mercredi 30 janvier 2013 - par C BARRATIER

La semaine de vrai travail, tout le monde en voudrait bien

Non les enseignants ne sont pas corporatifs. Oui il est possible d’agir dans l’intérêt des élèves.

Je peux témoigner de ce que j’ai vu, vécu, de l’école au lycée

J’ai connu le temps où les enfants travaillaient 5 jours pleins.Lle jeudi et le dimanche étaient les seuls jours de repos. En ce temps là, les enfants savaient bien lire dès 8 ans et aussi bien compter, leur orthographe devenait excellente dès 11 ans.

Puis on n’a travaillé que le samedi matin, puis plus du tout le samedi, le mercredi devenant le jour de pause. Moins d’heures de classe, recul des résultats en lecture, calcul…histoire, géographie, sciences…Il se pourrait donc que toutes les heures de classe servent à quelque chose et que si on en enlève, il en manque…

Je n’ai pas vu un seul mouvement syndical des enseignants contre ce recul du nombre d’heures de classe que les enseignants donnent dans la semaine. Le comportement syndical enseignant est le même dans le public et le privé. Normal, tous sont payés par l’état dès lors que le privé est sous contrat d’association.

Dans le secondaire, j’ai connu des professeurs devant 21 h, d’autres 18h, d’autres 15 h pour être payés à temps plein. Les bibliothécaires qui deviendront documentalistes devaient 36 heures et les faisaient. Les batailles syndicales , que je veux bien croire dans l’intérêt des élèves puisque c’est ce qui a toujours été mis en avant par les syndicats , ont abouti à la suppression du corps des PEGC qui devenant certifiés passaient à 18h. Les documentalistes rejoignaient les 18 h dans les années 90, plus 4 heurs extérieures qu’il était interdit à quiconque de contrôler, il était aussi interdit de leur demander des comptes. Il en est encore ainsi.

Le corps qui a gagné le plus d’heures de repos est celui des documentalistes, puis des professeurs des écoles, enfin les certifiés et agrégés n’ont rien gagné d’autres que quelques décharges de service ou des paiements d’indemnité pour des tâches qu’ils accomplissaient sans indemnité comme leur participation aux conseils de classe.

J’ai vécu dans les conseils d’administration de collèges et de lycées les débats sur le choix des dates des jours libres de vacances. C’était de très loin le sujet qui passionnait le plus les enseignants et accessoirement les parents. Dans l’intérêt des élèves bien sûr.

L’école ne devant pas être définie comme « celle de la paresse » comme on l’entend souvent, je pense qu’il faut laisser le mercredi libre et refaire classe dans le primaire le samedi toute la journée. Retour à une vieille case départ. Les parents ne mettent pas leurs enfants à l’école le samedi s’il n’y a que 3 h de classe. Avec la journée ils n’oseront pas les faire sécher les cours. Et comme les cours semblent bien servir à quelque chose, le niveau des élèves augmentera.

Les hôteliers et marchands de loisirs vont protester. Mais je pense que les enseignants qui oeuvrent dans l’intérêt des élèves seront d’accord. Parents et enseignants se parlent, les phrases sont belles. Voir en table des news :

« Ecole publique : Enfin une refondation qui la conforte ? »

 http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=217

C’est au moment de retrousser les manches que tout se gâte. Dommage…



11 réactions


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 30 janvier 2013 11:18

    Il faudrait aussi que les enseignants puissent se recentrer sur leur activité spécifique : « enseigner et éduquer » et ne soient plus assujettis à des tâches administratives inutiles ou encore à des réunions de ceci ou de cela. Par ailleurs, s’ils veulent réduire leur temps de présence en classe, qu’ils laissent à d’autres les activités « épanouissantes » . On peut penser que le travail de l’enseignant-éducateur est global et que les activités artistiques ou physiques ne doivent pas être coupées des acquisitions « fondamentales ». Mais alors, il ne faut pas compter ses heures !


    •  C BARRATIER C BARRATIER 30 janvier 2013 17:21

      Assez d’accord. Les activités artistiques et sportives concourent fortement à la motivation de l’enfant pour la classe. J’ai même fait mienne l’idée que la musique aide pour les math ! Mais les professeurs des écoles qui pourraient trouver là une occasion de s’appuyer sur des réussites encourageantes pour l’idée que l’enfant se fait de l’école , délèguent cours d’EPS, de musique, d’arts plastiques à des « professeurs extérieurs », que ce soit dans l’enseignement public ou privé.
      Notre école reste trop intellectualiste. Le chemin de l’abstraction n’est pas le bon en accès direct pour tous les enfants. Il en est de même pour les activités manuelles...

