. Des cas de phobies ont ainsi pu être traités alors qu’on ne connaît aucun principe médicamenteux actif, on enregistre aussi certains succès dans le traitement des TOS.
    Bref il faut faire la part des choses chez Freud il y a l’homme, le médecin, l’homme d’affaires, le scientifique, le chercheur. On ne peut sous principe d’un manque évident de moralité tout jeter à la poubelle. On peut simplement regretter que certains se soient inspirés des idées les plus discutables de Freud liées à ses propres problèmes (sexualité à toutes les sauces, complexe d’œdipe, etc...) pour développer une pratique essentiellement fondée sur le tiroir-caisse. Les clients sont souvent des bobos-gogos la voleille la plus facile à plumer.


    • Christian Labrune Christian Labrune 14 juin 2012 00:35

      @Abou Antoun
      Que le comportement d’un individu s’explique par son passé, c’est une croyance, effectivement, que nous devons sans doute à certains écrivains depuis Rousseau, mais surtout à Freud. Il n’y a pourtant là rien de très évident. Il y a bien évidemment une parfaite continuité du psychisme dans le cours de son évolution : chacun devient autre tout en ayant le sentiment de rester le même, et l’expérience acquise dans le passé conditionne le présent, mais c’est la théorie des névroses qui pose problème, elle est d’un mécanicisme tout à fait impensable puisqu’aussi bien telle expérience refoulée dans l’inconscient, des années plus tard va refaire surface sous la forme d’un symptôme névrotique. Autrement dit, dans l’inconscient, le temps n’existerait plus, et des rouages ou des barres de traction rigides, dans les profondeurs, agiraient hors du temps, comme ceux d’une simple machine outil. Si l’organe de la conscience peut bien être assimilé à une machine, celle-ci ne peut guère ressembler à celles, très rudimentaires, qu’on pouvait voir encore au début du XXe siècle. Vous conviendrez sans doute que le cerveau est un système complexe, régi probablement par les lois de la physique du chaos, lesquelles interdisent qu’on puisse calculer l’évolution du système à long terme. Freud en est resté à Laplace. Il croyait « dur comme fer » à un déterminisme psychique et il n’a jamais renoncé à cette espèce de scientisme naïf alors que toute la science, autour de lui, basculait quand même, avec la relativité et les quanta, dans une conception un peu moins naïve du réel. Je doute que dans vingt ans, on attache encore la moindre importance aux théories freudiennes. Jacques Van Rillaer, au début des années 80, comparait déjà la psychanalyse aux théories phrénologiques de Gall et de Lavater qui enthousiasmaient le gros Balzac et qui n’ont plus aujourd’hui qu’un intérêt anecdotique dans l’histoire des sciences.


    • gordon71 gordon71 14 juin 2012 00:51

      bonsoir Labrune


      Vous conviendrez sans doute que le cerveau est un système complexe, régi probablement par les lois de la physique du chaos, lesquelles interdisent qu’on puisse calculer l’évolution du système à long terme.

      la conscience a sans doute beaucoup à voir avec le système nerveux et son organe central le cerveau 

      l’inconscient (si on en fait l’hypothèse) est il logé à la m^me enseigne ?
      je n’en sui pas si sûr 

      nous avons aujourd’hui une vision très ’technicienne« du fonctionnement psychique, les anciens ont considéré que le siège de l’âme était dans le coeur, puis dans la glande »pituitaire« , puis la glande pinéale, 

      plus tard un psy (Anzieu) a proposé à la réflexion l’importance de la »peau" dans le fonctionnement psychique (le moi peau)

      Alors , les certitudes en ce domaine, moi je les prends avec une certaine prudence..



       

    • gordon71 gordon71 14 juin 2012 07:48

      bonjour


      peut donner de bons résultats au niveau de l’explication des phénomènes.


      ce n’est pas le projet de la méthode psychanalytique d’expliquer quoi que ce soit

       pas plus que Zola ne cherche à faire de la sociologie poue expliquer la misèer des mineurs , pas plus que haendel cherche à expliquer la vie du christ à travers ses oeuvres encore une fois je crois que l’on se trompe si on demande à la psychanalyse de règler des problèmes et de donner des résultats mesurables la psychanalyse pose des questions, plus qu’elle n’apporte de réponses

      elle vous déstabilise, vous émeut, vous transporte, vous dépayse, ouvre des portes , 

      chercher des noises à freud, qui reste à mon sens un génie du 20 siècle, me semble aussi stérile que d’en vouloir à ses parents de vous avoir mis au monde, ou de rendre le maire qui vous a marié responsable de votre divorce , attitude adolescente et irresponsable 

    • Abou Antoun Abou Antoun 14 juin 2012 08:24

      elle est d’un mécanicisme tout à fait impensable puisqu’aussi bien telle expérience refoulée dans l’inconscient, des années plus tard va refaire surface sous la forme d’un symptôme névrotique
      Puisqu’on en parle ....
      La mémoire n’est pas un sac que l’on remplit de haut en bas enfouissant systématiquement les souvenirs les plus anciens. Il y a des expériences qui marquent plus que d’autres et que l’on peut appeler des traumatismes. Ces traumatismes remontent toujours plus facilement à la surface à la faveur de circonstances favorables qui sont le plus souvent des associations d’idées et se présentant comme l’apparition de conditions associées à ses traumatismes sans forcément qu’il existe des relations de cause à effet (la mémoire est bordélique par nature).
      Pour la description de ces phénomènes les travaux de Pavlov sont plus importants que ceux de Freud.
      Le refoulement est un processus vital en cela qu’il essaie de faire disparaître les souvenirs cuisants soit qu’ils correspondent à des frustrations énormes soit à des comportements que réprouvent la morale et la religion de l’individu. Des cas extrêmes d’amnésie ont été découverts.
      Bref l’inconscient, le ’surmoi’ existe bel et bien même si la relation avec œdipe est moins qu’évidente (et même farfelue), et le rêve est la voie royale qui mène à l’inconscient dans la mesure où la barrière morale ne filtre plus de façon aussi rigide pendant le sommeil.
      Je le répète, tourner en ridicule toutes les idées de Freud parce qu’il s’agit d’un personnage peu scrupuleux et ayant lui-même de gros problèmes psychologiques n’a pas plus de sens que d’encenser le bonhomme comme on l’a fait pendant un demi-siècle.
      Saura-t-on faire la part des choses au lieu de suivre des modes bêtement.


    • Christian Labrune Christian Labrune 14 juin 2012 09:39

      @gordon71

      Que le corps intervienne grandement dans la constitution de la conscience, cela ne fait probablement aucun doute. Merleau-Ponty, après Schilder, a beaucoup insisté là-dessus, ce qui veut dite qu’un système complexe, le cerveau, se trouve en intéraction avec un autre système ; si ce dernier présente un moindre degré de complexité, il n’en demeure pas moins que la complexité de l’ensemble s’en trouve encore accrue. Mais la partie inconsciente et purement corporelle du fonctionnement psychique (que je ne confonds pas avec l’Inconscient freudien) n’est pas métaphysique, elle est déterminée, comme tout le reste, par des réactions physico-chimiques. Quand je dis qu’elle est déterminée, je veux dire que ce qui va se passer dans deux secondes résulte de ce qui se passe actuellement, mais si on admet l’hypothèse qu’on a affaire à un système complexe, sensible aux conditions initiales (thèse de « l’effet papillon ») il est évidemment peu concevable que ce que je vivrai psychiquement dans cinq ans (un trouble névrotique) puisse être conditionné par un traumatisme que je viens de subir. Sans cette dérive du système psychique, absolument impossible à calculer et à prévoir, où serait ma liberté ? Et tout traumatisme déclencherait nécessairement une névrose. Ce n’est pas le cas. Pour expliquer que des gens qui ont subi des traumatismes graves ne développent pas ensuite une névrose, Cyrulnik a inventé la notion de résilience. Quand la théorie du refoulement ne marche pas, c’est qu’on est dans la résilience. La psychanalyse, grâce à cette précieuse rustine, aura donc encore une fois réponse à tout.