      Il ne faut pas compter ses heures, c’est bien le cas pour bon nombre de maîtres qui ont la vocation et qui se régalent à donner. Mais ces potentiels là ne sont pas évalués au moment du recrutement...Quant à la formation de professeurs, monsieur SARKOZY l’avait simplement supprimée.


  • antonio 30 janvier 2013 12:23

    Quelques suggestions :
    Cesser l’usage intensif des photocopies ( où le plus souvent l’élève n’a que quelques cases à compléter --------------il écrit moins -------------, photocopies qui, de surcroît sont souvent de mauvaises qualité ) mais travailler avec des livres et des cahiers où sont notées , par l’élève, les notions essentielles.
    Il ne me paraît pas indispensable que des élèves de ce2 ( comme je l’ai vu faire ) se documentent à fond sur le système d’adduction d’eau local avec visite du château d’eau ....
    J’ai vu aussi des élèves de ce2-cm1 « branchés  » toute l’année sur l’étude et la réalisation de masques africains, élève qui n’ont jamais un pied dans l’un des musées de la ville !
    Sans doute, faut-il accorder moins de place aux fameuses « activités d’éveil »...... et puis arrêter
    de faire croire que tout doit être « ludique » à l’école !

    Il y a sans aucun doute encore bien d’autres choses à changer...
    Redécouvrir que le « par coeur » peut avoir du bon est également souhaitable....


  • jef88 jef88 30 janvier 2013 12:37

    problème 1 : le BAC+5 à quoi ca sert pour enseigner en CE2 ?
    problème 2 : le manque de pédagogie ! ringard la pédagogie ?
    problème 3 : les enseignants sont dans une bulle et ne connaissent pas le monde réel
    problème 4 : les « activités » d’éveil ! un bon bouquin c’est pourtant pas mal !


    • bakerstreet bakerstreet 31 janvier 2013 09:20

      Je88

      Il faudrait casser ce modèle de recrutement, qui font que les profs n’arrêtent pas de se voir si beau en ce miroir, confondant moyens de parvenir ( empilage grandiloquent et stérile d’années d’étude, à quand bac plus 10 ?), et qualité...
      C’est la qualité pédagogique, l’amour de son métier, de la transmission, et des enfants, qui sont bien sûr le plus important.
      Point n’est besoin d’avoir une agrég, d’ailleurs quel sens à cette exception française noblière, digne de l’ancien régime, ou de l’armée, voir de la religion et de ses évéques !...Pour donner envie d’apprendre aux enfants.
      Car c’est bien ça qui est en jeu.
      Dramatique de voir que ce système n’évolue pas, et privilégie avant tout les enfants de prof, ceux qui ont une scolarité parfaite, ou quasi, pour accéder au professorat.

      Le comble est qu’on a caricaturé encore un peu plus ce modèle boiteux, en poussant le concours au niveau master. Et voilà qu’après ça on se désole sur le manque de candidats ! Non, mais , c’est une farce !
      Voilà où la démagogie nous emmène, et la lâcheté de lâcher devant les syndicats d’enseignants, qui se haussent ainsi tous du col ( « Non, mais, vous avez vu notre valeur ! »)

      Il faudrait au contraire recruter des anciens cancres, des adultes ayant eu des ennuis avec le système, des gens aux parcours multiformes, et qui atténueraient un peu cette mosaïque de cranes d’œufs !
      Bien des profs sont admirables, mais j’ai du me pincer plus d’une fois pour y croire, quand mes enfants se sont trouvés à leur tour scolarisés : Des profs, jeunes pour certains, continuaient à avoir un langage vexatoire vis à vis de ceux qui n’y arrivaient pas, Et les réflexions n’avaient rien de subliminales.....
      Était il besoin de se hausser tellement du col, pour si peu de résultats. D’ailleurs mis à l’index par les comparaisons européennes.

      Comparaisons européennes, que les enseignants réfutent, sauf quand elles montrent la faiblesse de leur salaire.....


  • pierrot pierrot 30 janvier 2013 16:14

    Le deuxième paragraphe est très naif d’attribuer au temps de l’école 5 jours sur 7 jadis au résultat sur la qualité de la lecture des enfants.
    Bien d’autres paramètres scolaires (que le temps libre) ayant évolué.