    • gordon71 gordon71 14 juin 2012 11:14

      alors là sur le caractère totalitaire que les psychanalystes veulent faire jouer à leur pratique entièrement d’accord

      une discipline qui a réponse à tout et qui s’occupe de tout ne répond à rien
      entièrement d’accord on a voulu mettre la psychanalyse à toutes les sauces, on a abusé de ses concepts et on a exagéré ses hypothèses pour en faire des axiomes ou des dogmes 

      le retour de bâton ou de balancier, aujourd’hui me semble excessif également dans l’autre sens 
      j’ai bien peur qu’on jette également le bébé avec les eaux sales


    • Christian Labrune Christian Labrune 14 juin 2012 14:10

      Gordon71
      Dans la Vienne de Freud où se constitue le cénacle psychanalytique et dans son environnement immédiat, on meurt beaucoup. « Je suis frappé de ce que nous consommons beaucoup de personnes » écrit le maître à son disciple Jung. Bénesteau qui cite cette lettre, écrit au bas de la même page 61 (« Mensonges freudiens ») : « Les enquêtes suicidologiques estiment que sur 100 000 adultes, 10 à 30 individus mettent volontairement fin à leurs jours. Sachant que sur les 350 psychanalystes officiellement recrutés en Europe centrale avant la première guerre mondiale, plus d’une vingtaine se sont suicidés, on peut, en étant indulgent, considérer cette fréquence de 20 sur 350 contre disons 20 sur 100 000 dans la population générale, comme une anomalie épidémiologique fort inquiétante ». La plupart des malades que Freud prétendait avoir guéris (alors même qu’il les savait actuellement internés) se sont souvent retrouvés dans des situations catastrophiques. Et je ne parle pas des erreurs de diagnostic médical (il arrive qu’on n’aille pas bien à cause de troubles organiques qu’il serait tout de même préférable de diagnostiquer) qui en on conduit plusieurs à la mort, dont le pauvre Fliess.
      Il y a des gens qui diront que la psychanalyse les a sauvés. Mais bien d’autres ont résolu leurs problèmes psychiques en se convertissant à une religion, en entrant dans une secte, en rencontrant un nouveau partenaire sexuel ou en se découvrant une passion pour la pêche à la ligne, le sport ou la collection des estampes ! Dans les cas vraiment graves, les troubles compulsionnels compulsifs ou les phobies, par exemple, on peut bien faire raconter au patient pendant vingt ans tous les événements de sa petite enfance, ses relations à Papa et à Maman, en général, ça ne change rien. Les thérapies comportementales, en revanche, qui ne recourent par à l’indiscrétion de l’anamnèse, ont un taux de réussite après quelques mois (ces thérapeutes, eux, consentent à évaluer et à constituer des statistiques) qui est tout à fait encourageant. Et je ne parle pas du monstrueux scandale touchant au prétendu traitement psychanalytique de l’autisme ! Si le comportementalisme n’apporte pas vraiment de solutions miraculeuses dans un tel cas, au moins il n’a jamais prétendu le contraire, il connaît ses limites et n’en fait pas mystère.
      Le meilleur bouquin sur toutes ces questions, c’est quand même celui de Van Rillaer (Les illusions de la psychanalyse). On ne peut pas lui reprocher de ne rien connaître à la psychanalyse, il l’a pratiquée pendant une dizaine d’années, mais au moins il est philosophe, ce qui implique de savoir au besoin parler contre soi-même.


    • Christian Labrune Christian Labrune 14 juin 2012 14:37

      @Abou Antoun,
      Vous le dites vous-même : le refoulement ne conduit pas nécessairement à la névrose. Si ne nous refoulions pas le souvenir des expériences désagréables, la vie serait tout à fait accablante. Il faudrait donc plutôt, et contre la théorie freudienne, oser un éloge du refoulement.
      Dans une autre intervention, j’évoque la notion passe-partout de résilience que Cyrulnik a mise à la mode. Il observe qu’il y a des gens qui ont connu des expériences vraiment abominables et qui n’ont pas pour autant développé des pathologies mentales. Leur psychisme, contrairement à ce que laisserait penser la théorie freudienne, a parfaitement « digéré » l’horreur et les traumatismes. Cette rustine théorique est tout à fait précieuse pour la psychanalyse : quand ça ne marche pas avec un système d’explication, on prend l’autre et de cette façon on a toujours réponse à tout, ce qui est bien essentiel pour tout sophiste.
      Je crois bien que dans le traitement des phobies, les comportementalistes, qui se foutent complètement de l’anamnèse et de la chasse aux traumatismes de la petite enfance parviennent, dans à peu près 80% des cas, à rétablir un comportement normal. Conditionnement pavlovien, répondent, ulcérés, les dévots freudiens, et avec le temps, les symptômes dont on n’aura pas identifié la cause profonde et inconsciente réapparaîtront nécessairement. En fait, ils ne réapparaissent pas. Certes, de nouveaux automatismes se sont créés, mais il n’y a pas lieu d’y voir quelque chose qui serait attentatoire à la liberté. Ou bien alors, il faudrait considérer qu’apprendre à taper à la machine avec tous ses doigts ou acquérir ces automatismes mentaux qui permettent de programmer efficacement les ordinateurs, ce sont des conditionnements au sens péjoratif du terme. Tout individu qui acquiert des automatismes mentaux - et vous le savez mieux que personne puisque vous avez enseigné les mathématiques - se conditionne lui-même, se programme, en quelque sorte, et c’est paradoxalement par cette voie qu’on peut augmenter considérablement sa liberté.


    • Morpheus Morpheus 14 juin 2012 15:22

      @ Gordon71

      Et Freud, lui, a logé l’inconscient (en d’autres termes : l’âme) juste en dessous de la ceinture, dans les organes génitaux smiley

      Cordialement,
      Morpheus


    • Abou Antoun Abou Antoun 14 juin 2012 15:30

      Je crois bien que dans le traitement des phobies, les comportementalistes, qui se foutent complètement de l’anamnèse et de la chasse aux traumatismes de la petite enfance parviennent, dans à peu près 80% des cas,
      Ils n’ont peut être pas raison. Les phobies n’apparaissent pas par magie, elles ne sont pas innées. Trouver la genèse de leur apparition est loin d’être inutile.
      Certes, de nouveaux automatismes se sont créés, mais il n’y a pas lieu d’y voir quelque chose qui serait attentatoire à la liberté. Ou bien alors, il faudrait considérer qu’apprendre à taper à la machine avec tous ses doigts ou acquérir ces automatismes mentaux qui permettent de programmer efficacement les ordinateurs, ce sont des conditionnements au sens péjoratif du terme.
      Si de mon propre aveu, mon mode d’emploi de la vie est mauvais, qu’on m’en donne un autre ! Je suis prêt à payer pour cela. La liberté de rester dans l’erreur et dans la souffrance ne signifie rien.
      Tout individu qui acquiert des automatismes mentaux - et vous le savez mieux que personne puisque vous avez enseigné les mathématiques - se conditionne lui-même, se programme, en quelque sorte, et c’est paradoxalement par cette voie qu’on peut augmenter considérablement sa liberté.
      Bien sûr puisqu’il étend ses possibilités d’action, il augmente son pouvoir. La liberté du poisson rouge dans son bocal n’intéresse pas grand monde.


    • gordon71 gordon71 16 juin 2012 09:40

      entre autres localisations c’est un peu vrai 


      et drôle en tous cas 
       smiley

    • clostra 17 juin 2012 12:26

      @ce fil

      L’enjeu est de taille entre « psychanalyse » et « traitements comportementaux » voire « hypnose »

      Freud en vient à la psychanalyse pour (j’interprète sous votre contrôle) éviter une perte de « matériel psychique » (sens d’une histoire singulière) dans le traitement sous hypnose (Charcot) qui donnerait de bons résultats (ce qu’on entend actuellement également), un « mécanisme » pas tout à fait élucidé, largement employé dans les sectes, la publicité etc

      Freud, si mes souvenirs sont bons, pensait que lorsqu’on aurait découvert la totalité du système endocrinien et pallié ses carences ou excès par des médicaments ou compléments, la psychanalyse disparaîtrait. Mais Freud est comme chacun de nous tous et ceci peut être un instantané.

      Il avait d’ailleurs dans ses amis un certain Grodeck qui écrivît « le ça » (ou l’interprétation à l’« à-peu-près » que l’on a d’ailleurs partiellement élucidé dans le fonctionnement du cerveau, des sortes d’images/de sons décalé(e)s et autres zappings désopilants).

      D’autres « mécanismes » ont été mis en lumière, comme par exemple, le fait qu’on ne déconditionne pas : on recouvre un conditionnement par un autre. Ce qui, en terme de liberté n’est pas une mince affaire.

      Nous venons de vivre 10 années - et rien ne semble s’arranger - de répression qui vont jusqu’à « enfermer définitivement » des « déviants comportementaux », ce qui nous mène directement vers les solutions radicales des dictatures de gauche comme de droite avec des exigences de « reconditionnement » pour « rentrer dans le rang ». Et, je crains que l’attaque en embuscade de la psychanalyse - alors que le piège dans lequel s’engouffrent certains (une majorité) vient d’un cas particulier : celui du traitement de l’autisme - ne soit en fait le raccourci simpliste pour nous faire croire qu’on peut ainsi résoudre les difficultés du « vivre ensemble ».