  • alinea Alinea 30 janvier 2013 17:51

    J’ai toujours entendu dire par ceux de ma famille qui étaient instits, que le samedi était essentiel ; quand j’étais môme, on y revoyait ce qui avait été fait dans la semaine (indispensable retour pour exercer la mémoire) et, la dernière heure, la maîtresse nous lisait un livre, un morceau de livre...suite samedi prochain ! Le bonheur ! C’était elle qui nous faisait chanter aussi !
    Le rythme était beaucoup plus calme !


  • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 janvier 2013 20:44

    Faut aussi penser aux enfants rétifs à l’ école . 


    Leur laisser le choix entre l’ école et l’ apprentissage . 

    L’ académisme , la pensée formatée de l’ enseignement théorique en rebute 
    plus d’ un . 

    Certains ont besoin de concret et non d’ abstrait . 

    Ne pas croire qu’ il est impossible d’ y arriver sans le bac . 

    La motivation le courage l’ entregent peuvent être aussi sinon plus efficace 
    que de connaitre les équations et le diamètre du rayon de l’ étagère du haut . 

    Mais néanmoins merci à ceux  enseignants qui se donnent encore du mal dans le 
    contexte actuel .

  • bakerstreet bakerstreet 31 janvier 2013 09:00

    Étrange pensée qui ont en amené certains, de démagogie en démagogie, à faire en sorte que l’enfant soit de moins en moins scolarisé.

    Je me souviens, que gamin, le subjonctif, et son passé, étaient appris dés le primaire....Que la hiérarchisation des faits historiques de la France, était connue. On s’est bien moqué de ces images d’Epinal, que l’on trouve maintenant dans les vides grenier, mais elles ont donné force, et représentation à l’amour de la culture et de l’apprentissage.
    Amour d’apprendre, voilà ce qui est en jeu.....
    Au delà des diplomes donnés et vides de sens.
    Juste bon pour faire croire à certains que le« niveau monte »....
    Tiens, non, voilà une expression qui a disparu.
    Les baudruches tiennent le temps qu’elles tiennent, et ne peuvent éternellement mentir, et faire simulacre.
    De même, notre système éducatif « le meilleur du monde » disait on.
    C’est vrai qu’on disait ça aussi pour notre système de santé.....

    La perte est immense, la critique facile : Que dire de cet apprentissage de la lecture, qui n’a pas déjà été cent fois dit, mais qui s’est traduit par une profusion d’enfants soi disant dyslexiques. Façon de refuser de se remettre en question : Le problème ne venait pas de la méthode, mais de l’enfant. Une forme de pensée totalitarisme. On en viendrait presque à regretter les bons vieux coups de pieds au cul de l’ancien temps, qui étaient moins hypocrites.

    L’enfant a bon dos. Le voilà insolent, cancre, refusant d’apprendre ce qu’on lui assène, dans ce qu’il reste de cours, parés de projets pédagogiques immenses : Vive l’apprentissage d’une langue étrangère, à l’heure où l’enfant à a peine les bases de la sienne. On confond les bienfait d’un bilinguisme naturel, avec des matières apprises au marteau pilon.


  • rocla (haddock) rocla (haddock) 31 janvier 2013 09:45

    Le problème de l’ enseignement c’ est que que ces personnes voudraient nous

     apprendre l’ orthographe , la grammaire géométrie algèbre géographie 

    alors que dans la vie on a besoin de bon sens , de mesure , de sérénité 
    d’ empathie , de hargne pour gagner , mais surtout pour vraiment avancer 
    d’ esprit créatif , de réflexion poétique pour inventer , de joie de vivre pour
    transmettre de la gaieté ( rarement gais les profs ) d’ humilité ( se montrent 
    rarement humiles ( smiley ) les gonzinards , de clins d’ oeil vers la légèreté 
    toutes ces choses qui épanouissent .

    Si fois 6 font 36 , une fois dix c’ est dit .

    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 31 janvier 2013 14:29

      Avoir besoin de toutes les qualités qu’énumère Rocla n’empêche pas d’avoir besoin d’apprendre à lire, écrire, compter...et réfléchir. Egalement d’apprendre à apprendre, à se documenter, à trouver ce dont on a besoin dans le fatras des propositions des medias modernes...

      Les enseignants ne sont pas les moins indiqués pour guider les apprentissages. Encore faudrait-il qu’on leur apprenne à enseigner et qu’on les informe sur leur public (psycho, socio, plutôt que maths, littérature,etc.) Les 5 années après le bac n’aident en rien le futur prof des écoles telles qu’elles sont conçues actuellement.

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