      Un exemple parmi d’autres : il existe une maladie neuromusculaire qui empêche le visage d’avoir des expressions « normales » (la maladie de Steinert). Ces personnes étaient mises de côté et on disait que c’était parce qu’elles font toujours la gueule...Ce qui, entre nous, devait à la longue nuire à la santé mentale de ces personnes...

      Cette discussion est de première importance pour notre liberté, et il faut prendre en compte des connaissances complexes sur le fonctionnement du cerveau. Malheureusement, « Une idée simple et fausse aura toujours plus d’audience qu’une idée complexe et juste » Alexis Tocqueville

      Pire encore, nos politiques, pour avoir le plus d’électeurs possibles, préfèrent utiliser ces idées simples, plutôt que de tenter de faire avancer, progresser avec une pédagogie adaptée, vers plus de liberté partagée.


  • Patrick Samba Patrick Samba 13 juin 2012 22:15

    « mais là-dessus c’est silence radio. Mais c’est sans doute normal. Trop intime, ou trop indicible, ou les deux. »
    Quelle drôle d’idée. Bien au contraire, la littérature psychanalytique, la littérature tout court et les biographies foisonnent de récits. Il suffit juste de les lire.


  • Marc Chinal Marc Chinal 13 juin 2012 22:49

    Halala... Mais pour balayer (remettre à sa place) l’approche freudienne et ses dérivés, il suffit de comprendre l’approche du survisme.
    C’est la seule approche qui analyse les informations présentes dans le cerveau et leurs interactions, sans avoir besoin d’interprétations loufoques et improuvables.
    Cette approche réconcilie le A+B et les sciences cognitives.
    Informez-vous, répandez cette « bonne parole » gratuite (contrairement aux autres), et vous verrez que la psychanalyse sera vite relayée à sa juste place : celle dans les livres d’Histoire.
    A bon entendeur...


    • gordon71 gordon71 13 juin 2012 23:12

      relayée dans les livres d’histoire


       je ne crois pas 


      la psychanalyse ne me semble pas relever essentiellement du domaine intellectuel ou spéculatif, elle devient intéressante à partir du moment où on la vit , c’est avant tout une expérience à deux , elle demande que celui qui s’y engage prenne en charge son analyse

      l’essentiel du travail psychanalytique revient à l’analysant, le psychanalyste se contente, ( c(est déjà pas mal) de guider, d’orienter de renvoyer à l’analysant, des impressions des sentiments des images , on travaille sur du symbolique , de l’imaginaire plus que sur du réel, encore une fois je pense qu’on en demande beaucoup trop à la psychanalyse quand on prétend vouloir « soigner », m^me si celle ci donne des clefs, et des outils 

      on est pas dans le rapport patient soignant, donc elle ne me semble pas adaptée à toutes les pathologies 

  • guylain chevrier guylain chevrier 13 juin 2012 23:17

    Et oui, malgré tout, l’inconscient n’a pas été déboulonné et pas plus le principe du plaisir ou le principe de la réalité, quelques concepts qui sont de très bons outils et même d’une aide indispensable dans le travail éducatif auprès de publics en difficulté pour mieux les comprendre, les soutenir, les guider vers l’autonomie autant que faire se peut. Il n’y a que la psychanalyse pour nous avoir donné la portée des progrès des processus conscients qui se sont fait jour avec l’avènement de la raison dans l’histoire. La psychanalyse à un objet, une théorie, une technique et une pratique, des savoir-faire et une expérience incomparable, ce qui fait quelques-uns des traits qui font une science. La psychologie cognitive n’est pas nécessairement à opposer à la psychanalyse, c’est une autre entrée d’un même univers, celui du psychisme humain que nul n’avait envisagé avant Freud. Le surréalisme n’aurait jamais vu le jour sans la psychanalyse et le Manifeste du surréalisme de Breton reste, de ce point de vue, une œuvre majeure pour mieux comprendre ce que l’on doit à la psychanalyse. Totem et tabou est aussi un outil indispensable, mais par trop laissé à la marge par l’anthropologie et la sociologie voire la science historique, pour appréhender un début d’histoire des figures de la pensée dans le prolongement d’un Hegel et de sa phénoménologie de l’esprit. Avant de vouloir déboulonner quoi que ce soit, faut-il encore éviter ce nihilisme très en vogue qui consiste détruire tout ce qui rend lisible les contradictions de notre monde et des profondeurs de la pensée de l’homme à la recherche de lui-même et peut-être, loin devant cette droite qui se perd dans l’infini de la pensée logico-mathématique, du sens que prennent ses actes comme agent de son histoire. Les temps sont à nier tout système de pensée, toute vision d’ensemble des choses à la faveur d’un post-modernisme qui ne sait que détruire, sans rien proposer d’autre à la place que ce vide qui justifie en creux l’hyper-individualisme et le boboïsme convenu ambiant. Sur un sujet aussi sérieux, on serait en droit d’attendre autre chose que ce recyclage antipsychanalytique à mille lieux du niveau d’un véritable débat sur la place de cette science de la psychè dans notre société, que rien ne peut contrebalancer à ce jour.


    • crazycaze 20 juin 2012 00:32

      La psychanalyse n’est pas une science. Les théories scientifiques et les hypothèses qui en sont dérivées peuvent être infirmées. La plupart des principes régissant l’approche psychanalytique reposent sur des concepts, qui par essence, ne peuvent être infirmés. Et lorsque les postulats psychanalytiques peuvent être confrontés à l’épreuve des faits, ils sont généralement infirmés.C’est pourquoi dans la psychologie contemporaine, qui cherche à vérifier ce qu’elle avance plutôt qu’à l’ériger en paroles divines, on a pris des distances avec les conceptions psychanalytiques du développement de la personnalité.


  • guylain chevrier guylain chevrier 13 juin 2012 23:19

    "Je considère » nous dit gordon 71, « que Freud a proposé une multitude de concepts et de pistes extrêmement fécondes, il a eu quelques intuitions géniales (...) cette approche qui pour moi est « poétique » reste une source d’inspiration incontournable et inépuisable, si on ne lui demande pas ce qu’elle ne peut donner " Bravo pour cette réflexion qui dévoile bien la folie de ceux qui entendent attendre d’une quelconque science de la pensée des preuves, comme mag2 le propose. A quand le « meilleur » des mondes où tout pourrait être contrôlé par une science de la pensée devenue science exact ?! A vouloir absolument tuer le père, ils deviennent fous !


    • gordon71 gordon71 13 juin 2012 23:53

      entièrement d’accord guylain 


      je me méfie d’une psychiatrie scientifique, le psychisme humain garde sa part d’iconnu et de mystère, la prétention scientifique à vouloir tout expliquer, analyser et résoudre me fait sourire

      je soigne mes enfants à l’homéopathie depuis leur naissance je n’ai aucune idée du principe en cause, ni des mécanismes et je m’en fous royalement car mes gamins ne vont jamais chez le médecin (ou très rarement) 

      m^me chose avec les rebouteux et les sorciers, ( ce sont eux qui soignent dans certains pays et sous d’autres cieux), je demande à voir leurs résultats, m^me si je ne comprends pas 

      on soigne bien avec des « placebos », qui parfois donne les m^me résultats que le principe actif, alors...

      je me méfie moi aussi de cette prétention techniciste à tout contrôler, on voit ce que cela donne à Fukushima, je prône humilité et patience face au mystère du vivant et de ses inconnues

  • gordon71 gordon71 14 juin 2012 07:36

    je trouve suspect l’hallali déclenché sur freud et la psycchanalyse par quelques auteurs en vogue, comme je trouvais excessif la vénération et l’excès de vénration pour Lacan et tout ce qui ressemblait de près ou de loin à la psychanalyse et ce jusque dans les années 80


    je ne sais plus qui a dit :

    en politique les médias vous lèchent d’abord, ils vous lâchent ensuite , puis vous lynchent 

    c’est ce que vit aujourd’hui Freud, si on voit le monde à travers les seuls médias qui brûlent ce qu’ils ont adoré, 

    la réalité encore un fois est bien moins simpliste heureusement 

    • Abou Antoun Abou Antoun 14 juin 2012 08:27

      Gordon,
      Je suis bien d’accord avec vous sur ce point et je l’exprime en des termes voisins un peu plus haut.
      Les gens passent leur temps à brûler ce qu’ils ont adoré. C’est un comportement immature.


    • Abou Antoun Abou Antoun 14 juin 2012 08:32

      Tout à fait d’accord avec vous sur le premier point. La loi permet à tout un chacun de se promouvoir psychanalyste ou psychothérapeute et ce sont finalement des ’professions’ moins protégées que celles du plombier zingueur ou du plâtrier.
      Mais il est faux de dire que tous les professionnels de santé, spécialistes ou non, psychiatres ou non rejettent systématiquement tous les concepts introduits par Freud. Ils en prennent et ils en laissent, c’est tout.
       


  • kriké 14 juin 2012 09:31

    Ce qui reste des quatre forces (béhavioriste, psychanalytique, humaniste, transpersonnelle) ne
    survivra, si elles survivent, qu’en étant inclus dans une approche entièrement intégrale [ voir « A
    Summary of My Psychological Model » sections « The Death of Psychology and the Birth of the
    Integral
    , » ]


  • kriké 14 juin 2012 09:50

    l’auteur ne parle pas de la psychologie tanspersonnelle

    les factions principales de la psychologie transpersonnelle (4 groupes selon Ken Wilber)

    lUn, il y a le groupe magique-mythique (en utilisant ces mots dans un sens strictement
    Gebserien). C’est une dimension importante de la conscience humaine, et il doit être inclus dans n’importe quelle psychologie intégrale. Cependant, cela ne constitue pas, à mon sens, les
    extensions les plus élevées ou les plus profondes de l’être.
     Il me semble que cette approche tend donc à confondre les formes prérationnnelles mythiques et l’esprit postrationnel informe.
     Il tend souvent vers le New Age, le mouvement mythopoétique, et les divers romantismes qui rendent presque impossible d’établir des ponts avec la tendance générale.
    Deux, il y a le groupe des états altérés, qui habituellement évite le développement, les stades, la pratique soutenue et regarde plutôt du côté des états non-ordinaires provisoires, souvent induits par des drogues ou la respiration. Cette position est souvent, mais pas nécessairement, couplée à un éco-primitivisme, à une louange ou à une exploration de la conscience tribale, qui prétend être « non-dissociée » (mais qui est plus probablement simplement « pré-différentiée »), et cet écoprimitivisme est accolé à l’utilisation étendue de psychotropes, souvent l’ayahausca. Je crois que l’existence des états altérés et provisoires est également une partie très importante d’une psychologie plus intégrale, mais pris seuls, ils conduisent à bien des difficultés, car la notion elle-même ignore d’autres aspects également importants de la psyché, ainsi qu’une énorme quantité de recherche qui ne peut pas être insérée dans un modèle d’états altérés. Cette approche finit souvent en une position de retour à l’Éden, et cette orientation rétro-Romantique rend également très difficile d’établir des ponts avec la tendance générale. Ainsi ce groupe, tout comme le groupe précédent, isole et exclut la psychologie transpersonnelle des courants généraux du monde, ce qui s’est en fait malheureusement produit.
    Trois, souvent allié avec l’école des états altérés, mais conceptuellement distinct, est le groupe
    postmoderne, qui essaye de lire la conscience non-duale à travers la loupe du relativisme
    pluraliste, des critiques postmodernistes de l’universalisme, et des attaques occasionnellement
    intenses de la philosophie éternelle. Je crois qu’il y a beaucoup de vérités importantes dans cette approche postmoderne, mais pris isolément, elle mène également à beaucoup de problèmes, dont le moindre n’est pas la boomérite. [ pour une discussion sur la boomérite, voyez A Theory of Everything et l’introduction au volume 7 des Collected Works. ] L’auteur, ayant réprimandé tous les autres pour leurs universalismes détestables — qui ont la réputation d’opprimer et de dominer les gens — prétend alors que ses propres vues sur le relativisme s’appliquent universellement sur toutes les cultures et tous les peuples. Hmmmm. Quoi qu’il en soit, il y a quelques érudits très compétents à l’oeuvre sur cette approche mème vert, mais je ne crois pas qu’ils aient ajouté quoi que ce soit de particulièrement nouveau au dialogue postmoderniste des trente dernières années.
    En fait, les critiques disent que « les postmodernes transpersonnels » n’ont fait que répéter ce qui sont devenus des clichés plutôt fatigués développés par d’autres théoriciens. Le problème, selon moi, est qu’ils ont en fait introduit une dose forte de contradictions postmodernes performatives dans la psychologie transpersonnelle et ont ainsi affaibli tout moment de conscience transcendentale authentique. Ceci, aussi, a peu fait pour rendre le domaine remarquable aux yeux du monde.

     integral perspective ----------------- .origine de la théorie intégrale

    j"ai fait parti du second groupe -  smiley


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